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Le contre-ténor et la haute-contre

Suivi d'une classification des voix à l'époque baroque.

Nombre d'ouvrages de vulgarisation effectuent une confusion assez grossière entre contre-ténor et haute-contre, si bien que bon nombre d'amateurs, y compris éclairés, ne savent plus où donner de la tête.

Mettons simplement les choses en place.

Entre le type d'émission et le répertoire, il est impossible de se tromper après lecture de cette note !


Certes, il s'agit de deux voix d'homme, aiguës, essentiellement utilisées en musique baroque. Mais à part cela...


En une phrase :

La différence est très simple : la haute-contre est un ténor aigu (avec voix mixte) du répertoire baroque français, tandis que le contre-ténor est un falsettiste.


Le contre-ténor est un chanteur qui utilise la voix de fausset (également appelée voix de tête). On peut dire aussi « falsettiste », qui a l'avantage de la clarté. Ce chanteur peut être à l'origine ténor ou baryton, peu importe.
Il y a différentes tessitures en effet chez le contre-ténor : on parle surtout de l'alto et du mezzo-soprano (appelés « altiste » et « sopraniste »). On le trouve beaucoup dans la musique italienne du XVIIIe siècle, surtout dans la musique religieuse ou dans les seconds rôles d'opéra. Un peu dans certains opéras contemporains - depuis Britten ayant écrit pour Deller, le redécouvreur de cette voix, le rôle d'Obéron du Songe d'une Nuit d'Eté.
Exemples : Alfred Deller, Paul Esswood, Andreas Scholl, Bejun Mehta, David Daniels, Philippe Jaroussky, etc.

Attention, les castrats avaient une voix plus puissante, plus proche de la voix de femme, et ne chantaient pas forcément en fausset. On les remplace aujourd'hui par des contre-ténors pour chanter les opéras de Haendel, pour des affaires de vraisemblance contemporaine (un homme ne saurait être chanté par une femme), mais ce choix n'a rien d'authentique, leur voix n'est pas la même, seule leur tessiture est à peu près semblable [1].
Contrairement aux mezzos et contraltos qui ont toujours alterné avec les castrats dans ces rôles.


La haute-contre est un ténor, vraiment un ténor. Un ténor qui a une tessiture assez élevée (souvent des phrases à tenir entre l'ut3 et le sol3 sans tension), un timbre assez doux. Il doit savoir utiliser la voix mixte (mélange de voix de poitrine et de voix de tête).
Il est essentiellement utilisé pour chanter les héros de la tragédie lyrique française des XVIIe et XVIIIe siècle, un sujet souvent abordé ici. On n'en rencontre plus d'emplois depuis, y compris dans la musique contemporaine.
Exemples : Howard Crook et Cyril Auvity en sont probablement les deux meilleurs représentants. Disques recommandés : Phaëton de Lully par Minkowski pour le premier, _Callirhoé_ de Destouches par Niquet pour le second.

Précisons qu'on trouve aussi un autre type de ténor, en France, essentiellement utilisé dans la musique religieuse : la voix de taille, un ténor grave à la couleur claire, tout à fait chantable par un baryton en termes de tessiture. Il peut partager l'affiche avec une haute-contre, comme dans les grands motets de Delalande. Voir par exemple le magnifique disque de Paul Colleaux (Erato 1991) où figure Jubilate Deo omnis Terra.


Pour finir, une curiosité : Gérard Lesne, qui chante à la fois comme haute-contre et contre-ténor (altiste), et le tout sans changer nettement son émission ! Il faut dire qu'il est autodidacte.

Je renvoie à ces articles plus complets qui traitent plus précisément de la question :
- Histoire
et
- Catégories.


Rappel : la classification des voix à l'époque baroque

Musique française :

  • Dessus (= soprano)
  • Bas-dessus (= mezzo-soprano)
  • Haute-contre (= ténor aigu)
  • Taille (= ténor grave, chantable par un baryton, catégorie qui n'existait pas encore)
  • Basse-taille (= baryton ou basse, on remarque des différences selon les rôles avec nos yeux contemporains, même si la distinction n'était pas faite).


Musique italienne (c'est-à-dire tout le reste) :

  • Soprano
  • Contralto (rôles d'hommes, chantables par des femmes mezzos ou contraltos selon les cas, et par des castrats sopranistes ou altistes)
  • Ténor (arrive assez tardivement hors de l'oratorio, pour des rôles de père sévère ou de militaires)
  • Basse.

Proportionnellement, les deux premières catégories (soprano et contralto) sont surreprésentées.


En bref :

  1. Le castrat a disparu et n'a pas d'équivalent aujourd'hui. A rapprocher des voix de femme.
  2. Le contre-ténor utilise la voix de fausset pour chanter. On le trouve dans le baroque italien (et un peu la musique contemporaine). Beaucoup de rôles de castrats sont aujourd'hui tenus par des contre-ténors pour des raisons essentiellement fantasmatiques.
  3. La haute-contre est un ténor à la tessiture haut placée, "à l'émission haute", et intervient uniquement dans le baroque français, notamment les rôles de jeunes premiers dans la tragédie lyrique.




Mise à jour du 2 mars 2008 :

Autre formulation de la synthèse :
- contre-ténor = falsettiste. Quelqu'un qui emploie la voix de tête / de fausset pour chanter. On en trouve beaucoup dans la musique religieuse italienne (et on les prend souvent, sans aucune justification technique ou historique, pour tenir des rôles autrefois dévolus aux castrats).
- hautre-contre = ténor. La haute-contre est un emploi de ténor avec une tessiture aiguë (avec souvent usage de voix mixte [2]), qu'on ne trouve que dans le baroque français (même s'il existe un héritage possible au XIXe).

Donc :
1) contre-ténor = fausset = italien
2) haute-contre = ténor = français


Mise à jour du 19 mai 2008 (revue le 2 décembre 2009) : La raison de la confusion est quadruple :
- l'anglais counter tenor peut signifier "haute-contre", il faut donc ne jamais faire confiance aux traductions ;
- le terme contre-ténor est lui-même ambigu, puisqu'il ne s'agit pas d'un ténor ;
- Gérard Lesne, un contre-ténor (autrement dit un baryton falsettiste), s'obstine a chanter aussi bien des rôles de contre-ténor que de haute-contre. Dans ce dernier cas, il est obligé de jouer avec les registres, le médium grave demeure très faible et l'aigu trop aisé ; - on fait aujourd'hui tenir, pour des raisons de vraisemblance sexuelle (et de carrière des contre-ténors emblématiques), des rôles dévolus aux castrats par des contre-ténors, alors que cela n'a rien de commun. Manière d'ajouter un peu plus à la confusion.


Mise à jour du 2 décembre 2009 :

La traduction proposée par Arte pour hautre-contre, countertenor, n'est pas erronée. Les Anglais disposaient à l'époque de plusieurs catégories de voix d'homme hautes, toutes nommées countertenor ; il pouvait s'agir de français venus avec la technique de haute-contre (les countertenors graves, élevés d'une tierce au-dessus du ténor traditionnel) ou de falsettistes pour tenir des parties plus aiguës (culminant amplement au-dessus de l'ut 4, de véritables alti). La confusion entre les deux techniques, pourtant fondamentalement différentes, a été largement entretenue par cette ambiguïté sémantique anglaise.


Exercices pratiques ici.

Et voir aussi l'usage traditionnel des voix de haute-contre dans la tragédie lyrique à la fin de ce billet.

Notes

[1] Etrange, n'est-ce pas, alors que tout, jusqu'à la hauteur du diapason ou la difficulté des instruments naturels, est restitué ? Il s'agit, au fond, du même paradoxe que lorsque la mise en scène est transposée lors de ces exécutions « musicologiquement informées ».

[2] Voix mixte, émission mixée : mélange de voix de poitrine (mécanisme I) et de voix de tête (voix de fausset, mécanisme II). Façon "allégée" d'émettre les aigus, mais de façon homogénéisée avec le grave, et sans tomber dans l'usage pur et simple du fausset.


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Commentaires

1. Le mardi 20 juin 2006 à , par Inactuel :: site

Très intéressantes explications.
Jean-Paul Fouchécourt: ténor (http://www.radiofrance.fr/chaines/france-musiques/biographies/fiche.php?numero=5010280) ou haute-contre à la française(http://goldbergweb.com/en/interpreters/instrumentals/20309.php) ?
D.

2. Le mardi 20 juin 2006 à , par DavidLeMarrec

Haute-contre à la française, donc ténor.

Il ne s'est pas limité à ces emplois, même s'il en a la voix. Pareil pour Gilles Ragon qui chante à présent les ténors dramatiques (avec un certain bonheur) et lyriques (avec une certaine douleur).

Ou Mark Padmore qui chante aussi Mozart.

3. Le vendredi 23 juin 2006 à , par Sylvie Eusèbe

Merci pour avoir ainsi rangé les étagères en haut du placard baroque. Et maintenant, je ne me tromperai plus de taille en achetant un CD sans l'essayer ! S.

4. Le vendredi 23 juin 2006 à , par DavidLeMarrec :: site

A présent, grâce à la nouvelle génération de chanteurs baroques, s'il arrive encore d'acheter des dessus un peu trop de basse-taille, les bas-dessus sont généralement toujours au bon formant.

5. Le samedi 10 mars 2007 à , par Bra :: site

Merci pour ces précisions ! Jaroussky chante donc en voix de fausset, sa voix "normale" étant baryton.

6. Le samedi 10 mars 2007 à , par DavidLeMarrec

Ouf, j'ai terminé les travaux de rénovation juste à temps. :-)

C'est cela même. C'est cette voix légère si particulière.

De toute façon, en répertoire italien, il n'y a pas de hautes-contres.

7. Le samedi 10 mars 2007 à , par Vartan

Toujours aussi indispensables ces Leçons de Clarté, David.

Je me suis permis de les recommander à quelques curieux qui souhaitent cerner au mieux toutes ces subtilités lyriques, si tu n'y vois pas d'inconvénients... ;-)

8. Le lundi 12 mars 2007 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Vartan !

Bien sûr, je suis flatté que tu recommandes mon travail. Dans un bon timing, qui plus est, parce qu'à partir de mercredi, ce ne sera plus possible.

Je chanterai un petit magridal sous vos fenêtres pour vous bercer vers 5h24. Ou pour le réveil, à 6h32 ?

9. Le mardi 13 mars 2007 à , par Vartan

Un petit Gesualdo pousse-au-crime serait le bienvenu en effet. Mais plus il sera tôt, plus le crime sera affreux, j'en ai peur. ;-)

10. Le mardi 13 mars 2007 à , par Morloch

Intéressant le paragraphe sur les castrats - ça confirme donc les grommellements de René Jacobs dans le texte accompagnant le cd du récital de Vivica Génaux (oui j'ai ce disque et j'assume :p , ce n'est pas la peine de me regarder avec ces gros yeux ronds, même pas peur ! ) qui défend son choix d'une mezzo pour reprendre les rôles du castrat Farinelli. Il en profite pour épingler la technique utilisée dans le film de Corbiau en 1994 qui mixe une voix de soprano et un contre ténor "espèce de chimère sortie tout droit du laboratoire de Frankenstein".

Ce que je comprends aussi c'est que tous les castrats n'avaient pas la même tessiture et le même style, et ça m'a l'air bien trop compliqué pour moi tout cela.

J.J. Quantz donne cette description de la voix de Farinelli : " Farinelli avait une voix de soprano éclatante, moelleuse, pleine, claire, égale, dont la tessiture s'étendait alors du la2 au ré5, mais qui, quelques années plus tard avait gagné quelques degrés dans le grave sans en perdre aucun dans l'aigu : si bien que dans de nombreux opéras, un seul air, le plus souvent un adagio, avait été écrit pour lui dans le registre du contralto et tous les autres dans le registre du soprano. Son intonation était d'une justesse impeccable, son trille élégant, sa poitrine tenait le souffle avec une vigueur exceptionnelle et sa gorge était très agile, si bien qu'il produisait les intervalles les plus éloignés rapidement, avec une facilité et une sûreté extrêmes (...) Il montrait beaucoup d'invention quand il improvisait les ornements de l'adagio; le feu de la jeunesse, son grand talent, la faveur du public et la virtuosité de sa gorge l'incitaient parfois à les prodiguer de manière excessive." (Quantz cité dans un ouvrage de Marpurg de 1755, cité dans le cd Vivica Génaux/Farinelli par Jacobs dans je ne sais quelle langue, tarduit par B. Hébert, recopié par moi avec des fautes de frappe).

Jacobs semble penser que les falsettistes sont acceptables comme substituts des castrats altos, mais que ça ne fonctionne pas avec les castrats sopranos (probèmes de basse et aigus pas assez doux). Cela correspondrait aussi avec la tradition du XVIIIè.

Je déplore que cette tradition se soit perdue, on pourrait juger sur pièces ce serait quand même mieux, c'est vrai quoi ! Des volontaires ?

11. Le mardi 13 mars 2007 à , par DavidLeMarrec

Vartan :
Un petit Gesualdo pousse-au-crime serait le bienvenu en effet. Mais plus il sera tôt, plus le crime sera affreux, j'en ai peur. ;-)

Allons, on te consolera, tu n'auras pas affaire à un ingrat. Au minimum, tout un ballet.


Morloch :
Intéressant le paragraphe sur les castrats - ça confirme donc les grommellements de René Jacobs dans le texte accompagnant le cd du récital de Vivica Génaux (oui j'ai ce disque et j'assume :p , ce n'est pas la peine de me regarder avec ces gros yeux ronds, même pas peur ! ) qui défend son choix d'une mezzo pour reprendre les rôles du castrat Farinelli.

René Jacobs grommelle de façon tout à fait fondée. Je ne suis pas du tout un intégriste, et si on veut remplacer les rôles de basse par des sopranos légers, je n'ai rien contre a priori.

Cependant :
1) On ne peut pas se prévaloir d'arguments d'authenticité pour faire jouer aux contre-ténors ces rôles, c'est de la malhonnêteté intellectuelle. On comprend bien que le travail des falsettistes et l'émergence de stars pousse les programmateurs à leur proposer des rôles un peu consistants : déjà que leur répertoire est très mince, il ne se compose de surcroît que de rôles secondaires si l'on excepte l'Oberon de Britten... (et encore, un rôle principal chez Britten, c'est généralement noyé dans la masse ; qui plus est pas très bien écrit pour cette voix...)
2) Force est de reconnaître que ça fonctionne rarement bien, pour des raisons de puissance notamment. Hors de l'élégiaque, le son sort mal. La voix de fausset n'utilise pas, je le crains, le formant du chanteur (ce réseau d'harmoniques qui fait passer l'orchestre chez les chanteurs d'opéra, ce qui donne ce "métal").

Il n'empêche qu'il existe quelques sublimes contre-emplois, par exemple le Rinaldo de Jaroussky, choix contre nature dans lequel on attendait un naufrage, et qui fut une révélation de vaillance et de finesse. Néanmoins, c'est plutôt l'exception, généralement, les mezzos font mieux.
Il faut bien s'imaginer qu'on met un petit chanteur de lignes délicates prévues pour l'église à la place de mezzos vigoureux... Ca peut fonctionner, mais c'est dû à la seule valeur de l'interprète !


Par ailleurs, Vivica Genaux est formidable dans ce répertoire, et s'il y a bien quelqu'un qui s'abstiendrait d'en dire du mal, ce sera moi. :-) En plus, c'est un disque Hasse, elle a vraiment tout pour plaire, cette petite !
Je sais bien que tout le monde n'aime pas, mais Genaux/Jacobs, le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est imaginatif et professionnel.


Il en profite pour épingler la technique utilisée dans le film de Corbiau en 1994 qui mixe une voix de soprano et un contre ténor "espèce de chimère sortie tout droit du laboratoire de Frankenstein".

Oui, c'est une chimère. C'est fait pour donner une idée, avant tout. C'est plus cela qu'un contre-ténor (qu'on nous aurait mis aujourd'hui), mais ce n'est pas cela. Argument marketing, mais comment pouvait-on faire ?

Si, on aurait pu proposer à une voix féminine très androgyne et claire (il y en a pour toutes les tessitures, de Marijana Mijanovic à Romina Basso) de chanter, mais de même, c'était inexact.

Disons qu'on est moins enclin à l'indulgence du fait que la voix qui en résulte est affreuse (déjà que Derek Lee Ragin n'est pas ma tasse de thé initialement...) et que le film est l'un des plus exemplaires nanars de l'histoire du cinéma. C'est à Max Pecas ce que les Bronzés sont à Rebecca.


Ce que je comprends aussi c'est que tous les castrats n'avaient pas la même tessiture et le même style, et ça m'a l'air bien trop compliqué pour moi tout cela.

Il suffit de penser que les castrats sont des voix de femme, je pense que ça facilite l'imagination. Voix potentiellement puissantes, des voix de soprano, de mezzo (anachronisme, mais dans les faits, on en voit) ou d'alto.

Evidemment, le timbre était particulier. Et comme ils n'étaient pas occupés à autre chose, leur agilité était extraordinaire.


J.J. Quantz donne cette description de la voix de Farinelli : " Farinelli avait une voix de soprano éclatante, moelleuse, pleine, claire, égale, dont la tessiture s'étendait alors du la2 au ré5, mais qui, quelques années plus tard avait gagné quelques degrés dans le grave sans en perdre aucun dans l'aigu : si bien que dans de nombreux opéras, un seul air, le plus souvent un adagio, avait été écrit pour lui dans le registre du contralto et tous les autres dans le registre du soprano. Son intonation était d'une justesse impeccable, son trille élégant, sa poitrine tenait le souffle avec une vigueur exceptionnelle et sa gorge était très agile, si bien qu'il produisait les intervalles les plus éloignés rapidement, avec une facilité et une sûreté extrêmes (...) Il montrait beaucoup d'invention quand il improvisait les ornements de l'adagio; le feu de la jeunesse, son grand talent, la faveur du public et la virtuosité de sa gorge l'incitaient parfois à les prodiguer de manière excessive." (Quantz cité dans un ouvrage de Marpurg de 1755, cité dans le cd Vivica Génaux/Farinelli par Jacobs dans je ne sais quelle langue, tarduit par B. Hébert, recopié par moi avec des fautes de frappe).

Texte étonnamment moderne de ton. Tu remarqueras qu'en bon flûtiste, il oublie de parler du texte.
Si, si, il y a du texte dans le seria, je t'assure.


Jacobs semble penser que les falsettistes sont acceptables comme substituts des castrats altos, mais que ça ne fonctionne pas avec les castrats sopranos (probèmes de basse et aigus pas assez doux). Cela correspondrait aussi avec la tradition du XVIIIè.

Acceptables, peut-être. Mais la question de la puissance reste entière, car les castrats ne chantaient pas nécessairement en fausset.


Je déplore que cette tradition se soit perdue, on pourrait juger sur pièces ce serait quand même mieux, c'est vrai quoi ! Des volontaires ?

Le problème est que ça entrerait en violation de plusieurs conventions des droits de l'homme et de l'enfant. Si on attend la majorité pour le faire, ça ne sera plus très utile.

Mais on peut se consoler en entendant les captations de Moreschi. Ce n'est franchement pas fameux, mais la voix étaient peut-être vieillie, ou était-ce le style, où l'enseignement qui s'était perdue ? En tout cas, il chante faux, c'est affecté, c'est en-dehors des rôles...
On dirait un mauvais contre-ténor qui couine.

Voilà (très) longtemps que je n'ai pas retenté (horrifié que je fus), je changerais peut-être d'avis.


Merci pour ces apports !

12. Le mardi 13 mars 2007 à , par jdm

DavidLeMarrec :
Pour finir, une curiosité : Gérard Lesne

Oui, et dans les curiosa et mirabilia, Mad Lesne a sa place sur la cimaise.
Merci, David, de cet article lumineux.

13. Le mardi 13 mars 2007 à , par DavidLeMarrec

Jdm :
Oui, et dans les curiosa et mirabilia, Mad Lesne a sa place sur la cimaise.

Il est en effet à sa catégorie ce qu'est l'abaque au fût. J'écoute d'ailleurs Mad Lesne, il faut bien le reconnaître, avec un plaisir croissant.

14. Le mercredi 8 août 2007 à , par sopransita

En tant que sopraniste en formation, je tiens à rectifier que les castrats ont aujourd'hui un équivalent; les sopransites qui ne sont pas des falsettistes mais n’ont d’autre choix que de chanter en voix de tête qui correspond à la voix de tête féminine. Seul le timbre des castrats n'a pas d'équivalent.

La voix de sopraniste est une voix caractérisée par un timbre clair et est riche en harmoniques aigües. Tous les sopranistes ont une facilité certaine à monter dans les aigües et à vocaliser mais sont réputés pour leur tessiture large qui peut couvrir plus de 4 ocatves. Notons également qu’un sopraniste est de loin le plus à l’aise dans les suraigües, c’est à dire à partir du contre-hut et ce, contrairement aux falsettistes.

Enfin un sopraniste n’a pas réellement de voix de poitrine, à l’image d’un castrat, il posséde une voix ndite mixte qui couvre une large tessiture, le sopraniste utilise sa voix de tête à partir du contre hut jusqu’au contre la- contre si et utilise ensuite sa voix de sifflet.

15. Le mercredi 8 août 2007 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Sopranista !


En tant que sopraniste en formation, je tiens à rectifier que les castrats ont aujourd'hui un équivalent; les sopransites qui ne sont pas des falsettistes mais n’ont d’autre choix que de chanter en voix de tête qui correspond à la voix de tête féminine.

Je crois qu'il faut être très précis sur les termes : sopraniste désigne généralement le falsettiste aigu, par opposition aux falsettistes altos.

Ensuite, le véritable sopraniste, cela tient quasiment d'une malformation, il me semble. En tout cas, c'est vraiment rare, et d'un certain point de vue, oui, l'immaturité de la voix adulte a des points communs avec les castrats (évidemment avec des nuances comme vous le soulignez).


La voix de sopraniste est une voix caractérisée par un timbre clair et est riche en harmoniques aigües. Tous les sopranistes ont une facilité certaine à monter dans les aigües et à vocaliser mais sont réputés pour leur tessiture large qui peut couvrir plus de 4 ocatves.

Plus de quatre octaves, allons donc, le mythe Mariah Carey a encore frappé. :-)

Ca veut dire du fa grave de la basse (comme les graves de Philippe II, de Padre Guardiano, etc.) aux contre-fa de la Reine de la Nuit...
Personnellement, j'appelle ça du pipeau (ou de la légende urbaine pour être gentil). :)


Notons également qu’un sopraniste est de loin le plus à l’aise dans les suraigües, c’est à dire à partir du contre-hut et ce, contrairement aux falsettistes.

Oui, évidemment.

A propos, il faudrait préciser le contre-ut, surtout : celui des ténors ou celui des sopranes ?


Enfin un sopraniste n’a pas réellement de voix de poitrine, à l’image d’un castrat, il posséde une voix ndite mixte qui couvre une large tessiture, le sopraniste utilise sa voix de tête à partir du contre hut jusqu’au contre la- contre si et utilise ensuite sa voix de sifflet.

Qu'on appelle aussi voix de flageolet (c'est le terme généralement employé sur CSS).


Merci pour ces éléments sur cette catégorie très rare (et pour laquelle il n'existe pas de répertoire écrit, hors la possibilité de récupérer les rôles de castrats). En termes de puissance, je n'en ai jamais entendu en salle, est-ce vraiment supérieur aux falsettistes ? Logiquement, ce devrait.


Mais très honnêtement, ces histoires de quatre octaves, ce sont des rumeurs infondées.

Si je prends les étendues les plus larges que je connaisse, nous allons vite voir.

Mado Robin, disons du ré3 au ré6, ce qui fait trois octaves pleins, déjà phénoménal.
Ewa Podles, de l'ut2 à l'ut5, trois octaves également.

Chez les hommes, même les plus généreux : Flagello (fa1-lab3), Milnes (probablement jusqu'à fa1-ré4), Di Stefano et Groves (sib1-fa4 en forçant au maximum)... n'atteignent pas les trois octaves.

Alors les quatre comme si de rien n'était, non, ça dépasse le spectre de la voix humaine.

16. Le mardi 20 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Discussion (étrangement) issue de Wagner.


Jdm :
Dans Charpentier ou Brossard, il ressemble trop à un contre-ténor, et c'est un peu étrange esthétiquement parlant

Oui, c'est exactement ce que tu décris dans ton article sur les tessitures.

Ce n'est pas tout à fait le lieu d'en parler (on peut déplacer).
Est-ce que les anglophones ne disent pas counter tenor pour "haute-contre" ?

Je ne mettrais pas sur le même plan Alfred Deller, qui a le grand mérite d'être un inventeur, un découvreur, mais qui n'a pas une belle voix -sorry - et Gérard Lesne, qui n'est pas un haute-contre, c'est entendu et cela s'entend bien dans le concert que tu nous offres, mais qui a une voix.
Il est vrai qu'il est autodidacte et, cela, tu n'aimes pas trop.

Encore une fois, qui chante, qui joue <avec> ?

Merci encore David, et non, je ne suis pas un ---

[aujourd'hui, j'essayais les balises [i]] :)

17. Le mardi 20 novembre 2007 à , par jdm

Comment ça "étrangement" ?
C'est un commentaire de jdm, simplement :)

18. Le mardi 20 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Nous parlions de Gérard Lesne.


Est-ce que les anglophones ne disent pas counter tenor pour "haute-contre" ?

En effet, il existe une confusion des termes en anglais qui n'aide pas, y compris les professionnels, à employer les bons termes.

C'est étrange, au fond, parce qu'une haute-contre est juste un ténor, et un contre-ténor/falsettiste un altiste (ou plus rarement sopraniste). Le premier emploie la voix mixte, le second la voix de fausset. C'est assez simple si on débute par le commencement... (et encore plus si on commence par le début)


Je ne mettrais pas sur le même plan Alfred Deller, qui a le grand mérite d'être un inventeur, un découvreur, mais qui n'a pas une belle voix -sorry -

Autodidacte aussi. On sent le côté expérimental, mais la voix est si belle (extrêmement soyeuse et chaleureuse, intimiste, familière comme un velours fait), la curiosité telle aussi... Une sensibilité encore très romantique, sans doute, mais si touchant. Le Ferrier des falsettistes...


et Gérard Lesne, qui n'est pas un haute-contre, c'est entendu et cela s'entend bien dans le concert que tu nous offres, mais qui a une voix.

Cela dit, une petite voix. Peu de projection et souffle court. J'aime ce qu'il fait, mais ce n'est pas majeur pour moi. Et pas comparable à la singularité profonde de Deller.


Il est vrai qu'il est autodidacte et, cela, tu n'aimes pas trop.

C'est mal me connaître. :-) Au contraire, j'ai toute tendresse pour le non institutionnel (et mes mauvais penchants en témoignent pour moi).
Encore à me charrier, c'est très vilain à toi.

C'est justement ce que j'aime chez Lesne, cette liberté dans ses répertoires et ses (contre-)emplois.


Encore une fois, qui chante, qui joue <avec> ?


Qui chante <avec> : Rachel Elliot.
Qui joue <avec> : Il Seminario Musicale bien sûr, dirigé par Gérard lui-même.

19. Le mardi 20 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Ah, tu écris dans mon dos, maintenant !

17. Le mardi 20 novembre 2007 à 23:24, par jdm

Comment ça "étrangement" ?
C'est un commentaire de jdm, simplement :)

Ce n'est pas ta faute si nous en sommes arrivés à Sébastien de Brossard depuis les Wagner du Philharmonique de Berlin.

Oui, je sais, pour une fois.

20. Le mardi 20 novembre 2007 à , par jdm

David à jdm :
Ce n'est pas ta faute si nous en sommes arrivés à Sébastien de Brossard depuis les Wagner du Philharmonique de Berlin

Encore heureux !
Merci de toutes tes précisions et je m'accorde à tes nuances (enfin, surtout pour le peu de souffle de Gérard Lesne, pour Alfred Deller, j'ai été un des premiers fans, je ne vais pas le renier, même si ton éloge soyeux et chaleureux me paraît excessif)
Merci, David, et ce n'est pas pour une fois

21. Le mardi 20 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Merci à toi pour ta conversation toujours présente.

Si tu veux dire qu'on sent qu'il y a quelque chose de mal assuré dans l'émission de Deller, qu'on sent parfois la voix de pointrine prête à se rétablir, oui, bien sûr. Mais il n'empêche.

(Et si Vartan passe, il nous fait tous la peau sans autre forme de procès.)

22. Le jeudi 6 décembre 2007 à , par jdm

Alfred Deller.

Totale repentance.

Le coffret du cinquantième anniversaire d'Harmonia Mundi, vient de me rappeler la voix d'Alfred Deller.

Le coffret (un de plus à 1,50 € le cd ? pas seulement !) est très bien conçu, c'est du Harmonia Mundi, il y aura des doublons chez ceux qui aiment la musique, il y a également des enregistrements récents, faux doublons, une autre interprétation --- un Art de la fugue excellent, austère peut-être ? la partition est tellement enjouée !

J'écoute Alfred Deller, The Oak and the ash depuis plus d'une heure.

Le génie d'Alfred Deller est là : qualité de la diction, fluidité de la poitrine à la tête, sans doute moins de souffle que chez les plus jeunes qu'il a inspirés, pureté tout simplement… et quelle sensibilité ! quelque chose de l'unique inimitable et indépassable.

J'avais oublié. Effet de mémoire, effet de mode ?

*** je propose, en exemple et illustration, la plage 14 du cd 4 --- si les ayants droit etc. ou DavidLeMarrec le demandent, je retirerai le fichier en lien.

[mon propos est d'inviter à une attention particulière à ce coffret où l'on trouvera bien d'autres pièces précieuses]

23. Le jeudi 6 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

coffret Harmonia Mundi)


Le coffret (un de plus à 1,50 € le cd ? pas seulement !) est très bien conçu, c'est du Harmonia Mundi, il y aura des doublons chez ceux qui aiment la musique, il y a également des enregistrements récents, faux doublons, une autre interprétation --- un Art de la fugue excellent, austère peut-être ? la partition est tellement enjouée !

C'est un très beau coffret, avec pas mal d'oeuvres rares mais importantes, et chez Harmonia Mundi, l'interprétation est à peu près toujours ce qui se fait de mieux. Irréprochable stylistiquement, très bien réalisé, prises de son superbes et documentation (peut-être pas dans le coffret) tout à fait sérieuse, notamment en ce qui concerne les textes traduits.

Là, pour le coup, si on ne dispose pas déjà de ces disques, une véritable affaire.


Je n'avais pas remarqué les poitrinés de Deller, mais à part ça, tout à fait d'accord bien sûr. Bouleversant. :) L'extrait que tu as choisi est tout à fait emblématique de son art.


[mon propos est d'inviter à une attention particulière à ce coffret où l'on trouvera bien d'autres pièces précieuses]

Tu as tout à fait raison, c'est une aubaine, et sans risque. Premier prix à 37 euros sur Amazon, pour le coup, c'est donné, parce que les interprétations sont majeures...
Je vois Atys, le Croesus de Keiser, la Berliner-Messe, les d'Anglebert, des mélodies et lieder probablement par Fink... Une anthologie atypique de la musique savante occidentale. Du coup, peu de doublons avec une discothèque standard, de surcroît !

24. Le jeudi 6 décembre 2007 à , par jdm

Les textes chantés sont sur le disque 30, un cd-rom / .pdf, et ce que tu "vois" est bien dans le coffret, avec un bel équilibre historique pour la sélection.

25. Le jeudi 6 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Oui, je trouve aussi. Même si les ballades de Chopin, je n'ai pas vérifié l'interprète, mais ce n'est sans doute pas ce que le catalogue du label avait de plus indispensable.

26. Le lundi 10 décembre 2007 à , par Admetto

Merci à JDM pour le lien j'avais oublié à quel point Deller était grand

27. Le lundi 10 décembre 2007 à , par jdm

Merci à toi, Admetto, de ton repentir... et de ton soutien.

Moi, j'ai la honte de ce que j'ai écrit (dans une discussion sur Wagner) et que DavidLeMarrec reproduit fidèlement [:|] ici.

Faute d'avoir écouté Alfred Deller (et Mark) depuis trop longtemps.

David aurait pu me stigmatiser (40 A, balle de match) !

28. Le lundi 10 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Mon esprit s'égare (c'est trop de naïveté) - j'allais m'interroger sur une balle de match, [strike]au jeu de paume[/strike] au tennis (si c'est bien de cela qu'il s'agit), alors qu'il y a égalité entre les joueurs. Mais il me semble me souvenir vaguement que depuis le siècle dernier, les règles ont été discutées pour être changées (et avaient été expérimentées dans les clubs). J'ignore si la nouvelle norme a été appliquée ; faute d'en avoir entendu parler, je supposais que ça n'avait pas été le cas - mais cette supposition est peut-être bien téméraire de ma part... :-)

Et cessez de ressusciter ces stigmates partout, je vais encore devoir passer nettoyer le linceul de fond de CSS.

29. Le dimanche 2 mars 2008 à , par Intendance

Petite mise à jour de la notule.

30. Le lundi 7 juillet 2008 à , par Kagenaar-Larrière

Merci pour ces précisions d'importance. Je suis à la recherche d'un prof
Contre Ténor. Je travaille depuis un certain temps ma voix sur ce registre d'une façon totalement intuitive en m'accompagnant de mon violoncelle mais j'ai soif d'apprendre. Ma femme est chanteuse d'opéra plus que confirmée, j'ai pris quelques cours mais sens qu'il y a vraiment une spécificité dans ce registre. Je suis sur Nantes mais peut me déplacer... merci mille fois de me répondre.

31. Le lundi 7 juillet 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Bonjour !

Si je comprends bien, la question est de trouver un professeur pour contre-ténor ? Je crains malheureusement de ne pas être la bonne personne à contacter, mes relations avec les professeurs de chant n'est pas telle que...

Une bonne méthode est de chercher avec qui ont étudié certains chanteurs dont vous admirez la technique (ça se trouve dans les biographies en ligne). Ou, à l'inverse, de regarder qui est dans votre secteur et de vous renseigner ensuite sur la personne. La difficulté étant que, pour le chant, les meilleurs professeurs ne sont pas tous affiliés à des conservatoires, et que les professeurs de conservatoire sont loin d'être tous efficaces.

Tout ce que je puis pour vous, c'est vous proposer de me contacter par courriel pour un avis éventuel, si je connais les noms que vous aurez glanés...


Bon courage et bonne réussite pour vos recherches !

32. Le mardi 13 juillet 2010 à , par Oliver

Sur les chanteurs avec 4 octaves (ou plus), je suis d'accord qu'il existe beaucoup d'exaggérations et de mythes. En plus cela dépend de la sorte d'émission vocale dont on parle. Il existe quelques chanteurs/euses qui peuvent émettre des sons aussi aigus que les notes les plus aigües du piano en voix de sifflet (un petit son très grêle), et d'autres qui peuvent chanter les notes les plus basses avec une sorte de grondement qui s'appelle vocal fry en anglais (je ne connais pas le terme français). L'acteur/chanteur Roy Hart, étudiant de Alfred Wolfsohn, qui était anglais, mais habitait dans le sud de la France, était connu pour pouvoir émettre au moins 6 octaves. Wolfsohn, un professeur de chant allemand, était connu pour ses recherches dans le domaine de l'extension de la tessiture des voix et l' exploration de tous les registres. J'ai un CD avec des voix de ses étudiants, dont Jill Johnson qui chante l'un après l'autres 4 airs de la Flûte Enchantée - depuis Sarastro à la Reine de la Nuit. A mon avis elle n'était pas tout à fait convaincante comme Sarastro, quoi que elle réussisse à tenir la note la plus basse (je crois, un fa)... mais son Papageno est tout à fait bien, son Tamino très joli et les chants de femme très bien aussi... vraiment extraordinaire!

33. Le mercredi 14 juillet 2010 à , par Oliver

On peut trouver le CD dont je viens de parler ici: http://www.roy-hart.com/awecd.htm (Alfred Wolfsohn, His musical ideas). Comme je viens de dire, la partie qui m'a le plus impressionnée était celle avec les airs de Mozart qui, justement, puisqu'on parle de voix de 4 octaves sur ce blog, utilise des notes depuis le fa d'un basse au fa d'un soprano colorature - toutes chantées de façon agréable et musicale par la même femme. En fait elle a dû être dotée d'un registre de poitrine extraordinaire pour une femme avec en plus les notes mixtes d'un ténor léger, et les notes de tête et de flageolet d'une soprano. Il faut l'écouter pour le croire.

34. Le mercredi 14 juillet 2010 à , par DavidLeMarrec


Bonjour Olivier,

Et merci pour tous ces commentaires précis.

Concernant les chanteurs à quatre octaves, je dispose effectivement de plus d'informations à présent que lors de la rédaction de cette notule, et j'ai pu entendre ces fameuses notes de sifflet, qui se produisent par un souffle dans un interstice du cartilage. Ce n'est donc pas du son produit par les cordes vocales, mais ça permet de chanter très haut, et donc d'atteindre, sans exagération, les quatre octaves.

Pour l'extrême grave, ce qu'on appelle ''fry'' n'est généralement pas traduit, même dans les ouvrages spécialistes écrits par des francophones.

J'ai un CD avec des voix de ses étudiants, dont Jill Johnson qui chante l'un après l'autres 4 airs de la Flûte Enchantée - depuis Sarastro à la Reine de la Nuit. A mon avis elle n'était pas tout à fait convaincante comme Sarastro, quoi que elle réussisse à tenir la note la plus basse (je crois, un fa)... mais son Papageno est tout à fait bien, son Tamino très joli et les chants de femme très bien aussi... vraiment extraordinaire!

C'est effectivement impressionnant à lire...

Merci pour la référence précise, ça fait bien sûr très envie, en tout cas pour l'édification théorique.

35. Le mercredi 14 juillet 2010 à , par Oliver

Bonjour

De rien. Oui, la voix de sifflet est vraiment surprenante, mais non pas très utile musicalement, je pense. Avez-vous entendu Georgia Brown et Adam Lopez sur YouTube, par exemple? En fait, concernant Jill Johnson, j'ai fait une erreur - elle chante des airs de 6 personnages, Sarastro, Papageno, Tamino, Papagena, Pamina et la Reine de la Nuit. Je recommande le CD parce que je n'ai jamais rien entendu de pareille. Il y a d'autres que l'on peut acheter sur le site, par exemple avec des extraits de voix chantée et parlée de Roy Hart, qui sont eux aussi intéressants pour ceux qui s'intéressant aux possibilités de la voix humaine. L'Association théâtrale qu'il a fondée existe toujours basée dans un château dans les Cévennes, quiqu'il soit mort dans un accident de voiture (On peut y aller faire des stages (ce que j'ai fait une fois). http://fr.wikipedia.org/wiki/Roy_Hart Cependant je pense que Jill a dû avoir un don vraiment rare, on ne peut probablement pas vraisemblablement faire un stage et espérer faire de même... Personellement, je peux chanter en voix de ténor, à peu près si bémol à do dièse aux extrémités (mais je n'aime pas vraiment aller dans les suraigus); je peut déscendre jusqu'à environ un mi avec un son plutôt faible et non pas très joli, et peut être un peu plus en "fry"; je peu chanter en voix de fausset jusqu'à un sol dièse et j'ai fait des tons de sifflet jusqu'à quelqu chose comme un re au maximum, je crois, donc ça fait à peu près 4 octaves, si je tenais à m'en vanter, mais seulement deux et demi sont plus ou moins agréables.

36. Le mercredi 14 juillet 2010 à , par Oliver

Voici Adam Lopez qui chante en voix de sifflet, au dessus des notes du piano. http://www.youtube.com/watch?v=Kdp4NHWr7G8 Cela commence après 2 minutes.

37. Le mercredi 14 juillet 2010 à , par DavidLeMarrec

Merci pour l'extrait. Oui, effectivement, c'est de la pure voix de sifflet qu'il utilise, sans vibration des cordes en principe. Ce n'est pas très utile pour le classique (encore, que, dans certaines diminutions d'opéra seria, si c'est suffisamment sonore, et ça l'est sur certaines voix de femme...), mais pour ornementer dans la pop, pourquoi pas !

Concernant Jill Johnson, j'imagine effectivement qu'elle a un vrai potentiel initial, mais tout de même, parvenir à vos quatre octaves, c'est déjà une très jolie performance, surtout si une partie reste exploitable...

38. Le vendredi 19 août 2011 à , par Sandrine

Tres intéressant ce doc sur les contreténors et haute-contres !
Les castrats: ils avaient peut-être un timbre plus proche de celui des femmes mais pouvaient chanter sur une tessiture ( ou du moins, une étendue) beaucoup plus longue, notamment dans le grave.
Il me semble que Carlo Broschi allait du do2 au do5: OK pour le do5 pour certaines femmes , c´est une note tres courante pour une soprano " pur sucre" en
registre de tête, relativement courante pour certaines mezzos mais le do2 est déjá peu atteignable , en tout cas pas de maniere exploitable, pour une alto.
En conclusion, une voix de castrat exigerait pour une femme de pouvoir chanter aussi bas qu´un ténor et aussi haut qu´une soprano , ce qui est évidemment
impossible.
Puis le timbre , même chez un castrat sopraniste , devait être quand même plus puissant, plus velouté que chez une soprano femme.

Comme falsettiste sopraniste, je connais un peu Aris Christofellis et j´avoue que ce qu´il fait est plutôt impressionnant ( je crois qu´il peut atteindre le mi5),
même si je préfere nettement le timbre des contreténors et falsettistes altos/ mezzos.

En revanche , pourriez vous me citer des noms de vrais haute-contres non falsettistes ? J´aimerais en écouter mais je n´ai pas de noms qui me viennent.
Juan Diego Florez est un ténor plutôt aigu de couleur légere mais je ne crois pas qu´il soit haute-contre.

39. Le dimanche 21 août 2011 à , par DavidLeMarrec

Voix de castrat

La puissance n'était pas forcément intrinsèquement supérieure à une voix de femme : suivant comme on l'utilise, une voix de femme peut être très sonore en voix de tête, il suffit d'entendre celles qui utilisent un "mixage" tête / flageolet, ou tout simplement ce qui est proche du "cri").
Et puis la puissance est très difficile à mesurer : c'est une valeur en décibels, mais selon l'intensité du timbre et la qualité de la projecion, on l'entend plus ou moins intensément et elle perd plus ou moins rapidement en traversant la salle.

--

Les falsettistes

Le problème d'Aris Christofellis, c'est tout de même qu'il chantait (je crois qu'il ne pratique plus) extrêmement faux, avec un timbre aigrelet assez aléatoire (ce qui est tout à fait normal en fausset intégral). Et surtout, en entendant sa façon d'émettre, on devait très mal l'entendre en concert. Oh, c'est sûr, le micro dans la bouche et avec beaucoup de réverbération (ou alors dans une petite église, très bien aussi), c'est très bien. Et par ailleurs, il vocalisait de façon très agile et nette. Mais enfin, je ne vois pas trop où cela mène.

Plus le temps passe, plus je suis profondément sceptique sur les falsettistes, que j'aimais bien il y a quelques années :

1) A part dans la musique religieuse (où ils ont toute leur place historique - et esthétique !), ils n'ont aucun fondement historique légitime, alors que c'est ce avec quoi on nous les a vendus. C'est donc une déformation volontaire des nomenclatures des partitions, donc l'intérêt du principe est réellement à prouver.
En réalité, on les a mis à l'honneur pour des questions de vraisemblance sexuelle (ça troublait de voir des femmes partout, sur la scène) et bien sûr aussi à cause de tout l'imaginaire qui entourait les castrats - avec lesquels ils n'ont rien en commun sur le plan physiologique et technique. Une voix de femme est sans doute bien plus proche de ce qu'était la voix singulière du castrat que la voix "amputée" du falsettiste.

2) Le fausset intégral comporte plusieurs défauts :
=> il est "partiel", on a toujours l'impression qu'on n'émet qu'une partie de la voix ;
=> blanchissement et uniformité du timbre (et des voyelles) ;
=> manque de fermeté, ce qui conduit souvent à des phrasés mous, et à des paroles totalement inintelligibles ;
=> et justesse plus difficile, mais ce dernier point se soigne.
Ce qui fait qu'en dehors de chanteurs particulièrement talentueux, on entend souvent une soupe fantomatique et assez invertébrée, un objet dépourvu d'angles et de texte.

3) En salle, les voix de fausset portent la plupart du temps très mal. Le timbre qui est peut-être le plus intéressant du marché, celui de Max Emmanuel Cencic (il utilise des résonances de poitrine qu'il ajoute à un mécanisme phonatoire en fausset), n'empêche pas qu'en salle, même petite, le timbre n'a aucun impact. Pour un oratorio en latin dans une église, c'est parfait, mais à l'opéra, même pour du Monteverdi, c'est un peu chiche. Et je parle là de l'un des meilleurs titulaires au monde.

Evidemment, cela ne veut pas dire qu'il faudrait supprimer les falsettistes du marché, il existe désormais toute une tradition, assez brillante d'ailleurs, servie par des chanteurs exceptionnels, attendue du public et très appréciable dans certains cas.

Mais sur le principe même, j'ai tendance à considérer le phénomène des falsettistes comme à rebours de la logique : plus difficile à fournir, moins efficace, et absolument contrainre à l'authenticité que veulent nous vendre les éditeurs.

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Les hautes-contre

En revanche , pourriez vous me citer des noms de vrais haute-contres non falsettistes ? J´aimerais en écouter mais je n´ai pas de noms qui me viennent.

Oh, avec plaisir, ce n'est pas bien compliqué :

Guy de Mey, John Elwes, Zeger Vandersteene, Bruce Brewer, Howard Crook, Gilles Ragon (première manière), Jean-Paul Fouchécourt, Mark Padmore, Stephan van Dyck, Paul Agnew, Mark Tucker, Robert Getchell, François-Nicolas Geslot, Cyril Auvity, Anders J. Dahlin, Mathias Vidal, Andrew Tortise, Emiliano Gonzalez-Toro.

Avec cela, nous devons avoir cité les plus célèbres d'entre eux, tous ceux que j'ai cités ont enregistré, ou, pour les derniers de la liste, pratiquent sur scène actuellement.

Les plus intéressants sont à mon avis Crook, Padmore et Auvity. Il existe deux grands enregistrements de Padmore (Hippolyte et Médée), et un très grand nombre de Crook et Auvity.

[Au passage, il est amusant sur le plan orthographique de noter que la logique intrinsèque porte vers "hautes-contre" mais que la dernière réforme de l'orthographe propose "haute-contres" comme pour tout mot composé. :) ]

Juan Diego Florez est un ténor plutôt aigu de couleur légere mais je ne crois pas qu´il soit haute-contre.

En effet. On dit souvent que la haute-contre est un ténor aigu, et c'est vrai dans le cadre de la nomenclature française de l'époque. Sinon, la tessiture est infiniment moins haute que n'importe quel ténor verdien ! La haute-contre est haute par opposition à la taille qui est un ténor grave - en fait exactement la tessiture d'un baryton, même si on le fait généralement chanter par un ténor, pour des raisons de couleur.

En réalité, la haute-contre se caractérise essentiellement par un type d'émission (voix mixte sur toute la tessiture) et par le choix du répertoire baroque français. Le même chanteur dans un autre répertoire ne serait pas appelé haute-contre.

Flórez a une voix beaucoup plus haut perchée, une émission beaucoup plus franche et métallique (conçue pour porter loin), n'utilise pas la voix mixte, et de toute façon ne chante pas de baroque français. Ce n'est donc à aucun niveau une voix de haute-contre, comme vous le pressentiez très justement. :)

40. Le mardi 11 octobre 2011 à , par saint-fort rhode glaelle :: site

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41. Le mardi 11 octobre 2011 à , par saint-fort rhode glaelle :: site

[spam]

42. Le lundi 12 décembre 2011 à , par Sandrine

Bonjour et belle semaine á vous .
En écoutant divers chanteurs de qualité, tant dans le lyrique que dans la variété , je me suis rendue compte que l´erreur de beaucoup de gens était de classer ténor n´importe quel type qui peut émettre des notes aigues . Or, ce n´est pas aussi simple : pour moi, un vrai ténor est celui qui a vraiment un timbre de ténor et qui est capable de soutenir franchement une tessiture de ténor et non pas , par exemple, celui qui ne fait des notes hautes qu´en ornementation .
Ainsi, Ivan Rebroff était capable d´émettre des notes tres aigues mais il n´aurait certainement jamais pu interpréter un air entier écrit pour haute-contre et même pour ténor , tout simplement parce que ce n´était pas sa tessiture naturelle .
Idem pour les femmes : ce n´est pas parce qu´on ajoute un contre-ut ou un contre-ré pour orner un air que l´on est forcément soprano , surtout si ce sont des notes émises en voix de sifflet et , malheureusement, pas toujours de tres bonne qualité .
Qui j´entends comme vrais ténors dans la variété et même haute-contre : Daniel Balavoine et Jean-Jacques Goldmann car ils en ont bien le timbre et peuvent soutenir des chansons entieres dans une tessiture aigu .
J´ai lu quelque part que Johnny Halliday serait aussi ténor , ce que je mets fortement en doute á cause de son acces aux graves et de son timbre qui me semble plutôt sombre pour un ténor " pur sucre" . David, si vous passez par lá, quel est votre avis sur ce chanteur ?

Deux autres cas intéressants : Luis Mariano , un ténor de type léger ou lyrique-léger et Tino Rossi que je n´arrive pas á situer car son timbre est différent de Mariano . Etait-il vraiment ténor de voix naturelle ?

43. Le lundi 12 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Sandrine,

Je risque de ne pas pouvoir répondre à tous vos commentaires / questions ce soir.

l´erreur de beaucoup de gens

La plus courante est tout de même de classer le ténor, voix la plus "prestigieuse" comme voix grave chez ceux qui n'ont pas du tout la pratique de l'univers lyrique, parce que dans l'imaginaire commun la voix grave est aujourd'hui bien plus valorisée, en tout cas chez les hommes. Esthétique de la voix mâle amplifiée (éventuellement de fumeurs) promue par le cinéma depuis quatre-vingts ans, qui permet en effet de faire entendre des graves, même chez des voix médium...

Cette inversion m'amuse assez, elle est tellement révélatrice !


Deux autres cas intéressants : Luis Mariano , un ténor de type léger ou lyrique-léger et Tino Rossi que je n´arrive pas á situer car son timbre est différent de Mariano . Etait-il vraiment ténor de voix naturelle ?

Ils sont compliqué à classer, vu leur répertoire. Rossi chantait (merveilleusement !) tout en cordes assez fines (et larynx assez haut, j'ai l'impression), parce qu'amplifié lui aussi : la base technique était lyrique, mais sa puissance totalement allégée au profit de la clarté et de la légèreté. Cela le limite aussi technique : il chante par exemple l'aubade de Mylio au ton inférieur (avec un timbre parfaitement ténor).

C'est pourquoi la classification comme ténor n'a pas vraiment de sens dans la chanson et la variété, l'étendue et les contraintes de timbre et de puissance changent totalement d'un genre à l'autre.

Concernant Rossi, on a quand même clairement affaire à une technique de ténor, à défaut de pouvoir juger de la voix - la parenté avec Georges Liccioni m'impressionne toujours (mais si Liccioni a fait Mylio dans le ton, il a aussi tenu Don Carlos à la scène !).


J´ai lu quelque part que Johnny Halliday serait aussi ténor , ce que je mets fortement en doute á cause de son acces aux graves et de son timbre qui me semble plutôt sombre pour un ténor " pur sucre" . David, si vous passez par lá, quel est votre avis sur ce chanteur ?

Pour la même raison, compliqué de répondre : s'il avait moins usé sa voix, s'il n'engorgeait pas, et s'il avait pratiqué la technique lyrique, peut-être qu'il aurait été ténor.
En tout cas, dans son domaine à lui, il a clairement la couleur d'un baryton, pas une fois profonde, mais une voix assez sombre.

Je suis assez réceptif à sa manière, dans le répertoire qui est le sien, il y a un vrai panache vocal dans ce qu'il fait - c'est d'ailleurs ce qui emporte l'adhésion, les chansons sélectionnées n'étant pas particulièrement les meilleures de l'héritage francophone...

44. Le mardi 13 décembre 2011 à , par Sandrine

Bonjour David et merci pour vos réponses . Vous avez raison, les contraintes et les contextes ne sont pas les même dans le domaine de la variété mais je pense que lá aussi, il y a des voix plus identifiables que d´autres : quelqu´un qui a un timbre tres clair, pas de graves et qui a un aigu, voire un suraigu naturellement facile et sans voix de sifflet, il y a de tres fortes chances pour que l´on ait affaire á un ténor s´il s´agit d´un homme ou á une soprano s´il s´agit d´une femme .
Apres, beaucoup d´artistes de variété ne pourraient pas chanter de lyrique parce qu´ils n´ont pas la voix pour cela .

Le terme " ténor" est, c´est vrai, bien plus souvent mis en avant ( ténor du barreau, par exemple) et donc, la voix qui est lié avec l´est aussi .
Peut-être que ce qui séduit les gens, c´est le timbre clair et éclatant ainsi que les aigus ? Il est vrai que l´on " badera" plus naturellement sur le contre-ut d´un ténor que sur celui d´un baryton, la voix de baryton étant considérée comme plus banale , plus virile , ce qui á mon avis est une aberration car l´on trouve de tres beaux timbres de voix dans tous les registres .

45. Le mercredi 14 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Sandrine,

La différence entre la variété et le lyrique n'est pas la nature vocale, mais bien la technique employée, puisque l'amplification permet des effets différents de la voix projetée. On voit ainsi quelues rares artistes maintenir les deux techniques, comme Peter Mattei (excellent dans les deux !) ou Renée Fleming (très personnelle à chaque fois). On murmure aussi que Callas imitait très bien Piaf dans le privé, mais je n'ai pas pu juger sur pièce.

Le ténor a été valorisé, historiquement, parce que la hauteur (et la clarté) de voix traduisait quelque chose d'héroïque, d'aérien, de presque surnaturel. Il a d'ailleurs pris la place du castrat en ce sens, et il est vrai qu'il est généralement beaucoup plus difficile de bâtir une voix de ténor (très exposée et construite) qu'une voix de basse (qui dépend largement du matériau naturel...), du moins si l'on veut un résultat exempt de défauts.

Mais l'arrivée du micro (et même, dès avant, la fascination pour le baryton, "l'homme de la rue", qui se développe de façon exponentielle au cours du XIXe jusqu'à devenir le héros privilégié de l'opéra du XXe) a considérablement changé les goûts, on peut murmurer d'une voix grave et être entendu. L'expression de la virilité ne passe donc plus par la tonicité des aigus, mais par la profondeur des graves. Vraiment une mutation culturelle considérable.

46. Le mercredi 21 décembre 2011 à , par Sandrine

Je n´ai jamais non plus entendu Callas chanter en voix de variété mais vous avez raison, ce n´est pas du tout la même chose : certains timbres de voix sont sublimes en mode lyrique et pas du tout fait pour de la variété , l´inverse est vrai aussi . Par exemple, j´imagine mal Claude Francois en emploi de chanteur lyrique et du reste, je ne crois même pas que ca l´aurait effleuré d´essayer de se lancer lá-dedans . Il y a des voix qui sonnent juste et qui peuvent être tout á fait charmantes mais qui ne sont faites que pour la variété .

47. Le mercredi 21 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

C'est vraiment la technique qui différencie les deux, pas la nature de la voix (même si certaines natures se prêtent plus aisément à l'un qu'à l'autre, sans doute).

Il suffit d'écouter les passages de R. Strauss au rock pour Fleming, de Wagner au croon pour P. Hofmann... les voix sont très différentes, le timbre a vraiment changé, ainsi que beaucoup de paramètres techniques.

En l'état de sa technique Claude François n'aurait pas pu chanter du lyrique (déjà, dans la variété, ce n'était pas spécialement un dieu de la technique vocale...). Mais un chanteur de variété qui aurait un solide soutien pourrait tenter, à condition de travailler bien sûr.

Il est plus difficile techniquement de passer de la variété au lyrique, j'ai l'impression, parce que les tessitures sont plus extrêmes, les micros ne peuvent plus aider à alléger, et surtout il faut beaucoup plus de soutien diaphragmatique dans la plupart des cas...
Mais ça n'a rien d'absolu ou d'insurmontable en soi. Evidemment, le gars qui ne fait ça que pour un festival caritatif par an, il va être moche en grosse-voix-lyrique ou ridicule en voix-minuscule-qui-s'étrangle, mais avec du travail, rien d'inaccessible du tout.

48. Le jeudi 19 janvier 2012 à , par Vervoitte

c'est la testostérone qui défini la hauteur de la voix
c est le basse qui en fabrique le plus de cette hormone
le baryton en fabrique moyennement
le ténor très peu
la basse taille avec le grave très bas souvent ces hommes sont de petite taille
la basse chantante qui a l'aigu plus facile que la grave qui est très grand de taille
le baryton basse - le baryton -le baryton martin le ténor baryton- le ténor dramatique le lyrico spinto le ténor lyrique le ténor léger
tous ces chanteur chantent avec la voix de poitrine ils appuient le souffle sur le diaphragme avec le voile du palais ils bouchent les fosses nasales et dirigent la colonne d'air vers le palais au dessus des incisives du haut et c'est la langue qui fait ce travail sa pointe collée a la gencive en dessous des incisives du bas c'est le milieu de cette langue qui fait le tremplin pour la fabrication des voyelles A E I O U
le castra chantait comme tous ces chanteurs normaux avec la voix de poitrine sauf que ses cordes vocales restaient enfant puisque castré il grandi comme un homme le physique suit la morphologie la poitrine le cou tout sauf les cordes vocales
le contre tenor ne peut pas rivaliser en puissance en vibrato la tessiture

49. Le jeudi 19 janvier 2012 à , par vervoitte

rectification Basse noble est la plus grave et non basse taille

50. Le jeudi 19 janvier 2012 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Vervoitte !

Tout ce que vous énoncez ici : la testostérone n'a pas de lien avec la hauteur de la voix. La hauteur de la voix a des origines physiologiques "structurelles" et non hormonales, et elle dépend surtout de la façon de l'utiliser. Selon la technique, le centre de gravité de la voix est très différent.

Pour la taille, c'est une indication, mais il n'existe pas de corrélation systématique. Au-dessus d'1m90 on ne trouve plus guère que des basses et au-dessous d'1m65 guère que des ténors, mais entre ces deux pôles, on rencontre tous les types de voix, on pourrait citer quantité de contre-exemples.

La "voix de poitrine" est une technique d'émission, et par conséquent aucune tessiture n'est obligée de l'utiliser dans l'absolu - même si effectivement, à l'opéra, c'est l'ingrédient de base.


le castra chantait comme tous ces chanteurs normaux avec la voix de poitrine sauf que ses cordes vocales restaient enfant puisque castré il grandi comme un homme le physique suit la morphologie la poitrine le cou tout sauf les cordes vocales
le contre tenor ne peut pas rivaliser en puissance en vibrato la tessiture

Tout à fait, il grandit mais conserve un larynx d'enfant, et pouvait donc chanter à pleine voix, sans se "couper" de sa voix parlée. En revanche, ils ne chantaient pas principalement en voix de poitrine, mais en voix de tête, comme les femmes, d'une façon qui ne ressemble pas du tout au son étroit et blanc du fausset masculin.

Bonne soirée !

51. Le jeudi 19 janvier 2012 à , par Vervoitte

les hormones ont une importance
exemple les femmes œstrogène et progestérone
la progestérone voix grave les œstrogènes voix aigue

52. Le jeudi 19 janvier 2012 à , par Vervoitte

Le chanteur de variété n'a pas de technique du chant professionnel la voix n'est pas placée il chante dans le nez il chante a découvert il hurle sa tessiture est toute petite il lui faut un micro il ne chante pas juste la musique qu'il chante et Nièvre pas construite et l' harmonie enfin la composition est de niveau école maternelle
je prends un exemple je choisi le baryton
un baryton classique chante du LA grave qui se trouve huit notes au dessous du LA du diapason et huit notes au dessus
la-------la-------la il chante du pianissimo au fortissimo et puis chanter Mozart par exemple c'est de l'art il faut être artiste sois même avoir étudier dans un conservatoire national le solfège avec ses sept clés les dictées musicales etc. et pour le chanteur la voix les exercices des mois et des mois et années beaucoup de sacrifices
souvent il étudie en même temps un autre instrument et la voix vers les seize ans quand la mue est terminée
le conservatoire c'est trois journées par semaine minimum
a coté de tout cela il y a le collège et le lycée c' est obligatoire on ne peut pas être au lycée et au conservatoire en même temps donc le soir il faut étudier par correspondance les cours du collège et ensuite du lycée
pour être musicien pour un jour faire de l'art il faut beaucoup travailler aimer la musique
les cordes vocales du chanteur classique sont son instrument de musique qu'il préserve des courants d'air du froid il ne mange pas des noisettes des amandes des noix du poivre tout ce qui irritent les muqueuses qui pour lui serait une catastrophe il y a aussi le régime alimentaire le sommeil il faut beaucoup s'occuper de son instrument
et puis le chanteur chante avec d'autres musiciens qui comme lui ont beaucoup étudiés et ces musiciens interprètent des compositeurs haut de gamme la musique classique c'est la beauté l'égalité le bonheur

revenons a la variété c' est l'anti culture pour le peuple c' est le fric facile il ne faut surtout pas que les gens se cultivent métro boulot dodo
la liberté n'existe pas nous sommes la mémoire des autres ils façonnent notre mémoire sans culture le minimum

53. Le vendredi 20 janvier 2012 à , par DavidLeMarrec

Rebonsoir,

Difficile de répondre complètement à tant d'affirmations cumulées, mais je vais m'efforcer de rebondir sur un maximum de sujets. :)


les hormones ont une importance
exemple les femmes œstrogène et progestérone
la progestérone voix grave les œstrogènes voix aigue

Pourtant, physiologiquement, ce n'est pas l'hormone qui produit la voix. D'autant plus que la tessiture dépend grandement du type de technique utilisé.

Mais vous voulez peut-être dire que lors de la croissance, les hormones ont un impact sur les organes de la phonation, d'une façon qui favorise l'une ou l'autre caractéristique ? Ce genre de corrélation très étroite me paraît tout à fait suspecte, les facteurs qui définissent une voix étant plus complexes que la simple taille de l'appareil phonatoire, mais si vous avez des références, je les lirai avec beaucoup d'intérêt bien sûr.

Le chanteur de variété n'a pas de technique du chant professionnel la voix n'est pas placée il chante dans le nez il chante a découvert il hurle sa tessiture est toute petite il lui faut un micro il ne chante pas juste la musique qu'il chante et Nièvre pas construite et l' harmonie enfin la composition est de niveau école maternelle

Jolie enfilade de clichés, qui ont le défaut ne pas être tous fondés. :)

Pour ne prendre qu'un aspect simple, ce n'est pas parce qu'il est plus facile à un profane de chanter de la variété que du Wagner que ceux qui chantent de la variété sont de mauvais chanteurs. Il suffit de mettre un excellent chanteur lyrique devant une chansonnette pour s'apercevoir que le cahier des charges est différent, tout simplement.

Même chose pour les tessitures, c'est la réduction de la variété à des clichés non vérifiés ou à un tout petit nombre d'oeuvres (un peu comme si on disait que l'opéra contient énormément de vocalises et finit mal : tout ne ressemble au seria donizettien, Dieu merci).


c'est de l'art il faut être artiste sois même avoir étudier dans un conservatoire national le solfège avec ses sept clés les dictées musicales etc. et pour le chanteur la voix les exercices des mois et des mois et années beaucoup de sacrifices

Sept clefs pour un chanteur ? Ca existe ça ? Déjà, lorsqu'un ténor arrive à déchiffrer péniblement une clef de fa en appuyant sur les touches d'un piano, on peut crier au miracle. :)
En plus, le chant lyrique est la seule discipline musicale en "classique" où l'on puisse faire carrière sans le Conservatoire.

le conservatoire c'est trois journées par semaine minimum

Même chose, il ne faut pas exagérer. Est-ce qu'on parle d'un pianiste et organiste inscrit en écriture, orchestre et composition au CNSM, ou d'un chanteur qui fait dans un cursus normal moins d'une heure de cours et éventuellement une heure de solfège ou de chorale en sus ?

a coté de tout cela il y a le collège et le lycée c' est obligatoire on ne peut pas être au lycée et au conservatoire en même temps donc le soir il faut étudier par correspondance les cours du collège et ensuite du lycée

Il existe un bac pour les musiciens, même si la quasi-totalité des musiciens professionnels ont passé un bac normal dans un établissement normal, c'est donc possible. A plus forte raison pour les chanteurs, qui ne peuvent pas, pour des raisons physiologiques (et pour le grand soulagement de leur entourage), s'entraîner trop longtemps dans une journée.

il ne mange pas des noisettes des amandes des noix du poivre tout ce qui irritent les muqueuses qui pour lui serait une catastrophe il y a aussi le régime alimentaire le sommeil il faut beaucoup s'occuper de son instrument

Là aussi, légende. On évite bien sûr le verre de vin avant, et les plus précautionneux n'abusent pas de viande, de tomates et autres agents un peu irritants. Mais il existe un nombre non négligeable de très grands chanteurs (pas forcément des basses !) qui sont de gros fumeurs, qui passent leurs soirées de façon festive, etc. Ca dépend vraiment de la résistance des instruments et du profil de chaque individu.


et puis le chanteur chante avec d'autres musiciens qui comme lui ont beaucoup étudiés et ces musiciens interprètent des compositeurs haut de gamme

Je ne suis pas en désaccord avec cela, bien sûr. Il est évident qu'il n'y a rien de comparable en degré de difficulté dans la musique populaire avec le fait de chanter un opéra de Richard Strauss avec orchestre (puissance, endurance, ambitus, rythmes difficiles, mélodies disjointes non doublées, public exigeant, synchronisation avec énormément de musiciens dispersés entre la fosse, le plateau, parfois la coulisse, mise en scène potentiellement contraignante...), mais le fossé est tout aussi immense entre un R. Strauss et un Haydn...

la musique classique c'est la beauté l'égalité le bonheur

Pour l'égalité, c'est au contraire un monde très hiérarchisé, il suffit de voir la distribution des solos dans un orchestre : il y a bel et bien celui qui fait les solos et celui qui lui tourne la page !


revenons a la variété c' est l'anti culture pour le peuple c' est le fric facile il ne faut surtout pas que les gens se cultivent métro boulot dodo
la liberté n'existe pas nous sommes la mémoire des autres ils façonnent notre mémoire sans culture le minimum

C'est joli comme slogan, mais ça demande à être démontré, non ?


Il n'est nul besoin de dénigrer d'autres formes d'expression pour profiter de celle-là, de toute façon. Chaque forme (et je ne peux pas dire que je les apprécie de façon égale !) répond à son cahier des charges. Certaines sont moins riches, sans doute, et certains artistes très liés aux modes commerciales, mais il n'empêche que cela ne concerne pas l'ensemble du corpus, et qu'il n'est pas interdit de trouver son intérêt différemment à des styles différents.

54. Le lundi 13 février 2012 à , par scarpia

Bonjour,
merci pour cet article très intéressant, qui a le mérite de remettre quelques pendules à l'heure.
Je voudrais cependant réagir sur quelques sujets...
Sur les falsettistes tout d'abord. Le falsetto est un terme italien qui existe depuis très longtemps, et qui ne désigne pas forcément le mécanisme 2 : certains techniciens italiens le placent ENTRE la voix de poitrine et la voix de tête! Je considère ce terme comme une manière légèrement méprisante de décrire le mécanisme 2 des hommes. Physiologiquement, mécaniquement, il correspond exactement à la voix de tête des femmes, tout comme la voix de poitrine ou mécanisme 1. Intrinsèquement, il n'y a aucune raison pour que la justesse, la puissance ou l'intelligibilité des paroles soit inférieure chez un alto homme que chez une alto femme. Le déficit de puissance que tu pointes du doigt est imputable à la tessiture, généralement très grave, du répertoire de castrat alto! Mais un contre-ténor dans l'aigu est tout à fait capable, avec un technique sûre bien entendu, d'avoir une puissance très impressionnante.

Les contre-ténors aujourd'hui, dans leur immense majorité, apprennent à chanter dans les classes baroques. Ils sont donc très peu à développer une technique "belcantiste", la plus à même (selon moi bien entendu) à développer de manière harmonieuse la qualité du timbre, du vibrato et la puissance sonore. De plus, pour une raison que je ne m'explique pas, beaucoup de contre-ténors n'utilisent pas, ou vraiment uniquement pour l'extrême grave, leur voix de poitrine (mécanisme 1). Et que veux-tu dire quand tu parles de voix "amputée"? Les contre-ténors utilisent très exactement la même technique que les voix de femmes lyriques, cad les deux mécanismes 1 et 2, en privilégiant plutôt le 2 dans la zone de passage. Les seuls hommes qui n'utilisent que la moitié de leur voix sont les basses, barytons et ténors, qui, eux ne connaissent que le mécanisme 1. (sauf effet ponctuel et généralement comique)

Le problème du remplacement des castrats dans l'opéra baroque italien n'a pas de solution réellement satisfaisante, à moins de remettre la castration au goût du jour. Senesino, le castrat alto qui a crée la grande majorité des rôles de Handel chantés aujourd'hui par des contre-ténors, chantait exclusivement en voix de poitrine! Qui pourrait aujourd'hui s'approcher de cela? Les contralto femmes ne sont pas plus légitimes en terme de timbre et de puissance!
Le manque de puissance des contre-ténors n'est pas plus flagrant que celui des voix féminines graves.

En conclusion, je voudrais souligner la progression, et la profusion, des contre-ténors aujourd'hui. Cela ne manquera pas de faire monter le niveau!

55. Le lundi 13 février 2012 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir estimé baron,

Effectivement, on peut disputer à l'infini sur les termes, même chose pour la voix de tête d'ailleurs : pour certains il s'agit de l'émission légère, pour d'autres de l'émission au delà du passage (donc le plus souvent en voix de poitrine dans le "grand répertoire" !), etc.
A cause de l'équivalence assez nette des deux mécanismes, je ne vois pas de raison de ne pas utiliser voix de tête dans la même acception pour les voix de femme, mais on peut effectivement défendre tout un autre réseau terminologique.

Intrinsèquement, il n'y a aucune raison pour que la justesse, la puissance ou l'intelligibilité des paroles soit inférieure chez un alto homme que chez une alto femme.

Je ne suis pas d'accord avec cela, puisque l'usage de cette technique entraîne l'usage "partiel" des résonances vocales de l'homme, du moins dans ces tessitures, comme tu le soulignes tout de suite après :

Le déficit de puissance que tu pointes du doigt est imputable à la tessiture, généralement très grave, du répertoire de castrat alto! Mais un contre-ténor dans l'aigu est tout à fait capable, avec un technique sûre bien entendu, d'avoir une puissance très impressionnante.




Et que veux-tu dire quand tu parles de voix "amputée"? Les contre-ténors utilisent très exactement la même technique que les voix de femmes lyriques, cad les deux mécanismes 1 et 2, en privilégiant plutôt le 2 dans la zone de passage. Les seuls hommes qui n'utilisent que la moitié de leur voix sont les basses, barytons et ténors, qui, eux ne connaissent que le mécanisme 1. (sauf effet ponctuel et généralement comique)

Cela s'entend très facilement, on a l'impression que la voix n'émane que de la tête, qu'elle n'est qu'effleurée et pas "approfondie", contrairement aux voix de femme. Tout simplement parce que les falsettistes n'utilisent pas toutes les résonances qui correspondent à leur tessiture.

En ce sens, il est tout à fait possible que tu aies raison sur la question de la formation technique, plus taillée pour le répertoire liturgique baroque que pour remplir des salles.


Le problème du remplacement des castrats dans l'opéra baroque italien n'a pas de solution réellement satisfaisante, à moins de remettre la castration au goût du jour. Senesino, le castrat alto qui a crée la grande majorité des rôles de Handel chantés aujourd'hui par des contre-ténors, chantait exclusivement en voix de poitrine! Qui pourrait aujourd'hui s'approcher de cela? Les contralto femmes ne sont pas plus légitimes en terme de timbre et de puissance!

Certes, mais une mezzo fera toujours plus de bruit et phrasera avec plus d'aspérités qu'un contre-ténor...


Le manque de puissance des contre-ténors n'est pas plus flagrant que celui des voix féminines graves.

Ce n'est pas faux (le plus souvent parce que ce ne sont pas forcément de vrais contraltos !), mais c'est quand même encore plus spectaculaire chez les hommes : en plus de ne pas avoir de volume et une projection très modeste, ils ont un impact physique en salle tout à fait impalpable, qui n'existe pas chez les voix de femme (même mal projetées).

Pour prendre des cas concrets, Lesne ou Cencic semblent toujours "loin", même du premier rang, alors que Mingardo paraît juste très mal projetée (mais le son a une origine palpable). Et puis il y a le cas de pas mal de voix graves comme Mijanovic (ou même la non-contralto Prina) qui ont un véritable impact. Pour l'heure, je n'ai jamais entendu de falsettiste qui projette bien - ni même qui, en retransmission, semble le faire. Des noms, des exemples ?


En conclusion, je voudrais souligner la progression, et la profusion, des contre-ténors aujourd'hui.

C'est vrai, on a considérablement progressé (il faut dire aussi qu'on est parti d'assez bas...), mais globalement, je ne suis pas certain que ce soit un secteur où l'investissement soit vraiment judicieux. Lorsqu'on voit des chanteurs abandonner leur voix "complète" sous prétexte qu'ils ont un fausset facile, au lieu d'en faire des ténors souples qui mixent parfaitement, je trouve le résultat souvent frustrant.

En somme, indépendamment de la valeur individuelle incontestable de certains interprètes, je m'interroge vraiment sur l'intérêt de cette technique - et plus encore si c'est pour faire mine de remplacer les castrats dans des salles d'opéra !

Aurais-tu des exemples de ces contre-ténors de technique belcantiste romantique, mieux projetés ?

56. Le mercredi 22 février 2012 à , par vervoitte

comme je vous ai expliqué plus haut la technique pour un chanteur classique c.à.d. un chanteur d'opéra avec le voile du palais il obstrue les fosses nasales
ces chanteurs classiques chantent avec la voix de poitrine ils appuient le souffle sur le diaphragme avec le voile du palais ils bouchent les fosses nasales et dirigent les vibrations et la colonne d'air vers le palais au dessus des incisives du haut c'est la langue qui fait ce travail sa pointe collée a la gencive en dessous des incisives du bas c'est le milieu de cette langue qui fait le tremplin pour la fabrication des voyelles A E I O U
il faut chanter pour comprendre
je parle de la technique physique dans le détail pour le contre ténor il y a un manque de puissance de vibrato c'est obligé
le contre ténor n'a pas toute notre technique
il y a perdition du souffle et des vibrations
il chante comme nous disons vulgairement ''dans le nez '' et c'est vrai techniquement il a tout faut
Farinelli et les autres ne chantaient pas dans le nez ils obstruaient les fosses nasales et prenaient appui sur le diaphragme
et c'est parce qu'il a toute cette technique que le chanteur d'opéra avec voix de poitrine peut chanter dans une petite salle dans une grande dans la rue pas besoin du micro il chante piano fortissimo triste gai amoureux
il est en même temps l'instrument de musique et l'interprète
la voix classique est le plus bel instrument de musique
au départ les gens chantaient n'importe comment et puis comme pour tous les autres instruments de musique il y a eu une évolution et maintenant nous avons l'orchestre et les chanteurs classiques avec l'instrument '' la voix ''
avec le contre ténor c'est retourner en arrière
certainement il y bien longtemps des hommes chantonnaient avec la voix de tête
Othello l'air des clochettes le grand Schubert par un contre ténor laissez moi rire
c' est une mode
il ne faut pas critiquer sans connaitre
il faut parler de ce que nous connaissons
si vous êtes contrebassiste parler de contrebasse et rien d'autre parce que vous avez étudié cet instrument
et que les autres instruments vous ne connaissez pas
et c'est le chef qui dirige l'interprétation chacun son métier
la musique c'est beaucoup de métiers très différents
certains intellectuels blablayotent pour ce donner un'' moi je sais tout '
les critiques aussi mais pour de l'argent
ils existent et ils en profitent parce que les gens ne sont pas cultivés
et ces gens aimeraient le devenir
c'est tout un programme comprendre le beau


57. Le jeudi 23 février 2012 à , par DavidLeMarrec

Je ne suis pas tout à fait sûr de discerner ce à quoi vous répondez...

Je dois vous avouer que votre texte est un peu difficile à lire sans ponctuation, et que je ne suis pas sûr d'avoir pleinement appréhendé sa logique ; de même pour les affirmations un peu péremptoires (diversement vérifiables), qui ne rendent pas la réponse très aisée... Je peux difficilement réagir à tout sans être très long, mais je ne voudrais pas être indélicat en laissant votre texte sans réaction.

Tout ce que je puis dire en restant bref, c'est que tous les critiques ne sont pas équivalents (du tâcheron népotique planqué à l'esthète visionnaire), et qu'il est bien entendu permis de parler de ce qu'on ne pratique pas, sans quoi personne ne pourrait parler d'orchestre, et seuls les musiciens pourraient apprécier la musique.
Evidemment, le fait de ne pas être familier de ces univers implique en principe une certaine prudence, mais certainement pas une disqualification !

Je vous souhaite une excellente journée à la poursuite du Beau.

Rapportez-m'en un morceau si jamais vous l'attrapez !

58. Le jeudi 16 août 2012 à , par Sandrine

Je ne suis pas d´accord avec le message ci-dessus car déjá , un chanteur d´opéra n´est pas nécessairement un chanteur classique et loin de lá puisque l´on trrouve en nombres considérable des opéras classiques, c´est certain mais aussi des opéras baroques, romantiques , modernes et beaucoup d´artistes de renom ont navigué avec brio d´un répertoire á un autre sans faillir .
Ensuite, toutes ces explications techniques sont tres ennuyeuses et trop intellectuelles pour les gens qui , comme moi , ont une passion intuitive des voix .
Je ne cherche en aucun cas l´érudition mais simplement le bonheur de découvrir la beauté des voix par l´écoute et l´émotion et je crois que s´il fallait être un éminent spécialiste pour apprécier , les arts ne pourraient pas être appréciés de beaucoup . D´ailleurs, ceux qui sont trop spécialistes sont souvent bien loin de la réalité avec leurs théories .

59. Le vendredi 17 août 2012 à , par DavidLeMarrec

Classique / lyrique / d'opéra sont des synonymes dans ce cas. :) Le mot "classique" employé de façon générale ne sert plus à désigner le style, mais l'ensemble de la musique "sérieuse écrite".

Bien sûr qu'il y a diverses façons d'apprécier l'art, de la plus ingénue à la plus documentée, personne ne dit le contraire ; le plaisir en est d'ailleurs assez différent. Les différentes formes d'art se prêtent plus ou moins à l'une ou l'autre approche, aussi. Le chant lyrique est typiquement une des expressions artistiques qui permet des entrées très diverses, de la simple jouissance sonore à la description acoustique / phoniatrique / historique.

60. Le jeudi 23 août 2012 à , par Sandrine

Ok, c´est vrai que beaucoup de gens appellent classique tout ce qui n´est pas ultra-contemporain mais personnellement, j´essaie de faire attention au maximum á la rectitude des timbres . Je ne crois pas qu´un spécialiste du chant baroque verrait d´un bon oeil le fait que je le " classe" dans le créneau classique !
Je suis d´accord avec vous sur les diverses manieres d´aimer les arts mais apres avoir discuté de ces sujets avec diverses personnes, je me suis rendue compte que les gens les plus instruits n´étaient pas toujours les plus intelligents ni les plus cultivés en la matiere . Je connais une personne qui juge le charme d´une voix uniquement sur les notes aigues qu´elle peut atteindre , ce qui fait que question chanteuses , ne trouve grâce á ses yeux que les sopranos aigues .

61. Le jeudi 23 août 2012 à , par DavidLeMarrec

Ce n'est pas une question d'être ultra-contemporain, puisque la musique populaire du XVIIe siècle n'est pas considérée comme de la « musique classique », et inversement, ce qu'on appelle la « musique contemporaine » est considéré comme de la musique classique au sens large.

Tout dépend dans quel contexte on parle. On parle de "chant classique" en général pour désigner le "chant lyrique" dans son ensemble (mais là aussi, "lyrique" peut désigner par ailleurs une forme spécifique d'expression poétique, ça existe aussi dans la variété, l'expression lyrique !). Evidemment, si on parle entre "classiqueux", alors on parlera des différentes périodes, et on ne dira pas à un prof de baroque qu'il enseigne la technique mozartienne.

Mais personne ne parle de "technique classique" pour désigner la technique vocale ou instrumentale du second XVIIIe siècle, donc ça limite considérablement les confusions. Pour le chant, on peut parler de technique belcantiste, de technique mozartienne, de technique gluckiste... mais de technique classique, je n'ai jamais entendu parler de cela. Généralement les moyens convoqués proviennent du baroque pour le chant (pour les instruments, c'est un peu différent), donc les chanteurs et les techniques de base sont la plupart du temps les mêmes.

62. Le vendredi 24 août 2012 à , par Sandrine

Bonjour, pour en revenir aux contreténors , que pensez vous de la voix d´Alexis Vassiliev ?
Soin timbre sonne plutôt mezzo assez aigu mais pas du tout dans le même genre que Jarrousky , par exemple .

63. Le dimanche 26 août 2012 à , par DavidLeMarrec

Je le découvre en ligne après votre commentaire ; ses disques ne sont manifestement pas très nombreux ni très bien distribué. La voix (pas parfaite) m'évoque davantage un versant plus acide des falsettistes, je le sens plus proche de Charles Brett, par exemple. Mais plus jeune, oui, dans son disque de mélodies russes, la voix est beauocup plus ronde et maîtrisée. Je ne suis pas particulièrement ébloui cela dit, ses derniers enregistrements sont d'un niveau assez fragile pour un professionnel.

64. Le mercredi 29 août 2012 à , par Sandrine

J´avais été un peu emballée les premieres fois oú j´avais entendu Vassiliev mais apres l´avoir mieux écouté , je reconnais que mon emballement était un peu précipité . C´est vrai qu´il est assez acide dans l´aigu . Charles Brett, je ne connais pas du tout mais j´imagine que je peux trouver des vidéos en ligne de lui .
Et Gerard Lesne , qu´est-il ? Une prof de technique vocale m´avait dit qu´en réalité , il était haute-contre et non contre-ténor et pourtant, il est bel et bien consiréré comme falsettiste . J´avoue que je ne le connais pas beaucoup vocalement parlant mais je n´ai vraiment pas l´impression que c´est un ténor aigu.

65. Le mercredi 29 août 2012 à , par Sandrine

J´avais oublié : que pensez vous d´Eve Ruggeri , la célebre présentatrice de Musiques au coeur ? Parce que personnellement, même si je suis persuadée que
c´est une femme adorable , j´ai été un peu surprise en visionnant des extraîts d´émission que des notions de lyrique pourtant simple lui échappent , le terme
" colorature" , par exemple . Cela m´avait vraiment surprise car il me semble qu´un animateur de ce genre d´émission est censé maîtriser un minimum de concepts, non ?
Je l´aurais cru beaucoup plus experte en la matiere , surtout qu´il y a longtemps qu´elle anime des émissions de ce genre .

66. Le mercredi 29 août 2012 à , par DavidLeMarrec

Je crois qu'il y a une question d'âge. Le haut de la tessiture s'abîme, et forcément, pour une contre-ténor, ça fait mal. Ses enregistrements plus anciens sont vraiment estimables.

Charles Brett chantait dans les années 70-80, vous pourrez par exemple l'entendre avec Malgoire ou Pinnock. Chouette voix au demeurant.

Concernant Lesne, je suis au regret de contredire le professeur que vous citez, mais il a tort. Gérard Lesne chante en fausset. Il chante du répertoire français de haute-contre prévu pour ténor, mais dans ce cas il transpose, et de beaucoup. En théorie, une oeuvre en si bémol du XVIIIe siècle se joue en la bémol. Lui, il la chante en si, soit un demi-ton de plus qu'au diapason moderne, et une tierce majeure au-dessus de ce qu'on chantait à l'époque, et qui est acessible à un ténor en effet.
De toute façon, cela s'entend très bien, même s'il renforce légèrement en poitrine, il reste en mécanisme II tout le temps.
J'ai un peu abordé la question récemment ici.

67. Le mercredi 29 août 2012 à , par DavidLeMarrec

Je n'ai pas d'opinion arrêtée sur Ève Ruggiéri, d'abord parce que je n'ai pas vu Musiques au coeur depuis dix ans, ensuite parce que je ne suis pas assez informé de son activité de promotion de chanteurs en dehors des plateaux.

Sur son émission elle-même, oui, elle n'est pas du tout spécialiste, et cela s'entend, elle utilise beaucoup de termes subjectifs et de clichés (Rossini => champagne). Mais le but étant de présenter l'opéra à la manière des magazines de papier glacé, avec des stars (qui sont forcément les seules, puisqu'elles sont stars), des jeunes talents exceptionnels (qui font carrière depuis des années, mais il est vrai qu'elle leur donne une visibilité considérable), un monde de rêve où tout le monde est heureux... comment lui reprocher de ne pas être une spécialiste ? Elle parle en amateur et ne s'en cache pas, son boulot étant de donner envie, par sa bonne humeur, d'écouter ce qui suit. Elle remplit assez bien son contrat dans ce cadre.

(Après, je ne partage pas ses goûts en matière de voix, et je ne suis pas forcément d'accord avec ce qu'elle dit !)

Je serais plus sévère avec Alain Duault, qui se présente comme le spécialiste musicologue de la maison et qui raconte beaucoup de choses fausses (souvent des anecdotes mal attribuées, déformées ou non vérifiées, où sa mémoire le trahit...). Et c'est pareil dans certains de ses livres. Là, je suis moins satisfait, parce qu'il nous vend une présentation "érudite" (même si adaptée au format très-grand-public télévisuel) et nous donne plein de tuyaux percés.
Sinon, lui aussi, il donne assez envie d'écouter ce qui suite, ce qui est peut-être l'essentiel.

Contrairement à ce que vous semblez supposer, un animateur de ce genre d'émission n'est pas tenu de maîtriser particulièrement ces questions... S'il parle en souriant, c'est suffisant. Leur rôle est davantage interne à la chaîne, de conserver la case horaire en rendant leur présence à l'écran attractive. :)

68. Le mercredi 29 août 2012 à , par Sandrine

Concernant Vassiliev , j´avais lu dans un article qu´il expliquait que sa voix n´avait jamais vraiment mué ( pourtant, je l´ai rapidement entendu parler sur une vidéo oú il était en interview et il n´a pas une voix de petit garcon ) mais c´est vrai qu´en prenant de l´âge ( il ne doit pourtant pas avoir plus de 50 ans ) ,
on a l´impression que le timbre est fatiguée et " râpé" .

69. Le mercredi 29 août 2012 à , par DavidLeMarrec

Elle a sans nul doute mué (sinon ça impliquerait d'autres désagréments pour lui...), mais d'une façon facile, oui, ça arrive chez certains spécialistes ultérieurs du fausset.

Le timbre peut se faner pour beaucoup de raisons, sinon : forçage (planning trop intensif ou technique pas tout à fait optimale), âge, état général du corps...

70. Le jeudi 30 août 2012 à , par Sandrine

Bonjour David . En fait, autant qu´il m´en souvienne , Vassiliev expliquait dans le dit article qu´il n´était jamais arrivé á prendre un timbre de baryton , ce qui signifie simplement que sa voix naturelle n´est pas baryton mais c´est vrai que cela ne signifie pas qu´il n´a pas mué . Il y a des voix qui sont tres claires et qui restent claires malgré tout ce que l´on peut faire .

71. Le jeudi 30 août 2012 à , par DavidLeMarrec

En effet, ça change considérablement les choses. :)

72. Le jeudi 4 octobre 2012 à , par Mathieu

Bonsoir David,
est-il vraiment possible d'etre a la fois tenor et contre tenor?? et encore plus etonnant bariton et contre tenor? ces voix sont si eloignees l une de l autre. Bien sur un tenor tres aigu peut tenir ces tessitures tres elevees mais un bariton certainement pas, non? en tout cas pas pendant toute une aria. Tout comme une alto peut chanter des airs de soprano mais ce sera tres fatiguant pour elle.
Jarrousky ou Scholl arrivent ils a chanter aussi bas que des tenors? Ont ils assez des notes graves? Leur tessiture naturelle est en tout cas beaucoup plus elevee...

73. Le vendredi 5 octobre 2012 à , par David Le Marrec

Bonsoir Mathieu !

Oui, il est non seulement possible, mais tout à fait commun, d'être ténor ou baryton et contre-ténor. Jaroussky, lorsqu'il chante "normalement", est plutôt baryton (avec une voix travaillée, il est vraisamblable qu'il serait plutôt baryton aigu ou ténor).

Le chant comme contre-ténor n'a rien à voir avec la voix parlée naturelle : il n'utilise que le "mécanisme II" (le mécanisme léger, le fausset), que les hommes n'utilisent jamais en parlant, sauf effets expressifs (écouter de Gaulle, par exemple). Peu importe la tessiture d'origine en voix de poitrine, ce qui compte est simplement la longueur et la puissance du fausset.

C'est bien pourquoi ces voix paraissent très souvent "partielles", peu résonantes, fragiles : ils sont en quelque sorte déséquilibrées, privées de leurs appuis naturels. Personnellement, plus le temps passe, plus je suis dubitatif sur la technique : les mots sont ramollis, l'accentuation des phrasés musicaux difficile, et en salle la projection généralement ridicule. La technique a toute sa place dans la musique liturgique baroque et d'une manière générale dans les choeurs, avec des couleurs souvent plus différenciées et plus belles que les altos féminins, et où les questions de puissance ne se posent pas, mais se justifie beaucoup moins pour les solistes, en particulier à l'opéra. Et je ne parle même pas du lied, les disques de Kowalski ou Jaroussky, bien malgré leur application, sont des attentats, et Esswood est surtant amusant.

A posteriori, ça explique aussi la permanence de la vénération pour Deller, qui avait une voix émise en mécanisme léger mais très projetée, et enrichie d'harmoniques de poitrine, et qui faisait valoir un soin remarquable de la diction. Mais c'est une technique spécifique, qui ne peut pas se comparer à celle des falsettistes d'aujourd'hui, qui sont donc limités du point de vue de la chair sonore et de la netteté d'élocution.

74. Le vendredi 5 octobre 2012 à , par La Stupenda

Bonjour à tous les deux!

Effectivement, il est tout à fait normal d'être baryton ou ténor, puisque la voix de tête, chez l'homme, n'est qu'une extension, pas une "vraie" voix.

C'est bien pourquoi ces voix paraissent très souvent "partielles", peu résonantes, fragiles : ils sont en quelque sorte déséquilibrées, privées de leurs appuis naturels. Personnellement, plus le temps passe, plus je suis dubitatif sur la technique : les mots sont ramollis, l'accentuation des phrasés musicaux difficile, et en salle la projection généralement ridicule. La technique a toute sa place dans la musique liturgique baroque et d'une manière générale dans les choeurs, avec des couleurs souvent plus différenciées et plus belles que les altos féminins, et où les questions de puissance ne se posent pas, mais se justifie beaucoup moins pour les solistes, en particulier à l'opéra. Et je ne parle même pas du lied, les disques de Kowalski ou Jaroussky, bien malgré leur application, sont des attentats, et Esswood est surtant amusant.

A posteriori, ça explique aussi la permanence de la vénération pour Deller, qui avait une voix émise en mécanisme léger mais très projetée, et enrichie d'harmoniques de poitrine, et qui faisait valoir un soin remarquable de la diction. Mais c'est une technique spécifique, qui ne peut pas se comparer à celle des falsettistes d'aujourd'hui, qui sont donc limités du point de vue de la chair sonore et de la netteté d'élocution.



Oui, cette technique, pour une voix masculine, n'est pas franchement éblouissante. La voix manque de corps, de percutant, on dirait un peu une voix d'enfant, qui n'a pas developpé toute sa puissance et son caractère. On dirait vraiment qu'il manque quelque chose...

Pour palier à ces défauts, les contre-ténors devraient chanter comme l'exemple Duller, que tu cites, il faudrait qu'ils utilisent une voix de tête renforcée. Ça leur donnerait plus de puissance, de solidité, de puissance et de résoncance... Moi-même, j'utilise cette technique et c'est bien concluant que quand j'utilise ma voix de tête pure.

Tu dis que les disques de Kowalski et Jarrousky sont des " attentats"?! Je trouve que tu vas un peu loin quand même :) ! Peux-tu m'en dire plus dire plus?

Quant à la vidéo, prends tout ton temps pour la regarder, je comprends tout à fait :)

75. Le vendredi 5 octobre 2012 à , par David Le Marrec

Bonsoir !

Une extension, ou plus exactement une composante complémentaire, qui est souvent utilisée, mais en principe toujours en association avec l'autre. D'où l'impression de fragilité, d'instabilité, voire de pauvreté du fausset seul.

Pour Kowalski et Jaroussky, je parlais seulement de leurs disques respectifs de lieder et de mélodie. Des lignes toutes lisses, et surtout un texte complètement inintelligible, ce qui est absolument rédhibitoire dans ce répertoire. Quand je dis attentats, ce n'est même pas un jugement de valeur (personne ne s'extasie devant la Meunière de Kowalski, mais il est tout à fait possible d'aimer la couleur spécifique des Fauré de Jaroussky), simplement le constat que ce qui fait l'essence du genre est détruit - d'où le mot, qui ne se voulait pas particulièrement polémique.

Il existe cependant des contre-exemples : le disque de Jörg Waschinski consacré à Clara Schumann (arrangement pour accompagnement de quatuor à cordes) est une grande réussite, superbement dit, et avec une voix qui atteint une chair très crédible - on entend vraiment une voix féminine, en fait. Mais c'est le seul cas vraiment convaincant que j'aie rencontré.

76. Le samedi 2 novembre 2013 à , par Vanille

Bonsoir, je confirme á celui ou celle qui posait la question qu´il est tout á fait possible pour un homme d´être á la fois baryton ( et même basse) et contreténor, de même qu´il est naturellement possible pour certaines femmes alto d´émettre des notes suraigues en mode sifflet : certes, la comparaison est mal venue car, tandis que la basse peut exploiter sa tessiture de contreténor avec une certaine technique, je ne suis pas sûre qu´une alto pourrait chanter Zerbinetta ou La Reine de la Nuit entierement avec sa voix de sifflet, ne serait-ce que parce que les tessitures de ces deux rôles pour soprano aigu risquerait de la mettre á genoux mais apres tout, on peut toujours supposer qu´il y a des exceptions car il est impossible de connaître toutes les voix
( surtout les voix inconnues !) qui sillonnent la planete .

Vassiliev : un contre-ténor de tessiture mezzo-soprano incontestablement et sans doute plus dans le sillage du mezzo aigu . Le timbre n´est pas franchement agréable, surtout comparé á d´autres contre-ténors du même répertoire mais reconnaissons lui une certaine technique de la colorature, ce
n´est déjá pas si mal . Pas ma tasse de thé cependant, je préfere un Jarrousky ou, dans une tessiture plus grave, un Scholl .

77. Le dimanche 3 novembre 2013 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Sandrine,

L'analogie entre la voix de fausset et la voix de flageolet n'est pas complètement opérante, dans la mesure où les caractéristiques en sont assez différentes (puissance par exemple).

78. Le mercredi 5 mars 2014 à , par fredy noel

Concernant les cas de Luis Mariano et Tino Rossi, considérés comme ténors par leurs carrières ou inclassables par les puristes, il faut reconnaitre que Mariano avait une voix particulière et un peu déroutante au début. Leur succès venant aussi de leur physique et de leurs accents d' origine.

A noter que Tino Rossi s' était entendu dire par un laryngologue : " Vous ne serez jamais chanteur,vous avez une corde vocale plus longue que l' autre " .

79. Le mercredi 5 mars 2014 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir !

Oh, ce sont de vrais ténors, pas de doute. Malgré une formation de type lyrique, ils n'étaient pas calibrés pour chanter de l'opéra sur scène (en tout cas le répertoire romantique sérieux), mais ils n'étaient assurément pas des objets venus de nulle part. Tino Rossi a enregistré des airs d'opéra très beaux ; ça n'aurait pas porté très loin en salle, mais il aurait tout à fait pu, comme Mariano, chanter du baroque ou du Mozart. Et l'opérette bien sûr, au delà de l'ère déclinante de Lopez.

80. Le dimanche 8 juin 2014 à , par Sandrine

Rossi avait un timbre plus veloute que Mariano qui, lui, etait un vrai tenor leger mais les deux sont tres agreables a entendre, l un comme chanteur de charme et l autre comme chanteur d operette .

J ai toujours trouve que la voix de Vassiliev s etait altere au niveau du timbre, peut-etre a-t-il eu des ennuis de sante a ce niveau-la ....

Je ne connais Eswood que de nom, de qui est-il le plus proche au niveau du timbre ?

81. Le dimanche 8 juin 2014 à , par DavidLeMarrec

Je ne peux pas dire pour Vassiliev, une voix est fragile, ce peut être plein de choses : l'âge, la technique, le train de vie, le stress...

Esswood, difficile de le comparer, la voix est vraiment singulière, un peu étrange comme Deller, mais beaucoup plus ronde et libre. Il ressemblerait à un compromis entre un ténor mixé comme Crook et un falsettiste de l'ancienne école comme Deller, disons.

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