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Les 10 meilleurs orchestres symphoniques dans le monde


(Orchestres spécialisés dans le répertoire symphonique, considérés dans leurs compétences actuelles, à l'exclusion des orchestres de chambre – Chambre de Paris en force ! – et des orchestres de fosse.)


Entendus en salle
Entendus au disque ou en retransmission
1
Orchestre National d'Île-de-France Symphonique de Trondheim
2
Philharmonique de Slovénie Orchestre du Brandebourg à Frankfurt (Oder)
3
Philadelphia Orchestra Philharmonique de Duisburg
4
Philharmonique du Luxembourg Symphonique de Helsingborg
5
London Symphony Radiophilharmonie de Hanovre
6
Pittsburgh Symphony Museum de Frankfurt-am-Main
7
Philharmonique de La Scala Orkest van het Oosten (Enschede)
8
Brussels Philharmonic Philharmonique de Bergen
9
Gewandhaus Leipzig Philharmonique de Berlin
10
Deutsche Sinfonieorchester Berlin Symphonique de Bâle


[[]]
Borgstrøm, Thora på Rimol (ouverture).
Trondheim Symfoniorkester, Terje Boye Hansen.


La liste officielle doit être quelque chose comme :

Philharmonique de Berlin
Philharmonique de Vienne
Concertgebouworkest
Staatskapelle de Dresde
London Symphony
Boston Symphony
Chicago Symphony
Symphonique de la Radio Bavaroise
New York Philharmonic
Los Angeles Philharmonic
Gewandhaus Leipzig

Voilà, fin de notule… pensez à mettre un pouce bleu et à dire votre avis dans les commentaires.




olavshallen
L'Olavshallen, glorieuse résidence du Trondheim Symfoniorkester.




Ou bien.

C'est un début de notule.

Oh, mon classement est absolument sincère, ce n'était pas particulièrement un piège. Vous pouvez trouver une liste des orchestres que j'ai le plus appréciés – parfois sur la foi d'un seul concert (tous à part Île-de-France, Londres et Milan), ou d'une prise de son un peu flatteuse (Duisbourg bénéficie clairement de prises de son d'un réalisme miraculeux, au disque comme à la radio ; Hanovre sonne merveilleusement chez CPO, moins chez d'autres labels et moins en concert). Sur cette impression, nulle tricherie : c'est sincèrement la liste des orchestres qui m'ont donné les plus grandes satisfactions dernièrement – enfin, tel que j'y pense maintenant, je n'ai pas de fichiers à points que j'édite après chaque écoute.

Pourtant.

On ne peut s'empêcher de noter l'écart par rapport aux palmarès habituels reproduits par la critique et les grands magasins.

Alors, pourquoi cet écart ? 

J'ai bien évidemment raison (car il est incontestable que je préfère Trondheim au Concertgebouw, le petit Frankfurt de l'Est à la Radio Bavaroise…), mais on m'opposera que les titres de mes contradicteurs, leur abondance aussi plaide en leur faveur.

Comment faire dans ce cas ?




Je l'avoue donc à la fin, cette accroche était un piège à lecteurs : ces palmarès sont amusants entre amis, mais les publier et les reproduire comme des évidences pose de multiples problèmes. Je me suis rendu compte aujourd'hui, en conversant en bonne compagnie, que la croyance de la superiorité de certains orchestres – puisqu'il y a bien une raison si ce sont les plus appréciés – était assez ancrée.

Voici ma contribution.

[[]]
Czerny, Symphonie n°1, premier mouvement.
Brandeburgisches Staatsorchester Frankfurt (Oder), Nikos Athinäos.


1) Qu'est-ce qu'un bon orchestre ?

Dès le début, pour déterminer qui est le meilleur, on se heurte à des difficultés. Un bon / grand orchestre, qu'est-ce ? 

→ Un orchestre aux timbres agréables (cordes soyeuses comme Berlin ou Dresde ?  cuivres pas trop stridents à l'inverse de Allemagne de l'Est / Russie / France ?)… mais en quoi est-ce une supériorité ?  Et mesurable ?  Tout au plus l'appartenance à un groupe culturel et esthétique.

→ La capacité à ne pas faire de pains ?  Le niveau est tel aujourd'hui chez les orchestres professionnels qu'on peut embaucher Nashville, Buffalo, Indianapolis, Herford, Görlitz, Greifswald, Tampere, Oulu, Turku… leur donner un grand Mahler et se régaler sans avoir à supporter les approximations… On peut toujours chercher qui fait les gammes le plus vite, mais est-ce que cela a véritablement intérêt ?  On n'est pas dans un concours de piano…

→ La flexibilité aux options des chefs ?  Voilà un bon critère !  Mais comment le vérifier ?  On entend bien que certains, comme l'Orchestre de Paris ou le London Symphony, se métamorphosent immédiatement selon l'esthétique des chefs qui les dirigent… mais pour proportionner cela de façon quantifiable, on n'est pas rendus.
Autre corollaire gênant : ceci excluerait des orchestres réputés les meilleurs comme le Philharmonique de Vienne, qui « rabote » au contraire les options des chefs, qui paraissent toujours moins radicales avec cet orchestre, comme si leurs intentions étaient toujours un peu diluées dans l'idiosyncrasie vennoise…

→ Celui qui fait le meilleur travail avec le moins de répétitions ?  Intéressant pour les managers, les mécènes, les investisseurs, les chefs invités et les contribuables… mais pour le public, quelle différence ?  On veut du frisson, quel que soit le nombre de services, c'est pas notre problème.

→ Celui qui est bon dans tous les styles à la fois ?  Bonne idée, mais là encore, définissez bon… Et qui voudrait porter au pinacle l'orchestre qui certes, joue bien aussi la musique baroque, mais reste beaucoup moins exaltant que les meilleurs dans le répertoire romantique, disons. (Typiquement le profil de la Radio Bavaroise, à mon sens : capables de jouer Bach avec une conscience musicologique et une tension qui valent les meilleurs spécialistes, mais pas vraiment les plus colorés ni les plus électriques – ni les plus précis, d'ailleurs – lorsqu'il s'agit d'exécuter le grand répertoire. J'admire leur versatilité, mais de là à les considérer comme le meilleur orchestre du monde, ce serait contre-intuitif pour moi.)

Il faudrait donc, au minimum, étalonner cette supériorité selon les répertoires, et essayer de pondérer la part des chefs (la tension, la cohésion dans tel concert, c'est l'orchestre ou le chef ?). Bon courage.


2) Pourquoi ça n'a pas de sens

En somme, vouloir départager les meilleurs ne me paraît pas concrètement possible. (À supposer que lorsque c'est possible, ça ait le moindre sens en matière d'expression artistique et d'émotions…) 
Ce n'est pas du saut à la perche, ça ne se mesure pas avec un petit appareil calibrable. D'autant qu'aujourd'hui, le niveau professionnel est tel que dans quasiment n'importe quel pays doté d'une tradition, les orchestres sont d'une qualité invraisemblable encore il y a quelques décennies.

Étant d'abord intéressé par le répertoire, la question de qui est le meilleur est d'emblée secondaire pour moi, puisque l'enjeu est d'abord d'aller écouter ce qui existe de tel compositeur donné – pas forcément documenté par beaucoup de monde. Il y a mieux que Seattle (excellent orchestre au demeurant), probablement, mais en attendant que Boston, New York et Philadelphie fassent une intégrale David Diamond, j'écouterai plus souvent du côté de l'État de Washington que de la Côte Est.

Sinon, du point de vue strictement technique, prenons l'Allemagne : Philharmonique de Berlin et Staatskapelle de Dresde, bien sûr, mais tout autant le Museum de Frankfurt(-am-Main), Duisburg (d'une beauté invraisemblable cet orchestre, je trouve), Radio de Berlin (ex-Radio-Est)…

Tout cela pouvant être distordu par les conditions d'écoute : depuis quelle place dans quelle salle (de loin à la Philharmonie, je n'aurais probablement pas remarqué les mêmes petits défauts que de près au TCE, même si, exactement dans les mêmes conditions, Hanovre était mieux que la Radio Bavaroise…), par quelle captation radio, chez quel label, sur quel matériel de reproduction…

Et, une fois qu'on a posé tous ces préalables : chacun a des goûts très différents, donc ce ne sera pas le même paramètre mis en valeur.


3) Mais d'où vient le consensus ?

Car en fin de compte, tout le monde sait quels sont les grands orchestres, et il y a une raison.

Oh, il y en a une : la tradition. Et c'est une chose puissante la musique classique. On a pris l'habitude de présenter les Symphonies de Beethoven de Furtwängler, le Don Giovanni de Giulini, le Ring de Solti (quasiment les premiers disques disponibles au grand public pour ces œuvres…) comme des références, et malgré l'ensevelissement sous les meilleures références, on continue de les nommer comme tels. Par déference. Par habitude. Par l'effet « première version » sur les critiques âgés, qui conservent l'émotion de cette découverte phonographique achetée avec leur argent de poche économisé sur un an, en devant arbitrer avec le seul autre enregistrement concurrent chez le disquaire…
Je ne critique pas cela, tout le monde peut ressentir les effets du syndrome première version : nos émotions s'attachent à certains détails, on a appris à aimer l'œuvre avec certaines inflexions. Des fois on s'en détache parce qu'on trouve plus à notre goût, des fois l'œuvre et l'interprétation restent à tout jamais intriquées, même lorsqu'on se rend compte qu'il y a mieux en rayon.

Il y en a aussi une seconde : le prestige. La notoriété appelle la notoriété. Les chefs réputés apportent de la notoriété aux orchestres, qui deviennent à leur tour courtisés (qui ne voudrait avoir sous sa férule l'orchestre de Karajan et Abbado ?). Il existe dans le milieu des chefs d'orchestre une sorte de classement en divisions, et l'on voit bien qu'il faut atteindre un certain niveau de notoriété pour pouvoir avoir un poste de premier chef invité ou de directeur musical dans certains orchestres haut-de-gamme. De façon d'ailleurs totalement décorrélée avec la qualité intrinsèque et l'appréciation du public – je crois que globalement, professionnels et mélomanes considèrent Paavo Järvi comme bien plus intéressant qu'Andris Nelsons, mais on voit bien qu'il n'est pas au même niveau dans sa carrière (ça viendra très probablement dans pas très longtemps), et qu'on ne veut pas encore lui confier la même gamme de prestige. Nelsons a (de même que Maazel qui était accueilli partout et pourtant sans cesse conspué, de façon tout à fait outrée d'ailleurs, par la presse et les mélomanes) ses entrées dans n'importe lequel des « plus grands » orchestres, Boston, Lucerne, Berlin, Leipzig… Tandis que Järvi a fait Paris, Cincinnati, Zürich, Francfort (et encore, la Radio, pas le Museum…), Tokyo… ligue 2 pour ne pas dire ligue 3, en comparaison de notoriété. C'est ainsi.


4) Dans ce cas, pourquoi produire ces palmarès ?

Mon opinion (une intuition tout au plus, qui vaut ce qu'elle vaut) est qu'il est plus facile d'attirer l'attention et de vendre du papier avec « quels sont les 10 meilleurs orchestres du monde ?  » réactualisé tous les ans, qu'avec « voici quelques orchestres qu'on aime bien ».

Typiquement, cette notule sera plus lue en ayant proposé des tableaux classés – et attendez de voir les commentaires, où j'aurai forcément des remarques sur les incongruités de mes choix, les préférences de chacun, les orchestres connus imposteurs ou les inconnus méritants…

Tout simplement parce que cela rend une question complexe (les qualités de fond pour faire un bon orchestre, difficilement mesurables de l'extérieur) immédiatement accessible à chacun d'entre nous, à base d'un simple classement, soit traditionnel (celui qui commence par Berlin & Vienne), soit subjectif (comme celui, arbitraire, bouffon… mais sincère que j'ai proposé en début de notule). Immédiatement ludique… et chacun peut le faire s'il connaît dix orchestres, ainsi que contester le classement des autres.
Cela ouvre immédiatement le débat, attire la curiosité, favorise notre appétence pour les palmarès et les compétitions.

Il en va de même pour les tribunes de disque à la radio : on pourrait en profiter pour s'interroger sur les choix esthétiques différents (pourquoi Vienne met son diapason haut, utilise des instruments malcommodes, s'ouvre peu aux musiciens étrangers, pourquoi Berlin a totalement changé de son…), mais il est tout de suite plus facile / compréhensible / excitant de débattre à propos de qui est le meilleur. Et là, tout le monde peut suivre.

Ce n'est donc pas illégitime en définitive, puisque cela ouvre la conversation de façon très efficace.

Mais j'avais envie de rappeler et de souligner à quel point il est impossible de produire un classement, même approximatif, qui ait le moindre sens. Le concours pour être chef de pupitre à Berlin est sans nul doute plus difficile qu'à Bâle, mais il est à peu près impossible de démontrer que Berlin soit meilleur que Bâle, le niveau étant largement suffisant pour rendre justice aux œuvres dans les deux cas… et le résultat dépendant tellement des titulaires de ce soir-là, de l'intimité avec le répertoire abordé, de l'impulsion du chef, du temps de préparation… Sans même mentionner l'acoustique de la salle ou la qualité de la captation !



Autrement dit : un bon support de papotage, mais avancer la valeur d'un orchestre ou d'un chef sur la foi de ces hiérarchies traditionnelles me paraît dépourvu de tout fondement…

(Vous pouvez donc continuer à vous moquer de ma vénération pour Trondheim, Helsingborg ou Enschede… mais sachez qu'en réalité votre jugement repose sur du sable.)

Au demeurant, j'adore le nouveau son de Berlin depuis les années Rattle (déjà en mutation à la fin du mandat Abbado) et j'espère que le Concertgebouworkest aura un jour un directeur musical susceptible de lui botter le vénérable séant pour le tirer du beau son gratuit et en faire une phalange un peu plus aventureuse et échevelée, en répertoire comme en attitude… le matériau sonore en est tellement miraculeux…

Bonnes écoutes à vous, quels que soient vos goûts conformes ou déviants !


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Commentaires

1. Le jeudi 14 janvier 2021 à , par Tata Roselyne

Cher monsieur-sur-sol,
Pourriez-vous développer votre réflexion sur le son, que vous effleurez en toute fin de notule ? Berlin ? RCO ?
Quant à la "nécessité" d'un classement, à sa composition, que je pense que c'est un héritage du milieu du XXe siècle et du prestige des formations - et de leurs chefs (alors à l'ancienne, qui forgeaient l'identité de phalanges créées qq décennies auparavant) durant l'entre-deux-guerres et l'après-guerre, reflétant les grandes capitales musicales, le développement massif des enregistrements et la fidélité des grands critiques internationaux aux concerts en abonnement. Comme vous l'évoquez, un grand chef appelle un grand orchestre, les deux "individualités" se construisant, s'intensifiant mutuellement. Ormandy irrémédiablement associé à Philadelphie, l'inverse est tout aussi vrai. De nos jours, la qualité des formations alors secondaires a explosé, et même s'il reste évidemment une bonne vingtaine ou trentaine de formations d'élite, à peu près n'importe quel orchestre professionnel et normalement constitué, bien dirigé, dans de bonnes conditions et avec une œuvre adéquate, peut faire de pures merveilles.
Vous n'appréciez pas le BRSO - en plus il est "officiellement" classé 4e meilleur orchestre : je réclame la mise à l'index de ce blog pour incitation à la violence !

2. Le jeudi 14 janvier 2021 à , par Yves Riesel :: site

Pour moi le meilleur orchestre c'était Colonne en 1974 dirigé par Pierre Dervaux. !

3. Le jeudi 14 janvier 2021 à , par DavidLeMarrec

Avec leur programme Ravel, ou autre chose ?

4. Le jeudi 14 janvier 2021 à , par DavidLeMarrec

Chère tante des Arts,

Je ne sais pas exactement l'aspect qui vous intéresse sur ce sujet complexe… Je me fondais sur quelques paramètres (relativement) objectivables :
→ rondeur des cordes, à la fois transparentes et très moelleuses (clairement, ça ne crincrinne pas, surtout chez Berlin qui conserve un son soyeux assez incroyable) ;
→ niveau individuel (les premières chaises figurent déjà parmi les solistes les plus courtisés du monde, Pahud, Ogrintchouk, Mayer, Neunecker, Dohr, etc.) ;
→ capacité de nuanciation infinie (les pianissimi subiti du Concertgebouw sous Jansons étaient à couper le souffle, même si en général assez gratuits dans le discours musical ^^).

En somme : moelleux mais transparent, coloré mais harmonieux, rutilant avec rondeur, grande lisibilité de tous les plans, capacité de nuanciation et d'équilibres infinis. Le Museum de Francfort est plutôt bien placé dans cet exercice aussi.

Mais comme le reste, il s'agit de goût : on peut aimer le son voilé délicieux des cordes la Scala (j'ai toujours cru que c'était la captation dans le théâtre vide qui donnait cet effet, mais non, leur son est vraiment celui-là !), le brillant de celles du Festival de Budapest (comme si les musiciens ne jouaient que des cordes à vide, résonance incroyable !), les cordes soyeuses de Philadelphie (là aussi, à couper le souffle), et pour ma part je raffole des timbres de Frankfurt (Oder), avec ses bois un peu verts qui donnent l'impression d'un orchestre sur instruments d'époque jusque dans les grandes symphonies décadentes d'Alfano !

--

Oui, sans doute un héritage – clairement, au milieu du XXe siècle, il y avait une réelle différence entre un petit orchestre de radio / de fosse / de province et les grandes formations virtuoses.
Aujourd'hui, je ne suis même pas persuadé que cette « vingtaine ou trentaine de formations d'élite » soit facile à identifier. Dans le regard des mélomanes et même des musiciens, dans la hiérarchie des cachets… sûrement. (Encore que, le meilleur poste financièrement, c'est le National Symphony, à Washington, excellent orchestre mais absolument pas dans les plus prestigieux !) Concrètement, je ne suis pas sûr que l'écart soit si évident entre Duisbourg et Chicago, entre Bergen et Vienne… En tout cas pas suffisant pour que cela puisse s'évaluer sur la difficulté à jouer les œuvres les plus difficiles, impeccablement servies.

En termes d'aisance purement technique, j'ai été très impressionné certains soirs par le London Symphony, capable de jouer très vite avec une tension maximale et sans jamais être à la limite de ses forces (l'Oiseau de feu et le Mandarin merveilleux par Gergiev), et dans beaucoup de styles ; par Pittsburgh aussi, d'une insolente rutilance… Berlin, je ne l'ai entendu qu'en concert amplifié, pas évident de juger, même si ça avait l'air très impressionnant. Mais concrètement, le National d'Île-de-France parvient à faire le Sacre et les symphonies de Chosta sans frémir, donc cet écart n'est plus si pertinent. Et selon les soirs… J'ai vu la Radio Bavaroise nettement moins disciplinée (voire imprécise) que la Radiophilharmonie de Hanovre dans des circonstances exactement identiques (salle, placement, répertoire).
À cela s'ajoute la tendance, culturelle ou conjoncturelle (selon le directeur musical), de certains orchestres de grande renommée, à rester sur une certaine réserve artistique, comme Vienne ou Amsterdam. Si bien que, même sans doute moins virtuoses individuellement, on gagne beaucoup à entendre ceux qui sont théoriquement moins aguerris, mais largement capables de jouer les mêmes œuvres… et davantage investis ou motivés.

--

Non, non, je n'ai rien contre la Radio Bavaroise, qui dispose d'un chœur splendide, se plie aux exigences de la musicologie de façon impressionnante (quels oratorios baroques merveilleux avec Dijkstra !), et a quand même livré de fort belles choses (les Wagner avec Rattle, dernièrement, ou la Dame de Pique avec Jansons). Mais à chef égal dans répertoire identique, ils me paraissent nettement moins colorés et tendus que leurs collègues, même de moindre réputation. Je les mets sans problème dans mon TOP 100 (150 ?), mais certainement pas dans mon TOP 10 ou 20, pour ces raisons (mais je viens justement de développer qu'un TOP n'avait pas de sens…) : en somme ce ne sont pas mon chouchou, je ne m'explique pas tellement (sauf par l'effet de la tradition, la célébrité de certains chefs, etc.) l'engouement dont il dispose chez les mélomanes et les musiciens, mais je n'ai vraiment rien contre eux. Ils jouent très bien, et je les écoute très volontiers ! Poser la question de leur rang relatif, ou de l'estime particulière dont ils bénéficient, ce n'est absolument pas dénigrer leur travail ni le trouver déplaisant, certainement pas !

Quant à la violence, on peut certes me condamner pour celle qui s'est reflétée dans mes yeux quand j'ai paisiblement regardé le monde partir en flammes cette année… La Terre est triste, hélas, mais je n'ai pas encore écouté tous les disques. Tout va bien.

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David Le Marrec

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