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Opéra-comique, opérette, opéra bouffe et salle Favart

Clarifions.

  • L'opérette. On classe parfois de façon générique toutes les oeuvres dites "légères"[1] sous le terme d'opérette.
    1. Pourtant, l'opérette, grosso modo, n'apparaît qu'avec le vingtième siècle. C'est tout simplement le nom d'un genre à une époque donnée.
    2. On peut aussi différencier de façon moins orthodoxe, mais peut-être plus utile, selon le style. Auquel cas Véronique (Messager) serait tout de même une opérette (et non un opéra-comique, comme l'indique son titre), et La Fille de Madame Angot plutôt un opéra-comique (malgré son titre d'opérette).

On a tendance à confondre l'opérette avec tous les genres légers, comme en atteste une collection qui parle d'opérette pour la Belle Hélène d'Offenbach et même Si j'étais roi d'Adam, deux opéras-comiques.




Restent donc l'opéra-comique et l'opéra bouffe, qui ne sont pas incompatibles, loin s'en faut.

  • Opéra-comique se place sur le plan de la forme. Il s'agit d'un opéra, issu d'une histoire spécifique (le Théâtre de la Foire Saint-Laurent et de la Foire Saint-Germain au début du XVIIIe siècle), avec des dialogues parlés, qui n'est donc pas entièrement chanté. L'opéra-comique, pour l'anecdote, n'est pas issu des pensées de la Camerata et des oeuvres de Peri-Monteverdi, mais est né plus tard, séparément[2]. C'est un pan mal connu de l'histoire de l'opéra.
    1. Attention à la confusion ! Certaines oeuvres créées à l'Opéra Comique (salle Favart) ne sont pas des opéras-comiques. Exemples : Mireille de Gounod ou Psyché de Thomas, qui sont intégralement chantés. Leur sujet est généralement moins historique, ou plus léger que ceux joués à l'Opéra. Ou, tout simplement, ils n'ont pas le prestige suffisant pour s'y représenter...
  • Opéra bouffe se place sur le plan du contenu. Il s'agit d'un opéra drôlatique.
    1. A l'époque d'Offenbach, ce nom est pris en raison du théâtre de création (Théâtre des Bouffes Parisiens).
    2. On peut ainsi avoir des opéras bouffes entièrement chantés (les Rossini, par exemple), ou des opéra-comiques sérieux (Carmen, ou les Contes d'Hoffmann tels qu'écrits par Offenbach).


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Mise à jour du 27 janvier 2009 : Voir aussi notre explication ultérieure, avec d'autres renvois.

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Mise à jour du 19 mai 2009 : Autre formulation.

- Opéra-comique [3], c'est le genre issu du théâtre des Deux-Foires, avec des numéros entrecoupés de dialogues parlés. (Richard Coeur de Lion de Grétry, Médée de Cherubini, Fra Diavolo d'Auber, Carmen de Bizet)

- Opérette, c'est le genre pour qui le numéro vocal est surtout de la couleur locale destinée à égayer une intrigue un peu lâche (ça va de Véronique de Messager à Maurice Yvain et la Belle de Cadix de Lopez en passant par Les Mousquetaires au Couvent de Varney, La Mascotte d'Audran et Les Cloches de Corneville de Planquette). On peut même considérer, comme pour Véronique, que la Fille de Madame Angot de Lecocq en fait partie (alors que ces deux oeuvres sont dénommées opéras-comiques) - mais on est ici à la frontière entre oeuvre musicale entrecoupée de dialogues et divertissement léger en musique.

- L'Opéra bouffe, c'est tout simplement la variante offenbachienne de l'opéra-comique, avec un ton précisément bouffon, une sorte de fantaisie brute qui lui est propre - et nommé ainsi parce que donné aux Bouffes Parisiens. C'est une dénomination qui ne prête pas véritablement à conséquence, donc. Mais ce n'est pas de l'opérette au sens générique, même si un nombre assez conséquent d'oeuvres d'Offenbach porte ce sous-titre (on sait bien que les compositeurs font n'importe quoi avec ces classifications, et surtout Offenbach ne pouvait pas deviner dans les années 1850 ce que recouvrirait plus tard ce terme générique...). L'Italie ne connaît que l'opéra-bouffe (sans dialogues parlés), qui est tout simplement une forme comique de l'opéra et n'a rien à voir avec la genèse indépendante de l'opéra-comique.

La différence entre opéra-comique et opérette est alors non seulement temporelle, mais aussi une question d'objectifs du genre : l'opéra-comique met sa jovialité dans une intrigue, généralement, alors que l'opérette privilégie la couleur locale, les petits portraits. Surtout, dans l'opérette, la musique est devenue secondaire.

Notes

[1] légères"", c'est-à-dire plutôt comiques, et vocalement moins exigeantes que le répertoire standard

[2] Si le sujet intéresse, j'aurai peut-être l'occasion d'y revenir.

[3] Seul le théâtre, en réalité, s'écrit avec le trait d'union, mais c'est plus clair ainsi.


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Commentaires

1. Le jeudi 10 avril 2008 à , par Valbuena :: site

c quoi

2. Le jeudi 10 avril 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

c 1 truk 2 vx lol tt é ekspliké la lolol

tro relou il diz ki chant mé en fé il parl tro c grov abusé

3. Le jeudi 10 avril 2008 à , par Morloch

Zampa déchir grav lol

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