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TIHANYI László - Genitrix - Bordeaux, 28 novembre 2007

Puisque le fil consacré à cette saison devient un peu encombré, notamment par les développements un peu trop « généreux » sur Genitrix, autant reprendre ici, pour plus de clarté.

Nous présentons par avance nos excuses aux lecteurs de CSS pour le caractère informel du texte, pas aussi léché qu'il aurait fallu, et qui est loin de présenter de façon suggestive et complète, à ce qu'il nous en semble, la soirée. C'est qu'il s'agit avant tout de classement, et pas véritablement d'une entrée d'article conçue comme telle. La texte s'améliore probablement petit à petit, au fur et à mesure que nous songeons à rendre le propos plus complet.

Que cette entrée plus apparente soit aussi l'occasion de renouveler nos remerciements chaleureux à qui se reconnaîtra aisément.


Création Mondiale - Nouvelle production (en langue française) - Commande de l'Etat (omis sur le site de l'Opéra...) et de ll’Opéra National de Bordeaux - Avec le concours du Centre François Mauriac de Malagar

Direction musicale László Tihanyi - Mise en scène Christine Dormoy - Assistance à la dramaturgie Isabelle Bonnet - Décors Philippe Marioge - Costumes Cidalia da Costa - Lumières Paul Beaureilles - Vidéaste Éric Angels - MATHILDE (soprano) Sevan Manoukian - FÉLICITÉ (mezzo-soprano) Hanna Schaer - FERNAND (baryton-basse) Jean-Manuel Candenot - DULUC (ténor) Christophe Berry - MARIE (rôle parlé) Denise Laborde

Orchestre National Bordeaux Aquitaine - Chœur de l’Opéra National de Bordeaux


... Accueil glacial comme, de mémoire de lutin, on n'en a jamais vu à Bordeaux - un tiers de la salle applaudissait, et mollement. Les gens ne sont pas sortis furieux comme c'est souvent le cas pour le contemporain par ici, mais surtout pétrifiés. Nous avons deviné qu'on y trouvait beaucoup de gens que l'abondante propagande mauriacienne (campagne d'affichage tram, journaux, télévisions, y compris à l'échelle nationale) avait poussés ici. Evidemment, ils ont été un peu surpris.

Pour notre part, l'oeuvre est apparue tout à fait conforme à ses promesses, et les critiques qu'on peut lire (particulièrement celle de Pierre Gervasoni) nous paraissent alors assez à côté du principe. Pas du tout de grands sauts d'intervalle (nettement moins que chez Wagner et R. Strauss, voire que chez Mozart...) : au contraire, des lignes peu volubiles, un texte économe et dense.

C'était opportunément surtitré (la première fois à Bordeaux pour du français, effort remarquable), mais la diction des protagonistes était parfaite (surtout Jean-Manuel Candenot et Hanna Schaer) ; l'orchestre était bien écrit pour ne pas couvrir les voix toujours dans le bas de la tessiture.




Musicalement, c'était étrange dans la mesure où la première partie ressemblait véritablement à du Tihanyi, avec ses constantes inflexions tension / détente, qui étaient très efficaces non seulement en tant que telles, mais aussi pour soutenir une action dramatique, fût-elle uniquement psychologique - car l'action en question se résume à un acte pour l'infection postpuerpérale et un acte pour ses conséquences jusqu'à la mort symétrique de la mère étouffante, avec un nombre incalculable d'analepses, comme on dit (du flash-back en pagaille, pour parler clair). De très belles trouvailles aussi, comme ce violon caché dans la salle qui répond aux motifs obsessionnels orchestraux pendant le délire de la fièvre. Vraiment saisissant physiquement.

La seconde partie, elle, marque une rupture très nette. On n'a pas ce semblant de tonalité, ce babil discret d'instruments solistes qui égrennent des bribes de motifs. Une chappe sonore immobile qui enserre des existences figées. Ce devient un peu long, on en convient, pour nous autre : rien ne bouge plus, et le même univers qu'au premier acte est sans fin ressassé. La fatigue s'empare de l'auditeur comme pour une oeuvre qui ne module pas - ici, en réalité, de minuscules marches harmoniques déplacent les hauteurs, mais tout demeure si semblable...
L'effet voulu est pleinement atteint : l'impossibilité de dépasser cette relation de couple inséparable et conflictuel entre la mère et le fils quinquagénaire s'incarne dans le figement insupportable de la musique. Mais, musicalement, peu de choses se passent ; des répétitions littérales de sections musicales et de texte rendent même la chose pénible - on imagine mal écouter deux fois au disque le Credo du petit Henri (énoncé cinq fois sur la même musique irritante, en l'espace de deux scènes...).
Le public semble soulagé par les interventions parlées de la servante (en patois), qui allègent en effet de façon presque salutaire l'ensemble.
Très efficace et réussi, donc, mais en fin de compte un peu pénible pour le spectateur - la seconde partie n'a plus rien du divertissement qui traiterait de problèmes graves de façon esthétisée ; elle les concrétise tout de bon.
Nous en retînmes retiens surtout l’interlude entre les deux premières scènes, avec ces motifs incisifs et ses percussions boisées assez mantovaniens.

Au total, tout de même une grande satisfaction, avec de la belle musique très bien écrite pour les voix, des effets vraiment bien pensés, sans rien d'ostentatoire. Et avec une matière difficilement passionnante à l'opéra, un résultat assez captivant.




Côté interprétation, trois interprètes essentiellement, plus le choeur de l'Opéra. Le choeur est dans un bon jour, sans doute que ses rugosités sont opportunément gommées par le fait qu'il chante (en latin) en coulisse, mais le résultat est tout à fait honorable. On ne comprend pas un mot, mais c'est du latin, après tout (on va dire).
Sevan Manoukian (Mathilde, soprano) dispose d'une bien belle voix ronde, qu'on trouverait peut-être trop molle ou trop uniforme ailleurs, mais dont la volupté est très précieuse dans une oeuvre de ce type ; on prend avec plaisir. Hanna Schaer (Félicité Cazenave, mezzo-soprano) dispose de la plénitude de sa voix d'une façon stupéfiante - la voix n'a pas bougé depuis vingt ans... Toujours grande diseuse, et son français est absolument parfait, même parlé ; en écoutant ses lieder, nous étions persuadé qu'elle était germanophone ; à présent, nous pensons qu'elle a parlé les deux langues très tôt (ce qui est tout à fait probable, née à Bâle). Jean-Manuel Candenot (Fernand), enfin, est un authentique baryton-basse, dont les graves sonores et clairs émerveillent, vraiment hors du commun ; et riches, et parfaitement timbrés. On sent, dans l'aigu, que la voix sonne étrangement vieillie et poussée, peut-être est-ce la raison d'une carrière si discrète - parce que dans ce rôle écrit idéalement pour lui, il est véritablement stupéfiant. [On découvre avec plaisir qu'il chante de la mélodie française en récital, dont du Ibert et du (Guy) Sacre - deux très bons choix en plus des plus traditionnels Ravel / Poulenc.]
Tous trois font valoir des dons d'acteurs hors du commun - y compris pour des acteurs de théâtre. Une présence suggestive pour chaque geste, le naturel pour chaque déplacement. L'illusion mimétique est parfaite - nous n'avions jamais vu cela !




Mais le plus grand plaisir du spectacle provenait de la mise en scène de Christine Dormoy (qui a mis en scène pas mal de contemporain dont du Scelsi et du Sto). Aussi bien la fonctionnalité extrême du décor que la direction d'acteurs, le tout sans transposition et si beau à regarder. Le résultat confine au génie.

Pourtant, le livret de Tihanyi (assisté d'Alain Surrans, notamment pour les questions de prosodie) n'est pas franchement efficace, fait de saynètes dans un ordre chronologique totalement bouleversé, retournant inlassablement aux mêmes moments, dans une langue à plusieurs reprises maladroites. Outre l'idée très regrettable de supprimer les "e" caducs à la finale (ce qui a toujours été très laid, y compris chez Ravel, mais se révèle parfaitement absurde lorsqu'on veut donner corps à la langue et l'esprit de Mauriac !) [1], ce sont surtout ces microfractures propres aux apprentis écrivains qu'on remarque : ces ruptures dans le registre de langue, ces bizarreries du vocabulaire qui tout à coup fissurent le pacte de l’illusion théâtrale ou romanesque, et nous rappellent désagréablement qu’il ne s’agit que d’une histoire écrite par quelqu’un. L’insistance musicale, surtout au début de l’œuvre, sur certains de ces éléments qui auraient pu passer inaperçus n’améliore pas les choses, notamment lorsque le chant s’envole joyeusement, chez la malade, sur « fausse couche » (on voit aussi des mots grammaticaux, par exemple « comme », accentués comme des termes expressifs, quelques maladresses vénielles).

En dépit de cela, le travail de Christine Dormoy et de son équipe rend absolument passionnant l’ensemble, plus encore que la musique.

C'est d'abord une réalisation esthétique à l'extrême, sans transposition, qui présente un décor unique à multiples significations - un splendide intérieur, dépouillé et lumineux, avec des ouvertures en plein ceintre verticales et étroites, surdimensionnées de façon saisissante mais non écrasante ; partiellement occultées, selon les moments, par des rideaux roulant également en bois - ce qui renouvelle sans cesse l'aspect du lieu. La projection vidéo, discrète et efficace, suggère la pluie au moment de la mort de la mère par un brouillage à peine distinct des teintes du fond de scène, mais étale aussi des échos des personnages filmés à la verticale lors du délire final qui s'empare de Fernand, avec des hordes de Félicité de tous âges et tous sexes qui déferlent sur le plateau. Plus subtilement encore, des lignes tracées par Mauriac, partiellement lisibles derrière les volets, apparaissent en écho aux bribes de texte exact parlé ou scandé par les personnages ; et la ferronnerie bordelaise évoque tout l'univers de cliché dans lequel se tiennent figés les personnages.
Les grands espaces, avec pour seul mobilier le lit et le double siège au I, le double siège et parfois la table basse au II, attendent seulement d'être habités par les rares personnages.

La gestion du va-et-vient temporel incessant opéré par le propos dramatique quelque peu confus de Tihanyi est admirable ; tout demeure limpide, centré autour d'un seul meuble pour chaque acte. Les personnages qui passent dans la chambre (puis dans le salon au II) sont aussi bien les souvenirs fantomatiques de la fièvre que des retours de la "narration", peu importe. Les personnages entrent et sortent de cette chambre parfois sans y être, parfois pour s'adresser à la malade, toujours avec une grande variété des déplacements et une grande clarté du propos. Il reste tout à fait évident que cette chambre et ce salon demeurent centraux et que passé et futur s'y bousculent en même temps que le présent (qui n'est pas nécessairement si présent que cela...).

Chacune de ces configurations distinctes évite la lassitude dans ces retours incessants à des situations obsessionnelles, toutes assez semblables - des conflits familiaux générés par l'égoïsme ou l'amour mal placé. Et toujours dans un grand souci esthétique, où chaque geste est à la fois élégant, signifiant et naturel - un tour de force dont on peine à se représenter les clefs dans le travail de préparation.

Nous qui redoutions la lourdeur du premier acte fondé tout entier sur l'agonie qui suit la fausse couche, craignant des images d'une laideur complaisante, exhibant sang, visage déformé, trémoussements douteux ; au contraire. La mesquinerie repoussante de chaque personnage ne fait pas obstacle à Christine Dormoy pour présenter des tableaux d'une rare beauté, et même d'une grande noblesse - sans nulle contradiction avec le propos du livret, au demeurant.
La fièvre ? Quelques roulements tourmentés mais presque doux sur le lit central, et les rideaux soulevés par un souffle léger, voire, au moment de l'agonie, des motifs de tapisserie obsessionnels qui apparaissent discrètement, presque transparents, en projection.
Le souvenir du temps joyeux ? A genoux, la petite se met à porter son drap (immaculé) comme une robe - sans rien singer, simplement rêveuse : ce n'est pas elle mais nous qui faisons l'association d'idées, autre tour de force de la mise en scène.
Le retour du souvenir de la morte ? Une robe blanche maculée de taches de sang séché qui semblent un décor de fleurs, et toutes au-dessus de la taille, de sorte que cette équivoque pas du tout réaliste et le comportement badin du personnage laissent le spectateur à son imaginaire, sans rien imposer de sinistre ou de frivole.

Et plus que tout, la direction d'acteurs, dont on ne dira pas assez le mérite et la réussite exceptionnels - et qui habite tout l'espace disponible sur le plateau - à trois ! Tout y fait sens, rien n'est surligné.


Que dire de plus sur une mise en scène qui conjugue de façon infaillible sens esthétique aigu, précision des déplacements, naturel absolu des attitudes, capacité de sens jamais imposé, vitalité, suggestions discrètes, poésie ? On jette pêle-mêle les ingrédients d'un idéal, assurément. Qui respecte à la lettre son livret (un texte très difficile à mettre en scène, statique, pas très riche), en répare les faiblesses, fait sens et fait beau. Le tout sans transposition.

S'il y a bien quelqu'un qui triomphe dans cette belle soirée... vous saurez à qui nous pensons.




En somme, une très belle soirée ; musicalement, qui permet d'entendre en salle la musique très-digne d'intérêt de Tihanyi, dont on retrouve les principales caractéristiques au premier acte ; servie par des chanteurs-acteurs irréprochables - et même mieux que cela, enthousiasmants ; magnifiée par une mise en scène dont on a assez dit pour se taire à présent.


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Commentaires

1. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Notes :
[1] Développement donné plus tard en commentaire :
Cette affaire de "e" caducs est surtout une affaire d'assân, surtout que la chose se trouve de surcroît représenté à Bordeaux... On n'y dit pas une feausskouch mais bien une fòsseukoucheu. qu'on prononce de façon standard le français, CSS n'y est en rien opposé, l'opéra n'est pas un art réaliste, c'est même la convention par excellence. Mais pourquoi, à ce compte-là, faire tomber de façon aussi prosaïque les "e", ce qui n'est pas l'usage, à part dans certains opéras du début du vingtième (Ravel et Milhaud en particulier) ?
Cela donne tout simplement des accents de trivialité que paraissent esthétiquement hors de propos, et ne se justifient même pas par le contexte. Dans une famille bordelaise, de surcroît une grande famille, pourquoi parler comme la rue parisienne ? Pour couronner le tout, musicalement, ce n'est pas la prosodie très minutieuse de Ravel et Milhaud, qui pourraient revendiquer cette proximité avec le « vrai » dans leur choix de bannissement du "e". Ca reste un détail, bien évidemment.



Suivent les commentaires des habitués de CSS sur le fil de la saison autour du sujet :

2. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

=> Genitrix :

Puis un Génitrix de László Tihanyi, création mondiale.

Merci pour les accents. :-)


Ca s'est mal passé ?

Accueil glacial comme je n'en ai jamais vu ici, un tiers de la salle applaudissait, et mollement. Les gens ne sont pas sortis furieux comme c'est souvent le cas pour le contemporain par ici, mais surtout pétrifiés. Je crois qu'il y avait beaucoup de gens que l'abondante propagande mauriacienne (campagne d'affichage tram, journaux, télévisions, y compris à l'échelle nationale) avait poussé ici. Evidemment, ils ont été un peu surpris.

Pour ma part, j'ai trouvé l'oeuvre tout à fait conforme à ses promesses, et les critiques qu'on peut lire (particulièrement celle de Pierre Gervasoni) me paraissent assez à côté du principe. Pas du tout de grands sauts d'intervalle (nettement moins que chez Wagner et R. Strauss, voire que chez Mozart...) : au contraire, des lignes peu volubiles, un texte économe et dense.

C'était opportunément surtitré (la première fois à Bordeaux pour du français, effort remarquable), mais la diction des protagonistes était parfaite (surtout Jean-Manuel Candenot et Hanna Schaer) ; l'orchestre était bien écrit pour ne pas couvrir les voix toujours dans le bas de la tessiture.


Musicalement, c'était étrange dans la mesure où la première partie ressemblait véritablement à du Tihanyi, avec ses constantes inflexions tension / détente, qui étaient très efficaces non seulement en tant que telles, mais aussi pour soutenir une action dramatique, fût-elle uniquement psychologique - car l'action en question se résume à un acte pour l'infection postpuerpérale et un acte pour ses conséquences, avec un nombre incalculable d'analepses, comme on dit (du flash-back en pagaille, pour parler clair). De très belles trouvailles aussi, comme ce violon caché dans la salle qui répond aux motifs obsessionnels orchestraux pendant le délire de la fièvre. Vraiment saisissant physiquement.

La seconde partie, elle, marque une rupture très nette. On n'a pas ce semblant de tonalité, ce babil discret d'instruments solistes qui égrennent des bribes de motifs. Une chappe sonore immobile qui enserre des existences figées. Ce devient un peu long, j'en conviens, pour moi : rien ne bouge plus, et le même univers qu'au premier acte est sans fin ressassé. La fatigue s'empare de l'auditeur comme pour une oeuvre qui ne module pas - ici, en réalité, de minuscules marches harmoniques déplacent les hauteurs, mais tout demeure si semblable...
L'effet voulu est pleinement atteint : l'impossibilité de dépasser cette relation de couple inséparable et conflictuel entre la mère et le fils quinquagénaire s'incarne dans le figement insupportable de la musique. Mais, musicalement, peu de choses se passent ; des répétitions littérales de sections musicales et de texte rendent même la chose pénible - on imagine mal écouter deux fois au disque le Credo du petit Henri (énoncé cinq fois sur la même musique irritante, en l'espace de deux scènes...).
Le public semble soulagé par les interventions parlées de la servante (en patois), qui allègent en effet de façon presque salutaire l'ensemble.
Très efficace et réussi, donc, mais en fin de compte un peu pénible pour le spectateur - la seconde partie n'a plus rien du divertissement qui traiterait de problèmes graves de façon esthétisée ; elle les concrétise tout de bon.
J’en retiens surtout l’interlude entre les deux premières scènes, avec ces motifs incisifs et ses percussions boisées assez mantovaniens.

Au total, tout de même une grande satisfaction, avec de la belle musique très bien écrite pour les voix, des effets vraiment bien pensés, sans rien d'ostentatoire. Et avec une matière difficilement passionnante à l'opéra, un résultat assez captivant.


Côté interprétation, trois interprètes essentiellement, plus le choeur de l'Opéra. Le choeur est dans un bon jour, sans doute que ses rugosités sont opportunément gommées par le fait qu'il chante (en latin) en coulisse, mais le résultat est tout à fait honorable. On ne comprend pas un mot, mais c'est du latin, après tout (on va dire).
Sevan Manoukian (Mathilde, soprano) dispose d'une bien belle voix ronde, qu'on trouverait peut-être trop molle ou trop uniforme ailleurs, mais dont la volupté est très précieuse dans une oeuvre de ce type, on prend avec plaisir. Hanna Schaer (Félicité Cazenave, mezzo-soprano) dispose de la plénitude de sa voix d'une façon stupéfiante - la voix n'a pas bougé depuis vingt ans... Toujours grande diseuse, et son français est absolument parfait, même parlé ; en écoutant ses lieder, j'étais persuadé qu'elle était germanophone ; à présent, je pense qu'elle a parlé les deux langues très tôt (ce qui est tout à fait probable, née à Bâle). Jean-Manuel Candenot (Fernand), enfin, est un authentique baryton-basse, dont les graves sonores et clairs émerveillent, vraiment hors du comme ; et riches, et parfaitement timbrés. On sent, dans l'aigu, que la voix sonne étrangement vieillie et poussée, peut-être est-ce la raison d'une carrière si discrète - parce que dans ce rôle écrit idéalement pour lui, il est véritablement stupéfiant.
Tous trois font valoir des dons d'acteurs hors du commun - y compris pour des acteurs de théâtre. Une présence suggestive pour chaque geste, le naturel pour chaque déplacement. L'illusion mimétique est parfaite - je n'avais jamais vu cela !


Mais le plus grand plaisir du spectacle provenait de la mise en scène de Christine Dormoy (qui a mis en scène pas mal de contemporain dont du Scelsi et du Sto). Aussi bien la fonctionnalité extrême du décor que la direction d'acteurs, le tout sans transposition et si beau à regarder. Le résultat confine au génie.

Pourtant, le livret de Tihanyi (assisté d'Alain Surrans, notamment pour les questions de prosodie) n'est pas franchement efficace, fait de saynètes dans un ordre chronologique totalement bouleversé, retournant inlassablement aux mêmes moments, dans une langue à plusieurs reprises maladroites. Outre l'idée très regrettable de supprimer les "e" caducs à la finale (ce qui a toujours été très laid, y compris chez Ravel, mais se révèle parfaitement absurde lorsqu'on veut donner corps à la langue et l'esprit de Mauriac !), ce sont surtout ces microfractures propres aux apprentis écrivains qu'on remarque : ces ruptures dans le registre de langue, ces bizarreries du vocabulaire qui tout à coup fissurent le pacte de l’illusion théâtrale ou romanesque, et nous rappellent désagréablement qu’il ne s’agit que d’une histoire écrite par quelqu’un. L’insistance musicale, surtout au début de l’œuvre, sur certains de ces éléments qui auraient pu passer inaperçus n’améliore pas les choses, notamment lorsque le chant s’envole joyeusement, chez la malade, sur « fausse couche » (on voit aussi des mots grammaticaux, par exemple « comme », accentués comme des termes expressifs, quelques maladresses vénielles).

En dépit de cela, le travail de Christine Dormoy rend absolument passionnant l’ensemble, plus encore que la musique.


Je reprends plus tard pour finir. Du coup, je me suis un peu répandu…

3. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par jdm

Je n'ai pas vu, je ne connais pas cette oeuvre.
Un grand article de David Le Marrec, en 'simple' commentaire !
Un texte valeureux.

David :
Je crois qu'il y avait beaucoup de gens que l'abondante propagande mauriacienne (campagne d'affichage tram, journaux, télévisions, y compris à l'échelle nationale) avait poussé ici. Evidemment, ils ont été un peu surpris.

Evidemment, s'ils ne connaissent pas Mauriac !

David :
Outre l'idée très regrettable de supprimer les "e" caducs à la finale (ce qui a toujours été très laid, y compris chez Ravel, mais se révèle parfaitement absurde lorsqu'on veut donner corps à la langue et l'esprit de Mauriac !)

Evidemment, David, toi, tu connais.

Et si je ne connais pas l'air, c'est une chanson que je connais bien.
Est-ce qu'il y aura des diffusions télévisées ? un dvd ?

maladresses vénielles

[chers lutins, ne faites pas attention, c'est un virus, c'est incurable, ce n'est pas forcément contagieux]

4. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Merci Jdm pour ces gentillesses toujours renouvelées. Si ça prend trop de place, je serai peut-être obligé de le fourguer en entrée indépendante, mais ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler un texte léché... :-s


Evidemment, s'ils ne connaissent pas Mauriac !

Oui, enfin, imagine que tu ailles voir Alice au Pays des Merveilles mis en musique avec le sérieux indéfectible et la magie toute personnelle de Boulez - ça peut cueillir.


"

Outre l'idée très regrettable de supprimer les "e" caducs à la finale (ce qui a toujours été très laid, y compris chez Ravel, mais se révèle parfaitement absurde lorsqu'on veut donner corps à la langue et l'esprit de Mauriac !)"

Evidemment, David, toi, tu connais.

Ah, mais c'est juste une affaire d'assân, surtout que c'est de surcroît représenté à Bordeaux... Ici, on ne dit pas une feausskouch mais bien une fòsseukoucheu. Alors, qu'on prononce de façon standard le français, je n'ai rien contre, l'opéra n'est pas un art réaliste, c'est même la convention par excellence. Mais pourquoi, à ce compte-là, faire tomber de façon aussi prosaïque les "e", ce qui n'est pas l'usage, à part dans certains opéras du début du vingtième (Ravel et Milhaud en particulier) ?
Ca donne tout simplement des accents de trivialité que me paraissent esthétiquement hors de propos, et ne se justifient même pas par le contexte. Dans une famille bordelaise, de surcroît une grande famille, pourquoi parler comme la rue parisienne ? Pour couronner le tout, musicalement, ce n'est pas la prosodie très minutieuse de Ravel et Milhaud, qui pourraient revendiquer cette proximité avec le « vrai » dans leur choix de bannissement du "e".

Ca reste un détail, bien évidemment.


Est-ce qu'il y aura des diffusions télévisées ? un dvd ?

Je ne pense pas. Il n'y aura, selon toute vraisemblance, même pas de radiodiffusion. Cela dit, très honnêtement, avec le son seul, je ne crois pas que ce soit aisément digérable. Déjà que Jakob Lenz, avec sa grande richesse musicale, est un peu difficile...


"maladresses vénielles"

[chers lutins, ne faites pas attention, c'est un virus, c'est incurable, ce n'est pas forcément contagieux]


Allons, ça vaut toujours mieux qu'un gros péché mortel - qui, lui, s'attrape si on n'y prend garde.


Merci de ton passage. :)

5. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par Morloch

Le compte-rendu intrigue et donnerait envie d'entendre, j'espère quand même qu'un radio aventureuse tentera l'expérience.

Désolé pour les accents. Genitrix c'était mal vu, mais je progresse en hongrois, tu as vu ? Pour le coup, je vais éviter de trop me prononcer sur le problème du e caduc et du e muet, cette subtilité du français parlé que nous maîtrisons tous sans le savoir mais les étrangers jamais, qui pose des problèmes d'accentuation atroces à expliquer.

Je serais curieux d'entendre Jonas Kaufmann dans un récital de lieder, ça doit être plus facile à trouver que Genitrix et je ne serais pas surpris que sa voix très nuancée fasse des merveilles.

C'était tout de même une belle semaine musicale à Bordeaux (Je trouve magnanime de daigner accorder ce qualificatif depuis Paris :) ).

Le prochain c'est le Requiem de Fauré avec du Britten et du Holst de Noël ?

6. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Au contraire, j’étais ravi pour les accents ! :)

Le compte-rendu intrigue et donnerait envie d'entendre, j'espère quand même qu'un radio aventureuse tentera l'expérience.


Je ne sais pas – peut-être que la « coproduction » avec l’Etat, si j’ose dire, jouera en faveur d’une diffusion sur France Mu. Mais de toute façon, sans le visuel (il faudrait que je finisse, mais je suis intimidé par la splendeur du travail de Christine Dormoy), il sera difficile d’en apprécier le meilleur.

La musique de Tihanyi, cela dit, du moins pour la première partie, mérite amplement le détour. En musique instrumentale, de très belles choses aussi avaient été diffusées sur la radio hongroise il y a quelques mois, mais c’est difficile à trouver, comme tu t’en doutes. Il existe quelques disques disponibles en Hongrie.


Pour le coup, je vais éviter de trop me prononcer sur le problème du e caduc et du e muet, cette subtilité du français parlé que nous maîtrisons tous sans le savoir mais les étrangers jamais, qui pose des problèmes d'accentuation atroces à expliquer.


Dans la langue raffinée, on les prononce de toute façon.

Mais le principe est très facile : le français est systématiquement accentué sur la dernière syllabe, sauf lorsqu’il s’agit d’un « e » (c’est alors l’avant-dernière).
Inutile de leur exposer la « loi de Grammont » (non, pas celle du général), qui explique sobrement les conditions de disparition du « e » à l’intérieur des mots [en bref et abscons : pas au début d’un groupe tonique, pas avant deux consonnes, pas après un groupe combiné avec latérale ou vibrante…] : c’est la façon de parler « standard », donc du pékin d’Oïl. En Oc ou chez les gens raffinés, on prononce ces « e »… Donc la première phrase de mon paragraphe suffit. :)


Je serais curieux d'entendre Jonas Kaufmann dans un récital de lieder, ça doit être plus facile à trouver que Genitrix et je ne serais pas surpris que sa voix très nuancée fasse des merveilles.


Il détimbre un peu et nasalise beaucoup, donc la voix n’est pas dans son meilleur jour, mais l’interprète est incontestablement là.
Oui, ça doit se trouver (le Winterreise, c’était le cas, mais un peu décevant). Je ferai une recherche et je te dirai si je trouve trace de quelque chose.


C'était tout de même une belle semaine musicale à Bordeaux (Je trouve magnanime de daigner accorder ce qualificatif depuis Paris :) ).

Oui, et ça faisait un sacré moment que je n’avais pas mis le nez au concert. Depuis le début de la saison, je n’avais fait que Bohème et le récital de midi de Maïra Kerey (le même jour…).


Le prochain c'est le Requiem de Fauré avec du Britten et du Holst de Noël ?


Le prochain, c’est le récital de Cécile Perrin demain midi :

Massenet : Hérodiade – le très bel air d’entrée d’une Salomé mystique. Relativement aisé à chanter, ce serait un bon air pour changer les apprentis brailleurs de Tosti.
Massenet : Ariane – le dernier air.
Poulenc : Deux extraits de La Courte Paille
Poulenc : extrait de Deux Poèmes de Louis Aragon : Fêtes Galantes, Les Chemins de l’amour
Messager : L’Amour masqué – « J’ai deux amants »
J. Strauss II : Trois Valses.

Programme plutôt léger, mais original, n’est-ce pas ?


Merci de ton intérêt pour les lointains hommes hirsutes du Sud.

7. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par Morloch

Ah mais je suis aveugle, tout le programme est indiqué à l'avance. Je supprimerais le choeur de l'ONBA et je prendrais les anglais qui chantent le Requiem de Fauré et des noëls anglais à la place (oui j'ai mauvais goût et alors ?) , mais sinon ça paraît attractif tout plein :)

8. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Si tu crois que je vais aller entendre le choeur de l'ONBA... En revanche, les Anglais, comme il n'y a pas de petits affreux... :)

9. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Je reprends et finis :

« Mais le plus grand plaisir du spectacle provenait de la mise en scène de Christine Dormoy (qui a mis en scène pas mal de contemporain dont du Scelsi et du Sto). Aussi bien la fonctionnalité extrême du décor que la direction d'acteurs, le tout sans transposition et si beau à regarder. Le résultat confine au génie.

Pourtant, le livret de Tihanyi (assisté d'Alain Surrans, notamment pour les questions de prosodie) n'est pas franchement efficace, fait de saynètes dans un ordre chronologique totalement bouleversé, retournant inlassablement aux mêmes moments, dans une langue à plusieurs reprises maladroites. Outre l'idée très regrettable de supprimer les "e" caducs à la finale (ce qui a toujours été très laid, y compris chez Ravel, mais se révèle parfaitement absurde lorsqu'on veut donner corps à la langue et l'esprit de Mauriac !), ce sont surtout ces microfractures propres aux apprentis écrivains qu'on remarque : ces ruptures dans le registre de langue, ces bizarreries du vocabulaire qui tout à coup fissurent le pacte de l’illusion théâtrale ou romanesque, et nous rappellent désagréablement qu’il ne s’agit que d’une histoire écrite par quelqu’un. L’insistance musicale, surtout au début de l’œuvre, sur certains de ces éléments qui auraient pu passer inaperçus n’améliore pas les choses, notamment lorsque le chant s’envole joyeusement, chez la malade, sur « fausse couche » (on voit aussi des mots grammaticaux, par exemple « comme », accentués comme des termes expressifs, quelques maladresses vénielles).

En dépit de cela, le travail de Christine Dormoy rend absolument passionnant l’ensemble, plus encore que la musique. »

C'est d'abord une réalisation esthétique à l'extrême, sans transposition, qui présente un décor unique à multiples significations - un splendide intérieur, dépouillé et lumineux, avec des ouvertures en plein ceintre verticales et étroites, surdimensionnées de façon saisissante mais non écrasante ; partiellement occultées, selon les moments, par des rideaux roulant également en bois - ce qui renouvelle sans cesse l'aspect du lieu. La projection vidéo, discrète et efficace, suggère la pluie au moment de la mort de la mère par un brouillage à peine distinct des teintes du fond de scène, mais étale aussi des échos des personnages filmés à la verticale lors du délire final qui s'empare de Fernand, avec des hordes de Félicité de tous âges et tous sexes qui déferlent sur le plateau. Plus subtilement encore, des lignes tracées par Mauriac, partiellement lisibles derrière les volets, apparaissent en écho aux bribes de texte exact parlé ou scandé par les personnages ; et la ferronnerie bordelaise évoque tout l'univers de cliché dans lequel se tiennent figés les personnages.
Les grands espaces, avec pour seul mobilier le lit et le double siège au I, le double siège et parfois la table basse au II, attendent seulement d'être habités par les rares personnages.

La gestion du va-et-vient temporel incessant opéré par le propos dramatique quelque peu confus de Tihanyi est admirable ; tout demeure limpide, centré autour d'un seul meuble pour chaque acte. Les personnages qui passent dans la chambre (puis dans le salon au II) sont aussi bien les souvenirs fantomatiques de la fièvre que des retours de la "narration", peu importe. Les personnages entrent et sortent de cette chambre parfois sans y être, parfois pour s'adresser à la malade, toujours avec une grande variété des déplacements et une grande clarté du propos. Il reste tout à fait évident que cette chambre et ce salon demeurent centraux et que passé et futur s'y bousculent en même temps que le présent (qui n'est pas nécessairement si présent que cela...).

Chacune de ces configurations distinctes évite la lassitude dans ces retours incessants à des situations obsessionnelles, toutes assez semblables - des conflits familiaux générés par l'égoïsme ou l'amour mal placé. Et toujours dans un grand souci esthétique, où chaque geste est à la fois élégant, signifiant et naturel - un tour de force dont on peine à se représenter les clefs dans le travail de préparation.

Moi qui redoutais la lourdeur du premier acte fondé tout entier sur l'agonie qui suit la fausse-couche, craignant des images d'une laideur complaisante, exhibant sang, visage déformé, trémoussements douteux ; au contraire. La mesquinerie repoussante de chaque personnage ne fait pas obstacle à Christine Dormoy pour présenter des tableaux d'une rare beauté, et même d'une grande noblesse - sans nulle contradiction avec le propos du livret, au demeurant.
La fièvre ? Quelques roulements tourmentés mais presque doux sur le lit central, et les rideaux soulevés par un souffle léger, voire, au moment de l'agonie, des motifs de tapisserie obsessionnels qui apparaissent discrètement, presque transparents, en projection.
Le souvenir du temps joyeux ? A genoux, la petite se met à porter son drap (immaculé) comme une robe - sans rien singer, simplement rêveuse : ce n'est pas elle mais nous qui faisons l'association d'idées, autre tour de force de la mise en scène.
Le retour du souvenir de la morte ? Une robe blanche maculée de taches de sang séché qui semblent un décor de fleurs, et toutes au-dessus de la taille, de sorte que cette équivoque pas du tout réaliste et le comportement badin du personnage laissent le spectateur à son imaginaire, sans rien imposer de sinistre ou de frivole.

Et plus que tout, la direction d'acteurs, dont on ne dira pas assez le mérite et la réussite exceptionnels - et qui habite tout l'espace disponible sur le plateau - à trois ! Tout y fait sens, rien n'est surligné.


Que dire de plus sur une mise en scène qui conjugue de façon infaillible sens esthétique aigu, précision des déplacements, naturel absolu des attitudes, capacité de sens jamais imposé, vitalité, suggestions discrètes, poésie ? On jette pêle-mêle les ingrédients d'un idéal, assurément. Qui respecte à la lettre son livret (un texte très difficile à mettre en scène, statique, pas très riche), en répare les faiblesses, fait sens et fait beau. Le tout sans transposition.

S'il y a bien quelqu'un qui triomphe dans cette belle soirée... vous saurez à qui nous pensons.




En somme, une très belle soirée ; musicalement, qui permet d'entendre en salle la musique très-digne d'intérêt de Tihanyi, dont on retrouve les principales caractéristiques au premier acte ; servie par des chanteurs-acteurs irréprochables - et même mieux que cela, enthousiasmants ; magnifiée par une mise en scène dont on a assez dit pour se taire à présent.

10. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par jdm

David :
Alice au Pays des Merveilles mis en musique avec le sérieux indéfectible et la magie toute personnelle de Boulez

Waouhhh, c'est où, c'est quand ?
Le mathématicien, logicien, pré-oulipien Lewis Carroll s'entendrait bien avec le calculateur baroque qui nous a offert, il y a longtemps, une version enflammée du Sacre du Printemps après avoir froidement et mathématiquement autopsié l'oeuvre.

David :
Ici, on ne dit pas une feausskouch mais bien une fòsseukoucheu

Oui, je sais, et tu sais que j'ai une moitié gersoise, on ne shinte pas les 'e', on place l'accent comme il faut, et on ne dit pas 'inbrinbrin' pour 'un brin brun' !
Cruel !

{j'aimerais une réponse à mon courriel, le sujet est futile, c'est juste pour savoir si je garde au frais ce que je t'ai laissé en réserve}

11. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Oui, je sais, et tu sais que j'ai une moitié gersoise, on ne shinte pas les 'e', on place l'accent comme il faut, et on ne dit pas 'inbrinbrin' pour 'un brin brun' !

Je ne nie pas que tu le saches, pas moins que les librettistes sans doute, mais eux l'ont superbement ignoré.


{j'aimerais une réponse à mon courriel, le sujet est futile, c'est juste pour savoir si je garde au frais ce que je t'ai laissé en réserve}

Aïe, tu es donc au fond du gouffre ?

Je vais chercher la corde.


Non, pas de panique, c'est juste pour te rendre visite.

Je crois que je vois le fond du gouffre.

12. Le vendredi 30 novembre 2007 à , par jdm

Je vais chercher la corde.

Non, pas de panique, c'est juste pour te rendre visite.

Je crois que je vois le fond du gouffre.

Le génie de faire rire*, même quand...
Merci, David

*avec esprit

13. Le samedi 1 décembre 2007 à , par vartan

Si j'avais assisté à cette soirée je n'aurais pas été en mesure de la commenter avec une telle pertinence, c'est certain. ;-)
Merci pour ce beau compte-rendu.

14. Le samedi 1 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

@ Jdm : heu, courrier de quelle date ? C'est si vieux que ça, je ne le vois pas ?


@ Vartan :
Allons, allons, pas de moquerie. Tu rends bien mieux compte de la teneur de l'oeuvre, j'ai juste jeté quelques caractéristiques, initialement pour répondre à la curiosité légitime de Morloch. :)

Il faut savoir, par ailleurs, que c'est la seconde fois que le compositeur travaille sur ce roman ; il avait déjà composé un opéra sur le sujet, au tout début de sa pratique, qu'il avait jugé insatisfaisant et avait immédiatement détruit.

15. Le samedi 1 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Si tout se passe bien, à ce lien, après un peu de Béjart, on devrait causer de Genitrix, avec le co-librettiste Alain Surrans qu'on aura précédemment, rituel oblige, interrogé sur ce qui n'est pas sa partie...

16. Le dimanche 2 décembre 2007 à , par jdm

courrier de quelle date ?

le 22 novembre, il me semble, je ne suis pas sur mon poste - le week-end, c'est dur !

17. Le dimanche 2 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Je vais regarder ça tout à l'heure. :) Ca me donne une idée de l'endroit, c'est suffisant.

18. Le dimanche 2 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

... et je fais un coucou à notre visiteur de Budapest qui est passé ici des dizaines de fois aujourd'hui en ouvrant soigneusement chaque commentaire.



Si besoin de complément, la rédaction de CSS est dans les parages, on lui demandera.

19. Le dimanche 2 décembre 2007 à , par jdm

J'ai supprimé ce qui était en lien dans ce courrier. Aucune importance, encore une fois c'était vraiment dispensable.

Heureux d'apprendre que CSS devient le Sangatte de l'art lyrique et plus et que le maître des lieux héberge chaleureusement les morcelés venus du froid.

Evidemment, si l'auto-invité a ouvert mes commentaires, il doit avoir une bien piètre idée des lutins françois :)

20. Le lundi 3 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Ah, ça explique pourquoi je ne l'ai pas trouvé. Pourtant, il n'y avait pas de limite de validité, je ne comprends pas.

"Venus du froid" ? Venus des plaines, je veux bien, mais du froid...

Je confirme, avec les données statistiques, qu'il a bien ouvert tes commentaires. Il n'a pu qu'être ébloui par ton esprit, n'en doute pas - de toute façon, si l'on veut tenir notre rang, un peu d'arrogance française ne peut nuire - surtout face à ces jeunots tout juste européanisés. :-)

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