Carnets sur sol

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lundi 3 septembre 2018

Les las sacres de septembre


Septembre est inhabituellement riche cette année : ce sera votre apothéose ou votre épuisement définitif.

Encore une fois, sélection personnelle dont le ressort est souvent la rareté ou la bizarrerie. Pour une sélection plus transversale et moins triée, l'Offi et Cadences sont assez complets (tout en ratant certaines de mes propositions, néanmoins).

N'hésitez pas à réclamer plus ample information si les abréviations (tirées de mon planning personnel, destiné au maximum de compacité) ou les détails vous manquent.
(Même si j'y ai apporté un soin plus grand pour cette saison, les horaires indiqués le sont parfois par défaut par le logiciel, vérifiez toujours !)



Rétroviseur

Auparavant, quelques spectacles de l'été pour achever la saison précédente (bilan en cours).

► #135 Britannicus mis en scène par Brauschnweig, Racine sans ronronnement ni ruptures poseuses, miam.
► #136 Quatuor piano-cordes n°2 de Brahms, Mahler & Connesson par le Trio Spyniewski et Alexandre Kantorow. (en cours de rédaction)
► #137 Orgue impressionniste ibérique (et postromantique français) à la Madeleine. Quel orgue et quelle acoustique infâmes, sacrée surprise (les disques sonnent très bien).
► #138 Comédiens ! d'après Pagliacci de Leoncavallo, avec musiques d'Éric Chantelauze.


Et quelques déambulations illustrées d'août :
Blandy-les-Tours et Vaux-Le-Vicomte à pied depuis Melun (et retour)
☼ Au fond des parcs de lycées agricoles de Pierrefonds et sur les crêtes de la forêt de Complègne.
 De Belloy-en-France à Seugy : champs de la Pièce Lucifer, Bois du Tremblay…
☼ Dans la Vallée aux Loups et chez Fautrier.
☼ Chez Ninon de Lenclos et Mme Veuve Scarron.
☼ Dans les réserves interdites de la Madeleine
Paysages de Goethe chez Chateaubriand.

Vous trouverez aussi quelques clichés épars et commentés sur cette page.



Agenda

Cette fois en images. J'ai occulté certains événéments plus personnels (mes répétitions, qu'est-ce que ça peut vous faire…), et surligné quelques éléments qui avaient attiré mon attention : interprètes remarquables, œuvres appétissantes et/ou peu données.

Vous pouvez télécharger les images pour les lire à la taille de votre choix :

http://operacritiques.free.fr/css/images/sept_1801.png
http://operacritiques.free.fr/css/images/sept_1802.png
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septembre 2018
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septembre 2018
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septembre 2018
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septembre 2018
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septembre 2018
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septembre 2018

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Constats

Vous aurez remarqué la quantité incroyable (qui se poursuit) de pièces en japonais, en lien avec la programmation du Festival d'Automne – vous les retrouverez toutes, avec la mention de la la langue (quelques-uns traduits ou écrits en français). D'ordinaire, les partenariats et saisons teintées d'une autre nation n'importent guère le théâtre en langue originale, voilà une occasion de régaler tous les amateurs de langues, d'autant que le japonais offre un réel dépaysement – c'est une langue qui impose une posture, qui agit sur les corps…

Il va être difficile d'être à la fois à la Colline, à Berthier, à l'Odéon, à la MC93 et au T2G pour voir tout ça, sans parler des programmations de Kabuki, Gagaku et autres genres musicaux spécifiques, à la Philharmonie, à Chaillot ou au Théâtre de la Ville !

Le Procès, quoique en polonais (une langue moins spectaculaire à voir en action, déjà invitée aux Ateliers Berthier pour un Dracula tout à fait raté), est apparemment tout à fait complet.

En musique, parmi les jolies choses originales, le piano de Boulez, Till pour octuor (une transcription jouée trois ou quatre fois en un an à Paris !), le Psaume 129 de Lili Boulanger, de la musique de chambre de Durosoir, du piano de Schulhoff, et un récital Schumann qui promet d'être une petite tuerie (le rare Quatuor avec piano, les deux Liederkreis – Heine & Eichendorff –, avec des solistes de très haut niveau et Gyula Orendt, un des plus remarquables spécialistes actuels du lied).

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Je vous souhaite un excellent septembre, si vous y survivez : vous avez désormais accès à tous ces concerts que le Mossad ne voulait pas que vous voyiez.

mercredi 28 mars 2018

Versailles 2018-2019 : le triomphe de la scène


J'avais théorisé (enfin, non, simplement constaté, mais théorisé donne tellement plus l'impression que j'ai travaillé dur…) la saison dernière l'abandon progressif du répertoire spécifique et l'entrée dans une conception plus luxueuse et moins liée au lieu. La maison s'était un peu récriée, parlant de trajectoire en cours ; la prévision de l'an prochain semble en effet équilibrer les choses.

La pré-saison vient d'être publiée, vous pouvez consulter les titres, les metteurs en scène et les chefs.

Le CMBV semble disposer de toujours moins de visibilité, peu d'opéras sont donnés sous son égide (et en plus, c'est en partenariat avec Bru Zane, comme Tarare). Il n'y aura même, pour la première fois en plus de dix ans, aucun LULLY cette année en Île-de-France, hors la révision d'Armide, son opéra le plus souvent donné, par Francœur dans les années 1770 (donc partiellement de LULLY).

En revanche, beaucoup d'opéras en version scénique, le lieu devient de moins en moins le support de concerts et de plus en plus un lieu de théâtre vivant, ce qui fait plaisir (même si, concrètement pour les amateurs de musique baroque française, cela signifie d'abord une augmentation significative des coûts !).

Côtés raretés appétissantes :
Issé, Pastorale à grand succès de Destouches, sur un livret de La Motte.
La Divisione del Mondo de Legrenzi (Rousset, Mijnssen – qui mit en scène l'Orfeo de Rossi). Legrenzi est la figure la plus inventive de l'opéra italien entre Monteverdi et Verdi ; situé aux commencements du seria, il gagne en virtuosité mais conserve la liberté formelle et le sens du texte du premier XVIIe… Un compositeur majeur de l'histoire de l'opéra italien, à mon sens.
Les Arts florissants de Charpentier (Jarry, dans la Cour de Marbre).
¶ et bien sûr Tarare de Salieri (par les Talens Lyriques, donné aussi à la Cité de la Musique), qui dispose de sa propre série sur CSS. Le seul livret d'opéra directement écrit par Beaumarchais, sur une musique de structure assez continue, et d'une assez haute inspiration. (Le meilleur opéra français du second XVIIIe, à mon gré.)  Écrit l'année de Don Giovanni, son livret a été rectifié au gré des changements de régime : Monarchie constitutionnelle, Convention, Directoire, Consulat, Empire, Restauration !

Il y aura aussi une Damnation de Faust de Berlioz franchement exaltante : Antonacci, Courjal, Les Siècles, Roth !  Sur instruments anciens, donc, et avec la meilleure hauteur de vue musicale possible. Le (très bon) ténor Bryan Register n'a pas tout à fait le même degré d'excellence et de singularité (la voix, très américaine, semble de peu d'impact en retransmission, conservée plutôt à l'intérieur du corps apparemment, mais on a des surprises, je peux me tromper), mais l'ensemble demeure extrêmement appétissant.

Au moins trois redécouvertes importantes, et une programmation scénique et vivante très alléchante. Il faut voir si les prix ne flambent pas, mais cela rend curieux sur la suite de l'évolution.

L'Opéra sans subventions


L'Opéra de Massy vient de sortir sa saison, pas inintéressante comme à l'habitude, avec, régulièrement, des titres du répertoire français défendus par la fine fleur des chanteurs français d'aujourd'hui qui peinent, pour de mauvaises raisons, à accéder aux grandes scènes.

Cette fois-ci, c'est Samson et Dalila importé de Metz, avec les mêmes chanteurs assez grisants (Kamenica, Furlan, Duhamel) et l'ONDIF, l'occasion d'entendre, ce n'est pas tous les jours, cet opéra servi en style.

Et puis on regarde les prix. En abonnement, les places au fond du théâtre, c'est 79€… Bon, bon.

On est tenté de crier au scandale, et puis on voit le tableau complet : l'Opéra est la danseuse de son maire, seule maison d'Opéra attachée à une ville d'Île-de-France, hors Paris (le cas de Versailles est un peu particulier, c'est une programmation plus occasionnelle, intégrée au château-musée). Ce n'est que la troisième ville, en population, de l'Essonne (après Évry et Corbeil), et cette inauguration d'autorité la prive sans doute de l'accès aux subventions qu'on les autres maisons de grandes villes. Avec ses moins de 50.000 habitants, la ville n'atteint pas la même masse critique que les préfectures et chefs-lieux de région qui accueillent en général les maisons régionales (Rennes, Metz, Besançon, Reims tournent plutôt autour de 200.000 habitants).

Aussi, Massy est sans doute l'un des rares lieux, en France, où le prix du billet reflète réellement les coûts de production du spectacle vivant.

Il n'empêche que, considérant l'offre parisienne voisine, on peut aller voir à la fois plus prestigieux et moins cher, ou en tout cas se choisir très exactement ce que l'on veut, sans avoir à y mettre ce prix. (Au demeurant, l'acoustique et la visibilité sont excellentes de partout dans cette salle moderne de taille moyenne, je l'admets complètement.)

Quand la dure réalité économique rend une scène secondaire, déjà en déficit de notoriété et de prestige (sans parler du fait que l'architecture générale de la ville n'incite pas exactement à la flânerie touristique pré-concert), plus chère pour le spectateur qu'une soirée à l'Opéra de Versailles, même en ne prenant pas les catégories basses…

Il y a pourtant de fort jolies choses, dont certaines moins chères : le jubilatoire Into the Woods de Sondheim, des Noces de Figaro avec des artistes français de très grande valeur (Fa, Despaux, Pancrazi, Seguin, Saint Martin, Lécroart… !), Amadigi di Gaula de Haendel (Correas), Phi-Phi de Christiné (pas un chef-d'œuvre du tout, mais une amusante bouffonnerie hellénistante – Phi-Phi, c'est Phidias – avec de légers numéros marqués par l'influence du jazz de divertissement), un Te Deum de Charpentier par le Concert Spirituel…

Un support à méditation, en tout état de cause.

dimanche 14 janvier 2018

[fuites] Opéra de Paris 2018-2019, la saison officielle


Sur le (mirifique) forum Classik, on trouve la saison 2018-2019 de l'Opéra de Paris apparemment officielle et tirée des brochures (présentation au public à la fin du mois). Avec les distributions assez complètes, manifestement (que je ne recopie pas ici, je vous laisse aller regarder).

C'est apparemment tiré d'un autre site (d'un forum où je ne vais plus, je soupçonne), ces informations circulent vite, donc je ne vais pas recopier ce qui a déjà été formalisé ailleurs, juste les titres et quelques remarques.

► 17 titres.
► 1 opéra baroque (début XVIIIe), 2 opéras classiques (Mozart), 13 opéras romantiques, 2 opéras du XXe (dont Rusalka, créée en… 1901), 1 opéra du XXIe.
► 9 en italien (plus de la moitié !), 2 en allemand (grosse chute), 3 en français, 2 en russe, 1 en tchèque.
► 0 LULLY, 2 Mozart, 1 Rossini, 2 Donizetti, 4 Verdi, 1 Wagner, 0 Puccini, 0 R. Strauss

Considérant que les opéras relativement rares sont des reprises (Iolanta, Rusalka), que Lady Macbeth de Mtsensk a été donnée il y a une dizaine d'années (et finalement régulièrement à Paris, où Chung, Gergiev et Haenchen, au moins, l'ont dirigée depuis les années 90), sont surtout rares l'oratorio de Scarlatti, et Les Huguenots (et, par essence, la création de Jarrell).

L'Opéra de Paris n'a clairement pas décidé de jouer au pionnier, mais la plupart des titres sont à mon gré, et c'est tout de même un peu plus varié et aventureux que la saison en cours (certes, pour trouver moins aventureux, après, il fallait aller à Des Moines).

Les distributions sont globalement très belles, et les nouvelles productions données à des metteurs en scène en vue (même si Bieito, Guth, Warlikowski, Tcherniakov ont eu leurs mauvais soirs, notamment à l'Opéra de Paris). D'ailleurs toujours les mêmes metteurs en scène à la mode (Castellucci revient aussi, et on aura van Hove), aucune nouvelle production dans le genre tradi, le but est clairement de changer l'image de la maison.
[À mon humble avis, outre qu'il est dommage de ne pas laisser le choix au public, ces metteurs en scène font trop de productions par an pour avoir le temps de produire, après des débuts très prometteurs, un travail qui soit de la même qualité partout. Les premières production de Guth et Bieito étaient d'une autre force que celles d'aujourd'hui… Tcherniakov, c'est différent, c'est pile ou face.]

    → Pour ma part, la plupart de tout cela me tente. Et malgré la distribution en volapük héroïsant, les Huguenots sont dirigés par Michele Mariotti, capable d'exalter les contenus fins des accompagnements et de maintenir la tension, presque le plus important.
    → L'autre grande nouvelle, c'est la Bérénice de Jarrell (annoncée depuis longtemps, mais confirmée), l'un des rares compositeurs vivants capables d'écrire un véritable opéra cohérent dans un langage du XXIe siècle (son Galileo genevois avait été une splendeur, farci d'ensembles richardstraussiens dans un langage atonal-polarisé).

La liste :

A. Scarlatti – Il primo omicidio (« Le premier meurtre »)
Mozart – Don Giovanni
Mozart – Die Zauberflöte
Rossini – La Cenerentola
Donizetti – L'Elisir d'amore
Donizetti – Don Pasquale
Meyerbeer – Les Huguenots
Berlioz – Les Troyens
Verdi – La Traviata
Verdi – La Forza del destino
Verdi – Simone Boccanegra
Verdi – Otello
Wagner – Tristan und Isolde
Tchaïkovski – Iolanta
Dvořák – Rusalka
Chostakovitch – Lady Macbeth de Mtsensk (dans sa version révisée Katerina Ismaïlova, je crois)
Jarrell – Bérénice

La folie des réservations pour juillet 2019 dans les salles parisiennes va donc bientôt débuter…

David Le Marrec


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