Carnets sur sol

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jeudi 29 mai 2008

Franz SCHREKER - Die Gezeichneten ("Les Stigmatisés") - III - ballet initial du dernier acte : nymphes & faunes, Pietro, les passants & l'art

Une replongée dans les délices sans fond des Gezeichneten. Comme il existe ici sensiblement moins de littérature introductive qu'au sujet de Tristan, par exemple, nous sommes gaiement partis pour quelques éléments autour de la première partie de l'acte III (avant le changement de décor de la scène 20).

Ce dernier acte d'une heure et demie (soit la durée additionnée des deux actes précédents) contient deux ballets, et se trouve en permanence, jusqu'à la scène 20, parcouru de scènes de danse en arrière-plan. S'y déroulent sans cesse des actions simultanées, à l'image de la musique de Schreker. Et s'y éclairent - d'une lumière trouble cependant - les propos et les statuts des personnages dans la logique de la théorie de Schreker.

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Voici le matériel nécessaire pour suivre le parcours :
=> le livret des scènes 1 à 20 de l'acte III (traduction française comprise, numérisé grâce à M. Rubato) ;
=> une version (inédite) de la partie présentement commentée de l'acte III, par Ingo Metzmacher à la tête du Concertgebouworkest (Amsterdam 2007), dont vous trouverez une présentation sur CSS.

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On débute ainsi par une étrange profusion de faunes, aux attitudes plus que lascives, aussi lestes même que dans la tradition. Tandis que l'auditeur revient de l'intrigue amoureuse entre le noble difforme Salvago et la petite bourgeoise fascinante Carlotta, et également, en amont de l'acte II, de l'intrigue politique (enlèvements secrets par de jeunes nobles débauchés protégés puis abandonnés par Salvago, veto à contrecoeur du Duc au don de l'île de Salvago pour protéger l'un de ces libertins), il se trouve ainsi confronté à un univers assez indécidable où le merveilleux semble prendre place dans un univers pourtant historique et réaliste (même si fortement symbolique).
Petit à petit, il s'agira plutôt de fantastique - ou même d'une simple explication indécidable. Les Faunes et les Nymphes, comme échappés des kiosques qui figurent des amusements assez peu chastes de la mythologie grecque - les très longues didascalies précisent tout cela explicitement - ne peuvent être commentés comme magiques dans cet univers trop concret, et semblent jusqu'à un certain point maîtrisés par la volonté créatrice de Salvago. Pourtant, il ne peut s'agir d'acteurs payés, puisque le don est fait à la ville, et qu'il n'est sans doute pas question de les entretenir par la suite - ou alors présentés pour l'occasion, alors qu'ils intimident tant les familles vertueuses ? Il ne semble pas non plus.

La présence de Pietro déguisé en faune prolonge cette perplexité. Le changement d'identité lui permet de rester caché après ses méfaits, mais est-il censé figurer l'art comme les autres le parc ? Et symbolique au niveau des personnages, ou au niveau du spectateurs ? Tout est d'autant plus troublé que des faunes complices surviennent pour arrêter Martuccia en passe de toute révéler, ici aussi, sans que l'on sache bien au juste leur fonction de profonde de sbires, d'acteurs, de symboles (et à quel niveau). La figure de Pietro déguisé incarne en tout cas à merveille l'équivoque de cet esthétique libidineux.

Ce ballet de faunes est aussi supposé faire sens, puisqu'il propose notamment une allégorie de Tamare et Carlotta (sans la moindre retenue, comme le suggèrent les didascalies, le menu du hors scène à venir pendant l'acte III est ainsi détaillé). Cette animation païenne, à peine interrompue par la religion (l'angélus, par deux fois), propose une idée de l'art qui vit, et qui paraît étrange aux gens incultes - tout cela est commenté par les différents personnages. L'art est alors présenté comme, littéralement, une animation (entendez : une mise en âme) de la beauté.

A ce titre, les passants incrédules et un peu comiques, outre qu'ils participent de l'esthétique mêlée de l'oeuvre, de l'énonciation simultanée d'émotions très différentes, aussi bien par la musique que par le texte, ne doivent absolument pas être supprimés par les coupures, comme c'est souvent le cas. Sans quoi on perd bien sûr l'équilibre dramaturgique du dernier acte, l'allègement des considération plus graves des personnages principaux (changées en d'interminables tunnels monologiques), et surtout l'étalon pour juger du sens de la réflexion sur l'art.
On entend par là que par leur perplexité, les passants permettent de mieux saisir ce que Schreker cherche, dans son livret, à livrer comme représentation de l'art. Dans une oeuvre elle-même en action, il semble concentrer (comme souvent chez lui) des interrogations sur la nature même de la pratique du beau.

Suite de la notule.

Concours Reine Elisabeth 2008 - XV - le palmarès et le point

Fin sur Diaire sur sol des recensions des programmes de finale et demi-finale, classées par candidat.

Et à présent pour CSS, un petit point sur tout cela (palmarès inclus pour ceux qui n'en auraient pas encore connaissance).

Suite de la notule.

dimanche 25 mai 2008

[Vidéo] Concours Reine Elisabeth 2008

Juste un mot : il est possible de suivre les épreuves passées du Concours Reine Elisabeth 2008 (composition et chant) sur le site qui y est consacré. Le résultats ont été publiés hier, en conséquence toutes les vidéos sont à présent disponibles.

Côté chant, ne manquez pas les récitals de Michèle Losier (incompréhensiblement absente du palmarès).

CSS a prévu de publier ses notes d'écoutes ici ou sur Diaire sur sol, parmi les deux ou trois quintaux de notules en souffrance... [1]

Notes

[1] Quatuors, récital Piau / Manoff, enregistrements libres de droits, présentation d'oeuvres de Magnard ou Ropartz, retour sur leitmotiv wagnérien, éloge de la musique de chambre de Koechlin, des symphonies d'Asger Hamerik, usw. On n'oublie rien, mais l'agenda a son temps que le temps ignore.

vendredi 16 mai 2008

Opéra de Bordeaux, saison 2008-2009 - A, les opéras - 6, Monteverdi (Le Couronnement de Poppée) - Alessandrini / Carsen

Le dernier opéra de la saison. Distribution, introduction, commentaire et point sur la saison d'opéra.

La suite arrive bientôt. (Et on n'oublie pas le quatuor non plus...)

Suite de la notule.

lundi 12 mai 2008

Surprise !

On reçoit beaucoup de demandes de conseil ou d'assistance diverses par le truchement de l'adresse de courriel à gauche, et on y répond avec plaisir.

Mais lorsqu'on nous offre gracieusement une partition (introuvable) de mélodie de Dupont sans autre forme de procès, en vérité, on est comblé !

Les Effarés (précisément l'extrait disponible dans l'article), l'une de ses plus belles mélodies, sera donc exécutée dès demain en l'honneur du généreux donateur, accompagnée d'une ou deux libations propitiatoires de lait-cassis.

dimanche 11 mai 2008

Mise à jour

... de l'index (partielle).

samedi 10 mai 2008

Saison

La saison bordelaise (pour l'instant lyrique) commentée avant sa parution officielle se trouve à la date d'hier pour ne pas trop engloutir Clara qui semble remporter un succès inespéré, en tout cas en ce qui concerne le parcours commenté.

Nous reste à introduire le dernier opéra de la saison à venir.

vendredi 9 mai 2008

Clara WIECK-SCHUMANN - Lorelei et ses prolongements

(==> Un point sur les influences, le style et les grands jalons discographiques. Et beaucoup de jolies pochettes un peu tartes.)

Influences

Nous disions hier, dans une autre présentation autour de Clara :

Par ailleurs, toujours cette superbe langue musicale, au mélodisme chopinien et à l'harmonie schumanienne.

Le premier s'explique très bien par l'attraction qu'a pu représenter le modèle chopinien (ou même Hummel et Kalkbrenner) sur la jeune virtuose. Pour Schumann, il s'avère que le style a vraiment ses parentés, mais c'est moins expliquable rationnellement.

Suite de la notule.

Opéra de Bordeaux, saison 2008-2009 - A, les opéras - 5, Wagner (Tannhäuser)

Richard WAGNER
Tannhäuser
-
Mise en scène : Jean-Claude Berutti
Direction musicale : Klaus Weise
-
Elisabeth : Heidi Melton
Venus : Sylvie Brunet
Tannhäuser : Gilles Ragon
Wolfram von Eschenbach : Levente Molnár
Hermann, der Landgraf : Marek Wojciechowski
-
Walter von der Vogelweide : Noah Stewart
Biterolf : Jean-Philippe Marlière
Heinrich der Schreiber : Matthew O'Neill
Reinmar von Zweter : Eric Martin-Bonnet
Un jeune pâtre : Christine Tocci
-
Choeur de l’Opéra National de Bordeaux
Orchestre National Bordeaux Aquitaine (ONBA)

Tannhäuser représente à la fois l'une des oeuvres les plus accessibles du Wagner de la maturité et, sans doute, l'une des plus faibles de toute sa production lyrique. Il ne s'agit certes pas d'une oeuvre tout à fait mineure, loin s'en faut, mais son irrégularité lui réserve une place à part dans la production du maître. De longues psalmodies d'une assez grande platitude et des fêtes kitschisantes abîment un peu la tenue de l'ensemble, qui se distingue pourtant par quelques thèmes récurrents irrésistibles et par des ensembles, à la fin des deux actes extrêmes, absolument merveilleux - Wagner a fort peu écrit d'ensembles, mais ceux qu'il propose se tiennent parmi les meilleurs jamais composés.
Les amateurs d'opéra italien trouvent cette formule plus lyrique et plus vocale souvent plus accessible - tandis que les amateurs de modernité, qui proviennent de l'autre bout de la chronologie, auront au contraire plus de facilités avec Tristan.

L'oeuvre réclame donc une exécution à la hauteur pour triompher - contrairement à Parsifal ou Tristan qui, rien qu'avec une mise en place correcte peuvent bouleverser. Et c'est ce que l'on nous promet. Certes, on reste un peu réservé sur Gilles Ragon, qui nous avait rebuté en Werther par ses manières frustes, son peu d'investissement dramatique (aussi bien textuel que scénique) et une technique inadaptée aux exigences d'un rôle très lyrique ; alors même que nous avions beaucoup apprécié l'engagement assez rayonnant de son Thésée dans Les Rois de Fénelon. Crainte de quelque chose d'un peu prosaïque et disgracieux, donc, dans ce qui constitue tout de même un des Wagner les plus lyriques (qui requiert ampleur et aisance... sans compter l'inspiration textuelle du poète).

Heidi Melton est une jeune soprane très dramatique, calibrée pour les rôles les plus lourds du répertoire. Une voix très homogène, vraiment puissante, expressive aussi. Une belle couleur olive, une grande ductilité pour ce format énorme. Une Ariane de Strauss idéale, par exemple. Et, si l'on en juge par l'air d'entrée d'Elisabeth, entendu sur scène cette année, une très grande Elisabeth. Ce qu'on appelle une grande voix - ample et présente.
On connaît bien les mérites de Sylvie Brunet pour ne pas avoir à épiloguer : voix de mezzo un peu acide, assez typée, qui fait une carrière par trop discrète. Sans doute une très belle Vénus.

Et, une fois de plus, la friandise Jean-Philippe Marlière, dont le récit à l'acte II devrait être délectable de style.

Par-dessus tout, pour doter la partition de toute l'urgence qu'elle réclame, la grande nouvelle du retour de Klaus Weise à Bordeaux, qui avait déjà fourni un Fidelio au niveau des meilleurs spécialistes à partir d'un orchestre dont ce n'est pourtant pas, d'ordinaire, le meilleur répertoire. Beaucoup d'exaltation rythmique, un soin particulier aux différents plans... remarquable.

L'enjeu Wagner devrait donc être pleinement réussi, et accessible aux plus rétifs au bayreutheries.

Opéra de Bordeaux, saison 2008-2009 - A, les opéras - 4, Offenbach (La Périchole)

Jacques OFFENBACH
La Périchole
25 et 27 février et 1, 3, 5 6 et 8 mars 2009
Mise en scène : Omar Porras
Direction musicale : Pablo Heras Casado
La Périchole : Isabel Leonard
Piquillo : Sébastien Guèze
Le vice-roi : Marcos Fink
Le comte Miguel de Panatellas  : Humberto Ayerbe Pino
Don pedro de Hinoyosa : Michel Vaissière
Le marquis de Tarapote : Till Fechner
Le vieux prisonnier : Daniel Capelle
Les trois cousines : Laure Crumière, Martine Olmeda, Claire Larcher
Ninetta : Isabelle Buiret-Fedit
Un notaire : Luc Seignette / Jean Philippe Fourcade (en alternance)
Choeur de l’Opéra National de Bordeaux
Orchestre National Bordeaux Aquitaine

Il s'agit d'une nouvelle production de cette opéra comique situé entre la parodie du Grand Opéra à la Française de La Belle Hélène et les divertissements bouffe en un acte beaucoup moins travaillés musicalement. Par le metteur en scène du fantaisiste Elixir d'amour de 2006-2007 chez des... lutins ; décrit comme animé, et très apprécié par le public (nous n'y étions pas). On peut donc en attendre de l'animation et un peu d'originalité pour remplacer la mise en scène très chiche qui la précédait dans les cartons de l'Opéra.
Et, pour les amateurs, quelques effets spéciaux nous sont promis.

Sébastien Guèze développe actuellement une belle carrière en France, avec des premiers rôles dans des théâtres importants (Marius en alternance avec Alagna, Mylio du Roi d'Ys à Liège...). Voix assez peu importante, qui aurait intérêt à fréquenter un répertoire demi-caractère (Mylio est parfait de ce point de vue), peut-être donc plutôt français, plutôt que des rôles trop lourds qui durciraient la voix, mais largement plus qu'il n'en faut pour Piquillo. Une voix qui a travaillé de façon très italienne, beaucoup de métal, une conception particulière des voyelles autour de l'idéal du "a" (et plus encore, on fait des "a" au lieu des "o" dans l'aigu, par exemple...). Ce n'est pas forcément pour plaire à CSS, mais le résultat est convaincant.

On note avec un peu de tristesse la rétrogradation de Martine Olmeda dans les seconds rôles, alors qu'elle avait donné à Bordeaux, au début des années 2000, une très belle Périchole et de la mélodie et du lied en récital de très bon niveau. Une voix et une personnalité scénique pourtant très attachantes.
Mais il faut dire qu'elle est remplacée par Isabel Leonard, plus prestigieuse (Stéphano de Roméo et Juliette de Gounod au Met cette saison, et Zerline la saison prochaine), une voix riche et très pleine (un peu dans les joues, comme pas mal d'américaines au bon goût), un aigu plus que glorieux (façon Joyce Di Donato). Le français est un peu en arrière, donc pas parfaitement compréhensible, mais pas déformé du tout, ce qui est appréciable. Et une vraie aisance scénique. Une petite volupté délectable pour un rôle aussi confortable vocalement.

Décidément, l'Opéra de Bordeaux améliore la pertinence (et même plus qu'on lui en demande, avec du luxe) de ses distributions de saison en saison !  Même pour une oeuvre modérément consistante, avec de bons acteurs, une mise en scène intéressante, et une promesse de beau chant, c'est tentant. Et là aussi, du grand public qui ne sera pas floué.


Opéra de Bordeaux, saison 2008-2009 - A, les opéras - 3, Puccini (Tosca)

d
Giacomo PUCCINI
Tosca
Distribution A : 22, 25, 27, 30 janvier et 3 février 2008
Distribution B : 23, 26, 29, janvier et 2, 4 février 2008
Mise en scène : Anthony Pilavachi
Direction musicale : Kwamé Ryan
Floria Tosca : Catherine Naglestad (A) / Claire Rutter (B)
Mario Cavaradossi : Alfred Kim (A) / Bryan Hymel (B)
Scarpia : Jean-Philippe Lafont (A) / Peter Sidhom (B)
Il Sagrestano : Jean-Philippe Marlière
Spoletta : Antoine Normand
Cesare Angelotti : Yuri Kissin
Sciarrone : Pascal Wintzner / David Ortega (en alternance)
Un geôlier : Bernard Mansencal / Loïck Cassin (en alternance)
Maîtrise du Conservatoire de Bordeaux Jacques Thibaud
Chœur de l’Opéra National de Bordeaux
Orchestre National Bordeaux Aquitaine (ONBA)

La reprise d'une production très appréciée (nous n'y étions pas), très classique, qui respecte scrupuleusement les indications spatio-temporelles du livret. L'oeuvre en elle-même n'a plus à être présentée, un standard extrêmement dramatique, tout à la fois violent et très lyrique, une très grande réussite théâtrale et musicale.

Dans le rôle-titre vont alterner deux sopranes aux voix très « construites », robustes, pleines.
Catherine Naglestad tient un répertoire d'Alceste (Gluck) à Salomé (R. Strauss), avec des éloges assez unanimes. Tout récemment, Salomé et Tosca (cette saison-ci) à l'Opéra de Paris, mais nous n'avons pas entendu. Dans Alceste, la langue française était malheureusement extrêmement « neutralisée » ; non pas fausse, mais comme gommée. En revanche, vocalement, assez glorieux, on l'imagine pleine d'aisance et de force en Tosca.
Claire Rutter est plus spécialiste de la musique du premier vingtième britannique, avec, également, une voix très homogène et bien placée, avec déjà plusieurs disques à son actif.

En Scarpia, on entendra, au choix, le Peter Sidhom ou l'indédoulonnable Jean-Philippe Lafont, donc il faut attendre une interprétation pas forcément soignée vocalement, mais très engagée et indubitablement d'une grande solidité. Une valeur sûre avec ses forces et ses limites.

Jean-Philippe Marlière, voix claire, élégance incarnée, devrait donner un Sacristain plus aristocratique qu'à l'accoutumée, à moins qu'il ne force son talent, ce qui est également une probabilité.

Enfin, pour Kwamé Ryan, on ne sait trop à quoi s'attendre : l'opacité un peu pâteuse de sa Cléopâtre de Berlioz, le débraillé pas très gracieux de sa Cinquième de Tchaïkovsky ou bien la limpidité alerte de son enregistrement de la Neuvième de Schubert ?  Il est trop tôt, en tout état de cause pour se faire une religion sur les résultats de sa collaboration régulière avec l'ONBA - mais avoir un directeur musical permanent ne peut être que bénéfique, quels que soient les choix opérés. Rendez-vous dans quelques années.

Une production à recommander aux néophytes - et suffisamment bien distribuée pour faire déplacer les autres.

Opéra de Bordeaux, saison 2008-2009 - A, les opéras - 2, Britten (The Turn of the screw)

Benjamin BRITTEN
The Turn of the screw (Le Tour d'écrou)
24, 26, 28 et 30 novembre 2008
Mise en scène : Dominique Pitoiset
Direction musicale : Jane Glover
Prologue : Paul Agnew
La gouvernante : Mireille Delunsch
Mrs Grose : Hanna Schaer
Miss Jessel : Cécile Perrin
Peter Quint : Paul Agnew
Flora : Morgane Collomb*
Miles : Alexis Collard*
*membres de l’Académie vocale de Paris (direction Iain Simcock)
Orchestre National Bordeaux Aquitaine (ONBA)

Un opéra de Britten assez à la mode ces temps-ci, d'après Henry James, chargé de mystère et d'atmosphères assez surprenantes. Extrêmement stimulant. Distribution absolument magnifique.

Jane Glover est une habituée de Bordeaux, mais généralement dans le répertoire baroque et classique (de bons résultats, un peu tempérés, mais avec un orchestre ni spécialiste ni spécialement souple). A voir.

Mireille Delunsch a beaucoup interprété le rôle ces dernières années, emportant à l'occasion jusqu'à l'adhésion de ses plus fervents détracteurs. Toujours ce mélange très singulier d'un timbre acidulé, d'un grand investissement scénique et textuel, d'une tension assez électrique dans les phrasés (gestion du vibrato notamment) et d'un impact physique tout à fait particulier. Le Mireille effect, en somme.

On a déjà dit beaucoup de bien du timbre dense de la diseuse et liedersängerin Hanna Schaer, on a aussi vanté le médium et la diction admirables de Cécile Perrin, et Paul Agnew s'inscrit dans la tradition des ténors de petit format pour Quint, avec une tendance récurrente à distribuer des liedersänger ou des baroqueux. Bref, CSS sera en pays de connaissance et la soirée devrait être assez peu oubliable.

Prévoir salle vide, en revanche. A moins que l'affiche, sait-on jamais...

Opéra de Bordeaux, saison 2008-2009 - A, les opéras - 1, Purcell / Britten (Dido & Aeneas / Phaedra)

Henry PURCELL / Benjamin BRITTEN
Dido & Aeneas (Didon et Enée) / Phaedra (Phèdre)
24, 26, 28 et 30 septembre et 2 et 3 octrobre 2008
Mise en scène : Yannis Kokkos (toujours flanqué de l'excellent Patrice Trottier)
Direction musicale : Jaap ter Linden (avec l'ONBA)
Didon : Mireille Delunsch
Enée : Thomas Dolié
Belinda : Kimy McLaren
La Magicienne : Catherine Wyn-Rogers
Un esprit : Louis-Alexander Désiré
Un Marin : Bruno Comparetti
Première Sorcière : Colette Galtier
Deuxième Socrière : Arlette Da Costa
Phèdre : Catherine Wyn-Rogers
Seconde femme : Sophie Etcheverry

Surprenant pari de jouer sur instruments modernes Didon & Enée !  Avec Jaap ter Linden, le chef de l'intégrale Mozart de Brilliant, assez décrié par les amateurs aux multiples versions, mais en réalité largement plus qu'honorable, on tentera d'équilibrer cela avec une conception d'un chef plus "authentique".

Immense cadeau de Mireille Delunsch dans un rôle où son tempérament et sa tension hors du commun devraient faire merveille. Privés cette année de sa présence, les Bordelais auront donc double ration l'an prochain !

La deuxième très bonne nouvelle, c'est l'intervention de Yannis Kokkos, esthète bien connu de nos services (La Clémence de Titus à Bordeaux et à Genève, Les Oiseaux de Braunfels à Genève, Les Rois de Fénelon à Bordeaux, Les Troyens de Berlioz au Châtelet). Mise en scène toujours respectueuse, fondée sur des espaces épurés, colorés, souvent des drapés, de très belles courbes... Une gourmandise !

Thomas Dolié, que nous avions déjà salué en Pyrame, devrait dispenser un Enée sombre avec son médium très riche, un vrai luxe, de même que Bruno Comparetti, solide ténor habitué de Compiègne, mais qui tient souvent des seconds rôles dans le reste de la France, et bien sûr Catherine Wyn-Rogers, spécialiste reconnue du répertoire anglais (qui participa notamment à l'intégrale des Lieder de Schubert chez Hyperion).

Le choix de la cantate assez peu donnée Phaedra constitue un très beau complément qui risque hélas de traumatiser le public local.

Bref, une soirée de gâteries pour les lutins !


jeudi 8 mai 2008

Plaisir d'offrir

On s'aperçoit parfois qu'une note, qu'un petit enthousiasme sont revenus aux oreilles de celui qui les a causés, et lui a rendu un peu du plaisir qu'il a donné.

C'est toujours un plaisir pour les lutins de s'apercevoir qu'un mot a pu toucher un artiste, plus encore lorsqu'il est étranger et qu'on ne s'attend pas à sa lecture. Surtout lorsqu'un concert a été peu commenté, on se dit que ça lui fait toujours un retour réconfortant.

Après Armand Arapian pour Hoël et Terje Boye Hansen à propos de Thora, on s'aperçoit ce soir du passage de Johannes M. Kösters qui n'a manifestement pas été froissé par nos impressions sur son timbre, et s'est satisfait des louanges sur son éloquence et son investissement dans Jakob Lenz.

Tant mieux, tant mieux !

Ajout de deux catégories

"Mélodie française" et "Découverte de la mélodie", pour plus de clarté dans la section lied déjà bien fournie.

(A noter également : surprises dans l'Ouverture de Guillaume Tell de Rossini et introduction à la Symphonie de Chausson - par Svetlanov - sur DSS.)

Premières 'Rencontres européennes de musique de chambre' de Bordeaux - II - Concert d'ouverture (quatuors de Lalo et Nurymov)

La suite du compte-rendu du concert d'ouverture. Les oeuvres, l'interprétation, le public, les insolites.

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Edouard LALO - Quatuor (Op.45)

Le Quatuor d'Edouard Lalo était au programme de la finale du Concours de juillet dernier. L'oeuvre ne ressemble en rien au Roi d'Ys ou à Fiesque, encore moins à la Symphonie espagnole et surtout pas aux mélodies de salon douceureuses sur lesquelles nous avons pudiquement passé dans notre petite série.
Ce Quatuor n'est pas aussi consonant et paisible qu'on aurait pu l'entendre ; bien entendu, on n'est pas polyphonique à l'excès, on demeure chez les Français, mais le contrepoint est plus sollicité qu'à l'accoutumée, avec également un véritable travail sur les textures. Dans les premier et troisième mouvements, Lalo développe même des rythmes décalés très impressionnants (un véritable piège de mise en place pour une oeuvre aussi longue et aussi peu fréquentée !). C'est-à-dire qu'avec une rigueur d'écriture toute germanique (le mode de développement reste très beethovenien), Lalo conserve cependant une clarté optimiste qui éclate brièvement dans le morceau de thème (varié) qui émerge dans le quatrième mouvement, extrêmement réjouissant.

Suite de la notule.

mercredi 7 mai 2008

Clara WIECK-SCHUMANN - Lorelei (Heine)

Rapide introduction à ce lied assez extraordinaire.

De multiples fois mis en musique, notamment par Gade, Proch, Raff, Fibich, Reutter et surtout Liszt (trois fois !), le poème a sa (grande) célébrité autonome. Ce qu'en fait Clara Wieck-Schumann est intéressant à plusieurs titres, aussi bien concernant l'instant choisi, un moment quasiment pictural, qu'au titre des procédés mis en oeuvre.

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Voir une traduction ici, manière de nous faire économiser un peu de temps.

Et le texte original :

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten
Daß ich so traurig bin ;
Ein Märchen aus alten Zeiten
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fliesst der Rhein ;
Der Gipfel des Berges funkelt
Im Abendsonnenschein.

Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar,
Ihr goldnes Geschmeide blitzet
Sie kämmt ihr goldenes Haar.

Sie kämmt es mit goldenem Kamme
Und singt ein Lied dabei ;
Das hat eine wundersame
Gewaltige Melodei.

Den Schiffer im kleinen Schiffe
Ergreift es mit wildem Weh,
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh.

Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn ;
Und das hat mit ihrem Singen
Die Lorelei getan.

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La pièce de notre chère Clara se fonde sur trois procédés qui se succèdent ou s'entremêlent.

Tout d'abord, le plus évident, de très belles figures liquides, soignées harmoniquement - avec toujours ces trouvailles modulantes simples et très efficaces de Clara -, qui accompagnent logiquement une narration autour du fleuve.


Puis un martèlement persistant en rythme ternaire sur le ré 2 (à la basse), qui caractérise aussi bien, d'un point de vue figuratif, les soubresauts de la petite nef que, du côté des affects, le sentiment de danger et de perte inéluctable ressenti par le navigateur.


Enfin une petite figure simple, une mélodie balancée, très conjointe [1], énoncée au piano en tierces à chacune des deux mains (ce qui renforce le son et lui donne une certaine insistance un peu étrange, une forme d'ampleur, d'écho)
;
le chant reprend une fois ce motif, sur les deux vers qui l'explicitent : Ein Märchen aus alten Zeiten / Das kommt mir nicht aus dem Sinn ("Un conte de temps anciens / Que je ne puis m'ôter de l'esprit").

Le vers commente donc la musique, et non l'inverse, un tour de force ! On comprend alors la signification de cette petite mélodie aimable et inquiétante : elle obsède par son retour, et elle inquiète sur le drame qu'elle promet.
Il s'agit tout simplement du motif qui figure le chant aimable et meutrier de la Lorelei (ou bien la mélodie du conte qui le rapporte).
On notera d'ailleurs la mutation de la figure chantée, d'une évocation lointaine vers, lors du chant pour la seconde fois de ce motif, non plus l'évocation du conte, mais la sauvagerie latente de la sirène derrière son chant fascinant.


Lire la suite.

Suite de la notule.

mardi 6 mai 2008

Ce matin à 9h20...

... cinq spectateurs pour les premières masterclasses d'Erberhard Feltz. (Il faut dire qu'il s'agissait d'un vrai travail de précision, répétitif, réalisé de dos, en chuchotant, en allemand et sans interprète - donc pas foncièrement grand public.)

(Cela dit en attendant les comptes-rendus annoncés.)

lundi 5 mai 2008

Premières 'Rencontres européennes de musique de chambre' de Bordeaux - I - Concert d'ouverture (Quatuor ATRIUM)

Vendredi 2 mai, ouverture du bal avec le quatuor lauréat du dernier concours Evian-Bordeaux (juillet 2007).

Au programme, deux raretés et une 'oeuvre angulaire' :

  • Le Quatuor d'Edouard LALO (Op.45)
  • Le Deuxième Quatuor - in memoriam Indira Gandhi de Chary NURYMOV
  • En seconde partie, le Cinquième Quatuor de Dmitri CHOSTAKOVITCH


Ce concert a renforcé notre opinion avec plus de sûreté que dans l'ivresse de l'amoncellement de prestations extraordinaires, en juillet dernier ; aussi bien à propos des oeuvres qu'à propos des interprètes.

Petite visite, comme promis.

Suite de la notule.

Académie de Quatuor à cordes de Bordeaux - Changements de programme

En deux mots :

Le quatuor Nador (très belle formation au son corsé vraiment hongrois) partagera l'affiche à deux reprises, avec les Brodowsky mardi soir (dans l'Officium breve de Kurtág, chef-d'oeuvre absolu de la littérature pour quatuor aux pixels de CSS), et avec les Anima jeudi (pour un Haydn).

Les masterclasses (9h15, 11h et 14h00 tous les jours jusqu'à vendredi, en principe du moins) seront fréquentées par du très beau monde : Quatuors Anima, Ardeo, Brodowsky, Quiroga et Nador. Au moins les quatre derniers de la liste sont de meilleur niveau que bien des formations célèbres et prodigues en disques. A entendre absolument.

dimanche 4 mai 2008

Medici - vidéos commerciales en libre accès jusqu'au 15 mai

Avant son passage en « vidéo à la demande » (système payant), le site - dont nous avions déjà signalé les diffusions du festival de Verbier, dont un récital de norvégiens et suédois rares par von Otter et Forsberg - laisse ses archives ouvertes librement à la consultation :

Suite de la notule.

samedi 3 mai 2008

A la découverte de la mélodie française - parcours discographique commenté - VII - Esprit français - Henri DUPARC (discographie)

Disques recommandés :


1. Introduction

Il existe en réalité assez peu de véritables intégrales, tandis que les mêmes pièces dépareillées (pas nécessairement les meilleures) affleurent dans une quantité innombrable de récitals. Et elles ne convainquent pas souvent, tant il semble difficile d'être exactement en ton simultanément chez l'ensemble des interprètes. Or, c'est bien du côté des intégrales qu'il faut se tourner pour obtenir La fuite et même, souvent, Au pays où se fait la guerre.

Jusqu'à une date récente (les années 90), il n'existait quasiment rien de conséquent.



2. Intégrales

On peut donc se pencher sur les intégrales suivantes (par intérêt décroissant à notre goût). Attention, selon les goûts et les habitudes de fréquentation, les avis divergent. Hormis sur le premier de la liste, nous avons mainte fois changé d'avis... C'est pourquoi on tâche d'être descriptif plus que normatif dans nos pages. Le classement par ordre d'intérêt est tout simplement une commodité pour le lecteur, une indication - de ce qui n'est pas plus que notre avis.
L'enregistrement Lee a ainsi largement chu à cause d'une certaine tiédeur, et Pikulski, et plus encore Kerdoncuff, nous ont fortement séduit à la longue pour leur personnalité, même si éloignée de ce que nous rêvions.

=> Catherine Robbin / Gerald Finley / Stephen Ralls (CBC)

Peut-être la plus convaincante de toutes. On regrette le piano assez mou (il n'y a pas d'autre mot) de Stephen Ralls, qui ne rend pas justice par ses discrétions un peu lisses, loin s'en faut, à l'écriture très riche harmoniquement de Duparc. En revanche, Catherine Robbin et Gerald Finley disposent tous les deux d'une véritable personnalité vocale et interprétative, dans un français parfait et très clairement articulé - surtout Finley. Ce dernier réussit l'exploit, avec une nature vocale très différente de ce qu'on pourrait attendre dans ces pages, plus sombre, un timbre moins pur, plus riche, à se trouver parfaitement en style. Chaque mot se charge de son poids avec une gourmandise et une justesse admirables. Au pays où se fait la guerre est également une très belle réussite pour Catherine Robbin, qui maintient une tension dramatique assez similaire à Mireille Delunsch, mais tout en conservant l'aspect naïf de la ballade.
Bref, peut-être l'intégrale (quasiment) idéale que nous cherchions.
Sans doute introuvable dans les bacs en France, mais aisément disponible sur Amazon.

=> Mireille Delunsch / Guy Flechter / Vincent Le Texier / François Kerdoncuff (Timpani)

CSS ne pouvait ignorer la prestation de Mireille Delunsch (majoritaire dans cette intégrale), bien entendu. (Guy Flechter, ténor, intervient seulement dans La Fuite, en tonalité originale de mi mineur. Le résultat ne parvient pas au degré d'aboutissement des autres volumes de la collection Mélodie Française de Timpani, surtout en comparaison de la discographie déjà plus généreuse que sur les autres titres (pour beaucoup les premières monographies au disque).
La voix de Vincent Le Texier a vieilli : moins de richesse, plus d'opacité, des voyelles beaucoup plus uniformes (donc moins compréhensibles), une présence interprétative moindre. Néanmoins, à y regarder de près, un vrai soin. Quant à Mireille Delunsch, il est évident que son tempérament très dramatique, sa tension quasiment électrique conviennent mieux à l'opéra. Dans les deux volumes Vierne chez Timpani, elle parvient à conjuguer mystère et tension de façon très convaincante, mais c'est là aussi vraiment une question de goût. Dans ces Duparc, on s'accoutume, mais le texte demeure parcellairement intelligible et cette délicieuse acidité inquiète n'est pas toujours pleinement en contexte.
En salle, ce devrait être phénoménal, parce qu'on retrouve bien - dans la Sérénade Florentine notamment - ce frémissement si singulier, mais qu'il faut ressentir physiquement, sur place. Pour qui l'a entendue à plusieurs reprises à son sommet, comme nous autre sur CSS, évidemment,
Le piano de François Kerdoncuff, toujours très dépouillé, se révèle mystérieux et délicat dans ces pages - ou au contraire déchaîné avec une clarté appréciable. Très français.
Aisément disponible. Attention toutefois : il s'agissait de la version que nous trouvions la moins convaincante, initialement. Sa forte personnalité a fait le reste du chemin, mais il faut accepter de se laisser conduire, attentivement.

Suite de la notule.

vendredi 2 mai 2008

[Vidéos] Master class (Le Roux) et répétition (van Dam) autour de Duparc

Puisque nous parlons de Duparc ces jours-ci, voici deux courtes vidéos qui feront écho à la discographie en préparation.

Suite de la notule.

Premier Festival de Quatuor à Bordeaux - Annonce d'activités de CSS & DSS

Comme annoncé, CSS assistera pour large partie aux concerts de la semaine de quatuor qui s'ouve ce soir même avec le concert de la formation lauréate en juillet dernier (les Atrium). Avec un programme original qui promet un beau grand régal..

Voir, ci-dessous, le rappel de ce que nous disions dès mars dernier, avec le détail complet des manifestations (présentation des lieux, des oeuvres, des interprètes, horaires).

N.B. : Les master classes auront bien lieu, cette année ; à la Halle des Chartrons, comme prévu (entrée libre), du mardi au vendredi de la semaine prochaine à 9h15, 11h et 14h30.

Suite de la notule.

jeudi 1 mai 2008

Les mystères du chant - les débuts du chanteur et la langue étrangère

L'enseignement du chant constitue régulièrement un sujet de rogne plus ou moins in petto pour CSS. Pour de nombreuses raisons, et notamment l'oubli parfois dangereux pour l'élève de prérogatives simples

  • comme s'enregistrer pour toujours contrôler l'application des méthodes, avec le meilleur rapport beauté de timbre / fatigue possible ;
  • l'incitation à l'acquisition d'une culture musicale solide, indispensable pour que ce contrôle ait un sens ;
  • les précautions à prendre y compris pendant les échauffement, qui fatiguent souvent les élèves ;
  • la pratique quotidienne de la quantité exacte d'une voyelle, l'essai de nouvelles postures vocales - à tout moment, gentiment, en faisant le ménage, en cuisinant, en marchant (ce qui fait gagner énormément de temps).


Bien sûr, certains professeurs font tout ou partie de cela, ou bien le compensent par d'autres moyens. Et la responsabilité est également à imputer aux élèves dépourvus de culture musicale qui pensent pouvoir trouver un instrument au moindre effort (ce qui n'est pas faux, au demeurant) ; ou même à la difficulté inhérente à toute compétence non pas en direction d'un objet, mais de son propre corps. Un grand nombre de paramètres entrent alors en jeu et apportent leur lot de difficultés propres.

Néanmoins, il est point sur lequel le péché est à peu près unanime.

La question de la langue.

--

Lorsqu'un étudiant débute, on commence par lui donner des exercices - ce sur quoi CSS est déjà très modérément convaincu, mais comme tous les professionnels en sont passés par là, bien malin qui pourrait démontrer le caractère facultatif de cette pratique. Tout dépend des profils, très certainement.
Puis, plus ou moins rapidement selon les enseignants, vient le moment béni du premier morceaux. Un baptême, en quelque sorte. Dont la liturgie est en latin, si ce n'est tout de bon en barbaresque.

Suite de la notule.

David Le Marrec


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