Carnets sur sol

Aller au contenu | Index des notules | Aller à la recherche

samedi 31 janvier 2015

David de Bretagne & le Siège Périlleux


Quelle eſt donc cette ardeur nouvelle
Dont tous mes ſens sont embraſez ;
Quelle vifve flamme etincelle ?
L'emotion des beaux phraſés,
La puiſſance de la Muſique,
M'ont-elles à ce point tranſporté
De déduit, d'extaſe myſtique ?
Les Billettes à la Cité
De Dieu donnerent le chauffage :
D'abord sur les murs épandu,
Puis cuiſant les chaises d'uſage
Dans un gaſpillage éperdu.
Son Bras jamais ne ſe fatigue,
Le Seigneur eſt mon ſeul ſoutien,
Et juſque ſous les bancs prodigue –
Voilà d'où cette chaleur vient.
Non, ce n'est pas la Honte extrême,
Non, ce n'est pas l'Amour ailé
Ni ſes douceurs : c'est la peau même
De mon fondement tout brûlé.


--

--

Compères et commères spectateurs, veuillez noter : l'église des Billettes (Paris IVe), déjà bien isolée et parfaitement chauffée, a installé des radiateurs (puissants) sous chaque banc. Liquéfaction fondementale garantie.

Faiseur d'opinion


Peu après l'avoir publiquement exposée, une mystification disparaît. Le même lien renvoie désormais, légitimement, vers le Théâtre des Champs-Élysées.

Il faut se rendre à l'évidence, nous faisons la pluie et le beau temps dans les consciences.

jeudi 29 janvier 2015

Campra – Les entrées des Fêtes Vénitiennes


Présentation (plus) complète et production de l'Opéra-Comique (insertion dans la notule d'origine).

Laissez Février vous surprendre


… sans écorchures.

Comme le veut la tradition… le planning du mois de février.

Suite de la notule.

dimanche 25 janvier 2015

Ariadne auf Naxos : les tours espiègles de l'acoustique et de la glotte


Nous étions à la première de la reprise parisienne du spectacle de Laurent Pelly.

Considérant que la musique, formidable (avec son fourmillement de motifs, sa semi-distanciation, son hésitation entre récitatifs burlesques et über-lyrisme…) est bien connue, et largement investiguée, pas de commentaire général sur la soirée (de toute façon excellente et plutôt jubilatoire). Seulement quelques remarques sur des points de détail.

1. Passe-passe acoustique

J'ai été frappé de n'entendre aucune consonne (et essentiellement une voyelle) chez Sophie Koch, dont j'avais pourtant apprécié le Komponist lors de la retransmission vidéo de la première série. Pourtant, en Fricka, depuis le fond du parterre, j'avais eu l'impression que malgré la puissance de l'instrument, 'elle me murmurait les mots à l'oreille.

Il semblerait, d'après le témoignage d'une initiée montée du parterre vers le second balcon à l'entracte (meilleur son, et surtout mieux fréquenté), qu'on l'ait entendue très nettement au parterre (contrairement aux hommes, plus intelligibles à l'étage)… je n'en suis pas très étonné (ce genre de détail se perd facilement dans l'espace), mais voilà qui renforce les perplexités et relativités sur ce que l'on perçoit d'un spectacle à deux places différentes d'une grande salle (ou d'un théâtre à l'italienne). Il existe même des phénomènes de déperdition d'harmoniques qui peuvent, paraît-il (jamais testé personnellement) faire sonner faux une voix qui est pourtant tout à fait juste écoutée de près.

Il est aussi possible d'entendre deux fois une voix : illusion harmonique, ou effet de l'emplacement (par exemple sous un balcon dans un théâtre à l'italienne, pas tout à fait au centre, où le son arrive en décalé de face et par la rotonde latérale.

Le plus troublant de tout est probablement d'entendre des notes surchargées d'harmoniques qui paraissent plus basses que leur fondamentale (ce qui est un non-sens théorique), comme si le chanteur chantait à la tierce de lui-même. Mais ce n'est plus lié à la salle, il est vrai.

2. Émission arrière

C'est un sujet glottologique mainte fois abordé dans ces pages : la tendance, sous l'influence des micros (amplificateurs ou enregistreurs), à émettre les voix plus en arrière qu'autrefois, ce qui peut procurer un beau son de près ou en enregistrement, mais qui pose des problèmes d'intelligibilité et même de projection dans les grandes salles.

Ce n'était pas la première fois que j'entendais Karita Mattila en salle, amour de jeunesse — dès des Mozart avec Marriner, dans une esthétique vocale pourtant si éloignée de mes canons esthétiques habituels — jamais démenti. En revanche, c'était la première fois pour un grand rôle scénique. Elle porte les années de scène dans les rôles les plus exigeants (et pas toujours les plus évidents pour ses caractéristiques vocales) avec une grâce assez incroyable.

En revanche, de loin, du fait de l'émission très en arrière, on n'entend pas du tout le texte (tout est arrondi dans l'instrument, tout coule avec beauté… mais le relief du texte ne passe pas vraiment, alors même qu'elle est une bonne diseuse), et la voix, très belle et tout à fait audible, a surtout de l'impact dans le suraigu où se joue une surtension détendue assez unique… Vu le nombre de notes hautes dans Ariadne, on s'aperçoit que contrairement aux apparences, cela n'entame en rien son capital vocal et ne produit pas le moindre forçage, malgré leur aspect spectaculaire.
C'était magnifique (et pas très gênant pour Ariadne), mais j'aurais aimé l'entendre de près pour saisir les nuances de son incarnation, au lieu d'un profil global — mais Bastille est à blâmer, bien sûr… la nuance du sentiment dans un hangar à bateau, ça reste réservé à un club très fermé de superhéros.

Intéressant tout de même : je trouve sa voix beaucoup moins saisissante en vrai que celle de Delunsch, par exemple (beaucoup moins phonogénique en revanche). Si je l'avais découverte au concert, elle ne serait sans doute pas devenue la même idole…

Il n'empêche, l'artiste demeure fulgurante.

3. Arène glottophile

Suite de la notule.

samedi 24 janvier 2015

Qu'est-ce que les Fêtes Vénitiennes (Campra, 1710) ont de si différent ?



Dessin (plume, encre noire, lavis gris, traces de pierre noire) de Jean Berain, représentant une « forge galante », probablement pour le Prologue de L'Europe galante d'André Campra sur un livret d'Antoine Houdar de La Motte, acte de naissance de l'opéra-ballet.


À l'occasion des représentations à l'Opéra-Comique qui débutent lundi (Arts Florissants, Christie, Carsen), l'occasion de (re)lire l'introduction que nous avions préparée : il s'agit d'une œuvre particulièrement importante en son siècle, dont tous les amateurs du genre attendaient le retour avec beaucoup de curiosité.

dimanche 18 janvier 2015

[Avant-concert] La Belle au Bois de Respighi


En ce moment, l'Opéra Studio de l'Opéra du Rhin fait une tournée avec La Bella addormentata nel bosco de Respighi. Qui passe notamment par Paris avec des représentations en ce moment à l'Athénée.

Pour ceux qui hésitent : l'œuvre est très différente aussi bien de la bigarrure des suites symphoniques romaines que du ton sérieux pas passionnant de La Fiamma. Il s'agit d'une œuvre assez variée, au ton primesautier, plutôt à rapprocher des conversations en musique de Wolf-Ferrari, les virtuosités vocales en plus. Le livret ne raconte rien : acte I, les animaux chantent la naissance de la princesse ; acte II, elle se pique le doigt ; acte III, le Prince arrive. Pas beaucoup plus de matière dramatique que dans le ballet de Tchaïkovski. En revanche la musique est belle, mobile, assez consonante mais pas dépourvue de recherche.

Il s'agit d'une réduction, je n'ai pas vérifié pour quel effectif. Le livret a été traduit et adapté, ce sera donc probablement une première mondiale en français — une initiative que j'appelais de mes vœux, mais considérant que ces chanteurs viennent de tous les pays, je ne puis garantir la réalisation.

La seule réserve pourrait être que les voix de l'Opéra Studio, destinées à former des chanteurs lyriques solistes internationaux, ne sont pas toujours gracieuses (sans être aussi moches que celles recrutées à l'Atelier de l'Opéra de Paris, qu'on se rassure), mais à une exception près, je n'ai pas écouté les chanteurs de cette promotion, je ne puis donc dire.

L'Elisir d'amore sur instruments d'époque — (Donizetti par Opera Fuoco)


Voilà quelques semaines qu'était prévue une notule sur les mignardises et finesses d'orchestration de l'Élixir, assez loin de ce qu'on peut entendre ailleurs chez Rossini, dont les modes d'expression, particulièrement dans ses opéras (car il a écrit de nombreux quatuors d'une très belle facture classique), étaient en général assez sommaires : mis à part Les Martyrs, Il Diluvio universale et à la rigueur La Favorite, il ne brille pas par la diversité et l'audace de ses moyens, en général. Bellini va ménager de temps à autre des petites appoggiatures, quelques (petites) surprises rythmiques… Donizetti, lui, laisse généralement l'orchestre battre la mayonnaise, et les harmonies spartiates tombent bien comme il faut sur les temps.

La notule n'est toujours pas finie, mais en attendant, on s'est fait le plaisir d'aller entendre l'œuvre… sur instruments d'époque, ce qui n'a sauf erreur jamais été documenté au disque — je suppose que ça a déjà été fait en concert, mais je n'en ai jamais passer de version.

La soirée était proposée par l'ensemble spécialiste Opera Fuoco, dirigé par David Stern, dans leur lieu de résidence, le vaste Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, sorte de cathédrale profane édifiée au centre de la ville. Néanmoins, considérant leur legs discographique (au moins quatre parutions : cantates romantiques françaises, Zanaida de J.-Christian Bach, Semele et Jephtah de Haendel) et l'originalité, la qualité de leurs réalisations (les français et le Bach sont splendides, d'un très beau grain et d'une ardeur presque fulgurante), il est hautement probable qu'ils s'envolent bientôt vers des scènes plus exposées. Quand on collabore déjà avec une figure aussi cotée en France que Karine Deshayes, ce n'est une question d'heures.


Le début de l'opéra par Opera Fuoco dirigé par David Stern.


1. Qu'est-ce que ça change ?

Évidemment, pour le répertoire romantique, le contraste (et la liberté) sont forcément moins grands que pour du répertoire antérieur : à part quelques possibilités (assez réduites ici, et pas tentées non plus) de diminutions, et éventuellement d'étoffement des accompagnements pour clavier (très courts et rares de toute façon), tout est écrit.

Les cordes sont plus fines, et surtout Stern les dirige différemment : tempi plus vifs, tentatives de lier ou détacher les accompagnements, et bien sûr les différences structurelles induites par les archets différents et les boyaux – attaques plus nettes, peu d'appétence pour le sostenuto.

Les vents surtout changent totalement de couleur : flûtes plus chaleureuses, hautbois très fruités, clarinettes très douces (et on en entend assez rarement, des clarinettes de « première facture », vu la période concernée), bassons plus rocailleux, cors plus cuivrés et astringents… Toute la famille des vents perd ses joliesses lisses et homogènes au profit d'une personnalité beaucoup plus grande et d'une grande douceur — d'autant plus que les instrumentistes en question sont vraiment excellents. On entend leurs interventions avec netteté en permanence, loin de la mélasse qu'est ensuite devenu l'orchestre symphonique (obligeant les compositeurs à raffiner l'orchestration pour laisser percevoir les « strates » de leur écriture).

¶ Bien sûr, l'équilibre aussi est différent : les chanteurs n'ont jamais à forcer, les timbres naturels ne créent pas ce « mur » d'harmoniques propre à l'orchestre moderne.

En somme, sans être spectaculaire, le contraste était audible… et remarquablement réalisé. Le plaisir pris par les musiciens était souvent visible jusque sur leurs mines. Et voir un altiste s'amuser dans Donizetti, ce n'est pas tous les jours — on fait rarement violoniste pro dans l'espoir de gagner sa vie à faire des ploum-ploums.

2. Partition : versions et coupures

Suite de la notule.

samedi 17 janvier 2015

Indice


Les lots de la devinette du mois de janvier n'ont toujours pas été remportés.

Indice (et là, c'est donné) : il y a deux compositeurs (dont un orchestrateur/arrangeur).

Philharmonie de Paris : inauguration baroque

Qu'est-ce que je suis fort en jeux de mots, j'ai manqué la vocation évidente d'une carrière de titriste à Libé.


Ayant été quasiment menacé physiquement par plusieurs lecteurs, je suis obligé de sacrifier à une présentation de la nouvelle salle, alors même que tout a été écrit, et avec plus de faits comme de perspective (voir par exemple les dossiers du Monde, de Mediapart, de L'Œil…).
Et puis je dirai un mot de la troisième soirée d'ouverture, avec les tubes baroques français de Charpentier, Mondonville et Rameau par les Arts Florissants.

Sur le concept du projet lui-même, sur les logiques et biais tarifaires et programmatiques, voir les notules correspondantes.

Suite de la notule.

mercredi 14 janvier 2015

Au secours, je n'ai pas d'aigus — III — … mais j'ai un larynx


3.2. Larynx

Instinctivement, chez la plupart des locuteurs/chanteurs, le larynx (situé derrière la protubérance cartilagineuse mobile du cou) tend à remonter dans les aigus. Le maintien en position haute du larynx jusque dans l'aigu est un fait exploité dans nombre de musiques populaires pour un son clair et strident ; dans le chant lyrique au contraire, considérant les contraintes de puissance, il faut faire de la place pour la résonance, ce qu'aide à obtenir le larynx bas.
Les théories varient selon les écoles sur la place exacte qu'il doit avoir : pour certains aussi immobile que possible et très bas (dans les écoles « internationales » récentes), pour d'autres, il doit être mobile selon la zone de la voix et la couleur recherchée (les époux Ott défendent cette thèse).
[En réalité, le larynx ne pouvant être absolument immobile (vu tous les muscles et ligaments en jeu, sur diverses intensités sonores, largeurs de cordes, formes de voyelles !) ni totalement mobile au risque de rupture de la ligne (si le larynx change trop brutalement de position, la voix « décroche » immédiatement et la note s'interrompt : c'est le couac) : cette querelle porte sur des nuances assez fines que nous n'aborderons pas dans cette série.]


Un ténor (Jonas Kaufmann) larynx au plancher (dans Parsifal).
[Bien, en réalité, il n'est pas si bas que cela quand il chante vraiment, et Kaufmann est assez bas également en position de repos, voire davantage… Mais l'image est parlante, on voit bien la posture préparée pour le chant ample.]


Mais sur le principe, tout le monde est assez d'accord : le larynx, qu'il soit très bas ou en position médium, qu'il soit fixe ou libre, ne doit pas remonter brutalement quand on monte dans les aigus.


Jeffrey Thompson, l'un des très rares chanteurs du circuit professionnel où l'on peut entendre non seulement un larynx plutôt haut, mais surtout sa remontée brutale dans les aigus : ce sont les petits hoquets que vous entendez (chez un chanteur non expérimenté, c'est une des causes majeures de « couac »).
Ce n'est pas sans charme d'ailleurs (surtout ici où il joue un méchant pris par la supeur et emporté par la colère), on est aux confins de la limite technique (clairement, cela le met plus en danger de se tromper qu'un larynx bas — mais pour l'avoir entendu assez souvent, même sur le vif : jamais entendu couaquer) et de l'effet stylistique. Son méchant a un fort caractère malgré son timbre étroit, quelque part entre la mâle audace et la folie pure.
Il chante ici le rôle de Ninus dans Pyrame et Thisbé de F. Francœur & F. Rebel (version Cuiller).


Dans cet extrait, le larynx haut et « remontant » s'adjoint à d'autres caractéristiques, notamment les voyelles très ouvertes. Mêlé aux hoquets, cela donne cet « effet crapaud » atypique, qu'on peut trouver disgracieux (mais que j'aime beaucoup en l'occurrence – évidemment, pour les jeunes premiers, sa justification est plus malaisée).
C'est toujours le cas : dans chacun des exemples qu'on montre, l'effet sur la couleur est forcément celui de plusieurs facteurs. Même en essayant d'isoler les causes et d'expliquer ce qui provoque quoi, il n'est pas toujours évident de sérier les gestes vocaux.

=> À quoi ça sert ?

Suite de la notule.

dimanche 11 janvier 2015

Au secours, je n'ai pas d'aigus — II — Le partage de la résonance et les cavités nasales


Les éléments introductifs se trouvent dans cette notule.

3. Après la « bascule » du passage

Comment font donc les chanteurs pour atteindre ces zones mystérieuses, à la fois aiguës et claironnantes, qu'on n'approche guère en chantant sous la douche ?

Bien sûr, il y a au fondement de tout cela le souffle, qui procure la tonicité indispensable à la réalisation de ces gestes vocaux périlleux — le fameux soutien (ou l'appoggio). Mais c'est une condition nécessaire, pas la martingale qui explique tout : beaucoup d'autres choses se passent.

Quelques éléments, extraits sonores à l'appui.

3.1. Partage de la résonance

Suite de la notule.

Au secours, je n'ai pas d'aigus — I — Deux façons de chanter


Les aigus sont un mystère pour le profane : comment les grands chanteurs parviennent-ils à les faire sortir, pourquoi certains sont-ils à la peine, comment faire pour l'essayer soi-même ?

On tâche d'apporter des pistes de réponses.

Suite de la notule.

jeudi 8 janvier 2015

Carnet d'écoutes — Il Trovatore de Verdi, Giulini studio


Instantané tiré de Diaire sur sol.

Suite de la notule.

mercredi 7 janvier 2015

La devinette du mois de janvier



Je ne me prononce pas sur la difficulté, puisque celle de novembre, vraiment difficile, a été instantanément trouvée, tandis que celle de décembre, facile, n'a été identifiée par personne malgré de nombreux indices…

Nous ne sommes pas seuls


La consolation de la journée, c'est de voir Al Jazeera essayer d'expliquer le positionnement de Charlie Hebdo et les nuances entre liberté d'expression, anticléricalisme et irréligion, en essayant de faire entendre qu'il s'agit d'une sorte d'esprit français pas du tout vindicatif.
L'attentat français monopolise d'ailleurs leur flux (sur un ton sans complaisance et même très empathique), alors que circulent en bandeau l'annonce de 38 morts au Yémen et 7 en Afghanistan. Idées reçues, bonsoir.

Dans ces cas, on serait tenté de croire que l'Univers s'esclaffe dans notre dos, mais je trouve assez touchant de voir le monde, à commencer par ceux que nous suspectons comme nos ennemis plus ou moins cachés, essayer de se figurer les spécificités de l'esprit français — et Dieu sait que pas grand monde, même en France, arrive à suivre celui de la niche Charlie Hebdo.

De cette très vilaine journée, qui va sans doute servir d'alibi à tous les agités du bocal (et, plus dangereux, à tous les opportunistes à l'intérieur du système), qui servira de mètre-étalon de la violence civile dans les prochaines années, on peut au moins retirer ces instants de compassion planétaire mêlée de curiosité un peu dubitative, presque amusante et plutôt émouvante — un de ces instants fugaces où l'humanité cesse de se diviser.

[Fin des bonnes nouvelles. À présent, vous pouvez retourner déprimer dans votre coin en attendant que l'acte de deux ou trois paumés ne nous serve d'alibi pour un patriot act maison.]

lundi 5 janvier 2015

Mise à jour


… Quelques nouveautés dans notre sélection de quatuors à cordes : Pavel Vranický (Paul Wranitzky), Gernsheim, Suk, Rawsthorne, L.-E. Larsson… et ajouts chez Herzogenberg et Stenhammar. Quelques fameux bijoux là-dedans — Gernsheim, Herzogenberg, Stenhammar et Larsson ont laissé une partie du meilleur de leurs catalogues respectifs dans le quatuor à cordes !

Les vidéos glottophiles du moment


En attendant quelques entrées plus substantielles, quelques sites ou vidéos, admirables ou rigolards, que vous avez peut-être manqués.

Pas seulement glottophiles d'ailleurs. La preuve :

Suite de la notule.

jeudi 1 janvier 2015

La langue originale : ce qui se passe réellement dans les théâtres


Le sujet a mainte fois été abordé sur CSS, aussi bien sur le plan de l'histoire et du principe que de la technique vocale.

En écoutant ces jours-ci Salome en italien (Nino Sanzogno à la tête de la RAI de Turin en 1952, avec Lily Djanel en Salomé, Tito Gobbi en Jochanaan et Angelo Mercuriali, le Narraboth le plus lyrique de toute la discographie), je suis de plus en plus frappé du caractère discutable du respect de la langue d'origine comme principe absolu.
En particulier l'argument du respect de l'écriture prosodique du compositeur — pourtant un sujet majeur en ce qui me concerne.


Le début, jusqu'à l'entrée de Salomé, de cette bande turinoise. Certains mots ne sont pas au bon endroit, mais globalement, cela fonctionne… et les chanteurs sont à leur aise, et peuvent exprimer. Sans mentionner le placement vocal.
1. Pourquoi l'on chante en langue originale

Suite de la notule.

David Le Marrec


Bienvenue !

Cet aimable bac
à sable accueille
divers badinages :
opéra, lied,
théâtres & musiques
interlopes,
questions de langue
ou de voix...
en discrètes notules,
parfois constituées
en séries.

Beaucoup de requêtes de moteur de recherche aboutissent ici à propos de questions pas encore traitées. N'hésitez pas à réclamer.



Invitations à lire :

1 => L'italianisme dans la France baroque
2 => Le livre et la Toile, l'aventure de deux hiérarchies
3 => Leçons des Morts & Leçons de Ténèbres
4 => Arabelle et Didon
5 => Woyzeck le Chourineur
6 => Nasal ou engorgé ?
7 => Voix de poitrine, de tête & mixte
8 => Les trois vertus cardinales de la mise en scène
9 => Feuilleton sériel




Recueil de notes :
Diaire sur sol


Musique, domaine public

Les astuces de CSS

Répertoire des contributions (index)


Mentions légales

Tribune libre

Contact

Liens


Antiquités

(10/8/2007)

Chapitres

Archives

Calendrier

« janvier 2015 »
lunmarmerjeuvensamdim
1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031