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samedi 13 juillet 2019

Saison 2018-2019 : remise des prix symphoniques, chambristes, solistes


La notule a été complétée : vous pouvez désormais retrouver la rétrospective de ces autres grands moments (en attendant l'oratorio, le lied, et bien sûr les salutations de productions, d'artistes…).




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e) Musique symphonique

Sibelius 2 par l'orchestre Ut Cinquième, direction William Le Sage. Dans une église insupportablement glaciale (10°C, pas plus), la plus grande interprétation que j'aie entendue de cette symphonies. Bien qu'ensemble amateur, on est saisi par l'aisance et l'aplomb incroyable de cette formation, le plaisir évident de jouer aussi. William Le Sage (alors encore étudiant en direction au CNSM, il vient d'obtenir son prix il y a deux semaines !) parvient avec eux à sculpter la structure élusive des symphonies sibéliennes : l'impression de comprendre, comme jamais, les transmutations de la matière thématique, et avec quel relief et quelle gourmandise. Une expérience d'orchestre où les musiciens vous donnent l'impression de connaître si bien la composition que vous auriez pu l'écrire, un de ces voyages qui peuvent marquer une vie de mélomane.

Star Wars IV,V,VI,VII par l'ONDIF : musique géniale, du niveau des grands Wagner (en tout cas les IV & V), une forêt de leitmotive incroyables, habituellement couverts par les dialogues et bruitages, qui peuvent enfin, en condition de concert, s'épanouir (on entend mal sur les disques, qui ne sont d'ailleurs pas complets, et qui souffrent de manquer de l'ancrage de l'image évidemment, comme du Wagner écouté en fond…). A fortiori avec l'investissement toujours exceptionnel de l'ONDIF, qui n'a d'ailleurs rien mis à côté dans ces courses très intenses (où il faut absolument tenir le tempo) et malgré des traits d'orchestre absolument redoutables (et très exposés). Incroyablement jubilatoire en termes de musique pure, même indépendamment de l'intérêt des films.

Mendelssohn 3 par l'OCP et Boyd : À la fois charnue et acérée, la lecture la plus complète que je n'aurais pu rêver de cette symphonie… je découvre au moment de son départ que, tout en sobriété et finesse, Boyd est un très grand chef. Et l'engagement de l'OCP, comme d'habitude, combiné à leur hallucinant niveau individuel, a battu à plates coutures toutes mes références discographiques (Vienne-Dohnányi, HerasCasado-FreiburgerBO, Fey-Heidelberg…), émotionsubmergeante.

Bruckner 6 par l'OPRF et Chung (que j'entendais diriger pour la première fois, étrangement !). Je tenais la symphonie pour la plus faible de Bruckner – la seule que je n'aime pas vraiment, avec la 8 –, et j'ai au contraire été absolument passionné de bout en bout par cette lecture peut-être facialement traditionnelle, mais qui empoigne le matériau avec une telle intensité, une telle qualité d'articulation, que tout paraît, pour une musique aussi formelle et abstraite, incroyablement présent.

Polaris de Thomas Adès (Orchestre de Paris, Harding), pièce contemporaine au sujet astral, qui exploite l'espace d'une salle de concert de la façon la plus persuasive et agréable. Ce ne doit pas être très opérant au disque, mais c'est un ravissement en contexte.

Chostakovitch 5 par Toulouse et Sokhiev : Après avoir vénéré Chostakovitch et puis (très rare cas en ce qui me concerne) avoir réévalué mon intérêt sensiblement à la baisse ; après une mauvaise expérience en salle de cette symphonie (OPRF / Kuokman, vraiment pas un bon soir), l'une des rares que j'aime vraiment chez lui (avec la 10)… une révélation. Lecture ronde mais dense et intense, portée par l'engagement toujours sans faille de l'orchestre. La lumière douce et aveuglante à la fois du Largo m'a terrassé.

Quelques autres grandes expériences, comme le Beethoven (1,2,4) totalement ravivé et jubilatoire du Concert des Nations, ou Mendelssohn 4 & Schumann 2 par Leipzig (quel orchestre somptueux, charpenté à l'allemande mais d'une rare chaleur).

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f) Musique de chambre

Le Cuarteto Quiroga, mon chouchou de tous les quatuors en activité, dans un incroyable programme Turina (Oración del Torero), Ginastera 1, Helffter (Ocho Tientos), Chostakovitch 8 !  La fine acidité fruité du son, le feu, la lisibilité sont poussés à des degrés inégalés dans des pièces dont la rareté n'a d'égale que la richesse (les modulations de Turina, les danses folles de Ginastera…).

Quintette piano-cordes de Jean Cras (Sine Nomine, Ferey). Farci de folklore breton et de chants de marins, mais d'une sophistication digne de son goût postdebussyste, une œuvre considérable, rarissime au concert (il s'agissait de célébrer la parution d'un second enregistrement de ce quintette).

Trios piano-cordes de Mmes Mendelssohn-Hensel, Wieck-Schumannk, Reverdy et K.M. Murphy par le Trio Sōra (là aussi, dans le tout petit groupe des meilleurs trios du monde, avec avec les Zadig, les Grieg et les ATOS…). Œuvres de grand intérêt, de véritables bijoux structurés avec sérieux et mélodiques avec générosité, servies avec l'évidence de ces artistes de haute volée (qui font sonner, sans exagérer, Kagel comme s'il était aussi accessible et génial que Mozart).

Réentendre, à deux ans d'intervalle (!) l'immense Quintette piano-cordes de Koechlin, cette fois par Léo Marillier et ses spectaculaires amis. Un des sommets de toute la musique de chambre.

Mouvements tirés de Haydn 72-2, Schubert 14, Grieg, Fauré, et deux quatuors de Brahms (3, par les Voce) Leilei (figuralismes d'arbre) par les étudiants du Quatuor Voce dans le 93 (CRR Aubervilliers, CRD Courneuve, CRM Fontaine-sous-Bois…). Niveau quasiment professionnel, même pour les quatuors issus de conservatoires municipaux, une homogénéité de son, une aisance, et même une réelle maturité musicale… Les présents (très peu nombreux dans la Mairie du IVe) furent très impressionnés. Un vrai moment intime et très intense de musique de chambre.

Sonates anglaises violon-clavecin (rien que des opus 1 !) du premier XVIIIe, d'Eccles, Stanley, Shield, Gibbs, Festing… par Martin Davids & Davitt Moroney. Outre les talents exceptionnels de conteur (et en français !) de Moroney, très surpris par l'intérêt de ce répertoire (étant peu friand de musique de chambre baroque, en général surtout décorative), et découverte de Martin Davids, un violoniste qui joue avec la même facilité que s'il traçait négligemment un trait de crayon dans le spectre sonore…

Pièces avec flûte, notamment de Rolande Falcinelli. Découverte de la compositrice, encore une figure, comme Henriette Puig-Roget par exemple, qui représente avec beaucoup de valeur la succession de la grande tradition française du début du XXe, et que le disque, les concerts ont totalement occultée.

Et quantité d'autres grandes aventures… les Quatuors de Gasmann et Pleyel sur instruments d'époque (Quatuor Pleyel), l'arrangement de la Symphonie 104 de Haydn pour Quintette flûte-cordes, un après-midi consacré à Louis Aubert par Stéphanie Moraly, la Première Symphonie de Mendelssohn pour violon, violoncelle (Quatuor Akilone) et piano quatre mains, le même Turina pour quatre guitares, l'intégrale des Trios de Brahms par Capuçon-Moreau-Angelich, le beau quatuor de Jean-Paul Dessy (Quatuor Tana), du clavecin à quatre mains (avec même au menu Saint-Saëns et Dvořák !)… bombance !

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g) Musique solo

Franck, Saint-Saëns, Samuel Rousseau, Tournemire, Demessieux à la Madeleine par Matthew Searles. Quel programme de raretés !  Et exécutées avec une grande générosité, malgré l'instrument et l'acoustique vraiment difficiles. Les improvisations transcrites de Tournemire vous foudroient par l'ampleur des possibles qui s'ouvraient instantément sous les doigts de l'auteur des Préludes-Poèmes (on est plutôt dans cet esprit très complet, virtuose et nourrissant que dans les contemplations poétiques grégoriennes de l'Orgue Mystique).
Pas vu beaucoup de récitals d'orgue de cet intérêt et aussi bien soutenus !

Boyvin, Marchand & Bach sur le tout jeune orgue de Saint-Gilles d'Étampes (2018 !). Les deux Français splendides… en particulier Boyvin, lyrisme d'opéra si prégnant transposé (mais sans creux, répétitions ni longueurs, contrairement aux transcriptions d'opéras réels) dans le langage organistique. Si peu documenté au disque, et si persuasif.

Bach, Intégrale des Sonates & Partitas pour violon, Isabelle Faust. Comme le disque en témoigne, l'équilibre absolu entre les traditions, ni épaisseur du trait ni acidité du timbre, le meilleur de tous les mondes à la fois, tout en sobriété.

Beethoven, Sonates 6-14-16-31 par Daniel Barenboim. Autant j'ai de très grandes réserves sur le chef, autant le pianiste m'intéresse toujours. On pourrait trouver des petits jeunes encore plus fiables, mais il demeure bien préparé et très bien articulé comme toujours. Si ce concert m'a marqué (et davantage que celui avec les 7,13,21), c'est que j'ai redécouvert à l'occasion les sonates 6 et 16, de formidables bijoux d'invention qui ne m'avaient jamais autant frappé au disque.

Moi qui n'avais vu qu'un seul récital de piano solo en dix ans de concerts parisiens (et encore, un concert uniquement constitué de transcriptions d'opéras, d'oratorios et de symphonies par les élèves en direction de chant d'Erika Guiomar !), je les ai multipliés cette saison, avec la confirmation de l'évidence que les plus célèbres, même les artistes sérieux décantés par la carrière, ne sont pas nécessairement les plus intéressants.
Barenboim a tenu son rang, mais Pollini dépassé par des programmes que son âge ne lui permettent plus d'assumer, ou Zimerman excellent (mais pas virtuose ou singulier au point d'accéder aux demandes invraisemblables qu'il adresse à la Philharmonie pour accepter de venir) n'ont pas été mes plus grands moments d'éblouissement. Très agréable néanmoins, et belle expérience d'entendre tout ce monde en vrai, de se faire une représentation de la réalité de leur son (pareil pour Martha Argerich, que j'entendais pour la seconde fois – elle ne m'a pas déçu, absolument splendide et habitée dans le Concerto de Schumann, en revanche sa supériorité absolue me paraît une vue de l'esprit).

lundi 1 juillet 2019

Saison 2018-2019 : bilan de l'année concertante & grande remise des Putti d'incarnat


La saison passée, après avoir passé de nombreuses heures à essayer de faire une jolie présentation, je n'en suis pas venu à bout et n'ai rien publié…
Cette saison-ci, du fait des… 193 spectacles vus depuis le 1er septembre (et cela se poursuit en juillet), j'adopte une autre stratégie : un grand tableau qui contient toutes les données statistiques, avec les distributions, les lieux, les époques, les remises de putti d'incarnat, le prix de revient…

Tant de beautés, parfois un peu secrètes, méritent un petit tour d'horizon, que voici.



1. Les putti d'incarnat

Voici donc venu l'instant de la grande remise annuelle de la récompense suprême pour tout artiste informé, le putto d'incarnat – qui est au diapason d'or ce qu'est la médaille olympique de lancer de poids à la compétition de pétanque de la félibrée.
Seule la rédaction de Carnets sur sol réunie en collège extraordinaire est habilitée à le décerner, ce qui garantit la clairvoyance de son attribution, et l'absence absolue de collusion maligne.

Hautement respecté, il se matérialise par un putto de van Dyck, remis directement à chaque lauréat sous forme d'un précieux carré de pixels.


les putti d'incarnat

Au delà du jeu des breloques, c'est aussi et surtout l'occasion de mettre en valeur des œuvres, concerts ou interprètes qui n'ont pas toujours été très exposés. Il est vrai que le travail de recherche de ces concerts est un poste de dépense, en temps, assez considérable à lui seul !



2. Spectacles vus

Tout a donc été placé et organisé dans ce grand tableau.

Quelques précisions utiles pour sa lecture :
♦ en gris, les découvertes personnelles ;
♦ l'astérisque sur un nom signifie que j'entends l'interprète pour la première fois en salle (deux astérisques, que je le découvre complètement) ;
♦ dans la colonne « recension », tw signifie Twitter (cliquez sur « lire la discussion » pour accéder au commentaire complet), clk Classik (forum de référence), CSS Carnets sur sol (évidemment). Certains concerts n'ont pas été commentés (ou ont pu l'être sans que je remplisse la case, d'ailleurs).

Après hésitation, j'ai conservé la cotation des spectacles, pour permettre de lire plus clairement. Elle est sur cinq et ne relève que ma propre satisfaction : elle ne mesure pas l'intérêt des œuvres, ni même le niveau ou l'engagement des artistes… simplement l'état de ma subjectivité (qui peut varier selon le moment évidemment). D'une certaine façon, la seule cotation objective possible : celle de mes émotions plutôt qu'une qualité générale hypothétiquement universalisable.
D'une manière générale, on peut tout de même remarquer que jouent très fortement la rareté des œuvres (et leur intérêt, bien sûr ; cependant plus il y a découverte, plus l'émotion est forte, par exemple une opérette inédite par rapport à Tosca qui est un coup de poing, mais dont on a l'habitude), ainsi que certains paramètres d'interprétation (engagement, plaisir de jouer, qualité linguistique notamment).

À la louche, il faut le lire comme suit :
* : très bonne exécution, mais je n'ai pas vraiment été emporté, pas sensible aux choix, ou j'étais dans un mauvais soir (Couperin par Jarry, Mahler 3 par l'Opéra de Paris)
** : très bien, mais pas forcément sensible aux œuvres (Manon, Concerto pour violon de Weill, The Rake's Progress…) ou joué de façon terne (Boccanegra) ;
(à partir de ***, on est vraiment très haut)
*** : excellente soirée, très intéressante, très bien jouée ;
****  : assez parfait (mais ce n'est pas rare, ou bien il m'est arrivé d'entendre mieux), ou proposition imparfaite mais extrêmement stimulante (Les Démons à Berthier…) ;
***** : bonheur absolu

Je me suis même réservé, pour les grands soirs qui marquent une vie de spectateur, d'excéder les *****.

Je le redis ici, il ne faut pas le lire comme une « note » /5, ce n'est pas l'esprit de la chose.

Trois spectacles seulement sur les 193 ont une note « négative », où je me suis permis de partager mes doutes.
Bérénice de Jarrell. Je n'ai jamais autant regardé ma montre au spectacle. Jarrell est un très grand compositeur, les interprètes étaient excellents… cette fois-ci ça n'a pas pris, le rapport à Racine, la prosodie, même la musique ne s'articulaient pas ensemble. Une production où tout le monde était de bonne foi, mais une œuvre ratée à mon sens. Cela arrive. Il faut réécouter son opéra Galilée, son mélodrame Cassandre et sa musique symphonique.
Pelléas avec piano à l'Opéra-Comique. Les interprètes (pourtant tous très valeureux) ne possédaient pas bien leur rôle (pas techniquement, mais il ne se passait rien dramatiquement) : proposer le résultat d'une semaine de travail sur une œuvre aussi spécifique que Pelléas, avec un plateau où tout le monde faisait sa prise de rôle, dans un contexte aussi solennel qu'une grande salle de spectacle (pour ce qui aurait dû se donner dans une salle de répétition entouré des proches), ça ne pouvait pas fonctionner. Fausse bonne idée – là encore, ce n'était pas vraiment la faute des artistes, et ça aurait pu fonctionner, vu leur niveau, avec n'importe quel autre opéra… mais pas celui-ci avec tout le monde le nez dans la partition à compter les temps. Et surtout pas vendu comme un vrai concert, à Paris où l'on a en moyenne un Pelléas extraordinaire par an.
Le Procès de Krystian Lupa d'après Kafka, le seul pour lequel je n'ai pas beaucoup d'indulgence : atrocement lent, mal ficelé, délibérément laid… Tout était plat, démonétisé… et j'ai été mis un peu de mauvaise humeur aussi par ce qu'on voyait sur scène (de longues minutes pendant lesquelles un homme nu se touchait), alors qu'aucun avertissement envers le jeune public n'avait été émis (beaucoup de lycéens dans la salle). Un mauvais spectacle, c'est une chose, mais un spectacle nuisible…

Tout le reste, même pour les * où je ne suis pas convaincu sur les choix opérés, était de haute volée. Avec quelques sommets à peine imaginables dont je parlerai.



3. Statistiques

a) Lieux

193 soirées dans 91 salles différentes, dont 50 jamais testées !
Plus d'1/4 de salles nouvelles, après dix ans de concerts à Paris, je suis plutôt content de moi.

Les lieux les plus visités ?  Ils ne surprendront pas les habitués.
1. Philharmonie
2. CNSM
3. TCE
4. Bastille
5. Favart / Château de Versailles
6. CRR de Paris
7. Athénée / Odéon / Garnier
8. Marigny

Détail des salles où je suis allé plusieurs fois cette saison :
total Philharmonie (47)
Philharmonie (36)
total CNSM (24)
total Opéra de Paris (13)
CNSM – Fleuret (11)
CiMu (10)
TCE (10)
Bastille (9)
CNSM – salle d'orgue (6)
Favart (6)
total Château de Versailles (6)
total CRR (5)
CNSM – Pfimlin (4)
Athénée (4)
total Odéon (4)
Garnier (4)
CRR – auditorium Landowski (3)
Opéra Royal (3)
Versailles, Grande Écuries (3)
Odéon (3)
total Marigny (3)
CRR – salle Alain (2)
Temple du Luxembourg (2)
Saint-Gervais (2)
Marigny grande salle (2)

--

b) Genres

Opéra (55), dont scénique (32) et concert (23)
Symphonique (39)
Sacré (20), dont oratorio (4)
Théâtre (18)
Musique de chambre (17)
Lieder & mélodies hors orchestre (13)
Instrument solo (7), dont piano solo (5)
Ciné-concert (5)
Chœur solo (8), dont a cappella (6)
Comédie musicale (4)
Théâtre & musique (4)
Orgue (4)
Cantates profanes (3)
Théâtre en langue étrangère (2)
Improvisation (2)
Airs de cour (2)
Traditionnel / Folklorique (2)
Ballet (2)
Récital d'airs d'opéras (2)
Chanson / Cabaret (1)

--

c) Époques

Trop compliqué à compter, mais comme d'habitude, le déséquilibre de l'offre fait que triomphent très nettement les XIXe2 et XXe1, périodes que j'aime beaucoup, mais pas forcément à ce degré de différence.




4. Remise de prix

Les œuvres et interprètes remarquables sont déjà indiqués dans le fichier général, mais quelques précisions et éclairages.

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a) Accueil

On est bien accueilli en de multiples endroits, mais deux salles proposent une expérience extraordinaire, où vous êtes à chaque pas accueilli avec bienveillance ; on vous conseille même sur les prix moins chers (quand on ne vous accorde pas de réductions indues), on vous aide à vous replacer sans que vous ne demandiez rien, et toujours le sourire, le plaisir d'être au contact du public… Un plaisir d'y aller, rien que  pour se sentir bien.

Pour cela, L'Athénée à Paris (rue Boudreau) et le Théâtre Roger Barat d'Herblay.

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b) Lieux extraordinaires

Cette itinérance francilière m'a aussi permis d'accéder à des lieux incroyables. Il y a bien sûr les églises, avec les fresques XVIe du plein ceintre de Saint-Basile (Étampes), les culs-de-lampe drôles de Saint-Sévère (à Bourron-Marlotte), l'étrange cagibi qu'est la nouvelle Cathédrale orthodoxe de la Trinité à Paris, les splendides époques juxtaposées (XIe-XVIIe) de Saint-Aubin (Ennery).

Mais aussi d'autres lieux moins attendus, moins spécialisés : découvrir pour la première fois l'Orangerie de Sceaux, son volume et ses moulages, retrouver le grand théâtre de bois de l'amphi Richelieu de la Sorbonne (pour un programme Hensel-Wieck-Reverdy incroyable, de surcroît), être accueilli en invité dans les salons chamarrés du palais de la Fondation Polignac (très intimidant, l'impression d'entrer par effraction dans un monde parallèle), et sommet des sommets, la plus belle salle que j'aie vue sans doute, le Manège de la Grande Écurie face au château de Versailles, pour du LULLY ! – aux murs d'Hardouin-Mansart s'ajoutent les gradins et tourelles de bois de Patrick Buchain… ce lieu est d'une singularité et d'une poésie qui n'ont pas d'équivalent.

Quantité de théâtres charmants aussi (le Théâtre Michel par exemple), et des lieux qui, sans être toujours spectaculaires, marquent : la Fondation Pathé où les salles spécialisées peuvent accueillir de l'improvisation au piano devant les muets fraîchement restaurés, La Nouvelle Ève dans le quartier des cabarets, avec sa décoration totalement dépourvue de pudeur et de bon goût (ambiance lupanar avec des couloirs froides, déstabilisant), Les Rendez-vous d'ailleurs (un cabaret de quartier où les lavabos sont dans le m² de l'entrée, où le hall est aussi la salle… tout un théâtre de plain-pied contenu dans l'espace d'une grande salle à manger), La Passerelle (une sorte de microcantine-bibliothèque, un petit lieu de convivialité de quartier sous pierres apparentes, délicieux)…

Et bien sûr, souvenir particulier de la Salle du Dôme, grand demi-cercle au sommet du Conservatoire de Puteaux, où j'ai pu assister, tandis que le couchant embrasait Paris à travers les grandes baies panoramiques, à la répétition générale de Tarare de Salieri, littéralement contre les musiciens et chanteurs. Lieu fort beau, mais dont la jauge ne permet pas de donner de spectacles (nous étions quatre spectateurs).

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c) Opéra scénique

Les Huguenots : contre toute attente, une production de l'Opéra de Paris. La qualité de la partition est telle que, bien servie (j'ai attendu qu'on soit en place, en toute fin de série…), elle procure une jubilation ininterrompue assez incroyable… tant de qualité mélodique, de modulations de relance adroites, de tuilages et ensembles… le vertige.

Normandie de Misraki (La Nouvelle Ève) : festival de jeux de mots lestes, musique généreuse servie avec un entrain formidable. Production assez géniale de ce qui aurait dû être une aimable curiosité.

Into the Woods de Sondheim (Massy) : jubilatoire jeu de contes, peut-être aussi le Sondheim mélodiquement le plus irrésistible.

Rusalka de Dvořák (mise en scène Carsen) : le wagnérisme dans un creuset mélodique slave, et une mise en scène à la fois si belle et fine (peut-être ce que j'ai vu de mieux sur une scène d'opéra), vraiment fabuleux (musicalement, on baigne dans la plus belle des riches voluptés).

Et beaucoup d'autres moments fabuleux : la décantation de Iolanta, The Importance of Being Earnest (Gerald Barry) et sa fantaisie, Véronique de Messager (version quintette piano-cordes), Le Testament de la tante Caroline (Roussel !), Madame Favart (le meilleur Offenbach peut-être), Le Jugement de Midas de Grétry, Le Retour d'Ulysse d'Hervé, Donnerstag de Stockhausen (quelle poésie !)…

Aussi le plaisir de la découverte en salle d'ouvrages que je savais plus mineurs mais qui, en vrai, demeuraient charmants : Galuppi-Goldoni (Il Mondo alla roversa), Korngold (Die stumme Serenade), Loesser (Guys & Dolls), Berio-Monteverdi (Orfeo III) Sondheim (Marry Me A Little).

Quelques belles retrouvailles aussi : L'Elisir d'amore (ça ne manque jamais), Otello (Kurzak et Alagna époustouflants, on verra cette soirée avec nostalgie avant peu), Hamlet, Tristan (Serafin m'a beaucoup touché !), Ariadne auf Naxos…

Très peu de mauvaises surprises : j'ai trouvé Mam'zelle Nitouche faible, mais les artistes se donnaient ; je n'aime toujours pas Manon mais la production était remarquable en tout point ; reste surtout la frustration de ce Boccanegra à l'économie du côté mise en scène et orchestre, vraiment pas au niveau d'une telle maison ni de l'œuvre… mais le niveau vocal était suffisamment très-bon pour sortir content.

Étrangement, cette saison, plus d'opérette et de comédie musicale, revenant en force à Paris, que de baroque français !  Je ne m'en plains pas, j'ai fait bombance de ce genre alors que les autres étaient jusqu'ici un peu négligés.

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d) Opéra en concert

La Pskovitaine de Rimski-Korsakov : une œuvre d'une densité et d'un feu extraordinaire (le meilleur Rimski, à mon gré), alors servie par le Bolchoï, on crève de bonheur.

Paul & Virginie de Victor Massé : Massé n'est pas seulement l'immortel auteur des légers Les Noces de Jeannette ou Galathée, il a aussi donné dans le grand genre, et cet opéra est d'une richesse assez incroyable. Il comporte en ouvre de très grands morceaux de bravoure (un grand solo d'un quart d'heure pour le ténor, la lecture de la lettre de Virginie par Paul et son apparition fantomatique…), au service d'un roman qu'on ne considère plus guère et qui retrouve réadapté sans niaiserie, comme son modèle, au goût du second XIXe siècle. C'était en outre dans une distribution à crever de bonheur, que des très très grands : Sahy Ratianarinaivo (vous le retrouverez la saison prochaine dans plusieurs premiers rôles en France), Halidou Nombre, Tosca Rousseau, Qiaochu Li, L'Oiseleur des Longchamps (quel récitant hors de pair !), Guillemette Laurens…
Il faudrait vraiment d'une maison pourvue de moyens reprenne cela avec ou sans orchestre, et la même équipe.

Tarare de Salieri : je vous épargne pourquoi. Unique livret de Beaumarchais, une œuvre virevoltante et piquante, dans le langage français de l'époque mais plus riche, et écrit dans une continuité déjà wagnérienne… un hapax incroyablement jubilatoire, et par la meilleure équipe possible.

Léonore de Gaveaux : la source de Fidelio, dont beaucoup de l'esprit musical a été repris (et totalement transcendé) dans la partition de Beethoven. Un ravissement de fraîcheur, et non sans ambition, par de jeunes artistes de très, très haute volée (chefs de chant de la classe d'Erika Guiomar, et très grands chanteurs Ricart, Pouderoux, Poguet, Athanase…).

Le Roi Pausole d'Honegger : un des rares livrets loufoques réellement drôles. Récital d'examen (direction de chant) de Cécile Sagnier plein de vie.

Tristan und Isolde : un petit condensé Récital d'examen (direction de chant) de KIM Yedam. Avec Marion Gomar et Léo Vermot-Desroches, un duo d'amour incroyable, sur le tapis mouvement d'un orchestre enfermé dans un piano. Très, très grande lecture.

Tarass Boulba de Lysenko : le grand compositeur national ukrainien, contemporain de Tchaïkovski (et revenu à l'honneur dans l'Ouest du pays dernièrement, tandis qu'on joue La Fiancée du Tsar dans les opéras du Donbass – je n'invente rien !). De la musique très tranquillement consonante, dont les mélodies sont teintées de folklore. Passionnant de pouvoir le découvrir enfin en salle, dans de très bonnes conditions. Récital d'examen (direction de chant) d'Olga Dubynska.

Et beaucoup d'autres très grands moments : Idylle sur la Paix de LULLY (dans le style d'Armide), Arabella par l'Opéra de Munich, Salome (version piano condensée Théodore Lambert), Euridice de Peri (le premier opéra conservé, et dans une version expérimentale de recitar cantando), Candide de Bernstein (Rivenq en récitant dans un si bel anglais !)…

Par ailleurs, plaisir de découvrir Le Roi Pinard Ier de Déodat de Séverac (réputé perdu), l'étrange comédie tonale un peu sinueuse de Pierre Wissmer (Léonidas ou la torture mentale), Maître Péronilla d'Offenbach, d'être enfin convaincu par Isouard (Cendrillon par la Compagnie de L'Oiseleur), d'entendre enfin Issé de Destouches (même si déçu par la partition et l'interprétation). Et bien sûr, on ne se plaindra jamais de retrouver des doudous comme Serse (par Il Pomo d'oro en feu), Nabucco (Rustioni à fond et distribution folle), La Damnation (Antonacci, Vidal, Courjal, Roth !), Siegfried (avec Stikhina au sommet) et Götterdämmerung (Sergeyeva…) par le Mariinsky…


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… la suite un peu plus tard avec les remises de prix symphoniques, chambristes, d'oratorio, de mélolied… et les distinctions concernant les artistes (autant cajoler aussi les vivants).




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Sibelius 2 par l'orchestre Ut Cinquième, direction William Le Sage. Dans une église insupportablement glaciale (10°C, pas plus), la plus grande interprétation que j'aie entendue de cette symphonies. Bien qu'ensemble amateur, on est saisi par l'aisance et l'aplomb incroyable de cette formation, le plaisir évident de jouer aussi. William Le Sage (alors encore étudiant en direction au CNSM, il vient d'obtenir son prix il y a deux semaines !) parvient avec eux à sculpter la structure élusive des symphonies sibéliennes : l'impression de comprendre, comme jamais, les transmutations de la matière thématique, et avec quel relief et quelle gourmandise. Une expérience d'orchestre où les musiciens vous donnent l'impression de connaître si bien la composition que vous auriez pu l'écrire, un de ces voyages qui peuvent marquer une vie de mélomane.

Star Wars IV,V,VI,VII par l'ONDIF : musique géniale, du niveau des grands Wagner (en tout cas les IV & V), une forêt de leitmotive incroyables, habituellement couverts par les dialogues et bruitages, qui peuvent enfin, en condition de concert, s'épanouir (on entend mal sur les disques, qui ne sont d'ailleurs pas complets, et qui souffrent de manquer de l'ancrage de l'image évidemment, comme du Wagner écouté en fond…). A fortiori avec l'investissement toujours exceptionnel de l'ONDIF, qui n'a d'ailleurs rien mis à côté dans ces courses très intenses (où il faut absolument tenir le tempo) et malgré des traits d'orchestre absolument redoutables (et très exposés). Incroyablement jubilatoire en termes de musique pure, même indépendamment de l'intérêt des films.

Mendelssohn 3 par l'OCP et Boyd : À la fois charnue et acérée, la lecture la plus complète que je n'aurais pu rêver de cette symphonie… je découvre au moment de son départ que, tout en sobriété et finesse, Boyd est un très grand chef. Et l'engagement de l'OCP, comme d'habitude, combiné à leur hallucinant niveau individuel, a battu à plates coutures toutes mes références discographiques (Vienne-Dohnányi, HerasCasado-FreiburgerBO, Fey-Heidelberg…), émotionsubmergeante.

Bruckner 6 par l'OPRF et Chung (que j'entendais diriger pour la première fois, étrangement !). Je tenais la symphonie pour la plus faible de Bruckner – la seule que je n'aime pas vraiment, avec la 8 –, et j'ai au contraire été absolument passionné de bout en bout par cette lecture peut-être facialement traditionnelle, mais qui empoigne le matériau avec une telle intensité, une telle qualité d'articulation, que tout paraît, pour une musique aussi formelle et abstraite, incroyablement présent.

Polaris de Thomas Adès (Orchestre de Paris, Harding), pièce contemporaine au sujet astral, qui exploite l'espace d'une salle de concert de la façon la plus persuasive et agréable. Ce ne doit pas être très opérant au disque, mais c'est un ravissement en contexte.

Chostakovitch 5 par Toulouse et Sokhiev : Après avoir vénéré Chostakovitch et puis (très rare cas en ce qui me concerne) avoir réévalué mon intérêt sensiblement à la baisse ; après une mauvaise expérience en salle de cette symphonie (OPRF / Kuokman, vraiment pas un bon soir), l'une des rares que j'aime vraiment chez lui (avec la 10)… une révélation. Lecture ronde mais dense et intense, portée par l'engagement toujours sans faille de l'orchestre. La lumière douce et aveuglante à la fois du Largo m'a terrassé.

Quelques autres grandes expériences, comme le Beethoven (1,2,4) totalement ravivé et jubilatoire du Concert des Nations, ou Mendelssohn 4 & Schumann 2 par Leipzig (quel orchestre somptueux, charpenté à l'allemande mais d'une rare chaleur).

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f) Musique de chambre

Le Cuarteto Quiroga, mon chouchou de tous les quatuors en activité, dans un incroyable programme Turina (Oración del Torero), Ginastera 1, Helffter (Ocho Tientos), Chostakovitch 8 !  La fine acidité fruité du son, le feu, la lisibilité sont poussés à des degrés inégalés dans des pièces dont la rareté n'a d'égale que la richesse (les modulations de Turina, les danses folles de Ginastera…).

Quintette piano-cordes de Jean Cras (Sine Nomine, Ferey). Farci de folklore breton et de chants de marins, mais d'une sophistication digne de son goût postdebussyste, une œuvre considérable, rarissime au concert (il s'agissait de célébrer la parution d'un second enregistrement de ce quintette).

Trios piano-cordes de Mmes Mendelssohn-Hensel, Wieck-Schumannk, Reverdy et K.M. Murphy par le Trio Sōra (là aussi, dans le tout petit groupe des meilleurs trios du monde, avec avec les Zadig, les Grieg et les ATOS…). Œuvres de grand intérêt, de véritables bijoux structurés avec sérieux et mélodiques avec générosité, servies avec l'évidence de ces artistes de haute volée (qui font sonner, sans exagérer, Kagel comme s'il était aussi accessible et génial que Mozart).

Réentendre, à deux ans d'intervalle (!) l'immense Quintette piano-cordes de Koechlin, cette fois par Léo Marillier et ses spectaculaires amis. Un des sommets de toute la musique de chambre.

Mouvements tirés de Haydn 72-2, Schubert 14, Grieg, Fauré, et deux quatuors de Brahms (3, par les Voce) Leilei (figuralismes d'arbre) par les étudiants du Quatuor Voce dans le 93 (CRR Aubervilliers, CRD Courneuve, CRM Fontaine-sous-Bois…). Niveau quasiment professionnel, même pour les quatuors issus de conservatoires municipaux, une homogénéité de son, une aisance, et même une réelle maturité musicale… Les présents (très peu nombreux dans la Mairie du IVe) furent très impressionnés. Un vrai moment intime et très intense de musique de chambre.

Sonates anglaises violon-clavecin (rien que des opus 1 !) du premier XVIIIe, d'Eccles, Stanley, Shield, Gibbs, Festing… par Martin Davids & Davitt Moroney. Outre les talents exceptionnels de conteur (et en français !) de Moroney, très surpris par l'intérêt de ce répertoire (étant peu friand de musique de chambre baroque, en général surtout décorative), et découverte de Martin Davids, un violoniste qui joue avec la même facilité que s'il traçait négligemment un trait de crayon dans le spectre sonore…

Pièces avec flûte, notamment de Rolande Falcinelli. Découverte de la compositrice, encore une figure, comme Henriette Puig-Roget par exemple, qui représente avec beaucoup de valeur la succession de la grande tradition française du début du XXe, et que le disque, les concerts ont totalement occultée.

Et quantité d'autres grandes aventures… les Quatuors de Gasmann et Pleyel sur instruments d'époque (Quatuor Pleyel), l'arrangement de la Symphonie 104 de Haydn pour Quintette flûte-cordes, un après-midi consacré à Louis Aubert par Stéphanie Moraly, la Première Symphonie de Mendelssohn pour violon, violoncelle (Quatuor Akilone) et piano quatre mains, le même Turina pour quatre guitares, l'intégrale des Trios de Brahms par Capuçon-Moreau-Angelich, le beau quatuor de Jean-Paul Dessy (Quatuor Tana), du clavecin à quatre mains (avec même au menu Saint-Saëns et Dvořák !)… bombance !

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g) Musique solo

Franck, Saint-Saëns, Samuel Rousseau, Tournemire, Demessieux à la Madeleine par Matthew Searles. Quel programme de raretés !  Et exécutées avec une grande générosité, malgré l'instrument et l'acoustique vraiment difficiles. Les improvisations transcrites de Tournemire vous foudroient par l'ampleur des possibles qui s'ouvraient instantément sous les doigts de l'auteur des Préludes-Poèmes (on est plutôt dans cet esprit très complet, virtuose et nourrissant que dans les contemplations poétiques grégoriennes de l'Orgue Mystique).
Pas vu beaucoup de récitals d'orgue de cet intérêt et aussi bien soutenus !

Boyvin, Marchand & Bach sur le tout jeune orgue de Saint-Gilles d'Étampes (2018 !). Les deux Français splendides… en particulier Boyvin, lyrisme d'opéra si prégnant transposé (mais sans creux, répétitions ni longueurs, contrairement aux transcriptions d'opéras réels) dans le langage organistique. Si peu documenté au disque, et si persuasif.

Bach, Intégrale des Sonates & Partitas pour violon, Isabelle Faust. Comme le disque en témoigne, l'équilibre absolu entre les traditions, ni épaisseur du trait ni acidité du timbre, le meilleur de tous les mondes à la fois, tout en sobriété.

Beethoven, Sonates 6-14-16-31 par Daniel Barenboim. Autant j'ai de très grandes réserves sur le chef, autant le pianiste m'intéresse toujours. On pourrait trouver des petits jeunes encore plus fiables, mais il demeure bien préparé et très bien articulé comme toujours. Si ce concert m'a marqué (et davantage que celui avec les 7,13,21), c'est que j'ai redécouvert à l'occasion les sonates 6 et 16, de formidables bijoux d'invention qui ne m'avaient jamais autant frappé au disque.

Moi qui n'avais vu qu'un seul récital de piano solo en dix ans de concerts parisiens (et encore, un concert uniquement constitué de transcriptions d'opéras, d'oratorios et de symphonies par les élèves en direction de chant d'Erika Guiomar !), je les ai multipliés cette saison, avec la confirmation de l'évidence que les plus célèbres, même les artistes sérieux décantés par la carrière, ne sont pas nécessairement les plus intéressants.
Barenboim a tenu son rang, mais Pollini dépassé par des programmes que son âge ne lui permettent plus d'assumer, ou Zimerman excellent (mais pas virtuose ou singulier au point d'accéder aux demandes invraisemblables qu'il adresse à la Philharmonie pour accepter de venir) n'ont pas été mes plus grands moments d'éblouissement. Très agréable néanmoins, et belle expérience d'entendre tout ce monde en vrai, de se faire une représentation de la réalité de leur son (pareil pour Martha Argerich, que j'entendais pour la seconde fois – elle ne m'a pas déçu, absolument splendide et habitée dans le Concerto de Schumann, en revanche sa supériorité absolue me paraît une vue de l'esprit).

dimanche 3 mars 2019

Printemps 2019 – Les concerts franciliens que le Guoanbu ne veut pas que vous voyiez


Afin de dégager du temps pour d'autres sujets plus exaltants, le planning est publié dans ce PDF . Les commentaires des spectacles seront placés en commentaires, sauf entrée spécifique, et ceux de janvier-février se trouvent sous cette notule (ou bien sur le compte Twitter de CSS).

♦ En violet, les événéments qui me paraissent considérables, immanquables (en général œuvre rare et très intéressante, avec exécution prometteuse).
♦ En bleu, ceux qui me paraissent importants, à tenter vraiment de voir.
♦ En vert, diverses propositions séduisantes (tubes par des interprètes stimulants, œuvres rares qui ont potentiellement moins ma faveur…).

Mais à peu près tout ce qui est relevé ici est attirant.



J'insiste sur quelques événements.

Hervé, Le Retour d'Ulysse (version comique). À partir du 13 mars, relecture offenbachien du mythe.

La Finta Pazza de Sacrati (16-17 mars), par Alarcón, qui revient chargée de critiques enthousiastes, une œuvre fondatrice dans l'histoire de la diffusion de l'opéra en France.

¶ Le Quatuor vocal à un par partie Bonelli (15 & 17 mars), constitué de chanteurs époustouflants individuellement et collectivement, dans des programmes originaux et jubilatoires.

Symphonie n°10 Chostakovitch par l'ONDIF et Kaszpczyk… un très grand chef (meilleurs Szymanowski de tous les temps) et l'orchestre le plus engagé qu'on puisse trouver… dans la meilleure symphonie de Chostakovitch, ce devrait être très impressionnant. (Mais on a aussi le droit d'aimer roupiller sur les tapis moelleux des R. Strauss du Concertgebouworkest.). 22 mars.

Symphonie n°2 de Howard Hanson, et à l'orgue encore, par Cameron Carpenter (23 mars).

Programme Donna par l'ensemble Il Festino. Excellent programme, mais prévoyez d'investir dans les tout premiers rangs de la première catégorie, si vous voulez entendre quelque chose dans la Cathédrale des Invalides. (28 mars).

L'Orestie d'Eschyle à la BNF. (30 mars) Je n'ai pas vérifié sous quel format la chose était donnée.

Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók, joué et chanté par des Hongrois – ce qui advient fort rarement.

Refonte XVIIIe d'Armide de LULLY (1er avril).

Tchaïkovski, Symphonie n°6 par l'Orchestre Ut Cinquième. Amateurs de très (très) haut niveau… Sibelius 2 comme je ne l'avais jamais entendue, même au disque… et excellents dans Cavalleria Rusticana, La Bohème, etc. Ce devrait être une grande lecture. (4,6,7 avril)

Ravel, L'Enfant et les Sortilèges dans une version de chambre (de Nemoto, qui avait joliment instrumenté le Voyage d'hiver il y a quelques années), avec une distribution épatante : Masset, Poupard, Boisvert, Sargsyan. À Herblay le 9 avril.

Legrenzi, La Divisione del mondo, Rousset (13-14 avril). Le meilleur compositeur italien du XVIIe siècle, l'une de ses figures les plus inventives également, dans cet opéra inédit.

¶ Récital d'Andrea Pichanik avec guitare baroque / théorbe. Premier XVIIe italien (15 avril). Voix extraordinairement généreuse et véritable diseuse, avec le luthiste spécialiste Egüez (partenaire de Bárbara Kusa au sein de La Chimera, explorations semi-populaires hispanohablantes, notamment).

¶ Le Quatuor Quiroga (ce fruité un brin acide, inimitable, très grands musiciens d'une saveur rare) dans Ginastera 1, Turina, Chosta 8. Le 15 avril.

Leçons de Ténèbres de Gesualdo par les spécialistes de Graindelavoix. Pas aussi aventureux que ses madrigaux, mais plutôt rare (18 avril).

Leçons de Ténèbres de Lambert par Marc Mauillon (20 avril), mais hors de prix en ce qui me concerne, 90€ minimum pour moins d'une heure de musique, si j'ai bien lu les tarifs en début de saison.

Ibsen, Un ennemi du peuple. Pièce très peu donnée d'Ibsen, mise en scène Sivadier à l'Odéon, pendant le mois de mai.

Un opéra (contemporain) de Barry d'après The Importance to Be Earnest, pas si fréquent d'oser des textes un peu légers désormais. À partir du 16 mai.

Perrault par d'Estalenx et Aboulker, pour chœur d'enfants. (28 mai et 11 juin)

Roussel, Le Testament de tante Caroline (à partir du 6 juin), un Roussel léger !

Hervé, Mam'zelle Nitouche (à partir du 7 juin). Servi par les Frivolités Parisiennes, même si la musique en est vraisemblablement peu dense, ce sera un régal (quel entrain scénique !  quels chanteurs !  et surtout quel orchestre !).

Berlioz, cantates (dont l'immortelle aux Chemins de fer) et Symphonie Funèbre & Triomphale, par un très gros effectif (24 juin).

Stockhausen, Samstag aus Licht (28 et 29 juin). Moins marquant que Donnerstag donné par l'Opéra-Comique à l'automne, mais toujours assez étonnant, pas exactement un opéra (beaucoup de parties purement instrumentales qui tournent sur elles-mêmes sans que leur dimension dramatique soit tout à fait évidente), mais une très belle expérience, de la musique bien faite et étonnamment polarisée et accessible.



Bien sûr, en s'approchant des échéances, quantité de petits concerts très originaux surgissent… Je les posterai en commentaires, ainsi que mes éventuelles impressions sur les spectacles que j'aurai moi-même tentés.

Bon printemps à vous !

Suite de la notule.

lundi 7 novembre 2016

ECMA 2016 – Les meilleurs chambristes de demain


Pardon pour le titre promotionnel, je ne connais aucun des artistes présents (sauf par leur art) et personne non plus chez les organisateurs. Les superlatifs sont simplement corrélés à l'intérêt de la manifestation – gratuite et dans une salle très peu remplie, faut-il le souligner.
Si vous avez l'habitude de payer pour entendre les quatuors étoilés dans les salles de concert répéter leurs mêmes programmes, désinvoltes (les Pražák en concert…), déclinants (les Tokyo d'aujourd'hui) ou déjà morts avant d'entrer sur scène (Vermeer, déjà qu'ils n'étaient pas vigoureux avant de mourir…), hé bien, sachez que vous avez tort.

Bien sûr, vous pouvez aussi être allé écouter les Danel dans Tichtchenko ou les Jerusalem dans Kurtág, auquel cas je vous accorde ma (réticente) absolution.



1. Le concept

L'Académie Européenne de Musique de Chambre (ECMA → European Chamber Music Academy)

Il s'agit d'une académie de perfectionnement où sont sélectionnés les meilleurs instrumentistes actuels pour y suivre des masterclasses. Le tout s'accompagne de quelques concerts pour les entraîner et les présenter au public – c'est sensiblement le même type d'institution que ProQuartet, par exemple.



2. Les gens

Les professeurs sont des autorités procédant de divers univers en rapport avec la musique de chambre :  Hatto Beyerle (altiste du quatuor Alban Berg de 71 à 81), Johannes Meissl (violon II du Quatuor Artis), Michel Lethiec (clarinette), Bruno Mantovani, Corina Belcea (du quatuor lauréat d'Évian et pilier d'EMI), Emmanuelle Bertrand (violoncelle), Ralf Gothóni (un des plus grands pianistes vivants), Jean-Marc Phillips-Varjabédian (violon), Jérôme Pernoo (violoncelle).

Côté élèves, on trouve actuellement (répartis en « ensembles » et « alumni », sans que je puisse dire la différence – les « ensembles » sont peut-être plus anciens dans le projet ?) un grand nombre de formations déjà très abouties.

Plusieurs ont déjà été mentionnées dans la notule consacrée à la séance de 2014 de l'ECMA à Paris.

En voici la liste actuelle (nationalité des musiciens, liens vers leurs sites respectés), annotée par mes soins.

Ensembles
Acros Trio, Venezuela/Germany/Ecuador
Amatis Trio, Germany/UK/Netherlands
Arcis Saxophon Quartett, Germany/Slovenia
Boccherini Trio, Australia/Belgium/Italy
Darian Trio, France/Australia/Japan
Hanson Quartet, Japan/UK/France
► Déjà remarqué comme l'un des plus spirituels représentants de l'art de la conversation en quatuor… Et hardis avec ça (ils donnaient Zemlinsky 2 la saison passée).
Mettis String Quartet, Lithuania
Quatuor Akilone, France
► Depuis abondamment écouté en salle, et devenu lauréat du concours d'Évian-Bordeaux cette année. Notules : Ravel, Schubert-Dvořák-Ravel-Boutry, Bordeaux, Beethoven-Brahms.
Stefan Zweig Trio, Japan/France/Bulgaria
Stratos Quartet, Austria/Japan/Czech Republic
► La pianiste japonaise remplace le pianiste finlandais Pauli Jämsä qui m'avait ébloui (l'un des plus beaux touchers de piano que j'aie pu entendre, une profondeur de son abyssale) – j'en suis forcément un peu déçu, il était la grande force de l'ensemble, mais la nouvelle venue est excellente etles autres aussi, une très bonne fréquentation.
Trio Metral, France
Trio Vitruvi, Denmark/Switzerland/Australia

Alumni
Apollon Musagète Quartet, Poland
Arcadia Quartet, Romania
Berlin Piano Trio, Poland/Germany
Boulanger Trio, Germany
► Déjà auteur de plusieurs disques très réussis, très investis et plutôt personnels.
Cuarteto Quiroga, Spain
► Deuxième au concours d'Évian-Bordeaux en 2005, mais remportant le prix de la presse (et de loin le plus impressionnant de tous ceux que j'aie vus dans ce concours pourtant superlatif). Voir par exemple cette notule, mais en fouinant dans les archives les plus anciennes du site par la boîte de recherche, vous pourrez voir quelques impressions sur le vif.
    Je ne vois absolument pas, à leur âge, avec leur palmarès et leurs engagements, ce qu'ils font dans un cycle de perfectionnement, mais s'ils veulent venir l'année prochaine au concert parisien de l'ECMA, qu'ils ne se fassent surtout pas prier !
Galatea Quartet, Switzerland
Giocoso String Quartet, Germany/Romania/Netherlands
► Excellent ensemble, au tempérament pas du tout badin, qui avait fait partie des quatuors remarqués au dernier concours de Bordeaux.
Kamus Quartet, Finland
Meta4, Finland
Minetti Quartet, Austria
Pacific Quartet Vienna, Japan/Hungary/Taiwan/Switzerland
► Déjà entendu lors de l'édition de 2014, où il était un peu écrasé par la personnalité des autres participés, mais un très bon quatuor.
Streeton Trio, Australia
Quartetto di Cremona, Italy
► Assez ahuri de les voir dans cette liste. Certes, ils sont jeunes, mais il ont beaucoup enregistré (leur intégrale Beethoven vient de s'achever, ils me semble) et dotés d'une personnalité complètement assumée – sons rêches comme sur boyaux, très grande vivacité, goût du clair-obscur, un des quatuors en activité les plus marquants, qui renouvellent vraiment l'écoute de pages rebattues, de façon particulièrement marquante pour le XVIIIe et le premier XIXe !
Quatuor Girard, France
Quatuor Zaïde, France
► Lauréats du précédent Concours de Bordeaux. Je ne les ai pas assez écoutées pour formuler un avis, mais tout le monde paraît enchanté de les connaître.
Trio Atanassov, France
Trio Chausson, France
► Déjà fort d'une large discographie chez Mirare, et originale (Hummel, Chaminade, Chausson, Lenormand !).
Trio FortVio, Lithuania
Trio Gaspard, Albania/Greece/UK/Germany
Trio Imàge, Germany
Trio Karénine, France
► Un très beau trio avec piano, qui avait donné en particulier des Quatuors avec piano (Premier de Fauré, Troisième de Brahms) très prenants, avec Sarah Chenaf (alto du quatuor Zaïde, précisément). Mentionné dans le bilan de saisdon passée.

Je vois que le Quatuor Arod, autre formidable pensionnaire, en est désormais sorti… Il faut dire que leur palmarès le justifie : vainqueurs à la FNAPEC, au concours Nielsen de Copenhague, à l'ARD de Munich, lauréats de l'Académie du Festival Aix, en résidence à Singer-Polignac et ProQuartet, et mécéné par HSBC, Banque Populaire, Safran et Société Générale…
Il se produira le 2 décembre à Tremblay-en-France, s'il y a des curieux.



4. ECMA 2016


Pour ces sessions parisiennes, on eut donc : Hatto Beyerle, Johannes Meissl, Emmanuelle Bertrand et Jean-Marc Phillips-Varjabedian, qui ont travaillé avec les ensembles suivants.

¶ 4 trios avec piano. Trio Metral (France – Haydn, Hob. XV: 41), Trio Trikolon (Autriche – Haydn, Hob. XV: 12), Trio Zadig (France – Schumann n°1), Trio Sōra (France – Kagel n°2).

¶ 4 quatuors à cordes. Quatuor Animato (Pays-Bas – Mozart n°19), Quatuor Tchalik (France – Beethoven n°8), Quatuor Akilone (France – Chostakovitch n°2), Quatuor Bergen (France – Chostakovitch n°5).

¶ 1 quatuor avec piano. Quatuor Stratos (Globe – Fauré n°2).

Joli programme très variés et formations diverses aussi – du moins celles qui peuvent faire une carrière (et du côté des cordes seulement).

Je vais me contenter de toucher un mot de celles que j'ai aimées. Toutes étaient très bonnes (même si je n'ai pas forcément aimé l'un des deux pianistes dans Haydn – difficile de trouver un équilibre dans cette musique avec ces instruments modernes dont les harmoniques ne se fondent pas de la même façon avec les cordes, a fortiori quand on choisit une œuvre plutôt faible), à l'exception d'une, dont je ne toucherai mot, puisqu'il s'agit de servir de tremplin et non de guet-apens à de jeunes interprètes.

Disons que chez celle-là, malgré l'usage de partitions complètes et la provenance d'une même fratrie (ils se reconnaîtront, et comme il n'y avait presque personne dans la salle, ça reste entre nous), la cohésion était inférieure à ce qu'on attend d'un ensemble professionnel. Les entrées n'étaient pas nettement ensemble (ils l'étaient, globalement, mais vu l'état de l'offre en quatuors émérites, ils sont très en deçà des standards), la cohésion moyenne (chacun semblait jouer pour soi, sans se décaler, mais sans non plus se retrouver à des points-clefs), l'absence de discours suivi, la prédominance écrasante du premier violon (assez acide et pas toujours juste, de surcroît) étaient plutôt sujets de frustrations. Rien d'indigne, loin s'en faut, mais ils ne sont pas encore prêts, me semble-t-il.

Chez tous les autres, maint sujet de satisfaction, et je ne citerai que celles qui m'ont particulièrement marqué.



5. Nos lauréats

♥ Le Quatuor Bergen dans le Quatuor n°5 de Chostakovitch. Il se caractérise par un son très simple, pas du tout caractérisé, comme une page blanche… pour une interprétation à la lisibilité parfaite (toutes les voix sont individualisées, en permanence), et intenses comme un final de symphonie… dans ces parties qui sont équivalentes à celles de solistes de concerto, la visée générale est toujours sensible.

♥ Le Quatuor (avec piano) Stratos, dans le Quatuor avec piano n°2 de Fauré, travaillait de façon très adroite les changements de strates sonores, n'hésitaient pas à profiter de l'assiste de la formation pour verser occasionnellement dans l'épanchement symphonique… lecture très travaillée et aboutie et, ce qui ne gâche rien, une excellente pianiste qui, sans égaler son prédécesseur Pauli Jämsä, disposes de qualités de netteté et d'articulation rares.

♥♥ Le Quatuor Akilone, déjà quatre fois (Ravel, Schubert-Dvořák-Ravel-Boutry, Bordeaux, Beethoven-Brahms) loué dans ces pages, sur lequel je ne reviens pas… Leur son légèrement acide et tranchant fait merveille dans le Quatuor n°2 de Chostakovitch, qui sonne ainsi comme un avatar ravélien – ce qui est plutôt à son avantage, dois-je dire.

♥♥♥ Le Trio Sōra, dans le Trio avec piano n°2 de Kagel, porte cette musique avec un charisme hors du commun. Tout ce qui pourrait paraître arbitraire ou anecdotique sonne avec une évidence et une conviction pleines, si bien que cette œuvre rare et joueuse paraît aussi familière qu'une pièce du répertoire. Par ailleurs, de bien beaux timbres. Elles doivent faire des étincelles dans les œuvres plus faciles !

♥♥♥ Le Trio Zadig dans le Trio avec piano n°1 de Schumann. Quelle claque !  De tous jeunes étudiants font voler en éclat mes habitudes d'écoute et mon palmarès pour ce trio que j'aime beaucoup… et dans lequel je n'avais jamais entendu un tel raptus. La puissance sonore, d'abord, surprend immédiatement, et puis cette poussée permanente, presque insoutenable, d'une fièvre et d'une flamme renversantes… Schumann l'écrit Mit Energie und Leidenschaft, et l'on se prend et l'un et l'autre au visage, assurément.
Par ailleurs, les reprises sont variées très subtilement, en changeant la dynamique et le sentiment tout en conservant l'essentiel du phrasé, rien de systématique, belle pensée et grande réalisation.

Je l'avais déjà (pré)dit pour les Akilone, mais voilà deux ensembles hors du commun qui raviront les publics dans les prochaines années. Ils sont français de surcroît, ce qui veut dire qu'ils seront assez faciles à voir prochainement.



6. Occuper votre temps libre

Vous l'aurez remarqué, c'est le sacerdoce diabolique de CSS.

Voici donc où trouver les membres remarqués de l'ECMA dans les prochaines semaines, lorsqu'ils se produisent dans un rayon raisonnable.

♦ Les Hanson seront salle Cortot du 1er au 17 décembre (Beethoven 7).

♦ Les Arod à Tremblay-en-France le 2 décembre (Schubert 13, Beethoven 15).

♦ Les Akilone à Reims en décembre, pour plusieurs dates. (Un spectacle, apparemment.)

♦  Les Sōra à l'Hôtel de Soubise le 12 novembre (Mozart K.502, Mendelssohn 2, Kagel 2).

♦ Les Zadig à l'Hôtel de Soubise le 25 novembre (Schumann 1, concert collectif), 2-3-4 décembre via Les salons parisiens (Haydn 43, Mendelssohn 1), 8 janvier à Marly-le-Roi, 11 janvier à l'Hôpital Paul Brousse de Paris, 13 janvier à Bagneux, 15 janvier à Villethierry, et du 19 janvier au 4 février salle Cortot (Ravel).


Allez les écouter, et revenez me dire combien j'ai raison, et comment vous avez déstocké tous vos disques des Alban Berg après ce décillement salutaire…

dimanche 8 mai 2016

Concours d'Évian-Bordeaux : couronnement du quatuor Akilone


Déjà chanté à deux reprises les louanges de ce jeune quatuor (formé il y a cinq ans).

Je découvre avec plaisir qu'il vient de remporter la référence mondiale du concours de quatuor, rejoignant ainsi de véritables légendes, de gros clients du disque et d'autres qui, sans avoir atteint la même notoriété, sont tout simplement parmi les meilleurs : Takács, Pražák, Buchberger, Cherubini, Amati, Hagen, Artis, Sine Nomine, Vogler, Ysaÿe, Keller, Manfred, Mandelring, Debussy, Danel, Belcea, Psophos, Ébène, Ardeo, Quiroga, Zaïde !
Le jury a certes raté le Quatuor Terpsycordes (éliminé immédiatement en 2003, alors qu'il avait déjà toutes ses qualités, même s'il ne s'était pas encore spécialisé dans le boyau) et quelques autres, mais globalement, à la fin du chemin, leur prescience apparaît très sûre – même pour les Ébène, qui paraissaient bien durs et verts lorsqu'ils ont reçu ce second prix ex æquo en 2005, il apparaît que le potentiel s'est très vite révélé après l'époque du concours !

Je n'ai pas écouté les autres compétiteurs pour établir de comparaison, mais cette récompense est dans l'absolu tout sauf imméritée, considérant mon délire à chaque fois que je les ai entendues, et la qualité exceptionnelle de leur Beethoven 8 lors du concours (prise de risque et netteté, personnalité et déférence) – pas de réflexes reproduisant les interprétations habituelles, mais pas de recherche de la différence, juste de la musique pure à son plus haut niveau, l'élégance du style en sus.

J'en suis enchanté pour elles : leur notoriété était forcément limitée (il suffit de voir qu'elles étaient obligées de citer Carnets sur sol pour avoir une mention presse depuis 2014) ; à présent, ce sésame les a non seulement fait connaître de tous ceux qui s'intéressent au quatuor, mais leur ouvre aussi quasiment mécaniquement les portes des plus grandes salles. D'autres n'ont pas tiré totalement parti de cette notoriété (Manfred, Aviv, Parker par exemple), mais leur personnalité n'avait pas du tout la même dimension – il y avait pourtant de petites pailles dans leurs exécutions du concours (preuve de la lucidité du jury au delà de la simple virtuosité ?), mais les Akilone montrent un tel sens du phrasé, du goût juste, une telle émancipation artistique, comme abstraites de toutes les contingences de la tradition musicale et du besoin de nouveauté, que je ne puis douter qu'elles se fassent remarquer pour de bon.

Au demeurant, les concours de musique de chambre (et ce concours en particulier) ont la particularité, par rapport aux concours de solistes (piano, violon, chant, même pour les duos de lied d'ailleurs), d'exalter les participants, de les tendre vers une forme d'urgence que les quatuors célèbres n'ont en général plus. C'est pourquoi les jeunes quatuors (concours ou pas), enivrés de découvrir fraîchement cette littérature sous leurs doigts, sont souvent des fréquentations bien plus persuasives que les meilleurs ensembles en activité.
Mes plus belles expériences de quatuor ont justement eu lieu lors du concours de Bordeaux (ou de présentations de jeunes formations du type ECMA), et non en entendant en vrai les Pražák, les Tokyo ou même les Keller – exception tout de même pour les Danel, infiniment plus impressionnants en vrai qu'au disque, et pour la création française du Quatrième Quatuor de Tichtchenko !

Les vidéos du deuxième tour et de la finale sont disponibles sur le site du concours.

Longue et belle route au Quatuor Akilone.

samedi 29 novembre 2014

[Nouveauté] — Les Quatuors à cordes d'Antonín Rejcha — (Quatuor Ardeo)


Germanisé, comme tous les tchèques d'alors, en Anton Reicha (son nom le plus célèbre), notre héros a aussi été naturalisé français en 1829 — et appelé Antoine Reicha (« Rêcha », « Reycha » ?). Bien qu'il ait écrit plus d'une dizaine d'opéras et des symphonies, il est essentiellement resté célèbre pour sa très abondante musique pour ensembles à vent (duos, trios et quatuors de flûtes, 36 trios de cors, et surtout ses fameux quintettes à vent), dans un goût formel et classique, mais pleinement marqué, dans ses couleurs harmoniques, par l'ambiance de l'Europe romantique — un romantisme peu spectaculaire et peu sujet aux affects, une sorte de classicisme du XIXe siècle.

Sans être un chambriste majeur et négligé comme Czerny ou Gouvy, voire Onslow et Alkan, Reicha ne manque pas de charmes, et sa place dans le répertoire de chambre, son influence comme professeur, en font un représentant très intéressant de la norme musicale d'alors. D'autant que sa musique est bonne.


Le disque du Quatuor Ardeo chez L'empreinte digitale attire l'attention pour deux raisons. D'abord, la surprise de voir Rejcha s'illustrer dans le quatuor à cordes ; il en a pourtant écrit 20 sous divers numéros d'opus (huit publiés à Leipzig en 1804 et 1805, les autres à Paris et Bonn au cours des années 1820), et le Quatuor Kreutzer les a déjà gravés pour Toccata Classics.


L'autre raison est précisément la nature des interprètes : les Ardeo, hautement remarqués (par moi, hein, je suppose que leurs professeurs et amis l'ont senti plus tôt) dès 2007 au Concours de Quatuor à cordes d'Évian-Bordeaux, sont extraordinairement dotées, et leur virtuosité impétueuse (mais d'une sûreté à peine imaginable) les a fait briller dans les répertoires les plus divers. Cette chaleur presque froide les a en particulier servi pour les répertoires les plus difficiles du XXe siècle. J'ai un peu moins aimé leur disque Koechlin (sans doute parce que les œuvres, en elle-même, ronronnent un peu dans le langage-Koechlin et n'ont pas la dimension du Quintette ou des Sonates)… et ce disque Rejcha est un peu une surprise pour eux en matière de répertoire — on les voyait plutôt s'orienter de l'autre côté.
Mais je suppose qu'une subvention du Palazzetto Bru Zane, avec un disque à la clef et ce qu'elle suppose d'exposition, est une aubaine formidable, d'autant qu'un quatuor de cette qualité ne pouvait que remporter l' « appel d'offres ».

En outre, ce n'est pas précisé dans la notice, mais j'ai le sentiment que les instruments sont montés en boyau dans cet enregistrement (ce qui serait cohérent avec la démarche du Palazzetto). Je peux simplement dire que les deux violons jouent sur des instruments historiques, respectivement un Tononi et un Vuillaume, mais est-ce habituel ou simplement pour l'enregistrement, je n'ai pas trouvé la réponse (peut-être dans d'autres notices ? en tout cas pas sur leur joli site, peu loquace sur tous les sujets). En tout cas, la couleur chaleureuse et plus mate qu'à l'ordinaire (chez eux et même dans l'absolu) laisse entendre quelque chose de différent.

Suite de la notule.

dimanche 2 novembre 2014

ECMA au CNSM : une nouvelle génération de chambristes


L'Académie Européenne de Musique de Chambre (ECMA pour le sigle international) se tenait cette semaine au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Gratuite comme toutes les manifestations au Conservatoire, c'était une soirée qui ressemblait à un cadeau à mon intention — non seulement c'était bon, mais de surcroît chaque pièce au programme semblait avoir été choisie pour mon agrément personnel :

  • Premier mouvement du Quatuor Op.33 n°5 de Haydn.
  • Premier mouvement du Quinzième Quatuor de Mozart.
  • Quatrième mouvement du Quatuor Op.18 n°3 de Beethoven.
  • Premier mouvement du Premier Trio avec piano de Brahms.
  • Deuxième mouvement du Quatuor avec piano de Suk.
  • Premier mouvement du Quatuor de Ravel.


J'y allais à l'aveugle, le CNSM n'ayant pas été très efficace sur la communication de ses programmes — mais autant je trouve cela dommage lorsque les œuvres sont prévues depuis des mois pour une audition, autant ici, pour une académie éphémère, il est évident que le morceau final a été sélectionné peu de temps auparavant, même si une publication sur le site en même temps que l'impression des programmes n'aurait pas été de refus.

C'est donc l'impression insolite d'un concert d'anniversaire : car toutes les œuvres, et jusqu'aux mouvements retenus, figurent parmi mes préférés… Les voir s'enchaîner les uns après les autres, c'était vraiment aller d'émerveillement en émerveillement.

Quoi qu'il en soit, car cela ne sera pas de grande utilité pour vous, aimable lecteur qui me faites la considération de m'abandonner un peu de votre temps sur cette Terre, un mot sur les ensembles présents, dont certains sont appelés à devenir des représentants majeurs de la musique de chambre vivante. L'occasion de donner leurs noms et leurs sites.

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Étrangement, les trois ensembles français étaient, de loin, les plus intéressants. (Rayonnement local de l'Académie ?)

Suite de la notule.

samedi 23 novembre 2013

Trios de Théodore GOUVY et Lucien DUROSOIR (Trio Hoboken)


Au Salon d'honneur des Invalides, trois chefs-d'œuvre (rien de moins) du trio avec piano :

=> Deux premiers mouvements de Théodore Gouvy, un jeune romantisme généreux, avec un mouvement lent très beethovenien – assez parent de ceux des trios Op.11 ou Op.97 –, mais déjà inscrit dans la période ultérieure. De belles structures, de belles figures mélodiques, un ensemble à la fois dense (de belles states dans le premier mouvement) et varié.

=> Le capiteux et diaphane Trio de Maurice Ravel, dont les desccriptions, présentations et exécutions ne feront jamais.

=> Et, chose étonnante, le Trio en si mineur de Lucien Durosoir pour clore le programme, au lieu du tube de la soirée... disposition qui tient toutes ses promesses.
Le premier mouvement travaille une thématique fugace de motifs sans cesse présents, comme autant de balbutiements mystérieux qui affleurent et disparaissent.
Le mouvement lent est encore plus beau s'il est possible, dans une veine mélodique paradoxale (sorte d'antimélodie très identifiable, un peu comme pour le mouvement lent de la Sonate pour piano de Barber), qui s'anime par deux fois dans des harmonies très audacieuses et dissonantes, à comparer avec les mouvements centraux du Quintette avec piano de Koechlin.
Le troisième et dernier mouvement s'approche du style de la Seconde Sonate pour violon et piano de Roussel : une sorte de contrepoint libre, où des enchaînements très complexes défilent à toute allure ; un pendant plus tourmenté de la manière de Ravel dans son Trio, précisément.

Suite de la notule.

lundi 22 février 2010

Du nouveau chez les Quiroga


Non seulement ils ont fini par ouvrir leur site, mais de surcroît ils ont mis en ligne un extrait vidéo du concert fantastique (le sommet de l'Octuor de Mendelssohn n'y figure pas puisqu'ils étaient mélangés avec les Ardeo) auquel les lutins avaient eu le bonheur d'assister.

Les fans les plus acharnés savoureront même l'intense jubilation d'y apercevoir mon dos.


La captation de Mezzo rend mieux justice à leur son que celles de France Musique[s], mais on perd tout de même leur son acidulé si caractéristique, au profit de quelque chose de plus rond mais aussi beaucoup plus impersonnel. On entend tout de même leur musicalité, mais quelque chose de magnétique, de singulier, se détache sur le vif, possiblement en raison précisément de ces harmoniques légèrement agressives, comme la première attaque d'un fruit généreux.

samedi 14 mars 2009

Ouverture du site du Quatuor Quiroga


C'est enfin arrivé. Détails sur CSS dans la notule consacrée aux sites de compositeurs et d'interprètes.

On y trouvera également sons (Mozart) et vidéos (Arriaga, Mendelssohn).

mardi 22 juillet 2008

Les lutins au concert (2007-2008)

Suite à une question (idiote, bien sûr) posée chez des voisins de Carnets sur sol, ce sera l'occasion, pour une fois, de hiérarchiser un peu, ce que nous répugnons à faire d'ordinaire.

Pour une fois, c'est assez aisément possible, selon le plaisir pris, tout bêtement.

On considèrera logiquement que le Concours de Quatuor en juillet 2007 appartenait à la saison 2006-20007 (on l'a déjà dit, c'était là une orgie esthétique permanente).

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Trois concerts cette saison se classent parmi les quelques grands moments vécus en salle :

1) Arriaga / Ligeti / Mendelssohn : Quatuor n°3, Quatuor n°1, Octuor
Quatuors Quiroga et Ardeo.
Les Ardeo montrent une maîtrise technique hallucinante dans Ligeti, sans jamais sacrifier l'humour de ces pages. Les Quiroga, eux, inventent phrasés inédits sur phrasés inédits, avec un fruité exceptionnel. Je me demande si j'ai déjà entendu meilleur quatuor. L'Octuor, mené par le premier violon des Quiroga, sa grâce, ses respirations, son son légèrement acidulé mais charnu, est une merveille comme je n'en avais pas souvent entendue pour un ensemble à cordes, quatuor compris...
http://operacritiques.free.fr/dss/index.php/2008/05/10/95

2) Bruckner, Motets, Aequales, Messe pour vents ; Herreweghe, Collegium Vocale, Solisti del Vento
Spiritus en a parlé ici, j'en ai parlé chez moi, je n'y reviens pas. Avec un programme rare, des oeuvres majeures et une exécution hors du commun, totalement mémorable.
http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2008/07/16/991

3) Récital Jérôme Varnier / Jean-Marc Fontana
Poulenc, Ravel, Françaix, Mozart, Massenet, Glinka, Rossini.
Profondeur de la voix, clarté de la diction, programme très original. Les meilleurs Don Quichotte à Dulcinée que j'aie jamais entendus, et Dieu sait que c'est souvent donné ! Bouleversant - et le Glinka (Ivan Soussanine ou Une vie pour le tsar) aussi...

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Trois concerts exceptionnels peuvent y être accolés :

Suite de la notule.

lundi 5 mai 2008

Premières 'Rencontres européennes de musique de chambre' de Bordeaux - I - Concert d'ouverture (Quatuor ATRIUM)

Vendredi 2 mai, ouverture du bal avec le quatuor lauréat du dernier concours Evian-Bordeaux (juillet 2007).

Au programme, deux raretés et une 'oeuvre angulaire' :

  • Le Quatuor d'Edouard LALO (Op.45)
  • Le Deuxième Quatuor - in memoriam Indira Gandhi de Chary NURYMOV
  • En seconde partie, le Cinquième Quatuor de Dmitri CHOSTAKOVITCH


Ce concert a renforcé notre opinion avec plus de sûreté que dans l'ivresse de l'amoncellement de prestations extraordinaires, en juillet dernier ; aussi bien à propos des oeuvres qu'à propos des interprètes.

Petite visite, comme promis.

Suite de la notule.

Académie de Quatuor à cordes de Bordeaux - Changements de programme

En deux mots :

Le quatuor Nador (très belle formation au son corsé vraiment hongrois) partagera l'affiche à deux reprises, avec les Brodowsky mardi soir (dans l'Officium breve de Kurtág, chef-d'oeuvre absolu de la littérature pour quatuor aux pixels de CSS), et avec les Anima jeudi (pour un Haydn).

Les masterclasses (9h15, 11h et 14h00 tous les jours jusqu'à vendredi, en principe du moins) seront fréquentées par du très beau monde : Quatuors Anima, Ardeo, Brodowsky, Quiroga et Nador. Au moins les quatre derniers de la liste sont de meilleur niveau que bien des formations célèbres et prodigues en disques. A entendre absolument.

vendredi 2 mai 2008

Premier Festival de Quatuor à Bordeaux - Annonce d'activités de CSS & DSS

Comme annoncé, CSS assistera pour large partie aux concerts de la semaine de quatuor qui s'ouve ce soir même avec le concert de la formation lauréate en juillet dernier (les Atrium). Avec un programme original qui promet un beau grand régal..

Voir, ci-dessous, le rappel de ce que nous disions dès mars dernier, avec le détail complet des manifestations (présentation des lieux, des oeuvres, des interprètes, horaires).

N.B. : Les master classes auront bien lieu, cette année ; à la Halle des Chartrons, comme prévu (entrée libre), du mardi au vendredi de la semaine prochaine à 9h15, 11h et 14h30.

Suite de la notule.

mercredi 12 mars 2008

Mai 2008 - Le retour du quatuor !

Désormais programmé tous les trois ans (au lieu de deux), pour des raisons réputées financières, le Concours International de Quatuor à cordes de Bordeaux (ex-Evian), dont CSS vous a déjà entretenu en juillet dernier, a beau être sorti par la porte l'an passé, il rentre inopinément par la fenêtre, dès cette année !

Le festival Musiques d'été (qui proposait autrefois du lied et de la musique de chambre, mais avait fini par égrener en grande partie des tubes du répertoire classique XVIIIe en compagnie de l'Orchestre National Bordeaux Aquitaine - ONBA - ou de l'Orchestre du Conservatoire...).

Du 2 au 11 mai, une semaine et deux week-ends de quatuor au meilleur niveau, avec le retour de certains des meilleurs lauréats (Psophos, Quiroga, Atrium, Ardeo...). Parmi ceux qui ont le plus fasciné au cours des années, et notamment les meilleures formations de l'an passé. Un concert chaque soir, dans divers lieux forts de la ville, à des tarifs battant toute concurrence (25€ maximum au Grand-Théâtre, 10€ partout ailleurs...). Et beaucoup de raretés dans ces soirées !

Programme complet ci-dessous. On en profite pour présenter quelques monuments architecturaux locaux (et bien sûr les oeuvres jouées et les formations). De façon à ce que les non bordelais puissent tout de même disposer d'un peu de lecture, les pauvrets.

Suite de la notule.

vendredi 15 février 2008

Compositeurs, interprètes & chanteurs : sites choisis

Quelques perles (oeuvres rares, interprétation exceptionnelles) peuvent figurer sur des sites d'artistes. On peut y découvrir des oeuvres méconnues ou des interprétations inédites mais superlatives.

CSS en a sélectionné quelques-unes pour vous (en exclusivité mondiale comme il va de soi).

Pour les chanteurs par exemple, on précise le type de voix, les emplois, et les extraits à découvrir.

Ce billet, placé dans la catégorie Astuces, devrait être mis à jour de temps à autre, au fil des découvertes.

Suite de la notule.

mardi 7 août 2007

Quatuor QUIROGA sur France Musique[s] - (Schubert, Bartók, Webern, Bolens)

Ce jour à quinze heures, France Musique[s] diffuse un concert donné dans le cadre de Pro Quartet, avec le quatuor Quiroga, deuxième prix du Concours de Bordeaux et prix de la presse - celui qui nous avait le plus séduit ici.

Etant donné qu'ils ne disposent pas encore d'un site, il s'agit là d'une belle occasion d'entendre leur talent, surtout que le programme est original et ambitieux. [Ce goût de la musique contemporaine (rendue limpide) et des chemins peu balisés n'est pas pour rien dans la sympathie qu'on peut leur porter, en comparaison du 'grand répertoire' certes magnifié par les Atrium, premier prix.]

Programme :

Suite de la notule.

dimanche 8 juillet 2007

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - IX - Résultats

Au terme d'une journée encore une fois au-delà des superlatifs, le choix du jury (tout à fait conforme à la nature de ce qu'on a entendu aujourd'hui) :

Suite de la notule.

samedi 7 juillet 2007

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - VIII - Fin de la deuxième épreuve

Notre petite note quotidienne de l'état des lieux, avant la synthèse prévue.

Le concert du jury, le niveau de la journée, les critères du choix, la mode actuelle du jeu international.

(et, mise à jour : les quatre formations retenues pour l'épreuve finale)

Suite de la notule.

vendredi 6 juillet 2007

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - VII - Deuxième épreuve (et soirée)

Ont été qualifiés les quatuors :

Suite de la notule.

Feuilleton - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007 - V - journée du 4 juillet (fin)

La fin de cette première journée de la première épreuve. (CSS renonce à manger et à dormir pour satisfaire la curiosité légitime de ses lecteurs.)

D'autant plus agréable à traiter que les quatuors présents méritent le détour, y compris pour un concert officiel.

Suite de la notule.

mardi 3 juillet 2007

Teasin' Powa - Concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux 2007

L'équipe de CSS étant sortie de sa grotte, et ayant rattrapé ses lutins[1], s'est remise au travail, vous l'avez vu.

Nous serons cependant ralentis car nous assisterons tous au Festival International de Quatuor à Cordes de Bordeaux (ex-Evian). Nous produirons peut-être de petites synthèses quotidiennes sur les épreuves.

Un programme Mozart-Schubert-Mendelssohn-Lalo-Bacri, plus des romantiques (1830-1890).

Notes

[1] Pour info, le Père Noël est en vacances jusqu'en septembre.

Suite de la notule.

David Le Marrec

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