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Les plus beaux Requiem


lattès

Une amie, enthousiasmée par le Requiem de Campra, pose la question des plus beaux Requiem. Sujet particulièrement vaste, mais j'ai tâché de lui complaire le plus tôt possible, en jetant à la hâte les titres qui me venaient à l'esprit, les versions pour bien débuter, les œuvres les plus frappantes, le tout regroupé par thèmes (il s'agit d'une mélomane aux goûts spécifiques, LULLY-Messiaen plutôt que Rameau-Bellini).

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Introitus du Requiem de Campra, version Malgoire.

Je me dis que, faute de disposer des quelques années nécessaires à produire une synthèse raisonnée des plus beaux Requiem, je peux toujours vous proposer, dans le cadre des petites listes informelles des Goblin awards, les conseils que je lui ai rapidement prodigués.



requiem



1. Corpus

Petite liste des Requiem (majoritairement) célèbres auxquels j'ai pensé.
Par ordre chronologique très approximatif de naissance des auteurs / d'écriture / création / publication (dans une vraie belle notule, tout aurait été bien classé…).
Puis les conseils de versions après les flèches.

Févin / Divitis→ Organum
Morales
Victoria
Lassus
Purcell, Funérailles de la reine Mary (pas un Requiem) → Gardiner
Lalande (Séquence seulement)
Jean Gilles → Sow ou Herrewehge I avec Mellon-Crook
Charpentier H.2, H.7, H.10
Campra → Malgoire
Biber
Haendel, The Ways of Zion Do Mourn → Parrott, Mallon, Wachner
Zelenka, pour Fridrich August Ier → Luks
Zelenka, pour Joseph Ier
Lotti
Gossec
Salieri
Michael Haydn
Mozart
→ Currentzis, Mackerras-Gritton, Hickox (Herreweghe, Davis-BBCSO, Harnoncourt-Yakar, Bernstein, Davis-Radio Bavaroise, Christie, Malgoire I…)
Plantade
Cherubini, Requiem n°1 en ut mineur → Grünert, Spering, Niquet
Cherubini, Requiem n°2 en ré mineur → Markevitch
Berlioz → Ozawa
Gouvy
Schumann → Bauer-Hielscher
Liszt, Requiem pour solistes, chœur masculin et orgue
Liszt, Requiem pour orgue
Verdi
→ Fricsay 53, Markevitch 59 (Barenboim I, Hickox, Bosch, Fricsay 60, Jochum 50, Bernstein, Leinsdorf, Markevitch 60, Muti 87, Abbado 2001, Pappano, Otterloo…)
Suppé → Corboz
Brahms, Ein deutsches Requiem (les textes ne sont pas ceux du Requiem)
→ Maazel-Prey, Tennstedt-Allen, Wit-Bauer, Herreweghe, Giulini-Fischer-Dieskau, Solti-Weikl, Kubelik-Brendel, P.Järvi-Tézier, Norrington, Furtwängler…
Dvořák
→ Ančerl-Berlin, Wit, Jansons, Topp, Sawallisch, Košler, Ančerl-Prague…
Fauré version chambre → Svensson (Herreweghe, Romano)
Fauré version orchestre
→ Bolton, Spanjaard (Corboz, Herreweghe, P. Järvi, Frémeaux…)
Saint-Saëns
Borodine
Bomtempo
Stanford
Duruflé
Puccini
Ropartz
Howells → Toll
Pizzetti
Oskar Lindberg
Foulds
Britten (avec poèmes intercalés)
→ Giulini, Pappano, Britten (Ančerl, Orawa, Masur, Hickox…)
Takemitsu (pour cordes)
Schnittke
Ligeti
Penderecki, Un Requiem polonais
Bernd-Alois Zimmermann, Requiem pour un jeune poète (textes composites)
Chesnokov, Requiem n°2 (en russe)
Kilar
Desenclos



lattès



2. Conseils
« Puisque c'est Campra qui t'a d'abord séduite : il existe assez peu de Requiem intégraux dans le baroque français. Les offices funèbres existaient évidemment, mais pour les mises en musique, on rencontre le psaume De profundis clamavi ad te, Domine (« Des profondeurs de l'abîme j'ai appelé vers toi, Seigneur »), qui n'est pas initialement lié à la Résurrection. Je te ferai une liste si tu le veux, mais c'est autre chose que le Requiem, dont j'ai déjà proposé une liste élargie contenant des offices funèbres excédant le texte du Requiem latin.
    On a aussi des traces de mises en musique de la Séquence isolée (c'est-à-dire la partie spécifique à la messe des morts, qui débute par Dies iræ et parcourt des versets célèbres comme « Tuba mirum »,  « Liber scriptus », « Quid sum miser », « Rex tremendæ majestatis », « Recordare », « Ingemisco », « Confutatis maledictis », « Lacrymosa »…), comme chez Lalande. Dans un esprit qui n'est pas du tout paroxystique comme chez les Romantiques.

    Pour le baroque français, outre Campra, c'est Jean Gilles qu'il faut connaître, remarquable pour sa marche liminaire dont les rythmes pointés sont entrecoupés de longs silences ; ou pour l'entrée en canon des solistes dans l'Offertoire, moment ineffable inclus dans mes boucles favorites. Je te recommande la version Sow, ou la première de Herreweghe (celle avec Mellon & Crook).

    Parmi les grands anciens, plus purement polyphoniques et donc probablement moins calibrés pour ton goût, plutôt que Victoria ou Lassus, je te conseille Févin / Divitis (on ne sait lequel des deux l'a composé !), par Organum, très savoureux (Doulce Mémoire est excellent aussi dans un genre complètement opposé, davantage appuyé sur la couleur que sur le trait). Et puis tout de même, Morales, dont le savoir-faire contrapuntique donne le vertige. Je ne sais si ce peut te plaire, mais c'est à connaître.

    Pour les Anglais, deux pièces funèbres, non des Requiem, mais qui en tiennent lieu et sont à connaître absolument :
→ la cérémonie pour Queen Mary (Purcell), pour son recueillement saisissant, aux confins du silence ; 
→ et The Ways of Zion Do Mourn (Haendel), pour ses tuilages vocaux à l'intensité affolante. Trouvable en cantate séparée, ou bien inclus dans les première et troisième versions d'Israel in Egypt (supprimé dans la deuxième), que tu trouveras notamment chez les excellents Parrott (saisissante expression du désarroi), Mallon, Wachner…

    J'aurai moins à te proposer chez les Classiques, où les Requiem n'ont, pour ce que j'en connais, pas la même force. Mozart par Currentzis (ou Mackerras-Gritton, ou Hickox, ou Herreweghe, C.Davis-BBCSO, Harnoncourt-Yakar, Bernstein, C.Davis-Radio Bavaroise, Christie, Malgoire I, Böhm-Siepi… le choix ne manque pas). Pourquoi pas Michael Haydn, qu'il connaissait et dont l'Introitus a inspiré celui que nous connaissons tous désormais. Gossec. Mais tout cela me paraît moins prioritaires – non que Mozart ne le soit, mais tu le connais déjà bien.

    C'est une tout autre histoire chez les jeunes romantiques : bien sûr les deux Cherubini, liés à l'histoire que tu connais, la pierre de Rosette du grégorien, le succès des concerts spirituels, la défiance envers le faste grégorien et pour finir le bannissement des femmes des cérémonies funèbres parisiennes.
    Le premier (ut mineur), pour chœur mixte, qui respecte les inflexions accentuelles du texte latin, est vraiment fabuleux (par Grünert ou Spering, voire Niquet – pour toi qui as tes habitudes musicologiquement conformes, je dirais Spering en priorité).
    Le second (ré mineur), pour hommes seulement, fut écrit par Cherubini pour s'assurer que la musique pour sa propre mort ne serait pas interdite (!), après la catastrophe des funérailles de Bellini. Il en existe peu de versions (3), je te recommande Markevitch.

    On pénètre à présent chez les gros Requiem dramatiques.
→ Comme le signalait Clément, le Requiem de Berlioz doit vraiment être écouté avec ses volumes et sa spatialisation, très spectaculaires et physiques, en salle. Au disque, on entend surtout les gros blocs pas très subtils (et il faut sans cesse jouer avec le potentiomètre). Gouvy, plutôt parent de Berlioz mais pas pour sa Messe des morts beaucoup plus recueillie, mérite le détour, mais n'est pas prioritaire.
Verdi, de la folie pure, tout en exubérance et en génie mélodique (essaie Fricsay pour que ça ne dégouline pas).
Suppé, qu'on est surpris d'entendre aussi mordant, est écrit dans un style similaire, très dramatique, tout en éclats – et écrit lui aussi au cordeau.
Brahms, grands récits de baryton et fugues chorales, épatant, tu devrais aimer cet aspect très verbal / incantatoire. Versions : Maazel-Prey, Tennstedt-Allen, Wit-Bauer, Giulini-DFD (surtout pas les autres Giulini), Solti-Weikl… Particularité : le texte allemand n'est pas une traduction de la messe des morts, mais constituté de fragments de l'Écriture (plusieurs par mouvement !).
Stanford débute doucement, mais à partir de l'Offertoire, les parentés avec les élans de Brahms sont assez frappantes.
→ Bien sûr Dvořák, le mieux psalmodié de sa catégorie, peut-être à la fois le plus saisissant (terrifiant Dies iræ infernal) et le plus poétique (le début de l'Offertoire aux vents seuls, avec ses chœurs à l'unisson imitant le grégorien).

Borodine est à part : il n'y a que le Dies iræ, il n'y a pas de voix… et c'est particulièrement court. Mais très frappant.

    À l'opposé, à partir du milieu du siècle, apparaissent des épures, en particulier françaises. Cécilianistes, néo-grégoriennes, ou post-fauréennes, elles reviennent à la nudité du texte.
Liszt (au titre français de Messe des morts), remarquable et mal connu, dans le même esprit totalement dénué du Via Crucis, le contrepoint en sus. Pour quatre solistes, chœur masculin et orgue, vraiment du texte et de la musique dans leur ultime pureté. Il a aussi écrit un Requiem pour orgue seul, conçu pour être joué en alternance avec le texte parlé de la messe des morts.
Fauré, que tu connais. Particularité : très facile à chanter, d'où sa programmation par tous les ensembles amateurs – il n'y a vraiment aucune difficulté vocale, même pour les solistes on reste dans l'ordre de l'abordable. Tu peux essayer la version de chambre pour renouveler l'écoute, bien que je ne sois pas persuadé qu'elle soit meilleure que la traditionnelle pour orchestre.
Saint-Saëns, écrit dans le dépouillement extrême qui devait, depuis les controverses des années 1830, favoriser la prière.
Duruflé, explicitement fondé sur les modes grégoriens, mais je te préviens que l'ensemble ménage assez peu de contrastes et de drame.
Ropartz, dans le même esprit que les précédents, le raffinement harmonique en prime.
→ Et, à la fin du XXe siècle, Desenclos, très apaisé, comme du Poulenc très décanté.
→ Ailleurs en Europe, on retrouve le même esprit chez Chesnokov (véritable écriture liturgique dans le style de l'Obikhod), et parfois avec plus d'entrelacement des voix : Howells, Pizzetti

Le XXe siècle a aussi ses grandes fresques dramatiques, souvent nationales :
Foulds (en mémoire de la Première guerre mondiale) et Britten (pour la seconde), les deux incluant de la poésie profane au sein du texte liturgique habituel.
→ Le Requiem polonais de Penderecki.

Et bien sûr, plus composites et étranges, les nuages de Ligeti, les textes collés de B.A. Zimmermann…

Avec tout cela, tu devrais pouvoir varier les plaisirs funéraires pendant quelque temps, manière de patienter jusqu'à la nouvelle fin du monde ! Sois sage dans l'intervalle.  »



lattès



3. En bref

On me souffle (pas ma commanditaire, qui n'aurait garde d'être aussi impudente) que la liste est un peu touffue pour être explorée. Et on me demande tout de bon : quels sont tes préférés ?

Quoique secrètement révolté par l'impudeur de la requête, je m'y plie avec grâce.

1. Haendel
2. Dvořák
3. Britten
4. Cherubini 1
5. Gilles
6. Verdi
7. Brahms
8. Campra
9. Howells
10. Desenclos
11. Foulds
12. Cherubini II
13. Liszt
14. Ropartz
15. Chesnokov
  
(Numérotage moulé à la louche et toute subjectivité bue : vous n'en aurez pas pour plus cher que vous ne m'avez versé !)



Belles découvertes à vous !



lattès



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Commentaires

1. Le samedi 27 novembre 2021 à , par Benedictus

Bonsoir, David, et merci pour ce panorama!

Je me permettrais quand même d’ajouter trois jalons majeurs dans les périodes les plus hautes:

• Celui d’Ockeghem (1461 ou 1483) - pas forcément mon préféré (ni ce que je préfère d’Ockeghem: ça semble vraiment raide, à côté des expérimentations de la Missa cuiusvis toni ou de la Missa prolationum), mais je crois que c’est la première mise en musique polyphonique du Requiem; il n’est d’ailleurs pas complet: on n’a que l’introït, le kyrie, un graduel («Si ambulem in medio umbre mortis») et un trait («Sicut servus desiderat ad fontes aquarum») et l’offertoire. (Et ce n’est probablement pas à recommander à ton amie.)
➢ Grande version de l’Ensemble Organum (Harmonia Mundi), sous forme de reconstitution liturgique (avec le sanctus et le Lux eterna de Divitis, et l’agnus et le Libera me en plain-chant.)


• Mon préféré de la Renaissance (avant même Divitis/Févin), celui de Richafort (1532), composé en mémoire de Josquin: un chef-d’œuvre, qui semble comme une sorte de développement ou d’épanouissement du langage de son dédicataire, commençant déjà à laisser entrevoir les chromatismes et les complexités des générations suivantes (Gombert, Lassus.)
➢ Que de bonnes versions: Cinquecento (Hyperion) ou The King’s Singers (Signum) sont très bien, dans une approche très «britannique» de ce répertoire, mais, prévisiblement, Paul Van Nevel et le Huelgas Ensemble (Harmonia Mundi), dans une approche à la fois plus musicologique et expressivement plus audacieuse, sont absolument superlatifs!


• Historiquement très important aussi - et aussi très beau, si l’on aime l’espèce d’austérité sophistiquée typique de premier baroque nord-allemand (mais donc probablement pas à recommander, au moins dans un premier temps, à ton amie): les Musikalische Exequien de Schütz (le tout premier «requiem allemand.»)
➢ Là aussi, plein de très bonnes versions, notamment d’ensembles français (Laplénie / Sagittarius chez Hortus, Lasserre / Akadêmia chez Pierre Vérany, Haller / Chapelle Rhénane chez K617, Meunier / Vox Luminis chez Ricercar), mais là aussi Sigiswald Kuijken et La Petite Bande (Accent) écrasent quand même toute concurrence!




Et puis sinon, du côté des choses contemporaines, j’aime énormément celui de Reimann, assez typique de son compositeur (expressionnisme atonal post-bergien avec tout un travail déclamatoire, mais respect d’une forme relativement «traditonnelle» - il y a juste des extraits du Livre de Job en plus du texte latin canonique) - malheureusement, ça n’a jamais été repris en CD, alors même que l’enregistrement de studio EMI (Gerd Albrecht, RIAS SO & Kammerchor, quand même) propose une glotto-distribution qui suffirait à le vendre (Varady, Dernesch, DFD!)



Dans un genre plus «composite et étrange», je signalerais aussi:

• Le Requiem de Henze (1990-92), qui est en fait une œuvre purement instrumentale: une série de 9 «concerts spirituels» (geistliche Konzerte) pour piano seul, trompette concertante et orchestre de chambre; chacun des neuf concerts porte le titre d’une partie du Requiem, mais un peu dans le désordre (I. Introitus: Requiem, II. Dies irae, III. Ave verum, IV. Lux aeterna, V. Rex tremendae, etc.) et associe des réminiscence purement musicales (Mozart, Bartók, Beethoven, Schütz) à des figuralismes qui renvoient tantôt à l’imagerie catholique de l’office des morts, tantôt à des souvenirs personnels (souvenirs d’enfance estivaux dans le Lux aeterna), ou à l’histoire et l’actualité (une marche militaire faisant se télescoper le nazisme et la première Guerre du Golfe dans le Rex tremendae), dans un langage typique du Henze de la dernière période (atonalité très libre et très polarisée, tissée de citations hétérogènes.)
➢ Excellente version de Metzmacher avec l’Ensemble Modern, Ueli Wiget au piano et Håkan Hardenberger à la trompette (Sony.)


• Les Requiem-Strophen (2015-16) de Rihm - pas ce que je préfère de lui très typique du Rihm très tonalisant de ces dernières années (mais dans sa veine chargée), et aussi de ses montages textuels (des fragments du texte liturgiques, des extraits d’Isaïe et des Psaumes, des poèmes de Michel-Ange et de Rilke, et de poètes allemands du XXᵉ siècle.)
➢ L’enregistrement de la création existe au disque, avec Jansons, le Chœur et l’Orchestre de la Radio Bavaroise, Mojca Erdmann, Anna Prohaska et Hanno Müller-Brachmann (Neos / BR Klassik.)


Il existe aussi (mais je ne l’ai jamais écouté) un Requiem de la réconciliation, composé en 1995 à la mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale, associant divers compositeurs, et pas des moindres (Berio, Cerha, Kurtág, Penderecki, Harbison, Rihm, Dalbavie, Judith Weir, Schnittke…) dont la création par Rilling a été publiée par Hänssler.

2. Le mercredi 1 décembre 2021 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Benedictus !

Merci pour ces conseils : je ne crois pas avoir écouté Richafort, il partie des grands classiques de la période pré-tonale que je n'ai pas explorés et qui attendent sur ma pile. Il gagne quelques mois d'attente avec ta recommandation, je vais m'y mettre ! ♥ 

Ockeghem, pas trop mon genre en effet, et le Requiem m'a paru plutôt moins personnel que le reste. Mais je n'ai pas essayé par Organum, qui pourrait changer la donne – j'ai fini par adorer l'École de Notre-Dame avec eux, alors que je ne suis pas sûr qu'il y ait de quoi objectivement s'enthousiasmer (je veux dire, en dehors de l'incroyable dépaysement que constitue le legs d'une musique écrite aussi éloignée de nous dans le temps).

L'Exequien, oui, c'est vrai que j'aurais pu le mettre, c'est de loin mon Schütz préféré, j'en parlais encore tout récemment à propos de son anniversaire, et l'enregistrement que tu cites était la tête de gondole pour la décennie 1630 dans la série « Une décennie, un disque » !

Je n'ai pas essayé les Requiem plus récents que tu proposes : j'ignorais l'existence des trois premiers (Reimann, je te le laisse ; Henze et Rihm, je suis très intéressé). Le quatrième, ça fait longtemps qu'il faut que je l'écoute, je pensais le faire à l'occasion de cette notule et je n'ai pas eu le temps.

Merci pour toutes ces pistes détaillées ! ♥

3. Le mercredi 1 décembre 2021 à , par DavidLeMarrec

Parmi ceux que j'ai oubliés, Jommelli, très supérieur à ses opéras, étonnamment sobre.

♥♥ Jommelli – Requiem – Piau, Vistoli, R. Giordani, M. Lombardi, Rillevi, Cadel, Salvo ; Ghislieri O, GIulio Prandi (Arcana)
→ Connu pour ses opéras seria dans un style à la jointure du dernier baroque et du premier classique (dont les caractéristiques sont les airs très longs et l'effort d'adjoindre des contrechants de vents dans l'orchestre), Jommelli révèle ici une tout autre facette (il n'en existait, je crois, qu'un autre enregistrement, chez Bongiovanni).
→ Épuré, recueilli, persuasif, peu d'effets extérieurs, son harmonie apparaît beaucoup plus sophistiquée qu'à l'ordinaire, approchant une grâce digne des grands Mozart.

(Notule des nouveautés 2020.)

4. Le mercredi 1 décembre 2021 à , par antoine

Bonjour David. Je ne les connais pas tous, loin de là, mais à ce jour mes préférés sont celui de Mozart, au dessus de tous, et celui de Berlioz, en particulier son lacrimosa.

5. Le mercredi 1 décembre 2021 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Antoine !

Mozart est vertigineux, mais le problème est que ça se gâte assez vite (le Recordare et le Lacrimosa, c'est déjà un peu la décadence…).

Le Requiem de Berlioz, au disque, pour moi ça passe mal… mais le sommet, c'est le Sanctus en ce qui me concerne, cette mélopée à nu après tout ce boucan, ça me touche vraiment.

6. Le samedi 4 décembre 2021 à , par Diablotin :: site

Bonjour David,

Notule très riche, merci !
Un oubli -sans doute volontaire, puisque l'oeuvre n'a de Requiem que le nom- : le Berliner Requien de Kurt Weill, mon préféré de ce "genre", mais j'ai des goûts parfois bizarres ;-) ! Dans le même style hors liturgique, j'aime aussi énormément le "Requiem for those we love" de Hindemith.

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David Le Marrec

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