Carnets sur sol

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Les épris de janvier


Après un décembre de folie, temps du bilan et du prochain planning. (Celui pour le mois en cours figure ici.)



1. Bilan de décembre

17 concerts en trois semaines (du 1er au 22), et 11 concerts en dix jours du 8 au 17. Sans être près du tout d'épuiser l'offre, mais décembre était richement doté cette année.

J'avais arrêté le dernier bilan, lors de la précédente notule d'annonce, au 20 octobre. Encore une fois, je pourrais lister tout ce à quoi j'ai renoncé (Charpentier par Kožená, Histoire du lied par la Compagnie de L'Oiseleur, Čiurlionis & Naujalis aux Invalides, et quelques concerts de chouchous, Beethoven 15 par le Quatuor Arod, Mendelssohn 1 par le Trio Zadig…), mais la récolte fut plutôt bonne néanmoins.


♥ Des inédits absolus, ou peu s'en faut :
    ♥♥ Un oratorio d'Antonio Bertali (La Strage degl'Innocenti) dans l'esthétique intermédiaire entre Monteverdi et le seria, sans doute une première française ; et deux motets de Jakob Froberger, d'une italianité un peu raidement germanisante, mais qui documente un pan de son œuvre que je n'avais jamais pu dégoter au disque !
    Par les étudiants du CNSM, Cécile Madelin et Paul-Antoine Benos (qui éblouit encore une fois par sa gloire sonore et sa diction, un falsettiste pourtant !) en tête. Il reste pour beaucoup des jeunes chanteurs (sauf Pablo García !) encore un gros travail de déclamation italienne à faire pour soutenir des œuvres aussi nues, qui réclament une intervention rhétorique majeure de l'interprète.

    ♥♥ L'Île du Rêve, premier opéra de Reynaldo Hahn, certes pas son meilleur, mais regorgeant de grâces, évoquées dans une notule à part avec extraits sonores (distribution entièrement francophone et rompue à l'art de la belle diction !).

    ♥♥ Programme de mélodies évoquant l'Orient de l'infatigable Compagnie de L'Oiseleur… énormément de découvertes ; les plus belles propositions sont celles, sans réelle surprise, de Louis Aubert (le cycle complet existe chez Maguelone) et Roland-Manuel (qui vit une année faste !).

    ♥♥ Cantate du Prix de Rome Antigone et opéra Brocéliande d'André Bloch (pas Ernest) par la Compagnie de L'Oiseleur. Un grand choc !  Antigone est une excellente cantate pour le Prix, et Brocéliande est un petit bijou, quelque part entre Cendrillon de Massenet mais aussi Duparc, Pelléas… Et tout cela servi par Mary Olivon (dans le rôle de l'orchestre) à son sommet, et deux découvertes vocales majeures, Marion Gomar et Georges Wanis, deux formats dramatiques aguerris que les grandes scènes ne devraient pas tarder à s'arracher.


♣ D'autres œuvres peu fréquentes :
    ♣♣ Iphigénie en Tauride de Goethe. La pièce est un décalque d'Euripide, qui met néanmoins l'accent sur des thématiques propres aux Lumières, telle  l'émancipation (y compris de la femme). C'est un peu long sur scène, mais fonctionne bien, malgré la mise en scène assez vide de Jean-Pierre Vincent (et la diction de Cécile Garcia Fogel, caricature de l'artificialité théâtrale, sans que je puisse déterminer ce qui est délibéré et ce qui est faussé), sans jamais accepter totalement le décalage comique non plus. Faire dire placement ce qui devrait être intense, pourquoi pas, mais à un moment, il faut l'accepter comme principe ; au contraire, j'ai l'impression que les artistes espèrent malgré tout nous saisir par l'intensité du texte. C'est surtout le décor de Jean-Paul Chambas qui remplit bien son office… Heureusement que la pièce était de qualité décente. (Je ne m'explique pas comment on peut présenter quelque chose d'aussi peu abouti sur une scène subventionnée prestigieuse, qui pourrait sélectionner n'importe qui parmi les meilleurs.)

    ♣♣ Elias de Mendelssohn par l'Ensemble Pygmalion. Fréquent en Allemagne, très rare en France, peut-être le sommet de l'oratorio romantique, malgré toutes ses références à Bach et Haendel. Très belle inteprétation sur instruments anciens, où se distinguaient en outre deux solistes formidables : Anaïk Morel (quelle autorité pleine de simplicité !) et Robin Tritschler (clair mais très projeté). Une notule a été consacrée à l'œuvre, à ses sources bibliques composites, à sa discographie.

    ♣♣ Le Paradis et la Péri de Schumann a souffert auprès du public de la comparaison avec les Scènes de Faust et Élie, donnés dans le même trimestre, mais j'étais content de l'entendre en vrai, remarquablement servi de surcroît (Christianne Karg, Kate Royal, Andrew Staples, Matthias Goerne, et le Chœur de l'Orchestre de Paris par-dessus tout). Repéré quelques détails touchants (l'attente syncopée aux cordes de la bien-aimée qui redescend dans la vallée empestée, alors que son fiancé la croit en sécurité, et que le texte ne nous l'a pas encore révélé !), et d'une manière générale une bien belle œuvre, malgré son livret sans intérêt et son orchestration très terne.
   
    ♣♣ Sancta Susanna de Hindemith. La partition est un bijou de thèmes récurrents triturés, sans cesse mutants, d'essais de couleurs harmoniques successives. Dramatiquement, en revanche, c'est un peu court (surtout après une Cavalleria rusticana qui n'a rien à voir psychologiquement et musicalement) pour pouvoir s'immerger dans le langage et l'esprit, surtout avec ce livret très abrupt et fort peu explicite (ou alors, pas dans ce sens-là !). Je suis resté à la porte, alors que j'étais familier du livret et que j'adore me jouer la partition au piano, voire improviser à ma guise sur la matière. Le public semblait très content – il faut dire que glottologiquement parlant, Anna-Caterina Antonacci n'a jamais aussi bien chanté, avec des aigus qu'on ne lui avait jamais connus !

    ♣♣ El Niño, un des tout meilleurs Adams, jamais rejoué en France depuis sa création en 2000 au Châtelet. Autour de textes inspirés par la Nativité (essentiellement des textes canoniques, plus des poèmes de langue espagnole), une suite de tableaux sonores assez prégnants et spectaculaires. J'aime beaucoup le dispositif de la basse qui relaie la colère et le doute, ou la relecture très poétique du Magnificat. Au disque, on peut trouver les sonorités artificielles, certaines sections un peu bavardes. En salle, rien, c'est formidable de bout en bout. J'aimerais d'autant plus entendre Doctor Atomic (qui devrait en plus bien remplir…) à l'Opéra… Amsterdam et Strasbourg l'ont donné, une petite coproduction me ferait plaisir, merci. (Veuillez noter, estimés programmateurs, si vous me donnez en échange Satyagraha ou même Nixon, ma malédiction pèsera longuement sur vous et vos infâmes rejetons.)


♪ Quelques-uns de mes interprètes chouchous :
    ♫ Quatuor n°7 de Beethoven par le Quatuor Hanson. Une pureté d'exécution très intéressante, qui laisse l'œuvre respirer à nu. Pas de gros son ici !  [notule de présentation]
   
    ♫ Kindertotenlieder de Mahler au CNSM, avec la voix incroyablement physique du baryton-basse Edwin Fardini. L'aspect pédagogique de la présentation était, comme d'habitude, moins réussi – l'étudiante n'a pas eu autant de pratique qu'en instrument, tout simplement. Rien d'indigne non plus, très court et assez intéressant ; il manquait surtout le sentiment d'un but (et c'était aussi assez peu accessible sans être déjà bien familier des pièces). Considérant qu'il s'agit d'entraînements dans le cadre intimiste du Salon Vinteuil, c'était très bien. [deux notules sur le cycle : présentation générale et style]

    ♫ Le Trio de Chausson (ou du moins son premier mouvement) par le Trio Sōra, d'une intensité exceptionnelle, qui ne se relâche jamais… Je ne suis pas un inconditionnel de l'œuvre (belle mais répétitive, et d'un lyrisme jamais lumineux), pourtant ici, j'ai cru voir la lumière – à la réécoute des meilleurs disques, non, c'était juste ce que nous appellerons désormais l'effet Sōra. J'ai de l'admiration pour Gabriel Le Magadure (second violon du Quatuor Ébène, réparti pour donner des masterclasses) qui a trouvé des remarques intéressantes à faire – en débusquant tout ce qui n'avait pas été interrogé. (Même si, à mon avis, la première proposition était plus intéressante que le surinvestissement d'effets dans une musique déjà chargée, il est très utile d'ouvrir ce type de possibilité pour un jeune ensemble qui n'a pas encore éclusé le répertoire courant – à supposer qu'on puisse qualifier ainsi le Trio de Chausson !)
    L'intimité était aussi un plaisir : nous n'étions que deux, côte à côte dans la salle Dukas, à nous ébahir, partition de main, de la beauté fulgurante de cette séance de travail. Le CNSM est aussi l'eldorado du mélomane.


♠ Et, parce que la chair est faible, quelques quasi-scies orchestrales et autres célébrations de la Glotte triomphante :
    ♠♠ Symphonie n°5 de Sibelius par l'ONF et Slobodeniuk. Après un (premier) concerto de Brahms complètement étouffé, une belle Cinquième, très russe (les pizz assez legato du mouvement lent évoquent assez Tchaïkovski) – tout juste un petit manque d'exaltation dans le final à mon gré.
   
    ♠♠ Symphonie n°4 de Nielsen par le Philharmonique de Radio-France et Osmo Vänskä. Je projetais (et ferai peut-être) une notule dessus, avec extraits sonores. Car Vänskä, comme dans son intégrale discographique avec le BBCSO, peut-être la meilleure de toutes celles parues, d'un équilibre et d'une poésie admirables, évite tous les écueils de l'écriture orchestrale de Nielsen (en plus de produire quelque chose de beau). En particulier les contrebasses très thématiques, qui peuvent donner l'impression d'un manque d'assise rythmique sur les temps forts (occupées à phraser des mélodies plutôt qu'à jouer avec la pulsation) ; ici, Vänskä laisse toujours très sensible la trame rythmique et l'élan d'ensemble. Une magnifique Quatrième, du niveau des meilleures (dont la sienne) au disque. [Vraiment supérieur à ses Sibelius, bons mais pas ultimes comme ses Nielsen.]
    En ouverture de programme, la Suite des Comédiens de Kabalevksi, très plaisante, mais assez au delà de la simple suite néo-classique vaguement grinçante qu'on aurait pu attendre.
   
    ♠♠ Musique de chambre de Schumann (Märchenerzählungen, Quatuor n°3) et Kurtág (Trio d'hommage à R. Sch. et Microludes pour quatuor) par des musiciens de l'Ensemble Intercontemporain et de l'Orchestre de Paris. Programme jubilatoire, mais un brin déçu par l'exécution, pour des raisons que j'aimerais détailler à l'occasion (voir la notule correspondante) : je ne suis pas persuadé qu'il soit raisonnable d'aller voir des quatuors d'orchestre, même lorsqu'ils jouent des œuvres rares. À chaque fois (Opéra de Paris dans Magnard, National de France dans Saint-Saëns, Orchestre de Paris dans Schumann et Kurtág), l'impression d'un manque de cohésion, voire d'implication. On le perçoit très bien dans la comparaison entre le violon solo de l'Intercontemporain, d'une netteté incroyable (premier violon dans les Microludes, second dans le Schumann où on ne l'a jamais aussi bien entendu !), tandis que les musiciens de l'Orchestre de Paris étaient (et c'est logique, vu leur pratique d'orchestre), beaucoup moins dans l'exactitude de l'attaque, plus dans une sorte de flux général… Ils ont eu peu de répétitions, et en tout cas rien de comparable avec un ensemble constitué qui répète tous les jours la demi-douzaine de mêmes œuvres pendant un trimestre !  (Quant au niveau requis pour intégrer l'Interco, c'est tout de bon un autre monde.) Bien que je les croie parfaitement de bonne volonté (je doute qu'on fasse ces concerts supplémentaires par obligation), il n'y a pas vraiment d'intérêt à écouter des quatuors par des ensembles éphémères, dès lors qu'on a le choix de l'offre – et les Microludes comme le Troisième de Schumann sont programmés assez fréquemment.
   
    ♠♠ The Messiah de Haendel par le Concert Spirituel. Toujours une délectation intense d'entendre ce bijou. S'il y a bien une œuvre vocale qui justifie sans difficulté son omniprésence… En plus, le livret syncrétique y est très réussi.
    Pas forcément convaincu par les partis pris de Niquet : tempo assez homogène comme toujours, mais pas mal d'effets discutables pour se différencier. Pourquoi faire le mordant He Trusted in God (le chœur des moqueries de la foule « que son Dieu le délivre ! ») et le triomphal Hallelujah complètement susurrés ?  Faire différent, soit, mais cela va tellement à rebours du texte et même de la musique (le contrepoint râpeux du premier, les trompettes et l'harmonie simple du second)… Par ailleurs, alors qu'il contient quantité de mes chouchous (Agathe Boudet bien sûr, Édwige Parat, Jean-Christophe Lanièce, Igor Bouin…), je trouve le chœur un brin terne, pas particulièrement baroque, ni anglais, ni français. Peut-être lié à l'impermanence des participations (et au grand nombre), mais d'autres parviennent bien mieux à typer des formations vocales très éphémères. À part Sandrine Piau dont l'anglais était assez éprouvant (et la voix très opaque, sans doute faute d'habitude), très beau plateau, où j'ai beaucoup aimé la tendance à sous-chanter sur des voix voluptueuses, chez Anthea Pichanik et Robert Gleadow : mettre ainsi en valeur le texte lorsqu'on a tant d'atouts purement vocaux à faire valoir, quel plaisir !
   
    ♠♠ Iphigénie en Tauride, de loin le meilleur opéra de Gluck (ce n'est pas comme s'il y en avait beaucoup de réellement bons), dans la mise en scène (réaménagée) de Krzysztof Warlikowski. Je la voyais pour la première fois, et outre son absence de réel rapport avec l'intrigue, j'ai surtout été frappé par un vilain paradoxe dans la gestion de l'espace, rapportée aux déclarations du metteur en scène.
    Musicalement, plateau superbe et (outre Stanislas de Barbeyrac, glorieux) différent de ce qui était attendu : Véronique Gens, désormais habituée du répertoire XIXe où elle ne connaît pas d'égale, était plus vaporeuse que d'ordinaire (splendide néanmoins, mais la diction pas du tout ciselée comme à l'ordinaire) ; Étienne Dupuis, dont la voix paraît sombre et un brin tassée en retransmission, et se révélant au contraire en salle claire, libre et sonore !  En revanche, que l'Opéra de Paris ne puisse pas recruter un Scythe (deux phrases à dire) capable d'articuler un vague français et de chanter en rythme dans un timbre pas trop désagréable paraît à peine concevable – et cela repose la question des critères de l'Atelier Lyrique, notamment. Sans être du tout au même degré, Thomas Johannes Mayer était une fausse bonne idée : il n'a pas dû auditionner, et lui qui est audible dans Wagner à Bastille, le voilà, en (mauvais) français, tout corseté de partout… la voix surdimensionnée et le grand diseur constituaient un bon point de départ, qu'il aurait été avisé de vérifier.
    Contrairement à la création de la production, où les Musiciens du Louvre officiaient, l'Orchestre de l'Opéra était cette fois dans la fosse, avec Bertrand de Billy qui joue souvent (et assez bien, d'ailleurs) cette œuvre dans les plus vénérables maisons. Mais le manque d'habitude ainsi que d'investissement, sans être du tout infâme, finit dans une certaine mollesse – l'acte I fonctionne bien, mais dans l'acte II plus contemplatif, l'entrain semble avoir définitivement déserté les rangs.

    ♠♠ Don Giovanni au Théâtre des Champs-Élysées. Pas prévu initialement, et seulement tenté pour entendre Jean-Sébastien Bou et voir la mise en scène de Braunschweig autrement qu'en retransmission. Et grande mandale : Don Giovanni n'est pas Don Giovanni pour rien ! Comme tout y est fin, sophistiqué, juste, très au delà de tous les opéras du temps (à quelques exceptions près dont j'ai souvent parlé, comme les Salieri et Vranický d'avant-garde). Et l'entendre, le nez dans la fosse musicologiquement informée du Cercle de l'Harmonie, avec la finesse de la direction d'acteurs de Braunschweig – tout le contraire des metteurs en scène à concept et dispositif, rien de visible quasiment, tout est dans la façon de faire mouvoir les acteurs, réplique après réplique… un grand choc. En outre, Bou, Boulianne et Gleadow (dont la voix a une remarquable présence en vrai) sont d'admirables acteurs. Assez sensible notamment à l'épisode où l'imposture de Leporello est consommée avec Elvira, qui crée ou éclaire le malaise sous-jacent des scènes suivantes. Et par-dessus tout, l'ivresse communicative de cette musique ; même les airs décoratifs secondaires (comme ceux de Zerline ou Ottavio) sont joués avec une conviction qui les rend passionnants. L'impression de venir à l'Opéra pour la première fois, à regarder les instruments avec des yeux ébaubis.


Missions accomplies, donc : un décembre de jouissances… et la preuve ultime de la clairvoyance de mes conseils. Tenez-le vous pour dit, voici les suivants qui arrivent !



putto_jean_mathias_centaure.jpg
En avant pour de nouvelles aventures !
Atelier marseillais d'après Jean MATHIAS.
(Musée du Louvre.)



2. Un janvier sobre

Malgré un emploi du temps assez libre en début de mois, difficile de trouver (en dehors du théâtre et des expositions qui débordent en permanence) beaucoup de concerts un peu originaux en cette période. Voici tout de même les quelques perles que j'ai relevé pour mon usage personnel.

► Œuvres rares, programmes originaux → airs de cour, lieder
Airs de cour et pièces de Strozzi, Byrd, Hume, Purcell… (Révillion, le 18 à 12h30). Gratuit.
Airs de cour de Le Camus et ceux célèbres de Lambert et Charpentier ; pièces pour clavecin de d'Anglebert et (Louis) Couperin. Léa Desandre (du Jardin des Voix) et Violaine Cochard, à l'Hôtel de Soubise, le dimanche 8 à 12h30. Gratuit.
Airs de cour et musiques de Caccini, Strozzi, Carissimi Humphrey, Lambert, Purcell au 38 Riv'. 15€.
Mélodies de Guy Sacre (avec Billy Eidi, grand spécialiste du piano français du premier XXe siècle, qui en a publié il y a peu un second volume chez Timpani). Un compositeur vivant qui écrit dans le goût du Groupe des Six, avec sa couleur propre, vraiment à découvrir. Et c'est gratuit, au CRR rue de Madrid (le 14 à 16h30).
Programme transversal de Georg Nigl comme chaque année à la Cité de la Musique : de Monteverdi à Xenakis, avec du pianoforte, du théorbe… Le 28 à 20h30.

► Œuvres rares, programmes originaux → opéra et théâtre musical
■ Recréation de Chimène ou le Cid de Sacchini. Les Nouveaux Caractères en avaient donné des extraits, et j'en avais même tracé les points communs avec Don Giovanni dans une notule déjà ancienne. À Saint-Quentin les 13 et 14, et plus tard à Massy et Herblay, par le jeune Concert de la Loge Olympique.
Le Songe d'une nuit d'été d'Ambroise Thomas par l'insatiable Compagnie de L'Oiseleur. Pas le plus grand Thomas, mais un bel opéra comique encore un peu belcantiste et tourné vers Auber, et qui parle en réalité de Shakespeare et d'Élisabeth Ière (Temple du Luxembourg, le 18). Au chapeau.
Hänsel und Gretel de Humperdinck au Conservatoire Régional de Boulogne-Billancourt (le 7 à 17h), dans une transcription pour neuf cuivres, percussions et récitant. Ce doivent essentiellement être des extraits, et il n'y a pas de chanteurs, ce devrait être très amusant (prévu pour le jeune public, conseillé de réserver). 10€ l'entrée, je crois.

► Œuvres rares, programmes originaux → musique pour grands ensembles (orchestraux et choraux)
■ Pièces pour violon et orchestre d'Ysaÿe, Hersant (et manifestement un arrangement d'une mélodie de Fauré) au CRR de Paris. Gratuit. Ça ne me paraît pas très tentant (et le niveau n'est pas forcément professionnel), mais c'est assurément rare !
■ La Musique pour cordes et cuivres de Hindemith, couplée avec la Cinquième Symphonie de chambre de Milhaud, par Éric van Lauwe et ses musiciens (le 7 à 20h30, Sainte-Croix-des-Arméniens). Gratuit ou au chapeau.
Programme pour chœur très varié au CRR de Paris : Mendelssohn, Ravel, Lutosławski, Kabalevski, Rutter, Aboulker, Kocsár…
Chœurs d'Alfvén, Tormis, Sandström, Rautavaara, Sallinen et Salonen par le Chœur de Radio-France le 22 à 16h.

► Œuvres rares, programmes originaux → musique de chambre et solos
■ La Symphonie n°3 de Beethoven (premier mouvement) dans la transcription pour quatuor avec piano de son contemporain Ferdinand Ries. Couplé avec le Troisième Quatuor avec piano de Brahms, par les musiciens de l'OCP (salle Cortot, le 21 à 15h). 15€.
Mendelssohn, le rare (et remarquable) Sextuor avec piano et contrebasse. Coeytaux & membres de l'ONF Le 28 à 16h, 18€.
Trios de Chaminade, Bonis et Debussy au musée Henner (le 12 à 19h15). Ce n'est pas le meilleur de chacun de ces compositeurs (sauf pour Chaminade, qui n'est pas forcément une grande compositrice d'ordinaire et tient ici très bien son rang), mais c'est assurément rare. Gratuit ou pas cher, à vérifier.
■ Les meilleurs quatuors de Stenhammar (4), Szymanowski (2) et Chostakovitch (7) par le Royal SQ. (le 21 à 16h, Maison de la Radio, 15€).
Programme poèmes et piano, mettant en relation les poètes français avec les nuits agitées des Heures Dolentes de Dupont ou de La Fille aux cheveux de lin – enragée de Kurtág… CRR de Paris, le 25. Gratuit.
■ Programme de pièces françaises pour violon et piano : Vieuxtemps, Ysaÿe, Caplet, Satie, Honegger, L. Boulanger, Milhaud… Par les étudiants du CRR de Paris, le 26 (à 18h).
Sonates pour violon et piano : Debussy, n°2 de Ropartz, et une pièce de Lili Boulanger, avec ♥Stéphanie Moraly. Le 26 à 20h au CRR de Paris, et ce doit être gratuit.
■ Concert de quintette à vent dans Ligeti, Briccialdi et Tomasi (faculté de médecine de Bobigny).
■ Pièces pour orgue des grands lettons Ešenvalds, Kalējs, Kalniņš, Vasks et des estoniens Pärt et Tüür. Dommage que ce soit sur l'orgue de la Maison de la Radio (grêle et moche).

► Interprètes et ensembles parrainés.
■ Le formidable Trio Zadig jouera le 8 à Marly-le-Roi, le 11 à l'hôpital Brousse, le 13 à Bagneux, le 15 à Villethierry. Je n'ai pas encore vérifié le détail des programmes.
■ L'ONDIF, exceptionnel dans la musique russe, joue la Cinquième de Tchaïkovski le 24.
■ Je n'ai jamais pris le temps d'écouter Lukas Geniušas (bien classé au Concours Chopin de Varsovie, il y a quelques années), dont tout le monde dit des merveilles – il faut dire qu'il joue essentiellement les standards du piano, dans lesquelles le besoin pressent de nouvelles références ne se fait pas forcément sentir, vu les centaines de gravures déjà largement satisfaisantes qui préexistent (et puis, au piano, j'aime surtout d'autres choses). L'occasion d'aller lui faire coucou, puisqu'il jouera (outre Chopin…) Szymanowski et Čiurlionis le 22 à la Maison de la Radio.

► Cours publics.
Cours public de Svetlin Roussev (violon) au CNSM (le 19 à 19h).
Cours public de hautbois au CNSM (le 20 à 19h).

► Autres concerts gratuits.
Audition de chant baroque au CRR de Paris (le 9 à 19h).
Deuxième Symphonie de Schumann et Concerto Jeunehomme de Mozart par l'Orchestre des Lauréats du Conservatoire (classe de direction d'orchestre, le 10 à 19h). Réservation conseillée.
Audition des jeunes chanteurs du CRR de Paris (le 12 à 19h). Attention, le niveau peut aussi bien être professionnel (Hasnaa Bennani était embauchée par les Talens Lyriques et la Chambre du Roy avant même d'en être sortie !) que très intermédiaire (quelquefois des voix pas bien sorties) : il faut y aller en humeur exploratoire, pas pour avoir un récital d'opéra à l'œil – contrairement aux plans de musique de chambre du CNSM (en outre meilleurs, comme je le répète régulièrement, que la vaste majorité des récitals payants).
Audition de flûte du CRR de Paris (le 19 à 19h).

► Concerts participatifs.
■ Airs d'opérette, à la Philharmonie avec F.-X. Roth.

► Théâtre.
Hedda Gabler d'Ibsen à Éragny.
Danse macabre de Strindberg, en italien à l'Athénée.
La Peur (Zweig) au Théâtre Michel.

► Conseil négatif.
■ Ne vous désespérez pas trop si vous n'avez pas de place pour les Bruckner de Barenboim. Même si on n'entend jamais la Première hors des intégrales (ce qui est fort injuste, et pire encore pour la Nullte !).

► À vendre !
■ Parce que j'ai d'autres projets / trouvé des places moins chères / un ami empêché / changé d'avis, je revends quelques places, à prix doux et bonne visibilité, pour quelques concerts de janvier et d'après : notamment le Cinquième de Beethoven par Leonskaja & la Petite Sirène de Zemlinsky, puis Paul Lewis & Daniel Harding dans le Premier Concerto pour piano de Brahms, tout ça à la Philharmonie. Carmen au Théâtre des Champs-Élysées (Lemieux-Spyres-Bou), aussi.

Et plein d'autres choses à n'en pas douter. Si vous êtes curieux de ma sélection personnelle, elle apparaît en couleur dans le planning en fin de notule.



putti câlins
Auguste RODIN, Merci CSS !
Bronze, 1893-1894
Musée Rodin de Paris.





3. Expositions

Ça n'a pas énormément changé depuis la dernière fois, laissez-moi gagner un peu de temps de ce côté-là en vous recommandant le remarquable Exponaute (et son tri par date de fin !) ou la très utile sélection mensuelle de Sortir à Paris.



4. Programme synoptique téléchargeable

Comme les dernières fois :
Les codes couleurs ne vous concernent pas davantage que d'ordinaire, j'ai simplement autre chose à faire que de les retirer de mon relevé personnel, en plus des entrées sur mes activités suspectes et complots universels à rejoindre. Néanmoins, pour plus de clarté :
◊ violet : prévu d'y aller
◊ bleu : souhaite y aller
◊ vert : incertain
◊ **** : place déjà achetée
◊ § : intéressé, mais n'irai probablement pas
◊ ¤ : n'irai pas, noté à titre de documentation
◊ (( : début de série
◊ )) : fin de série
◊ jaune : événement particulier
◊ rouge : à vendre

janvier 2017

Les bons soirs, vous pourrez toujours distinguer ma démarche gracile le long d'une ombre furtive, dans les couloirs décidément les mieux fréquentés de la capitale.

Cliquez sur l'image pour faire apparaître le calendrier (téléchargeable, d'ailleurs, il suffit d'enregistrer la page html) dans une nouvelle fenêtre, avec tous les détails.

Toutes les illustrations picturales de cette notule sont tirées de photographies du Fonds Řaděná pour l'Art Puttien, disponibles sous Licence Creative Commons CC BY 3.0 FR.


Non, décidément, avec le planning (et les putti) de CSS, on peut raffiner l'or et moissonner les épis de janvier !


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Commentaires

1. Le samedi 7 janvier 2017 à , par ilyesse

Pourquoi placer les concerts des trois premières symphonie de Bruckner par Daniel Barenboim et la Staatskappelle de Berlin dans les conseils négatifs. Comme vous l'avez justement dit, c'est une étrangeté d'avoir la symphonie wagnérienne en concert, une rareté d'avoir dla deuxième et quasi impossible d'entendre la première

2. Le dimanche 8 janvier 2017 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Ilyesse !

C'est bien évidemment, comme tout choix, susceptible de contestation et de longs débats.

J'avais pris mes places, parce qu'on n'entend à peu près jamais la Première en concert, que je me réjouis toujours d'entendre la Deuxième, elle-même pas si fréquente, et même la Troisième, comme vous le dites, n'est pas vraiment un standard.
Mais je trouve que ce que fait Barenboim dessert plutôt cette musique, en accentue les faiblesses potentielles sans me donner autre chose en échange (de la suspension, de l'intensité, de la clarté, de nouveaux plans, peu importe, quelque chose). J'ai exposé en début de saison mon ressenti à ce sujet. Si l'on aime Barenboim, à la bonne heure ; si l'on est un habitué de Bruckner, ce n'est pas un bien grand danger non plus (même si le temps peut alors paraître désagréablement long).

Je ne me risquerais pas en revanche à recommander d'entendre une œuvre pour sa rareté, jouée dans ces conditions : je crains de produire un effet dissuasif. Ce n'est évidemment que mon ressenti personnel, et les gens éclairés qui vénèrent Barenboim sont clairement les plus nombreux, mais je peux difficilement proposer autre chose que mon avis, surtout dans mon petit bac à sable. On n'est surtout pas obligé de m'écouter, et j'ai lu des comptes-rendus enthousiastes des concerts de cette semaine, plus chaleureux que ceux de la première moitié de série en septembre.
Si j'en juge par l'intégrale parue récemment avec le même chef et le même orchestre, mes réserves n'auraient pas été levées ; ça prouve néanmoins qu'il y a quelque chose à en tirer, je vous l'accorde totalement !

Mon but était surtout de rassurer ceux qui n'avaient pas de places, et de mettre en garde les néophytes brucknériens contre une présentation éventuellement peu favorable aux œuvres.

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