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mercredi 22 février 2017

Petits motets en duos : le manuel panoramique de Bernier – Le Vaisseau d'or


Le Vaisseau d'or
propose, sauf erreur, son troisième programme, encore tourné vers des pans rares en concert du patrimoine français du XVIIe siècle (et début XVIIIe). Motets à deux dessus de Campra (Cum invocarem, inédit au disque me semble-t-il – toujours à la fois italien techniquement et un brin hiératique), Bernier (Laudate Dominum), et la célèbre Troisième Leçon de Ténèbres du Mercredi de Couperin.

Pour accompagner votre lecture :
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Nicolas Bernier, Laudate Dominum pour deux voix de dessus.
Chanté en chapelle (les deux parties mélodiques peuvent être chantées par l'ensemble des choristes plutôt que par des solistes, ou alternativement comme c'est ici le cas) par le Chœur d'enfants Jean-Philippe Rameau de Versailles (existe en vidéo sur leur chaîne).
Quitte à recourir à des ensembles vastes (qui font perdre en intensité prosodique) et à des enfants, je dois dire que j'aime beaucoup les voix capiteuses de cet ensemble – les membres en sont relativement âgés (plutôt 12 à 13 que 9 à 11), les filles nombreuses, et la maturité musicale rare pour un chœur de ce type.

La cantate de Bernier a déjà été diffusée officiellement (quoiqu'il n'y ait pas eu, je crois, de disque) par le CMBV sur sa chaîne – en chapelle, c'est-à-dire en faisant assurer les lignes lignes mélodiques à un chœur à l'unisson – et par des petits braillards (assez bons au demeurant, Pages & Symphonistes du CMBV), mais elle prend un tout autre aspect traité comme un petit motet, sans alternance solos-chœurs, avec simplement deux chanteuses.

Et c'est un véritable tour du monde des basses continues : animées, agitées, des arrêts majestueux, des marches harmoniques, des notes répétées (ce qui est rare, mais très impressionnant), et même quelquefois des thèmes mélodiques qui prennent le pas sur le chant (« Edificans Jerusalem »).

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La basse mélodique du verset « Edificans Jerusalem ».

Vocalement non, la fête n'est pas en reste : de beaux frottements de seconde parfaitement italianisants, des effets de canon et d'imitation à foison… Et, bien sûr, les grands moments de déclamation brute, même s'ils durent peu dans ce motet de louange pure.

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Imitations en canon des deux voix, sur une basse au patron rythmique régulier (le schéma des mesures 3-5 est longuement reproduit).

Et la réalisation musicale en est exceptionnelle. La Leçon de Couperin qui clôt le concert permet d'en juger très concrètement, par comparaison – je crois en avoir écouté les queques dizaines publiées au disque [j'ai une discographie exhaustive à publier sur CSS qui attend relecture et que j'augmente au fil des ans…] et je les ai à la fois chantées et accompagnées. Ça ne me donne pas de légitimité particulière, tout le monde peut allumer Deezer et beaucoup poser des accords sur un méchant clavier, mais ça permet en tout cas de mesurer les écueils potentiels. En particulier les moments les plus nus, où la basse consiste en une seule note longuement tenue de mesure en mesure, où le chant s'alanguit aussi, où le sujet ne permet pas de presser.

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« Qui sanat » du Laudate Dominum de Nicolas Bernier.
Extrait chanté par Julia Beaumier. On entend très distinctement ce galbe incliné vers l'avant, alors que l'accompagnement est écrit de façon statique.

Remplacé par un soliste du Chœur d'enfants Jean-Philippe Rameau de Versailles. On admirera la science des agréments chez la jeunesse. On retrouve l'aspect statique de l'écriture (surtout avec un accompagnement sans viole de gambe ni théorbe), mais le caractère méditatif est très réussi, aux antipodes donc des choix du Vaisseau d'or.

Au contraire de ce que laissent supposer ces moments de la partition, pour Le Vaisseau d'or la poussée est constante, le sentiment de danse toujours sous-jacent, et surtout, surtout tout semble toujours calibré en harmonie avec la déclamation du texte. Agathe Boudet et Julia Beaumier, idéalement appareillées (la première finement focalisée, la seconde plus douce et sonore) exaltent la prosodie et sont en quelque sorte la mesure du tempo, animé, qui les seconde toujours.

Surtout, le continuo est toujours très intense : il faut entendre la noirceur de certaines entrées plus méditatives, facilement moins vertébrées, et où claquent soudain les cordes libres (les plus graves) du théorbe de Stéphanie Petibon, où grondent les attaques intenses d'Ondine Lacorne-Hébrard à la viole… le climat est constamment nourri. Et tandis que le texte demeure souverain, tout l'art des musiciens passegèrement en dehors du texte littéral, de façon à créer de légers contours qui amplifient le phrasé, ou lui donne un discret rebond motorique.
Voir Martin Robidoux diriger confirme ce sentiment : tout est pensé pour toujours renvoyer au texte, et sans cesse emmener le discours vers l'avant. Le sentiment de l'évidence absolue. Dans la discographie et les bandes superlatives qui existent, j'ai déjà entendu aussi beau, jamais aussi constamment soutenu.

Pour couronner le tout, les agréments sont réalisés avec un art consommé, le français gallican est d'un naturel parfait et les timbres tout à fait splendides. Bien sûr.

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L'atypique basse répétitive et régulière de « Magnus Dominus », avec ses frottements de seconde à l'italienne et sa majesté particulièrement adéquate.
Évidemment, la dimension déclamatoire-incantatoire et les frottements harmoniques sont ici un peu limés par l'exécution d'un chœur entier, mais le caractère est bien là. Il faut un peu tendre l'oreille pour percevoir la basse (jouée au seul positif), mais on y trouve bien la palpitation singulière de l'écriture en notes répétées.

bernier_laudate_repete_magnus_dominus.png

C'est une expérience très particulière, celle de la pensée rhétorique incarnée dans la musique : souvent invoquée dans les textes, elle est rarement aussi concrètement audible qu'avec Le Vaisseau d'or – il en allait de même pour leur restitution d'une des deux messes d'Innocent Boutry, dont j'espère avoir l'occasion de parler prochainement, de pair avec un petit parcours autour de l'esthétique de messes en province au Grand Siècle.

[[Extrait sonore supprimé.]]
François COUPERIN, Troisième Leçon de Ténèbres du Mercredi, pour deux dessus,
par Le Vaisseau d'or.
Les artistes du Vaisseau d'or n'ont pas souhaité diffuser de sons sous la forme proposée par CSS. Cela rend le propos plus abstrait, mais la notule a été remaniée en conséquence, de façon à ce que la présentation des œuvres demeure intelligible, s'il est possible.

Plusieurs autres dates et programmes sont déjà prévus à Paris – car il ne s'agit pas d'un ensemble qui se repose sur ou deux programmes rabâchés… trois en trois concerts, dont deux très neufs, en un année d'existence !
► Le 1er avril, « Un office à Paris vers 1675 », avec du Charpentier (on m'annonce en coulisse que, bien que figurant sur l'agenda officiel, il n'est pas encore confirmé).
► Le 1er juin, « Le Triomphe sur la mort », encore Charpentier (Martin Robidoux y dirige, seul, le chœur amateur La Fontenelle).

Je ne dispose pas encore du détail des effectifs et des programmes, mais on peut compter sur CSS pour vous en avertir lors des propositions mensuelles !

Des extraits de leur premier concert figurent sur leur chaîne (très beau concert, mais les deux suivants étaient exceptionnels, encore supérieurs).

Une semaine, six inédits lyriques français à Paris : un manifeste


    En une semaine, vu six œuvres lyriques françaises quasi-inédites, jouées par cinq ensembles / compagnies distincts. Outre la possibilité de se trouver beaucoup plus immergé dans la musique que dans les grandes salles, c'est aussi l'assurance de rencontrer de réelles nouveautés, et servies par des musiciens qui ont la foi chevillée au corps – dans l'ensemble de ces quatre aventures, les musiciens n'ont rien dû gagner, et en tout cas pas de quoi payer le loyer. Pur amour de l'art.

    De fait, le contraste est assez impressionnant avec les orchestres permanents, objectivement impressionnants, mais, même lorsqu'ils sont absolument impliqués, pas toujours pourvus de la même flamme très singulière, celle qui donne le sentiment non pas d'œuvrer pour démontrer son rang dans la hiérarchie musicale, non pas de servir la vision d'un grand chef sur telle œuvre du répertoire… mais de redonner la vie à la musique elle-même, à des musiques oubliées.

    Lorsque je vis ce grain direct du son, cette résurrection de pans du répertoire, ce dévouement des artistes envers une cause confidentielle, j'ai l'impression d'être au cœur de l'essence de la musique même. En dehors de la pratique (quand on est dans un bon jour) ou de la réécoute de ses disques-doudous, je crois que c'est l'expérience qui s'approche le plus du vécu mélomane ultime.

    Évidemment, position purement personnelle : je conçois parfaitement que, si l'on n'écoute que quelques heures de musique par semaine, on aille plutôt écouter Don Giovanni pour sa sortie annuelle à l'Opéra. [Néanmoins, Don Giovanni dans une petite salle sans vedettes n'est pas forcément un second choix, suivant qui contribue…] 

    Mais ces œuvres qu'on n'osait espérer entendre un jour, ces groupes de musiciens qui prennent le risque de s'endetter en exerçant leur métier dans un sens qui ne servira pas leur carrière ni leur notoriété… tout cela mérite publicité. Et les principales revues, même celles en ligne, y consacrent rarement beaucoup d'efforts – parce que, même si leurs rédacteurs y vont, ils chroniquent plutôt ceux qui leur font avoir des invitations pour des places difficiles à obtenir, et celles qui font du trafic sur le site, donc les grandes salles. C'est toujours la même dynamique : plus c'est rare, moins on en parle, moins le public vient, donc moins on en parle, etc. Il faut réellement ête un vertueux dans l'âme pour présenter des raretés – plus de travail, moins de rétribution.
    Je n'ai pas beaucoup de pouvoir ou d'influence là-dessus, mais, je mets toujours ma petite contribution. Je parle souvent d'œuvres qui ne sont pas données… pourquoi ne pas le faire aussi sur celles qu'on a fait l'effort de présenter au public ?



Donc, cette semaine :


♫ Mardi 14, Le Passant de Paladilhe par la Compagnie de l'Oiseleur. Et des extraits de L'Amour africain. Chloé Chaume, Maria Mirante, Antonel Bodan, L'Oiseleur des Longchamps, Benjamin Laurent.
    Le Passant, en particulier, propose une écriture au cordeau malgré sa simplicité apparente : un lyrisme sobre et très immédiat, mais soutenu par une harmonie qui, sans rechercher l'effet, souligne avec beaucoup de finesse l'évolution des situations. Une bien belle découverte remarquablement chantée (particulièrement sensible à l'effet de Maria Mirante dans un rôle travesti) et accompagnée – Chevereau, Olivon, toujours des accompagnateurs exceptionnels chez L'Oiseleur (je n'y regrette jamais l'orchestre) !  En l'occurrence, Benjamin Laurent semblait lire l'harmonie comme un livre d'émotions précises, impressionnant.
    ♪ [Parmi leurs derniers concerts évoqués dans ces pages, la résurrection de Nausicaa de Hahn. Et, prochainement, je tenterai une évocation de Brocéliande d'André Bloch, une découverte fascinante qu'ils ont récemment donnée (avec un rôle de crapaud créé par Georges Thill…), où l'on pouvait en outre découvrir deux chanteurs de toute première classe, Marion Gomar (un grand dramatique rare, et très mobile expressivement) et Georges Wanis (ténor de format assez dramatique également, éclatant de santé).]

♫ Jeudi 16, Fantasio d'Offenbach au Châtelet – production de l'Opéra-Comique avec le Philharmonique de Radio-France dirigé par Laurent Campellone, mise en scène de Thomas Jolly. Celui-ci n'a pas besoin de publicité : ce n'est pas un Offenbach majeur, mais il documente un aspect plus sérieux, moins couru de son legs… et joué avec ce degré d'engagement (par des musiciens statutaires qui ne brillent pas souvent par leur entrain dans ce répertoire, bravo Campellone !), animé scéniquement comme cela, tout fonctionne à merveille (alors que j'étais resté plutôt ennuyé à l'écoute de précédentes versions). Je ne m'étendrai pas sur la question, puisque l'œuvre ne me paraît pas du tout majeure, et que la presse a déjà tressé (à juste titre) des couronnes à cette production. D'une manière générale, toutes les productions de l'Opéra-Comique sont des valeurs sûres en matière d'exploration comme de réalisation pratique, j'aurais peine à citer des soirées décevantes, et beaucoup de superlatives.

♫ Samedi 18, Motets à deux dessus de Campra (Cum invocarem, inédit au disque me semble-t-il), Bernier (Laudate Dominum), et la célèbre Troisième Leçon de Ténèbres du Mercredi de Couperin par Le Vaisseau d'or. Agathe Boudet, Julia Beaumier, Stéphanie Petibon, Ondine Lacorne-Hébrard, Martin Robidoux. [Voir la notule correspondante pour un mot sur les œuvres et le traitement rhétorique de la musique par Martin Robidoux.]

♫ Dimanche 19, Le petit Duc de Lecocq par les Frivolités Parisiennes au Trianon (de Paris). Une production de très haute volée, encore une fois cet orchestre met une incroyable maîtrise et une vaste générosité dans un répertoire qui se joue généralement plus à l'économie – soit par de grands orchestres qui ne se fatiguent pas trop, soit par des formations plus modestes qui ne peuvent prétendre à la perfection. La mise en scène amuse beaucoup dans un décor fait de simples cubes, et tout le plateau étale un français remarquable : Sandrine Buendia, Marion Tassou, Rémy Poulakis (le seul que je découvrais, un ténor remarquablement projeté, un beau fondu, aucune constriction), Jean-Baptiste Dumora… et Mathieu Dubroca, que je n'avais pas entendu en solo (il est membre d'Accentus…) depuis plus de dix ans (pour une création théâtrale en occitan), lorsqu'il débutait sa carrière à Bordeaux (il était même encore étudiant en chant, je crois).
    ♪ Je ne vois pas spontanément d'exemple de baryton actuel disposant à la fois d'un français aussi exact et d'une voix aussi projetée, sans les artifices de ces techniques bâties sur les graves – son équilibre est plutôt à l'opposé de Tézier et Degout. Par ailleurs, ce dont je n'avais pu juger jusqu'ici, acteur d'une grande présence, un des artistes majeurs de la scène française – goût des programmateurs pour les voix artificiellement sombrées, préjugés sur sa catégorie vocale, volonté personnelle d'avoir la sécurité de l'emploi de choriste ?  En tout cas, une belle voix parfaite, flexible, insolente et expressive comme on n'en entend pas tous les jours.
    ♪ Un seul regret : quel faste, un orchestre complet, une mise en scène réussie, des chanteurs très aguerris, un théâtre à l'italienne de mille places où l'on voit bien (et entend remarquablement) de partout… pour une œuvre très mineure, même au sein du catalogue de Lecocq. Oui, bien sûr, c'est le projet même des Frivolités Parisiennes, jouer du répertoire léger avec un niveau d'exigence et d'excellence équivalent à celui des ouvrages les plus révérés. Je l'accepte avec gratitude, bien sûr – tout en soupirant secrètement après une interprétation de Frédégonde de Saint-Saëns, de La Dame de Monsoreau de Salvayre, d'Hernani d'Hirchmann, du Retour de Max d'Ollone qui serait donné dans ces conditions extraordinaires.

♫ Mardi 21, Stratonice de Méhul par la Compagnie Les Emportés qui, comme leur nom l'indique, se spécialise dans ce répertoire lyrique de la fin de l'Ancien Régime jusqu'à l'Empire. Tout jeunes mais hautement valeureux, à deux pas de Lachaise ils nous l'ont fait connaître. Réduction piano, mais tout le texte y est (les dialogues d'Hoffmann sont courts – dans cette représentation d'une heure, il manque juste un hémistiche dit par un soldat…), remarquablement dit, convaincant scéniquement malgré la proximité, et c'est aussi la fête du chant – le chouchou Fabien Hyon, et découverte d'Alice Lestang et Guillaume Figiel-Delpech, dont je me réjouis d'observer les engagements à l'avenir.
    ♪ J'ai prévu de revenir sur l'œuvre (en attendant, un bel article informatif ici sur cette production), que je ne trouve pas majeure (enfin, le premier quatuor, tout de même, ça claque !) mais qui occupe une place assez particulière à la charnière des genres. Par ailleurs, quelques anecdotes à raconter sur la réception des lycéens qui constituaient l'essentiel du public – il y avait Agnès Terrier, Jérôme Correas, une demi-douzaine de passionnés, les lycéens, leurs professeurs et moi.
    ♪ Exemple (non enjolivé, promis) d'adhésion sans fard de ces jeunes gens, commentant dans un murmure le rôle du médecin : « C'est un bâtard – il a poucave le Prince ! ».




    Vous les aviez manqués ?  Ils figuraient dans la notule qui présentait les immanquables de février, ou dessous, dans ses commentaires ; comme chaque mois. Vous n'aurez plus d'excuse pour vous plaindre d'aller voir pour vingtième fois une Flûte Enchantée moyenne à 280€. Car, autre caractéristique : la plupart de ces compagnies se produisent à tarif très modique, voire avec une libre participation au chapeau.

    Je peux donner dans cette notule l'impression d'être ravi de tout ce qui passe (et j'aimerais avoir atteint ce degré d'ataraxie), mais non, cette semaine réunit simplement mes quelques ensembles chouchous, dont je suis le plus possible les aventures… Et alors que réentendre Lohengrin du fond de Bastille (pourtant dans une distribution très impressionnante) m'a laissé un peu froid – avec un orchestre qui joue mollement à l'économie et des mots, des grains de voix qu'on distingue vaguement sous la voûte du hangar à bateau – quel contraste avec l'ivresse de ces expériences qui ont toutes en commun la nouveauté de leur proposition et la passion assez désintéressée de leurs concepteurs.

    Qu'ils continuent encore, avec toujours plus de succès public, à nous stimuler, et à réaliser nos souhaits inavouables d'auditeurs avides de découvertes !  À quand un Brocéliande rendu avec toute son orchestration ?

David Le Marrec

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