Carnets sur sol

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mercredi 16 janvier 2013

Partitions : vers un nouveau paradigme ?


Jusqu'à une date très récente (il y a plus ou moins cinq ans), les partitions étaient un objet de luxe, rare, peu accessible, onéreux dès que l'oeuvre était longue, plutôt récente ou rare.

Depuis le milieu des années 2000 se produit une petite révolution, qui est en passe de changer en profondeur le rapport à l'objet et même, de façon plus large, à la musique elle-même.

Suite de la notule.

mercredi 21 septembre 2011

Droits d'auteur et droits voisins en Europe : la vérité sur la dernière directive


Oui, je fais racoleur si je veux.

Il n'empêche qu'on a lu beaucoup de supputations plus ou moins justes sur la question. Aussi, fort d'une assez longue expérience en matière de ratiocinations pénibles autour du droit d'auteur (sans prétendre du tout à la spécialité, précisons), je me propose ici d'expliciter un peu les événements.

Je renvoie au lien ci-dessus pour les définitions de droits d'auteur et de droits voisins, ainsi que sur la façon dont on les comptabilise dans le temps (avec exemples concrets).

Et voici donc des éclaircissements, puissés à la source de la directive elle-même.

On y découvrira un petit scandale juridique que je n'ai pas vu soulevé jusqu'ici, mais aussi que cette directive n'a pas du tout été dictée, comme on l'a souvent entendu au Café du Commerce, par l'industrie phonographique, car à son détriment.

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1. Style

Je commence d'abord par signaler que je demeure assez dubitatif sur le style littéraire de la chose. Des alinéas entiers servent à exposer les motivations "morales" de l'acte. Certes, cela rend la démarche plus intelligible pour le citoyen soucieux de s'informer, mais il est sacrément étonnant de trouver des bouts de pédagogie (et parfois de comm') dans un texte législatif !

Au demeurant, ce n'est pas désagréable, cela permet d'éclairer les motivations du législateur et de rendre la logique d'ensemble plus sensible au commun des mortels - si tant est que le commun des mortels passe une fois dans sa vie une soirée à bavarder dans un coin de Toile de la question (certes fascinante) du droit d'auteur européen...

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2. Droits d'auteur

Suite de la notule.

dimanche 13 décembre 2009

Franz SCHUBERT - Wiegenlied D.498 (Schlafe, holder, süßer Knabe)



Une autre introduction, avec enregistrement librement téléchargeable.

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Wiegenlied D.498 : Schlafe, holder, süßer Knabe

Il s'agit de l'une des trois berceuses écrites par Schubert (en exceptant celle qui clôt la Belle Meunière), la deuxième. Celle D.304, sur un poème de Körner, est très peu connue. La plus célèbre est cependant la plus tardive, D.867 (Wie sich der Äuglein kindlicher Himmel), qui reprend inlassablement la même mélodie doucereuse, un peu écoeurante à force de longueur.

On a récemment fait entendre un bout de celle que nous avons élue, à l'occasion de la notule récapitulative autour du vibrato (Gundula Janowitz diminuait le sien pour s'adapter au volkston de la pièce).

Elle est écrite assez tôt, en 1816 (à moins de vingt ans, donc), dans une période où les chefs-d'oeuvre deviennent de plus en plus fréquents (c'est un peu après l'écriture d'Alfonso und Estrella), mais n'a été publiée que de façon posthume (1829).

On a souvent attribué le poème à Matthias Claudius, sans doute à cause de la similitude du premier vers avec Die Mutter bei des Wiege :

Schlaf, süßer Knabe, süß und mild !
 
D'autant plus qu'une version de Loewe avait remplacé süßer par holder, ce qui accroissait encore la ressemblance.

En réalité, ce poème n'est en l'état des connaissances actuelles pas attribué.

La mise en musique de Schubert a connu quelque succès chez les anglophones, chez qui il en existe plusieurs versions ; toutes sont néanmoins de véritables berceuses, réellement utilisées, qui omettent donc les discordances qui font toute l'originalité du poème. D'où la stupéfaction de ceux qui découvrent l'original plus tard.

Poème anonyme
Traduction DLM
Schlafe, holder, süßer Knabe,
Leise wiegt dich deiner Mutter Hand ;
Sanfte Ruhe, milde Labe
Bringt dir schwebend dieses Wiegenband.

Schlafe in dem süßen Grabe,
Noch beschützt dich deiner Mutter Arm,
Alle Wünsche, alle Habe
Faßt sie liebend, alle liebwarm.

Schlafe in der Flaumen Schoße,
Noch umtönt dich lauter Liebeston,
Eine Lilie, eine Rose,
Nach dem Schlafe werd' sie dir zum Lohn.
Dors, cher, doux enfant,
Délicatement te berce la main de ta mère ;
Un profond repos, un chaleureux réconfort,
Que ce bercement auquel tu es suspendu te les apporte.

Dors dans ta douce tombe,
Le bras de ta mère te protège encore ;
Tous les souhaits, tous les biens,
Elle les garde en aimant, toutes les douceurs d'amour.

Dors dans le giron de plumes,
Encore sonore, un chant tendre t'entoure ;
Un lys, une rose,
Tu les auras après ton repos.

;;
Toujours le Koboldekammerensemble, hier.
(Les pédales étant plus lentes, elles grincent moins.)


Cette berceuse pour un enfant mort, parole qu'on attribue à une mère égarée, confondant le berceau et la tombe, parlant de réveil tout en manipulant les objets du deuil, est assez saisissante. L'allemand permet une concision sobre que n'autorise pas notre traduction, qui en reprend les principales allusions, mais sans la simplicité désarmante de la berceuse.

La mise en musique de Schubert rend le résultat particulièrement impressionnant, glaçant et fascinant. En alternant imperturbablement sur son balancement régulier tonique et dominante (le mouvement le plus simple de résolution d'une harmonie dans le langage occidental), Schubert écrit sur une mélodie de petit ambitus, simple et touchante, une véritable berceuse, sans aucune fêlure, calme, sûre, pleine.

Lui qui peut commenter musicalement un texte jusqu'à l'hystérie se limite ici totalement à la forme strophique, sans variation au fil des trois strophes, sans incidences dramatiques.
Cela rend tout à la fois plus troublant et plus gracieux le résultat.

Pour l'interprétation, il est bien entendu hors de question vu l'écriture musicale - et aucun interprète à notre connaissance ne s'est engagé dans cette voie - de déglinguer la belle musique pour la rendre expressive, encore que ce serait un parti pris peut-être intéressant du point de vue de la virtuosité interprétative, et de l'originalité du résultat. En tout cas, pour notre suggestion sonore, nous avons plutôt choisi de mettre en relief les affects forts (beschütz dich) que la noirceur proprement dite du poème (Grabe / Nach dem Schlafe) ; ceci afin de conserver l'ambiguïté introduite par la mise en musique stable et extatique de Schubert.

Suite de la notule.

Clara WIECK-SCHUMANN - Warum willst du and're fragen (Rückert)



Poursuite du cycle Clara, avec enregistrement librement téléchargeable.

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Warum willst du and're fragen, Op.12 n°11

Un des plus beaux lieder de Clara repose sur ce poème de Rückert, qui est un bon résumé de ce que la légende a retenu de Clara, épouse musicale, aimante, et musicalement aimante. [On espère que le long-métrage annoncé l'incluera dans une version anglaise, ce serait très divertissant.]

Il est tiré des mélanges de l'opus 12 (Liebesfrühling), qui contiennent deux autres poèmes amoureux de Rückert : Er ist gekommen in Sturm und Regen, et Liebst du um Schönheit, rendu célèbre par la mise en musique de Mahler dans ses Rückert-Lieder.

Traduction :

Suite de la notule.

dimanche 6 septembre 2009

Livres libres sur la Toile

Une liste classée de sites-sources, glanée sur la Toile depuis 2001-2002. Extrêmement utile pour feuilleter pour découvrir, se documenter aisément, voire pour lire comme le font les lutins - mais le confort de lecture est différent, bien entendu.

On y rencontre souvent des ouvrages totalement épuisés, anciens, des documents rares, parfois en fac-simile. Beaucoup de surprises en tout cas pour qui accepte de se promener... et les grands classiques de la littérature mondiale à disposition.

Vu le sujet de CSS, on a privilégié les sites au contenu littéraire, mais on rencontrera très souvent des scientifiques et des philosophes sur ces pages.

N.B. : Pour plus de commodité, cette notule est également accessible directement par l'adresse
http://musicontempo.free.fr/livres.html .

Suite de la notule.

mardi 30 juin 2009

« Non siam alla baraonda qui ! »

Son le stesse parole di Riccardo Muti...

Suite de la notule.

vendredi 26 juin 2009

Vidéos en pagaille

Arte nous gâte ces jours-ci, grâce à sa récente plate-forme web, qui diffuse gratuitement des choses appétissantes en parallèle de ses productions télédiffusées... Nous avons sélectionné Le Roi Roger de Szymanowski, les deux derniers récitals parisiens de Waltraud Meier (Chausson et Richard Strauss), le Concours International de Chant de Strasbourg et Falstaff à Glyndebourne.

Liens directs vers les vidéos, références et commentaires.

Suite de la notule.

vendredi 29 mai 2009

Clara WIECK-SCHUMANN - Volkslied (Heine)


On poursuit notre périple téléchargeable commenté dans les lieder de Clara. [Ainsi qu'un morceau de discographie indicative.]


Heine n'a pas inspiré que les musiciens, témoin le recueil de nouvelles Es fiel ein Reif in der Frühlingsnacht de l'écrivain thèque d'expression allemande Ossip Schubin (1854 - 1934).


Volkslied (« Chant populaire »)

Le titre se justifie en ce que le poème de Heine s'inspire d'un poème populaire collecté par Arnim et Brentano. Il s'agit d'un des tout plus beaux de Clara, sans doute même le plus touchant avec Warum willst du and're fragen.

Clara Wieck-Schumann en inverse les deux derniers mots dans sa mise en musique.

Suite de la notule.

dimanche 24 mai 2009

Franz SCHUBERT - Die Nacht (d'après Ossian)



Anne-Louis GIRODET-TRIOSON,
Les ombres des héros morts pour la Patrie conduites par la Victoire viennent habiter l'Elysée aérien où les ombres d'Ossian et de ses valeureux guerriers s'empressent de leur donner dans ce séjour d'immortalité et de gloire la fête de la Paix et de l'Amitié,
huile sur toile, 192 x 182 cm, 1801,
Musée National des Châteaux de Malmaison et de Bois-Préau.


Qu'on se rassure, Ossian a aussi inspiré des chefs-d'oeuvre, et c'est ce que nous allons voir tout à l'heure.


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1. L'apogée d'un type

On a très souvent évoqué cette fresque, l'un des lieder les plus émouvants de Schubert pour nous.

Il s'agit du plus réussi des grands lieder récitatifs qu'on trouve souvent chez le jeune Schubert. Dans ces pièces, Schubert se montre aussi près qu'il est possible du sens du texte, en juxtaposant totalement les atmosphères et les motifs, au gré des variations expressives du poème ; la musique n'est plus qu'un serviteur zélé, commentateur parfois à la frontière de l'hystérie, tant le flux musical est ici perpétuellement interrompu et contredit au profit d'un rythme de parole - dont la logique, on le sait, est beaucoup plus contrastée que celle d'une exposition musicale.

Mais, là où cette absence de cohérence peut sembler une maladresse (les deux versions de Der Taucher, Lodas Gespenst...), dans Die Nacht (de même que dans Die Bürgschaft), la puissance des atmosphères et l'urgence de la déclamation l'emportent sur toute réserve.
On connaît par ailleurs le génie de Schubert en matière de coloris dans ses modulations - et ici, le changement de tonalité (peut-on même parler de modulation, tant la juxtaposition est abrupte ?) est pour le moins abondant.

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2. Die Nacht D.534

Ce lied est de surcroît constitué de façon singulière. Il est composé en 1817 (mais publié seulement en 1830), donc à l'âge de vingt ans seulement, et utilise l'adaptation du baron Edmund von Harold sur un extrait de James Macpherson (le 'traducteur' d'Ossian). La partition est corrompue, puisque à la mesure 206, avec les derniers mots, apparaît une étrange indication (Feurig) en 6/8, qui appelle à une fin flamboyante, sans doute sur le thème de la chasse. D'où le complément à partir des appels déjà entendus dans les mesures précédentes - mais vu le caractère hautement volatile des motifs de cette pièce, on ne peut guère déterminer si Schubert souhaiter prolonger celui-ci ou en proposer quelque autre. L'éditeur (Diabelli) y a donc ajouté, en plus d'une coda chasseresse un brin pétaradante, une fin brillante assez improbable, à savoir le chant de chasse composé quelque temps auparavant par Schubert (Jagdlied D.521) dont le ton entraînant et badin, pas très subtil non plus, contraste avec tout ce qui a précédé. [On pourra le proposer à l'occasion en complément, mais il y a assez à présenter pour aujourd'hui.]


Die Nacht par le membre unique du Lutin Chamber Ensemble.


Fichier téléchargeable plus bas. On propose aussi la partition.

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3. Les textes

Voici l'original :

Suite de la notule.

samedi 23 mai 2009

Un autre site de flux

Après Deezer, Jiwa et surtout le pléthorique MusicMe, un nouveau site de flux (streaming) est accessible, de façon très complémentaire, en ligne. La Naxos Music Library est certes payante, mais propose un quart d'heure d'écoute gratuite sur des catalogues qui ne sont pas toujours accessibles sur les autres sites (Timpani, Simax Classics, Signum Classics, CPO, Berlin Classics, Ondine, Delos, Hungaroton, Capriccio, Nimbus, Naxos, Da Capo, Danacord...). L'usage est plus simple que sur le site commercial standard de Naxos (pas d'inscription et lecteur prompt). La qualité sonore, en accès libre, n'est pas très bonne, en revanche.

Attention toutefois, il semblerait que les quinze minutes ne soient pas prises sur le temps réel d'écoute, mais sur les pistes lancées, voire sur le temps de connexion au site, recherche comprise... On peut avoir ensuite un essai gratuit de sept jours. Utile si on veut se documenter sur un catalogue.

dimanche 17 mai 2009

Clara WIECK-SCHUMANN - Ihr Bildnis (Heine)




On parle beaucoup de Clara - on vient même d'inaugurer une catégorie consacrée à elle seule. Seulement, il n'existe pas d'enregistrements libres de droits, du fait de sa redécouverte assez récente comme compositrice, particulièrement en ce qui concerne sa musique la plus chambriste - piano solo et lieder.

Aussi, profitant de quelques instants vacants, les lutins mettent la main à la pâte quand la chose est possible. En attendant la captation de ce qui sera téléchargeable, on prépare gentiment la traduction du corpus, et on propose ici une magnifique version d'Ihr Bildnis, sur le texte fameux de Heinrich Heine (« Ich stand in dunkeln Träumen »). Il fait partie des poèmes du recueil Die Heimkehr (« Le Retour », 1823-1824) qui doivent notamment leur célébrité à leur mise en musique par Schubert dans le Schwanengesang, dans l'ordre de Heine : « Du schönes Fischermädchen », « Am fernen Horizonte » / « Die Stadt », « Still ist die Nacht » / « Der Doppelgänger », « Ich unglücksel'ger Atlas ! »...

Suite de la notule.

vendredi 24 avril 2009

Le piano français - type et discographie (3, Erik Satie)


3.4. Erik Satie (1866-1925)

rose-croix eric éric satie rosicrucien


CSS n'est pas placé au mieux pour parler de Satie.

Son piano, qui constitue l'essentiel de son oeuvre [1], contient quantité de citations, de parodies (la plus flagrante est celle de la marche funèbre de la Deuxième sonate de Chopin) ; le contenu musical, lui, tourne souvent en rond - les partitions sont plus drôles à lire, avec les indications très précises et absurdes, qu'à entendre, en fin de compte. Ou alors, il faut goûter un certain type de référence ; et, dans ses pièces les plus sérieuses, de contemplation.

Certes, son harmonie est résolument moderne, quoique pas du tout spectaculaire. Cependant, cela ne semble souvent mener nulle part, avec le ressassement à l'infini de la même trouvaille sur toute la longueur de la pièce - ce qui peut faire long.
Par ailleurs, le ton des différentes oeuvres est finalement assez homogène ; ou très badin et léger, ou d'une contemplation douce.

[1] A part Geneviève de Brabant (son opéra pour marionnettes), Parade et la Mort de Socrate, un peu de musique de scène et un peu de musique vocale, il n'y a pas grand'chose d'autre.

Quoi écouter ?

Suite de la notule.

Le piano français - type et discographie (2 : Rossini, Fauré et Debussy)


On va à présent débuter notre balade dans le piano français. Pour chacun, on s'efforcera de cerner le caractère, de proposer des indications discographiques, et, lorsque c'est possible, le téléchargement d'enregistrements libres de droits et de partitions du domaine public.

On ne pourra pas tout traiter, évidemment. Tout d'abord parce que tout n'est pas intéressant ; ensuite parce que tout n'est pas enregistré et que nous ne pouvons pas tout déchiffrer de ce qui est inédit...
Les oeuvres rares et exceptionnelles seront distinguées par
la récompense suprême de CSS : le lutrin de contreplaqué de noyer. lutrin Il y avait bien aussi le lutrin de jardin, mais ça faisait moins sérieux.

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3. Une anthologie du piano français pionnier

Il doit exister, de même que pour les mélodies, des quantités extraordinaires de pièces caractéristiques écrites pour les amateurs - qui, alors, ne pouvaient reproduire de la musique que par leur propre jeu. A l'exemple aussi des réductions pour piano (avec voix ou tout intégré) des opéras, ces choses-là étaient plus accessibles à l'honnête homme que les Etudes d'exécution transcendante.

Cela se trouvait aussi dans les pays germaniques, et bien que le ton en diffère (plus de tenue outre-Rhin, plus de sucre en deçà), ce n'est pas là qu'on fera une distinction nourrissante - ni, tout simplement, qu'on rencontrera quantité d'oeuvres intéressantes. De toute façon, ces feuillets d'album ne sont à peu près pas du tout enregistrés, vu leur faible spectaculaire, leur faiblesse d'écriture et leur ennui.

On ne penchera donc, sans prétendre du tout à l'exhaustivité (mais bien plutôt à la sélection !), sur les oeuvres les plus caractéristiques d'une certaine invention française.

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3.1. Gioacchino Rossini (1792-1868)

gioacchino rossini gioachino portrait caricature

On pourrait faire remonter une certaine tradition de la pièce de caractère à Rossini, qui écrit mainte pièce « à programme » une fois qu'il s'est retiré de la scène lyrique. Beaucoup de choses légères, d'humour, mais aussi de l'évocation (réminiscences de ses opéras au milieu de la marche pour mon dernier voyage).
Cependant, stylistiquement parlant, on est assez loin de notre objet, donc on ne s'attarde pas.

D'autant qu'on ne trouve pas aisément les partitions (elles sont peut éditées et très chères), et qu'il n'existe pas à notre connaissance de témoignages libres de droit sur la question.

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3.2. Gabriel Fauré (1845-1924)


Suite de la notule.

vendredi 17 avril 2009

Allongement européen de la durée des droits d'auteur

Petit nouvelle qui nous concerne.

Il semblerait que le projet patine. Attention tout de même à ce que peuvent dire les articles de presse sur ces sujets, pas toujours parfaitement au fait de la législation. (Déjà, le veto est-il engageable sur cette question ? Ensuite, y a-t-il vraiment eu arrêt maintenu depuis fin mars ?)

Contrairement à beaucoup d'internautes, nous ne serions pas fondamentalement contre cet allongement si les modèles de distribution se diversifient en parallèle et si cela peut permettre à l'actuel âge d'or discographique de perdurer quelque temps.

Quoi qu'il en soit, ce blocage de la décision d'allongement est une excellente nouvelle pour la musique libre de droits. Economiquement, ça se discute sans doute. Nous avons de toute façon en projet de revenir sur la loi Hadopi (ou plutôt Hadœpi), qui comme la DADVSI (dont il a abondamment été question ici même), pose plus de question qu'elle n'en résout.

Page de synthèse sur la législation française actuelle : http://musicontempo.free.fr/droits.html .

samedi 28 février 2009

Musique, domaine public - XLIII - Heinrich MARSCHNER, un gros bouquet de lieder

Même si les sites d'écoute gratuite et légale en flux, parfois très bien servis comme MusicMe.com, Jiwa.fr ou Deezer.com rendent un peu caduque l'entreprise de la bibliothèque libre de droits et a quelque peu freiné nos efforts, il est des situations qui rendent indispensables la mise à disposition du public. (Ainsi que son commentaire...)

En l'occurrence, les lieder de Marschner ne disposant d'aucune monographie au disque, il n'était pas possible de passer outre.

Vous pouvez télécharger directement l'ensemble d'enregistrements historiques à partir de notre compte :

Suite de la notule.

samedi 6 décembre 2008

Corneille / Charpentier : Stances de Rodrigue

1. La légende Charpentier

Marc-Antoine Charpentier n'a jamais occupé la place de rival malheureux de Lully que la légende lui prête souvent.

Certes, comparativement à son génie, il a été maintenu dans une ombre relative, et la place centrale de Lully dans la distribution politique de l'organisation musicale laissait peu de latitude à l'épanouissement au sommet de la pyramide des genres. [1]
Cependant, il n'a jamais eu l'occasion de s'affronter en quoi que ce soit à Lully, qui le connaissait sans doute à peine, et n'avait nul lieu de se sentir jaloux ou menacé.

Dans le grand genre de la tragédie en musique, Charpentier n'a laissé qu'une Médée qui reste un jalon majeur de l'histoire de la musique du XVIIe siècle.

Il est également l'auteur d'autres musiques dramatiques, notamment sur les oeuvres de Pierre (Andromède) et Thomas Corneille (Cicé, L'Inconnu, La Pierre Philosophale, Le Triomphe des dames), mais jamais d'autre tragédie lyrique : il s'agit soit de tragédies parlées comportant des sections musicales (Andromède et Circé appartiennent au type des « pièces à machines »), soit de divertissements musicaux qui n'ont pas le statut du grand genre tragique lyrique.

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2. Le choix des Stances

Dans cette oeuvre vocale assez riche et très diversifiée, Charpentier nous laisse en particulier une très précieuse mise en musique des Stances de Rodrigue dans le Cid, isolée de son contexte.

Il est vrai que si la rondeur régulière et un peu indolente de l'alexandrin se prête peu à la mise en musique, ces stances [2], avec des vers de mètres différents, se prête très précisément à la mise en musique - la variété des mètres est l'une des caractéristiques des tragédies destinées à la mise en musique, pour permettre en quelque sorte de varier les carrures et rendre le discours toujours mobile.

Le texte que Charpentier exalte ici n'est pas à proprement parler une pièce de théâtre (contrairement à la musique de scène pour la reprise d'Andromède). C'est à partir de la réédition dans le Mercure de France'', en 1681, de ce qui est devenu une oeuvre emblématique, qu'il habille les trois premières strophes de ces Stances - celles où se sentent le plus nettement la douleur amoureuse et l'hésitation, les deux dernières apportant la résolution.

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3. Texte et musique
Paul Agnew chante accompagné par les Arts Florissants dirigés par William Christie.


DON DIEGUE
Et ce fer que mon bras ne peut plus soutenir,
Je le remets au tien pour venger et punir.
Va contre un arrogant éprouver ton courage :
Ce n’est que dans le sang qu’on lave un tel outrage ;
Meurs, ou tue. Au surplus, pour ne te point flatter,
Je te donne à combattre un homme à redouter ;
Je l’ai vu, tout couvert de sang et de poussière,
Porter partout l’effroi dans une armée entière.
J’ai vu par sa valeur cent escadrons rompus ;
Et pour t’en dire encor quelque chose de plus,
Plus que brave soldat, plus que grand capitaine,
C’est…

DON RODRIGUE
. . . . . . . De grâce, achevez.

DON DIEGUE
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le père de Chimène.

DON RODRIGUE
Le...

DON DIEGUE
. . . . . . Ne réplique point, je connais ton amour,
Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour ;
Plus l’offenseur est cher, et plus grande est l’offense.
Enfin tu sais l’affront, et tu tiens la vengeance :
Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi ;
Montre-toi digne fils d’un père tel que moi.
Accablé des malheurs où le destin me range,
Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous venge.

Scène VI - Don Rodrigue

DON RODRIGUE
Percé jusques au fond du cœur
D’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d’une juste querelle,
Et malheureux objet d’une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue [3] 5
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
O Dieu ! l’étrange peine !
En cet affront mon père est l’offensé,
Et l’offenseur le père de Chimène ! 10

Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s’intéresse :
Il faut venger un père, et perdre une maîtresse ;
L’un m’anime le cœur, l’autre retient mon bras.
Réduit au triste choix, ou de trahir ma flamme, 15
Ou de vivre en infâme,
Des deux côtés mon mal est infini.
O Dieu ! l’étrange peine !
Faut-il laisser un affront impuni ?
Faut-il punir le père de Chimène ? 20

Père, maîtresse, honneur, amour,
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie :
L’un me rend malheureux, l’autre indigne du jour.
Cher et cruel espoir d’une âme généreuse, 25
Mais ensemble amoureuse,
Digne ennemi de mon plus grand bonheur,
Fer, qui causes ma peine,
M’es-tu donné pour venger mon honneur ?
M’es-tu donné pour perdre ma Chimène ? 30

Il vaut mieux courir au trépas ;
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu’à mon père :
J’attire en me vengeant sa haine et sa colère,
J’attire ses mépris en ne me vengeant pas.
A mon plus doux espoir l’un me rend infidèle, 35
Et l’autre indigne d’elle ;
Mon mal augmente à le vouloir guérir,
Tout redouble ma peine :
Allons, mon âme, et puisqu’il faut mourir,
Mourons du moins sans offenser Chimène. 40

Mourir sans tirer ma raison !
Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !
Endurer que l’Espagne impute à ma mémoire
D’avoir mal soutenu l’honneur de ma maison !
Respecter un amour dont mon âme égarée 45
Voit la perte assurée !
N’écoutons plus ce penser suborneur
Qui ne sert qu’à ma peine :
Allons, mon bras, sauvons du moins l’honneur,
Puisqu’après tout il faut perdre Chimène. 50

Oui, mon esprit s’était déçu :
Je dois tout à mon père avant qu’à ma maîtresse ;
Que je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je rendrai mon sang pur, comme je l’ai reçu.
Je m’accuse déjà de trop de négligence. 55
Courons à la vengeance,
Et, tout honteux d’avoir tant balancé,
Ne soyons plus en peine,
Puisqu’aujourd’hui mon père est offensé,
Si l’offenseur est père de Chimène ! 60

[Fin de l'acte I.]

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4. Structure

Chaque stance est traitée individuellement, selon un modèle d'air de tragédie ou un mouvement de cantate, mais de façon très continue et libre. La voix est seulement soutenue par le continuo, y compris dans la partie la plus proche de l'air, de façon à ne jamais concurrencer le texte.

La première (sans doute la plus belle) s'organise comme un récitatif, très mobile et expressif, fortement calqué sur le mouvement expressif du texte, parcouru de contradictions, de silences. Seul la seconde moitié du dernier quatrain est répétée, selon une habitude propre aux airs de la tragédie lyrique.

De façon très intégrée, à la française, la deuxième stance tient lieu d'air. Les répétitions de mots sont plus nombreuses, les lignes avant tout musicales - bien que très respectueuses du texte, imposant des accentuations qui ne sont pas dans le vers initial. Surtout, la tessiture devient beaucoup plus aiguë, une marque alors conventionnelle de l'héroïsme et du caractère exceptionnel, presque surnaturel des héros. La tension s'en accroît, ne serait-ce que par l'effet physique sur l'auditeur de la constriction des cordes vocales - cette tessiture-là n'est pas naturelle, y compris pour un ténor aigu.

La troisième revient à une forme moins mélodique, à nouveau entrecoupée d'hésitations, mais toujours haut placée, parcourue d'élans désespérés vers l'aigu. Elle retournant progressivement vers des hauteurs plus proches de la voix parlée, jusqu'à l'extinction de la délibération - sans réponse.

L'ensemble constitue un bijou à la fois sur le plan prosodique - extrêmement respectueux du texte, mais apportant de nouvelles informations - et sur le plan formel, une intégration parfaite d'un propos musical à un propos théâtral, avec des pointes qui favorisent tour à tour musique et théâtre, progressant vers l'une, régressant vers l'autre.

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5. Interprétations

Lire la suite.

Notes

[1] De ce point de vue, la musique répondait à une logique similaire à l'art pictural.

[2] Le terme a plusieurs sens, et peut aussi bien désigner un ensemble de vers « fermé » qu'un texte destiné à être chanté - ici, les rimes croisées interdisent la linéarité des rimes suivies propres au théâtre, suspendent en quelque sorte le cours du drame dans un univers plus poétique. Faute de temps, on n'a pas vérifié si le Cid disposait, dès 1636, de parties musicales, mais quelque savant lecteur nous renseignera à coup sûr sur ce point. En tout état de cause, il ne s'agissait pas de Marc-Antoine Charpentier (qui n'avait alors même pas vu la lumière du jour).

[3] La version discographique observe une autre leçon pour cet hémistiche : et ma force abattue.

Suite de la notule.

vendredi 21 novembre 2008

Musique en libre écoute - Franz LISZT - Via Crucis

Pour ceux de nos lecteurs qui souhaitent suivre notre série, l'écoute gratuite en ligne d'une bonne version est possible. Puisque nous sommes sur le point de publier un éloge du piano, restons-en à celle fraîchement parue de Brigitte Engerer (un très beau piano même si le choeur paraît modérément investi).

Disponible sur le site Musicme (inscription simple, gratuite... et utile).

jeudi 13 novembre 2008

Le disque du jour - XXIV - Béla Bartók, intégrale des quatuors à cordes (Keller)

Les quatuors de Béla Bartók peuvent rebuter par leur aspect extrêmement vindicatif et sombre - et, d'une certaine façon, très complexe et abstrait. La discographie regorge de témoignages rugueux très engagés.

Pour les esthètes aux oreilles sensibles, néanmoins, il existe des solutions alternatives.

Les plus lyriques pourront par exemple choisir le Quatuor Alban Berg. Malgré un son un petit peu léché et grisaille, il est ici donné une lecture très internationale de cet ensemble, qui n'esquive pas la violence, mais dans un cadre beaucoup plus formel et traditionnellement germanique - à mettre entre toutes les oreilles.

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Mais, chez les farfadets guyennais, ce seront les Keller qui pourront nous émouvoir le plus vivement. Avec un son très fin, légèrement pincé (sans être typé à la tchèque, bien entendu), mais s'arrêtant toujours au seuil de la stridence, ce quatuor spécialiste du vingtième Mitteleuropa livre une lecture rêveuse de ces monuments.

La véhémence en est assez fortement bannie, au profit d'une introspection qui, d'un certain point de vue, tient plus de Chostakovitch - hésitant entre lyrisme postromantique très sobre et pause méditative bien plus contemporaine.

Chaque phrasé y porte son but, et la délicatesse partout présente n'évacue pas non plus l'inquiétude et surtout l'intensité propres à cette musique.

Aux antipodes des brutalités habituelles, une autre modernité plus apaisée - et sans doute mieux comprise, plus profonde.

Il faut dire que, mieux que tout autre, le Quatuor Keller, fondé il y a vingt-et-un ans par quatre hongrois au Conservatoire Liszt de Budapest (András Keller, János Pilz, Zoltán Gál et Judit Szabó), est à même de percevoir et de reproduire la place fondamentale (et exacte) du folklore dans les mouvements les plus typés de ces six quatuors. Et de l'assimiler à leur connaissance intime du répertoire du vingtième siècle. Ils sont aussi les auteurs de la meilleure (et de la plus complète) intégrale Kurtág, où les mêmes qualités de clarté, rigueur, souplesse, lyrisme et poésie font merveille.

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Il faut ajouter que la lisibilité des lignes y est idéale (des voix saisissantes y naissent...) et que le tout se trouve publié chez Apex - donc disponible à prix ridicule (6€ les deux CDs sur Amazon Marketplace).

Pour convaincre les plus sceptiques ou parachever leur dégoût, vous pouvez entendre cette intégrale légalement sur CSS.

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Par ailleurs, rappelons que le meilleur de la musique de Bartók, tous genres confondus,

Suite de la notule.

samedi 1 novembre 2008

Carnet d'écoutes - Charles IVES, Symphonies 2 & 3 (Bernstein, New York)


Ives a toujours évoqué la vocation qui lui était venue en écoutant, depuis un clocher, les échos de fanfares distantes qui se mélangeaient. On retrouve ici, dans deux symphonies où dominent les cordes, un ton extrêmement joyeux et amène, qui semble recycler des souvenirs rêvés de réjouissances populaires - dans des tempi pourtant modérés.

Dans la Deuxième Symphonie, la plus célèbre du compositeur, après un troisième mouvement qui s'étale très plaisamment dans une contemplation à cordes (plus nourrissante que Central Park in the Dark ou The unanswered question), la fin de la dernière section, la seule dissonance ostensible de la partition, s'apparente à un pied de nez, qui rappelle l'origine de cette inspiration : le mélange d'interprétations déjà approximatives.

Bernstein se trouve bien sûr à son affaire dans l'intensité de ces nappes infinies de cordes. Et, en prime, nous gratifie de près d'un quart d'heure d'exégèse très accessible et suggestive.

Excellente prescription pour le moral : de la musique originale et assez joyeuse, comme on en rencontre peu au vingtième.

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N.B. : L'interprétation en question ainsi que l'entretien sont librement disponibles sur le site MusicMe.

jeudi 9 octobre 2008

[Musique en libre accès] Schreker, Kammersymphonie (Symphonie de chambre) - Eötvös

(Diffusion complète ci-après.)

1. Contexte

Composée en 1916-1917, la Symphonie de chambre de Franz Schreker, contemporaine de ses Gezeichneten, est à la fois d'une réelle modernité sans appartenir à l'avant-garde et l'une des oeuvres majeures laissées par le compositeur.

En effet, tout en s'inscrivant dans une recherche très impressionnante dans les harmonies et les textures, cette Kammersymphonie prolonge essentiellement le versant le plus lyrique (et sucré) du langage de Salomé et Elektra de Richard Strauss. Point cependant d'hésitation avec l'atonalité, ou de recherches polytonales.

On peut rappeler quelques dates pour remettre en contexte :

  • 1900 : « Minuit passe », premier des Clairs de lune d'Abel Decaux, pièce visionnaire qui s'émancipe assez complètement des fonctions tonales.
  • 1905 : Salome de Richard Strauss, avec déjà beaucoup de lyrisme inquiétant.
  • 1907 : Ébauche d’une nouvelle esthétique musicale, où Busoni annonce quelques-uns des traits marquants de l'évolution musicale des années à venir. On le sait, il est également le concepteur malheureux d'un système inachevé de microtonalité, incluant des microintervalles pour enrichir le système musical occidental. (Busoni était cependant, dans sa musique, moins audacieux qu'un Schreker.)
  • 1909 : Elektra de Richard Strauss, dont les épanchements lyriques inspirent sans doute grandement l'esthétique de Schreker, mais dont les moments les plus audacieux, dans la grande scène de Klytämestra au premier acte, ressortissent tout de bon à l'atonalité.
  • 1909 : Fünf Orchesterstücke (« Cinq Pièces pour orchestre ») Op.16 de Schönberg, où les fonctions tonales ne sont plus nettement sensibles.
  • 1909 : Erwartung de Schönberg, grand monologue dont l'écriture tient de l'atonalité libre.
  • 1911 : Petrouchka de Stravinsky, où la polyrythmie et l'inventivité bien assise dans la tonalité peuvent se comparer au goût de Schreker.
  • 1912 : Pierrot lunaire de Schönberg, son atonalité libre et sa tentative d'invention d'un nouveau mode d'expression verbale, entre parole et chant.
  • 1913 : Le Sacre du Printemps de Stravinsky, dans la conscience de la postérité, une sorte d'acte de naissance éclatant d'une modernité sensible d'abord aux textures, à la violence, à la polyrythmie.


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2. Aspects de l'oeuvre

On le constate rapidement ainsi : en 1917, Schreker, malgré les réceptions houleuses de ses opéras (plus liées aux problématiques de la morale personnelle et du désir exposées dans ses livrets), n'invente rien de majeur musicalement.

Il se situe cependant résolument du côté de l'esthétique des novateurs (car il existe une immense majorité de postromantiques à cette époque), et présente des aspects très personnels. En particulier cette capacité assez hors du commun à exprimer des affects mêlés, voire simultanément contradictoires - notamment grâce à des superposition d'accords, des hésitations de tonalité, des modulation nombreuses, des textures orchestrales antagonistes.
Son orchestration, à la fois limpide et riche, porte des mondes sonores à elle seule, varie à l'envi. Caractérisée notamment par l'emploi généreux de percussions claires (au timbre desquelles ont peut assimiler le célesta), versatile, elle accompagne les changements de climats incessants de l'harmonie par le choc de textures diverses et harmonieuses.

La symphonie, en un seul mouvement, développe ainsi une multitude de microclimats successifs ou simultanés, fondés sur des motifs communs mais des tonalités et des instrumentations très contrastées.

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3. Format

Composée pour 23 instruments, comprenant 7 instruments à vents, 11 cordes, harpe, célesta, harmonium, piano, timbales et percussions, la pièce tient en un seul mouvement. La légèreté de la formation de cordes n'interdit pas une véritable ampleur par le savoir-faire remarquable de l'orchestrateur. Ce goût pour le réduit s'inscrit à la fois dans les expérimentations intellectuelles du temps (où l'on cherchait à découvrir des domaines sous-explorés auparavant) et dans les nécessité pratiques de la création d'oeuvres pour des novateurs prolifiques. Il était ainsi possible de se réunir entre amis, voire de mandater quelques musiciens pour compléter, et de les jouer dans un cadre privé ou semi-privé. C'est la raison d'être, plus encore que la recherche esthétique, des (géniales) réductions de Schönberg (par exemple pour les Lieder eines fahrenden Gesellen de Mahler ainsi que son Chant de la Terre), plus éloquentes encore que les originaux.

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4. Ecouter l'oeuvre intégrale

Grâce aux sites jiwa.fr et deezer.com, on peut écouter légalement certains disques non libres de droits en intégralité. C'est ce qui motive grandement la présente notule, qui sera plus parlante confrontée à l'audition - avec quelques repères et parallèles que nous fournissons.

C'est en outre la meilleure version que nous ayons entendue qui est ici proposée.

Suite de la notule.

mercredi 1 octobre 2008

... et en français


La version originale du duo, moins ardente sous la baguette de Carlo Rizzi, mais très élégante, respectueuse du style français.

(Jerry Hadley en Henri, Thomas Hampson en Montfort)

mardi 30 septembre 2008

Avant-bouche

Faute de temps pour terminer ce soir l'un des nombreux articles en court de réalisation, un avant-goût de ce nous comptons vous communiquer bientôt en entier.

La plate-forme Deezer ayant passé des accords avec les ayants droit (éditeurs et SACEM), il est loisible de proposer, légalement, leur catalogue sur des sites personnels (il demeure simplement défendu d'enregistrer le flux). On pourra revenir sur les limites éthiques et les enjeux culturels et économiques de l'opération - qui ouvre bien des possibilités pour CSS.

Aujourd'hui, ce sera juste piquer la curiosité, avec une oeuvre assez peu appréciée des verdiens, et inconnue des autres.

Il faut dire - mais c'est un secret - qu'elle est imitée de... Meyerbeer. (Comme quoi, lorsqu'on y met de la bonne volonté, le génie d'une pièce s'explique aisément.)


Ici, vous entendez un duo d'affrontement (à l'acte I, seul l'un des deux connaît le lien de parenté qui les unit) ; une scène de réjouissances à la faveur de noces, bientôt le théâtre d'une révolte politique ; enfin un ballet évoquant les Quatre Saisons (de l'Hiver au Printemps). Quelques moments choisis pour mettre en appétit, juste ce qu'il faut.

Je crois qu'il est inutile de souligner l'investissement assez exceptionnel des interprètes, et, au premier chef, de l'orchestre.

Suite de la notule.

mardi 5 août 2008

Musique, domaine public - XLII - Yves (Nat) spielt auf

Aujourd'hui, pour reprendre le fil de nos enregistrements du domaine public, une petite collection de piano solo par Yves Nat.

Il faut recommander la fougue et la plénitude sonore (paradoxale, vu la saleté relative de son jeu) de sa Première Sonate de Beethoven, ou bien la folie poétique de sa Première Rhapsodie de Brahms, assez inapprochable, mais nous n'en disposons pas présentement.

Au programme, donc, par l'ordre alphabétique selon lequel les pièces apparaissent sur le serveur :


Beethoven, Quatorzième Sonate

Celle sous-titrée Clair de Lune par l'éditeur. Evidemment, la rondeur du son fait merveille dans la rêverie ratiocinante du premier mouvement. Le deuxième, sorte de Fanfarinette modérément grotesque, une feste galante raisonnablement claudicante, gagne en plastique captivante ce qu'elle perd en exactitude rythmique (précieuse ici, pour le rebond dansant).
La course à l'abîme du dernier mouvement, loin des chevauchées de la Lenore, demeure largement méditatif, bien plus que déchaîné, en évitant les paroxysmes et en profitant de chaque temps de pause pour s'étendre tout à loisir.

Suite de la notule.

mercredi 9 juillet 2008

Réouverture d'IMSLP

Voilà deux semaines que rouvrait IMSLP, site essentiel dont nous parlions dans notre liste de partitions.

CSS regrette un peu l'incurie de la législation qui s'est lue dans les forums de redémarrage (au diable, si les autres pays sont plus protecteurs, tant que nous ne risqusons rien !) ; cela dit, que la force des menaces (évidemment, il s'agissait d'intimider autant que possible, puisque juridiquement, il n'y avait manifestement pas matière, et que la diffusion de partitions du domaine public fait du mal aux éditeurs) et la protection anormalement longue des droits d'auteurs (perdurant après la mort pour protéger la veuve, mais elle peut bien avoir moins de vingt ans au moment du décès, elle en aura pour largement plus qu'une vie à les toucher) provoquent une réaction épidermiquement hostile de la part des concepteurs du site, c'est compréhensible. Surtout que leur engagement bénévole tient précisément dans la mise à disposition d'un patrimoine culturel. Désaccord structurel très prévisible, donc.

Bref, aujourd'hui, chaque document comporte une mention des droits, ce qui permet à chacun de savoir ce qu'il peut charger ou non. Je suis plutôt sceptique sur l'efficacité de ces avertissements bien formels, mais même dans le cadre restrictif du droit européen (le pompon revenant à la législation française), ce site contient de très nombreuses merveilles indispensables ou raretés précieuses.

lundi 7 juillet 2008

Enregistrements, domaine public - XLI - Max REGER, Quatre poèmes musicaux d'après Böcklin (Abendroth, Concertgebouw)

Vier Tondichtungen nach Arnold Böcklin Op.128

Chacun de ces quatre poèmes en musique s'attache à un tableau précis.

1. Der Geigende Eremit

L'Ermite au violon. (Huile sur toile de 1884.)

Une très paisible mélodie pour violon soliste, aux contours, comme souvent chez Reger, à la fois évidents (très peu d'accords enrichis, essentiellement des accords parfaits de trois sons) et fuyant la mémoire. Ce tempo très lent, cette orchestration dans le grave portent avec eux une profondeur singulière pour une pièce concertante.
L'atmosphère n'en est cependant pas spécifiquement religieuse ni même mystique, plutôt d'une naïveté recueillie.

Durée : 9 minutes.

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2. Im Spiel der Wellen

Dans le jeux des vagues. (Huile sur toile de 1880.)

Suite de la notule.

mercredi 25 juin 2008

Enregistrements, domaine public - LX - Beethoven, Deuxième Symphonie - Mengelberg / Concertgebouw

Voilà fort longtemps que les lutins, faute de temps, ont préféré se concentrer sur des notices un peu plus proches des oeuvres que sur des présentations d'enregistrements du domaine public. En principe, nous n'étions pas censés les commenter abondamment, mais enfin, quelle serait la plus-value de CSS s'il s'agissait simplement de charger des documents déjà disponibles en médiathèque ou à petit prix dans le commerce ?

Revoici donc une petite contribution à notre fonds du domaine public, avec la Deuxième Symphonie de Beethoven - notre favorite, du moins si l'on considère que la Cinquième n'est plus audible à force de l'avoir trop entendue, mais il s'agit d'un authentique chef-d'oeuvre de premier ordre.

Vous l'entendrez ici dans une version d'une sauvagerie ravissante, avec les détachés omniprésents, si caractéristiques du style de Mengelberg, qui conviennent à merveille à l'écriture par motifs brefs de Beethoven. CSS ne peut qu'être très sensible à la présence très forte des bois dans cette lecture, ou bien à l'urgence avec laquelle les petites figures y sont traitées.

La prise de son, d'une grande présence, rend assez bien les sensations d'impact en concert, très loin des fresques léchées et un peu abstraites que nous proposent les prises de son Decca.

Suite de la notule.

dimanche 4 mai 2008

Medici - vidéos commerciales en libre accès jusqu'au 15 mai

Avant son passage en « vidéo à la demande » (système payant), le site - dont nous avions déjà signalé les diffusions du festival de Verbier, dont un récital de norvégiens et suédois rares par von Otter et Forsberg - laisse ses archives ouvertes librement à la consultation :

Suite de la notule.

vendredi 2 mai 2008

[Vidéos] Master class (Le Roux) et répétition (van Dam) autour de Duparc

Puisque nous parlons de Duparc ces jours-ci, voici deux courtes vidéos qui feront écho à la discographie en préparation.

Suite de la notule.

jeudi 24 avril 2008

Musique libre de droits - XXXIX - Nouveau site et lieder d'Ernst Křenek

Il suffit de s'inscrire gratuitement sur ce site pour accéder à des archives radio. Avec des raretés passionnantes, notamment ce concert de lieder d'Ernst Křenek (surtout connu pour son opéra Johnny spielt auf, publié par Decca dans la défunte collection 'Entartete Musik').

Mis à part [1], son cycle un peu emblématique Durch die Nacht, à la tonalité très distendue et aux couleurs étranges, on dispose aujourd'hui de très peu de choses. Cette sélection originale n'en est que plus bienvenue.

De surcroît :

  • on dispose d'une introduction (en anglais) aux oeuvres ;
  • le son est très bon, pas un flux de qualité ridicule ;
  • il est possible de 'débobiner' très facilement, sans attente de rechargement, de façon à passer une explication déjà entendue ou à se rendre directement sur une pièce précise ;
  • les pages de présentation des concerts, présentent des tags, c'est-à-dire des liens thématiques, qui permettent de lister tous les concerts archivés pour un compositeur, un interprète, un genre donnés.


Bref, un site un peu exceptionnel.

Lire la suite.

Notes

[1] Enfin, façon de parler : je ne crois même pas qu'il ait été retenu dans le disque consacré aux compositeurs 'dégénérés' issu des concerts-marathon de Salzbourg (avec Wolfram Rieger et notamment au chant Melanie Diener et Thomas Hampson).

Suite de la notule.

mercredi 16 avril 2008

Enregistrements, domaine public - XXXVIII - César FRANCK, Variations symphoniques - Hengeveld, Beinum, Concertgebouw

Dans l'attente de publications plus consistantes (en cours de réalisation) de la part de CSS, voici toujours quelques amusettes pour passer le temps.

Une oeuvre de premier ordre de César Franck, les Variations symphoniques, où un piano soliste s'intègre parfaitement au tissu orchestral - une vision du concertant ensemble et non contre.

L'oeuvre, qui penche du côté de l'esthétique germanique (plus de "forme" que de "programme", pour faire très vite), n'est plus guère donnée à ce qu'il semble.

Suite de la notule.

jeudi 13 mars 2008

Musique libre de droits - XXXVII - Préludes Op.11 de Scriabine

Deux avantages notables par rapport à la plupart des enregistrements libres de droits autour de Scriabine :

  • Enregistrement récent mis gracieusement à disposition. Dans un très bon son.
  • Grande clarté du discours, pédale très parcimonieuse. (L'habitude est plutôt à l'échevelé dans les enregistrements historiques d'oeuvres de Scriabine, avec beaucoup d'opacités passagères et généralement quelques pains.)


Suite de la notule.

mardi 11 mars 2008

Musique libre de droits - XXXVI - Airs pour théorbe & voix : le lied à l'ancienne

Un récital idéalement intimiste, sans les effectifs généreux des "restituteurs à l'ancienne" aux couleurs souvent splendides et ostentatoires - et régulièrement de premier intérêt, comme la poésie sonore de Dumestre ou le folklore réinventé de Pluhar. Ici, à l'essentiel.

Caccini, Mazzochi, Lully et Purcell pour la partie vocale. Kapsberger et Hotman pour la partie instrumentale.

Suite de la notule.

samedi 8 mars 2008

Musique libre de droits - XXXV - Ludwig van BEETHOVEN, Grosse Fuge Op.133 - Leipziger Streichquartett (vidéo)

Oeuvre et interprétation de premier choix. Assorti de divers commentaires farfadesques, du répertoire et de la discographie de la formation. (Qui dispose même d'un carnet.)

Suite de la notule.

mercredi 20 février 2008

Enregistrements, domaine public - XXXIV - César FRANCK, Symphonie - Guido Cantelli

Nous signalions sur le carnet de l'autre côté du miroir une interprétation remarquable - et même franchement exemplaire - de la Symphonie en ré mineur de César Franck, souvent (pour ne pas dire plus) noyée sous des masses orchestrales éhontément hédonistes et vaguement pachydermiques.

Rien de tout cela avec Guido Cantelli.

Suite de la notule.

dimanche 10 février 2008

Enregistrements, domaine public - XXXIII - Rudi STEPHAN, Musik für Geige und Orchester

Musique pour violon et orchestre.

Kulenkampff, Otterloo, Concertgebouw.

Un des tout plus beaux concertos du répertoire. Et par les meilleurs interprètes qu'on puisse imaginer.

Suite de la notule.

dimanche 3 février 2008

Enregistrements, domaine public - XXXII - Germaine Lubin dans Weber, Wagner et Reyer (tout en français)


Germaine Lubin est réputée comme la gloire du chant wagnérien entre les deux guerres, l'Isolde inégalée, qu'elle chanta à Bayreuth avec Lorenz sous la direction de Sabata.

Aussi, CSS s'est fait un devoir de permettre à ses lecteurs de l'entendre dans quelques-uns des témoignages qui ont subsisté.

(Surtout, avouerons-nous, les commentaires à faire sont minces, ce qui nous épargne un temps précieux pour la préparation d'autres notes un peu plus profondes que des jeux puérils de reconnaissance à l'aveugle, n'est-ce pas...).

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Que dire ?

1. Répertoire intégral de Germaine Lubin

Ces airs d'opéras sont enregistrés par Germaine Lubin entre 1929 et 1930. Parmi eux, également un Gounod dont nous ne disposons pas, et deux extraits de Tosca de Puccini (non libres de droits, bien que composés en 1899 et créés en 1900...).

Suite de la notule.

mercredi 23 janvier 2008

Musique, domaine public - XXXI - Franz SCHUBERT, Die Winterreise - Dietrich FISCHER-DIESKAU, Hertha KLUST (1953)

Nous avions annoncé que nous évitions les doublons dans cette rubrique, afin de brasser le plus de répertoire possible. Cependant, pour prévenir une demande, voici qui fait pendant à une autre conception de jeune chanteur, totalement opposée (très homogène, jouant essentiellement sur le timbre ample et l'émotion lassée), celle de Hans Hotter et Michael Raucheisen en 1943.

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Fischer-Dieskau tout jeune, capté de très près. Moins abattu que chez Moore I (1955), moins lyrique qu'à Prades (1955), moins pensé que chez Moore II (1962), moins chantant que chez Demus (1965), moins recueilli que chez Perahia (1990), ce n'est sans doute pas le meilleur témoignage, mais il se place sans peine devant les collaborations avec Moore III (1971), Barenboim (1979) et Brendel (1985).

Comme chez Klaus Billing (1948 !), où la voix est étonnamment claire (quasiment à se demander s'il n'adopte pas les tonalités originales...), la conception n'a pas encore la cohérence extrême et la profondeur abyssale auxquelles elle parviendra dès 1955. Voisinent ici, étrangement, un lyrisme naïf des débuts (legato extrême un peu répandu) et l'expressionnisme forcené des années soixante-dix (quelques phrases détachées). Cependant le timbre et l'expression sont déjà pleinement bouleversants : si nous ne connaissions pas ses autres enregistrements, nous considèrerions ceci comme un jalon majeur.
L'impact vocal, permanent, est sidérant.

Le son du piano de Hertha Klust (qui aurait, semble-t-il, à moins que ce ne soit quelque homonyme, chanté Inès dans le Trouvère de Verdi en 1929...) paraît très gourd, étouffé, comme un piano droit sous une couverture. Sans être profondément inspirée, elle se montre extrêmement attentive aux intentions du chanteur, et sensible au ton. Le toucher est donc peut-être mécanique [1], mais jamais indifférent au texte.

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Les autres versions DFD libres de droits sont Billing (avec un meilleur piano, mais nous ne l'avons pas sous la main) et Moore I (toujours distribuée par EMI à petit prix, et largement connue). Celle de Prades en 1955 ne l'est vraisemblablement pas, puisqu'il semble que le concert n'a pas été radiodiffusé, et que l'INA n'offre cette archive qu'aujourd'hui.

Pour charger (via Mediafire, pas de limitation en nombre de réception) :

Notes

[1] Que celui qui n'a pas songé aux pianos à rouleaux lève la main !

Suite de la notule.

samedi 19 janvier 2008

Enregistrements, domaine public - XXX - Verdi, La Forza del Destino - Schmidt-Isserstedt - Martinis, Mödl, Schock, Metternich, Frick (en allemand)

La Forza del Destino ossia Die Macht des Schicksals.

Une version exceptionnelle, libre de droits et dans un excellent son.

Dûment introduite par nos soins.

Suite de la notule.

dimanche 30 décembre 2007

Enregistrements, domaine public - XXIX - Tchaïkovsky - SYMPHONIE n°4 - van Beinum, Concertgebouw

CSS thésaurise depuis un bon moment des enregistrements libres de droits du Concertgebouw des années trente à cinquante. Nous souhaitions le proposer, comme il en fut pour Mahler et pour Wagner, en anthologie - éventuellement limitée aux témoignages de Beinum -, mais le répertoire devient si immense, et contient de tels bijoux, qu'il ne nous est plus possible de le proposer en une fois.

Ainsi, en écho à notre satisfaction de rencontrer une version de la Quatrième Symphonie de Tchaïkovsky à notre goût énoncée sur Diaire sur sol, en voici une autre qui nous séduit au moins autant. Mais celle-ci libre de droits.

Description et mise à disposition sur nos serveurs.

Suite de la notule.

lundi 24 décembre 2007

Enregistrements, domaine public - XXVIII - Jean-Jacques ROUSSEAU, Le Devin du Village - Louis de Froment (Mesplé, Gedda, Roux)

Afin d'illustrer notre brève généralité sur Rousseau (juillet 2006), voici une fort belle version du domaine public, enregistrée en avril 1956, admirablement chantée.

Suite de la notule.

dimanche 23 décembre 2007

Quelles sont les règles pour déterminer si un enregistrement est libre de droits / dans le domaine public ?

Pour cela, voir dans la rubrique Astuces de CSS.

jeudi 20 décembre 2007

Enregistrements, domaine public - XXVII - Antonín DVOŘÁK, Concerto pour violoncelle (Leonard Rose, Artur Rodziński, NYPO)

CSS imagine à présent qu'ayant digéré l'ensemble des oeuvres de Mahler et Wagner proposées à l'écoute, on trouvera nos lecteurs tout disposés à souffrir quelques nouvelles friandises.

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Le concerto pour violoncelle de Dvořák représente un petit bijou rhapsodique, dont les mérites sont bien connus, pilier incontournable du répertoire de l'instrument.

Des thématiques folkloriques s'y enfilent, s'y prolongent, tout à tour sur le mode lyrique, le mode dansant, le mode élégiaque.

De ce point de vue, le premier et le troisième mouvement semblent se répondre - ce dernier semblant un écho animé et dansant de l'esprit plus mélancoliquement contemplatif d'un premier mouvement comme abîmé dans la contemplation de paysages démesurés et inviolés.

La richesse de la section initiale est sans doute supérieure aux deux autres, par sa variété de ton, qui produit avec un sens stupéfiant de la transition les mutations du thème, exposé sans ostentation au travers d'un grand nombre d'affects différents. On ne s'étend pas sur le dernier mouvement qui est son pendant évident, en légèrement plus bref (hélas) et plus vif.
Le deuxième mouvement se montre, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, d'une grande pudeur de ton, malgré les épanchements écrits. Son discours si modeste semblerait même, lors de l'écoute rapide, étonnamment discret, presque insaisissable thématiquement - ce que l'écoute attentive dément vigoureusement, bien entendu. Sans doute sera-ce en raison du partage très généreux avec l'orchestre - le soliste s'y trouve constamment soutenu par des contrechants très audibles, notamment aux bois. Ou peut-être également par contraste avec l'expansivité exceptionnelle des deux autres parties - ce qui semblerait un mouvement lent éloquent ou émouvant dans un autre concerto pourrait alors paraître dans celui-ci comme doté d'une honnête réserve.

Chef-d'oeuvre, donc. Que les lutins de CSS livreront ainsi avant Noël.

Suite de la notule.

samedi 15 décembre 2007

[Libre diffusion] Etienne Nicolas MEHUL, Kent Nagano et l'OSM

Une série de concerts proposés à la réécoute sur le site de la radio canadienne.

On y trouve quelques raretés, notamment la Première Symphonie de Méhul. Considérant la comparaison récurrente (et pas dépourvue de fondement) avec Beethoven [1], l'expérience sera intéressante pour qui voudra s'en faire une idée.

On entend ces concerts ici.




[1] Tous deux se situent à l'exacte charnière du classicisme et du romantisme. Beethoven, encore classique avec sa musique de chambre et ses concertos, mais tout de bon romantique avec ses symphonies et son opéra (pour faire très vite) ; Méhul, encore classique avec ses opéras comiques (et opéras-comiques), mais déployant des couleurs et des affects déjà ailleurs avec son Joseph en Egypte.

Chez les deux, des formes héritées (le concerto, la sonate de chambre chez le premier ; l'opéra comique de Dauvergne, Philidor, puis Monsigny et Grétry chez le second) qui peuvent être traités avec une couleur mélancolique et une gravité inusitées.

De même que chez Beethoven, le Joseph de Grétry trouble une grammaire qui demeure classique, mais se pique à l'occasion de grandeur, mêle simultanément les sentiments simples du discours classique, introduit une mélancolie véritable et non plus putative dans le ton.

mardi 11 décembre 2007

Heinrich August MARSCHNER - Hans Heiling - Joseph Keilberth (avec Hermann Prey) ; Grand Trio n°7 ; Der König in Thule (Bär / Deutsch)

Ce soir à partir de 19 heures, soirée Marschner sur France Vivace.

Non que ce soit une programmation plus excitante que le tout-venant de Vivace, toujours très stimulant, mais il en avait été question sur CSS - ce sera l'occasion de prolonger.

Les deux autres opéras les plus célèbres de Marschner, Hans Heiling (version Keilberth, avec Hermann Prey), et l'Ouverture de Der Templer und die Jüdin (« Le Templier et la Juive »). Le Grand Trio n°7 (Op. 167). Et deux lieder, dont un Roi de Thulé (par Olaf Bär et Helmut Deutsch).

Le livret de Hans Heiling est disponible sur la Toile, mais sans traduction :

Un montage avec Babelfish est toujours possible, mais jamais très probant...




Pour ceux qui ne seraient à l'écoute en temps et en heure pour Hans Heiling (qui n'est ni le plus rare, ni le plus piquant, ni le mieux exécuté de cette soirée), le rattrapage est possible à tout moment grâce à Opera Today qui propose en permanence la même version. [Lisible avec Winamp sur PC, ou VLC pour tous systèmes d'exploitation.]




En revanche, toujours dans la veine fantastique, CSS avait proposé au téléchargement son opéra le plus célèbre, Der Vampyr, mais avec bien entendu la possibilité de consulter un livret bilingue germanique / roman.

Auparavant, nous avions brièvement commenté cet opéra par la marge.

samedi 24 novembre 2007

Enregistrements, domaine public - XXVI - Richard WAGNER, les opéras de la maturité

Toujours dans la même visée méthodique et si possible pédagogique, Carnets sur sol vous propose aujourd'hui un petit corpus d'oeuvres à découvrir, le plus complet possible sur un compositeur donné.

Evidemment, pour Wagner, il existe plus que partout ailleurs des enregistrements légendaires dans le domaine public - nous avons tâché d'en sélectionner les plus édifiants. Cependant, aucun des trois opéras de jeunesse et rien de ses lieder (Wesendonck exceptés) ou travaux instrumentaux ne sont disponibles dans la période qui nous est autorisée, avant 1957. Hors Die Feen et Das Liebesverbot, ce ne sont pas des oeuvres majeures (voire franchement médiocres), en tout état de cause, même si l'oeuvre pour piano est dotée d'un grand charme - quelque part entre Beethoven et le meilleur Czerny. Nous vous recommandons volontiers la belle intégrale pour piano en deux volumes par Stephan Möller.

Pour le reste (à savoir les dix opéras de la maturité), voici. Nous réservons pour plus tard les Wesendonck, quelques récitals importants et nos habituelles fantaisies linguistiques.

Suite de la notule.

mardi 20 novembre 2007

Enregistrements, domaine public - XXV - quelques Faust libres (de droits) : Gounod et la Damnation de Berlioz

Cette entrée se trouve dans la section Faust, ici précisément.

mardi 30 octobre 2007

[Sélection CSS] Musique, domaine public - XXIV – Gustav MAHLER, un panorama choisi

(ossia la sélection des Lutins)

Il y a quelque temps déjà, CSS avait proposé une succincte introduction à l’œuvre de Mahler – différant de la sorte le plat de résistance si intimidant, les vrais chef-d’œuvre du corpus (entendez les lieder de Madame) –, qui se répartissait en plusieurs entrées :

=> Mahler, caractéristiques générales ;
=> Mahler, les lieder ;
=> Mahler, les symphonies ;
=> Mahler, présentation de ''Das Lied von der Erde'' (un genre problématique) ;
=> Ecriture liederistique de Gustav Mahler.




Afin de pouvoir, parallèlement à ces propos, procurer une petite vision d’ensemble, et comme, à coups d’un enregistrement par semaine, nous n’écoulerons jamais notre camelote, voici donc le plus large panorama libre de droits de la musique de Mahler que nous ayons pu rassembler.

Nous avons fait le choix de ne pas doublonner les enregistrements, afin de proposer une sélection d’enregistrements intéressants, plutôt qu’une avalanche indécidable de témoignages qui incitent plus à la comparaison sans fin qu’à l’écoute des bandes pour elles-mêmes.

Mais, si besoin, nous disposons entre crochets les autres références dont nous disposons, si d’aventure il se trouve des souhaits précis…




Comme ces propos généraux sur un pilier du répertoire n'avaient sans doute pas été fort utile aux fidèles lecteurs de CSS, qu'ils y gagnent à tout le moins quelques perles. Et pour les autres, bonne découverte !

Suite de la notule.

dimanche 28 octobre 2007

Musique, domaine public - XXIII - Claude DEBUSSY - Iberia, Prélude à l'après-midi d'un faune, La Mer - Arturo Toscanini, NBC

Puisque, devant l'abondance audiovisuelle la semaine passée, égayée par nos petits bricolages autour de Landi ou nos recommandations ramistes, nous avions renoncé à ajouter une couche de domaine public, voici le petit amusement pour la semaine prochaine.

Pour l'instant, on s'efforce d'éviter les doublons, afin de proposer un petit fonds d'oeuvres dans des versions choisies, à un assez haut degré d'exceptionnel.

Suite de la notule.

mercredi 24 octobre 2007

[Vidéo en libre service] Jean-Philippe RAMEAU - Motets - Hervé Niquet, Le Concert Spirituel

Une captation du 14 octobre dernier à l'occasion du fastueux anniversaire du Centre de Musique Baroque de Versailles. (CMBV. Valable jusqu'au 27 octobre.)

Hervé Niquet et Le Concert Spirituel, dont on a mainte fois chanté les louanges sur CSS, pour leur fondu instrumental magnifique, leur continuo invraisemblable (les théorbes en particulier), l'urgence dramatique qui s'exhale de chacune de leurs interventions, la finition intellectuelle et technique du résultat, proposaient deux motets célèbres de Jean-Philippe Rameau, In convertendo et Quam dilecta, avec notamment le tissu doux de Stéphanie Révidat et l'élégance discrète de Mathias Vidal (très mal captés ici, entendus seulement via la réverbération arrière, panne de micro semble-t-il).

La volupté sonore qui séduit à l'opéra nous convainc toujours moins que les raffinements de Christie pour ce répertoire de musique sacrée française qui y perd peut-être en solennité, en ferveur, en incisivité. Mais on aurait tort de bouder son plaisir devant tant de largesses - surtout que les moments tendres sont très touchants.

Ces pièces de Rameau, antérieures à ses opéras, sont interprétées, outre les forces du Concert Spirituel, orchestre et choeurs, par les dessus Stéphanie Révidat et Hanna Bayodi, la haute-contre Mathias Vidal, la taille Marc Mauillon - dont la voix légère, quasiment naturelle, blanchit un peu vite - et la basse-taille Stephan MacLeod.

Suite de la notule.

dimanche 21 octobre 2007

Astuce : Stefano LANDI, Il Sant'Alessio - William Christie, Benjamin Lazar [vidéo]

Astuce en exclusivité, rien de moins, sur CSS : ceux qui n'ont pas eu le loisir de visionner l'opéra en fin de semaine peuvent encore le faire grâce à notre vigilance. [Soit dit en toute modestie.]

Suite de la notule.

mardi 16 octobre 2007

Musique en libre écoute – Vidéos intégrales du concours des jeunes chefs de Besançon

Via Bra, CSS découvre que les épreuves sont consultables intégralement (moyennant inscription avec adresse de courriel valide) sur le site Micmacmusic.

Les œuvres jouées semblent appétissantes, mais chez les lutins, le son plante après la première minute, hélas.

Si vous pouvez en profiter, régalez-vous donc, ce sera consultable jusqu’au 30 octobre, en principe.

samedi 13 octobre 2007

Musique, domaine public - XXII - Hector BERLIOZ, Harold en Italie - Arturo Toscanini

Tiré du concert du 29 novembre 1953 avec la NBC, voici un témoignage du meilleur Toscanini, toujours avec cette sècheresse, mais terriblement claquante, qui électrise totalement Berlioz.

C'est la sélection du domaine public de cette semaine sur CSS.

Suite de la notule.

samedi 6 octobre 2007

Enregistrements, domaine public - XXI - Richard WAGNER, Der Fliegende Holländer (Le Vaisseau Fantôme) - Schüchter, NDR Hambourg 1951 - Werth, Hotter, Böhme, Aldenhoff

Nous poursuivons la série wagnérienne avec ce bijou.

Adresse(s) du livret bilingue :
- en italien
- en espagnol
- en anglais

Pour les râleurs (il s'en trouve toujours beaucoup dans ces cas-là), il est théoriquement possible d'obtenir copie PDF des livrets sur demande au site d'EMI. Or la version Klemperer éditée par EMI contient une version française du livret.

Suite de la notule.

dimanche 30 septembre 2007

Enregistrements, domaine public - XX - Jules Massenet, Werther - Cohen 1931 (Thill, Vallin)

Voici les vivres de la semaine, le légendaire enregistrement de Werther par Georges Thill et Ninon Vallin. Sous la direction d'Elie Cohen, à la Tête de l'Orchestre du Théâtre Nation de l'Opéra-Comique (choeurs d'enfants de la Cantoria), enregistré en mars 1931. (Le son en est tout à fait bon.)

On y entendra des réflexes interprétatifs qui diffèrent des standards actuels, et toujours cet étrange décalage entre la diction parfaite et une certaine réserve interprétative (on ne considérait pas l'opéra sous l'angle intellectuel qui prévaut aujourd'hui). [1]

Une version en tout état de cause assez fascinante.

Notes

[1] On peut se reporter à notre réflexion précédente sur le sujet.

Suite de la notule.

samedi 22 septembre 2007

Enregistrements, domaine public - XIX - Vaste récital Rosa Ponselle (lied, mélodie, songs, opéra)

Tandis que nous préparons activement d'autres festivités, voici de quoi s'amuser auditivement pour cette semaine.

Trois disques réaslisés pour le label RCA Victor, à la fin de la carrière de Rosa Ponselle, dont les Bellini et Verdi nous sont sans doute les mieux connus. On peut penser notamment à sa Leonora de la Forza del destino, d'une intensité émotionnelle sans pareille.

Ici, un récital avec certaines raretés, trois disques enregistrés en 1939 et 1954. On peut citer notamment des mélodies françaises (Fontenailles, Persico, Delibes, Saint-Saëns et même Paladilhe[1]), italiennes (Wolf-Ferrari) et espagnoles (Granados notamment) peu pratiquées, des extraits d'opéras qui ne sont plus donnés (comme la Molinara de Paisiello, sans doute plus connue pour ses variations sur clavier par Beethoven). Du lied (plutôt célèbre, mais avec des exceptions), des songs, des pièces plus populaires... un éventail impressionnant de son art.

Dans un son tout à fait bon.

Notes

[1] Auteur tardif de Grands Opéras à la française qu'on ne joue plus du tout, comme l'imposant Patrie, jamais enregistré, qui a pourtant pour lui des charmes au moins égaux aux meilleurs Halévy, avec une construction d'un rythme plus élevé. Et un peu plus d'humour.

Suite de la notule.

David Le Marrec


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