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Jean-Jacques Rousseau compositeur

Une question tout récemment posée : qu'est-ce que cela vaut ?


Jean-Jacques Rousseau a activement participé à la Querelle des Bouffons. En 1752, alors que la tragédie lyrique n'avait plus de modèle fixe (on approche de la fin), une troupe d'Italiens est venue représenter à Paris, parmi d'autres titres, La Serva Padrona de Pergolesi.
Entre les tenants de la tradition française (d'abord une tragédie, avec de la musique) et ceux de la nouveauté italienne (farcie d'airs, reléguant texte et récitatifs au second plan) s'est élevée une dispute. Le camp français était composé des musiciens de métiers, et se réunissait près de la loge du Roi, tandis que les hommes de lettres qui n'entendaient pour la plupart strictement rien à la musique préféraient la chatoyance italienne et se plaçaient du côté du Coin de la Reine.
Les deux camps se sont entr'assasssinés à coups de pamphlets, jusqu'à ce que, sous le poids du scandale, la troupe italienne quitte Paris. Ce clivage est resté célèbre, et très présent dans les mémoires.

Jean-Jacques Rousseau était, bien qu'ayant reçu une éducation musicale, un homme de lettres, et bien logiquement se trouvait dans le camp des Italiens. Il a écrit des choses extrêmement vigoureuses contre la langue française en musique et le genre de la tragédie lyrique (qu'il est aisé de tourner en ridicule, tant le genre repose sur la convention).
Il a lui-même écrit pour l'opéra, on connaît bien Le Devin du village, un petit conte simpliste au livret très mince (l'argument tient en une phrase : le devin enlève le doute réciproque aux amants) [1] et à la musique à l'avenant ; une oeuvre qui a très mauvaise réputation, sans doute parce que l'on attend plus de génie structurel de la part de l'auteur du Contrat social.


Pourtant, si on la considère pour ce qu'elle est, l'oeuvre n'est pas indigne dans le cadre des opéras-comiques de son temps. Une musique extrêmement simple (encore plus que les Gluck comiques ou les Grétry !), un texte très naïf. Le but était vraiment de plaire par la naïveté, la moralité, les bons sentiments : on attendrissait surtout. C'était le fond de commerce de Charles-Simon Favart (qui donne son nom à la salle de l'Opéra-Comique) : un monde paysan où le parler de cour est légèrement retouché, avec quelques formulettes prétendument populaires, et une candeur de moeurs confondante, qui prétend distraire plus que rendre admiratif. On trouve ainsi Comment l'esprit vient aux filles (par l'amour évidemment, avec des ruses aussi efficaces qu'inoffensives).

Pour un genre sans prétention, le pari est à mon goût assez réussi. Evidemment, ce n'est pas impérissable et on peut préférer Grétry ou Boïeldieu. Mais c'est, dans le domaine qui est le sien, tout à fait convaincant.

Attention, prévenons : l'harmonie ne dépasse jamais le 2-5-1, les rythmes sont de quatre croches la mesure, la mélodie faite d'accords de sixtes conjoints, et on frôle dans les moments les plus audacieux les deux modulations l'heure. Le propos n'est pas de fournir une oeuvre innovante ou même intéressante musicalement. C'est un petit spectacle rafraîchissant, disons.


Il existe deux versions du Devin du Village :

Louis de Froment (1956)
Colette : Janine Micheau
Colin : Nicolai Gedda
Le Devin : Michel Roux
Orchestre de Chambre Louis de Froment
Choeur Raymond Saint Paul
EMI, studio

René Clemencic (1991)
Colette : Eva Kirchner
Colin : Thomas Müller de Vries
Le Devin : Dongkyu Choy
Alpe Adria Ensemble
Nuova Era, sur le vif

Durée approximative de l'oeuvre : 50 minutes.


Mise à jour, 24 décembre 2007 :

Pour écouter l'oeuvre, on peut se reporter à notre page de téléchargement (version Froment).

Dans le même goût d'oeuvre brévissime et candide, CSS recommande plutôt Les Troqueurs de Dauvergne, avec sa musique encore ramiste et son allant délicieux. (Très roborative version Christie avec la Capella Coloniensis en grand éveil et Rivenq, Salzmann, Marin-Degor, Saint-Palais.)
Dans les deux cas, longue réjouissance finale à la manière ramiste (un grand ballet avec ariettes).

Car malgré son appartenance au coin de la Reine (du côté des Italiens dans la Querelle des Bouffons), Rousseau produit une oeuvre harmoniquement, librettistiquement et structurellement française. [2] Evidemment, le charme de la musique badine y prime sur la manière déclamatoire de la tragédie lyrique - mais pour le registre de l'opéra comique (même s'il y a ici absence de dialogues), nous demeurons parfaitement dans le ton. L'oeuvre ne démérite pas au demeurant par rapport à la manière Grétry.

(fin de la mise à jour)


Notez bien que Rousseau n'a, très logiquement, pas écrit de poèmes dramatiques pour la tragédie lyrique, il s'agit de Jean-Baptiste Rousseau (notamment l'auteur du livret du Vénus & Adonis d'Henri Desmarest).


Annexes

Qu'est-ce que le genre opéra comique ?

Pour en savoir plus sur l'opéra comique.

Commentaires sur d'autres opéras comiques :

Notes

[1] On rapproche très souvent son sujet de Bastien et Bastienne de Mozart.

[2] Comment ne pas songer ici à Liszt qui, se décrivant comme « le plus tzigane du royaume de Hongrie » a composé de façon cocasse, dans sa Deuxième Rhapsodie Hongroise, où il n’emprunte aucun thème répertorié, un matériau qui rappelle plutôt le folklore… roumain.


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Commentaires

1. Le mercredi 5 juillet 2006 à , par Bra :: site

J'avais assisté à un colloque organisé par l'Université Lumière Lyon 2 et la Bibliothèque municipale de Lyon il y a 4 ans, consacré à Rousseau et son devin. Je me souviens de débats très compliqué et ne faisant pas toujours l'unanimité... Je me rappelle aussi de l'exécution du Devin, assez risible d'ailleurs...

2. Le mercredi 5 juillet 2006 à , par DavidLeMarrec

Risible, sous quel angle ?

3. Le mercredi 2 août 2006 à , par Sylvie Eusèbe

Cher David, bonjour !

À la faveur d’un récent congé, j’ai enfin pu terminer la lecture de « La Nouvelle Héloïse ». Voici pourquoi je ne réagis que maintenant à votre sujet qui date déjà de quelques semaines.
Je ne commenterai ni le style (souvent peu clair), ni l’histoire (trop longue à mon goût) de ce célèbre roman épistolaire, mais j’aimerais m’arrêter sur quelques passages où Rousseau disserte sur la musique.
C’est surtout dans les lettres de Saint-Preux qu’il aborde ce sujet. Son personnage, séjournant quelque temps à Paris, assiste à une représentation à l’opéra et en visite les coulisses. Comme vous le signalez dans vos lignes sur la Querelle des Bouffons, Rousseau est farouchement opposé à la musique française et très hostile au goût du public français, ce qui donne lieu à de savoureux passages. Il fait écrire à Saint-Preux quelques remarques bien senties et qui surprennent par leur actualité, comme par exemple sur le public : « … ces hurlements (les « cris » des chanteurs) sont presque la seule chose qu’applaudissent les spectateurs. À leurs battements de mains, on les prendrait pour des sourds charmés de saisir par-ci par-là quelques sons perçants, et qui veulent engager les acteurs à les redoubler. Pour moi, je suis persuadé qu’on applaudit les cris d’une actrice à l’Opéra comme les tours de force d’un bateleur à la foire… ».
Voici un autre exemple à propos du sens du rythme des mélomanes français : « Charmés de sentir un moment cette cadence qu’ils sentent si peu, ils se tourmentent l’oreille, la voix, les bras, les pieds, et tout le corps, pour courir après la mesure toujours prête à leur échapper ; au lieu que l’Allemand et l’Italien, qui en sont intimement affectés, la sentent et la suivent sans aucun effort, et n’ont jamais besoin de la battre ».
Et je ne résiste pas au plaisir d’une dernière citation décrivant les chanteurs : « On voit les actrices, presque en convulsion, arracher avec violence ces glapissements de leurs poumons, les poings fermés contre la poitrine, la tête en arrière, le visage enflammé, les vaisseaux gonflés, l’estomac pantelant ; on ne sait lequel est le plus désagréablement affecté, de l’œil ou de l’oreille… »

Sur la musique elle-même, voici juste ceci : « … je soutiens que, pour tout homme qui n’est pas dépourvu du goût des beaux-arts, la musique française, la danse et le merveilleux mêlés ensemble, feront toujours de l’Opéra de Paris le plus ennuyeux spectacle qui puisse exister.»
(Ces quatre extraits sont tirés de la lettre XXIII de la seconde partie de « La Nouvelle Héloïse »)

Quant à sa description de l’opéra, de la machinerie, j’ai admiré l’ironie avec laquelle il décrit le « Deus ex machina », et les décors en général. Cela ne le fait pas rêver, il semble trouver les procédés si grotesques qu’ils rebutent l’imagination.

Je ne connais que très peu d’œuvres musicales de Rousseau. Dans ses « Confessions », il raconte plusieurs anecdotes qui prouvent qu’il ne se fait pas trop d’illusions sur son « talent » en la matière, ce qui est pour cet homme qui semble avoir une haute opinion de lui-même un bel effort de sincérité ! Pourtant, après nous avoir bien montré toutes ses difficultés à apprendre la musique, il ne peut s’empêcher de conclure : « Au fond, je savais fort bien la musique ; je ne manquais que de cette vivacité du premier coup d’œil que je n’eus jamais sur rien, et qui ne s’acquiert en musique que par une pratique consommée » (« Les Confessions », Livre cinquième). Humm, on voit que Rousseau était un bon marcheur, et qu’il n’avait donc pas mal aux chevilles…

De Rousseau compositeur, je n’ai en mémoire que quelques pièces pour clarinette (des duos). C’est gentil, élégant, sans prétention… Cela rejoint tout à fait votre appréciation du « Devin du village » à qui je n’ai pas l’honneur d’être présentée !
S

4. Le mercredi 2 août 2006 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Sylvie, heureux de vous relire dans ces pages !


À la faveur d’un récent congé, j’ai enfin pu terminer la lecture de « La Nouvelle Héloïse ». Voici pourquoi je ne réagis que maintenant à votre sujet qui date déjà de quelques semaines.

Il n’y a pas de mal, c’est au contraire fait pour. J’ai choisi la forme chronologique pour des raisons de facilité de lecture, mais il n’est nullement interdit d’exhumer, bien au contraire !



Je ne commenterai ni le style (souvent peu clair), ni l’histoire (trop longue à mon goût) de ce célèbre roman épistolaire,

C’est un peu le principe (et l’intérêt) du genre. D’euphémismes en non dits qu’il faut reconstituer, c’est un jeu du roman épistolaire, et bien sûr la longueur, car l’usage qu’on en faisait n’était pas le même qu’aujourd’hui – où nous sommes abreuvés de divertissements divers.
Je comprends tout à fait, cela dit, qu’on puisse ne pas adhérer à ce style qui peut paraître emprunté, sans la grâce de romans antérieurs du genre Scudéry.


Voici un autre exemple à propos du sens du rythme des mélomanes français : « Charmés de sentir un moment cette cadence qu’ils sentent si peu, ils se tourmentent l’oreille, la voix, les bras, les pieds, et tout le corps, pour courir après la mesure toujours prête à leur échapper ; au lieu que l’Allemand et l’Italien, qui en sont intimement affectés, la sentent et la suivent sans aucun effort, et n’ont jamais besoin de la battre ».

Tout à fait d’accord pour pendre les spectateurs qui le font, particulièrement ceux de la tendance pédestre.

Et je ne résiste pas au plaisir d’une dernière citation décrivant les chanteurs : « On voit les actrices, presque en convulsion, arracher avec violence ces glapissements de leurs poumons, les poings fermés contre la poitrine, la tête en arrière, le visage enflammé, les vaisseaux gonflés, l’estomac pantelant ; on ne sait lequel est le plus désagréablement affecté, de l’œil ou de l’oreille… »

Oui, Rousseau est particulièrement hermétique au raptus tragique, poverino.

Sur la musique elle-même, voici juste ceci : « … je soutiens que, pour tout homme qui n’est pas dépourvu du goût des beaux-arts, la musique française, la danse et le merveilleux mêlés ensemble, feront toujours de l’Opéra de Paris le plus ennuyeux spectacle qui puisse exister.»
(Ces quatre extraits sont tirés de la lettre XXIII de la seconde partie de « La Nouvelle Héloïse »)

Quant à sa description de l’opéra, de la machinerie, j’ai admiré l’ironie avec laquelle il décrit le « Deus ex machina », et les décors en général. Cela ne le fait pas rêver, il semble trouver les procédés si grotesques qu’ils rebutent l’imagination.

Ca peut se défendre, mais il faut alors jeter une bonne partie de l’antique à la corbeille. Ce qui ne le gênerait pas, je le devine !

Merci beaucoup pour ce relevé éloquent !


Je ne connais que très peu d’œuvres musicales de Rousseau. Dans ses « Confessions », il raconte plusieurs anecdotes qui prouvent qu’il ne se fait pas trop d’illusions sur son « talent » en la matière, ce qui est pour cet homme qui semble avoir une haute opinion de lui-même un bel effort de sincérité !

Le bonhomme est contradictoire en diable. D’une grande certitude de sa clairvoyance, en effet, mais toujours prêt à mettre en scène ses doutes et ses fautes, à les étaler, mais in fine sans les reconnaître. Le dispositif des Dialogues est à ce titre très éloquent : Rousseau juge Jean-Jacques, et l’on obtient trois instances qui sont trois incarnations distinctes de Rousseau, et qui débattent des erreurs et des excuses de Jean-Jacques.

Pourtant, après nous avoir bien montré toutes ses difficultés à apprendre la musique, il ne peut s’empêcher de conclure : « Au fond, je savais fort bien la musique ; je ne manquais que de cette vivacité du premier coup d’œil que je n’eus jamais sur rien, et qui ne s’acquiert en musique que par une pratique consommée » (« Les Confessions », Livre cinquième). Humm, on voit que Rousseau était un bon marcheur, et qu’il n’avait donc pas mal aux chevilles…

Oui, c’est tout à fait typique de ses dispositifs : postuler qu’il a raison, étaler ses infirmités, pour finalement se dédouaner largement. Drôle de système, puisqu’il met une délectation certaine à s’accuser, ce qui jette le lecteur dans le trouble, et lui donne des armes. Mais Rousseau, lui, termine convaincu de sa bonne foi et de son mérite, en effet…


De Rousseau compositeur, je n’ai en mémoire que quelques pièces pour clarinette (des duos). C’est gentil, élégant, sans prétention… Cela rejoint tout à fait votre appréciation du « Devin du village » à qui je n’ai pas l’honneur d’être présentée !

Je crains le pire pour du Rousseau instrumental. Autant une comédie gentillette peut être soutenue par l’intrigue, fût-elle gentillette, autant ici… J’ignorais même que ce fût publié !

5. Le mercredi 2 août 2006 à , par Sylvie Eusèbe

Bravo pour votre diligence du Sud-Ouest :-) !

C’est « La Nouvelle Héloïse » qui m’a un peu assommée, car en général j’aime beaucoup la forme épistolaire. Les très célèbres « Liaisons dangereuses » sont pour moi l’exemple parfait de ce type de roman, autant pour le style (superbe) que pour le fond (qui offre un bon échantillon de la nature humaine), mais j’apprécie aussi dans un genre plus soft la « Delphine » de Madame de Staël.

« La tendance pédestre » se trouve être la mienne… enfin, seulement quand je joue, pas quand j’écoute, heureusement pour les voisins !

Je suis certaine que vous avez mis le « raptus » pour avoir le plaisir de m’expliquer de quoi il s’agit, n’est-ce pas ;-)?

Les 4 duos pour clarinettes auxquels je pensais sont enregistrés par Michel Portal et Paul Meyer, c’est comme cela que je les connais. Il s’agit d’un CD publié en 1998 chez EMI classique (7243 5 56732 2 0), le disque rassemble des duos de Haydn, Mozart, Yost, CPE Bach. Les « 4 airs pour deux clarinettes » de J.-J. Rousseau sont datés de 1770, et durent 7’45’’.

Et merci pour votre claire synthèse de la « méthode Rousseau » :-) !

6. Le mercredi 2 août 2006 à , par DavidLeMarrec

Bravo pour votre diligence du Sud-Ouest :-) !


Accent garanti du terroir. Magnifiques exemplaires de "e" caducs, d'origine. Attention les nasalisations sont un peu ébréchées du côté du "n". Prix raisonnable. A saisir.


« La tendance pédestre » se trouve être la mienne… enfin, seulement quand je joue, pas quand j’écoute, heureusement pour les voisins !


Oui, alors c'est permis !

Mais vous attisez ma curiosité. Vous jouez...


Je suis certaine que vous avez mis le « raptus » pour avoir le plaisir de m’expliquer de quoi il s’agit, n’est-ce pas ;-)?


Absolument pas, mais si vous y tenez. :-)
Le raptus est tout simplement un "mouvement violent de l'âme", ce qui emporte, enlève à soi-même. C'est une constante chez les héros de tragédie, que doivent rendre les acteurs.


Les 4 duos pour clarinettes auxquels je pensais sont enregistrés par Michel Portal et Paul Meyer, c’est comme cela que je les connais. Il s’agit d’un CD publié en 1998 chez EMI classique (7243 5 56732 2 0), le disque rassemble des duos de Haydn, Mozart, Yost, CPE Bach. Les « 4 airs pour deux clarinettes » de J.-J. Rousseau sont datés de 1770, et durent 7’45’’.


Merci beaucoup. Question triviale de ma part : les autres oeuvres sont intéressantes ? :D

7. Le mercredi 2 août 2006 à , par Sylvie Eusèbe

Humm, je ne saisis pas l’article que vous faites… Comprenez comme vous voudrez ;-) !!!

« Jouer » est un bien grand mot pour le laborieux apprentissage de la clarinette que j’ai entrepris il y a maintenant 7 ans… Le temps passe vite, mais les progrès sont lents (proverbe heureusement anonyme)… Comme Rousseau, je déplore en musique ma lenteur dans l’assimilation, et crains de ne pouvoir jamais éduquer correctement mon oreille, ni acquérir le moindre sens du rythme (ce qui me fait tristement rejoindre le public français de Jean-Jacques)… Mais voilà pourquoi je suis un tout petit peu plus au courant du répertoire pour clarinette que pour d’autres instruments.

Merci pour la définition du « raptus ». Je m’étonne que 2JR, toujours prompt à s’émouvoir, ne vous semble pas sensible « à ce mouvement violent de l’âme ». À mon avis, il déploie trop dans ses écrits l’art de couper les sentiments en 10 000, pour ne pas ressentir les transports qu’il décrit ! Ceci dit, on peut être adepte du raptus dans la vie, et ne pas aimer ses représentations sur scène. L’exemple qui vient à mon esprit est tout récent, puisqu’il date d’hier soir, avec la représentation à Orange d’une Lucia dans le pur style « dramatico-lyrico-traditionnel ». Bon, mais avec cette musique, je ne vois pas bien ce qu’on peut faire d’autre…

J’aime beaucoup ce CD du duo Portal/Meyer pour les sons incroyablement doux, soyeux, voire cristallins que ces deux instrumentistes tirent de leurs clarinettes. Quant aux œuvres elles-mêmes, je les trouve un peu monotones, mais dans l’ensemble assez charmantes.

8. Le mercredi 2 août 2006 à , par DavidLeMarrec

Humm, je ne saisis pas l’article que vous faites… Comprenez comme vous voudrez ;-) !!!


Je me contente de noter l'affront et prépare avec soin la distribution de poches de bonbons en magnifique plastique frippé à l'entrée du concert Stutzmann de novembre. [souriard diabolique qui rit aux éclats]


« Jouer » est un bien grand mot pour le laborieux apprentissage de la clarinette que j’ai entrepris il y a maintenant 7 ans… Le temps passe vite, mais les progrès sont lents (proverbe heureusement anonyme)… Comme Rousseau, je déplore en musique ma lenteur dans l’assimilation, et crains de ne pouvoir jamais éduquer correctement mon oreille, ni acquérir le moindre sens du rythme (ce qui me fait tristement rejoindre le public français de Jean-Jacques)… Mais voilà pourquoi je suis un tout petit peu plus au courant du répertoire pour clarinette que pour d’autres instruments.

Je vois cela ! Ecouter du Rousseau instrumental est d'une belle audace, et je la salue comme il se doit.


Je m’étonne que 2JR,

Il s'appelle volontiers JJ dans les Dialogues... Mignon, n'est-il pas ? Comme cela sonne un peu sitcom américaine, vous ne trouvez pas ?
Sue Helen, Gigi a planté la voiture dans un arbre hier. Encore une de ses filles qui l'aura forcé à boire.


toujours prompt à s’émouvoir, ne vous semble pas sensible « à ce mouvement violent de l’âme ».

Le problème de Rousseau est qu'en plus d'une magnifique mauvaise foi, il bénéficiait d'un goût esthétique à peu près immonde. :-)


Ceci dit, on peut être adepte du raptus dans la vie, et ne pas aimer ses représentations sur scène.

Ou plutôt en aimer des formes plus accessibles à ses oreilles, comme ce cher JJ.


L’exemple qui vient à mon esprit est tout récent, puisqu’il date d’hier soir, avec la représentation à Orange d’une Lucia dans le pur style « dramatico-lyrico-traditionnel ». Bon, mais avec cette musique, je ne vois pas bien ce qu’on peut faire d’autre…

Oui, représentation réussie mais sans panache pour ce que j'en ai entendu hier (c'est-à-dire le premier quart d'heure). J'attendais beaucoup de Frontali, un peu déçu par sa sagesse. Je me souviens d'un Posa d'une générosité formidable ; pour une des rares fois à l'opéra (ou même au théâtre) où l'acteur semble suspendu à ce que lui disent ses partenaires, s'adresser à eux et non pas chanter bellement pour lui.


J’aime beaucoup ce CD du duo Portal/Meyer pour les sons incroyablement doux, soyeux, voire cristallins que ces deux instrumentistes tirent de leurs clarinettes. Quant aux œuvres elles-mêmes, je les trouve un peu monotones, mais dans l’ensemble assez charmantes.

Bien, je note. Je verrai si je peux dénicher ça quelque part. Merci !

9. Le mercredi 2 août 2006 à , par Sylvie Eusèbe

Humm, aïe aïe aïe, comme je redoute votre vendetta acidulée…
Devra-t-on donc annoncer que comme les téléphones portables, les photos et l’enregistrement, les friandises sont interdites pendant le spectacle ?!!! Notez que la contralto que vous citez n’est pas la dernière à apprécier les bonbons : au beau milieu de la scène et en plein concert, entre le Ier et le IIème acte de l’Orphée de Gluck, tous les spectateurs un peu attentifs du Concertgebouw d’Amsterdam l’ont vu sortir SILENCIEUSEMENT de sa poche une petite pastille qu’elle a gobé illico et très discrètement… Mais je doute qu’elle goûte un tel accompagnement pour les lieder du « Chant du Cygne » ;-) !!!

Ah oui, oui, 2JR était là pour faire doublement sitcom façon XVIIIe siècle : « en tirant trop sur la bride, cet affreux 2JR a fait verser la voiture de « Maman » dans le fossé… vilain « Petit » ! »

Pour la Lucia d’hier, je n’ai pas tenu beaucoup plus longtemps que vous ! Je voulais entendre M.-N. Lemieux (toujours classée dans les contraltos, … incroyable ;-) !!!) et bien sûr R. Villazon, mais une fois leur première scène respective finie, bonne nuit ! Sans surprise en effet.

Bon, je vais plier la toile pour aujourd’hui. Un grand merci pour le « live » de cet après-midi et A+ :-) !

10. Le mercredi 2 août 2006 à , par DavidLeMarrec

Devra-t-on donc annoncer que comme les téléphones portables, les photos et l’enregistrement, les friandises sont interdites pendant le spectacle ?!!!

Oh, ce ne sont pas tant les portables que leurs sonneries qui sont interdites. Il faut prendre garde à la formulation : dans ce cas, rien n'interdit de ne pas consommer de friandise mais d'apporter la poche avec soi pour que les enfants aient de la lecture et puissent en discuter à loisir pendant l'interminable concert.


Ah oui, oui, 2JR était là pour faire doublement sitcom façon XVIIIe siècle

Honte sur moi, je n'avais pas fait le rapprochement avec le fameux père de la réplique immortelle :
"Sue Helen, tu t'es encore remise à boire."


Pour la Lucia d’hier, je n’ai pas tenu beaucoup plus longtemps que vous ! Je voulais entendre M.-N. Lemieux (toujours classée dans les contraltos, … incroyable ;-) !!!) et bien sûr R. Villazon, mais une fois leur première scène respective finie, bonne nuit ! Sans surprise en effet.

Au demeurant, c'était plus qu'honnête, mais vraiment pas imaginatif. Ce qui peut devenir fatigant lorsqu'on a mainte fois entendu l'oeuvre.

De toute façon, l'écriture du rôle de Lucia m'assomme assez : beaucoup d'acrobaties, peu de texte intelligible. Si vous avez une adresse où l'on entend les consonnes, je suis preneur...


Bon, je vais plier la toile pour aujourd’hui. Un grand merci pour le « live » de cet après-midi et A+ :-) !

Mer6 a vs p se retr frakaçan !

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