Carnets sur sol

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« J’aime pas les voix d’opéra »


Je vais paraître prêcher contre ma paroisse, néanmoins je suis assez d'accord avec le préjugé qui postule que les voix lyriques sont moins belles, moins émouvantes et moins intelligibles que celles du chant populaire.

Mais je vais tâcher d'y apporter quelques éclairages.

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1. Le timbre

La plupart du temps, les voix d'opéra sont en effet de grosses voix très 'fabriquées' (je veux dire très loin du timbre parlé), qui ont ces caractéristiques parce qu'il s'agit d'être audible par-dessus un orchestre pléthorique pendant trois heures et sans micro, à des hauteurs assez vertigineuses. D'autres types d'expression musicale peuvent se passer de cette technique spécifique, tel le muezzin, parce que l'effort est bref. Ou alors parce que l'accompagnement est léger et le public proche.

Ce sont dans ce sens des voix d'abord athlétiques avant d'être émotionnelles. Ce profil arrive aussi dans la variété bien sûr, notamment pour chanter certaines comédies musicales (voir par exemple l'usage du 'belting' qui permet de soutenir des tessitures très élevées sans grossir la voix), mais leur technique, micros aidant, n'empêchent pas de posséder un timbre plus "direct", plus proche de la voix parlée.

Donc oui, la voix d'opéra est plus opaque, et très loin du timbre parlé, si bien qu'on ne pourrait pas deviner la voix chantée de quelqu'un qui parle (c'est vrai en toute circonstance, parce que les mécanismes ne sont pas les mêmes), et surtout que contrairement aux autres formes de chant, on ne peut pas faire le chemin inverse de deviner le timbre parlé de quelqu'un qui chante. C'est ce qui la rend plus "extérieur", plus "fabriquée", moins immédiate, moins touchante de premier abord.

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2. La hauteur

Un paramètre qu'on soulève peu souvent est que le chant lyrique est globalement bien plus aigu que le chant populaire (j'entends, par populaire, aussi bien les chants traditionnels que la variété, bien que les techniques puissent différer radicalement - on revient sur la distinction en suivant).

C'est pour des raisons de « passage » de l’orchestre, on utilise la partie où la voix est la plus sonore ; mais c'est aussi, à partir du XIXe siècle, un goût pour les zones tendues de la voix, les extrêmes qui donnent l'impression d'un combat, d'une émotion paroxystique. Si bien qu'on ne cherchera pas forcément une note aiguë dans l'absolu, mais la note où une tessiture donnée arrive à un comble de tension (mi3-sol3 pour un baryton, mais la3-ut4 pour un ténor).

De ce fait, la voix chantée ne se trouve pas dans les zones mélodiques de la voix parlée, et peut par conséquent en paraître "déconnectée", extrérieure, étrange.

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3. Les intervalles

Par sa richesse même, sa complexité parfois, la 'musique savante' occidentale sollicite des intervalles qui peuvent paraître peu naturels, que ce soit d'une note à l'autre, ou dans l'ambitus général d'un morceau ou d'un rôle, s'étendant sur plus de deux octaves alors que l'expression naturelle de la voix parlée n'excède guère la quinte, et l'octave pour les expressions les plus extrêmes - à l'exception du cri anti-souris bien entendu.

Ici encore, il y a la barrière de l'étrangeté, et de la performance technique qui ne renvoie pas à la nature brute ni au quotidien.

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4. Les raisons techniques

A présent que l'on a donné raison au Ministère Public dans ses charges, étudions la personnalité de l'accusé, et les causes de cet état-là. On verra ensuite si tout cela n'est finalement pas gagnant.

Le chant lyrique a développé une technique spécifique dans l'usage de résonnateurs assez nombreux, dont le plus important est celui situé dans les os de la face et du crânes. En les faisant résonner, le chanteur produit des harmoniques riches qui ne se trouvent pas dans un orchestre, et qui lui permettent ainsi de le 'passer' sans chanter plus fort que lui (ce qui est souvent difficile...). Ce réseau d'harmoniques spécifique est appelé le formant du chanteur, dont nous avions déjà quelque peu parlé.

De la même façon, la couverture des sons, cet assombrissement qui passe par une modification des voyelles dans l'aigu pour protéger la voix, altère aussi la voix telle qu'elle s'exprime à l'état naturel.

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5. Les origines pratiques

Le problème provient du cahier des charges spécifique du chant à l'opéra. Il est nécessaire de :

  • passer un orchestre ;
  • pendant plusieurs heures ;
  • sans micro ;
  • à des hauteurs bien plus exigeantes que la voix parlée ;
  • avec de vastes intervalles et parfois une grande agilité.

Et inévitablement, cela nécessite la construction d'une voix solide, qui peut sonner un peu grosse et assez articielle, parce qu'il s'agit d'une véritable machine de guerre, ou du moins d'une carapace, capable de résister à toutes les agressions physiques, à tous les forçages potentiels. Une voix d'opéra bien placée et dans un répertoire raisonnable (pas Wagner, donc) ne se fane que très tard.

Du coup, on n'entend pas autant toutes les petites inflexions naturelles de la voix parlée, qui émeuvent tant dans la chanson.

L'éloignement de la voix parlée (harmoniques, assombrissement, grossissement, charpente), l'ambitus très large créent de la distance. C'est d'ailleurs bien cela qui touche les mélomanes « de catégorie 2 » (plus communément appelés glottophiles en ces lieux), le côté surhumain de la performance, l'impact inhabituel de la voix.

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6. L'opéra dépassé ?

L'apparition du micro rend, en théorie, l'opéra presque dépassé. Mais il en va de cette théorie comme de l'idée saugrenue de retrouver l'authenticité en musique ancienne et baroque : ça n'a pas grande justification de principe, mais dans les faits, cela produit des résultats assez inoubliables.

Car, en faisant l'effort de s'habituer, ces voix moins agréables à première vue révèlent des beautés et variétés incroyables ; leur technique leur permet d'être largement aussi expressives que les voix simples rauques du chant populaire. Une infinité de nuances est possible, et les grands chanteurs savent aussi, pour un certain nombre d'entre eux, être les grands diseurs que l'on célèbre dans les pages de Carnets sur sol.

La norme classique est même, contrairement aux apparences, celle d'une plus grande pureté vocale (même si les harmoniques sont très riches), d'une plus grande netteté que dans les autres genres - les scories et effets de gorge y sont mal vus.

Par ailleurs, il existe des chanteurs, dans des types de répertoire comme le baroque ou le lied, qui peuvent avoir des voix très naturelles.

Même chose pour la compréhension : clairement, elle est entravée par la technique spécifique d'émission (modification des voyelles pour ne pas se blesser dans l'aigu, hauteurs plus importantes que la voix parlée, sauts d'intervalles plus vastes, harmoniques agressives des résonnateurs qui peuvent masquer les sons du langage, vocalisation qui amollit les consonnes...), mais on s'habitue sans peine - même sans les astuces des librettistes perraldiens. Et il y a des chanteurs que n'importe qui peut comprendre sans forcer (y compris parmi les icônes).

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7. Les solutions

On est prêt à proposer des médications personnalisées en cas de sollicitation, mais essayez déjà Jérôme Corréas dans Berlioz (Alpha) ou Fauré (Disques Pierre Vérany), c'est sans doute la quadrature du cercle entre naturel bouleversant et raffinement extrême.

Autre piste : on a un goût particulier pour les voix pas trop lourdes et les dictions soignées et éloquentes par ici.
Lisez CSS et consommez cinq Lully et Meyerbeer par jour.

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Pour retrouver les articles autour de la technique vocale, on peut se reporter à notre index, à jour sur ce chapitre : http://operacritiques.free.fr/css/index_css.html#pedagogique .

Bonne soirée !


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Commentaires

1. Le mercredi 25 novembre 2009 à , par steadyraph

"L'apparition du micro rend, en théorie, l'opéra presque dépassé." Étrange théorie alors... Je ne vois pas sur quels principes elle se fonde : l'opéra n'a jamais été une course à l'amplification, et le micro, à part dans les concerts d'Alagna au stade de France, n'a jamais eu vocation à remplacer la technique vocale des chanteurs d'opéra ; bien plutôt il permet l'enregistrement, qui pose ses problème propres, je suis bien d'accord.

Quant à accepter comme une évidence que la voix d'opéra ne peut pas être naturelle dans l'expression, j'en doute. Sans même parler du Sprechgesang, il me semble que la vocation dramatique de l'opéra se tient parfaitement.

2. Le mercredi 25 novembre 2009 à , par DavidLeMarrec :: site

Bonjour Steadyraph... et bienvenue sur CSS ! :-)

Je ne l'ai peut-être pas assez explicité, parce que ça me paraissait clair, mais en parlant de l'opéra "dépassé", je voulais dire que les exigences techniques ne sont plus une nécessité en ce qui concerne le volume, la projection, le formant, puisqu'on peut les remplacer par des micros.

On se rend d'ailleurs compte que certains chanteurs qui paraissent très présents au disque sont en fait difficilement audibles au concert. Ce sont souvent des voix qui sonnent bien, d'ailleurs. (En fait, il y a une tendance à faire résonner dans la gorge pour rendre la voix plus douce, plus pure, mais du coup les résonnateurs faciaux sont peu sollicités et la voix est absorbée par l'environnement, voire ne sort pas.)

La voix d'opéra, par essence, n'est pas naturelle, puisque c'est une fabrication assez sophistiquée qui permet des performances hors du commun. Et ça s'entend. Après ça, oui, il y a des voix et des répertoires où des voix d'aspect assez naturel peuvent s'exprimer, je l'ai signalé, comme le lied ou le baroque (et bien sûr la musique ancienne où la technique "opéra" n'a pas lieu d'être).

Mais on n'est bien d'accord, je ne cherche pas à dénigrer l'opéra, je serais mal placé pour ça. :-) Simplement, je cherche à me mettre à la place des récalcitrants et à expliquer les causes de ce rejet - sur lequel il faut bien sûr passer, tant il y a de beautés derrière !

3. Le mercredi 25 novembre 2009 à , par steadyraph

(re)bonjour David
Il est évident que la voix d'opéra n'est pas naturelle. Mais le chant est-il en soi naturel ? J'en doute. La déclamation même n'est pas naturelle au théâtre. Alors je ne suis pas persuadé que Claude François soit fondamentalement plus naturel que Hans Hotter, indépendamment de la technique vocale qui est bien plus travaillée chez Hotter bien sûr. Mais je pense qu'il faut faire la part des choses entre l'artificialité de la technique vocale et le naturel du résultat. Car le propre de tout art mimétique est souvent d'arriver au naturel par la voie (et la voix) de l'artificiel.

En ce qui concerne la comparaison avec la musique dite populaire, je ne vois pas où tu veux en venir. Une comparaison avec le lied m'eût paru sans doute plus convaincante, puisque le la voix du lied peut effectivement sembler moins artificielle et plus spontanée, tout en étant aussi belle. Mais c'est toujours le même débat : à quoi bon comparer Strauss et Georges Brassens ? Brassens est certes sympathique, mais ce n'est pas de l'art, c'est du divertissement. Alors en dernière analyse peu importe l'artificialité de la voix ; si tu fondes l'assertion "j'aime pas les voix d'opéra" sur le principe que les voix d'opéra manquent de naturel, ce n'est pas un argument, car le naturel n'a jamais été un critère absolu de beauté. Et honnêtement, je trouve Salomé radicalement plus belle (vocalement) que Germaine Montero ; et si le naturel, c'est d'avoir cette voix commune et plate, je fais le choix de l'artificiel avec bonheur, comme Des Esseintes...

Après je comprends bien que tu te fais l'avocat du diable, mais en fin de compte peux-tu vraiment soutenir une position dont tu ne partages pas les conclusions ?

4. Le mercredi 25 novembre 2009 à , par DavidLeMarrec :: site

Plutôt que de naturel, je parlerais d'une forme de vérité et d'authenticité ; oui, avec toute cette artificialité, à touche à des choses très profondes et très justes. Il faut juste se baigner dedans et commencer par accepter la nécessité, dans ce répertoire, de ces voix-là et ne pas en regretter d'autres qui ne peuvent de toute façon pas l'interpréter.

Ce sont toujours les mêmes chanteurs qui interprètent le lied et l'opéra, car il n'existe pas d'école du lied (faute de débouchés), les liedersänger gagnent leur vie en chantant de l'oratorio, des symphonies vocales, des messes. Donc la comparaison n'aurait pas lieu d'être, c'est juste une typologie vocale différente au sein de la technique lyrique - je l'ai d'ailleurs signalé dans les pistes à suivre.

Je n'ai jamais dit par ailleurs que le naturel était bien et que l'artificiel était mal ; j'explique simplement ce qui, souvent, rebute les néophytes dans la voix d'opéra. C'est un constat objectif, si l'on veut.

Je crois que c'est bien la raison pour laquelle la voix d'opéra, si proche car voix humaine et si dérangeante car déformée, rebute.

Et tu auras noté que c'est pour cela que j'invite tout de même à la persévérance et à sa découverte. Je n'ai pas émis le moindre reproche dans mon texte. :)


P.S. : Tu sais que le nom officiel de l'"avocat du diable", dans les procès de droit canon, est Promoteur de la Foi ? :o)

5. Le mercredi 25 novembre 2009 à , par Moander

Tes récalcitrants écoutent probablement des genres musicaux non exempts de transformation de voix, si ce n'est encore moins naturel : R'n'B, Pop, Rock, Métal, Techno, Blues, Gospel... Leur rejet ne vient donc pas de là car si ces genres sont plus émouvants, intelligibles... beaucoup de choses m'échappent alors!!

Le seul genre musical qui me semble pouvoir échapper à cette critique est le rap ou la variété (pour quelques artistes)!! Mais voilà, ce sont des diseurs plus que des chanteurs.
D'où, l'idée que la seule voix naturelle : c'est la parole et ça n'en fait pas du chant!!

Évidemment, pour le reste, je te suis...

6. Le mercredi 25 novembre 2009 à , par DavidLeMarrec :: site

Je pensais effectivement en priorité aux chansons populaires de tradition orale et à la variété, mais les autres genres que tu cites, bien que non exempts de techniques spécifiques, sont infiniment plus proches de la voix parlée que le chant lyrique : timbre, puissance, intervalles, ambitus, hauteur moyenne de la tessiture...

(Pour la voix naturelle, j'ai indiqué un lien où je distingue trois types de voix naturelles, ça permet d'éviter les confusions.)

J'en profite pour ajouter en prolongeant les remarques de Steadyraph qu'en réalité le sprechgesang est tout ce qu'il y a de plus artificiel, bien plus que le chant 'pur'.

Bonne soirée !

7. Le jeudi 3 décembre 2009 à , par vartan

Je ne résiste pas au plaisir (le mien c'est évident) de te [strike]fourguer[/strike] proposer ce passage que j'ai lu ce jour dans Martin Eden et qui me semble démontrer que l'opéra (et a fortiori les chanteurs) c'est vraiment nul depuis des lustres, (voix ou pas voix).

Martin Eden s'adresse à Ruth [je n'ai jamais compris la poésie que les auteurs anglo-saxons pouvaient trouver à ce prénom] qui vient de l'accompagner à sa première représentation à l'Opéra de San Francisco :

"C'était splendide aussi. Enfin la partie d'orchestre tout au moins, que j'aurais plus appréciée si ces cabots gesticulants s'étaient tenus tranquilles ou avaient quitté la scène. [...] Précisément, je donnerais cher pour les entendre en récital, et plus cher encore pour ne pas les entendre quand l'orchestre joue. Je suis trop réaliste, que voulez-vous ! Les grands chanteurs ne sont pas de grands acteurs. Entendre Barillo chanter l'amour avec sa voix d'ange et la Tetralani lui répondre avec son timbre cristallin, tous deux accompagnés par une musique sublime et pleine de couleurs, c'est un ravissement, vraiment. Je suis sincère. Mais tout cela s'écroule quand je les regarde, quand je vois la Tetralani avec son mètre soixante-dix de haut et ses cent kilos face à Barillo, qui ne doit pas mesurer plus d'un mètre cinquante, avec sa face de carnaval et ses épaules rabougries, quand je les vois tous deux prendre des poses, se frapper la poitrine et jeter les bras au ciel comme des forcenés dans un asile. Et je serais censé prendre ça pour une scène d'amour entre une princesse fluette et un jeune prince romantique ? Non, non, excusez-moi, mais je ne marche pas. C'est grotesque, c'est absurde, c'est invraisemblable. Voilà ce qui me gêne : c'est invraisemblable. Ne me dites pas qu'un homme a déjà déclarer sa flamme de cette façon. Voyons, si je vous avais courtisé comme ça, vous m'auriez secoué les puces !

Autre constante à travers les siècles, c'est l'amour que le public semble porter à la mise en scène...

Cette Tetralani, c'est peut-être en fait la Tetrazzini (1871-1940) qui sévit aussi bien outre-atlantique que sur le vieux continent. Douée d'une technique fabuleuse que Toscanini qualifiait de "soprano pirotecnico". La photo la montre en effet fort dodue mais sympathique. http://i90.servimg.com/u/f90/11/00/23/88/img_2717.jpg
Active de 1891 à 1921, elle enregistra de nombreux disques entre 1908 et 1914 ("Quelques-uns sont éblouissants" écrit-on).
"Une grande partie de sa séduction résidait dans la chaleur expansive de son comportement : au début des concerts, elle faisait le tour du plateau, saluant, serrant les mains qui se présentaient et embrassant les enfants disponibles." Elle respirait la joie de vivre et son extravagante curiosité n'était limitée que par sa superstition. ("Dieux et Divas de l'Opéra", Blanchard et De Candé)
C'est vraiment un monde merveilleux. :-))

"That was splendid too; that is, the orchestra was, though I'd have enjoyed it more if those jumping-jacks had kept quiet or gone off the stage."
"Precisely that. I'd give anything to hear them in concert, and I'd give even a bit more not to hear them when the orchestra is playing. I'm afraid I am a hopeless realist. Great singers are not great actors. To hear Barillo sing a love passage with the voice of an angel, and to hear Tetralani reply like another angel, and to hear it all accompanied by a perfect orgy of glowing and colorful music - is ravishing, most ravishing. I do not admit it. I assert it. But the whole effect is spoiled when I look at them - at Tetralani, five feet ten in her stocking feet and weighing a hundred and ninety pounds, and at Barillo, a scant five feet four, greasy-featured, with the chest of a squat, undersized blacksmith, and at the pair of them, attitudinizing, clasping their breasts, flinging their arms in the air like demented creatures in an asylum; and when I am expected to accept all this as the faithful illusion of a love-scene between a slender and beautiful princess and a handsome, romantic, young prince - why, I can't accept it, that's all. It's rot; it's absurd; it's unreal. That's what's the matter with it. It's not real. Don't tell me that anybody in this world ever made love that way. Why, if I'd made love to you in such fashion, you'd have boxed my ears."


8. Le jeudi 3 décembre 2009 à , par DavidLeMarrec :: site

J'ai un très mauvais souvenir des braillages de la Tetrazzini. C'est un gros cliché que cette scène (ça vaut pas le Robert de Bruges-la-Morte, tout de même), et le reproche d'invraisemblance est lui-même invraisemblable : comment du théâtre chanté (ce qui est la norme partout ailleurs qu'en Occident) peut-il être vraisemblable ?

Merci beaucoup Vartan, parce que c'est agaçant mais assez drôle. :-) Surtout la chute.

9. Le jeudi 3 décembre 2009 à , par vartan

Inutile de signaler que la frêle jeune fille fut terriblement choquée par cette répartie. D'autant que cette production était encensée par la critique. [J'en remets une couche :-))]

10. Le jeudi 3 décembre 2009 à , par DavidLeMarrec :: site

La question fondamentale demeurant la part réellement autobiographique de ce moment. Une bonne raison de plus de ne pas lire London.

Je suis méchant si je veux. Je m'entraîne pour demain.

11. Le vendredi 4 décembre 2009 à , par vartan

C'est d'une méchanceté... Il y a longtemps que la lecture d'un roman ne m'avait pas autant touché. :-(
Je ne serais pas étonné qu'il s'agisse là des réels sentiments de l'auteur à l'égard de l'opéra. Visiblement amateur de récital avec piano et de musique symphonique malgré tout. C'est finalement une position assez banale chez les mélomanes.
Je te souhaite bien du mal. >:-€

12. Le samedi 5 décembre 2009 à , par DavidLeMarrec :: site

C'est d'une méchanceté... Il y a longtemps que la lecture d'un roman ne m'avait pas autant touché. :-(

C'est sûr que c'est plus fleur bleue que Là-bas.

Je ne serais pas étonné qu'il s'agisse là des réels sentiments de l'auteur à l'égard de l'opéra. Visiblement amateur de récital avec piano et de musique symphonique malgré tout. C'est finalement une position assez banale chez les mélomanes.

A propos, t'ai-je dit qu'il existait une notule de CSS sur le sujet ? Un truc sur les voix d'opéra, il faut que je retrouve où je l'ai mis, c'est quelque part avec mes lunettes.

Je te souhaite bien du mal. >:-€

Tu as eu tort, ce n'est pas moi qui ai trinqué hier. <|8o)

13. Le vendredi 18 février 2011 à , par Sandrine

J´ai commencé á lire. Désolée, pas le temps de tout découvrir en une seule fois, j´y reviendrai.

Tout d´abord, il est absolument impossible de comparer voix lyriques et voix de variété alors qu´il y a déjá une différence notable entre voix d´opéra " lourds"
et voix d´opéras légers ou d´opérette : j´avoue que j´imagine mal Juan Diego Florez en Heldentenor wagnérien.

Variétés: avec un microphone et des trucages d´ingénieurs de son, il est facile de faire des effets, d´amplifier ou , au contraire, de gommer.
Ces chanteuses á la voix dite puissantes comme Céline Dion ou Lara Fabian, je serais curieuse de savoir ce qu´elle pourraient produire sans aucun micro , sans aucun arrangement et dans une salle de l´envergure du Metropolitan Opera.

Il y a d´excellents chanteurs de variété mais qui ne pourront pas aborder de lyrique et vice-versa.
Non seulement parce qu´ils n´ont pas la voix pour mais parce qu´ils n´ont pas non plus ni l´envergure ni le caractere: vous citiez Claude Francois , vu son caractere et ses penchants , je doute fort qu´il aurait ou assurer une carriere lyrique car tout simplement, trop loin de son univers.
On peut reconnaîre en lui un excellent chanteur de variété, un excellent danseur mais au aucune facon, on ne peut le comparer á Pavarotti ni même á Luis Mariano , de même que Nana Mouskouri a beau avoir une voix pleine de charme , ca n´a rien á voir avec le charme vocal d´une artiste purement lyrique.

Cela dit, le lyrique n´est dépassé que dans l´esprit de ceux qui le croient et en écouter n´empêche pas d´écouter de la bonne variété, ce qui en passant se fait malheureusement de plus en plus rare car maintenant, ca ressemble plus á des cris d´hystéries qu´á du vrai chant.

14. Le vendredi 18 février 2011 à , par DavidLeMarrec

Tout d´abord, il est absolument impossible de comparer voix lyriques et voix de variété alors qu´il y a déjá une différence notable entre voix d´opéra " lourds"

Il y a surtout énormément de techniques très différentes en variété (entre le belting efficient et les voix "soupirées", c'est un monde !).

et voix d´opéras légers ou d´opérette : j´avoue que j´imagine mal Juan Diego Florez en Heldentenor wagnérien.

Au contraire, ça m'intéresserait assez, en plus il aurait parfaitement l'allure de Siegfried. :)

Variétés: avec un microphone et des trucages d´ingénieurs de son, il est facile de faire des effets, d´amplifier ou , au contraire, de gommer.

Et même de gérer la justesse.
Mais ça se fait aussi pour l'opéra : il suffit d'écouter les prises de son des retransmissions sur le vif au Met, on ajoute une réverbération énorme pour donner l'impression que les voix font vibrer les murs, et on égalise le son, si bien que les graves sont plus sonores que les aigus !

Il n'empêche qu'on ne peut pas tricher sur les bases du chant : autant Amaury Vassili chante réellement mal (il est vendu comme ténor, mais c'est un mélange pas très heureux de technique d'amateur lyrique pas très bon et de tournures plus typées variété), autant les voix des stars de la pop sont souvent très intéressantes. Un beau belting, ça s'entend : Gunilla Backman ou Stephanie J Block, amplifiées ou pas, elles ne trichent pas, des voix dynamiques et bien construites.

Evidemment, ce n'est pas du tout la même destination du chant (elles seraient couvertes par un grand orchestre et avec insuffisamment d'harmoniques graves pour se répandre harmonieusement dans une grande salle), mais on ne peut vraiment pas dire que ce soit un mauvais chant.

Ces chanteuses á la voix dite puissantes comme Céline Dion ou Lara Fabian, je serais curieuse de savoir ce qu´elle pourraient produire sans aucun micro , sans aucun arrangement et dans une salle de l´envergure du Metropolitan Opera.

Les chanteurs lyriques sont de toute façon déjà amplifiés au Met, et dans bien d'autres maisons du monde. Evidemment, pour ce type de voix, ce ne serait pas un simple renfort de confort qu'il faudrait, mais clairement une multiplication du volume par les haut-parleurs...
Mais on ne peut pas reprocher à un type de chant de ne pas pouvoir faire ce qu'il n'a jamais prétendu faire ! De la même façon, les chanteurs d'opéra sont souvent (pas toujours, il y a de beaux contre-exemples !) très gênés pour chanter de la variété ou de la pop. A moins de se réinventer une technique tout à fait différente pour l'occasion - Renée Fleming a même totalement changé de timbre dans l'excercice !

Toute comparaison n'a donc pas de sens, de même qu'on pourrait reprocher à Lully de ne pas faire des accords de cinq sons comme Scriabine, ou à Mallarmé d'être plus hermétique qu'Aragon. On ne peut juger d'un art que conformément aux objectifs qu'il se donne...


Cela dit, le lyrique n´est dépassé que dans l´esprit de ceux qui le croient et en écouter n´empêche pas d´écouter de la bonne variété, ce qui en passant se fait malheureusement de plus en plus rare car maintenant, ca ressemble plus á des cris d´hystéries qu´á du vrai chant.

Je ne suis pas d'accord, comme pour l'opéra, il y a des techniques différentes, mais toujours de
Après, il faudra se mettre d'accord sur ce qu'est la bonne variété, et pour ma part, mes fréquentations remontent assez loin (Nohain / Hartuch et Blanche / Calvi...). Par ailleurs il y a des bluettes récentes que je trouve sympathique, mais je n'en écoute pas tous les jours.

Et puis si on y inclut la pop, le chant est encore plus vaste.

15. Le vendredi 18 février 2011 à , par DavidLeMarrec

Bien sûr, l'objet de ma notule n'était pas de discréditer le chant d'opéra, mais de mettre à plat des questions qui sont rarement traitées de bonne foi : ceux qui n'aiment pas considèrent que le chant lyrique hurle inutilement (ce qui n'est pas dépourvu de fondement, mais très réducteur), et ceux qui aiment le chant lyrique considèrent quelquefois que les autres formes de chant n'ont pas de vertus techniques ni expressives, ce qui est tout à fait inexact.

J'ai donc surtout essayé d'expliciter le pourquoi de l'existence de la voix de type lyrique.

Au passage, elle n'existait sûrement pas comme cela aux XVIIe et XVIIIe siècle, vu la taille des orchestres, la largeur modeste des tessitures et les témoignages d'époque. J'aurais été curieux d'entendre l'urlo francese de la tragédie lyrique...

16. Le dimanche 20 février 2011 à , par Sandrine

De la variété de qualité , il n´y en a plus: soit il y a ce que moi j´appelle de la variété d´envahissement sous-culturel ( rap , hip hop et cie) soit ce sont des jeunes qui n´ont aucun talent , aucun sens des vraies valeurs et que l´on lance juste pour le commerce. Du reste, leur carriere ( si l´on peut appeler cela une
carriere) ne traîne jamais bien longtemps.
J´appelle variété de qualité ce qui implique une musique de qualité avec des textes intelligents qui ont un sens: Jacques Brel, Yves Duteil , Pierre Bachelet.
A l´heure actuelle, je ne vois pas quel chanteur vivant , encore en exercice , et de moins de 60 ans peut nous offrir cela.
Je crois qu´il y a des goûts qui sont totalement incompatibles : il est impossible d´être " fan" de lyrique si on est " fan" de rap et vice versa.
L´on est quand même obligé de reconnaîre que certains genres ne peuvent s´amalgamer , au même titre que certaines cultures peuvent se voir, se visiter de temps en temps mais ne peuvent cohabiter.

Par contre, l´on peut approcher l´aspect technique ( je n´aime pas beaucoup ce mot) du lyrique sans snobisme , c´est á dire par exemple employer des mots simples ou des métaphores pour parler des voix. Tout le monde ne peut pas comprendre les termes techniques de l´art lyrique.

17. Le dimanche 20 février 2011 à , par DavidLeMarrec

Je ne fréquente pas assez la variété au delà des années 50 pour pouvoir affirmer qu'il n'y en ait plus de qualité, en tout cas j'ai croisé des choses très sympathiques. Pas avec la qualité poétique qu'on peut trouver chez les plus anciens, mais tout de même très valable.

Pour le rap, il s'agit d'un autre genre, on ne peut pas le mettre dans le registre de la variét. C'est l'un des genres musicaux "populaires" qui suscite le plus mon intérêt, il y a véritablement une façon différente d'aborder la musique, de lui redonner son caractère incantatoire, puisque la musique a toujours été liée à la danse et au chant. Ce n'est pas une jolie mélodie ou une histoire sympathique, on se trouve plutôt confronté à une forme de sculpture très particulière de la parole. Evidemment, ça ne respecte pas la métrique classique, mais justement, cette "versification" ingénue est très intéressante.

Le seul obstacle, c'est la thématique, beaucoup de groupes se limitent à l'éloge des grosses voitures, des filles achetées et des policiers flingués... en plus de ne pas être moralement très édifiant, c'est rapidement ennuyeux.

J´appelle variété de qualité ce qui implique une musique de qualité avec des textes intelligents qui ont un sens: Jacques Brel, Yves Duteil , Pierre Bachelet.

On peut vraiment discuter de la profondeur des textes des trois susdits. J'ai beaucoup de tendresse pour l'ingénuité du deuxième, mais ce n'est tout de même pas du domaine de la grand poésie, ni plus ni moins que Marie Espinosa (c'est tout récent, mais on se trouve sensiblement dans le même registre mignonnet).


Je crois qu´il y a des goûts qui sont totalement incompatibles : il est impossible d´être " fan" de lyrique si on est " fan" de rap et vice versa.

Je n'en suis pas persuadé du tout, et je fréquente beaucoup de mélomanes (pas forcément jeunes !) qui adore le Black Metal ou même Britney Spears. Comme quoi...
De toute façon, si dans le classique on aime à la fois Lully, Verdi et Boulez, il n'y a pas de raisons qu'on ne puisse pas aimer plusieurs genres musicaux ; l'approche en est évidemment différente, le plaisir aussi.

L´on est quand même obligé de reconnaîre que certains genres ne peuvent s´amalgamer , au même titre que certaines cultures peuvent se voir, se visiter de temps en temps mais ne peuvent cohabiter.

Là aussi, on peut s'abuser, il y a eu des emprunts folkloriques littéraux très réussis dans de la musique classique, sans parler de l'imprégnation réciproque avec le jazz : entre Johnny spielt auf de Křenek, l'ambiance foxtrot d'Ogelala et l'héritage évident de Chopin, voire de Messiaen chez les jazzmen, il y aurait de quoi dire. :)


Par contre, l´on peut approcher l´aspect technique ( je n´aime pas beaucoup ce mot) du lyrique sans snobisme , c´est á dire par exemple employer des mots simples ou des métaphores pour parler des voix. Tout le monde ne peut pas comprendre les termes techniques de l´art lyrique.

Bien sûr, on n'est pas obligé de remplacer tous les termes par les vocables italiens... mais le vocabulaire spécialisé aide aussi à être précis. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai pondu un certain nombre de ces notules, pour qu'on puisse trouver à disposition, sur la Toile, quelques pistes.

18. Le mardi 26 juillet 2011 à , par Menuet

Bonjour,

Personellement, je suis parti a la découverte de l'opera depuis deux ans. Les passionnes d'opera vantent tellement cette musique que je me suis : "Si le lyrique est si "fantastique", essayons"! Eh bien ! Je trouve finalement que les prejugés concernant cet "art" sont bien fondés ! Et alors que dire du répertoire de Lully ! La musique est, je trouve superbe, mais le chant ... Au secours, c'est d'un niais, d'un grandiloquent ! Insupportable... Rossini, encore pire ... Des AH-AH-ah-ah-ah qui montent et descendent toutes les deux secondes ! Enfin, bref, on a le choix entre des vocalises ridicules (la palme d'or revient à la Reine de la Nuit !) soit des phrases interminables et théatrales (Wagner est le champion pour ça !) au possible, et des voix continuellement poussés au maximum. Je suis très ouvert d'esprit, mais là franchement ... Enfin, chacun ses gouts ... Je n'ai trouvé mon bonheur que chez certains morceaux de Haendel.

19. Le mardi 26 juillet 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Menuet, et bienvenue !

Les guillemets à "art" sont-ils bien nécessaires ? :) Il y a beaucoup de bonnes raisons de ne pas aimer l'opéra, mais je n'en vois pas qui lui enlèvent cette dignité-là. :)

L'opéra, plus encore que d'autres expressions artistiques, demande qu'on accepte un certain nombre de codes. A commencer par l'émission vocale un peu épaisse, pour des raisons pratiques (optimisation de la projection et du volume, ce que n'ont pas à faire les musiques prévues pour de petits espaces ou amplifiées).

Ensuite, il existe énormément de variantes, et il me paraît difficile de tout rejeter en bloc (mais on a le droit de ne pas aimer, bien sûr !), tant les caractéristiques de chaque pan du répertoire sont antagonistes.

--

Pour le détail :

Et alors que dire du répertoire de Lully ! La musique est, je trouve superbe, mais le chant ... Au secours, c'est d'un niais, d'un grandiloquent ! Insupportable...

Oui, c'est grandiloquent, c'est de la musique d'apparat, Grand Siècle. Néanmoins elle ne s'y limite pas : si vous tentez Charpentier Destouches, Desmarest, Francoeur, Rebel plutôt que Lully, cette dimension est nettement plus réduite.
Cela dit, la tragédie lyrique est un genre tellement codifié que de la même façon que Garnier, Rotrou, Corneille et Racine, on peut trouver ça irritant si on n'est pas sensible à une certaine façon d'aborder la langue et les émotions.

Rossini, encore pire ... Des AH-AH-ah-ah-ah qui montent et descendent toutes les deux secondes ! Enfin, bref, on a le choix entre des vocalises ridicules (la palme d'or revient à la Reine de la Nuit !)

Oui, là on est dans l'esthétique belcantiste où la substance de la voix est le principal intérêt, d'où les voyelles tenues. La Reine de la Nuit n'est ni la plus spectaculaire ni la plus incongrue, parce que son aspect hystérique et stratosphérique s'intègre de façon cohérente à sa psychologie et à son rôle dramatique (en opposition avec tous les autres personnages).

soit des phrases interminables et théatrales (Wagner est le champion pour ça !) au possible, et des voix continuellement poussés au maximum.

Exact, mais la voix n'est pas exactement l'intérêt principal de Wagner, du moins lorsqu'on l'aborde au début.

Je suis très ouvert d'esprit, mais là franchement ... Enfin, chacun ses gouts ... Je n'ai trouvé mon bonheur que chez certains morceaux de Haendel.

Des ariosos surtout, je suppose, peu ornés (du genre Ombra mai fu et Lascia ch'io pianga), oui, c'est sans doute ce qui est le plus accessible quand on n'aime pas l'opéra.
En revanche, la majorité des airs sont très ornés, ni plus ni moins que Rossini.

--

J'aurais tout de même quelques suggestions à vous faire.

D'abord une question : avez-vous écouté des oeuvres intégrales, avec livret (ou en DVD sous-titré) ? L'opéra en tranches reste un objet décoratif, et j'avoue que je ne m'y intéresserais pas s'il n'existait que des récitals. L'opéra en contexte dramatique, en revanche, fait entrer en relation différents arts, qui dialoguent de façon très enrichissante.
Il ne faut pas perdre de vue non plus que l'opéra fonctionne mieux en salle, là où on a l'impact physique des voix réelles - ce qui suppose néanmoins d'être dans une bonne salle et pas trop mal placé, donc pas la médication la plus facile.

Un DVD avec une mise en scène qui mette en valeur le propos musical (par exemple, pour Mozart, les Nozze par McVicar ou Così fan tutte par Hytner) pourrait vous faire changer d'avis.
Tout dépend aussi de ce que vous appréciez usuellement en musique instrumentale.

Vous qui n'avez pas aimé l'aspect grandiloquent ou incongru de l'opéra, vous pourriez peut-être essayer le lied : Goethe, Schiller, Hölderlin, Heine, Eichendorff, Rückert pour les textes... et des lignes vocales sobres. Ca marche aussi avec le madrigal, même si les textes sont moins bons. Pour la mélodie française, il y a beaucoup de risques d'être rebuté par les textes (souvent très mal choisis), mais essayez peut-être le disque Fauré de Jérôme Corréas (extrait ici), où il chante avec un naturel extraordinaire Verlaine, tout le contraire de ce que vous reprochez ici au chant lyrique.

Côté opéra, vous pouvez peut-être tenter la conversation en musique , peut-être pas Pelléas que vous trouverez trop artificiel, mais Sophie Arnould de Pierné, par exemple, et en allemand Intermezzo de Strauss.
Ou tout simplement Monteverdi. Ce pourraient être des angles d'attaque plus séduisants pour vous que ceux que vous avez tenté.

20. Le mardi 26 juillet 2011 à , par Menuet

Je vais essayer de suivre vos conseils, mais bon, pas pour l'instant ... (Les mésaventures lyriques que j'ai rencontré m'ont un peu refroidi ... ) En tout cas, merci pour votre réponse chaleureuse et constructive :) !

21. Le mardi 26 juillet 2011 à , par DavidLeMarrec

Si vous avez l'occasion de me tenir informé de l'évolution de la situation, positive ou négative, je serais vivement intéressé !

Bonne soirée !

22. Le lundi 1 août 2011 à , par Menuet

Bonjour :), pas de souci pour vous tenir au courant. Mais en ce moment -- comme mon pseudo l'indique -- je m'intéresse beaucoup aux danses du 17ème siècle et au faste versaillais. Je suis d'ailleurs en train de regarder "Le Roi danse" ... Lulli n'était pas apprécié du tout lors de ses débuts à la Cour ("Le crapaud redeviendra crapaud' d'ailleurs l'Italien sent encore la vase !"). On voit jusqu'a quel point les courtisans étaient "caustiques" ! A bientot :)

PS: escusez moi pour la reponse tardive.

23. Le lundi 1 août 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonjour !

Aucun problème pour la réponse, on est en libre service, rien ne vous contraint, vraiment. :)

Difficile de séparer totalement la danse de ses relations avec le texte, à l'époque. Il est vrai qu'il est moins envahissant dans les arguments de ballet que dans les tragédies en musique. :)

Je n'ai pas beaucoup aimé le film de Corbiau, avec sa façon d'hystériser la vie de cour et la vie personnelle, mais il est vrai que je n'ai aimé aucune de ses réalisations, même si la sobriété du Maître de musique avait plus de charmes à mes yeux...
En plus, en la matière, la réalité des comptes de l'Académie de Musique (surtout après la mort de Lully, avec ses faillites multiples) est au moins aussi drôle que le film.

24. Le samedi 6 août 2011 à , par Menuet

Bonjour,

J'ai suivi vos conseils, et non je n'arrive toujours à réellement aimé la musique classique, même les exemples simples que vous m'avez donnés me semblent désuets. Il vaut mieux que j'arrête de me forcer au risque de faire une indigestion. En fait, je commence à comprendre, qu'en réalité, je n'aime pas la musique, qu'elle soit Pop ou lyrique ! Les arts que j'aime réellement sont la littérature, l'architecture, la sculture, peinture et ebenisterie. C'est déjà pas mal :) En revanche, j'adore chanter ... Plutôt paradoxal, non Je n'ai jamais pris de cours, mais je chante juste la plupart du temps, et, me semble-t'il, avec un bon placement. J'ai pense être une haute-contre. Il me semble que j'ai découvert par moi-meme la technique du mixage. Quand je veux monter très haut, ma voix s'allège naturellement et acquiert un son effeminé, mais ce n'est pas du fausset, je sens que la voix est toujours relativement pleine -- on sent ce fameux mélange de tête et de poitrine :) -- et il n'y a pas de basculement en avant du larynx. En revanche, je sens le fond de ma gorge fort serré quand je mixe très haut, mais ce n'est pas un des effets du "belting", cette expression venant du fait que lorsqu'on monte très haut en voix de poitrine, l'on ressent une forte pression au niveau de la "ceinture", cette dernière expression désigne-t'elle le fond de la gorge ?

À très bientôt

25. Le samedi 6 août 2011 à , par Menuet

Une autre question; dans les ballets-opéras, y avait t'il beaucoup de chant ?

26. Le samedi 6 août 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir !

Ah oui, tout de même la musique en tant que telle ! Même instrumentale ?

Je serais très curieux d'entendre une "haute-contre naturelle". Si vous avez des bouts d'enregistrements, même très imparfaits, je serais vivement intéressé.

La "ceinture" en question, ce sont plutôt les muscles sub-diaphragmatiques. Ca dépend du type de belting, en fait : il y a celui "pur" qui réclame effectivement un soutien très vigoureux, et puis une autre forme, plus proche de la voix mixte, qui sonne plus rond et qui ne réclame pas autant de tension.

Mais il est certain que si vous chantez larynx bas, vous ne pouvez pas l'utiliser de toute façon (ce serait un geste vocal extrêmement dangereux, et vous le sentiriez sérieusement passer !).

Enfin, pour les opéras-ballets, tout dépend des oeuvres, mais il y a au minimum 50% de chant (ce peut aller jusqu'à 80%, au moins). Le chant n'excluant pas que l'on danse en même temps, surtout pour les choeurs.

27. Le dimanche 7 août 2011 à , par Menuet

Bonjour,

Merci de toute ces réponses instructives :) Pour des enregistrements de ma voix, eh bien bien je souffre d'un horrible mal de gorge ces temps ci, mais dès que j'aurai retrouvé mes pleines capacités, je posterai des vidéos sur YouTube et vous ferai part des liens pour les consulter... En fait, mes extrêmes aigus de poitrine (je ne sais pas si ça se dit :) ) ressemblent à ceux de Mike Brant (quand il fait : "Laisse-moi t'aimer-er-er-er-er-er-er !!!)

28. Le lundi 8 août 2011 à , par DavidLeMarrec

Merci !

Je ne vois pas trop comment il est possible de réaliser des aigus à la Mike Brant sans un larynx haut, en revanche. Ca attise d'autant plus ma curiosité.

29. Le jeudi 11 août 2011 à , par Menuet

En réalité, mon larynx est haut quant je fais ce genre d'aigus, je n'ai jamais prétendu le contraire. C'est quelque chose que je fais sans y penser, dès que je veux monter très haut, ça se fait naturellement. Désolé si j'ai décu certains espoirs :(

A bientôt

30. Le jeudi 11 août 2011 à , par DavidLeMarrec

Au contraire, c'est rassurant (pour la structure physiologique de l'humanité, et plus spécifiquement pour votre santé vocale).

Mais cela veut dire, si j'ai bien suivi, que vous n'avez jamais pratiqué la voix de poitrine "couverte" façon lyrique.

Au plaisir d'entendre cette voix mixte (j'espérais en voyant votre message, vous mesurez mon impatience...) !

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