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Une décennie, un disque – 1630 – Schütz, Musikalische Exequien



1630


schütz exequien petite bande kuijken


[[]]
Canticum B.Simeonis, la fin des Musikalische Exequien.

Compositeur : Heinrich SCHÜTZ
Œuvre : Musikalische Exequien (1636)
Commentaire 1 : Du richissime catalogue de Schütz, j'ai retenu ce bijou absolu, peut-être son plus haut chef-d'œuvre. Exequien est un mot allemand dérivé du latin pour funérailles, il s'agit en réalité d'un office des morts, version protestante (avec psaumes dans tous les coins). Schütz le réalise sur les instructions précises du Comte de Reuss-Gera, l'un des multiples qu'il devait servir pour assurer son revenu. La pièce est issue de la commande directe de ce prince, prévoyant sa mort prochaine, si bien qu'il put l'entendre non seulement pour ses funérailles (la qualité acoustique du Paradis reste cependant en débat), mais aussi avant sa mort, à la fin de sa composition.
    En trois parties de très inégales longueurs : 20' pour l'office proprement dit, 3' pour le Psaume 73, 4' pour le Cantique de Syméon (le vieillard qui accueille Jésus au Temple et se considère en paix : Nunc dimittis etc.).
    Schütz y déploie le meilleur de son art le plus sophistiqué, dans les homorythmies comme dans les polyphonies, dans les imitations et répons en double chœur (comme dans le Cantique de Syméon). Certes, tout cela demeure austère, mais d'une subtilité qu'il n'a lui-même jamais poussée, je crois, si loin.

Interprètes : La Petite Bande, Sigiswald Kuijken.
Label : Accent (2014)
Commentaire 2 : 2 chanteurs par tessiture (dont Stéphen Collardelle, ténor miraculeux, membre permanent de l'Ensembles Correspondances, dans ces parties très plastiques, qui s'étendent de la basse 1 à l'alto 1 ), 2 violons, viole de gambe, basse de violon (par S. Kuijken lui-même), orgue (Benjamin Alard !). Limpidité extraordinaire du résultat, avec un grain fort de chaque voix, de chaque ligne.

Discographie alternative :
Rademann (chez Carus), Akadêmia-Lasserre ou les American Bach Players sont remarquables également, quoique pas à ce degré de finesse de touche et d'éloquence. En revanche, prudence avec certains noms qui inspirent confiance, Herreweghe y est assez vaporeux et mou, et Sixteen-Christophers évoque tout de bon l'ère Leppard !


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Commentaires

1. Le jeudi 30 août 2018 à , par Benedictus

Je ne connaissais pas cette version, mais ça fait rudement envie! (J'écoute surtout Lionel Meunier / Vox Luminis chez Ricercar, vraiment très bon.)

2. Le vendredi 31 août 2018 à , par Morloch François

C'est la décennie de l'ouverture du Teatro San Cassiano à Venise :) On y joue Cavalli qui devrait figurer ici parce que c'est un bon compositeur, d'autant que la discographie s'est un peu étoffée ces dernières années. J'adore l'enregistrement René Jacobs de cet opéra avec Keenlyside, Pushee, Mantovani, Theodoridou, Ragon, Visse, Banks, Pittsinger, Vindevogel (je les ai tous cités parce qu'ils sont tous bien).

Bon, le seul souci est que c'est un opéra de 1652, mais fi de ces détails dans une rubrique aussi essentielle :)

3. Le samedi 1 septembre 2018 à , par DavidLeMarrec

@ Benedictus :
Vox Luminis est très bien en effet, mais vraiment moins éloquent et précis que Kuijken, Rademann ou Lasserre, clairement un niveau de finition supérieur chez ceux-là. Tu ne perdras pas ton temps à y jeter une oreille, en comparaison Meunier paraît un peu prudent (ce qui est un comble !).

@ François :
Je trouve que Cavalli est précisément le compositeur le moins intéressant de ces années, parmi tous ceux que je n'aurai pas la place de citer et qui le mériteraient, Rossi, Merula, (Biagio) Marini, Landi, Rovetta, Benevoli, Obizzi, Beretta, ou même Tarditi, Cazzati et (Giuseppe) Stefani, sans compter, un peu plus tardif, mon chouchou Legrenzi, encore très mal documenté au disque (ses œuvres profanes sont encore plus fabuleuses que ses sacrées, qui commencent à être donnes et enregistrées). Cavalli est tout de même très pauvre musicalement, assez formel dans sa déclamation, avare de mélodies ou d'événéments harmoniques, je le trouve vraiment en deçà de ses grands contemporains, même s'il a incontestablement occupé une place de premier plan (mais à ce compte-là, on devrait enregistrer plus de Telemann que de Bach, plus de sonates de Rossini que de quatuors de Beethoven, etc.). Son vaste corpus, s'il est adéquatement joué, recèle bien sûr des pépites (le Prologue de la partie troyenne de sa Didone !), mais pas si fréquentes à mon gré.

Je trouve d'ailleurs l'enregistrement que tu cites terriblement figé. Même à l'époque où je l'ai découvert (dix ans après l'enregistrement, à peu près ?), ça avait très mal vieilli, on entendait que c'était trop lisse. Effectivement la discographie (et les représentations) se sont étoffées depuis la seconde moitié des années 90, et on peut trouver, particulièrement dans la période récente, de très belles bandes et quelques bons enregistrements.
J'aime bien Ormindo par Correas (qui varie bien les textures et atmosphères), Artemisia par Cavina (structure racinienne de seria pas passionnante, mais plutôt bien exploitée), et surtout la Didone de Christie, toute la partie troyenne étant servie au sommet par des déclamateurs hors pairs, au sein d'une action musicale assez élancée et touchante.

Pour 1650, ce ne sera pas de l'opéra ! Pour 1640 et 1660 non plus, d'ailleurs, mais chut.

4. Le lundi 15 octobre 2018 à , par Benedictus

J'ai écouté cette version Kuijken, et c'est effectivement une merveille: de la netteté, de la clarté, un grain vocal et instrumental fabuleux - et quelle vie, quelle éloquence! Merci pour cette découverte: ce sera ma nouvelle version de chevet.

5. Le lundi 15 octobre 2018 à , par DavidLeMarrec

Je n'en doutais pas ! En termes de tout ce que tu dis, on est vraiment un cran au-dessus de Vox Luminis, tout excellents qu'ils soient. Je ne doute pas que tu trouveras un intérêt similaire au grand Rademann (ou aux couleurs assez crues de Lasserre, toujours intéressante). Mais cette version, quand on aime la netteté de trait radicale, façon Taverner Consort dans The Ways of Zion Do Mourn, on s'en passe difficilement.

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