Carnets sur sol

Aller au contenu | Index des notules | Aller à la recherche

dimanche 12 janvier 2014

Le Second Quatuor et la musique de chambre d'Othmar SCHOECK


1. Othmar Schoeck, Schoeck, Schoeck, Schoeck, Schoeck...

Othmar Schoeck (1886-1957) fait partie des compositeurs qui ont leur petite célébrité en dépit du fait qu'ils soient peu joués... mais dont le catalogue discographique reste très majoritairement lacunaire, et la présence en concert exceptionnelle. Peut-être est-lié au peu de compositeurs suisses passés à la postérité : Honegger côté francophone, Schoeck côté germanique – les autres, Andreae, Veress, Huber... n'avaient pas l'envergure pour s'imposer largement au détriment de compositeurs plus précis dans les salles et studios. De ce fait, Schoeck reste peut-être un (discret) emblème, à défaut d'être joué.


Hommage à 4 voix de Hindemith pour l'anniversaire de Schoeck. Introduit ici.


Il faut dire aussi qu'à l'exception de quelques œuvres symphoniques violentes et spectaculaires, comme son opéra Penthesilea d'après Kleist, hardi et violemment expressionniste, ou dans une moindre mesure Lebendig begraben sur les poèmes de G. Keller (mais malgré sa véhémence, ce sont plutôt les poèmes que la musique qui versent dans le grandiose), la musique de Schoeck se caractérise davantage par son caractère mesuré, calme, étale.

2. Catalogue instrumental

Il existe bien sûr quelques contributions de Schoeck aux formations chambristes traditionnelles :

¶ Des pièces groupées ou isolées pour piano (Toccata, Ritornelle, Fughetten...)
¶ Trois sonates pour violon et piano (deux en ré, une en mi, écrites de 1905 à 1931).
¶ Une sonate pour violoncelle et piano (1957).
¶ Une sonate pour clarinette basse et piano (1928).
¶ Deux quatuors (l'un en ré de 1913, l'autre en ut de 1923), plus un mouvement isolé de 1905.

... et quelques ouvertures et poèmes symphoniques :

¶ Sérénade pour petit orchestre Op.1 (1907).
¶ Sommernacht (« Nuit d'été ») pour orchestre à cordes, inspiré par le poème de Keller (1945).
¶ Suite en la bémol pour orchestre à cordes – ce doit être sympa à jouer, dans cette tonalité... ah, ces décadents... (1945).
¶ Mouvement symphonique pour grand orchestre (1906).
¶ Ouverture pour William Ratcliff de Heine (1908).
¶ Prélude pour orchestre (1933).
Festlicher Hymnus (« Hymne de fête ») pour grand orchestre (1950).

De même, une poignée de concertos :

¶ Pour violon (Quasi una fantasia), en 1912.
¶ Pour violoncelle et orchestre à cordes, en 1947.
¶ pour cor et orchestre à cordes, en 1951.

3. Catalogue vocal

Mais l'essentiel du legs de Schoeck, et celui qui fait sa réputation, se trouve dans le domaine de la musique vocale.

Dramatique, avec un certain nombre d'opéras (Penthesilea et Venus, pour ceux qui se trouvent facilement) et de cantates (Vom Fischer un syn Fru).

Chorale, dont assez peu d'exemples se trouvent au disque.

Et surtout le lied... avec piano, mais surtout avec de petits ensembles : quatuor à cordes (Notturno Op.47), orchestre de chambre (Elegie Op.36), mais aussi des œuvres avec grand orchestre, comme Lebendig begraben Op.40. Contrairement à la majorité des corpus, où les compositeurs écrivent par défaut pour des voix plutôt élevées, Schoeck écrit presque exclusivement ses lieder pour des voix centrales, voire graves, de vraies voix de baryton – dans des tessitures très favorables aux interprètes.

4. Lieder

Dans nombre de ses cycles (Elegie Op.36, Lebendig begraben Op.40, Notturno Op.47, Nachhall Op.70), au nombre d'une douzaine, les poèmes sont enchaînés, reliés entre eux par des interludes instrumentaux joués sans interruption, et l'expression demeure toujours douce et rêveuse, dans un mouvement presque immobile, dérivant doucement comme le cours d'un fleuve. Les atmosphères, plutôt nocturne, sont rarement tourmentées, plutôt mélancoliques ou méditatives, sans être jamais joyeuses. Et alors que l'harmonie ménage ses frottements et ses plénitudes, on ne sent pas réellement de poussée vers l'avant – en partie parce que les rythmes en s€ont très homophoniques (chacun joue simultanément, peu de fantaisie de ce côté).
Il faut dire que dans ces œuvres d'une demi-heure à une heure, en un seul mouvement, très peu contrastées, on se trouve baigné dans un flot permanent qui donne une illusion d'éternité.

Une véritable expérience, prégnante aussi bien au disque qu'au concert. (Voir par ici pour un témoignage sur son Notturno.)

Schoeck, à l'exception de son cycle Op.33 consacré à des traductions de Hafis, ne met en musique que des poètes aux thématiques romantiques (partout on ne semble parler que de nature et de nuit), soit du premier XIXe, comme :

Eichendorff (Elegie Op.36, Wandersprüche Op.42, Cantate Op.49, Befreite Sehnsucht Op. 66)
Lenau (Elegie Op.36, Wanderung im Gebirge Op.45, Notturno Op.47, Nachhall Op.70)
Claudius (Wandsbecker Liederbuch Op.52, Nachhall Op.70)
Möricke (Das holde Bescheiden Op.62)
Goethe (5 venezianische Epigramme Op.19b)

soit de la seconde moitié du siècle, comme :

Gottfried Keller (Gaselen Op.38, Lebendig begraben Op.40, Notturno Op.47, Unter Sternen Op.55)
Heinrich Leuthold (Spielmannsweisen Op. 56, Der Sänger Op.57)
Conrad Ferdinand Meyer (Das stille Leuchten Op.60)

Quelquefois les auteurs sont mélangés, comme Lenau et Eichendorff dans l'Elegie, ou les cycles de Lenau Notturno et Nachhall, qui s'achèvent respectivement par un poème de Keller et un poème de Claudius.

En règle générale, quelle que soit l'ardeur du poème, l'expression musicale et verbale demeure dans une résignation (ni triste ni gaie) assez homogène. Le cycle qui tranche le plus, parmi ceux publiés à ce jour, est Lebendig begraben, où l'orchestre rugit un peu (mais ce n'est rien par rapport aux poèmes, d'une démesure tonnante comparable à La Fin de Satan de Hugo), mais le chanteur y demeure largement dans le cadre d'une sobre psalmodie.

Il n'empêche qu'ils valent tous largement le détour, à commencer par Elegie et Notturno. C'est une expérience d'écoute.

5. Le Second Quatuor

Suite de la notule.

mardi 23 avril 2013

Trois disques du jour : Don Juan de Gluck, Mozart par les Schubert, Beethoven par les Brentano


Du nouveau sur Diaire sur sol.

Arnold BAX - Quatuor n°1

Ecriture concentrée, assez lyrique, avec des poussées de folklorisme (assez fortement récrit et complexe). Très beau.

Version : Quatuor Maggini, spécialiste de la musique britannique du XXe, chez Naxos. Superbe comme d'habitude.

Beethoven - Quatuors 12,14,15,16 - Brentano SQ (disque du jour)

Aeon vient de publier deux volumes interprétés par le Quatuor Brentano. Le résultat est très impressionnant et s'impose comme majeur dans une discographie pourtant très concurrentielle.

Sans être pourtant signalés comme "baroqueux" ou jouant sur instruments d'époque (et effectivement, on entend bien que ce ne sont pas des boyaux), les Brentano font le choix d'un vibrato très parcimonieux, et d'un tranchant exceptionnel. La netteté du trait, la clarté du discours, l'intensité des affects impressionnent. Ils disposent en plus d'une superbe maîtrise du cantabile, si bien qu'ils semblent additionner les vertus des meilleures versions de chaque type. Et pourtant, malgré le niveau technique ahurissant (je ne suis pas sûr d'avoir déjà entendu autant de sûreté instrumentale chez un quatuor), on n'entend pas les interprètes en premier, mais bien l'oeuvre, sans effets ni originalités ostentatoires.

A mettre dans la même famille que le Quatorzième de Schubert par les Jerusalem (ou, dans un genre plus audacieux, par les Voce).

C.-M. Schoenberg - On My Own (''Les Misérables'') - Lea Salonga

Cet air donne lieu à énormément de lectures très différentes ; il faut dire que la liberté de changer la partition, dans ce répertoire, ouvre bien des perspectives. Sans parler les types d'émission innombrables qui sont compatibles avec les micros, contrairement aux modes de chant projetés, qui sont moins nombreux. La prise de rôle de Salonga à Broadway (1993), puis à Londres (1996), pourtant jusque là largement spécialisée dans les rôles d'ingénues, marque une rupture dans la conscience du public et des interprètes vis-à-vis d'Eponine.

Jusqu'alors, la norme était plutôt aux Eponine fillettes ou garçonnes, en tout cas timides - à commencer par la créatrice de la version anglaise, Frances Ruffelle. Salonga est la première, du moins parmi les interprètes les plus célèbres, à en proposer une lecture à la fois plus combattive et plus lyrique. On ne se limite plus à la louseuse, le personnage se tourne du côté du désespoir véhément, du pathétique bruyant, quasiment de la révolte.

C'est aussi, d'un point de vue vocal, une interprétation beaucoup plus mainstream, qui ressemble davantage aux standards des chansons pop. Le portrait fonctionne à merveille ici, grâce à un engagement remarquable, et grâce à quelques détails (de petits décalages volontaires, des flexions de rythmes) qui, avec l'effet-loupe des micros, procurent tout le frémissement nécessaire.

Depuis, beaucoup ont suivi cette voie, sans bénéficier toujours de la même générosité - par exemple la plus récente titulaire du West End, Samantha Barks (issue d'un émission télévisée, avec Andrew Lloyd-Webber sur un trône chamarré... un truc anglais). Le problème avec des voix au centre de gravité plus élevé et une pulpe vocale moindre est qu'on peut vite sentir une forme de tension un peu pauvre, voire stéréotypée.

Mozart - Quatuors 14 à 23 - Franz Schubert SQ (disque du jour)

Les quatuors classiques sont particulièrement difficiles à réussir : trop d'évidence les aplatit, trop de matière les coule. L'équilibre des parties doit être parfait, et ménager tout de même une subtile imperfection de la gravité, pour conserver suffisamment de relief.

Le Quatuor Franz Schubert a tout cela, et livre un Mozart très stable dans ses rapports timbraux, mais aussi éminemment lyrique du côté du premier violon (pas totalement soliste néanmoins), et avec quelque chose d'un peu bondissant, voire chaloupé, qui exalte la danse et les reliefs qui font la singularité du style Mozart. J'y reviens sans cesse, au point de négliger les autres versions que je découvre au fil du temps.

Une référence, chez Nimbus (son très raisonnablement réverbéré).

Suite de la notule.

vendredi 11 janvier 2013

[Carnet d'écoutes] Mendelssohn - le Quatuor n°6 & le Quatuor Ebène


(Je m'aperçois en voulant en parler que le disque n'est pas encore sorti... qu'à cela ne tienne, j'ai la fantaisie d'en parler maintenant, vous n'aurez qu'à attendre pour vérifier derrière mon dos.)

J'avais découvert le quatuor Ebène encore jeune, en 2003 au Concours de Bordeaux. CSS n'était alors pas encore ouvert, aussi rien n'a été publié ici sur cette édition, mais on peut y lire quelques impressions sur le cru 2007.

C'était l'une des quatre années ou le Concours d'Evian-Bordeaux n'avait pas décerné de premier prix. Et en effet, si j'avais été très séduit par un bon nombre de quatuors, peu avaient manifestement le niveau technique pour accéder à la récompense. Les qualifiés m'avaient paru en effet assez ternes, sons robuste et un peu épais, sans beaucoup de grâce. Au nombre de ceux-là étaient les seconds prix ex-aequo, les quatuors Aviv et Ebène.

Il faut attendre 2009 et leur contrat chez Virgin Classics pour qu'ils accèdent réellement à la notoriété. Il est vrai que leurs talents ajoutés (comme en témoigne cette vidéo parmi d'autres) les rendent très attachants :

Suite de la notule.

lundi 7 janvier 2013

Les Quintettes avec clarinette - I - un genre musical ?


Les facétieux farfadets qui peuplent ces lieux proposent aujourd'hui une petite balade dans l'univers du quintette avec clarinette, genre très apprécié des mélomanes mais finalement peu exploré en dehors de ses trois plus célèbres représentants.

L'occasion pour CSS d'aller un peu plus avant dans le répertoire, de s'interroger sur les enjeux du genre, de faire une présentation de ces oeuvres, de proposer des pistes discographiques...

Avec extraits sonores.

--

1. Un genre ?

Cette formation apparaît pour la première fois dans le dernier quart du XVIIIe siècle, en bonne logique, puisqu'il faut attendre à la fois la naissance du quatuor à cordes et l'adoption à grande échelle de la clarinette.

Le quatuor à cordes est vraisemblablement l'héritier de la sonate en trio baroque, un peu étendue et sans clavecin, mais sa forme autonome, moins "verticale" (moins soumise à la mélodie du soliste), n'apparaît réellement que dans les années 1760 - l'opus 1 de Joseph Haydn. Tout le monde place Haydn comme créateur, et il n'est pas certain que ce soit le cas (on pourrait avoir affaire à une légende du type Orfeo-de-Monteverdi-premier-opéra), mais je n'ai pas à ce jour rencontré de contre-exemple de véritable quatuor classique antérieur à 1762, donc je vais en rester là moi aussi, sans pouvoir affirmer avec certitude qu'il n'y ait pas eu d'essais à la fin des années 50.

Pour la clarinette, inventée en 1690 par Johann Christoph Denner (en ajoutant essentiellement un pavillon et deux clefs au chalumeau français), l'imposition comme instrument canonique intervient un peu plus tard (les premiers concertos pour clarinette célèbres apparaissent plutôt chez les années 80, avec Hoffmeister par exemple).

En réalité, la formation trio à cordes + bois (flûte ou hautbois) était plus fréquente à l'époque classique que cette formation avec quatuor et clarinette, il faut donc attendre l'imposition du quatuor à cordes comme genre constitué pour entendre ce qui est plutôt une confrontation entre deux entités (la clarinette « contre » le quatuor).

--

2. Caractéristiques du genre

On peut parler de genre, d'une certaine façon, parce qu'en dépit de sa relative rareté, le quintette avec clarinette conserve la plupart du temps les mêmes qualités :

  • traitement à part de la clarinette et du quatuor ;
  • goût des grands écarts (d'abord les arpèges, puis d'autres types de bondissements entre intervalles disjoints) ;
  • jeu sur l'ambiguïté du rôle de la clarinette (l'intégration pour donner de la couleur, ou traitement en soliste) ;
  • ambiance calme, voire mélancolique, les mouvements vifs étant plus élancés et contemplatifs que brillants et virtuoses.


Le timbre même de la clarinette semble beaucoup avoir inspiré les compositeurs. Contrairement au hautbois, beaucoup plus ferme et incisif, mais qui dispose d'une couleur peu variable, la clarinette peut changer considérablement d'aspect sonore, même sans changer de registre / tessiture.
Mais sa personnalité constante tient dans ses attaques douces, et son son assez peu chargé en harmoniques, presque blanc...

Aussi, les compositeurs semblent quasiment tous fascinés d'abord par ce timbre, et l'immense majorité des quintettes avec clarinettes sont écrits dans un grand calme - serein, mélancolique ou résigné -, avec des mouvements rapides qui restent très contemplatifs, et souvent de très belles cantilènes dans les mouvements lents. Domine l'impression qu'on fait miroiter doucement les différents aspects de ce timbre, d'une poussée continue, et absolument pas par une alternance de mouvements plus ou moins vifs - bien que la structure classique soit respectée dans la quasi-totalité des cas.

Il est intéressant de noter au passage que les quatuors avec clarinette, comme ceux de Hoffmeister (série de six en 1802), sont écrits dans un ton très différent des quintettes : ces quatuors se révèlent beaucoup plus lumineux et primesautiers. Bien sûr, les caractéristiques techniques (arpèges et cantilènes) demeurent, mais on n'y entend pas la mélancolie et la contemplation propres aux quintettes. Le caractère général pourrait tout à fait être celui d'une oeuvre pour hautbois.

--

3. Répertoire

Suite de la notule.

samedi 22 septembre 2012

Les plus belles oeuvres de KURTÁG György par le Quatuor Keller


Les oeuvres

L'oeuvre de Kurtág constitue un univers de miniatures assez fascinant, dont on a déjà évoqué (par touches, comme il se doit), quelques aspects :


Si l'univers de Kurtág est toujours fascinant (sauf, en ce qui me concerne, pour la musique orchestrale, où il perd beaucoup de la précision et de la densité qui font tout son charme), son caractère éparpillé rend difficile la distinction de pièces particulières : on l'entend toujours par grappes. C'est sans doute pourquoi les ensembles constitués par le compositeur lui-même sont ceux qui ont le plus de force.

Quatre de ses oeuvres me paraissent planer assez haut au-dessus du reste du corpus : le Premier Quatuor Op.1, rarement donné, et trois oeuvres relativement célèbres, les Douze Microludes Op.13 (son deuxième quatuor), Hommage à R. Sch. Op.15d (trio pour clarinette, alto et piano) et Officium breve in memoriam Andreae Szervánszky Op.28 (troisième quatuor). Que des petits cycles de musique de chambre.

Or, la Cité de la Musique programmait, en une soirée, les meilleurs défenseurs au disque de la musique de Kurtág dans deux de ces oeuvres majeures. L'oeuvre de Kurtág, toute de micro-événements, de références évocatrices au folklore ou à la musique de ses prédécesseurs ou amis, mais extrêmement fugaces et déformées, demande d'être pleinement réceptif au moment de l'exécution : un instant d'inattention, et on rate un « mouvement » entier. Sans le support visuel, l'atmosphère et l'impact physique du concert, ces oeuvres perdent beaucoup de leur pouvoir de suggestion, on les admire (au disque), mais on peut plus difficilement revivre l'émotion très particulière qui s'en dégage.
Comme il y avait dix ans que je n'avais pas entendu Officium breve en concert, et un peu moins pour Microludes, inutile d'exprimer mon entrain, d'autant que de nombreuses pièces isolées pour quatuor, certes relativement mineures à part Aus der Ferne V (d'après un poème de la Tour de Hölderlin, dont l'univers à cette période est particulièrement congruant avec l'esprit de Kurtág), étaient programmées, si bien que la proportion Kurtág devait être un peu supérieure à celle de Bach.

Entendre la confrontation de ces deux « grands » cycles était particulièrement éloquent : à l'aphorisme absolu, très webernien, des Microludes, sorte de collection de gestes et de pensées fugaces, s'opposent les sections très homophoniques et évocatrices (qui du folklore, qui des prédécesseurs) d'Officium breve. Le premier s'apparente à une suggestion de points, assez visuelle, alors que le second a quelque chose de plus rémanent, comme une odeur ou une saveur qui se change en souvenir.

Le compagnonnage Kurtág-Keller(-DLM)

Suite de la notule.

vendredi 24 août 2012

Antonín Dvořák - Quatuor à cordes n°14


En réécoutant l'oeuvre, je suis frappé une nouvelle fois par ce Dvořák particulièrement inhabituel, assez hystérisant. On est très loin du folklorisme policé (voire formaliste), de ses autres quatuors. Même les 12e (l' « Américain » ) et 13e, qui offrent davantage de personnalité que les précédents, s'en tiennent à une forme de séduction qui repose essentiellement sur la mélodie - finalement plus proche du charme de la rhapsodie, malgré l'usage de formes-sonates très appliquées.

Le premier mouvement de ce Quatorzième Quatuor, au contraire, est d'un esthétique percussive, où les phrases semblent être poussées jusqu'à entrer dans un mur invisible, où les lignes jaillissent sauvagement, et évoque assez fort (n'était l'harmonie) la logique plus sombre et paroxystique du premier quatuor de Bartók. Si le deuxième mouvement se rattache complètement à l'esthétique du scherzo propre à Dvořák, imprégnée de folklore, mais d'un niveau d'inspiration assez haut pour son corpus, à rapprocher de l'emblématique Douzième, le troisième, lui, bien que d'un lyrisme assez romantique, multiplie les frottements de textures et d'harmonie, avec une tessiture très centrale assez étonnante - et alterne les épisodes presque galants avec des sections entières d'une noirceur très inhabituelle pour le compositeur. Le quatrième retourne dans des aspects folkloristes, mais assez jubilatoires - qui évoquent assez fort le final de la Sénérade pour cordes de Tchaïkovski ou le Souvenir de Florence.

Je n'ai pas forcément une vue assez vaste de l'offre (et pas une idée très exacte de ce qu'elle est), mais je peux attester d'expériences très positives avec les Vlach de Prague (Naxos), d'une grande sobriété (sans rondeurs indolentes ni effets apprêtés), ou au contraire, plus généreusement captée, les Alban Berg (EMI), beaucoup plus ronds et exaltés. Encore plus extraverti et contrasté, les Psophos (Orchard), captés dans un petit espace un peu reverbérant mais très précisément. Le résultat qui sonne un peu "en boîte" est un peu moins convaincant que pour les deux précédents (et je ne suis pas sûr d'adorer cette manière très accidentée dans un aussi studio), mais elle a la vertu de pouvoir s'écouter en intégralité, librement et légalement, sur MusicMe.

http://www.musicme.com/#/Dana-Ciocarlie/albums/Antonin-Dvorak:-String-Quartet-No.-14-&-Piano-Quintet-No.-2-0829410116565.html

mercredi 28 décembre 2011

Le disque du jour - XLV - Quintettes à cordes de Mendelssohn (Mendelssohn SQ / R. Mann / BIS)



--

1. Dans la semi-obscurité

Alors que les Trios avec piano, Quatuors à cordes (et Octuor !) de Mendelssohn sont (à très juste titre) abondamment joués et fêtés, les Quatuors avec piano et les Quintettes (à deux altos), quoique tout à fait présents au disque, sont rarement donnés en concert, et finalement peu présents dans les évocations des mélomanes.

La raison n'est pas la qualité des oeuvres ; je crois beaucoup plus à la question de la nomenclature : que faire d'un alto supplémentaire dans un concert ? Par ailleurs, le quatuor à cordes a autour de lui tout un imaginaire - et chez les compositeurs toute une tradition - qui fait que les amateurs du genre se tournent plus volontiers vers lui que vers les autres formes chambristes. Et il est vrai que d'un point de vue personnel aussi, j'observe cette tendance à privilégier le quatuor à comme une forme légitime - alors que la puissance de la tradition pousse certains compositeurs à se sous-exprimer dans le genre, tels rien de moins que Schumann, Brahms ou Tchaïkovsky !

Dans ce domaine, outre les sonates à deux (qui sont effectivement moins intéressantes) et les trios de concert avec cor de basset (de la musique galante d'une fadeur extrême, les oeuvres les moins intéressantes de tout Mendelssohn), le remarquable Sextuor (avec piano) est assez rarement donné, même au disque, pour des raisons évidentes d'effectif atypique. Les Quatuors avec piano et les Quintettes à cordes sont mieux lotis, mais généralement à ceux qui sont déjà familiers et amateurs de la musique de chambre de Mendelssohn.


Une version non professionnelle bien réussie de l'adagio e lento du Second Quintette, par le Hubert Quintet.


--

2. Aspect des Quintettes à cordes

Au nombre de deux seulement, ils se répartissent aux extrêmes de la carrière du compositeur :

  • 1826 pour le Premier Quintette Op.18, en la majeur (17 ans), avec une révision en 1832 - celle qui doit être jouée désormais, mais la mention n'en est même pas faite sur toutes les partitions, et encore moins sur les pochettes des disques, si bien que la version originale n'est peut-être plus même éditée ;
  • 1845 pour le Second Quintette Op.87, en si bémol majeur (36 ans) - considérant qu'il meurt en 1847, une véritable oeuvre de maturité.


Dans les deux cas, Mendelssohn conserve le goût du chant, de la ligne mélodique confiée au premier violon, déjà manifesté dans l'Octuor Op.20 (écrit en 1825, mais publié après le Premier Quintette), un héritage de l'ère classique - modèle dominant chez Haydn et ses contemporains.

Le contrepoint est également à l'honneur, avec le fugato conclusif très riche de chaque quintette, ou le badinage fourmillant de détails de l'hallucinant scherzo du Premier.

Chose plus étonnante pour du Mendelssohn, les deux oeuvres manifestent un vrai goût de l'ostinato [1], d'une façon par moment assez beethovenienne - le motif rythmique prenant le pas sur le thème. C'est patent par exemple dans le mouvement lent (nommé intermezzo) du Premier Quintette, avec ses ponctuations répétées sur la même note, et de façon encore plus furieuse dans l'Adagio e lento du Second - à chaque fois un certain cousinage avec le Molto adagio de l'opus 59 n°2 de Beethoven.

Ces trois caractéristiques ne ne retrouvent pas forcément dans les quatuors, en tout cas de façon aussi affirmée. Et ces deux quintettes, malgré leur écart temporel, on bien des parentés d'aspect.

--

3. Modernité

Quelques autres traits se trouvent dans ces quintettes et en font des objets singuliers.

Notes

[1] Ostinato : motif répété, qui structure le discours musical.

Suite de la notule.

lundi 17 octobre 2011

[Sélection lutins] Les plus beaux quatuors à cordes


1. Principe

Sur le modèle des symphonies, une liste d'oeuvres que les farfadets de céans ont trouvé particulièrement intéressantes. Avec des astérisques pour les oeuvres les plus remarquées, soit au sein du corpus du compositeur, soit vis-à-vis de l'ensemble du répertoire.

Liste subjective bien sûr, dont l'intérêt ne porte pas tant sur la mention des "grands noms" (difficile de décider où ils s'arrêtent, mais ils avaient quelque peu monopolisé l'attention lors des réactions sur la publication autour des symphonies) que sur les suggestions de découverte. Suggestions qui suivent en l'occurrence uniquement mon goût personnel, mais qui peuvent mener, je crois, sur des veines assez richement pourvues.

Comme pour les symphonies, on remarquera aussi que ce n'est pas là - de mon point de vue - que s'est le mieux réalisée la créativité du second vingtième siècle, bien plus féconde dans les formes libres pour ensemble.

--

2. Présents et absents

Suite de la notule.

dimanche 11 septembre 2011

Steve Reich, WTC 9/11 : oeuvre, controverses, enjeux


1. Matériel d'écoute intégral - 2. Motivations des lutins - 3. Genèse - 4. Dispositif musical - 5. Structure et temporalité - 6. Textes employés - 7. Commentaire de l'oeuvre - 8. Controverses visuelles - 9. Miroir d'une époque.

--

1. Matériel d'écoute intégral

L'oeuvre est librement disponible en intégralité grâce à la station classique de la radio publique du Minnesota, jusqu'à lundi, et doit se trouver ailleurs légalement en ligne.

Attention, on trouve un certain nombre d'informations incomplètes ou erronées en ligne, que je m'efforce ici de compléter ou rectifier.

--

2. Où l'on découvre les motivations des lutins

Je n'aime guère les notules de circonstance, où l'on se met à parler de quelque chose ou de quelqu'un parce que "c'est le moment", pour des raisons externes au sujet - typiquement la nécrologie d'un chanteur, lorsqu'au jour de son décès il est retiré depuis années... [Je ne blâme bien sûr pas ceux qui éprouvent le besoin de le faire - toutefois ceux qui avaient l'habitude de lire sur CSS autre chose que le sujet du moment seront bredouilles pour cette fois.]

Il se trouve cependant que je viens d'écouter, aujourd'hui même (tout simplement parce que ça sort dans les jours prochains et que j'avais le temps de le faire ce matin...), WTC 9/11 de Steve Reich, que je découvre que l'oeuvre est légalement disponible en ligne jusqu'au 12.. et que circulent quelques anecdotes autour de sa parution, que je trouve plutôt intéressantes. Ce sera l'occasion de rapides observations, davantage sur la réception que sur les événements, la journée se destinant à être chargée en la matière - je suis moi-même un peu penaud de ne pas proposer de respiration aux lecteurs de Carnets sur sol...

Si j'en ai le temps, je tâcherai de proposer autre chose de plus déconnecté dans la journée...


--

3. Une genèse subjective

L'oeuvre est à l'origine (2009) une commande du Kronos Quartet [oui, une telle institution que son nom semble figé en anglais], pour une troisième collaboration avec le compositeur, et ne portait pas spécifiquement sur le 11 septembre. Le souhait principal était d'y adjoindre des voix pré-enregistrées.

Steve Reich a écrit à ce sujet qu'il songeait dès 1973 à un dispositif d'allongement des voyelles ou consonnes finales, mais que cela n'a techniquement été possible qu'à partir de 2001. Et qu'il souhaitait profiter de cette commande pour le mettre enfin en oeuvre.

Ce n'est qu'en songeant au sujet possible qu'il dit avoir trouvé évident le 11 septembre, puisqu'il en conservait un souvenir très vif, ayant vécu pendant vingt-cinq ans à quatre blocs du World Trade Center, et étant resté pendant des heures en contact téléphonique avec fils, belle-fille et petite-fille qui se trouvaient alors dans l'appartement.

Interrogé au sujet de son projet par Kurt Andersen, Reich a explicitement écarté l'idée d'une pièce "sur" le 11 septembre, assurant qu'il parle ici d'une histoire personnelle, pas du sujet médiatique - même si pour l'auditeur, la chose me paraît sujette à caution, j'y reviendrai.

C'est en tout cas à partir de ce point de départ personnel que Reich décide de récupérer les enregistrements des communications (depuis longtemps rendus publics) de la sûreté aérienne (NORAD) et des pompiers de New York (FDNY), et de les mêler à des entretiens qu'il réalise ensuite avec ses proches. [Il est à noter que les notives mentionnent souvent les "aiguilleurs du ciel", mais il s'agit bien de la défense aérienne et pas de la "tour de contrôle" civile...]

Le titre, tout en abréviations, représente comme un cartouche symbolique, potentiellement polysémique, et Reich en a profité pour citer dans ses écrits le mot de son ami compositeur David Lang, donnant également WTC le sens de "World to Come" ("un monde à venir").

--

4. Dispositif de l'oeuvre

Elle est écrite pour un effectif en tuilage qu'on peut décrire de la sorte :

  • un quatuor à cordes qui joue l'oeuvre sur scène
  • une bande pré-enregistrée qui comprend
    • deux quatuors
    • des voix :
      • parlées :
        • sûreté aérienne (NORAD : North American Aerospace Defense Command)
        • pompiers de New York (FDNY : New York City Fire Department).
        • entretiens réalisés en 2010 avec des amis de Steve Reich sur leurs souvenirs du 11 septembre 2001.
      • chantées (Exode 23,20 et Psaume 121,8) :
        • un chantre d'une grande synagogue de New York.
        • Shmira (voir ci-après)
          • par deux femmes juives de New York, plus tard en septembre.
          • par la violoncelliste Maya Beiser, quelque part ailleurs.


Le dispositif évoque furieusement Différent Trains (1988), à la nuance près qu'il ne me semble pas y avoir entendu de voix chantées : trois quatuors, dont deux enregistrés, des voix sur bande.

--

5. Structure de l'oeuvre

Bien qu'à tempo égal pendant toute l'oeuvre, Reich a disposé sa musique sous forme de trois mouvements joués attacca (c'est-à-dire sans pause), chacun évoquant une facette différente du sujet.

Suite de la notule.

jeudi 21 juillet 2011

Quatuor Zaïde


Juste un petit mot pour faire la promotion de ce jeune quatuor, Prix de la Presse au Concours de Bordeaux (ex-Evian). On peut entendre sur leur site un quatrième mouvement du Quatrième Quatuor de Zemlinsky (pourtant pas le meilleur !) proprement hallucinant, tant chaque ondoiement est parfaitement individualisé. La prise de son les flatte, certes, mais ne peut pas inventer ça.

Si elles voulaient bien l'enregistrer, ce serait gentil.

C'est par ici.

mercredi 17 mars 2010

Chausson (Quatuor, Chanson perpétuelle) et Vierne (Quintette) chambristes à Garnier - (mars 2010)


Après un brin de Lully, les lutins ont donc déposé leurs bagages à Garnier, avec une petite place en plein parterre, idéalement côté jardin pour admirer la pianiste.
Vu de cet endroit, la salle choucroute un peu moins, il y a même quelque chose de majestueux dans ces velours pourpres côtelés.

Le principe du concert était de proposer un écho instrumental aux représentations wagnériennes à Bastille. Le lien était peut-être un peu gratuit, mais ces musiciens sont bel et bien profondément influencés par Wagner, au point de l'imiter jusqu'à lui emprunter des sujets et des motifs dans leurs meilleures oeuvres - dans le cas de Chausson du moins (Roi Arthus, Symphonie, Chanson perpétuelle...). Sans entracte, chacune des deux séquences étaient commentées (Christophe Ghristi étant souffrant, je ne pourrai pas indiquer qui était l'excellente dame qui a présenté avec beaucoup d'érudition et de chaleur les pièces du programme). Le public, en grande partie composé de touristes qui se sont payés les heures les plus ennuyeuses de leur vie, n'a pas forcément apprécié à sa juste valeur, mais le concept, qui aurait peut-être mérité un rien plus de vulgarisation (certains ont dû avoir du mal à suivre s'ils ne connaissaient pas Franck ou quelques termes liés à la composition musicale), était très enthousiasmant.

Le programme lui aussi était des plus alléchants.

Suite de la notule.

lundi 22 février 2010

Du nouveau chez les Quiroga


Non seulement ils ont fini par ouvrir leur site, mais de surcroît ils ont mis en ligne un extrait vidéo du concert fantastique (le sommet de l'Octuor de Mendelssohn n'y figure pas puisqu'ils étaient mélangés avec les Ardeo) auquel les lutins avaient eu le bonheur d'assister.

Les fans les plus acharnés savoureront même l'intense jubilation d'y apercevoir mon dos.


La captation de Mezzo rend mieux justice à leur son que celles de France Musique[s], mais on perd tout de même leur son acidulé si caractéristique, au profit de quelque chose de plus rond mais aussi beaucoup plus impersonnel. On entend tout de même leur musicalité, mais quelque chose de magnétique, de singulier, se détache sur le vif, possiblement en raison précisément de ces harmoniques légèrement agressives, comme la première attaque d'un fruit généreux.

mercredi 2 décembre 2009

La création française du Quatrième Quatuor de Boris Tichtchenko ('Tishchenko') par le Quatuor Danel à la salle Cortot


Salle idéale (petite, toute capitonnée en bois), interprètes qui révélent en plus de leur son extraordinaire une profondeur de vue et un tempérament hors du commun, et une oeuvre de mon point de vue majeure par son caractère.

--

L'oeuvre

Ce Quatrième Quatuor est fondé sur des motifs obstinés d'une façon absolument fascinante. Beaucoup d'influences de Chostakovitch (le maître de Tichtchenko), dont on retrouve : le chambriste désolé des derniers quatuors, l'amateur de motifs récurrents (plus que de développements, un esprit plus wagnérien que brucknerien, disons pour prendre un parallèle germanique), la gaîté minée par des harmonies déceptives, etc. Cependant on ne trouvera pas chez Tichtchenko la même tendance au flux mélodique cabossé mais continué : son expression lyrique est beaucoup plus mesurée ; et de même pour sa tristesse ou son ironie, qui demeurent d'une certaine façon moins névrotiques, plus contrôlées. La segmentation du discours autour de ces motifs récurrents et même la luminosité des thèmes (avec finalement peu de déraillements grinçants au cours d'une même phrase) donne véritablement un relief singulier, qui n'existe pas dans les grands flux qui caractérisent souvent le langage des compositeurs soviétiques.

Ce peut aller jusqu'à une forme de minimalisme, comme dans le mouvement lent où le même motif est incessamment répété, et rarement en formation complète. Mais sans cesse varié (grâce aussi et d'abord à l'investissement phénoménal des interprètes), sans qu'on puisse parler d'évolution à proprement parler - mais bien de mélanges. Cependant, loin de créer une fascination glassienne, un planage feldmanien ou une lassitude, ces répétitions incantatoires sans aucune emphase ont quelque chose de véritablement loquace - oui, c'est assez étrange.
On pourrait penser pour ce deuxième mouvement à un Kurtág tonal qui se mettrait à écrire longuement ; en tout cas à un ascétisme dont la densité est assez étrangère à Chostakovitch - dont l'empreinte est si sensible dans ce quatuor mais qui ne sait pas se départir d'un certain lyrisme presque 'rond' jusque dans ses moments les plus aphasiques et les plus noirs.

Malgré le caractère désolé de l'ensemble, l'évidence et d'une certaine façon l'optimisme du scherzo frappent. Les climax aussi, quoique tout à fait tourmentés, ont quelque chose de réjouissant dans la densité du propos musical qui enchevêtre les textures avec une autonomie assez étonnante, pour un résultat parfaitement lisible.

Suite de la notule.

jeudi 15 octobre 2009

Franz SCHUBERT - Quatuor n°2 (1812, D.32)


Oeuvre de toute prime jeunesse (quinze ans !), et pourtant d'une qualité mélodique déjà supérieurement inspirée et presque inquiète, avec une répartition des pupitres tout à fait maîtrisée.

Une de celles qu'il faut recommander (plutôt que le D.353, le plus récent si on remonte avant le célébrissime Quartettsatz D.703 : ce D. 353 est nettement plus policé).

--

A partir d'une figure ascendante simple, le premier mouvement Presto apparaît d'emblée très concerné, et sa thématique est reprise au troisième mouvement par un menuet plus sombre que ne savait en écrire Beethoven, mais pas mélancolique comme Mozart ; presque menaçant dans sa première phrase, avant de se résoudre (après une insistance étrange) de façon presque galante sur la seconde. Et tout cela malgré l'ut majeur, qui sonne aussi tourmenté que du mineur.

L'Andante en la mineur du deuxième mouvement donne déjà pleinement la mesure du talent poétique du Schubert contemplatif, tandis que le dernier mouvement, Allegro con spirito entonne un ut mineur farouche.

Une belle pièce, vraiment.

Suite de la notule.

vendredi 1 mai 2009

Nouvelle saison des Rencontres européennes de musique de chambre de Bordeaux (2009)


Et de l'Académie de quatuor à cordes de Bordeaux.

Du 18 au 28 mai 2009, le conseil des lutins.

Suite de la notule.

samedi 14 mars 2009

Ouverture du site du Quatuor Quiroga


C'est enfin arrivé. Détails sur CSS dans la notule consacrée aux sites de compositeurs et d'interprètes.

On y trouvera également sons (Mozart) et vidéos (Arriaga, Mendelssohn).

dimanche 18 janvier 2009

Chostakovitch - Quelle intégrale des quatuors à cordes ?

Question récurrente. Quelques pistes. On ne retient que le recommandable et le décommandable, évidemment. Sans quoi on y passerait notre jeunesse - et celle de nos lecteurs.

Les lutins recommandent :

Suite de la notule.

jeudi 13 novembre 2008

Le disque du jour - XXIV - Béla Bartók, intégrale des quatuors à cordes (Keller)

Les quatuors de Béla Bartók peuvent rebuter par leur aspect extrêmement vindicatif et sombre - et, d'une certaine façon, très complexe et abstrait. La discographie regorge de témoignages rugueux très engagés.

Pour les esthètes aux oreilles sensibles, néanmoins, il existe des solutions alternatives.

Les plus lyriques pourront par exemple choisir le Quatuor Alban Berg. Malgré un son un petit peu léché et grisaille, il est ici donné une lecture très internationale de cet ensemble, qui n'esquive pas la violence, mais dans un cadre beaucoup plus formel et traditionnellement germanique - à mettre entre toutes les oreilles.

--

Mais, chez les farfadets guyennais, ce seront les Keller qui pourront nous émouvoir le plus vivement. Avec un son très fin, légèrement pincé (sans être typé à la tchèque, bien entendu), mais s'arrêtant toujours au seuil de la stridence, ce quatuor spécialiste du vingtième Mitteleuropa livre une lecture rêveuse de ces monuments.

La véhémence en est assez fortement bannie, au profit d'une introspection qui, d'un certain point de vue, tient plus de Chostakovitch - hésitant entre lyrisme postromantique très sobre et pause méditative bien plus contemporaine.

Chaque phrasé y porte son but, et la délicatesse partout présente n'évacue pas non plus l'inquiétude et surtout l'intensité propres à cette musique.

Aux antipodes des brutalités habituelles, une autre modernité plus apaisée - et sans doute mieux comprise, plus profonde.

Il faut dire que, mieux que tout autre, le Quatuor Keller, fondé il y a vingt-et-un ans par quatre hongrois au Conservatoire Liszt de Budapest (András Keller, János Pilz, Zoltán Gál et Judit Szabó), est à même de percevoir et de reproduire la place fondamentale (et exacte) du folklore dans les mouvements les plus typés de ces six quatuors. Et de l'assimiler à leur connaissance intime du répertoire du vingtième siècle. Ils sont aussi les auteurs de la meilleure (et de la plus complète) intégrale Kurtág, où les mêmes qualités de clarté, rigueur, souplesse, lyrisme et poésie font merveille.

--

Il faut ajouter que la lisibilité des lignes y est idéale (des voix saisissantes y naissent...) et que le tout se trouve publié chez Apex - donc disponible à prix ridicule (6€ les deux CDs sur Amazon Marketplace).

Pour convaincre les plus sceptiques ou parachever leur dégoût, vous pouvez entendre cette intégrale légalement sur CSS.

--

Par ailleurs, rappelons que le meilleur de la musique de Bartók, tous genres confondus,

Suite de la notule.

jeudi 8 mai 2008

Premières 'Rencontres européennes de musique de chambre' de Bordeaux - II - Concert d'ouverture (quatuors de Lalo et Nurymov)

La suite du compte-rendu du concert d'ouverture. Les oeuvres, l'interprétation, le public, les insolites.

--

Edouard LALO - Quatuor (Op.45)

Le Quatuor d'Edouard Lalo était au programme de la finale du Concours de juillet dernier. L'oeuvre ne ressemble en rien au Roi d'Ys ou à Fiesque, encore moins à la Symphonie espagnole et surtout pas aux mélodies de salon douceureuses sur lesquelles nous avons pudiquement passé dans notre petite série.
Ce Quatuor n'est pas aussi consonant et paisible qu'on aurait pu l'entendre ; bien entendu, on n'est pas polyphonique à l'excès, on demeure chez les Français, mais le contrepoint est plus sollicité qu'à l'accoutumée, avec également un véritable travail sur les textures. Dans les premier et troisième mouvements, Lalo développe même des rythmes décalés très impressionnants (un véritable piège de mise en place pour une oeuvre aussi longue et aussi peu fréquentée !). C'est-à-dire qu'avec une rigueur d'écriture toute germanique (le mode de développement reste très beethovenien), Lalo conserve cependant une clarté optimiste qui éclate brièvement dans le morceau de thème (varié) qui émerge dans le quatrième mouvement, extrêmement réjouissant.

Suite de la notule.

mardi 6 mai 2008

Ce matin à 9h20...

... cinq spectateurs pour les premières masterclasses d'Erberhard Feltz. (Il faut dire qu'il s'agissait d'un vrai travail de précision, répétitif, réalisé de dos, en chuchotant, en allemand et sans interprète - donc pas foncièrement grand public.)

(Cela dit en attendant les comptes-rendus annoncés.)

lundi 5 mai 2008

Premières 'Rencontres européennes de musique de chambre' de Bordeaux - I - Concert d'ouverture (Quatuor ATRIUM)

Vendredi 2 mai, ouverture du bal avec le quatuor lauréat du dernier concours Evian-Bordeaux (juillet 2007).

Au programme, deux raretés et une 'oeuvre angulaire' :

  • Le Quatuor d'Edouard LALO (Op.45)
  • Le Deuxième Quatuor - in memoriam Indira Gandhi de Chary NURYMOV
  • En seconde partie, le Cinquième Quatuor de Dmitri CHOSTAKOVITCH


Ce concert a renforcé notre opinion avec plus de sûreté que dans l'ivresse de l'amoncellement de prestations extraordinaires, en juillet dernier ; aussi bien à propos des oeuvres qu'à propos des interprètes.

Petite visite, comme promis.

Suite de la notule.

Académie de Quatuor à cordes de Bordeaux - Changements de programme

En deux mots :

Le quatuor Nador (très belle formation au son corsé vraiment hongrois) partagera l'affiche à deux reprises, avec les Brodowsky mardi soir (dans l'Officium breve de Kurtág, chef-d'oeuvre absolu de la littérature pour quatuor aux pixels de CSS), et avec les Anima jeudi (pour un Haydn).

Les masterclasses (9h15, 11h et 14h00 tous les jours jusqu'à vendredi, en principe du moins) seront fréquentées par du très beau monde : Quatuors Anima, Ardeo, Brodowsky, Quiroga et Nador. Au moins les quatre derniers de la liste sont de meilleur niveau que bien des formations célèbres et prodigues en disques. A entendre absolument.

vendredi 2 mai 2008

Premier Festival de Quatuor à Bordeaux - Annonce d'activités de CSS & DSS

Comme annoncé, CSS assistera pour large partie aux concerts de la semaine de quatuor qui s'ouve ce soir même avec le concert de la formation lauréate en juillet dernier (les Atrium). Avec un programme original qui promet un beau grand régal..

Voir, ci-dessous, le rappel de ce que nous disions dès mars dernier, avec le détail complet des manifestations (présentation des lieux, des oeuvres, des interprètes, horaires).

N.B. : Les master classes auront bien lieu, cette année ; à la Halle des Chartrons, comme prévu (entrée libre), du mardi au vendredi de la semaine prochaine à 9h15, 11h et 14h30.

Suite de la notule.

mercredi 12 mars 2008

Mai 2008 - Le retour du quatuor !

Désormais programmé tous les trois ans (au lieu de deux), pour des raisons réputées financières, le Concours International de Quatuor à cordes de Bordeaux (ex-Evian), dont CSS vous a déjà entretenu en juillet dernier, a beau être sorti par la porte l'an passé, il rentre inopinément par la fenêtre, dès cette année !

Le festival Musiques d'été (qui proposait autrefois du lied et de la musique de chambre, mais avait fini par égrener en grande partie des tubes du répertoire classique XVIIIe en compagnie de l'Orchestre National Bordeaux Aquitaine - ONBA - ou de l'Orchestre du Conservatoire...).

Du 2 au 11 mai, une semaine et deux week-ends de quatuor au meilleur niveau, avec le retour de certains des meilleurs lauréats (Psophos, Quiroga, Atrium, Ardeo...). Parmi ceux qui ont le plus fasciné au cours des années, et notamment les meilleures formations de l'an passé. Un concert chaque soir, dans divers lieux forts de la ville, à des tarifs battant toute concurrence (25€ maximum au Grand-Théâtre, 10€ partout ailleurs...). Et beaucoup de raretés dans ces soirées !

Programme complet ci-dessous. On en profite pour présenter quelques monuments architecturaux locaux (et bien sûr les oeuvres jouées et les formations). De façon à ce que les non bordelais puissent tout de même disposer d'un peu de lecture, les pauvrets.

Suite de la notule.

mardi 7 août 2007

Quatuor QUIROGA sur France Musique[s] - (Schubert, Bartók, Webern, Bolens)

Ce jour à quinze heures, France Musique[s] diffuse un concert donné dans le cadre de Pro Quartet, avec le quatuor Quiroga, deuxième prix du Concours de Bordeaux et prix de la presse - celui qui nous avait le plus séduit ici.

Etant donné qu'ils ne disposent pas encore d'un site, il s'agit là d'une belle occasion d'entendre leur talent, surtout que le programme est original et ambitieux. [Ce goût de la musique contemporaine (rendue limpide) et des chemins peu balisés n'est pas pour rien dans la sympathie qu'on peut leur porter, en comparaison du 'grand répertoire' certes magnifié par les Atrium, premier prix.]

Programme :

Suite de la notule.

mercredi 1 août 2007

Le quatuor MATANGI

Quatuor éliminé au premier tour du Concours de Bordeaux, mais qui nous avait fort impressionné par ses progrès phénoménaux depuis sa précédente présence en 2003.

On trouve précisément en ligne (et librement) le quatuor Op.12 de Mendelssohn qu'ils ont joué cette année. Couplé avec le quatuor de Verdi.

Vous pourrez ainsi juger de la beauté magnétique du son, à la fois doux et ferme, et du raffinement extrême des phrasés. Une des plus belles choses qu'on ait entendues dans le répertoire du quatuor, et particulièrement impressionnant pour une oeuvre (contrairement à l'opus 80) qui demande toute de même à être servie avec beaucoup de présence pour rendre sa juste mesure. Elégance et émotion semblent versées d'un même trait.

Suite de la notule.

jeudi 19 juillet 2007

En ce moment à la radio - Quatuor Voce sur France Musique[s] (Montpellier)

Beaucoup plus phonogénique qu'en salle, c'est véritablement à écouter. On retrouve les phrasés un peu systématiques, les acidités nombreuses, les prises de risques parfois mal récompensées, mais aussi le désir de fournir une vision totalement personnelle. Sorti de la comparaison du concours, et bien qu'on n'adhère pas trop à ces choix de phrasés, on peut ainsi confirmer : véritablement très intéressant.

Au programme, les mêmes Schubert que lors du concours (cliquer sur le menu de droite, dans la rubrique appropriée, pour le programme et les commentaires).

jeudi 12 juillet 2007

Quatuor Faust

Comme CSS semble demeurer habité par cette immersion quartettistique, poursuivons notre tour des anciens participants mémorables au concours de Bordeaux.

Les Faust avaient reçu, à bon droit, le prix du meilleur Mozart en 2003 - une formation que nous avions trouvé bien plus jubilatoire que les très rugueux vainqueurs (deuxième prix ex-aequo : Ebène et Aviv).

De même que pour leur Mozart remarquablement limpide et élégant, nous avons été séduit à l'extrême par leur Beethoven - dont voici des extraits très significatifs du quatuor en fa majeur opus 59 n°1, le premier des Razoumovsky.

Suite de la notule.

mardi 10 juillet 2007

Quatuor Carducci

Manière de poursuivre dans l'esprit, une pensée pour le Quatuor Carducci, ayant participé à l'épreuve finale de 2005. Probablement la formation qui avait le plus plu à CSS cette année-là, parmi une débauche de beautés, ici encore. Tout particulièrement son Beethoven inventif et poétique, et son Kurtág rêveur et incisif, d'une justesse de ton parfaite.

Suite de la notule.

dimanche 8 juillet 2007

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - IX - Résultats

Au terme d'une journée encore une fois au-delà des superlatifs, le choix du jury (tout à fait conforme à la nature de ce qu'on a entendu aujourd'hui) :

Suite de la notule.

samedi 7 juillet 2007

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - VIII - Fin de la deuxième épreuve

Notre petite note quotidienne de l'état des lieux, avant la synthèse prévue.

Le concert du jury, le niveau de la journée, les critères du choix, la mode actuelle du jeu international.

(et, mise à jour : les quatre formations retenues pour l'épreuve finale)

Suite de la notule.

vendredi 6 juillet 2007

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - VII - Deuxième épreuve (et soirée)

Ont été qualifiés les quatuors :

Suite de la notule.

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - VI - quelques remarques

Remarques générales sur l'intérêt du concours, vu depuis l'angle de l'auditeur.

Suite de la notule.

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - V - journée du 4 juillet (fin)

La fin de cette première journée de la première épreuve. (CSS renonce à manger et à dormir pour satisfaire la curiosité légitime de ses lecteurs.)

D'autant plus agréable à traiter que les quatuors présents méritent le détour, y compris pour un concert officiel.

Suite de la notule.

jeudi 5 juillet 2007

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - IV - ébauche de la journée du 5 juillet

CSS a suivi intégralement cette journée et ses six heures et demie de concerts. Le temps manque un peu pour en faire un compte-rendu minimum et achever celui d'hier, mais une présentation minimum est prévue.

Journée où se sont pressés des ensembles plus que professionnels, tout à fait du niveau des concerts internationaux, dans des pièces souvent rares dans les salles. Un enchantement.

C'est la fin de la première épreuve (quinze quatuors). Il faut obtenir au minimum 14/20 pour prétendre à la deuxième épreuve, qui est donc à nombre variable de candidats.

mercredi 4 juillet 2007

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - III - journée du 4 juillet

Après avoir trouvé porte close (ce qui s'expliquait par le démontage du décor de Carsen pour les Noces de Mozart), nous nous sommes donc rendus aux épreuves de l'après-midi.

14h30-19h30 (dont deux fois un quart d'heure de pause...)

Six quatuors.

Suite de la notule.

Diffusion légale - X - Felix MENDELSSOHN-BARTHOLDY, Quatuors à cordes Op.12 (Quatuor Franciscus)

Dans le cadre de ces premières épreuves marquées par Mendelssohn, comme l'année bénie des Psophos (2001), voici un concert archivé par la radio néerlandaise Avro, et fourni gracieusement sur leurs serveurs.

Avec une transcription-surprise de premier choix.

Suite de la notule.

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - II

Voir l'épisode I pour les modalités du concours.

Suite de la notule.

mardi 3 juillet 2007

Teasin' Powa - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007

L'équipe de CSS étant sortie de sa grotte, et ayant rattrapé ses lutins[1], s'est remise au travail, vous l'avez vu.

Nous serons cependant ralentis car nous assisterons tous au Festival International de Quatuor à Cordes de Bordeaux (ex-Evian). Nous produirons peut-être de petites synthèses quotidiennes sur les épreuves.

Un programme Mozart-Schubert-Mendelssohn-Lalo-Bacri, plus des romantiques (1830-1890).

Notes

[1] Pour info, le Père Noël est en vacances jusqu'en septembre.

Suite de la notule.

dimanche 6 mai 2007

Le disque du jour - XVII - Franz SCHUBERT, Intégrale des quatuors à cordes - Leipziger Streichquartett / Quatuor à cordes de Leipzig

Il n'est pas dans notre cahier des charges de sélectionner des interprétations d'oeuvres célèbres, chacun se fraie un chemin à son goût dans ces contrées incontournables.

Toutefois, petite entorse en guise de disque du jour, tant l'entreprise force l'admiration à tout point de vue.

Bref extrait dans la note.

Suite de la notule.

dimanche 8 avril 2007

Carnet d'écoutes - Les quatuors de Rued Langgaard - Kontra Quartet

Réécoute ce soir de ces étranges choses.


Le quatrième et dernier mouvement du Cinquième Quatuor.

J'aurai l'occasion de revenir sur Langgaard (prononcez "Lèngôr"), c'est pourquoi je me contente de commencer par le rappel de ce que j'avais pu écrire en guise d'introduction, il y a bien longtemps :

Suite de la notule.

jeudi 4 janvier 2007

Le disque du jour - XIV - Quatuors de Kurtág (les Microludes), Hakola, Heininen (et Koskinen)

C'est l'écoute des excellents quatuors de Leon Kirchner qui m'en rappelle le souvenir.

Un vieux compagnon de route, ce disque du quatuor Avanti!, issu de la formation à géométrie variable du même nom. Cette fois-ci, rien moins que Sakari Oramo au violon I. Chez Ondine.
Non pas qu'il ait été publié il y a fort longtemps, mais j'y reviens régulièrement.



Au programme ?

Quatre quatuors présentés dans un ordre à peu près chronologique, et surtout de la pièce la plus longue à la plus brève.

Suite de la notule.

David Le Marrec


Bienvenue !

Cet aimable bac
à sable accueille
divers badinages :
opéra, lied,
théâtres & musiques
interlopes,
questions de langue
ou de voix...
en discrètes notules,
parfois constituées
en séries.

Beaucoup de requêtes de moteur de recherche aboutissent ici à propos de questions pas encore traitées. N'hésitez pas à réclamer.



Invitations à lire :

1 => L'italianisme dans la France baroque
2 => Le livre et la Toile, l'aventure de deux hiérarchies
3 => Leçons des Morts & Leçons de Ténèbres
4 => Arabelle et Didon
5 => Woyzeck le Chourineur
6 => Nasal ou engorgé ?
7 => Voix de poitrine, de tête & mixte
8 => Les trois vertus cardinales de la mise en scène
9 => Feuilleton sériel




Recueil de notes :
Diaire sur sol


Musique, domaine public

Les astuces de CSS

Répertoire des contributions (index)


Mentions légales

Tribune libre

Contact

Liens


Chapitres

Calendrier

« février 2010
lunmarmerjeuvensamdim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728