Carnets sur sol

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[Sélection lutins] — Les plus beaux concertos pour piano


… une nouvelle remise des putti d'incarnat, sur le terrain abondant mais inhospitalier des concertos pour piano.

Principe

Le concerto est, de façon parfaitement explicite (au même titre que l'opéra seria), le lieu de la virtuosité, avant d'être celui de la musique. Mais autant le concerto pour violon peut s'échapper de la contrainte par des mélodies rêveuses et des atmosphères orchestrales prégnantes, autant celui pour piano, à cause même de la nature de l'instrument (harmonique) et de l'expression de sa virtuosité (en général du remplissage par gammes et arpèges), laisse moins de place à l'évocation… le piano s'impose dans le discours, et ne peut pas être un prétexte de second plan — cela arrive rarement en tout cas, et l'on voit bien pourquoi.

En conséquence, le concerto pour piano est un univers pas toujours très exaltant musicalement, sauf à aimer le piano comme d'autres aiment la glotte — et c'est pourquoi, depuis quelque temps déjà, j'ai soigneusement relevé le nom de ceux qui me paraissaient dignes d'être découverts ou réécoutés. Les voici pour vous.


Détail tiré de L'Audition du concerto, tableau allégorique de Lagrenée l'Aîné.
Huile sur toile, 1766. Collection particulière.


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Liste

Comme il est excessivement rare qu'un compositeur post-1800 écrive plus de six concertos (et encore plus qu'il y en ait plus de trois d'intéressants !), on peut se payer le luxe d'une présentation par date de composition (quelquefois d'édition, mais j'ai tâché de faire attention aux grands écarts), plus féconde à mon sens.

Comme (parce que) c'est l'usage, la sélection est fondée sur ma subjectivité (les astérisques aussi).

1777 – **Mozart n°9 en mi bémol (K.271)
1786 – *Mozart n°22 en mi bémol (K.486)
1786 – **Mozart n°23 en la (K.488)
1786 – Mozart n°24 en ut mineur (K.491)
1788 – Mozart n°26 en ré (K.537)
???? – Dittersdorf unique concerto pour piano
1795 – Beethoven n°1 en ut (Op.15)
1797 – *Cramer n°2 en ré mineur (Op.16)
1806 – Beethoven n°4 en sol (Op.58)
1809 – **Beethoven n°5 en mi bémol (Op.73)
1816 – *Hummel Concertino en sol, adaptation du concerto pour mandoline de 1799 (Op.73)
1816 – *Hummel n°2 en la mineur (Op.85)
1823 – Kalkbrenner n°1 en ré mineur (Op.61)
1825 – Cramer n°8 en ré mineur (Op.70)
1826 – *Mendelssohn Capriccio brillant (Op.22)
1830 – **Chopin n°2 en fa mineur (Op.21)
1830 – **Chopin n°1 en mi mineur (Op.11)
1833 – *Chopin Rondeau à la Krakowiak (Op.14)
1833 – Hummel Introduction & rondo brillant, en fa mineur (Op.127)
1834 – *Mendelssohn Rondo brillant (Op.29)
1835 – Wieck-Schumann en la mineur (Op.7)
1837 – Mendelssohn n°2 en ré mineur (Op.40)
1838 – Mendelssohn Sérénade et Allegro giocoso (Op.43)
1845 – *Schumann en la mineur (Op.54)
1853 – Liszt n°1 en mi bémol, commencé en 1830 (S.124)
1858 – **Saint-Saëns n°1 en ré (Op.17)
1859 – *Brahms n°1 en ré mineur (Op.15)
1861 – Liszt n°2 en la, créé en 1857 (S.125)
1869 – *Saint-Saëns n°3 en mi bémol (Op.29)
1875 – Saint-Saëns n°4 en ut mineur (Op.44)
1875 – Tchaïkovski n°1 en si bémol mineur (Op.23)
1881 – **Brahms n°2 en si bémol (Op.83)
1884 – Tchaïkovski Fantaisie de concert en sol (Op.56)
1885 – *Franck Variations symphoniques (FWV 46)
1889 – Lalo en fa mineur
1890 – *Debussy Fantaisie (L.73)
1892 – *Tchaïkovski-Taneïev Andante & Finale
1893 – Tchaïkovski n°3 en mi bémol (Op.75)
1893 – Stenhammar n°1 en si bémol (Op.1)
1901 – Rachmaninov n°2 en ut mineur (Op.18)
1907 – Stenhammar n°2 en ré mineur (Op.23)
1908 – X. Scharwenka n°4 en fa mineur (Op.82)
1909 – Rachmaninov n°3, en ré mineur (Op.30)
1913 – Prokofiev n°2, récrit en 1923 (Op.16)
1920 – Marx en mi
1923 – Schulhoff n°2 (Op.43)
1923 – Korngold pour la main gauche, en ut dièse (Op.17)
1927 – Medtner n°2 en ut mineur (Op.50)
1930 – *Ravel pour la main gauche, en ré (M.82)
1930 – Ireland en mi bémol
1931 – *Schmitt symphonie concertante
1932 – Cras unique concerto pour piano
1942 – Schönberg (Op.42)
1943 – Medtner n°3 (Op.60)
1944 – Egge n°2 avec orchestre à cordes (Op.21)
1954 – *Tveitt n°5 (Op.156)
1967 – Stockhausen, concerto en sol majeur (S.666)
1988 – *Ligeti unique concerto pour piano
1993 – *Fedele unique concerto pour piano
1996 – Silver unique concerto pour piano

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Infra-sélections

Ici, pas d'hésitation pour moi, Mozart et Brahms (et Chopin dans un genre quasiment sans orchestre) écrasent tout. Dans le genre ultime, j'adjoins donc un surtout un Beethoven et un Saint-Saëns. Mais dans ce répertoire assez centré sur la virtuosité, assez peu d'œuvres majeures à distinguer. C'est pourquoi j'ai favorisé (œuvres à un astérisque) soit des pièces pourvues d'une originalité forte (Tveitt et Ligeti décoiffent vraiment), soit des piécettes charmantes qui valent un peu plus que ce qu'on pourrait croire (les Cramer, Hummel, Mendelssohn et Debussy). Évidemment, en valeur musicale absolue, la hiérarchie serait assez sensiblement différente.

Dans le même registre, je n'ai pas mis tous les Rachmaninov, Prokofiev et Medtner, mais il va de soi que leurs moins bons concertos valent largement les meilleurs d'autres que j'ai cités. Mais le but étant de privilégier les découvertes, il serait fastidieux de noyer les pépites plus inattendues sous les catalogues intégraux de compositeurs déjà renommés.

Il manque aussi quelques grands noms du piano brillant (Field et Moscheles, par exemple), mais j'ai eu quelque difficulté à me persuader de les inclure : sans même mentionner Chopin, une fois qu'on a écouté les concertos en mineur de Cramer et Hummel, on n'a pas grand'chose à y gagner. De même pour Haydn, je trouve dur de se passionner pour eux dans l'absolu, mais alors qu'on a une dizaine de grands Mozart à disposition, ça paraît un peu une perte de temps. Bien sûr, il faut les écouter pour essayer et se faire une image plus complète de l'univers de Haydn ; mais je ne me vois pas les recommander.

Et puis, comme toujours, les biais de mes goûts personnels : pour ne pas se retrancher derrière des arguments absolus discutables, autant assumer ce que ses goûts ont de détour et de difformité.

Pour finir, si l'on veut vraiment explorer un peu l'univers des concertos pour piano (pas la plus nourrissantes des formes canoniques, c'est entendu), suggérons un exemple de parcours express : un Mozart, Cramer n°2, Beethoven n°5, Chopin n°1, Schumann, Saint-Saëns n°1, les deux Brahms, Tchaïkovski n°1, Franck, un Rachmaninov, un Prokofiev n°2, Schulhoff, les deux Ravel, Schmitt, Schönberg, Tveitt n°5, Ligeti. Avec ça, on a une vue assez riche de ce qu'il est possible de faire de l'objet concerto, avec rien que des chefs-d'œuvre, et en évitant largement les doublons esthétiques.

¶ Retrouvez toutes nos sélections parmi les autres remises des putti d'incarnat : piano, sonates avec violon, trios, quatuor avec ou sans piano, quintette, symphonie, chœurs a cappella, musique sacrée, opéras rares, opéra contemporain, lieder…


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Commentaires

1. Le jeudi 30 octobre 2014 à , par arnaud bellemontagne

Bonjour David,

Voila une liste éloquente!

Et Bartok?

Rien que pour la poésie intense des mouvements lents des concertos n°2 et n°3, il mériterait d'être sur la liste non?

2. Le jeudi 30 octobre 2014 à , par David Le Marrec

Bonjour, stellaire Arnaud,

Oui, c'est vrai, il manque Bartók ! Il faut dire que, comme je ne les écoute à peu près jamais, ils n'ont pas eu l'occasion d'être reportés sur la liste. (Pareil, j'ai reporté les Liszt en catastrophe après publication hier : je ne les avais pas écoutés depuis dix ans.)

Je vais me programmer les Bartók en conséquence, tiens. Merci !

3. Le jeudi 30 octobre 2014 à , par Jaky

Celui de Vaughan Williams (1926-30) est oublié aussi bien entendu, pourtant Bartok en avait apprécié la partition…
Humm!

4. Le jeudi 30 octobre 2014 à , par Palimpseste

Salut David,

Première joie: la présence du concerto de Ligeti dans ta lite. Je crois savoir que tu n'es pas très fan de sa musique mais je le trouve constamment dans tes listes. Cela prouve deux choses (1) sa stature d'incontournable (2) ta remarquable objectivité. Et c'est encore fois bien mérité car ce concerto pour piano est une des plus grands du siècle (et relativement accessible en plus).

Encore une joie: pour Prokofiev, Rachmaninov et Beethoven, nous sommes en plein accord.

Tchaïkovsky 1 et Brahms 2, ce sont bien sûr des chefs d'oeuvre indispensables évidemment. J'y rajouterai celui de Grieg et franchement Tchaïkovsky 2 que j'apprécie de plus en plus à la place du 3. Même chose pour Ravel: je préfère de loin l'autre (celui avec les deux mains, quoi).

Pas de Lutoslawski par contre. Je sens confusément que son concerto vaut le détour mais je dois encore m'y retrouver. Approfondissement planifié pour bientôt.

Tveitt, ça m'intrigue car j'entends de plus en plus parler de lui depuis qu'il sort du purgatoire où ses fréquentations douteuses et l'incendie de sa maison (avec ses oeuvres complètes) l'avaient plongé. Je vais finir par m'y mettre. Dittersdorf aussi parce que son nom claque bien.

5. Le jeudi 30 octobre 2014 à , par antoine

Pas de chance, manque l'un de mes concertos préférés, le 3ème de Beethoven lorsqu'il est joué avec une très grande tension...

6. Le jeudi 30 octobre 2014 à , par Xavier

Du coup, pour un concerto qui ne se complaît pas dans la virtuosité, mais consistant musicalement, je trouve que tu aurais pu intégrer à ta liste la Symphonie concertante de Szymanowski. Il ne l'avait pas appelée concerto justement pour prévenir qu'il ne fallait pas y trouver de virtuosité spectaculaire... mais c'en est bien un quand même.
Même chose pour les Nuits de Falla d'ailleurs!

7. Le jeudi 30 octobre 2014 à , par Xavier

Et j'allais oublier Prométhée de Scriabine!... (son concerto n'est pas mal non plus d'ailleurs)

8. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par David Le Marrec

Oh, quelle affluence ! Il faut dire que dans le genre mineur, le concerto pour piano mérite la tête de gondole.

Pour tout dire, Jaky, je n'ai jamais tenté le concerto de RVW… Peut-être à tort, vu comme sa Première Symphonie m'a très agréablement surpris (et séduit). Ça ressemble à quoi ?

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@ Palimpseste :

Effectivement, je ne suis pas du tout un inconditionnel de Ligeti, mais :
– ce concerto fait partie de ses très bonnes œuvres ;
– Ligeti est toujours très original… il faut au minimum l'écouter pour découvrir un nouvel aspect de tel ou tel genre, quitte à ne pas aimer.

Ensuite, non, il ne faut pas s'y tromper, je crains de ne pas être objectif du tout – en tout cas je ne cherche pas à l'être, il y a quand même un bon nombre d'œuvres qui me paraissent assez mineures dans cette liste (et d'autres, plus réussies ou novatrices, qui n'y figurent pas).


Pas de Lutoslawski par contre. Je sens confusément que son concerto vaut le détour mais je dois encore m'y retrouver. Approfondissement planifié pour bientôt.

Je l'ai écouté (et pas aimé du tout) il y a une quinzaine d'années (mais je n'avais pas encore de poil au menton et je n'avais pas encore découvert les langages rugueux du XXe). Lutosławski n'est pas vraiment mon univers (à part les piécettes chorales ou dansantes) et j'ai entendu des choses assez peu amènes sur ce concerto, mais il faudra que je le retente, en effet !


J'y rajouterai celui de Grieg et franchement Tchaïkovsky 2 que j'apprécie de plus en plus à la place du 3. Même chose pour Ravel: je préfère de loin l'autre (celui avec les deux mains, quoi).

Ah oui, c'est vrai, j'aurais dû ajouter Grieg (je me le souligne pour future inclusion)… là aussi, ça fait dix ans au bas mot que je n'y ai pas touché, mais c'est de la bonne musique et du bon concerto pour piano.


Tveitt, ça m'intrigue car j'entends de plus en plus parler de lui depuis qu'il sort du purgatoire où ses fréquentations douteuses et l'incendie de sa maison (avec ses oeuvres complètes) l'avaient plongé. Je vais finir par m'y mettre. Dittersdorf aussi parce que son nom claque bien.

Il y a pas mal de choses chez BIS et Naxos, à présent. Les autres concertos ne sont pas fabuleux, mais le Cinquième est très étonnant. Sinon, Baldurs Dramar, Telemarkin, Prillar, la symphonie solaire… tout ça vaut le détour.

Quant à Dittersdorf, il y a au moins son concerto pour clavecin / harpe qui est ultra-célèbre, un petit délice. Les quatuors et les symphonies ont très bien vieilli ; ce n'est pas tellurique comme du Mozart ou du Vranický, mais ça se laisse écouter et ça ouvre déjà vers les horizons romantiques.

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@ Antoine :

Le Troisième de Beethoven est indubitablement un bon concerto, mais quand j'écoute du Beethoven, je me tourne en général vers la veine un peu moins classique (ou alors je mets les derniers trios, les premiers quatuors et les premières symphonies). En tout cas, il est loin de me transporter comme le Cinquième.

Quelles sont les versions d'une très grande tension à recommander ?

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@ Xavier :

En effet, on ne peut pas les accuser d'être des concertos complaisants pianistiquement, c'est indubitable. En revanche, la Symphonie Concertante de Szymanowski, les Nuits de Falla et Prométhée, ce n'est vraiment pas de la musique qui me touche (l'espagnolade des Nuits a même tendance à m'agacer un brin).

En revanche, oui, j'aurais pu mettre le Concerto de Scriabine, très joli (autre œuvre que je n'ai pas écoutée depuis fort longtemps).

J'aurais dû parler des concertos pour violon, finalement, que je respecte bien plus malgré des tendances tout aussi vaines… mais j'ai l'impression qu'il y aurait moins de titres majeurs à citer (en revanche je les écoute plus souvent !).

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Merci à vous pour ces compléments très substantiels !

9. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par lu—

pour moi, qui ne suis pas très friand du genre (surtout quand il est abordé dans une optique « traditionnelle »), il y a Carter et le reste.

...et des choses fort sympathiques chez Schmitt, Jolivet, Denisov, Chtchedrine, Manoury et quelques autres.

10. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par David Le Marrec

Le concerto de Carter, c'est sûr que c'est plus barraquéen, comme genre. Il y a de jolis moments, comme dans le Double (pour clavecin et piano) d'ailleurs, et même davantage. Je réécouterai pour vérifier ça.

Je te laisse bien volontiers Denisov (vraiment du décaphonisme institutionnel, pas grand'chose à glaner là-dedans) et Jolivet.

D'accord pour Schmitt ; effectivement, j'aurais dû ajouter Chtchédrine, je le ferai au prochain passage avec les autres. Dans le Premier, il a moins tendance à tricoter des contrepoints pas très jolis que dans nombre de ses œuvres orchestrales, j'aime beaucoup le début plein de sobriété, on n'a pas ça tous les jours dans la forme concerto.

Je n'avais pas vu que Manoury avait composé un concerto pour piano !! Merci beaucoup, je l'ai écouté ce matin (je n'en ai pas trouvé trace au disque, mais la bande de la création se trouve aisément en ligne), et c'est très chouette, comme toujours avec le Manoury des quinze dernières années (2012, ici). Sur la durée, ça se répète un peu, mais il y a bel univers de jolis coloris.
Merci beaucoup !

11. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par Palimpseste

Lutosławski n'est pas vraiment mon univers (à part les piécettes chorales ou dansantes) et j'ai entendu des choses assez peu amènes sur ce concerto, mais il faudra que je le retente, en effet

Vraiment?

Tout le contraire pour moi. Ce sont d'ailleurs les commentaires très positifs qui m'ont poussé à m'y intéresser alors qu'à la base, j'étais méfiant. Pas pour Lutosławski que j'aime beaucoup mais pour le genre même à cette époque. J'ai lu: "Un des plus grands concerto pour piano de l'après-guerre" (tu me diras qu'à cette période c'est pas difficile, mais bon). Huit enregistrements quand même, et pas par que des manchots: Zimerman, Andsnes, Crossley, Ohlsson...

J'aurais dû parler des concertos pour violon, finalement, que je respecte bien plus malgré des tendances tout aussi vaines… mais j'ai l'impression qu'il y aurait moins de titres majeurs à citer (en revanche je les écoute plus souvent !).

Ah mais tu peux. Même impression que toi d'ailleurs: j'en citerai moins mais j'y suis plus attaché.

12. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par arnaud bellemontagne

Dans le même ordre d'idées de la symphonie n°4 de Szymanowski évoquée par Xavier, on peut citer la symphonie n°2 "Age of Anxiety" de Bernstein.

Sans être l'oeuvre du siècle, c'est tout de même de la bien belle musique.

13. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par lu—

ah non, Denisov dodécaphonisme institutionnel, pas du tout d’accord.

(Lutosławski, j’accroche vraiment pas non plus.)

14. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par lu—

tiens, d’ailleurs, je n’avais pas osé cité le premier de Babbitt (’pas encore écouté le récent second), mais il me semble que c’est quand même une grande œuvre.

15. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par lu—

ah, sinon, j’aime aussi le premier de Mossolov et le second de Khrennikov... tu en penses quoi ?

16. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par David Le Marrec

@ Palimpseste :

Oui, je tenterai de proposer les concertos pour violon à l'occasion, mais je crains qu'il n'y ait pas de découvertes majeures à faire (à part Gudmundsen-Holmgreen, mais comme ça n'a pas été édité en CD, ça vous avance bien…).

Pour moi, le palmarès est assez simple : Szymanowski 1, Schumann, Gudmundsen-Holmgreen (et pas de Ligeti cette fois !). Ensuite, il y a de jolies choses chez Glazounov, Sinding ou Goldmark… et puis, dans un genre plus simple, Vieuxtemps et Aulin. Bon, il faudra que je fasse ça.

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@ Arnaud :

Ça se laisse écouter, mais j'éprouve quelque difficulté à m'enthousiasmer pour ça. Bernstein est autrement doté pour le musical que pour la musique symphonique, étrangement.

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@ Lu— :

Comment tu qualifierais Denisov, alors ? Politiquement, ok, il n'est pas institutionnel, et ce n'est vraiment pas le cas de toutes ses œuvres, mais ici, on entend une série bien méthodique et rigide (aucun intérêt pour moi).

le premier de Babbitt

Amusant, je voulais justement te demander ton opinion sur Babbitt et Schnittke. J'aime bien les deux, même si ce n'est clairement pas mon pain de tous les jours ; Babbitt, dans son genre athématique, ne manque pas de tenue, on sent une progression malgré le langage plus éclaté que dans le concerto traditionnel ; Schnittke, tu aimes probablement beaucoup moins, mais ce mélange de citations sirupeuses et de martèlements incongrus me plaît assez.


ah, sinon, j’aime aussi le premier de Mossolov et le second de Khrennikov... tu en penses quoi ?

Incontestablement, le Mossolov est original (mais je n'aime pas vraiment) ; Khrennikov, je crois que je n'ai écouté que le Premier (et je n'aime pas Khrennikov de manière générale, donc je n'ai pas insisté).


Ça fait beaucoup de pistes supplémentaires, tout ça !

17. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par lu—

Denisov... entre le piano pointilliste (qu’on peut ne pas aimer, en effet, mais qui me rappelle Babbitt, justement), l’orchestre euh... tachiste ? (qui me fait penser à certaines polyrythmies dissonantes de Finnissy, par exemple), le truc de jazz dans le dernier mouvement... enfin bref, je trouve que c’est une œuvre suffisamment originale et multiple pour ne pas être réduit à l’étiquette « dodécaphonisme institutionnel », qu’on aime ou pas (ce qui est tout à fait compréhensible).

j’avais complètement oublié Schnittke ! bon, c’est une découverte très récente, c’est peut-être un peu tôt, mais j’aime bien (il y en a trois si on compte celui pour deux pianos, le premier étant plus traditionnellement « soviétique » et plus rarement joué ou enregistré que le second — ils ne sont pas numérotés).

le deuxième de Khrennikov, je trouve vraiment que cela a beaucoup d’allure et même d’originalité... j’aime beaucoup (je n’y attendais pas).

autre chose, le concerto pour piano de Cristóbal Halffter a aussi récemment retenu mon attention.

18. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par lu—

sinon, par rapport à ta liste, je ne connais pas la très grande majorité... mais cela ne m’attire pas vraiment.

le concerto pour piano est un genre avec lequel j’ai toujours eu beaucoup de difficultés, qu’en fait j’ai toujours détesté... en caricaturant j’ai l’impression d’entendre toujours un piano qui ne fait que des gammes et un orchestre qui ne fait que des cadences bien lourdes.

ce n’est que récemment que j’ai commencé à apprécier le genre, en me tournant vers la seconde moitié du vingtième siècle, où j’entends autre chose. avant 1950 je ne vois que le Mossolov qui me plait, auquel on peut ajouter (mais peut-on parler de concerto ?) le Schmitt et Prométhée... Bartók et Proko m’insupportent, par exemple.

19. Le vendredi 31 octobre 2014 à , par Jaky

Pour RWV, cela lorgne plus vers la quatrième symphonie ou le ballet Job. Je préfère largement la version deux mains (il en existe une pour 2 pianistes). Le mouvement lent comprend une douce mélodie nostalgique.

20. Le samedi 1 novembre 2014 à , par David Le Marrec

Jaky :
Pour RWV, cela lorgne plus vers la quatrième symphonie ou le ballet Job. Je préfère largement la version deux mains (il en existe une pour 2 pianistes). Le mouvement lent comprend une douce mélodie nostalgique.

Bien, bien. Pas spécialement tentant vu ma relation avec Ralphie, mais je tenterai !

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@ Lu—

Du jazz dans le Denisov ? Effectivement, j'ai dû abandonner avant le dernier mouvement, je n'ai pas du tout entendu ça (le microtachisme, ça oui).

le deuxième de Khrennikov, je trouve vraiment que cela a beaucoup d’allure et même d’originalité... j’aime beaucoup (je n’y attendais pas).

J'essaierai alors. (Décidément, pour quelqu'un qui n'aime pas les concertos pour piano, je vais avoir beaucoup de travail dans les semaines à venir…).


le concerto pour piano est un genre avec lequel j’ai toujours eu beaucoup de difficultés, qu’en fait j’ai toujours détesté... en caricaturant j’ai l’impression d’entendre toujours un piano qui ne fait que des gammes et un orchestre qui ne fait que des cadences bien lourdes.

C'est à peine caricaturer, jusqu'à la fin du XIXe. Et pour la suite, ça devient un pianiste qui cogne des agrégats sur un orchestre qui braille en même temps. Effectivement, pas le genre où la construction et la musicalité (je veux dire par là des choses toutes simples dont on ne se passerait pas ailleurs, comme de jolies mélodies ou des couleurs un peu originales) sont mises à l'honneur.

auquel on peut ajouter (mais peut-on parler de concerto ?) le Schmitt et Prométhée...

Oui, c'est concertant, mais plus vraiment du concerto, même si j'ai inclus Franck et Schmitt (il fallait bien mettre des trucs intéressants…).
Et Szymanowski, dans ce genre, tu aimes ?


Bartók et Proko m’insupportent, par exemple.

Pourtant ils plus marqué que quiconque (plus dans les formules digitales que dans la matière musicale elle-même) ceux que tu aimes !
(Ce n'est pas contradictoire, cela dit.)

Après réécoute, je trouve vraiment les Bartók très chouettes. (Ce qui me donne envie de retenter les Prokofiev, puisque je les plaçais effectivement un peu dans le même univers, avec un aspect tout de même un peu plus atmosphérique et un rien moins vain chez Bartók).

Mais d'une manière générale, pour moi, la virtuosité diminue plutôt l'intérêt d'une pièce : ça éparpille les informations, le discours… Une belle progression mélodique ou harmonique un peu nue m'impressionne infiniment plus.
(C'est d'ailleurs ce que j'aime dans les bonnes pièces de Dubois : il a beaucoup de réserves en matière d'écriture, mais ne les utilise qu'aux moments discursivement ou émotionnellement pertinents.)

21. Le samedi 1 novembre 2014 à , par lu—

J'essaierai alors. (Décidément, pour quelqu'un qui n'aime pas les concertos pour piano, je vais avoir beaucoup de travail dans les semaines à venir…).

si tu veux, mais ne t’attends pas à l’aimer. :p

Et Szymanowski, dans ce genre, tu aimes ?

’connais pas.

22. Le dimanche 2 novembre 2014 à , par David Le Marrec

Je ne m'attends surtout pas à ça, mais il faut moins l'essayer pour avoir un avis… Quand j'ai débuté la musique, je trouvais Verdi épouvantablement difficile et abstrait, alors si je m'en étais tenu uniquement à ce que j'aimais à la première écoute…

23. Le jeudi 6 novembre 2014 à , par Ugolino le Profond

Je trouve un peu étonnant que tout le monde accepte sans broncher l'idée que le concerto pour piano ne soit bon qu'à être un exercice de virtuosité, alors que par le fait que beaucoup de compositeurs étaient pianistes le genre prend une place particulière dans l'oeuvre de pas mal d'entre eux et dans leur rapport à l'exécution de leurs oeuvres. On est souvent assez loin des concertos écrits à la demande du copain violoniste qui voulait niqu... briller sur scène et jouer des jolies mélodies pour ces chastes dames.

En ce sens, l'absence de Bartok qui domine pourtant le siècle, exerce une influence profonde sur toute une partie du genre, en Europe centrale mais pas seulement, et se trouve dans cette optique là. Certes, ils sont quasiment toujours très mal compris, très mal joués, prétexte à du piano percussif idiot, et presque aucune version au disque n'est satisfaisante.
Même chose pour le deuxième de Prokofiev (et le troisième dans une moindre mesure), souvent mal joué (un peu moins que Bartok), mais qui reste une oeuvre brillante, qui n'a rien à voir avec un exercice de virtuosité - et je ne suis pas grand amateur de Prokofiev.
Le Vaughan Williams qui fait partie des oeuvres les plus denses de RVW et de ce qu'il y a plus étonnant dans son oeuvre, avec sa fugue à la russe et sa noirceur générale, mais ne plaira pas à David pour ces mêmes raisons (même la mélodie nostalgique du deuxième mouvement n'est pas vraiment rêveuse).
Par ailleurs, je ne crois pas que la symphonie n°4 de Szymanowski puisse être considéré comme un concerto pour piano.

Dans les concertos oubliés qu'on pourrait noter, de tête :
- Barber
- l'indigeste mais notable Busoni
- le curieux Copland, une de ses oeuvres les plus modernes
- le tout en clusters Cowell, qui pourrait plaire à Lu-
- Dynamic triptych de Foulds
- Atterberg dans un genre post-Tchaïkovsky sirupeux
- Merikanto (le deuxième surtout)
- le deuxième de Rosenberg
- le deuxième d'Alwyn
- le boursouflé Winter legends de Bax sur lequel je serai tout seul
- Britten et les deux Chostakovitch, qui évitent tous deux l'exercice de virtuosité et ont leur personnalité mais ont ceci de commun qu'ils sont en-dessous des concertos pour cordes de leurs auteurs respectifs

Dans la deuxième moitié du XXème siècle, j'ai plus de difficultés à en trouver. Je retiens Ligeti, et les trois de Xenakis, qui relèvent du "pianiste qui cogne des agrégats sur un orchestre qui braille en même temps" mais porté à un niveau stratosphérique : Synaphaï a des limites mais des moments de furieux (la fin surtoutà, l'incroyable Erikhthon, peut-être l'oeuvre la plus dense et tendue de Xenakis, et le plus accessible Keqrops, l'une des pièces les plus traditionnelles de Xenakis, avec une structure lisible et de très belles couleurs d'orchestre.
Je pense aussi à ceux de Bibik, au troisième de Wuorinen, au A Quia de Dusapin, au curieux Genom kvällen de Heiniö (avec un choeur), à Lindberg, au sympathique Berserking de MacMillan, à Ballada, à Mintchev... mais on voit bien que le genre pose des difficultés.
Le Schnittke est pas mal mais très loin de ses meilleures oeuvres et de ses concertos pour cordes. Le concerto de jeunesse, de style soviétique, est excellent dans son genre par contre. Même chose pour Lutoslawski, avec une oeuvre supérieure sans doute.

Et concernant celui de Carter, j'aurais tendance à dire qu'il y a Carter avec le reste : c'est de la musique comme on en écrivait à la chaîne dans les années 60, bavarde et creuse. Je n'ai de toute façon jamais compris l’intérêt pour cet américain qui voulait faire partie l'académisme de l'avant-garde européenne, en dehors de cette caractéristique même qui leur rend acceptable pour l'avant-garde européano-centrée. Ca et son âge canonique.

24. Le jeudi 6 novembre 2014 à , par Ugolino le Profond

Je rajouterais aussi Phantasm de Bridge.

25. Le jeudi 6 novembre 2014 à , par David Le Marrec

Bonsoir Ugolino,


Je trouve un peu étonnant que tout le monde accepte sans broncher l'idée que le concerto pour piano ne soit bon qu'à être un exercice de virtuosité

Par rapport au piano solo, le ratio musique / notes est quand même très défavorable, il faut bien l'admettre. Comme si tout le monde se sentait obligé de faire du remplissage tape-à-l'œil ou, au minimum, d'écrire des choses injouables. Même chez un type aussi sobre que Brahms, les effets poussent comme de l'urticaire.


En ce sens, l'absence de Bartok qui domine pourtant le siècle, exerce une influence profonde sur toute une partie du genre, en Europe centrale mais pas seulement, et se trouve dans cette optique là. Certes, ils sont quasiment toujours très mal compris, très mal joués, prétexte à du piano percussif idiot, et presque aucune version au disque n'est satisfaisante.

Ils sont absents parce qu'il m'en restait fort peu de chose. Je les ai réécoutés depuis, et effectivement je les incluerai bien volontiers dans la prochaine sélection.


Même chose pour le deuxième de Prokofiev (et le troisième dans une moindre mesure), souvent mal joué (un peu moins que Bartok), mais qui reste une oeuvre brillante, qui n'a rien à voir avec un exercice de virtuosité - et je ne suis pas grand amateur de Prokofiev.

Ce n'est pas un exercice de virtuosité, dans le sens où il y a incontestablement de la matière… mais présentée de la façon la plus ostentatoirement digitale possible. Je respecte grandement, parce que c'est de la bonne musique, mais ça tend à me lasser très vite.

Par ailleurs, je ne crois pas que la symphonie n°4 de Szymanowski puisse être considéré comme un concerto pour piano.

Non, mais ça reste du piano concertant, donc on peut en parler ici, je vous y autorise.


Dans les concertos oubliés qu'on pourrait noter, de tête :
- Barber
- l'indigeste mais notable Busoni
- le curieux Copland, une de ses oeuvres les plus modernes
- le tout en clusters Cowell, qui pourrait plaire à Lu-
- Dynamic triptych de Foulds
- Atterberg dans un genre post-Tchaïkovsky sirupeux
- Merikanto (le deuxième surtout)
- le deuxième de Rosenberg
- le deuxième d'Alwyn
- le boursouflé Winter legends de Bax sur lequel je serai tout seul
- Britten et les deux Chostakovitch, qui évitent tous deux l'exercice de virtuosité et ont leur personnalité mais ont ceci de commun qu'ils sont en-dessous des concertos pour cordes de leurs auteurs respectifs

Là-dedans, il y a des trucs que, non, non, non, non. Barber n'est pas à son meilleur (même si c'est bien, effectivement), Busoni est boursouflé effectivement, Atterberg pas fulgurant (plutôt du post-Dvořák sirupeux), et Winter Legends, même pour un fanatique de Bax dans mon genre, c'est pas possible (que c'est moche, tout de même !).

En revanche, je n'ai jamais vu passer ceux de Merikanto (tu parles bien d'Aarre ?) et d'Alwyn, qui attisent toute ma curiosité.


Sinon, dans ceux du second vingtième, celui de Heiniö, c'est sympa, mais anecdotique. En revanche je suis tenté par Wuorinen et MacMillan, que je n'ai pas essayés. (J'ai bien ce Schnittke parce que je n'aime pas beaucoup le « bon Schnittke », justement.)


Je n'ai de toute façon jamais compris l’intérêt pour cet américain qui voulait faire partie l'académisme de l'avant-garde européenne, en dehors de cette caractéristique même qui leur rend acceptable pour l'avant-garde européano-centrée. Ca et son âge canonique.

Moi j'aime beaucoup la Première Symphonie, justement avant qu'il ne quitte le style Thomson-Thompson-Diamond… Pour ses œuvres « sérieuses », je n'ai pas encore trouvé mon compte, mais je ne désespère pas, justement parce que tous les mélomanes de bonne volonté semblent en dire du bien. À force de fouiller, j'ai bien fini par trouver mon compte dans Dutilleux, pourquoi pas là.


Je rajouterais aussi Phantasm de Bridge.

Ah, ça je crois que j'ai écouté que c'est agréable, mais c'est plutôt gentil, non ? Je réessaierai.


Merci pour toutes ces suggestions !

26. Le jeudi 6 novembre 2014 à , par lu—

ah oui, le Wuorinen est très bien (bavard et creux comme du Carter).

27. Le samedi 8 novembre 2014 à , par Ugolino le Profond

"Là-dedans, il y a des trucs que, non, non, non, non."

Tu as compté les quatre non ? Ca va, c'est raisonnable.

"Barber n'est pas à son meilleur (même si c'est bien, effectivement)"

Au contraire, je trouve que c'est sa plus grande oeuvre en dehors des pièces avec voix.

"Busoni est boursouflé effectivement"

Mais intéressant.

"Atterberg pas fulgurant (plutôt du post-Dvořák sirupeux)"

Ca me paraît quand même à tester pour les amateurs de pompier et de dégoulinant.

"et Winter Legends, même pour un fanatique de Bax dans mon genre, c'est pas possible (que c'est moche, tout de même !)."

Tu ne peux pas être officiellement un fanatique de Bax si tu n'aimes pas Winter legends. Et puis la mocheté, c'est pas un critère. Il y a plein d'oeuvres moches dans ta liste, et plein d'oeuvres moches géniales en général.

"En revanche, je n'ai jamais vu passer ceux de Merikanto (tu parles bien d'Aarre ?)"

Oui. Le père n'est pas franchement intéressant.

"Ah, ça je crois que j'ai écouté que c'est agréable, mais c'est plutôt gentil, non ?"

Gentil, je ne crois pas (et puis vu ta liste ce n'est pas non plus un critère !). Quelques restes d'un Scriabin soft et de Prokofiev dans le piano, l'orchestre est plus dans un post-romantisme à l'anglaise qui se rapproche du RVW des années 30 en plus coloré. J'y aime beaucoup l'exploitation de la forme rhapsodique.

"(J'ai bien ce Schnittke parce que je n'aime pas beaucoup le « bon Schnittke », justement.)"

Enfin là, c'est objectivement du "bon Schnittke" en moins bien (à moins qu'on place le bon Schnittke dans sa dernière période, ce que certains font sans que ca me paraisse autre chose que du pédantisme).

"Pour ses œuvres « sérieuses », je n'ai pas encore trouvé mon compte, mais je ne désespère pas, justement parce que tous les mélomanes de bonne volonté semblent en dire du bien."

Je commence à croire pour ma part à un complot fomenté par l'Organisation des Compositeurs qui Refusent de Mourir.

28. Le dimanche 9 novembre 2014 à , par DavidLeMarrec

Tu as compté les quatre non ? Ca va, c'est raisonnable.

Je voulais mettre non, non-non-non-non-non, mais je craignais que ça n'échappe à ta culture.


Au contraire, je trouve que c'est sa plus grande oeuvre en dehors des pièces avec voix.

Peut-être, mais après le Quatuor et surtout la Sonate.

"Busoni est boursouflé effectivement"

Mais intéressant.

Certes. Mais pénible.


Tu ne peux pas être officiellement un fanatique de Bax si tu n'aimes pas Winter legends.

Ah, c'est sûr que ça réclame un degré de fanatisme supplémentaire. Mais est-ce que tu aimes le Quintette avec harpe ou les Trios comme il sied, d'abord, hein ?

J'aime presque tout de Bax (et énormément certaines choses, surtout en musique de chambre), mais Winter Legends, effectivement…


Et puis la mocheté, c'est pas un critère. Il y a plein d'oeuvres moches dans ta liste, et plein d'oeuvres moches géniales en général.

Admettons, mais là, je voulais moche pas dans le sens moche-Busoni (un peu gras) ou moche-Nono (séduisant quand même), mais plutôt moche-Glass…


Oui. Le père n'est pas franchement intéressant.

C'est vrai. Donc je chercherai ce concerto et je l'écouterai. Je l'ai sans doute déjà si c'est dans les séries Ondine ou Alba, mais comme c'est un concerto pour piano, j'ai dû le remettre à plus tard. :)

29. Le dimanche 9 novembre 2014 à , par Ugolino le Profond

"Je voulais mettre non, non-non-non-non-non, mais je craignais que ça n'échappe à ta culture."
Mais dans ce cas tu aurais dû trouver un concerto supplémentaire à critiquer.

30. Le dimanche 9 novembre 2014 à , par DavidLeMarrec

Allons, l'essentiel n'est pas le fond du propos, le tout est de l'envelopper dans un joli étui, non ?

Un peu comme la musique que j'écoute.

31. Le mardi 6 janvier 2015 à , par RomainTristan :: site

Je passe impromptu de la liste des quatuors à celle des concertos pour piano... tout aussi passionnante !

Quelques concertos non cités dans la notule ou dans les commentaires précédents (ou alors j'ai vraiment lu trop en diagonale), me semblent valoir un détour auditif. Pour les atmosphères ou la drôlerie, notamment.

Strauss - Burleske
Chostakovitch - Concerto n°1
Poulenc - Concerto pour piano
Tippett - Concerto pour piano
D'Indy - Symphonie cévénole
Falla - Nuits dans les jardins d'Espagne
Korngold - Concerto pour piano

32. Le mercredi 7 janvier 2015 à , par DavidLeMarrec

Effectivement. Le Strauss ou le Falla ne sont pas vraiment dans mes goûts (d'ailleurs, j'ai toujours lu le plus grand bien du second, mais presque jamais du premier !). J'ai effectivement cité Korngold, assez chouette (dans un genre un peu décoratif mais plutôt touchant, assez parent de celui de Marx, une sorte de Medtner un peu moins lyrique).

Je n'ai pas écouté celui de Tippett en revanche (je n'avais même pas vu que ça existait à vrai dire) : ça ressemble à quoi ?

33. Le mardi 13 janvier 2015 à , par RomainTristan

Bonjour,

Je dois le remettre à l'écoute, cela fait des années que je ne l'ai entendu... Je ne sais donc pas en dire trop. Dans mon souvenir le morceau n'est pas sans rappeler le 4e concerto de Beethoven (premier mouvement surtout). Le premier mouvement est plutôt apaisé, le mouvement lent central plus anxieux, le tout très lyrique.



34. Le mercredi 14 janvier 2015 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Romain !

Intrigant, pas du tout ce que j'aurais pronostiqué… ça ne ressemble donc pas vraiment à du Tippett ?

Je vais essayer ça, en tout cas !

35. Le vendredi 20 février 2015 à , par Framie

Bonjour

j'ai lu avec grand intérêt cette page, merci à tous les contributeurs !
je voulais savoir si certains d'entre vous, en écoutant le 5e concerto (egyptien) de St Saens, n'avaient jamais perçu le côté brahmsien du 2e thème dans le 1er mouvement. il intervient à 2 minutes du début et sa courbe mélodique comme ses agencements polyphoniques me font songer à Brahms à chaque fois. Qu'en pensez-vous ?

36. Le dimanche 22 février 2015 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Framie !

Je viens de réécouter… assurément, ce n'est pas typiquement français (comme beaucoup d'autres passages des symphonies et concertos de Saint-Saëns), mais j'y entends davantage d'imprégnation chopinienne que de simili-Brahms.

C'est peut-être l'orchestration avec les hautbois, clarinettes, bassons et cors seuls, lors de la première énonciation du thème, qui vous fait cet effet ? Parce que pour le reste, il y a des parentés, certes, mais pour moi, à l'écoute seule, ça ne pourrait pas être du Brahms.

Je ne perçois donc pas vraiment la même chose, en tout cas pas avec cette acuité-là. Mais je suis enchanté que ces conversations vous aient intéressé !

37. Le samedi 12 novembre 2016 à , par Benedictus

Merci, très bien, le «parcours express» (même si je n'ai pas réussi à mettre la main sur le Schulhoff - enfin, à vue de nez, je remplacerais bien par le Reger...), vu que je ne suis pas non plus un inconditionnel du genre...

Et tu aurais un «parcours express» de la même eau pour les concertos pour violon (dont je suis encore moins inconditionnel)?

38. Le dimanche 13 novembre 2016 à , par DavidLeMarrec

Je ne me suis pas expliqué pourquoi tu aimais le machin de Reger : on a tous les inconvénients à la fois, l'écriture virtuose creuse, au sein d'un langage post-romantique épais, mais en plus pas du tout exaltant, parce que Reger donne toujours envie de prendre l'avion pour aller se jeter dans la Werra… Quitte à faire sinistre, il y a plus sympa…

Le Schulhoff est assez différent du reste, c'est dommage de s'en passer.

J'ai une notule sur les concertos pour violon (genre à peine moins sinistré en effet), où j'ai trouvé beaucoup de bonnes surprises… là, le XXe siècle a laissé quantité de joyaux. Je n'ai donc pas encore de panorama suffisant – la documentation est en cours… mais je peine à écouter massivement du concerto pour violon, comme tu t'en doutes. Je peux toujours essayer une liste, peut-être pas de parcours express rationnel, mais plutôt de choses interlopes qui pourraient te plaire.

Donc : Schumann bien sûr. ♦ Dans les décadents : Goldmark (versant lyrique), Schoeck, Roslavets, Szymanowski, Stephan. ♦ Dans le XXe diversement défragmenté : Dutilleux, Boesmans (bien méchant !), Constant, Gundmundsen-Holmgreen (des tas de références). ♦ Après, dans le bon concerto pour violon lyrique traditionnel, j'aime beaucoup Schubert, Paganini 1, Goetz, Vieuxtemps, Sinding 3, Saint-Saëns, Glazounov, Børresen en particulier (celui-là est très simplement mélodique, il pourrait ne pas te rebuter), et même Bruch, Tchaïkovski ou R. Strauss…

39. Le samedi 19 novembre 2016 à , par Benedictus

Je n’entends pas vraiment le Reger comme toi.
Bon, certes, c’est du Reger: on a donc forcément fait mieux dans le genre diaphane et euphorisant. En revanche, le trait orchestral est dense mais plutôt moins gras que dans tes chers Poèmes symphoniques d’après Böcklin (il faut dire que j’écoute le concerto par Norrköping...); quant au piano, j’ai au contraire l’impression que Reger, tout en donnant au genre des gages de virtuosité, fait quand même globalement du Reger: quelque chose de plutôt formel et de contrapuntique, qui respire peu - donc en effet, ça me semble peu compatible avec tes goûts, mais pas totalement pour les raisons que tu dis.

Oui, Schumann et Dutilleux, ce sont peut-être les deux seuls que j’aime vraiment. Et puis Berg (mais toi, tu ne l’aimes pas, je crois?), peut-être aussi Jarrell (mais il faudrait que je vérifie). En fait, j’ai peu approfondi le genre, dans la mesure où en règle générale, chez les compositeurs que j’aime, l’œuvre concertante pour violon me semble souvent en-deçà (Beethoven, Brahms, Maderna, Ligeti, Tichtchenko, Rihm, Hersant...), voire très en-deça du reste (Bach, Mozart, Chausson, Sibelius, Ravel, Schoeck, Adams...) Et puis, on y trouve quand même de sacrées daubes (je crois n’être jamais allé au bout du Korngold).

Enfin, bon, je vais retenter le Schoeck (je ne le connais que par Steffi Geyer et l’Orchestre de la Tonhalle dirigé par saint Volkmar Andreae); je viens de le voir couplé avec Glazounov par cette violoniste dont le nom semble réjouir autant que moi un autre de tes lecteurs... Le Glazounov me permettra de me faire une idée de ce que tu appelles «le bon concerto pour violon lyrique traditionnel».

40. Le dimanche 20 novembre 2016 à , par DavidLeMarrec

Je n'aime pas beaucoup ces Böcklin (ni les tableaux, ni le poème symphonique). C'était manière de faire entendre quelque chose d'un peu plus original que les symphonies de Beethoven dans la série libre de droits. Et puis le lien peinture-musique est toujours attirant.

[piano]
Je réécouterai Reger – effectivement, par Norrköping, on percevra peut-être moins que ça a été orchestré à la bétonneuse.

[violon]
Le Berg me laisse à peu près indifférent, en fait. Il ne se passe rien. Donc quitte à écouter du lisse, je me fais un Vieuxtemps, ça met de meilleure humeur. (Ou plutôt les Rondos de Schubert et Saint-Saëns, j'assume adorer ça.)
Je suis d'accord (c'est plus que du ressenti, ça me paraît assez factuel), et on peut même l'étendre à l'ensemble du genre concerto… l'exigence de virtuosité, de décoration, voire de démagogie, parvient à égarer les meilleurs d'entre eux. Mais Schoeck me paraît vraiment un bon cru – il a fait mieux, évidemment, mais il échappe justement à la dilution de ses qualités dans la complaisance envers les foules…

Très vrai pour Beethoven, Chausson ou Sibelius, mais je te trouve sévère avec Adams, qui est certes sur le versant du Adams-gentil, mais pas sur celui du vain Adams-glassisant non plus… (Pour Ravel, je suppose que tu parles de Tzigane ? Si oui, c'est effectivement de loin ce qu'il a écrit de pire, et les interprètes ne se privent pas pour achever d'y porter haut le triomphe du mauvais goût…)
Mais c'est vrai, même ceux de Mozart, Beethoven, Brahms ou Ligeti, qui sont tout à fait bons, sont en deçà de l'intérêt habituel des œuvres ambitieuses de leurs catalogues respectifs. Sans doute par le concerto n'est pas un genre musicalement ambitieux, et encore moins lorsqu'il est pour violon.

La petite Chloë Hanslip est excellente, ce qui ajoutera à la liste de tes réjouissances.

41. Le dimanche 20 novembre 2016 à , par Benedictus

Retour aux concertos pour piano:
1. Je viens juste de tenter Cramer 2, c'est en effet très chouette, j'aurais même tendance à préférer ça à certains Mozart. Je vais essayer le Hummel que tu suggères, du coup.
2. À propos, tu aurais des recommandations d'interprétations, dans Mozart (disons dans le 9 et le 23, qui sont les plus étoilés)?
3. Même question au sujet de Prokofiev 2 (que je n'ai pas) et pour Schoenberg (que je ne l'ai que par Brendel / Gielen).
4. Cette semaine, j'ai réécouté Saint-Saëns 1: franchement, s'il n'y avait que les deux premiers mouvements, je serais totalement enthousiaste. (C'est souvent le cas, d'ailleurs, avec Saint-Saëns.)
5. Preuve que le diable est dans les détails: je viens juste de repérer le sol majeur de Stockhausen... ;-)

42. Le dimanche 20 novembre 2016 à , par DavidLeMarrec

Hummel est beaucoup plus chopiniano-mozartien, il n'y a pas forcément le côté plus personnel de Cramer. Mais ça s'écoute très agréablement. Pour le 9 & 23 de Mozart, je reviens toujours à Imogen Cooper avec le Northern Sinfonia : c'est plutôt tradi, très doux, pâte légère, élégance sans façons, sans le côté joliet, polissé (et un rien gras malgré le petit effectif) des versions Perahia ou Barenboim. Pour moi, ça réussit à la perfection la poésie de ces pages. Sinon, Jenő Jandó avec András Ligeti et le Concentus Hungaricus : orchestre très tradi un peu lisse, mais déjà moins pâteux, et surtout le piano bien sec et tranchant de Jandó, pas méchant, mais simplement net, ce doit être plutôt ton genre.

Je n'ai pas beaucoup d'autres bonnes options à proposer, je trouve le corpus étrangement sinistré : les versions baroqueuses sont souvent sans poésie, et les autres épaisses de pâte et d'esprit…

Je ne suis pas sûr d'avoir gardé trace de ce que j'ai écouté dans Prokofiev 2 (Paik est très bien, parmi mille autres) et Schoenberg, mais je ne suis pas persuadé que, dans ces partitions très écrites, l'interprétation soit particulièrement capitale de toute façon.

Saint-Saëns 1, j'aime tout. (Pareil pour le mouvement final en écho du 3…) Mais je suis content que tu apprécies, ça restait quand même un pari.

Oui, je me loge souvent dans les recoins. Il y a d'autres clins d'œil dans d'autres listes (celle sur la musique sacrée au moins).

Content de voir que tout ça te sert ! Je suis flatté que tu suives d'aussi près le parcours. \o/

43. Le dimanche 20 novembre 2016 à , par David Le Marrec

Ah si, pour Proko 2, contre toute attente, j'avais beaucoup aimé Lang Lang, très transparent et fondu dans l'orchestre, pas du tout épais ou soliste, superbe studio.

44. Le dimanche 20 novembre 2016 à , par antoine

Et Godard?

45. Le dimanche 20 novembre 2016 à , par Benedictus

Bien d'accord pour Mozart: j'ai les intégrales Perahia et Barenboim - très bien, Perahia plus poète, Barenboim plus architecte, mais je ne les écoute presque jamais à cause de ce côté un peu lisse et un peu gras - et je n'ai jamais rien entendu de convaincant chez les baroqueux. Du coup, je me rabats souvent sur des vieilles cires du style Haskil / Markevitch ou Fischer. Mais je viens de trouver Jandó (à défaut de Cooper).

Lang Lang dans Proko 2, tu es sûr? Je ne trouve que le 3 (avec Rattle - celui où ils font un concours de grimaces sur la pochette). Tu ne confonds pas avec Yundi Li (apparemment, son disque Proko 2 / Ravel sol majeur avec Ozawa et Berlin avait été plutôt bien accueilli).

En effet, ça m'est très utile, parce que je n'ai jamais sérieusement exploré le genre concerto, sauf pour violoncelle, mais on trouve plus facilement de chouettes concertos pour violoncelle, il me semble (il faut dire que c'est sans doute plus facile de faire noble / profond ou violent / tragique avec un instrument qui peut imiter le baryton comme le cochon qu'on égorge).

46. Le lundi 21 novembre 2016 à , par antoine

Et Kabalevski?

47. Le lundi 21 novembre 2016 à , par Jacques Chancel

Et Dieu dans tout cela?

48. Le mardi 22 novembre 2016 à , par antoine

Jacquot n'aurait pas compris qu'ici on ne parle que de musique divine?

49. Le mercredi 23 novembre 2016 à , par DavidLeMarrec

@Benedictus :

C'est même pire avec Zacharias, dont les accompagnateurs sont assez mous… superbe piano, mais pas grand'chose d'intéressant à côté. Et interprétations de toute façon dans la veine d'un Mozart pudique, pas très expansif.

Je gage que la petite dureté de Jandó ne te déplaira pas. En tout cas, je n'ai pas trouvé mieux à ce jour : Jandó et formidable, et l'orchestre pas plus mal qu'un autre – avec un côté plus galant et moins prétentieux que l'ECO ou l'ASMF.

Tu as raison, c'est dans Proko 3. Merci de ne jamais m'insulter à nouveau en public en suggérant que je puisse un jour réécouter Yundi Li : autant Lang a commis quelques beaux disques (celui-là et le Trio de Tchaïkovski, essentiellement), autant Li, je ne me suis jamais expliqué sa notoriété qu'à coups de mauvais procès d'intention, et je n'ai pas envie de suivre cette pente à nouveau, c'est mauvais pour mon karma. Il a peut-être fait des choses très bien, je ne l'ai jamais réécouté depuis notre première rencontre, il y a au moins dix ans.

Pas vraiment d'accord sur les concertos pour violoncelle (sauf contemporains), difficile de trouver des choses pas trop grasses, pas inutilement virtuoses, lourdement lyriques, noyées dans un orchestre bruyant… En revanche, oui, beaucoup plus de réussites (moyennes) que dans le concerto pour violon (où il y a beaucoup d'eau tiède assez peu valorisante). Si tu as des pépites à partager…

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Antoine, pas écouté les concertos de Godard et Kabalevski. Pour le premier, je m'en suis expliqué, à la fois sur le compositeur et la forme concerto. Kabalevski, c'est différent, je crois qu'ils sont ce qu'il a fait de plus célèbres, mais j'ai commencé très tardivement avec les symphonies dont je me suis régalé, et qui me paraissent suffisamment intéressantes pour être creusées… j'y reviens à chaque fois et je n'ai pas encore exploré autre chose.

Un petit mot pour présenter les concertos de l'un et de l'autre ?

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Jacques :
Le problème, c'est que son concerto paraît un peu en pilote automatique… on a l'impression que le soliste s'est absenté et que l'orchestre se décale de plus en plus… Au bout d'un moment, ça lasse, même en renouvelant sans cesse les membres de l'orchestre.

50. Le mercredi 23 novembre 2016 à , par Antoine

David, pour Godard, vous devriez. Kabalevski, ça coule tout seul, en particulier le 3ème.

51. Le samedi 26 novembre 2016 à , par Benedictus

Concertos pour piano:
Mozart

- Zacharias: J’avais écouté sa première presque-intégrale chez EMI: sur le coup, j’avais bien aimé mais sur la durée ça rejoint en effet ce que tu en dis. Son nouvel enregistrement à Lausanne n’améliore rien du côté de l’orchestre?
- Jandó: Je te dirai ça...
- J’ai vu que venait de sortir un disque Cavé / Alessandrini chez Alpha - tu connais?

Prokofiev
Pardon, je n’avais aucune idée du distinguo entre Lang et Li. Au risque de paraître donner dans le cliché essentialiste, je dois avouer que je les ai longtemps confondus (et jamais écoutés). (Un jour où tu te préoccuperas moins de ton karma, tu me diras ce que tu penses de Li.)
Du coup, je crois que je vais plutôt tenter Bavouzet / Noseda (ça ne doit être ni trop neuneu ni trop approximatif) et Postnikova / Rojdestvenski (ça ne doit pas donner dans l’hédonisme occidentalisé).

Concerto pour violoncelle:
En concerto pour violoncelle, et même si Schumann et Dutilleux sont là encore parmi les meilleurs, je trouve que c’est un peu l’inverse de ce que j’écrivais des concertos pour violon:
- des compositeurs dont je ne raffole pas y ont fait certaines de leurs œuvres qui me plaisent vraiment (Dvořák, Elgar, Strauss, Chostakovitch, Prokofiev, Honegger, Ohana...); par ailleurs, les Russes, avec lesquels j’ai souvent un peu de mal, y réussissent souvent très bien (Miaskovski, Kabalevski...) et je me souviens même d’avoir entendu un truc qui m’avait plu chez un néo du Nord (mais lequel? Sallinen? Nordgren? Rautavaara? Vasks? Sumera?);
- dans le genre classico-rococo-toujours-pareil, c’est nettement pour le violoncelle que Haydn et C.P.E. Bach m’ont paru avoir composé leurs concertos les moins pénibles (en revanche, pour Vivaldi, je te l’accorde, c’est probablement son plus mauvais corpus) et puis Boccherini... y reste Boccherini, quoi;
- chez les petits maîtres postromantiques, j’ai entendu plein de choses vraiment chouettes (Pfitzner, d’Albert, Röntgen, Lalo, Jongen, Raff, Volkmann...) à défaut de vraies pépites - et le Schoeck est comme celui pour violon (pas majeur mais tout à fait honorable).
Et puis franchement, comme tu dis: à partir du XXᵉ, c’est vraiment la fête: Martinů, Hindemith, Britten, Walton, Lutosławski, Ligeti, Penderecki, Zimmermann, Carter, Feldman, Yun, Schnittke, Rihm, Cerha, Hersant 1...

(Mais pour les pépites à partager, il faudrait que je réécoute.)

52. Le samedi 26 novembre 2016 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Benedictus !

Concertos pour piano

Mozart :
¶ Oui, Zacharias est un grand chef, l'orchestre bien meilleur, ce ne peut qu'être (beaucoup) mieux !  C'est une intégrale qui est sortie ?  J'avoue ne pas trop suivre l'actualité des concertos de Mozart, c'est presque un job à temps plein…
¶ Cavé-Alessandrini, je ne peux pas dire (sauf que je ne suis que rarement par Alessandri…), ce sera sans doute toi qui m'informeras…


Prokofiev :
Lang, c'est du piano virtuose, tout d'épate, un peu briseur d'ivoire (quitte à en mettre beaucoup à côté et à ne rien penser), mais il a ses moments, et il sait toucher un piano. Li joue Chopin comme de la mélodie accompagnée… on écoute un sommet de l'harmonie du premier XIXe et on a l'impression d'entendre du Clayderman (en plus, le son est tout malingre).
Bavouzet-Noseda, ça va être assez lisse quand même, quoique engagé (j'ai entendu récemment Bavouzet dans Rachmaninov, et même avec Mazzola pour animer ça, il reste assez froid évidemment). Postnikova-Rozhdestvensky me tente bien davantage en effet, mais bon, Prokofiev, ça marche très bien dans la veine hédonisme occidentalisé, c'est assez grumeleux et sinistre comme ça pour que je n'aie pas besoin d'aller y chercher du russe boueux ou visqueux. Pour toi, ce devrait être parfait en revanche.

--

Concertos pour violoncelle :
des compositeurs dont je ne raffole pas y ont fait certaines de leurs œuvres qui me plaisent vraiment (Dvořák, Elgar, Strauss, Chostakovitch, Prokofiev, Honegger, Ohana...)
Bien vu (pour Dvořák et Elgar, moins pour les autres…). Strauss, du veux dire Don Quichotte ?  Du petit Strauss anecdotique, à mes oreilles et jusqu'ici. Pas testé Honegger, ça ressemble à quoi ?

Miaskovski
Certes, c'est chouette pour du concerto, mais c'est quand même plutôt moins bien que ses symphonies…

et je me souviens même d’avoir entendu un truc qui m’avait plu chez un néo du Nord (mais lequel? Sallinen? Nordgren? Rautavaara? Vasks? Sumera?);
Hakola ? \o/


dans le genre classico-rococo-toujours-pareil, c’est nettement pour le violoncelle que Haydn et C.P.E. Bach m’ont paru avoir composé leurs concertos les moins pénibles (en revanche, pour Vivaldi, je te l’accorde, c’est probablement son plus mauvais corpus) et puis Boccherini... y reste Boccherini, quoi;
Avoue que ta démonstration commence à s'enliser un peu. :)


chez les petits maîtres postromantiques, j’ai entendu plein de choses vraiment chouettes (Pfitzner, d’Albert, Röntgen, Lalo, Jongen, Raff, Volkmann...) à défaut de vraies pépites - et le Schoeck est comme celui pour violon (pas majeur mais tout à fait honorable).
Hé bien tu vois, dans ce genre de concerto pour violoncelle, j'entends déjà plus l'effort et la tendance larmoyante complaisante que dans ceux (objectivement souvent plus faibles) pour violon. Je ne crois pas avoir tenté d'Albert (ou je suis passé totalement à côté quand je l'ai écouté…), je vais lui donner une chance !

(Mais pour les pépites à partager, il faudrait que je réécoute.)
Il y en a déjà plusieurs que je n'ai pas essayés dans ta liste, merci !  (et beaucoup que je n'aime déjà pas aussi…)

53. Le jeudi 1 décembre 2016 à , par Lavandier

Merci pour ces suggestions diverses et variées.

D'autres pistes (ou oublis :-) :

- Malédiction de Franz Liszt (1840)
- La danse macabre de Franz Liszt (1849)
- concerto pour piano d'Aram Khatchatourian (1936)
- musique du film "Dangerous moonlight", aka Concerto de Varsovie de Richard Addinsell (1941)
- musique du film "Hangover Square" de Bernard Herrmann (1945)
- musique du film "Le crime de l'Orient-Express" de Richard Rodney Bennett (1974)
- Tirol concerto de Philip Glass (2000)

54. Le dimanche 4 décembre 2016 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Lavandier !

Une superbe liste, avec juste ce qu'il faut de troll pour être intriguante. :) [Khachaturian et Glass doivent être les deux seuls compositeurs un minimum célèbres que, fondamentalement, je n'aime pas.]

C'est vrai que le concerto d'Addinsell est très sympa, il a même été donné quelquefois en concert, mais j'ai dû le réécouter une seule fois dans la dernière décennie, je ne suis pas trop sûr de ce que serait mon opinion. Idem pour Malédiction, que je n'ai dû entendre qu'une fois, dans le temps, il y a longtemps. La danse macabre ne me fascine pas, quitte à faire dans le pittoresque rhapsodisant, j'irais plutôt du côté de la Fantaisie Hongroise.

Je ne crois pas avoir écouté les concertos de Herrmann (pas celui-là en tout cas) et Bennett, c'est vraiment digne d'intérêt donc ? Ça existe en bande son « pure » ? Ça fonctionne bien sans les images ?

Merci pour ces ajouts !

55. Le mardi 6 décembre 2016 à , par Lavandier

Bonjour. Oui, ces musiques de film existent en bande son pure et, à mon goût, s'écoutent très bien sans les images et le récit qui vont avec. D'ailleurs, je n'ai jamais vu "Dangerous moonlight". Il existe un CD intitulé "Warsaw concerto and other piano concertos from the movies" qui comprend neuf pièces concertantes dont ces trois-là. Cordialement.

56. Le dimanche 11 décembre 2016 à , par DavidLeMarrec

Merci Lavandier, j'irai donc voir de ce côté ! L'occasion en outre de réécouter ce concerto de Varsovie qui m'avait séduit il y a longtemps.

57. Le vendredi 23 décembre 2016 à , par Lavandier

Dans le genre pas tout à fait classique mais chouette quand même, il y a aussi "Rhapsody in blue" de George Gershwin. C'est une oeuvre pour piano et orchestre jazzy.

58. Le vendredi 23 décembre 2016 à , par Lavandier

Et, bien sûr, le concerto en fa majeur du même Gershwin !

59. Le samedi 24 décembre 2016 à , par DavidLeMarrec

Oui, pour moi, plutôt le Concerto en fa, qui est vraiment atypique et entraînant, que la Rhapsodie, un peu un raccourci de ce que je n'aime pas dans le genre classique encanaillé + jazz blanchi. J'ai à la fois la virtuosité traditionnelle et le jazz délavé, deux choses pas trop à mon goût – du concerto sans virtuosité ou du jazz capiteux voire free, c'est beaucoup plus conforme à mes frontières gustatives.

Merci encore pour ces nouvelles suggestions !

60. Le mardi 14 mars 2017 à , par Sibelius

Je ne partage pas votre commentaire liminaire sur le piano : je vous cite :

"En conséquence, le concerto pour piano est un univers pas toujours très exaltant musicalement, sauf à aimer le piano comme d'autres aiment la glotte " (?) ...

Quant à votre "ceux qui me paraissaient dignes d'être découverts ou réécoutés" il me paraît bien prétentieux.

Vous campez sur vos certitudes !

61. Le mercredi 15 mars 2017 à , par David Le Marrec

Bonjour Jean,

Je vous souhaiterais bien la bienvenue, mais je vois que vous avez déjà pris vos aises.

Si, avant même que de découvrir votre existence, je suis déjà convaincu de camper sur mes certitudes dans le débat qui nous oppose, je ne puis qu'admettre ma défaite.

Soyez en tout cas remercié pour votre effort d'illustration des convergences entre les publics glottophiles et pianomanes, il est grandement apprécié.

62. Le vendredi 17 mars 2017 à , par @realBenedictus

#css payé par les #altistes pour dénigrer le piano! Cette sélection de concertos est une fausse liste campée sur des certitudes! UN SCANDALE!

Cela dit, en dépit de cette brillante démonstration, le public pianomane me semble malgré tout souffrir d'un handicap structurel par rapport au public glottophile: il n'existe pas vraiment de Bösendorfer coloraturo di bravura à opposer à des Steinway drammatico-spinto, de sorte que l'on est hélas privé de tirades sur le piano du rôle.

63. Le mercredi 22 mars 2017 à , par David Le Marrec

Ce n'est pas faux…

En revanche, les faux-pianistes qui « ne savent pas jouer du piano » (tout en jouant l'intégrale Liszt, hein) ou qui « jouent faux » (c'est vrai qu'on peut mal équilibrer les fonctions harmoniques à l'intérieur d'un accord, mais quand même…), ça, on en a aussi volontiers que des ut craqués.

Étrangement, chez les pianophiles, comme le culte des vieilles versions d'un Âge d'Or (quand même beaucoup plus difficile à défendre concernant les pratiques instrumentales…) y est tout aussi répandu que chez les autres mélopathes, on accepte très bien les pains (preuve d'une décontraction des membres) et on ne compte pas les arpèges craqués. Fascinant.

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