Carnets sur sol

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samedi 31 mars 2012

[amphi] Wagner - Les Meistersinger dans la traduction d'Alfred Ernst


Premier tableau de l'acte III des Meistersinger dans la traduction d'Alfred Ernst à l'Amphithéâtre de l'Opéra Bastille.

Les lutins de Qaanaaq ne pouvaient évidemment pas manquer cette soirée, trop liée à leurs marottes.


L'affiche présente le décor de la création française en 1897 au Palais Garnier, reconstitué à l'identique pour ces soirées.


Le résultat n'était pas garanti pour autant, et il n'était pas complètement au rendez-vous ; ce qui permet de nourrir la réflexion sur les aspects de ce passé qu'on peut déplorer (articulation / projection) et sur d'autres sympathiques mais pas vraiment objets de regrets (espace scénique) :

Suite de la notule.

mercredi 28 mars 2012

La Dame de la Mer - Ibsen tendance lumineuse


Le Théâtre des Bouffes du Nord proposait une pièce d'Ibsen assez rare sur scène : Fruen fra Havet (« La Dame de la Mer »), écrite en 1888, entre Rosmersholm et Hedda Gabler.

Le dispositif proposé faisait usage de plusieurs originalités, dont un immense plan d'eau et un certain nombre de créations musicales - justifiées par la présence de la chanteuse Camille, au centre du projet.

L'occasion de revenir sur les ressorts (déjà partiellement parcourus) du théâtre d'Ibsen et sur les spécificités de ce titre précis.

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1. Les Bouffes

Le lieu lui-même est une expérience, avec ses tribunes à l'italiennes exiguës et complètement en bois - vu l'étroitesse et le petit nombre d'issues, un cauchemar en matière de sécurité... Le tout enserrant une grande coupole ecclésiale, le plateau s'en évandant par une très vaste ouverture rectangulaire (fond du plateau et coulisses).


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2. Constance d'Ibsen

On y retrouve largement la construction dramaturgique (et la vision de la vie) fulgurante d'Ibsen :

=> Une exposition lâche. Les personnages échappent tellement à l'identification, ici, que l'on peut croire que le peintre à tout faire, , sera central (alors qu'il n'apparaît que dans la première scène), et qu'on peut supposer pendant le premier quart d'heure (au moins) que Bolette sera le personnage principal - alors qu'elle n'a qu'un rôle, comme sa soeur Hille, de coloration de "caractère".

=> Les personnages sont essentiellement mus par la recherche d'une vérité intérieure, qui puise dans des secrets passés. Ceux-ci, une fois exprimés ouvertement par l'effet des remords ou des circonstances, deviennent irrémédiablement destructeurs pour le présent. Dans le cas de cette pièce, c'est le passé amoureux de la seconde épouse de Wengel, Ellida, dans le cadre d'une relation pourtant plus franche qu'à l'accoutumée chez Ibsen - le secret était déjà connu, seuls les détails vont faie surface.

=> La question du libre arbitre est violemment posée. Ici, c'est sous forme d'une exigence de liberté absolue chez l'héroïne, pour pouvoir rejeter sans contrainte la tentation du bonheur (puisque le noeud de l'intrigue tient dans la rémanence du pouvoir, par-delà les années et la séparation, par-delà d'un premier amour). L'exigence aux dimensions assez infinies (souvent sous la forme plus négative d'une fuite en avant) est en ce sens assez régulière chez les personnages d'Ibsen.

=> La lutte des préséances morales revêt toujours un caractère assez vertigineux et insoluble. Souvent, les garants moraux qui pourraient guider les actions (notables, religieux) sont fragiles, corrompus, liés par des compromissions passées ou par le sens de leur intérêt égoïste caché. La société est présentée sous un jour moins sinistre dans La Dame de la Mer, toutefois les héros (et le spectateur) se trouvent dans une situation tout aussi impossible, celle de choisir entre des valeurs également absolues : ici, pour faire simple, une promesse donnée s'oppose au devoir, chacun ayant ses droits nobles et absolus.
Le talent bouleversant d'Ibsen est de donner vie de façon très fidèle et subtile à toutes les micro-implications psychologiques de chacun de ces postulats. Et le personnage, tout en n'étant pas libre, ne peut que choisir seul.

=> Récurrente aussi, la mention de personnages revenant d'Amérique, une contrée étrange, moderne, délurée, menaçante. Comme souvent, il est impossible de trancher entre la fascination réelle d'Ibsen pour ceux qui en sont issus (finalement des personnages plus francs que les autres) et son effroi face à leur capacité à ébranler la société (avec des attitudes pas très civilisées).

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3. Couleur propre de la Dame de la Mer

=> Le schéma de l'intrigue est fondé essentiellement sur les appréhensions de l'héroïne, Ellida Wengel, vis-à-vis du retour de son premier fiancé, un marin inquiétant jadis accusé de meurtre et noyé en mer. Au fil de son déroulement, l'ombre de l'absent se fait plus pesant tandis que les événements cachés rejaillissent avec violence. En bout de course, Ellida doit faire un choix.
En somme, la couleur générale tient beaucoup du mythe du Hollandais Volant vu par Heine [1], avec la tentation de suivre un fantôme magnétique au détriment d'une vie heureuse mais sans exaltation.

=> [spoiler warning] La Dame de la Mer est surtout l'un des rares drames d'Ibsen a disposer d'une fin, et surtout d'une couleur globale qui soit assez lumineuse, malgré tous les doutes et tourments qui lui sont habituels. Non seulement la fin est heureuse (en tout cas apaisée, même si le choix raisonnable façon Kitty Foyle peut frustrer les amateurs de fins romantiques - à tous les sens du terme - traditionnelles), mais l'ensemble de l'oeuvre, tout en évoquant longuement la mort, l'évite résolument dans l'action représentée. [fin du spoiler] Ainsi, même le personnage potentiellement ridicule de Lyngstrand, narcissique et d'une fragilité affectée, alors qu'il fascine la cadette Hilde par l'imminence probable de son trépas, reste tout au long de la pièce très actif et courtisé.

=> Par ailleurs, l'intrigue aussi est beaucoup plus simple et directe, ici, plus traditionnelle aussi (dilemme d'amour) que la plupart des autres pièces d'Ibsen où l'état de faussaire, le sentiment de culpabilité sont généralement des moteurs bien plus puissants.
Et elle peut se résoudre sans trop cabosser l'identité des personnages, d'ordinaire transfigurés (et rarement en bien !).

=> Tout cela se matérialise notamment dans des personnages étonnamment positifs dans l'univers d'Ibsen, d'ordinaire bien plus mêlés, et assez peu glorieux. [another spoiler] Ainsi le précepteur Arnholm, bien qu'éconduit, maintient-il l'offre généreuse de financement des voyages de Bolette (ce qui amène une inclination admirative de la jeune fille en retour), et surtout le mari magnifique accepte-t-il de rendre sa liberté à son épouse désorientée, de parler la même langue qu'elle (rompre le "contrat", le "pacte" de ce qu'il considérait comme un mariage d'amour) - une véritable résurgence du rôle de Turc généreux, même si la fin lui est ici un peu plus favorable. [end of spoiler]
D'ordinaire, les personnages qui attirent la sympathie chez Ibsen sont des victimes (souvent de leurs propres forfaitures), rarement des amoureux à la conscience irréprochable, et encore moins des altruistes - Ellida, toute attachante qu'elle est, reste au demeurant tout l'inverse d'une altruiste.

=> Autre façon de mesurer ce caractère atypique, la présence de deux couples secondaires (les filles du premier lit de Wengel), avec des soupirants improbables et peu attirants, qui créent autant de scènes de caractère autour de l'intrigue principale, avec un aspect symétrique très rare dans ce type de théâtre (presque de la comédie XVIIIe !).

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4. Le projet des Bouffes

Ce qui a été fait aux Bouffes du Nord n'est pas inintéressant, aussi je vais en toucher un mot.

Notes

[1] En I,VII de Die Memoiren des Herrn von Schnabelewopski, Heine ajoute la dimension féminine du mythe, reprise avec beaucoup d'exactitude par Wagner.

Suite de la notule.

Pastiches


Publié dans le fil de la saison :

Spectacle 24 : Snow White's Hollywood Follies

(12 mars 2012.)

Salle polyvalente Jacques Brel de Gonesse - parce que l'exotisme ne fait pas peur aux lutins de Qaanaaq.

Un hommage étonnant de la Compagnie Oz à l'héritage cinématographique, en forme de comédie musicale et burlesque, à travers une relecture primesautière et distanciée de Blanche-Neige et Boucle d'or, réalisée avec beaucoup d'esprit et de justesse - la parodie des films noirs avec Bogart est extrêmement amusante, même si elle a dû échapper au plus jeunes spectateurs.

De quoi justifier le voyage dans ces contrées du Septentrion parisien.


Cité de la Musique 2012-2013


Le programme étant disponible sur le site de l'institution et Klari ayant posé la question de ses inclinations à chacun, je me contenterai de suggérer quelques concerts atypiques et très prometteurs :

=> La schubertiade insensée Ziesak-Vondung-Güra-Jarnot. Voilà qui promet encore plus que les Liederspiele schumanniens de Röschmann-Kirchschlager-Bostridge-Quasthoff il y a deux ans, en matière d'interprétation. Le programme paraît moins original et cohérent, mais il n'y a vraiment pas de quoi faire la fine bouche. Ziesak illumine des mots, aussi bien au disque (intégrale Schubert d'Ulrich Eisenlohr chez Naxos) qu'en concert (cf. Paulus de Mendelssohn). Et Anke Vondung est une actrice vocale qui connaît peu de pairs, aussi bien en Dorabella que dans le lied exigeant de Wolf.
L'accompagnement de Christoph Berner ne sera pas aussi intéressant, mais la perfection n'est pas de ce monde.

=> Athalie de Mendelssohn (couplage avec les Nuits d'Eté par Véronique Gens, on peut faire plus moche...), une superbe musique de scène, présentée dans sa cohérence avec récitant. Quand on aime Mendelssohn, on y sera.
Mais on se retrouve en même temps que le Giraudoux de Hartmann à Pleyel, c'est-à-dire qu'on a trouvé le moyen de placer les deux soirées les plus originales de la saison le même soir... (Voilà le type de sujet de plainte quand on est spectateur parisien...)

Suite de la notule.

dimanche 25 mars 2012

Pourquoi dit-on que Bruckner orchestre comme un organiste ?



L'orgue de la branche Ouest du transept de l'ancienne cathédrale Saint Ignace de Linz (Alter Dom, aujourd'hui Ignatiuskirche), occupé de 1856 à 1868 par Bruckner.


Ou qu'il orchestre « par pans », sans jamais le justifier.

Extrait sonore suit.

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1. Une question de mots...

Suite de la notule.

mercredi 21 mars 2012

Carnet d'écoutes : « Serious Cabaret »


Très beau concept, très bel album.


Récital de Mary Carewe accompagnée par Philip Mayers (également arrangeur), chez Orchid Classics.


Il s'agit d'un récital de musical, mais :

=> On y rencontre beaucoup d'auteurs de musique "sérieuse" (Gershwin, Weill, Wolpe, Barber, Bolcom... et même Zemlinsky !). Pas toujours les pièces les plus inspirées - Gerswhwin si, Barber diversement, mais le Wolpe n'est pas très bien choisi et le Zemlinsky assez plat.

=> Surtout, la réalisation avec piano (seul) est développée, il ne s'agit nullement d'une réduction (comme on en entend très souvent, et qui sonnerait très pauvre vu le contenu sobre des partitions originales), mais d'une forme de redéveloppement à partir de la matière musicale (ou ajouté à la matière musicale !), dans une esthétique plus proche de la musique savante.

Un extrait sonore :

Suite de la notule.

Vourc'h & Wagner - Quand les finnois composent en français


Récital Karen Vourc'h et Vanessa Wagner à l'auditorium du Musée d'Orsay.

Mélodies françaises (dont certaines par des compositeurs finnois) et mélodies en bokmål et nynorsk de Grieg, en suédois et en finnois de Sibelius.

Suite de la notule.

lundi 19 mars 2012

Incident diplomatique


Au hasard de feuilletages sur Amazon :


Auteur inconnu, et pourquoi pas anonyme - voire innommable si l'on est un peu juif tétragrammatique sur les bords -, passe encore, mais collectif !

Surtout pour un ouvrage qui effectue constamment un va-et-vient entre la notion de l'Unique et celle du Divin, ça fait désordre.

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Le caractère collectif de l'élaboration du texte final (via les différentes traditions orales avant le "tri") a beau être historiquement attesté (unification des versions et destruction des anciennes copies sous l'impulsion de `Othmân ibn `Affân), c'est un peu violent à lire sous cette forme, au détour d'un classement dans le bac d'un libraire. [Un peu comme si on l'avait rangé dans le rayon "fictions"...]

samedi 17 mars 2012

Mélisande Mélusine


Le parallèle onomastique n'est pas forcément une coïncidence : comme Mélusine, Mélisande est un être aquatique (profondément lié aux fontaines), fascinant, entouré de mystère, et capable de porter le malheur au lieu du bonheur promis. Dans le phénomène d'échos qui caractérise le poème de Maeterlinck, la parenté est probablement délibérée.


A l'occasion des représentations à l'Opéra Bastille (auxquelles je n'ai pas assisté), j'ai discuté ou lu autour de la question du sourire à la fois sarcastique et satisfait, assez malsain, qui trône la plupart du temps sur le visage de Mélisande dans cette mise en scène. Jusque dans la scène de l'outrage (IV,2) où elle continue à jubiler.

Bien sûr, la thèse de la manipulation fonctionne très bien, puisque Mélisande dispose clairement d'un pouvoir sur les hommes, dont elle peut se servir redoutablement (en II,2, elle abuse complètement Golaud à propos de la bague perdue), mais manifestement sans plaisir (l'aveu tout franc à Pelléas en IV,III : « Non, je ne mens jamais, je ne mens qu'à ton frère. » ).

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La vidéo de cette mise en scène se trouve depuis hier sur Medici.tv, qui a considérablement augmenté son ergonomie, même pour les configurations peu performantes.

Je crois qu'elle donne la réponse dès la première image :

Suite de la notule.

mercredi 14 mars 2012

Pagliardi / Dumestre : Caligula poupon


Caligula delirante de Giovanni Maria PAGLIARDI à l'Athénée.

Concept amusant des pupi (siciliens...) pour cet opéra vénitien à marionnettes, effectivement très parent de l'Incoronazione di Poppea et de Cavalli (bien que composé sensiblement plus tard, en 1672). Evidemment, c'est lui qui a attiré une bonne partie du public.

L'intrigue de cour "circulaire" (celui qui est aimé aime un autre qui à son tour, dans le cadre clos d'une cour hostile) est celle qui prévaudra à l'époque du seria triomphant de la première moitié du XVIIIe siècle (Giulio Cesare, La Verità in Cimento, Motezuma...). Ce n'est pas une innovation pour autant, le livret de l'Artemisia de Cavalli est déjà complètement (et de la façon la plus réussie qui soit) dans ce schéma.

Musicalement, on retrouve une sècheresse semblable du récitatif, mais avec de beaux moments de lyrisme, sans qu'il soit facile, pour ce type d'oeuvre, de différencier le son de l'interprète (Vincent Dumestre et les membres du Poème Harmonique) de celui du compositeur (puisque les partitions n'indiquent qu'une basse, rarement chiffrée d'ailleurs, et quelques dessus). La comparaison avec la Poppée monteverdienne me semble tout à fait parlante.

L'oeuvre (et sa mise en scène avec marionnettes) porte une dimension assumée de stéréotype et de parodie (la résurrection de Caligula amuse beaucoup le public !), sans doute liée au contexte de création (le carnaval), mais je m'interroge sur la durée très brève de ses actes : y a-t-il eu deux tiers de coupures sur un opéra de trois heures, ou est-ce une oeuvre volontairement "légère" et courte ?
Car Vincent Dumestre est crédité à l' "adaptation" du livret... est-ce pour l'action sur son versant parodique, ou plutôt sur sa durée ?

Suite de la notule.

Saison 2012-2013 - le lien social à la française


A l'occasion du début des parutions des nouvelles saisons, je parcours certains lieux d'expression (forums en particulier) pas lus depuis longtemps, afin de m'éviter de guetter les dates ou de rater certaines soirées en feuilletant les programmes.

1. Humeurs - 2. Causes - 3. Premières annonces de la saison

Suite de la notule.

samedi 10 mars 2012

Anthologie théâtrale par la Compagnie de l'Imago au Théâtre Darius Milhaud


Très loin des consommations culturelles habituelles des lutins, voici, sans doute moins prestigieux et moins profond, un spectacle qui mérite mention sur deux chapitres :

=> son horaire (début à 21h15 pour une durée de 90 minutes, pratique lorsqu'on débauche tard et qu'on n'a pas le courage d'aller entendre un format Parsifal) ;

=> l'inspiration de ses intermèdes (!).

Suite de la notule.

Euphémisme du jour


Euphémisme :
Figure de style qui recherche l'atténuation d'une pensée choquante.

Exemple 1 :
Il a rejoint les anges.
Pour ne pas dire : Il a crevé dans d'atroces souffrances, abandonné comme un rat.

Exemple 2 :
Les créanciers ont renoncé à plus de 75% de la dette de la Grèce, qui évite ainsi le défaut de paiement. Sauvés !
Pour ne pas dire : La Grèce a fait défaut sur plus de 75% de ses créances (et ne pourra vraisemblablement pas rembourser le reste non plus).

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Notule préparée ce jeudi. Il semble que les commentaires éclairés du lendemain (hier, donc) aient convergé en ce sens, et que la remarque ne soit plus très originale, en comparaison de la douce euphorie du 8.

Peu importe, cela reste amusant.

jeudi 8 mars 2012

Trait commun

It was Captain Ramón's office into which he looked. He saw the comandante sitting before a table reading a letter which, it appeared, he had just finished writing. Captain Ramón was talking to himself, as does many an evil man.

Soit :

C'était le bureau du Capitaine Ramón qu'il observait. Il aperçut le comandante à sa table de travail, lisant une lettre qu'il avait, à ce qu'il semblait, à peine achevée. Le Capitaine Ramón se parlait à lui-même, comme le font bien des méchants.

Suite de la notule.

mercredi 7 mars 2012

Debussy : La Chute de la Maison Usher, des paris de reconstruction


A l'occasion d'un essai de représentation à l'Amphithéâtre Bastille, quelques mots sur les enjeux et les nombreuses tentatives de reconstitution de cet opéra inachevé. Archive d'une version récente de la radio-télévision néerlandaise (avec rien de moins que Henk Neven et Yves Saelens) :


Concernant le spectacle parisien du 3 mars, assez déçu par ce patchwork (esquisses mêlées du texte de Poe et de mélodies dépareillées de Debussy), qui fonctionne certes en tant que tel, mais n'a pas le potentiel de fascination de la version restituée et orchestrée de la Maison Usher - ces extraits avec piano sont certes de loin les plus intéressants de la soirée, mais le déséquilibre entre le piano, le récitatif ultra-ascétique et volume sonore assez considérable des chanteurs ne comble pas totalement.

Ce n'est cependant pas un pari illégitime, dans la mesure où ces deux courts opéras avaient vocation à constituer un diptyque pour la même soirée américaine (il signe un contrat à l'été 1908 avec le Met, pour ses deux Poe à venir).

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1. Le diable dans le beffroi

Suite de la notule.

Saisons


Deux remarques rapides :

=> Je m'aperçois que les 21 soirées vues cette saison ont eu lieu dans 14 lieux différents (seuls Pleyel et Bastille m'ont accueilli plusieurs fois). Quand j'entends des spectateurs se plaindre du manque de renouvellement du répertoire, je me dis qu'en somme, si l'on évite la facilité de n'ouvrir que les quatre mêmes brochures et si l'on n'exige pas d'entendre forcément les plus grands orchestres du monde, on peut vraiment assister à à peu près tous les répertoires à Paris, et quasiment à volonté...
La véritable contrepartie est celle de la patience d'aller chercher dans toutes les salles...

=> L'Orchestre de Paris vient de publier sa saison à venir, et je ne remarque qu'un concert véritablement original ou appétissant [1] : la mise en musique par Karl Amadeus Hartmann de scènes de Sodome et Gomorrhe de Giraudoux, couplée avec la Cinquième Symphonie de Tchaïkovski.
Comme Goerne y chante seulement du "contemporain" (ou plus exactement perçu comme tel), que c'est Eschenbach qui dirige (précédé d'une réputation très exagérément honnie), et que cette symphonie est souvent jouée par les orchestres internationaux dans la même salle, je devrais avoir des places peu chères sans problème, même en venant le soir même.
Mauvais pour l'OP, bon pour moi - tout va bien.

Notes

[1] (du moins pour moi, parce que dans les choses plus traditionnelles, il y a par exemple Dohnányi dans Barbe-Bleue de Bartók et la Quatrième de Mendelssohn, ce qui promet beaucoup, peut-être encore plus pour le Mendelssohn que pour le Bartók !)

samedi 3 mars 2012

La belle Meunière et Le Voyage d'hiver - Goerne / Eschenbach (Pleyel)


Un mot après ce Winterreise de Matthias Goerne et Christoph Eschenbach mardi dernier à la salle Pleyel.

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1. Le mystère Eschenbach

Suite de la notule.

David Le Marrec


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