Carnets sur sol

Aller au contenu | Index des notules | Aller à la recherche

Château de Versailles 2016-2017


Alors que la saison va progressivement être dévoilée sur leur site à partir de cette semaine, voici un petit récapitulatif de ce qui sera annoncé – grâce à Faust qui s'est fondu dans la foule des Mécènes du Château pour nous fournir tous les précieux éléments que je réexploite ici.

La saison de la Philharmonie est peut-être un peu gentillette, mais du côté lyrique, il y aura de quoi faire la saison prochaine en Île-de-France. L'Opéra de Paris propose déjà quelques jolies choses (un Cavalli par Alarcón, un Rimski-Korsakov rare, quelques productions prometteuses comme ces doubles distributions de Lohengrin ou Onéguine…), l'Auditorium du Louvre rejouera le programe Cœur de Dumestre (avec le fabuleuse Eva Zaicik au lieu de Claire Lefilliâtre – l'écart stylistique sera tout aussi important avec les hommes !) et présentera Les Éléments de Lalande et Destouches, le Théâtre des Champs-Élysées déborde de fêtes pour l'opéra romantique italien et français (Norma sur instruments d'époque par Fasoli, La Reine de Chypre, un des bons ouvrages d'Halévy, Boccanegra, le Requiem de Verdi, Carmen, Andrea Chénier dans des distributions luxueuses)… même la Philharmonie a mis ses grands efforts de ce côté-là, avec 3 oratorios de Schumann et Mendelssohn par les meilleurs (Harding, Pichon, Gerhaher, Goerne), la venue du Bolchoï pour un Tchaïkovski très rare en France, ou encore la reprise d'El Niño d'Adams par le LSO…
À l'Opéra-Comique, on annonce quelques grandes réjouissances comme La Nonne sanglante, grand opéra de Gounod directement inspiré de Meyerbeer (et très réussi, une de ses meilleures œuvres) ou Le Timbre d'argent, un inédit de Saint-Saëns.

Mais si vous aviez déjà réservé, vous pouvez vider votre agenda : Versailles a annoncé en cercle restreint sa saison prochaine. Et.

putti_nouvelle_saison_versailles.png
Fuyez, fuyez tant qu'il en est encore temps !

En rouge, les productions scéniques. En bleu, les versions de concert. Soulignées, les choses rares et exaltantes que vous ne reverrez plus jamais.





Premiers opéras italiens

Monteverdi – La Favola d'Orfeo – Arts Flo, Agnew.
Passe aussi à la Philharmonie, avec Auvity dans le rôle-titre.

Monteverdi – L'Incoronazione di Poppea – Grüber, d'Hérin.
Grüber avait très bien réussi Ulysse au début des années 2000, autrement difficile à tenir… Un peu moins enthousiaste sur d'Hérin (formidable dans le baroque et le classique français !) dans ce répertoire.

Rossi – Orfeo – Mijnssen, Pygmalion, Pichon. Reprise de la production fantastique qui a tourné cette année : le plus grand spectacule de cette saison à mon avis, à voir absolument si la distribution demeure de même niveau Francesca Aspromonte revient !



XVIIe anglais

Purcell – Dido and Æneas – Roussat & Lubeck, Dumestre.
La production de Cécile Roussat & Julien Lubeck, déjà passée à Versailles en 2014, et captée à Rouen la même année (désormais disponible en DVD) était, visuellement comme musicalement, bouleversante – difficile de trouver une lecture plus effrayante et intense. Distribution totalement renouvelée : Mireille Delunsch y retrouve le rôle principal, qu'elle n'avait pas pratiqué depuis longtemps, me semble-t-il.
Également avec Benoît Arnould (Énée), Katherine Watson (Belinda), Cyril Auvity (un Marin ?), Nicholas Tamagna (le meilleur Esprit du marché), Caroline Meng (l'Enchanteresse ?), Lucile Richardot, Jenny Daviet.

Purcell – King Arthur – production des époux Benizio, Niquet.
Avec Tauran, Santon, M. Vidal, Labonnette, J. Fernandes !



Tragédie en musique et musiques de scène françaises

Lully – Monsieur de Pourceaugnac – Hervieu-Léger, Christie.

Lully – Le Bourgeois gentilhomme – Podalydès, Coin.
Avec notamment Romain Champion et Marc Labonnette.

Charpentier – Médée – Pynkoski, Opera Atelier Toronto, Fallis.
L'ensemble, à la pointe du mouvement aux Amériques, continue de remonter les grands standards de la tragédie en musique du XVIIe siècle. Pynkoski fait très bien avec peu de moyens, et si les émissions canadiennes sont en général assez en arrière, le tout est toujours habité d'un respect scrupuleux du style. Pour ce qui est potentiellement (avec une poignée d'autres concurrentes) la meilleure tragédie en musique jamais écrite, voilà qui fait plutôt envie.
Avec Jesse Blymberg, Colin Ainsworth et Olivier Laquerre.

Marais – Alcyone – Moaty, Savall. Également donné à l'Opéra-Comique.
Pour avoir entendu Savall en jouer des pièces d'Alcyone mises en suite, la sècheresse et la raideur étaient assez redoutables sans la réverbération des mixages Alia Vox, mais il a pas mal travaillé ce répertoire depuis et affiné son style. Ce sera peut-être très bien.
Je n'adore pas cet opéra (ni ceux de Marais en général, à l'exception de Sémélé qui dispose d'un demi-caractère particulier), le livret étant ce qu'il est, et la musique de Marais un peu tourmentée et virtuose pour mes goûts, plus musicale que dramatique d'une certaine façon, à une époque où la musique n'était pas aussi émancipée que chez Rameau. Mais on ne l'a guère entendu depuis Minkowski et Christie au début des années 1990 : en 2008 avec Armonico Tributo à Vienne, et en 2011 à Bilbao et… Sablé-sur-Sarthe, par les Folies Françoises.
D'autant que le distribution fait très envie : Bayodi-Hirt, Bennani, Desandre, Auvity, Guimaraes, Mauillon, Abadie, Abete !

Rameau – Zoroastre – Pichon.
Un des meilleurs opéras de Rameau avec Castor et les Boréades, tous deux donnés il n'y a pas si longtemps. Livret aux péripéties assez linéaires, mais très animé. Et puis Courjal dans un grand rôle de méchant baroque qui réclame de beaux graves !
Avec Piau, Desandre, Mechelen, Courjal, Immler.



Opéra seria

Haendel – Rodelinda – Il Pomo d'Oro.
Également donné au TCE. Ensemble particulièrement persuasif dont j'ai dit déjà le plus grand bien.
Avec Kalna, Lemieux, Hamarström, DQ Lee, Ainsley, Weisser.

Vivaldi – Arsilda, Regina di Ponto – Radok, Collegium 1704, Luks.
À mon avis le meilleur ensemble actuel pour ce répertoire, d'assez loin. La fougue et l'articulation de ces tchèques est redoutable.



Classique italien

Mozart – Don Giovanni – I. Alexandre, Minkowski.
Avec Bou, Barbeyrac, Skerath, Gleadow…
La trilogie Da Ponte est prévue pour la saison suivante.



Classique français

Salieri – Les Horaces – Rousset.
Il reste, après les Danaïdes (déjà données par Rousset à Versailles, et enregistrées) et Tarare (sur lequel CSS prépare actuellement un long dossier), un dernier opéra de Salieri en français… et celui-là, il n'a pas été redonné çà ou là. Avec les deux chefs-d'œuvre ultimes précités, on s'attend forcément un peu à une découverte fulgurante (tout à Tarare, je n'ai pas encore ouvert la partition).
Avec Wanroij, E. Lefebvre, Dran, Dubois, Bou, Foster-Williams, Ph.-N. Martin.



Romantique italien

Rossini – Elisabetta, Regina d'Inghilterra – Spinosi
L'œuvre est une horreur pour tous les amoureux de la musique, comme si Rossini avait voulu caricaturer Donizetti avant même son entrée en fonction : des pages entières sur deux à trois accords, sans modulations, de la virtuosité se résumant à des gammes… C'est, au mieux, une suite d'exercices pour entendre ses gosiers préférés.
Dommage, parce qu'en l'occurrence, entre le Chœur Arnold Schönberg, la grande voix d'Alexandra Deshorties, la souplesse de Norman Reinhardt (dont le timbre évoque beaucoup Kunde), le mordant de Barry Banks et le tranchant de l'Ensemble Matheus, ce sera servi dans les meilleures conditions possibles – me donnerait presque envie d'y aller, tenez.

Rossini – La Cenerentola – Blersch, Les Musiciens du Prince, Fasolis.
Une mise en espace avec costumes comme jadis à Pleyel. Avec Bartoli, Nikiteanu, C. Chausson, Corbelli…
Les autres Fasolis sont avec I Barrochisti.



Romantique français

Saint-Saëns – Proserpine – Radio de Munich, Schirmer
Revoici la fine équipe pour un nouvel inédit. Ce n'est pas le Saint-Saëns le plus aventureux (selon la logique d'exploration d'Alexandre Drawicki : prévilégier la couleur du temps plutôt que les nouveautés comme le font les histoires de la musique en général), il y a vraiment peu d'audaces harmoniques (et encore moins rythmiques), mais la lecture de la partition m'avait paru alléchante, pas mal de procédés très adroits où l'on sent la patte d'un maître (de petites carrures rythmiques qui parcourent des scènes entières, par exemple).
C'est plutôt la cantate Frédégonde qui suscite ma curiosité, mais parmi les opéras à remonter, cette Proserpine m'attirait beaucoup.
Et distribution de feu, comme toujours : Gens, M.-A. Henry, Tilquin Vidal, Antoun, Foster-Williams, Lavoie, Sagsyan, Teitgen !





Deux opéras qui figuraient dans ma liste de souhaits absolus et improbables d'opéras que je voudrais entendre avant que mes atomes n'aillent seconder l'économie maraîchère, très beau score, surtout ajouté au reste. Et puis on me redonne le Rossi que j'ai raté, c'est trop gentil, il ne fallait pas.

À cela s'ajoutent quantité de concerts sacrés et profanes :
¶ Louis XIII sacré : messe de Boësset, Litanies de Moulinié, Scènes sacrées de Bouzignac par Schneebeli.
¶ Motets et élévations de Dumont par Daucé.
¶ Grands Motets de Lalande par Schneebeli.
¶ Il Trinfo della Divina Giustizia de Porpora par Les Accents.
¶ Messe du Sacre de Napoléon par Méhul (avec la Cinquième de Beethoven pour faire bonne mesure) par Les Siècles, à la Chapelle Royale.

Et puis quantité de grands classiques : Vêpres de Monteverdi par Pichon, Grands motets de style Louis XIV, Leçons de Couperin par Dumestre, Magnificat de Bach par Gardiner, la Saint-Jean par la Chapelle Harmonique, Messie par Christie.

Pour couronner le tout, une soirée Jaroussky autour d'Orphée… les dernières catégories sont à 70€, amusez-vous bien.


Le choix devient de plus en plus terrifiant.


--

Autres notules

Index classé (partiel) de Carnets sur sol.

--

Trackbacks

Aucun rétrolien.

Pour proposer un rétrolien sur ce billet : http://operacritiques.free.fr/css/tb.php?id=2784

Commentaires

1. Le mercredi 13 avril 2016 à , par Chris

Merci pour ces alléchants détails. (CSS est toujours dans les meilleurs coups il semblerait :) )
Ma décision est prise, je m'abonne à Versailles l'année prochaine ! (Ô Dieu !)

2. Le jeudi 14 avril 2016 à , par Paulette

Respect scrupuleux du style pour les Canadiens de l'Opera Atelier, vous êtes décidément bien magnanime... (sans compter qu'Olivier Laquerre, même torse nu, et Dieu sait qu'il ne s'en prive pas, reste quand même l'un des plus exécrables chanteurs des deux mondes)

3. Le jeudi 14 avril 2016 à , par Faust

Deux ou trois précisions sur cette saison !

Cosi est prévu pour 2017-2018 et peut-être la trilogie Da Ponte Mozart la saison d'après ! La mise en scène d'I Alexandre des Noces cette saison était (de mon point de vue) une grande réussite.

Un peu trop prolixe dans sa présentation qui, en outre, reprenait ce qu'ils appellent les " Fêtes royales " qui est un peu la poursuite de la saison actuelle et qui est parfaitement connue, le directeur, Laurent Bruner doit déployer une énergie considérable pour présenter de pareilles saisons ! On lui doit la reprise, la saison prochaine, de l'Orfeo de Rossi qui, effectivement, est sans doute l'un des sommets de la saison, sinon le sommet absolu !

Plusieurs productions sont annoncées comme étant d'ultimes reprises : Cenerentola avec Bartoli ou encore Le Bourgeois Gentilhomme.

L'Alcyone de Marin Marais a été présentée comme un projet de Jordi Savall qui va enfin se réaliser grâce aux efforts conjoints de l'Opéra Comique et de l'Opéra de Versailles.

Finalement, avec sans doute des moyens limités - sans comparaison avec ceux de l'opéra de Paris, évidemment - et en co-produisant ou en accueillant des productions qui tournent, l'opéra de Versailles, depuis 2009, s'est taillé une place de choix dans le paysage lyrique.

On ose à peine leur dire que si la Galerie des Glaces est un lieu magique, il reste peu adapté aux concerts ou encore que les sièges sont peu confortables (mais cela favorise la concentration ...).

Attention, hormis les trois productions déjà en vente sur leur site, tout ceci est présenté " sous réserve de modifications " ...

4. Le samedi 16 avril 2016 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir !

Et merci encore à Faust, sans qui aucune des informations cruciales de cette notule n'aurait paru.

--

@ Chris :
Vu qu'ils n'ont pas changé leur système de réservation Sirius (coucou Sto !), je crains qu'ils n'améliorent pas non plus le principe de l'abonnement. En un mot : cher.

--

@ Paulette :
Respect scrupuleux du style pour les Canadiens de l'Opera Atelier, vous êtes décidément bien magnanime...

C'était sur la short list de mes seconds prénoms, et puis on a finalement choisi quelque chose de plus sortable.

Je visais prioritairement l'ensemble instrumental Tafelmusik qui y est attaché que les chanteurs eux-mêmes, qui font vraiment un effort patent de style avec des émissions typiquement canadiennes (donc très moelleuses et postérieures) qui ne s'y prêtent pas. C'est pourquoi j'ai parlé du travail sur le style plutôt que de la qualité des voix elles-mêmes, que moi non plus je ne goûte pas démesurément – mais j'aime bien Laquerre, sans même avoir vu son torse.

C'est une question de technique vocale, voire de phonation depuis l'enfance, plutôt que de style à proprement parler. Il y a plus de galbe dans leurs phrasés que chez la plupart des chanteurs français, au train où sont allé les choses ces dernières années.

Je n'en dirais pas autant d'Opera Lafayette par exemple, particulièrement plat à tous les étages – et s'il est aisé de saborder un Monsigny sans dialogues, rendre Armide ennuyeuse, tout de même !

--

@ Faust :

On lui doit la reprise, la saison prochaine, de l'Orfeo de Rossi qui, effectivement, est sans doute l'un des sommets de la saison, sinon le sommet absolu !

Je viens de voir que le prix de la reprise était majoré, non ?  De 35, la dernière catégorie est passée à 50€… Ça les vaut tout à fait, mais ça fait mal quand même.


Finalement, avec sans doute des moyens limités - sans comparaison avec ceux de l'opéra de Paris, évidemment - et en co-produisant ou en accueillant des productions qui tournent, l'opéra de Versailles, depuis 2009, s'est taillé une place de choix dans le paysage lyrique.

Oui !  Reste plus qu'à affrêter un RER C vers minuit, et les honnêtes gens pourront s'y rendre en masse.


On ose à peine leur dire que si la Galerie des Glaces est un lieu magique, il reste peu adapté aux concerts ou encore que les sièges sont peu confortables (mais cela favorise la concentration ...).

De toute façon, ils donnent surtout des concerts de prestige là-dedans, à l'exception de l'Orfeo de Gardiner cette saison. Comment cela sonne-t-il ? 

5. Le dimanche 17 avril 2016 à , par Faust

Justement, j'étais allé écouter l'Orfeo de Gardiner !

On est mal assis, cela sonne moins bien qu'à l'opéra Gabriel ou à la Chapelle et, bien sûr, on ne voit rien sauf à être au premier rang !

Oui, bien sûr, le Château de Versailles est une entreprise commerciale très lucrative !

6. Le dimanche 17 avril 2016 à , par DavidLeMarrec

Oui, et vous m'en aviez parlé, mais pas de la salle, d'où ma question.

J'en déduis qu'il n'y a pas d'estrade pour les musiciens ? C'est dommage, tout de même, pour un lieu de tels fastes, ne pas avoir les moyens d'une petite scène…

Êtes-vous sûr que le Château soit lucratif ? En recettes, assurément, mais en bénéfices, il me semble bien avoir lu que c'était très loin de l'équilibre. Même sans parler de l'entretien du Château, pour équilibrer les comptes dans un aussi petit théâtre, avec un orchestre symphonique et des chœurs, c'est impossible. Déjà qu'au TCE, dans un théâtre de taille respectable où le personnel n'est pas rémunéré, c'est hors de portée !
Pour équilibrer pour de l'opéra, il faut la jauge de Bastille – j'avais lu, à l'époque que le Rigoletto de Savary à Bastille était excédentaire, mais pas la Flûte de Besson (c'était à Garnier, non ?) !

7. Le lundi 18 avril 2016 à , par Faust

Bonjour

Si, il y a une petite estrade, quand même ! Mais, la galerie des glaces est immense et en longueur. Je pense qu'à partir du 20ème rang on ne voit déjà plus grand chose. Vous pouvez me dire que c'est un peu pareil dans les églises et, notamment, à la Chapelle Royale.

Cela a un effet déplaisant. Pour l'Orfeo, j'étais dans les derniers rangs. Pas mal de spectateurs n'écoutaient plus trop ou même quittaient la salle discrètement.

Mais, je vous concède volontiers que le lieu est assez extraordinaire. Je n'y suis allé que deux fois et la première c'était pour Bartoli ! Ce devait être en juin ou début juillet, les jours sont très longs et il y avait du soleil. Je pense que les artistes apprécient de se produire dans un tel lieu. J'avais lu que Gardiner avait souhaité donner l'Orfeo à la Galerie des Glaces.

Bien évidemment, ni l'opéra, ni les concerts ne sont rentables ! Ce sont des activités pour lesquelles il n'y a ni progrès technique, ni économies d'échelle. Heureusement, d'ailleurs ! Je doute de la rentabilité du Rigoletto de Savary ou alors on est parti de la convention suivante : on a exclu certaines charges fixes comme, par exemple, l'orchestre. Par contre, les bals que Versailles organise et qui, paraît-il, attirent beaucoup de monde doivent par contre être rentables. L'année passée, Laurent Bruner, directeur des spectacles à Versailles, indiquait qu'il avait vu arriver un japonais déguisé en Roi Soleil (ce sont des bals obligatoirement costumés et le costume est à la charge de celle ou de celui qui y participe).

Je ne pensais pas à cela; mais plutôt au fait que le Château a invité Lang Lang comme "ambassadeur" du Château ... Ce n'est pas seulement pour ses qualités artistiques, mais bien pour y attirer le plus possible ses compatriotes ...

8. Le samedi 23 avril 2016 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Faust !

Merci pour ces précisions. Effectivement, frustrant.
Je vous l'accorde, Lang Lang n'a pas grand rapport thématique avec le Château. Mais c'est semble-t-il un produit d'appel puissant pour le public chinois, un engouement qu'on mesure mal chez nous, où il est une vedette du piano international et pas l'enfant du pays – en plus, en France, on s'en moque un peu des enfants du pays.

Oui, je m'étais posé la question aussi pour Rigoletto : si on parle d'une reprise en excluant le décor, ou en comptant les salaires de façon un peu restictive, par exemple sans y inclure les administratifs qui sont payés toute l'année, voire en excluant orchestre ou chœurs…

9. Le samedi 23 avril 2016 à , par Georg-Friedrich

Bonjour David,

Je me permets de réagir un peu tard à cet article pour confirmer le caractère totalement inapproprié de la Galerie des glaces comme salle de concert. Conçue par Mansart comme un lieu de passage, cette galerie n’avait à l’origine qu’une seule fonction : éblouir les visiteurs que le roi recevait à Versailles. Si elle a pu être transformée en salon de réception ou servir de cadre à des festivités de tout genre, bals ou mariages, tout au long du XXe siècle, elle n’avait encore jamais été exploitée, avant Versailles Spectacles, comme une salle de concert. Ses dimensions l’interdisaient en quelque sorte, puisque la galerie mesurant 73 mètres de longueur et seulement 10 de largeur, il est en effet impossible d’y installer des gradins du fait de la présence des lustres. Il n’empêche, des concerts sont régulièrement programmés dans cette salle, à des prix totalement délirants, mais il faut bien avoir en tête ceci : que ce qui se vend dans n’importe quel théâtre entre 5 et 10 euros et qui correspond à une place sans visibilité, se vend ici 90 euros. Pas de chaise ou de fauteuil capitonné : on est assis sur une misérable chaise de jardin (je pense à mon expérience traumatisante pour le récital de Bartoli en juin 2012)!
Permets-moi d’évoquer justement, à la manière d’un anthropologue, cette "expérience de terrain" : au 60e rang où j’étais placé, je ne voyais STRICTEMENT RIEN, si ce n’est les fresques de Le Brun que les quelques rayons du soleil illuminaient. Et alors alors que je m’apprêtais à vivre un véritable enfer pendant trois heures, je remarquais que, comme tous les enfers, le nôtre était jalousement gardé par plusieurs cerbères qui s’étaient mis en travers des allées pour décourager les plus audacieux spectateurs de franchir la frontière magique qui séparait, au 12e rang, la masse bêlante de l’élite étincelante pouvant débourser 495 euros pour un récital.
Le programme était, à un air près, exactement le même que celui que j’avais vu en décembre 2010 à Pleyel : « Haendel et ses rivaux ». Dès les premières notes de l’orchestre – l’ouverture de Rinaldo –, on pouvait se rendre compte à quel point l’acoustique de la galerie des Glaces était exécrable, pas tant en raison de tous ces lustres qui pendent qu’à cause du plafond qui, bien que voûté, n’est pas suffisamment haut et large pour restituer toute l’amplitude sonore. Le son était pâteux, en dépit de Giovanni Antonini qui dirigeait fort énergiquement son Giardino Armonico. Voilà un des effets les plus catastrophiques de cette galerie : elle anamorphose le son et rend donc toute musique complètement méconnaissable. On ferait venir le meilleur orchestre du monde que le son en serait également tout gâté.
Quand Bartoli a fait son entrée avec le Furie terribili, il fallait voir le grand fracas dans les derniers rangs de la salle. Tous les gens devant moi se levaient pour tenter d’apercevoir la chanteuse, mais ils devaient aussitôt se rasseoir car des mains rageuses derrière eux leur faisaient savoir qu’ils gênaient. Tout le monde, c’est bien légitime à ce prix-là, voulait voir Bartoli, mais personne ne supportait de rester cramponné à sa chaise. Bref, il régnait un tumulte épouvantable, qui n’était pas sans susciter la colère de ma voisine déchaînée, une Versaillaise « plus enflammée qu’une ardente fournaise », comme aurait dit Marot !
Téméraire aurait été celui qui aurait voulu rendre compte de ce concert à partir de l’emplacement que j’occupais. Non seulement je n’ai rien vu, mais je n’ai rien entendu non plus. J’avais devant moi deux tourtereaux qui, sous le Lascia la spina, n’arrêtaient pas de se lancer des tas de regards niais, et quand ils n’étaient pas en train de se bécoter, laisser clairement apparaître devant eux des rangées de chignons grisonnants. J’ai pris des photos de l’emplacement que j’occupais et serais ravi de te les envoyer pour que tu puisses les intercaler dans mon commentaire ou, mieux, les publier dans ton article de façon à dissuader les malheureux candidats tentés par une expérience musicale dans la Galerie des glaces.
Grâce à une connaissance aperçue à l’entracte, j’ai pu, dans la seconde partie, me retrouver au 3e rang et sauver cette soirée! Mais à quel prix : j’étais au milieu de la Sarkozie triomphante et du gotha de l’oligarchie capitaliste qui parlait anglais et russe entre chaque air.
Un dernier mot de conclusion si tu me permets : avec Versailles Spectacles, on peut dire que c’est toute la philosophie du baroque que l’on piétine. Rappelons que le mouvement baroque s’est sans cesse situé aux marges de la musique officielle et que les défricheurs de ce répertoire ont toujours drainé un public jeune, désargenté, un peu bohème, mais très connaisseur et très passionné. Jacobs signale souvent que la sociologie du public du Staatsoper était, au moins à ses débuts, homologue à celle des artistes présents sur scène et, sans remonter aux calendes grecques, il suffit de jeter un coup d’œil sur les photos des pionniers de l’époque, les Kuijken, les Barto, les Jacobs, les Junghänel, les Wilson, etc., pour découvrir qui ils étaient : des babas aux cheveux longs, avec des pantalons pattes d’éph., qui se fichaient complètement des honneurs et qui n’avaient pas besoin de jouer devant un parterre de banquiers pour se sentir exister. Quand on vend une place de concert de Cecilia Bartoli à 500 euros, c’est donc un coup mortel que l’on porte à cet esprit-là. On sélectionne un public qui n’y connaît rien, qui vient juste là pour se montrer et qui, une fois sur place, se conduit n’importe comment, soit en parlant plus fort que tout le monde, soit en prenant des photos (avec flash) pendant tout le concert, soit en faisant carrément les deux! Il fallait voir tous ces vieux barbons en costume cravate, liftés et tirés à quatre épingles, qui étaient assis à mes côtés... on se serait cru dans un conseil d’administration d’une entreprise du CAC 40, au milieu de grands dirigeants, plutôt que dans une salle de concert !

10. Le dimanche 24 avril 2016 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Georg-Friedrich !

Voici les images que tu m'as transmises pour illustrer ton propos (édifiantes en effet).


Les douze premiers rangs, c'est pas mal (mais 500€ la place) :


Du fond, c'est impressionnant :


Et encore plus avec tout le monde (oui, il y a un concert au bout).


Oh, mais il y a quelqu'un là-bas !  (Ah, c'est une photo que tu as prise debout, tricheur !)


Ça illustre en effet assez bien ton propos…

11. Le dimanche 24 avril 2016 à , par DavidLeMarrec

Effectivement, je ne suis pas très étonné : si on veut une salle en longueur, il faut les matériaux appropriés (et certainement pas une voûte, ou alors une voûte plus haute et des côtés plus larges pour donner un son ample et réverbéré), ça ne s'improvise pas.


Un dernier mot de conclusion si tu me permets : avec Versailles Spectacles, on peut dire que c’est toute la philosophie du baroque que l’on piétine. Rappelons que le mouvement baroque s’est sans cesse situé aux marges de la musique officielle et que les défricheurs de ce répertoire ont toujours drainé un public jeune, désargenté, un peu bohème, mais très connaisseur et très passionné. Jacobs signale souvent que la sociologie du public du Staatsoper était, au moins à ses débuts, homologue à celle des artistes présents sur scène et, sans remonter aux calendes grecques, il suffit de jeter un coup d’œil sur les photos des pionniers de l’époque, les Kuijken, les Barto, les Jacobs, les Junghänel, les Wilson, etc., pour découvrir qui ils étaient : des babas aux cheveux longs, avec des pantalons pattes d’éph., qui se fichaient complètement des honneurs et qui n’avaient pas besoin de jouer devant un parterre de banquiers pour se sentir exister.

Cela dit, le propos de ces gens étant l'authenticité (ou du moins s'inspirer des pratiques d'époque pour rendre cette musique viable, alors qu'elle ne l'était plus depuis longtemps, telle qu'on la jouait au XXe siècle avant eux…), se servir de la musique comme moyen d'incarnation des hiérarchies sociales est tout sauf un contresens ; et s'il y a bien un lieu où il est légitime de la faire sentir, c'est Versailles !

Ce clin d'œil passé, je vois très bien ce que tu veux dire, et ça me pose de grandes questions aussi. Je les avais formulées à propos d'Abbado, mais Bartoli incarne encore mieux le phénomène : comment peut se sentir un artiste (certes, Bartoli n'a jamais revendiqué de convictions communistes, elle ne doit de comptes à personne de ce point de vue) qui s'enferme peu à peu dans une cage dorée, où viennent la visiter non plus les mélomanes du rang, et encore moins les curieux occasionnels, mais uniquement les plus fortunés ?

Ce doit être étrange, tout de même, de se dire qu'on ne joue que pour les privilégiés, d'autant que les artistes se convainquent en général de leur importance en disant que c'est l'ouverture, l'amitié entre les peuples et autres semi-bobards que nous avons tous envie d'entendre. Car avec leur influence, si Abbado ou Bartoli avaient décidé qu'il y aurait le tiers des places à moins de 30€, on le leur aurait accordé (de toute façon, c'est un produit d'appel pour le lieu du concert, et l'assurance d'une salle complètement remplie).

Pour Abbado, c'était paradoxal eu égard au fait qu'il avait joué dans les usines, fondé plus récemment des orchestres (voire établi une sorte de franchise, comme pour l'orchestre de Gibault) destinés à promouvoir les jeunes et à se produire dans les lieux défavorisés… comment pouvait-il accepter de ne se produire que pour l'élite patrimoniale (il n'est pas illégitime que le concert vivant soit cher, mais lui, ne vivre qu'au contact de ce public choisi par le biais pécuniaire, comment le pouvait-il ?).
Pour Bartoli, c'est paradoxal dans la mesure où elle s'échine à rechercher des répertoires rares (et dignes d'intérêt, elle doit passer un sacré temps dans ses sélections pour dénicher le meilleur du seria inconnu !), donc qui s'adresseraient plutôt à l'enthousiasme des initiés… mais ne se produit plus que devant un public de prestige, qui vient pour l'événement, voire pour la chanteuse, mais vraisemblablement pour écouter un Steffani ou un Salieri qu'elle n'a pas mis sur le disque…

Ça reste un mystère, mais les voies de l'argent sont tellement pénétrables…

(Je ne les blâme pas au demeurant, ils ne volent personne, mais je me demande toujours comment ils peuvent ressentir cette forme d'enfermement : Bartoli vient, et hop, les prix deviennent inaccessibles au commun des mortels.)

12. Le jeudi 28 avril 2016 à , par Georg-Friedrich

"Comment peut se sentir un artiste (...) qui s'enferme peu à peu dans une cage dorée, où viennent la visiter non plus les mélomanes du rang, et encore moins les curieux occasionnels, mais uniquement les plus fortunés ? À vrai dire, le problème ne se pose pas tout à fait comme ça. Il y a un marché lyrique, avec des chanteurs, des salles de spectacle, des directeurs de théâtre et des publics. Sur ce marché, Bartoli occupe une position absolument dominante : non seulement elle a la maîtrise entière de son répertoire (c'est elle qui choisit ce qu'elle chante et non pas les directeurs d'opéra ou maisons de disque), mais également la maîtrise de toute la production artistique (c'est elle qui choisit aussi les chanteurs et musiciens qui l'accompagnent) et, enfin, c'est elle qui décide de l'endroit où elle chantera (de préférence dans des petites salles, comme Zurich, où elle habite, mais pas toujours, comme en témoignent ses passages réguliers à Baden-Baden ou bien encore Salzbourg (je me souviens d'un Otello chanté devant 2500 personnes). Par conséquent, en prétendant aux cachets les plus élevés, elle ne fait que s'ajuster à ce marché, qui repose sur un subtil équilibre entre offre et demande. Et puis elle va où on l'invite! C'est-à-dire dans les pays qui ont les moyens de l'acheter : Allemagne et Autriche essentiellement, Europe du Nord sinon. Si elle a développé une relation très particulière avec l'Opéra de Zurich, c'est parce que ce dernier l'a constamment invitée depuis plus de 25 ans, alors que l'Italie ne lui a jamais donné sa chance! On ne peut pas dire non plus qu'elle ne joue que pour des privilégiés : je me souviens d'un récital Sacrificium à Rome en 2013 à 40 euros la première catégorie! Il y a certaines salles où les prix sont moins chers que dans des opéras réputés populaires (une première catégorie pour Norma en février dernier à Monaco ne m'a coûté que 110 euros... Bastille n'a qu'à aller se rhabiller!) et rappelons-nous qu'elle a, avec moult guillemets je te le concède, "démocratisé" Salzbourg, en incluant 6 catégories de places (quand il y en avait seulement 2 autrefois, avec une différence minime entre les deux catégories). Tout cela peut faire sourire, mais je connais des tas de personnes désargentées qui économisent toute l'année pour voir Bartoli à Paris ou ailleurs : c'est leur plus grande source de plaisir sur cette terre! Fort heureusement, elle ne chante pas qu'à Versailles, et tous les ans à Paris, il est quand même possible de l'entendre soit au TCE soit à la Philharmonie, laquelle ne me semble pas être une "cage dorée"... Reste maintenant le cas de Versailles. Je crois ne pas me tromper en pensant que cette institution se gave sur le dos de tout le monde, y compris Bartoli. Regardons en ce moment Lucio Silla, dont la première catégorie culmine 140 euros, alors que c'est 33 au Havre et 31 à la Cité de la Musique (pour comparer avec des salles disposant de jauges identiques). Je sais par une source fiable que Bartoli accepte de revoir à la baisse ses cachets quand elle chante à Versailles et qu'en 2012, ces derniers s'élevaient à 30000 euros (au lieu de 100000 voire 120000 en règle générale). Ce qui est rassurant dans cette histoire, c'est que Versailles n'arrive pas à vendre toutes ses places à 495 euros et que quelques jours avant la date fatidique, elles se trouvent bradées à 200!

13. Le jeudi 28 avril 2016 à , par DavidLeMarrec

Merci pour ces informations précises, c'est ce que je me demandais justement !

--

Oui, précisément, Bartoli se trouve dans une position dominante (et à ce point, il n'y a pas grand'monde d'équivalent parmi les chanteurs en activité – Domingo, et puis ?  même Gruberová ou Kaufmann n'ont pas ce pouvoir) où elle pourrait exiger des conditions précises, et en tout cas refuser l'inflation des prix.

J'ai bien conscience qu'elle n'a pas de raison particulière de limiter son cachet, d'autant que c'est aussi à cette aune que les artistes sont jugés dans le milieu… Mais elle pourrait exercer une contrainte pour laisser quelques places accessibles aux jeunes ou aux gens normaux.

Que l'Italie ne lui offre pas les mêmes opportunités, c'est certain, vu le tropisme de la péninsule pour les grandes voix, et je doute qu'il y ait beaucoup de superstars du baroque là-bas ; beaucoup d'ensembles, oui, mais qui n'ont pas, me semble-t-il, le même statut que peuvent avoir les Arts Florissants ou les Musiciens du Louvre en France.


et rappelons-nous qu'elle a, avec moult guillemets je te le concède, "démocratisé" Salzbourg, en incluant 6 catégories de places


Détail très intéressant, qui répond très précisément à la question que je me posais.


Je sais par une source fiable que Bartoli accepte de revoir à la baisse ses cachets quand elle chante à Versailles

Idem.


je connais des tas de personnes désargentées qui économisent toute l'année pour voir Bartoli à Paris ou ailleurs : c'est leur plus grande source de plaisir sur cette terre!

Bien sûr, on peut citer des exemples de ce genre pour tous les types de loisir, mais ça me gêne un peu quand c'est dans des lieux subventionnés par la collectivité. Quand un chanteur remplit un édifice privé, ma foi, personne ne lui impose de faire la charité ; mais dans des lieux financés par les impôts de tous, que seul un petit nombre puisse y accéder, sur la base de revenus, ça me chiffonne.
Mais c'est encore une autre question à la vérité, pas la même que celle de la psychologie du chanteur (oui, c'est flatteur que les gens se saignent pour venir vous voir, mais ça ne peut pas concerner tant de monde que ça, à l'échelle d'une salle au tarif Bartoli-Versailles).


la Philharmonie, laquelle ne me semble pas être une "cage dorée"...

Je n'ai pas surveillé les tarifs pour Bartoli à la Philharmonie (son répertoire de concert recoupe rarement mes priorités, en plus du fait que je ne la trouve pas particulièrement passionnante en vrai – j'aime davantage ses disques), mais pour Abbado, Pleyel avait justement mis l'avant-dernière catégorie à 50€ ou plus (ce qui équivaudrait, à l'échelle de l'inflation parisienne, facilement à 70€ aujourd'hui). Pareil pour Berlin ou Barenboim à la Philharmonie, aujourd'hui. Donc il n'est pas très difficile de transformer un temple de la démocratisation en machine à sous, le temps d'une soirée de prestige.

Ce n'est pas illégitime en soi, mais le fait de confisquer les grands noms au grand public que cela aurait pu attirer, c'est dommage, surtout pour se gaver ensuite de grands discours sur l'édification des masses.

(Moi je m'en moque, hein, j'aime davantage l'ONDIF que le Concertgebouworkest, Neuhold que Barenboim et Šašková que Bartoli, donc je ne me sens pas très lésé. Mais sur le principe, vu que les artistes donnent en général du sens à ce qu'ils font – de pas immédiatement utile à la société – par le partage, l'ouverture au monde, l'émancipation, je me demande comment ils le mettent en récit pour eux-mêmes.)


Reste maintenant le cas de Versailles. Je crois ne pas me tromper en pensant que cette institution se gave sur le dos de tout le monde, y compris Bartoli. Regardons en ce moment Lucio Silla, dont la première catégorie culmine 140 euros, alors que c'est 33 au Havre et 31 à la Cité de la Musique (pour comparer avec des salles disposant de jauges identiques).

C'est un peu plus complexe que cela : pour les opéras de LULLY, le prix de la dernière catégorie de l'Opéra Royal (où l'on voit et entend bien) est compris entre les deux catégories de la Cité de la Musique… (où je trouve, précisément, les tarifs d'entrée de gamme un peu chers pour des récitals qui se veulent hors du star-system, presque informels)

14. Le dimanche 13 novembre 2016 à , par Jacques V.

Bonjour

Suite à la lecture du forum, j'ai pris 2 places pour le VENDREDI 25 NOVEMBRE 20 H 00
à la Chapelle Royale / Château de Versailles

Motets & Élévation de Henry Du Mont (1610-1684)
Ensemble CORRESPONDANCES de Sébastien DAUCE

Valeur 100 Euros / Vendues 60 Euros les 2

Rang : U Place : 15 (Nef) Catég. : Catégorie 2 - Nef - Web Tarif Plein
Rang : U Place : 17 (Nef) Catég. : Catégorie 2 - Nef - Web Tarif Plein

REMISE EN MAINS PROPRES à PARIS ou MONTROUGE / MALAKOFF

Contact :
loc [point] olier [arobaase] gmail [point] com

Ajouter un commentaire

Le code HTML dans le commentaire sera affiché comme du texte.
Vous pouvez en revanche employer la syntaxe BBcode.

.
David Le Marrec


Bienvenue !

Cet aimable bac
à sable accueille
divers badinages :
opéra, lied,
théâtres & musiques
interlopes,
questions de langue
ou de voix...
en discrètes notules,
parfois constituées
en séries.

Beaucoup de requêtes de moteur de recherche aboutissent ici à propos de questions pas encore traitées. N'hésitez pas à réclamer.



Invitations à lire :

1 => L'italianisme dans la France baroque
2 => Le livre et la Toile, l'aventure de deux hiérarchies
3 => Leçons des Morts & Leçons de Ténèbres
4 => Arabelle et Didon
5 => Woyzeck le Chourineur
6 => Nasal ou engorgé ?
7 => Voix de poitrine, de tête & mixte
8 => Les trois vertus cardinales de la mise en scène
9 => Feuilleton sériel




Recueil de notes :
Diaire sur sol


Musique, domaine public

Les astuces de CSS

Répertoire des contributions (index)


Mentions légales

Tribune libre

Contact

Liens


Antiquités

(7/7/2012)

Chapitres

Archives

Calendrier

« avril 2016 »
lunmarmerjeuvensamdim
123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930