Carnets sur sol

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[avant-concert] Hans ROTT - Symphonie en mi majeur - wagnérienne, brucknérienne ou mahlérienne ?


Les trois.

On avait déjà évoqué, il y a quatre ans, la figure étonnante de la Symphonie en mi de Hans Rott (1878-1880), célèbre pour avoir préfiguré Mahler, qui réutilisa très ostensiblement une bonne partie de sa symphonie en mi (alors inédite) dans sa propre Première...

Néanmoins, l'oeuvre suit une structure étrange, sur laquelle les lutins souhaitaient revenir. Manière aussi d'inciter les franciliens qui le peuvent d'aller honorer de leur présence le concert de Paavo Järvi et de l'Orchestre de Paris mercredi et jeudi Salle Pleyel, couplant l'oeuvre avec la Onzième Symphonie (dix minutes, inachevée) d'Eduard Tubin, dont il a déjà été question dans ces pages.

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Structure étrange, aussi bien par la grande amplitude de qualité entre les mouvements que par la diversité des styles entendus, par rapport à ce qu'on a l'habitude de se représenter comme des personnalités majeures de la composition germanique de cette époque.

Le premier mouvement alla breve débute sur un thème très wagnérien, soutenu par des arpèges de cordes typiques (on songe par exemple aux Préludes de Rheingold et surtout Parsifal). On y entend aussi des clartés plus mendelssohniennes, et quelques traits d'orchestration très mahleriennes chez les vents. Mais globalement, on pourrait décrire une thématique wagnérienne développée de façon assez brucknerienne, avec ses thèmes souvent juxtaposés, interrompus par des silences, et passant par tous les registres de l'orchestre, du plus délicat au plus tonitruant. Néanmoins ses soli évoquent assez vivement Mahler.

Le paisible mouvement lent sehr langsam tient beaucoup de la plénitude brucknerienne dans la thématique, mais sa progression "par paliers" ininterrompue annonce largement le final de la Troisième Symphonie de Mahler. Et la fin du mouvement contient un choral tout à fait typique du Mahler du Wunderhorn, du type de ceux qu'on entend dans l'Urlicht et le final de la Deuxième symphonie.

Le troisième mouvement, frisch und lebhaft, a tout de l'atmosphère d'un scherzo joyeusement tempêtueux, dont le thème et la carrure rythmique sont réutilisés quasiment littéralement (et moins bien orchestrés !) dans la Première Symphonie de Mahler (1888-1896). Le fait qu'ils aient partagé la même chambre d'étudiant lors de leurs études au Conservatoire de Vienne, et que sa symphonie n'ait, malgré ses démarches, jamais été jouée de son vivant, a nourri bon nombre de légitimes soupçons quant à l'appropriation partielle des travaux de Rott par Mahler. N'étant pas la part la plus géniale de la Première Symphonie, cela n'altère pas, bien évidemment, l'immensité de la figure de Mahler, mais ouvre beaucoup de possibilités sur les sources et l'existence d'autres oeuvres d'esthétique parente... et antérieures !

Le quatrième mouvement, enfin, est celui où éclate la puissance formelle et thématique de Rott, très mahlerien lui aussi, avec ses longs soli inquiets, comme dans le final de la Deuxième Symphonie, et sa construction irrésistible, à la façon du premier mouvement de la Troisième Symphonie. Ce mouvement partage avec cette oeuvre un sens de la progression (peut-être plus abouti encore que dans le Mahler !), du gigantisme, de la surprise et de l'exaltation, ainsi qu'une grande inspiration mélodique et harmonique. Et pourtant, au centre, une section mélodique toute simple, avec cadence haendelienne, qui évoque totalement le grande thème du dernier mouvement de la Première Symphonie de Brahms.
Ce (long) mouvement (de vingt-cinq minutes) consttitue le réel bijou de cette symphonie, qui la rend indispensable. Allergiques au triangle s'abstenir, tout de même.

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Comme si le compositeur avait progressé au cours de son écriture, chaque mouvement semble de qualité supérieure au précédent, et l'esthétique semble évoluer de Wagner à Mahler en ménageant une sensible station du côté de Bruckner. Et les deux derniers se révèlent de la plus haute inspiration, de bout en bout.

A découvrir... et à écouter en concert - probablement capté par France Musique aussi, mais l'impact physique de cette musique mérite d'être tenté en concert.


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Commentaires

1. Le mercredi 12 octobre 2011 à , par antoine

Bravo David de rendre (enfin) justice à Hans Rott et vous auriez même pu insister davantage sur l'ébouriffant scherzo. Vous auriez pu aussi ajouter schumannienne et brahmssienne, le tout sans point d'interrogation. Pour mémoire, sa symphonie pour cordes et son quatuor méritent aussi votre intérêt...

2. Le mercredi 12 octobre 2011 à , par antoine

Ps Savez-vous où le concert Järvi est retransmis (je n'ai pas le temps d'y aller hélas)? Merci

3. Le mercredi 12 octobre 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Antoine !

Brahmsien, je l'ai signalé effectivement, mais schumannien, je ne l'ai pas bien senti, c'est quand même peu, ce qu'il en reste après le passage de Wagner, Brahms et Bruckner, non ? :)

S'il est retransmis, ce sera sur France Musique et peut-être sur le site de diffusion vidéo de la Cité de la Musique. A vérifier.

Sinon, j'essaierai de vous trouver une solution, mais je ne puis rien garantir à cette heure.

Bonne soirée néanmoins !

4. Le jeudi 13 octobre 2011 à , par antoine

Tiens donc, vous avez raté le printemps? Moi, le concert, même chose...

5. Le dimanche 16 octobre 2011 à , par DavidLeMarrec

Oui, c'est de l'ordre de l'hommage, comme le Brahms, mais ce n'est pas ce qui est le plus structurant dans son langage. Au passage, record battu de la plus écrasante partie de triangle de tous les temps, c'en est presque un concerto.

Je toucherai un mot du concert dès que possible.

6. Le dimanche 16 octobre 2011 à , par antoine

Bon, alors, c'était comment?

7. Le dimanche 16 octobre 2011 à , par Ugolino le Profond

A peu près complètement nul.

8. Le dimanche 16 octobre 2011 à , par DavidLeMarrec

C'était comment ?

Sans avoir le fondu parfait des plus grands orchestres : le soyeux des cordes, la petite harmonie démentielle (rarement entendu aussi typé et incisif en concert !), et la section de cuivres très honorable, ça faisait un beau tableau, surtout que le Rott était exécuté avec beaucoup de lisibilité.

Le Tchaïkovsky était superbement accompagné, pour une lecture très classicisante de Kavakos, c'était assez étonnant comme résultat.

Il n'y avait que le Tubin qui était assez opaque, mais c'est plus l'orchestration du compositeur (très trapue, avec des cordes graves qui babillent trop pour la clarté) et l'acoustique de la salle qui sont en cause que les interprètes. C'est pareil dans les versions discographiques de toute façon.

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Programme magnifique, et très belle exécution, j'étais enchanté.

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@ Ugolino :

Oui, en fait ils ont fait tellement de pains dans Rott que ça ressemblait à du Mozart, et Järvi a carrément supprimé les contrechants de saxophone baryton dans le concerto de Tchaïkovsky. En plus, ils ont joué la Sonate pour clarinette et basson de Poulenc à la place du Tubin. Terrible.

Je passe encore pour le niais de service ou le ravi de la crèche, mais je m'en accommode assez bien, ma foi. :)

9. Le dimanche 16 octobre 2011 à , par Ugolino le Profond

S'ils avaient fait tellement de pains que ca ressemblait à du Mozart, ca aurait été peut être beaucoup mieux. Mais comme l'OP n'est même plus capable de jouer correctement du Beethoven sous la direction de Järvi, je pense qu'on peut abandonner tout espoir qu'ils soient un jour capable de jouer correctement quelque chose qui ressemblerait à du Mozart. Et ils n'ont pas joué la sonate pour clarinette et basson de Poulenc à la place de Tubin, mais "foutage de gueule en mi majeur pour cors incompétents".
Après, si on pense que l'orchestre le plus réputé de Paris, donc de rang international, peut se satisfaire d'un niveau d'orchestre de conservatoire (l'Orchestre du CNSM affichant plus de discipline orchestrale que l'OP dans ces concerts), effectivement on peut être content.

10. Le dimanche 16 octobre 2011 à , par DavidLeMarrec

Ca bavait un peu côté cors au début du Tubin (jeudi), mais enfin, ça restait ni plus ni moins que du Tubin, avec son charme et son empâtement. Et le reste du temps, ils ont été assez valeureux, même si la section de cuivres n'est évidemment pas le point fort de l'orchestre.

Quant à l'affaire de discipline, ce n'est vraiment pas un sujet pour moi, surtout quand on me propose un programme pareil.

Et il n'y a même pas besoin de se forcer, parce que ça a vraiment de l'allure - des orchestres vraiment à la peine dans du Beethoven ou du Rossini, j'en ai entendu, et ça remet les choses en perspective. :)

11. Le dimanche 16 octobre 2011 à , par Ugolino le Profond

Ca ne remet rien du tout en perspective : ce n'est pas l'orchestre de trifouillis-les-oies, c'est un orchestre supposé de rang international, porté par une communication énorme, et au final une vaste opération de poudre-aux-yeux.
Après si l'affaire de la discipline (autrement dit, comment un orchestre joue) n'est pas un sujet, autant filer toutes les pièces hors du répertoire à l'orchestre Colonne, puisque ca ne fait pas de différence...

Quelques remarques sur l'OP quand même :
– Ils jouaient globalement beaucoup mieux la saison dernière, au moins quand c'était Järvi qui dirigeait.
– Järvi ne dirigeait pas comme cela la saison dernière, et là il était dans un état d'impuissance à peu près total, tout ce qui fait la qualité de sa direction, y compris avec l'OP la saison dernière, étant absent.
– Les cuivres n'était quasiment jamais, en tant que pupitre, ensemble, d'où attaques floues, phrasés totalement à la ramasse, inconstance des lignes, ambitus des nuances réduit à rien – de toute façon Järvi leur avait demandé de jouer tout fort, parce qu'il sait qu'ils ne sont pas capables de faire un {piano} correct. Ce n'était pas juste des cors qui bavent un peu, c'était 90% des traits de cuivres ratés dans la symphonie de Rott, et je ne crois pas avoir entendu ça à Pleyel depuis très longtemps. Mais le reste des pupitres ne fait pas mieux, on les entend juste moins (ou pas du tout, comme la petite harmonie, qui est juste capable de sortir des solos corrects de temps en temps, et qui est insignifiante le reste du temps).
– Et je répète, Järvi avait demandé de jouer tout fort tout le temps pour faire illusion, ce qui est un déplorable constat d'échec pour lui.

La rumeur dit d'ailleurs que l'orchestre ne s'entend plus du tout avec lui, et quand on voit l'impuissance de Järvi et la chute dramatique du niveau de l'orchestre, ca paraît malheureusement crédible - à vrai dire, c'est à peu près la seule explication raisonnable que je vois, et ca serait une nouvelle preuve que c'est un orchestre de toquards.

12. Le dimanche 16 octobre 2011 à , par DavidLeMarrec

Si, ça remet très bien en perspective ce qui est suffisant pour rendre justice à une oeuvre et ce qui ne l'est pas.

Après, que l'Orchestre de Paris soit au niveau de sa réputation internationale, ça ne me passionne pas vraiment tant qu'il joue des choses rares avec le niveau de jeudi.

C'est possible, hein : je suis toujours étonné de voir les noms prestigieux qui l'ont dirigé, alors que ce n'est quand même pas un orchestre majeur en Europe.


Après si l'affaire de la discipline (autrement dit, comment un orchestre joue) n'est pas un sujet, autant filer toutes les pièces hors du répertoire à l'orchestre Colonne, puisque ca ne fait pas de différence...

Oh, mais ça aurait été le dernier des orchestres amateurs qui aurait joué ce répertoire, j'y serais allé. Je doute que j'eusse été aussi satisfait du résultat (et surtout qu'un orchestre amateur veuille / puisse programmer ça), mais j'en serais probablement sorti content quand même.

– Ils jouaient globalement beaucoup mieux la saison dernière, au moins quand c'était Järvi qui dirigeait.

Je ne les ai entendus la saison passée que pour le concert Schumann / Chausson / Webern / Dutilleux, et je les avais trouvés excellents, je ne suis donc pas juge sur l'ensemble de leur saison.

– Les cuivres n'était quasiment jamais, en tant que pupitre, ensemble, d'où attaques floues, phrasés totalement à la ramasse, inconstance des lignes, ambitus des nuances réduit à rien – de toute façon Järvi leur avait demandé de jouer tout fort, parce qu'il sait qu'ils ne sont pas capables de faire un {piano} correct.


C'est écrit comme cela, il n'y a pas de nuances fabuleuses attendues dans le dernier mouvement. Et pour le reste, je n'ai pas noté (avant du premier balcon) de déséquilibres gênants, au contraire il y avait une belle clarté d'ensemble. Franchement, quand tu écoutes Neeme avec Norrköping, les oreilles souffrent sans comparaison dans le quatrième mouvement - et c'est un zélateur du son nordique qui le dit. :)

Ce n'était pas juste des cors qui bavent un peu, c'était 90% des traits de cuivres ratés dans la symphonie de Rott,

Heu, jeudi ? Parce que sans avoir la partition sur les genoux, je suis un peu familier de cette partition, et les notes étaient bien là. Après, si par ratés tu veux dire pas assez fins à ton goût, là tout est possible. :)

Ce que je te concède en revanche, c'était que les cuivres étaient assez déconnectés du reste de la masse orchestrale, et n'avaient pas de beau fondu. Il en faut plus que ça pour m'épouvanter. :)

(ou pas du tout, comme la petite harmonie, qui est juste capable de sortir des solos corrects de temps en temps, et qui est insignifiante le reste du temps).

Ca faisait longtemps que je n'avais pas entendu une petite harmonie d'une telle personnalité, au contraire. L'intensité de la couleur était assez impressionnante, quelque chose qui évoquait, sans ses défauts, le son français des années soixante, un peu acide.
Ensuite, pour la virtuosité et l'assurance des soli, oui, il y a mieux, mais globalement, l'effet qui s'en dégage est assez puissant en ce qui me concerne.

La rumeur dit d'ailleurs que l'orchestre ne s'entend plus du tout avec lui, et quand on voit l'impuissance de Järvi et la chute dramatique du niveau de l'orchestre, ca paraît malheureusement crédible - à vrai dire, c'est à peu près la seule explication raisonnable que je vois, et ca serait une nouvelle preuve que c'est un orchestre de toquards.

Qu'ils ne s'entendent pas, ce ne serait pas étonnant, c'est le plus souvent comme cela entre musiciens, et vu le caractère particulièrement ingrat de certains chefs de pupitre à l'Orchestre de Paris, il ne serait pas étonnant qu'avec un chef un peu directif et d'une certaine ambition les frottements surviennent.

Après, musicalement, parler de tocards, ça reste de l'ordre de l'abus de langage.

13. Le dimanche 16 octobre 2011 à , par Ugolino le Profond

C'est écrit comme cela, il n'y a pas de nuances fabuleuses attendues dans le dernier mouvement.


L'excuse de la partition ne tient pas puisque c'est la même chose dans tous les répertoires. Il n'y a pas de nuances fabuleuses dans le dernier mouvement de la symphonie Franck, et pourtant c'était superbement contrôlé et varié sur la plan de la dynamique et du phrasé (l'an dernier, les mêmes avec Järvi).

Et pour le reste, je n'ai pas noté (avant du premier balcon) de déséquilibres gênants, au contraire il y avait une belle clarté d'ensemble.


Quand c'est constamment déséquilibré, cela donne l'impression que l'ensemble est normal.

Franchement, quand tu écoutes Neeme avec Norrköping, les oreilles souffrent sans comparaison dans le quatrième mouvement


Je ne sais pas, c'est un disque.

Heu, jeudi ? Parce que sans avoir la partition sur les genoux, je suis un peu familier de cette partition, et les notes étaient bien là.


Mais les notes ce n'est pas la musique ! On peut justifier toutes les horreurs avec cette idée-là. L'histoire du goût, c'est du relativisme au rabais et c'est un biais inacceptable : effectivement, si on zappe la question de la discipline, la seule qui compte dans la technique d'orchestre, et qu'on se met à compter les notes, on pourra trouver à peu près tout bien, à partir d'un certain niveau. Mais quand un pupitre de trompette n'a pas de cohérence, n'attaque pas, ne nuance pas et ne phrase pas ensemble, les notes sont peut être là mais ca ne peut être que raté, et cela ne relève ni de près ni de loin du goût. Et mercredi c'était ça quasiment tout le temps (je doute que ca ait changé drastiquement le lendemain, même si ca devait être un peu mieux).

Ca faisait longtemps que je n'avais pas entendu une petite harmonie d'une telle personnalité, au contraire. L'intensité de la couleur était assez impressionnante, quelque chose qui évoquait, sans ses défauts, le son français des années soixante, un peu acide.


Oui, le vieux mythe, ca joue avec les pieds et c'est inaudible, mais il y a de la "personnalité" et de la "couleur", ou pire de la "musicalité"...

Après, musicalement, parler de tocards, ça reste de l'ordre de l'abus de langage.


Non, c'est juste notre goût qui diffère (ca marche dans les deux sens) - enfin, en l’occurrence, plutôt nos valeurs. Quand on en est à faire musicalement plier Järvi, on est un tocard, c'est tout, qu'on mette toutes les notes ou pas.

14. Le lundi 17 octobre 2011 à , par DavidLeMarrec

Non, c'est juste notre goût qui diffère (ca marche dans les deux sens) - enfin, en l’occurrence, plutôt nos valeurs. Quand on en est à faire musicalement plier Järvi, on est un tocard, c'est tout, qu'on mette toutes les notes ou pas.


Tout à fait : on peut parler de discrépance de valeurs (ou d'attentes fondamentales) plus encore que de goût, parce qu'on ne va pas du tout au concert pour les mêmes motivations, et nous n'en retirons donc évidemment pas du tout les mêmes impressions.

Ca n'empêche pas de discuter cela dit, la preuve, même si l'interaction des arguments est difficile. :)


L'excuse de la partition ne tient pas puisque c'est la même chose dans tous les répertoires.

Le War Requiem avec Metzmacher était pourtant remarquablement maîtrisé de ce point de vue - sans comparaison avec l'ONF (mais c'était Saint-Denis et Bychkov, certes).

Je ne sais pas, c'est un disque.

Heu, si, ça s'entend quand même, si tu l'écoutes. Je m'attendais plutôt à ce que tu m'opposes que ce n'était "qu'un" orchestre de province suédois, ce qui est effectivement un argument pour relativiser ma remarque.

Mais les notes ce n'est pas la musique !

Si, un peu quand même. Soit je suis un cochon qui passe complètement à côté de la musique, ou au contraire un véritable démiurge qui recrée ce qui manque, mais lorsque j'ai les notes et les phrasés (sinon en effet ça ne fonctionne pas), je peux déjà prendre beaucoup de plaisir.


effectivement, si on zappe la question de la discipline, la seule qui compte dans la technique d'orchestre, et qu'on se met à compter les notes, on pourra trouver à peu près tout bien, à partir d'un certain niveau.

Tu vois, quand tu veux. :)

(je doute que ca ait changé drastiquement le lendemain, même si ca devait être un peu mieux).

Oui, c'est sûr.


Oui, le vieux mythe, ca joue avec les pieds et c'est inaudible, mais il y a de la "personnalité" et de la "couleur", ou pire de la "musicalité"...

Tu es libre de me traiter d'affabulateur, mais si tu voulais bien le faire ailleurs que sous mon toit. :) Pour qualifier une couleur musicale, à moins de faire une mesure du spectre sonore de chaque instrument, ça me paraît difficile autrement qu'avec des adjectifs vagues. Si tu as une solution...

Quand je dis une "couleur personnelle", ça veut dire ce que ça dit : une couleur qu'on n'entend pas ailleurs. J'ai précisé que par ailleurs ce n'était pas libre ou précis pour autant, mais ça donnait un caractère et un charme spécifique.


Je crois que tu as très bien posé le doigt sur le noeud de la question : à partir d'un certain niveau, la différence de qualité technique m'indiffère complètement. Et le plaisir tient alors à d'autres paramètres : une qualité d'abandon spécifique, une couleur instrumentale...

Je vais même plus loin : je me demande à quoi ça sert. Quand je vois des concours de piano où tous les candidats jouent les Etudes d'exécution transcendante sans effort visible... pourquoi récompenser le meilleur techniquement, ça sert à quoi, puisqu'ils peuvent tous à peu près tout jouer ?

Et c'est un peu la même chose pour les orchestres, tant qu'ils sont capables d'exécuter les oeuvres et y apportent ensuite un minimum d'engagement ou d'abandon, ça fait mon affaire. Je vais de toute façon au concert pour entendre les oeuvres, donc les interprètes restent très secondaires.

C'est moins vrai pour le chant, parce que le rôle du texte et de son appropriation est très spécifique dans une oeuvre chantée (du moins pour les oeuvres profanes et non chorales).
Je concède aussi, en la matière, un petit tropisme glottophile qui m'entraîne quelquefois malgré moi du côté obscur de la mélomanie.

15. Le mercredi 19 octobre 2011 à , par antoine

Je viens de lire vos commentaires et je suis au bord du K.O. Pour en sortir, si possible écouter moi-même le concert, mais comment, une solution?

16. Le mercredi 19 octobre 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Antoine,

J'ai vu des micros, mais pas de mention de captation pour France Musique sur le programme. (France Classique diffuse peut-être encore l'OP ?) Je vais essayer de trouver une solution, je ne promets rien.

17. Le lundi 12 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Message personnel à Antoine : je ne dispose pas de votre adresse dans les commentaires. Je dois l'avoir quelque part dans ma boîte, mais il serait plus simple que vous m'envoyiez simplement un petit courriel.

18. Le jeudi 29 décembre 2011 à , par antoine

Qu'apprends-je? David, vous pouvez m'adresser l'enregistrement de la Symphonie?

19. Le jeudi 29 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Antoine,

Je ferai ce que je pourrai dans les limites prévues par la loi, mais écrivez-moi un courriel, nous en causerons tout à loisir. (Vous l'avez sur la colonne de gauche.)

20. Le lundi 9 janvier 2012 à , par antoine

Bonsoir David,
J'ai expédié un courrier aux candidats à la présidentielle pour inclure dans leur programme de transformer Papa Noël en Papa David! J'ai tenté de vous adresser la contrepartie mais échec : vous avez changé d'adresse mail?

21. Le lundi 9 janvier 2012 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Antoine,

Non, mon adresse n'a pas changé, c'est celle qu'on peut trouver dans la colonne de gauche et par laquelle je vous ai écrit - mais quelquefois, deux adresses ne s'aiment pas. De toute façon, il n'y a nul besoin de contrepartie, j'ai fait seulement ce que j'ai pu dans la mesure de mes possibilités.

Mais je suis bien content que ça ait suffi à vous consoler d'avoir manqué ces soirées !

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