Carnets sur sol

Aller au contenu | Index des notules | Aller à la recherche

L'humour en musique - I - Essai de nomenclature et premiers exemples

L'humour est, par essence, affaire de situations, de mots ou de références. La musique semble donc s'y prêter relativement peu, et il est vrai que ce n'est pas l'endroit où son expression (souvent abstraite) excelle le plus sûrement.

Toutefois, les compositeurs se sont prêtés au jeu, et si l'on dit que c'est rarement avec bonheur, c'est aussi parce qu'on n'a pas toujours cherché.




Il existe, à la disposition des compositeurs, un certain nombre de procédés qui peuvent prêter à sourire. En voici un essai de nomenclature.

--

Catégorie a : Les mots

L'humour peut bien sûr être porté par le texte, dans la mise en musique d'une oeuvre littéraire (A1). Auquel cas la musique le seconde tout au plus (A2).


Catégorie A1 : Dans Cadmus & Hermione de Lully, les pointes excercées contre la vieille nourrice coquette, la quasi-stichomythie de la fin de la scène porte bien plus le comique que la musique qui soutient essentiellement le récitatif, sans effets spécifiques.



Catégorie A2 : Dans Eugène le mystérieux de Jean-Michel Damase, les traits humoristiques passent aussi par la répétition de la même structure : décalage des vocabulaires, protestations, rimes attendues... mais aussi, d'un point de vue musical, opposition entre expression calme d'un problème (en contraste avec les mots utilisés), contestation par deux ténors-conseillers (dans cet enregistrement, judicieusement un ténor de caractère et un ténor léger, incarnant à leurs voix seules un vieux précepteur et un jeune élégant), et résolution brutale par un mot tout aussi vulgaire que le premier dans une phrase musicale de courbe descendante, très désinvoltement affirmative - et commentée par un trombone bouché et moqueur, d'une façon à chaque fois différente. Le retour des mêmes moments musicaux typiques crée aussi du comique, même s'il n'existerait pas sans le texte.


--

Catégorie b : Images de la vie réelle

A défaut de mots, la musique peut disposer d'un référent précis, illustrer de façon plaisante des éléments du réel (des trombones qui se tordent de rire, des violons qui miaulent...).


Catégorie B : Dans Schneewittchen de Heinz Holliger, d'après Robert Walser, le chant du Prince, qui débute la longue deuxième scène, est frappé de suspicion - comme l'ensemble des personnages du conte par rapport à leur statut traditionnel. Sa déclaration amoureuse s'égare en de nombreux méandres qui imitent de façon trop excessive pour être honnête le chant d'oiseau (qu'on retrouve sous d'autres formes à l'orchestre avec l'arrivée des bois). Il ne s'agit pas d'une coïncidence, le reste de l'oeuvre n'étant pas écrit ainsi - la grand ornementation sur Nachtigall ("rossignol") le confirme aussi. Aux questions de Blanche-Neige, sorte de volatile décérébré, le Prince répond certes Liebe, mais ridiculement ornementé, trop insistant.
Jusqu'à provoquer l'intervention de cuivres cassants qui semblent exprimer l'exaspération muette de Blanche-Neige.
Au passage, vous aurez noté la beauté fabuleuse de cet orchestre : il s'agit d'une oeuvre de premier ordre, l'un des plus beaux opéras de la seconde moitié du vingtième siècle, et dans un livret certes agencé en monologues (pas plus que Götterdämmerung, Pelléas, Salome ou Elektra ...), mais parfaitement digeste.



Catégorie B : Ocean of Time (2003) de Lars Ekström, heavyhardrocker pas nécessairement inspiré, mais qui a écrit par ailleurs de la musique savante sublime, dont cet opéra qui est, lui aussi, parmi les quelques sommets de la seconde moitié du vingtième siècle.
Ici, une section lyrique est interrompue par un trombone qui se contorsionne avant de s'effondrer de rire jusqu'à contaminer le choeur.
Inutile de chercher les références, nous ne disposons de l'enregistrement que parce que nous écoutions (totalement par hasard) la NRK , qui retransmettait ce concert du Berwald Hall de leurs voisins suédois avec un an de différé.


--

Catégorie c : Les figures musicales

Il est possible que les figures musicales elles-mêmes, par leur excès, suscitent l'amusement, de façon quasiment abstraite (C1), sans qu'il existe de référence précise. Cela peut se manifester dans les moqueries à l'égard de la musique contemporaine, mais les compositeurs peuvent eux-mêmes jouer de cette étrangeté pour créer des effets étonnants.
Dans certains cas, l'excès est volontairement poussé jusqu'à l'ironie, par un surraffinement, une surcharge, etc. (C2)
Il se peut aussi que la figure amène tout simplement un effet surprenant, une rupture. (C3)


Catégorie C1 : La ballade des Enfants de la Nuit tirée des Diamants de la Couronne d'Auber, que nous avions déjà présentée plus en détail. Les figures massives (et gratuites !) du choeur ont quelque chose de plaisant, surtout opposées à la grâce souriante de la cantilène.



Catégorie C2 : Un des cas les plus évidents de figures musicales humoristiques est bien sûr l'ornementation excessive, gratuite, histrionique et dépourvue de sens. Ici, l'exultation amoureuse se pare de contours assez... excentriques.
Oeuvre d'une spécialiste de l'humour en musique, Isabelle Aboulker (ici interprétée par Patricia Petibon, autre délicieuse azimutée de service).



Catégorie C3 : La ''Polka des Paysans'' de Johann Strauss II impose aux musiciens de l'orchestre (en tout cas à ceux qui ne soufflent pas...) de chanter un thème en plus de le jouer. Ce détail, qui fait tout le sel d'une partition déjà assez roborative, survient de façon non préparée et, par son incongruité, impose le sourire.
On perçoit bien qu'il s'agit de non professionnels du chant, car bien que les Viennois (ici sous la direction de Carlos Kleiber) chantent parfaitement juste - ''noblesse oblige'' - on entend bien que les aigus se resserrent un peu. L'effet pittoresque en est tout à fait délicieux.


--

Catégorie d : Les musiciens

Les travers des musiciens sont parfois sauvagement épinglés par les compositeurs, créant des effets de surprises, mais par le biais de clichés (les cornistes qui pétrissent, les pianistes qui font de l'épate [1], les violons qui grincent, etc.).


Catégorie D : Le cruel et tendre « Pianistes », pièce pour deux pianos tirée de la Suite humoristique du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns. Echappés du zoo, les pianistes de cirque répètent leurs exercices minutieux et absurdes pour pouvoir épater la galerie - mais ces niais égocentrés, habitués des soli permanents, ne peuvent même pas jouer ensemble à deux.
A moins qu'il ne s'agisse d'une moquerie autour des méthodes de piano pour jeunes pianistes, qui devient oeuvre d'art en les agençant de façon décalée, mais cette approche beaucoup moins amusante paraît aussi nettement plus « milieu vingtième » que l'ensemble du corpus de ce Carnaval bon enfant.
De toute façon, dans les années cinquante, au lieu de présenter des pianistes de cirque de la fin du dix-neuvième, on aurait sans doute plutôt montré les chanteurs italiens soulevant des enthousiasmes de l'ordre du stade : « Uuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut ! ».



Catégorie D : Incontournable, la mise en boîte la plus célèbre de l'histoire de la musique : la Plaisanterie musicale K.522 (Musikalischer Spaß) de Mozart, une sérénade qui exploite un certain nombre de clichés et ménage plusieurs clins d'oeil à la sûreté instrumentale relative de ses contemporains. Au départ conçue comme un sextuor (pour deux violons, alto, contrebasse et deux cors), l'oeuvre est très souvent jouée en petit ensemble, comme nombre de sénérades mozartiennes fameuses.
Certains moments (début de l'extrait) semblent tourner en rond sur des formules éternelles cinquième degré => premier degré, voire premier degré tout court ; d'autres reproduisent des formules inutilement virtuoses et bavardes (le solo de violon de la fin de l'extrait, avec son déroulé infini, inutile, et ses contrastes de jeu entre hyperlegato du trait et détaché ostentatoire final). Le plus amusant évidemment réside dans les pains au cor, qui sont absolument écrits, et qui sont soigneusement reformulés à la reprise. Le résultat est de surcroît très réaliste par rapport à un cor qui détonne - et la chose est fréquente, voire inévitable, en particulier avec un cor naturel qui souffre de la température, du moindre changement de pression des lèvres ou du souffle, de la condensation qui crée du liquide à l'intérieur... et contrairement au cor moderne de l'absence de pistons qui facilitent une partie de la 'localisation' du son juste.
L'autre moment fort se situe à la fin du dernier mouvement (on était ici dans le trio du menuet du II), où le tempo-cavalcade mène, après une exécution parfaite (et somme toute assez sérieuse en plus d'être virtuose), à trois derniers accords-surprise, en plein dans le décor (moins crédibles cela dit).
Nikolaus Harnoncour dirige son Concentus Musicus Wien avec un sens certain, comme toujours, de l'espièglerie sérieuse.


--

Catégorie e : Les références

L'humour le plus subtil et le plus savoureux est sans doute celui qui fait appel à la culture de l'auditeur, qui singe un genre, un style, un tic. Certaines parodies (E1) sont assez désopilantes. Mais cela peut aussi se manifester sous forme d'un discret clin d'oeil (E3), une petite citation (E2) au moment opportun peut être terriblement efficace - par exemple la citation inévitable de Tosca dans le Concerto pour clarinette d'Anders Hillborg.


Catégorie E1 : Thomas Adès, Sonata da caccia. Oeuvre de jeunesse (ici, le dernier mouvement) d'un compositeur toujours badin, un pastiche assez évident de sonate baroque, qui utilise le hautbois da caccia (sorte de hautbois d'amour courbé, au son très doux et un peu mélancolique), le cor et le clavecin. Il s'agirait presque d'un devoir d'écriture, si le cor ne venait troubler par des contrechants plus ou moins incongrus le cours stable et dansant du discours musical. La fin pourrait d'ailleurs être identifiée comme une raillerie un peu facile contre les cors naturels (catégorie D), inspirée de la coda abrupte du Musikalischer Spaß de Mozart.



Catégorie E1 : Parodie de Meyerbeer - en réalité à notre avis plutôt de Verdi ou Halévy - par Jean-Michel Damase, dans l'opéra inséré de Colombe. On renvoie les lecteurs de CSS à l'article détaillé correspondant. Cruel et très amusant - jouissif, même, pour les amateurs de ces compositeurs moqués, tant l'imitation, bien qu'un peu exagérée, tombe juste.



Catégorie E2 : Extrait de Verlobung im Traum de Hans Krása. Pour séduire le riche et rebutant prétendant, Sina est amenée à chanter un air... Casta diva. Mais la citation est torturée par tout le papotage des personnages présents, qui se servent de ce prétexte pour s'exprimer (dans l'action et non plus par convention). Assez réjouissant, sans doute le moment le plus plaisant de la partition.
Il faut considérer ces commentaires en quinconques, ces nombreuses discordances, des fausses notes même – et pourtant, cela sonne avec l’élan d’un ensemble de Strauss ou Wagner… Chaque élément est caractérisé et entre dans la danse, mais en plus d’y participer, semble toujours la dérégler un peu plus… Du travail de maître.
Le reste de l'oeuvre n'est pas du tout dans ce ton, avec une mise à distance des personnages, comme extérieurs à leur propre histoire, un orchestre plutôt légèrement orchestré et ironique, des interludes façon cabaret grinçant...



Catégorie E3 : Frank Bridge, Marche militaire. Oeuvre d'un compositeur dont les projets sentent toujours une très sympathique modestie. Le décalage entre la promesse du titre et le ton de salon absolument délicieux de la pièce elle-même ne peut que provoquer le sourire : l'attente a été trompée, la référence revendiquée n'a pas vraiment été respectée.


--

Catégorie f : L'humour involontaire

Dédicace spéciale à Philip Glass. Non, non, c'est du sérieux (les coupures sont dues à la qualité de captation, et pas à son imagination si fertile).


Catégorie F : Philip Glass Powa.


--

Disclaimer(s)

Bien entendu, ces catégories sont tout à fait perméables et contestables. Un même procédé peut d'ailleurs activer simultanément plusieurs ressorts du comique musical.

Il s'agissait simplement de mettre un peu d'ordre dans tout cela, en proposant une nomenclature sommaire.

Par ailleurs, nous avons de nombreux autres exemples déjà découpés [2], nous en saupoudrerons à l'occasion.


(Certains lutins risquent s'absenter quelques jours, mais il y aura forcément une réponse aux commentaires, même si ce n'est pas le jour même.)


Notes

[1] Par exemple les soli un peu 'typiques' dans The Turn of the Screw de Britten, ou bien dans le merveilleux acte central de Fedora et son concert de Lazinski.

[2] le tout dépasse allègrement la trentaine et atteint facilement la cinquantaine avec ceux qui sont en préparation


--

Autres notules

Index classé (partiel) de Carnets sur sol.

--

Trackbacks

Aucun rétrolien.

Pour proposer un rétrolien sur ce billet : http://operacritiques.free.fr/css/tb.php?id=1090

Commentaires

1. Le jeudi 18 décembre 2008 à , par Papageno :: site

Quel impressionnant catalogue ! il y en a tellement que c'est presque trop...

Il y a tout de même deux compositeurs qui ont recours à l'humour de façon quasi permanente: Haydn, chez qui la moindre cadence rompue prend la tournure d'une spirituelle plaisanterie. Et Chostakovitch, brimé par les compositeurs "officiels" du régime soviétique, qui s'est réfugié dans une ironie grinçante et douloureuse.

Et l'on pourrait ajouter Beethoven à la liste, si l'on considère la main sur la figure ou l'enclume qui tombe sur le pied comme des plaisanteries...

2. Le jeudi 18 décembre 2008 à , par WoO

C'est amusant, à ma grande surprise j'aime beaucoup le Philippe Glass : très délassant après une dure journée de travail. Dommage qu'il y ait toutes ces coupures... Quel est le nom de ce morceau ?

3. Le vendredi 19 décembre 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Bonsoir Patrick,

Quel impressionnant catalogue ! il y en a tellement que c'est presque trop...

Merci Patrick. :-) Effectivement, c'est un travail un peu prenant, j'y ai passé pas mal d'heures depuis que je l'ai débuté, fin novembre. Le plus long étant bien sûr de sélectionner les extraits, de les numériser, de les découper et de les commenter (sachant qu'il y en a une bonne quarantaine de réalisée en amont de l'article).

Je suis d'accord sur le caractère un peu trop copieux de la nomenclature, j'ai essayé d'être aussi exhaustif que mon cerveau, par essence limité, le pouvait. Pour le simplifier, j'ai regroupé en cinq grandes catégories qu'on peut utiliser sans plus de précision : mots, images, figures abstraites, musiciens, références. Je pense que c'est à peu près opérant, même si certains cas figurent sur la frontière ou contiennent plusieurs formes d'humour.


Il y a tout de même deux compositeurs qui ont recours à l'humour de façon quasi permanente: Haydn, chez qui la moindre cadence rompue prend la tournure d'une spirituelle plaisanterie.

C'est plus vrai à l'analyse qu'à l'écoute, à mon sens. C'est vrai de le détail, mais Haydn sonne-t-il vraiment comme de l'humour, toujours, dans sa musique instrumentale ? Et puis les sonates pour piano, pour en avoir joué, c'est d'une placidité un peu sinistre - oui, je sais, c'est sûrement la faute à l'instrument. :)

En tout cas, une chose est sûre, la plupart du temps, Haydn, c'est de la catégorie C.


Et Chostakovitch, brimé par les compositeurs "officiels" du régime soviétique, qui s'est réfugié dans une ironie grinçante et douloureuse.

La drôlerie n'est pas fréquente en lui, en fait. Des références, de l'ironie, mais effectivement douloureuse, presque prostrée.
Cela dit, le final en carton-pâte de la Cinquième est d'une insolence réjouissante, je l'ai effectivement incluse dans ma sélection.

Il y a aussi la Quinzième qui avec ses multiples citations est colorée à l'E2.


Et l'on pourrait ajouter Beethoven à la liste, si l'on considère la main sur la figure ou l'enclume qui tombe sur le pied comme des plaisanteries...

Le trio pour deux hautbois et cor anglais est clairement de l'humour, catégorie F.

Sinon, il y a bien le duo qui débute Fidelio, Jetzt Schätzen sind wir allein, qui utilise des figures de type de C1 ou C2 (le texte, lui, n'est pas franchement drôle).

(Et puis la perfidie, c'est très vilain, Monsieur de l'Oiseleur.)


Merci pour ces commentaires !

4. Le vendredi 19 décembre 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

WoO :
C'est amusant

Oui, on peut dire ça... :)

... ce qu'il est moins, c'est qu'en un instant, tu viens de faire perdre toute crédibilité à mon combat de longue date pour la défense de la qualité d'écriture de Lully !

Traditorrrrr.


, à ma grande surprise j'aime beaucoup le Philippe Glass : très délassant après une dure journée de travail.

Perso, la médiocrité répétition me crispe. Mais il est vrai que tu as des antécédents - non, rien, je me tais, j'ai honte, je suis déloyal.


Dommage qu'il y ait toutes ces coupures... Quel est le nom de ce morceau ?

Je t'avoue que je n'ai pas cherché à le retenir soigneusement. Mais tu peux écouter Metamorphosis (disque 'Solo piano'), c'est presque le même thème, et il y a même quelques tritons de temps en temps, c'est donc un tout petit peu plus 'intéressant' à écouter.

(Là, j'ai remis le disque, mon Dieu que c'est pénible, on dirait un apprenti pianiste bloqué sur deux accords dans un remake qui se veut du Chopin et qui avoisine plutôt Elton John... :o))


Bonne soirée à toi ! ;)

5. Le samedi 20 décembre 2008 à , par Didier da :: site

Spontanément j'ajouterais Les "Cat O'Nine Tails" de John Zorn (humour kaléidoscopique), les "Esquisses" de Schnittke (humour instrumental) et "Le Festin d'Esope" d'Alkan (humour rhétorique)...

Sinon c'est toujours un plaisir de lire un persiflage sur Mr Glass. Mais il y a plus risible encore, à mon sens, que son versant "Clayderman aphasique" : ce sont ses gros machins pompeux pour trois mille exécutants. Je me souviens avoir entendu, bravant l'otite, une pièce hénaurme écrite spécialement pour l'inauguration d'un barrage (authentique) : mobiliser tant de monde pour un kougloff qui ferait passer "Le petit bonhomme en mousse" pour un prodige de subtilité harmonique, il n'y a que lui qui l'ose...

6. Le lundi 22 décembre 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Glass est peut-être le seul compositeur (Lloyd-Webber est plutôt bien parti aussi) que je ne peux pas souffrir. Les autres, on les aime plus ou moins, mais on prend toujours plaisir à les écouter. Glass, à mon avis, c'est plus de la musique de transe, sans doute très efficace (c'est justement ce type de plaisir que décrivent ses défenseurs, en général), mais si on l'écoute comme du classique, c'est un peu terrifiant.

Sans doute que le problème est avant tout une affaire d'étiquette : j'ai voulu écouter Akhnaten livret en main, en réfléchissant sur son sens, par exemple, parce que c'était placé au rayon 'Opéra'. Sous des spots multicolores, un verre de jus d'orange aux champignons hallucinogènes dans une main et un calumet aux herbes de Provence dans l'autre, suspendu au cou d'un éphèbe enivré et cramponné à la taille d'une hôtesse complaisante, c'est peut-être tout à fait digeste, c'est possible.


Effectivement, Clayderman aphasique, c'est cruellement bien trouvé. :-)

7. Le dimanche 16 janvier 2011 à , par Emma

Bonjour, je me permets de vous envoyer un petit commentaire car je trouve votre nomenclature fort intéressante.
je suis étudiante en licence de musicologie et je dois préparer un mini-mémoire. J'ai choisi de travailler sur le théâtre musical et plus particulièrement sur la Sequenza V de Luciano Berio pour trombone solo. Je recherche les moyens et les évènements musicaux de la pièce qui donne un caractère théâtral, et également un caractère humoristique. En plus de l'analyse de ma partition, je suis tombée sur votre site en cherchant "humour en musique" et je suis tombée sur l'exemple Catégorie B : Ocean of Time (2003) de Lars Ekström, qui pourrait vraiment me servir dans ma présentation orale la semaine prochaine pour donner des exemples et des références sur le jeu du trombone et le fait qu'il soit mis en musique de façon humoristique ici. C'est pour cela que je me permets de vous demander s'il est possible de récupérer cet exemple musical ?
Je vous remercie par avance de votre aide,
Bien Cordialement,
Emma Pelletier

8. Le dimanche 16 janvier 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Emma,

Je suis très flatté que ma petite nomenclature vous soit utile. Effectivement, les trombones hilares de Lars Ektström cadrent assez bien avec le sujet...

Comme indiqué, l'oeuvre est totalement inédite, donc je ferai une exception aux principes habituels sur le droit d'auteur et vais de ce pas vous transmettre ce bref extrait sur le courriel que vous m'avez fourni.

Bonne journée !

9. Le lundi 6 juin 2011 à , par vartan

Catégorie B : Ocean of Time (2003) de Lars Ekström, heavyhardrocker pas nécessairement inspiré, mais qui a écrit par ailleurs de la musique savante sublime, dont cet opéra qui est, lui aussi, parmi les quelques sommets de la seconde moitié du vingtième siècle.
Ici, une section lyrique est interrompue par un trombone qui se contorsionne avant de s'effondrer de rire jusqu'à contaminer le choeur.
Inutile de chercher les références, nous ne disposons de l'enregistrement que parce que nous écoutions (totalement par hasard) la NRK , qui retransmettait ce concert du Berwald Hall de leurs voisins suédois avec un an de différé.


Oui, et je ne pouvais m'empêcher de penser au trombone et son rôle principal dans l'opéra non moins confidentiel "2006 : L'uomo dal fiore in bocca" de Luc Brewayes. Il faut dire qu'il s'agit ici d'un tuba mais le résultat ets tout aussi particulier. J'aime bien je dois dire.

Sinon, merci pour cette très belle découverte, le Ekström, on se passe effectivement du livret tellement la richesse de l'orchestration suffit a satisfaire nos oreilles. :D

10. Le lundi 6 juin 2011 à , par DavidLeMarrec

Le tuba, c'est chez Brewaeys, effectivement. Je ne trouve pas les deux procédés si parents, entre les trombones rigolards et le tuba duettisant, presque à l'italienne.

Je suis d'accord, la poésie sonore fait que c'est l'un des rares opéras qui s'écoute de façon passionnée de bout en bout sans livret. Il y a simultanément quelque chose, dans le flux musical, de profondément narratif.

L'un des plus beaux opéras de tout le répertoire, pour moi. Et de loin l'opéra contemporain qui m'ait le plus enthousiasmé.

11. Le jeudi 14 juin 2012 à , par Cavard

Dans la catégorie "pastiches", ne pas oublier Die launige Forelle de Franz Schöggl (pour choeur), qui met la fameuse truite à une dizaine de sauces différentes.

12. Le dimanche 17 juin 2012 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Cavard, et bienvenue !

En ce qui concerne la musique vocale, les cas sont très nombreux, dès le XVIIIe siècle (Grandval par exemple), et puis l'explosion du genre au début du XXe où les pastiches de Debussy et de Wagner font florès.

Effectivement, les variations de Schöggl sont amusantes, dans le même registre choral il existe aussi du Bach ralenti qui crée une autre pièce, il faudrait que je retrouve les références.

Bonne journée !

Ajouter un commentaire

Le code HTML dans le commentaire sera affiché comme du texte, les adresses internet seront converties automatiquement.
Vous pouvez en revanche employer la syntaxe BBcode.

.
David Le Marrec


Bienvenue !

Cet aimable bac
à sable accueille
divers badinages :
opéra, lied,
théâtres & musiques
interlopes,
questions de langue
ou de voix...
en discrètes notules,
parfois constituées
en séries.

Beaucoup de requêtes de moteur de recherche aboutissent ici à propos de questions pas encore traitées. N'hésitez pas à réclamer.



Invitations à lire :

1 => L'italianisme dans la France baroque
2 => Le livre et la Toile, l'aventure de deux hiérarchies
3 => Leçons des Morts & Leçons de Ténèbres
4 => Arabelle et Didon
5 => Woyzeck le Chourineur
6 => Nasal ou engorgé ?
7 => Voix de poitrine, de tête & mixte
8 => Les trois vertus cardinales de la mise en scène
9 => Feuilleton sériel




Recueil de notes :
Diaire sur sol


Musique, domaine public

Les astuces de CSS

Répertoire des contributions (index)


Mentions légales

Tribune libre

Contact

Liens


Chapitres

Calendrier

« décembre 2008 »
lunmarmerjeuvensamdim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031