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Musique, domaine public - XLII - Yves (Nat) spielt auf

Aujourd'hui, pour reprendre le fil de nos enregistrements du domaine public, une petite collection de piano solo par Yves Nat.

Il faut recommander la fougue et la plénitude sonore (paradoxale, vu la saleté relative de son jeu) de sa Première Sonate de Beethoven, ou bien la folie poétique de sa Première Rhapsodie de Brahms, assez inapprochable, mais nous n'en disposons pas présentement.

Au programme, donc, par l'ordre alphabétique selon lequel les pièces apparaissent sur le serveur :


Beethoven, Quatorzième Sonate

Celle sous-titrée Clair de Lune par l'éditeur. Evidemment, la rondeur du son fait merveille dans la rêverie ratiocinante du premier mouvement. Le deuxième, sorte de Fanfarinette modérément grotesque, une feste galante raisonnablement claudicante, gagne en plastique captivante ce qu'elle perd en exactitude rythmique (précieuse ici, pour le rebond dansant).
La course à l'abîme du dernier mouvement, loin des chevauchées de la Lenore, demeure largement méditatif, bien plus que déchaîné, en évitant les paroxysmes et en profitant de chaque temps de pause pour s'étendre tout à loisir.

--

Beethoven, Vingt-troisième Sonate

L'Appasionata trouve ici un interprète très en relation avec son propos. Excessif jusqu'aux pains parfois généreux, souvent brouillon dans les traits ou ingénu dans la structure, mais fiévreux, toujours concerné à l'extrême. Et un son extraordinairement chaleureux. Toutes choses qui semblent, en fin de compte, parfaitement convenir à cette pièce.

--

Chopin, Deuxième Sonate

Le même feu se retrouve ici, particulièrement dans un premier mouvement très bousculé, mais habité de bout en bout, dans le moindre recoin exalté de la partition. Pas un motif n'est ignoré ou négligé. Sans équivalent - les sonates de Chopin, plus massives que le reste du corpus, réclament cet engagement.
Le scherzo en revanche souffre de ce manque d'arrogance technique, les martèlements n'y sont pas libres, et les pains parfois omniprésents. Amusant de percevoir cette conception quasiment démiurgique de la musique, où l'interprète n'est pas tant attaché aux notes qu'à se trouver possédé par l'esprit du compositeur, sa Pythie en quelque sorte.

Le fait est que le niveau technique a bien augmenté et qu'on ne tolèrerait plus cela aujourd'hui jusque dans les conservatoires.

La marche funèbre est monumentale, presque beethovenienne ou... wagnérienne. Epouvantable, tellurique, une colère à la façon d'Inbal. On avoue la préférer délicate, plus une prémonition sourde qu'une certitude panique, mais dans son parti pris, Nat est assez inapprochable. La reprise du cortège après le trio [1] est à faire bondir d'horreur. Ses trilles sont des tambours voilés de crêpe. Sa pédale généreuse enveloppe les phrasés du voile d'une tristesse insondable et violente.

La fin sèche débouche sur le tourbillon final, noyé sous la pédale, pas toujours exact, mais débordant de terreur. On admirera le visionnaire ou on exècrera le tricheur.

Faut-il préciser que nous sommes plutôt à situer dans la première catégorie ?

[Le public semble conquis également. On notera au passage la plaisanterie assez spéciale de jouer une sonate funèbre au profit d'un centre chirurgical pour enfants... Mais pourquoi pas, tant qu'ils ne sont pas dans la salle.]

--

Franck, Variations symphoniques

Dirigées par Gaston Poulet.
Ici, les flottements aussi bien chez le soliste que chez l'Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire - pas tant au niveau des notes que de la direction des phrasés - nous font préférer recommander la version Hengeveld / Beinum / Concertgebouw que nous proposions au mois d'avril dernier, parfaite d'équilibre et de beauté sonore.

Ici, malgré les désirs poétiques du pianiste, le résultat, prise de son aidant, ressemble plutôt à un déchiffrage collectif.

Nous le fournissons tout de même à titre de document.

--

Liszt, Deuxième Rhapsodie hongroise

Etrange choix, pour un pianiste approximatif, que cette pièce hautement brillante.

Le résultat intéressant, avec des jaillissements imprévus et lumineux, et aussi beaucoup de lourdeurs de trait, peut-être faute de liberté (et en raison d'une pédale parfois oubliée en position active). Mais, à la façon de Samson François, on rencontrera toujours chez Nat des fulgurances, qui même passagères, suscitent un sincère intérêt. Ici, la manière des extinctions avant le début d'une autre section est toujours divinement délicate.

--

Schumann, Fantaisie

On y rencontrera les mêmes qualités d'investissement (un peu moins de qualité sonore) que dans ses Beethoven, et le même aspect structurellement brouillon et digitalement incertain. Le résultat, sans être totalement un modèle, est intéressant.

--

Schumann, Kinderszenen (« Scènes d'enfants »)

Dans ces pièces assez modesques techniquement, Yves Nat peut déployer pleinement son art. Toucher extrêmement plein et chaleureux, phrasés très pianistiques (guère lyriques !) mais toujours inspirés, tendance au rubato [2] poétique, sens du climat, délicatesse rêveuse...

Idéal ici, un monde enchanté.

--

Pour charger les pistes du domaine public :

http://musicontempo.free.fr/yves_nat/

Notes

[1] C'est-à-dire la partie centrale plus apaisée d'un menuet, d'un scherzo, etc.

[2] Liberté prise avec le tempo.


--

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Commentaires

1. Le mardi 5 août 2008 à , par DavidLeMarrec

Annexe :

La ballade de Bürger et ses répétitions (jusqu'aux onomatopées) saisissantes.

 Lenore fuhr ums Morgenrot
 Empor aus schweren Träumen:
 "Bist untreu, Wilhelm, oder tot?
 Wie lange willst du säumen?" -
 Er war mit König Friedrichs Macht
 Gezogen in die Prager Schlacht
 Und hatte nicht geschrieben,
 Ob er gesund geblieben.

 Der König und die Kaiserin,
 Des langen Haders müde,
 Erweichten ihren harten Sinn
 Und machten endlich Friede;
 Und jedes Heer, mit Sing und Sang,
 Mit Paukenschlag und Kling und Klang,
 Geschmückt mit grünen Reisern,
 Zog heim zu seinen Häusern.

 Und überall, allüberall,
 Auf Wegen und auf Stegen,
 Zog alt und jung dem Jubelschall
 Der Kommenden entgegen.
 "Gottlob!" rief Kind und Gattin laut,
 "Willkommen!" manche frohe Braut;
 Ach! aber für Lenoren
 War Gruß und Kuß verloren.

 Sie frug den Zug wohl auf und ab
 Und frug nach allen Namen;
 Doch die erwünschte Kundschaft gab
 Nicht einer, so da kamen.
 Als nun das Heer vorüber war,
 Zerraufte sie ihr Rabenhaar
 Und taumelte zur Erde
 Mit wilder Angstgebärde.

 Die Mutter lief wohl hin zu ihr:
 "Ach! daß sich Gott erbarme!
 Du trautes Kind! was ist mir dir?"
 Und schloß sie in die Arme.
 "O Mutter, Mutter! Hin ist hin!
 Nun fahre Welt und alles hin!
 Gott heget kein Erbarmen;
 O weh, o weh mir Armen!" -

 "Hilf Gott! Hilf! Sieh' uns gnädig an!
 Kind, bet' ein Unser Vater!
 Was Gott thut, das ist wohlgetan,
 Gott, deines Heils Berater!" -
 "O Mutter, Mutter! Eitler Wahn!
 Gott hat an mir nicht wohlgetan!
 Was half, was half mein Beten?
 Nun ist's nicht mehr von nöten!" -

 "Hilf, Gott! hilf! Wer den Vater kennt,
 Der weiß, er hilft den Kindern.
 Das hochgelobte Sakrament
 Wird deinen Jammer lindern." -
 "O Mutter, Mutter, was mich brennt,
 Das lindert mir kein Sakrament!
 Kein Sakrament mag Leben
 Den Toten wiedergeben!" -

 "Hör' Kind! Wie, wenn der falsche Mann
 Im fernen Ungerlande
 Sich seines Glaubens abgethan
 Zum neuen Ehebande?
 Laß fahren, Kind, sein Herz dahin!
 Sein Herz hat's nimmermehr Gewinn!
 Wann Seel und Leib sich trennen,
 Wird ihn sein Meineid brennen!" -

 "O Mutter, Mutter! hin ist hin!
 Verloren ist verloren!
 Der Tod, der Tod ist mein Gewinn!
 O wär ich nie geboren!
 Lisch aus, mein Licht! auf ewig aus!
 Stirb hin! stirb hin! in Nacht und Graus!
 Kein Öl mag Glanz und Leben,
 Mag's nimmer wiedergeben!" -

 "Hilf Gott! hilf! Geh' nicht ins Gericht
 Mit deinem armen Kinde!
 Sie weiß nicht, was die Zunge spricht;
 Behalt' ihr nicht die Sünde!
 Ach Kind, vergiß dein irdisch Leid
 Und denk' an Gott und Seligkeit,
 So wird doch deiner Seelen
 Der Bräutigam nicht fehlen!" -

 "O Mutter! Was ist Seligkeit?
 O Mutter, was ist Hölle?
 Bei Wilhelm nur wohnt Seligkeit;
 Wo Wilhelm fehlt, brennt Hölle!
 Lisch aus, mein Licht! auf ewig aus!
 Stirb hin! stirb hin! in Nacht und Graus!
 Ohn' ihn mag ich auf Erden,
 Mag dort nicht selig werden!" - -

 So wütete Verzweifelung
 Ihr in Gehirn und Adern.
 Sie fuhr mit Gottes Fürsehung
 Vermessen fort zu hadern,
 Zerschlug den Busen und zerrang
 Die Hand bis Sonnenuntergang,
 Bis auf am Himmelsbogen
 Die goldnen Sterne zogen.

 Und außen, horch! ging's trap trap trap,
 Als wie von Rosses Hufen,
 Und klirrend stieg ein Reiter ab
 An des Geländers Stufen.
 Und horch! und horch! den Pfortenring
 Ging lose, leise, klinglingling!
 Dann kamen durch die Pforte
 Vernehmlich diese Worte:

 "Holla! Holla! Thu' auf, mein Kind!
 Schläfst, Liebchen, oder wachst du?
 Wie bist noch gegen mich gesinnt?
 Und weinest oder lachst du?" -
 "Ach, Wilhelm! du? - So spät bei Nacht?
 Geweinet hab' ich und gewacht;
 Ach! großes Leid erlitten!
 Wo kömmst du geritten?" -

 "Wir satteln nur um Mitternacht.
 Weit ritt ich her von Böhmen:
 Ich habe spät mich aufgemacht
 Und will dich mit mir nehmen!" -
 "Ach, Wilhelm! erst herein geschwind!
 Den Hagedorn durchsaust der Wind!
 Herein, in meinen Armen,
 Herzliebster, zu erwarmen!" -

 "Laß sausen durch den Hagedorn,
 Laß sausen, Kind, laß sausen!
 Der Rappe scharrt! es klirrt der Sporn;
 Ich darf allhier nicht hausen!
 Komm, schürze, spring' und schwinge dich
 Auf meinen Rappen hinter mich!
 Muß heut' noch hundert Meilen
 Mit dir ins Brautbett eilen." -

 "Ach! wolltest hundert Meilen noch
 Mich heut' ins Brautbett tragen?
 Und horch! Es brummt die Glocke noch,
 Die elf schon angeschlagen." -
 "Komm', komm'! der volle Mond scheint hell;
 Wir und die Toten reiten schnell,
 Ich bringe dich, zur Wette,
 Noch heut' ins Hochzeitbette." -

 "Sag' an! wo? wie dein Kämmerlein?
 Wo? wie das Hochzeitbettchen?"-
 "Weit, weit von hier! Still, kühl und klein! -
 Sechs Bretter und zwei Brettchen!" -
 "Hat's Raum für mich?" - "Für dich und mich!
 Komm', schürze, spring' und schwinge dich!
 Die Hochzeitsgäste hoffen;
 Die Kammer steht uns offen." -

 Und Liebchen schürzte, sprang und schwang
 Sich auf das Roß behende;
 Wohl um den trauten Reiter schlang
 Sie ihre Lilienhände,
 Haho! Haho! ha hopp hopp hopp!
 Fort ging's im sausenden Galopp,
 Der volle Mond schien helle;
 Wie ritten die Toten so schnelle!

 Zur rechten und zur linken Hand
 Vorbei vor ihren Blicken
 Wie flogen Anger, Heid' und Land!
 Wie donnerten die Brücken!
 "Graut Liebchen auch? - Der Mond scheint hell!
 Hurra! Die Toten reiten schnell!
 Graut Liebchen auch vor Toten?" -

 "Ach nein! doch laß die Toten!"
 Was klang dort für Gesang und Klang?
 Was flatterten die Raben?
 Horch, Glockenklang! Horch, Totensang!
 "Laßt uns den Leib begraben!"
 Und näher zog ein Leichenzug,
 Der Sarg und Totenbahre trug.
 Das Lied war zu vergleichen
 Dem Unkenruf in Teichen.

 "Nach Mitternacht begrabt den Leib
 Mit Klang und Sang und Klage!
 Erst führ' ich heim mein junges Weib;
 Mit, mit zum Brautgelage!
 Komm', Küster, hier! Komm mit dem Chor
 Und gurgle mir das Brautlied vor!
 Komm', Pfaff', und sprich den Segen,
 Eh' wir zu Bett uns legen!"-

 Still Klang und Sang - Die Bahre schwand. -
 Gehorsam seinem Rufen
 Kam's, hurre! hurre! nachgerannt
 Hart hinters Rappen Hufen,
 Haho! haho! ha! hopp, hopp, hopp!
 Fort ging's im sausenden Galopp;
 Der volle Mond schien helle;
 Wie ritten die Toten so schnelle! -

 Wie flogen rechts, wie flogen links
 Die Hügel, Bäum' und Hecken!
 Wie flogen links und rechts und links
 Die Dörfer, Städt' und Flecken!
 "Graut Liebchen auch? Der Mond scheint hell!
 Hurra! Die Toten reiten schnell!
 Graut Liebchen auch vor Toten?" -
 "Ach! Laß sie ruhn, die Toten!" -

 Sieh' da! Juchhei! Am Hochgericht
 Tanzt um des Rades Spindel,
 Halb sichtbarlich, bei Mondenlicht,
 Ein luftiges Gesindel.
 "Sa! sa! Gesindel, hier! komm' hier!
 Gesindel, komm und folge mir!
 Tanz' uns den Hochzeitreigen,
 Wann wir das Bett besteigen!" -

 Und das Gesindel, husch, husch, husch!
 Kam hinten nach geprasselt,
 Wie Wirbelwind am Haselbusch
 Durch dürre Blätter rasselt.
 Haho! haho! ha! hopp, hopp, hopp!
 Fort ging's im sausenden Galopp;
 Der volle Mond schien helle;
 Wie ritten die Toten so schnelle! -

 Wie flog, was rund der Mond beschien,
 Wie flog es in die Ferne!
 Wie flogen oben überhin
 Der Himmel und die Sterne!
 "Graut Liebchen auch? Der Mond scheint hell!
 "Hurra! die Toten reiten schnell!
 Graut Liebchen auch vor Toten?" -
 "O weh! Laß ruhn die Toten!" - - -

 "Rapp'! Rapp'! Mich dünkt, der Hahn schon ruft, -
 Bald wird der Sand verrinnen. -
 Rapp'! Rapp'! Ich wittre Morgenluft,
 Rapp'! Tummle dich von hinnen! -
 Vollbracht! Vollbracht ist unser Lauf!
 Das Hochzeitsbette thut sich auf;
 Wir sind, wir sind zur Stelle;
 Ha! reiten die Toten nicht schnelle?" -

 Rasch auf ein eisern Gitterthor
 Ging's mit verhängtem Zügel;
 Mit schwanker Gert' ein Schlag davor
 Zersprengte Schloß und Riegel.
 Die Flügel flogen klirrend auf,
 Und über Gräber ging der Lauf;
 Es blinkten Leichensteine
 Ringsum im Mondenscheine.

 Ha sieh'! ha sieh'! Im Augenblick,
 Hu! hu! ein gräßlich Wunder!
 Des Reiters Koller, Stück für Stück,
 Fiel ab wie mürber Zunder,
 Zum Schädel ohne Zopf und Schopf,
 Zum nackten Schädel ward sein Kopf;
 Sein Körper zum Gerippe
 Mit Stundenglas und Hippe.

 Hoch bäumte sich, wild schnob der Rapp'
 Und sprühte Feuerfunken;
 Und hui! war's unter ihr hinab
 Verschwunden und versunken!
 Geheul! Geheul aus hoher Luft,
 Gewinsel kam aus tiefer Gruft;
 Lenorens Herz, mit Beben,
 Rang zwischen Tod und Leben.

 Nun tanzten wohl bei Mondenglanz
 Rundum herum im Kreise
 Die Geister einen Kettentanz
 Und heulten diese Weise:
 "Geduld! Geduld! Wenn's Herz auch bricht!
 Mit Gottes Allmacht hadre nicht!
 Des Leibes bist du ledig;
 Gott sei der Seele gnädig!" Lenore fuhr ums Morgenrot
 Empor aus schweren Träumen:
 "Bist untreu, Wilhelm, oder tot?
 Wie lange willst du säumen?" -
 Er war mit König Friedrichs Macht
 Gezogen in die Prager Schlacht
 Und hatte nicht geschrieben,
 Ob er gesund geblieben.

 Der König und die Kaiserin,
 Des langen Haders müde,
 Erweichten ihren harten Sinn
 Und machten endlich Friede;
 Und jedes Heer, mit Sing und Sang,
 Mit Paukenschlag und Kling und Klang,
 Geschmückt mit grünen Reisern,
 Zog heim zu seinen Häusern.

 Und überall, allüberall,
 Auf Wegen und auf Stegen,
 Zog alt und jung dem Jubelschall
 Der Kommenden entgegen.
 "Gottlob!" rief Kind und Gattin laut,
 "Willkommen!" manche frohe Braut;
 Ach! aber für Lenoren
 War Gruß und Kuß verloren.

 Sie frug den Zug wohl auf und ab
 Und frug nach allen Namen;
 Doch die erwünschte Kundschaft gab
 Nicht einer, so da kamen.
 Als nun das Heer vorüber war,
 Zerraufte sie ihr Rabenhaar
 Und taumelte zur Erde
 Mit wilder Angstgebärde.

 Die Mutter lief wohl hin zu ihr:
 "Ach! daß sich Gott erbarme!
 Du trautes Kind! was ist mir dir?"
 Und schloß sie in die Arme.
 "O Mutter, Mutter! Hin ist hin!
 Nun fahre Welt und alles hin!
 Gott heget kein Erbarmen;
 O weh, o weh mir Armen!" -

 "Hilf Gott! Hilf! Sieh' uns gnädig an!
 Kind, bet' ein Unser Vater!
 Was Gott thut, das ist wohlgetan,
 Gott, deines Heils Berater!" -
 "O Mutter, Mutter! Eitler Wahn!
 Gott hat an mir nicht wohlgetan!
 Was half, was half mein Beten?
 Nun ist's nicht mehr von nöten!" -

 "Hilf, Gott! hilf! Wer den Vater kennt,
 Der weiß, er hilft den Kindern.
 Das hochgelobte Sakrament
 Wird deinen Jammer lindern." -
 "O Mutter, Mutter, was mich brennt,
 Das lindert mir kein Sakrament!
 Kein Sakrament mag Leben
 Den Toten wiedergeben!" -

 "Hör' Kind! Wie, wenn der falsche Mann
 Im fernen Ungerlande
 Sich seines Glaubens abgethan
 Zum neuen Ehebande?
 Laß fahren, Kind, sein Herz dahin!
 Sein Herz hat's nimmermehr Gewinn!
 Wann Seel und Leib sich trennen,
 Wird ihn sein Meineid brennen!" -

 "O Mutter, Mutter! hin ist hin!
 Verloren ist verloren!
 Der Tod, der Tod ist mein Gewinn!
 O wär ich nie geboren!
 Lisch aus, mein Licht! auf ewig aus!
 Stirb hin! stirb hin! in Nacht und Graus!
 Kein Öl mag Glanz und Leben,
 Mag's nimmer wiedergeben!" -

 "Hilf Gott! hilf! Geh' nicht ins Gericht
 Mit deinem armen Kinde!
 Sie weiß nicht, was die Zunge spricht;
 Behalt' ihr nicht die Sünde!
 Ach Kind, vergiß dein irdisch Leid
 Und denk' an Gott und Seligkeit,
 So wird doch deiner Seelen
 Der Bräutigam nicht fehlen!" -

 "O Mutter! Was ist Seligkeit?
 O Mutter, was ist Hölle?
 Bei Wilhelm nur wohnt Seligkeit;
 Wo Wilhelm fehlt, brennt Hölle!
 Lisch aus, mein Licht! auf ewig aus!
 Stirb hin! stirb hin! in Nacht und Graus!
 Ohn' ihn mag ich auf Erden,
 Mag dort nicht selig werden!" - -

 So wütete Verzweifelung
 Ihr in Gehirn und Adern.
 Sie fuhr mit Gottes Fürsehung
 Vermessen fort zu hadern,
 Zerschlug den Busen und zerrang
 Die Hand bis Sonnenuntergang,
 Bis auf am Himmelsbogen
 Die goldnen Sterne zogen.

 Und außen, horch! ging's trap trap trap,
 Als wie von Rosses Hufen,
 Und klirrend stieg ein Reiter ab
 An des Geländers Stufen.
 Und horch! und horch! den Pfortenring
 Ging lose, leise, klinglingling!
 Dann kamen durch die Pforte
 Vernehmlich diese Worte:

 "Holla! Holla! Thu' auf, mein Kind!
 Schläfst, Liebchen, oder wachst du?
 Wie bist noch gegen mich gesinnt?
 Und weinest oder lachst du?" -
 "Ach, Wilhelm! du? - So spät bei Nacht?
 Geweinet hab' ich und gewacht;
 Ach! großes Leid erlitten!
 Wo kömmst du geritten?" -

 "Wir satteln nur um Mitternacht.
 Weit ritt ich her von Böhmen:
 Ich habe spät mich aufgemacht
 Und will dich mit mir nehmen!" -
 "Ach, Wilhelm! erst herein geschwind!
 Den Hagedorn durchsaust der Wind!
 Herein, in meinen Armen,
 Herzliebster, zu erwarmen!" -

 "Laß sausen durch den Hagedorn,
 Laß sausen, Kind, laß sausen!
 Der Rappe scharrt! es klirrt der Sporn;
 Ich darf allhier nicht hausen!
 Komm, schürze, spring' und schwinge dich
 Auf meinen Rappen hinter mich!
 Muß heut' noch hundert Meilen
 Mit dir ins Brautbett eilen." -

 "Ach! wolltest hundert Meilen noch
 Mich heut' ins Brautbett tragen?
 Und horch! Es brummt die Glocke noch,
 Die elf schon angeschlagen." -
 "Komm', komm'! der volle Mond scheint hell;
 Wir und die Toten reiten schnell,
 Ich bringe dich, zur Wette,
 Noch heut' ins Hochzeitbette." -

 "Sag' an! wo? wie dein Kämmerlein?
 Wo? wie das Hochzeitbettchen?"-
 "Weit, weit von hier! Still, kühl und klein! -
 Sechs Bretter und zwei Brettchen!" -
 "Hat's Raum für mich?" - "Für dich und mich!
 Komm', schürze, spring' und schwinge dich!
 Die Hochzeitsgäste hoffen;
 Die Kammer steht uns offen." -

 Und Liebchen schürzte, sprang und schwang
 Sich auf das Roß behende;
 Wohl um den trauten Reiter schlang
 Sie ihre Lilienhände,
 Haho! Haho! ha hopp hopp hopp!
 Fort ging's im sausenden Galopp,
 Der volle Mond schien helle;
 Wie ritten die Toten so schnelle!

 Zur rechten und zur linken Hand
 Vorbei vor ihren Blicken
 Wie flogen Anger, Heid' und Land!
 Wie donnerten die Brücken!
 "Graut Liebchen auch? - Der Mond scheint hell!
 Hurra! Die Toten reiten schnell!
 Graut Liebchen auch vor Toten?" -

 "Ach nein! doch laß die Toten!"
 Was klang dort für Gesang und Klang?
 Was flatterten die Raben?
 Horch, Glockenklang! Horch, Totensang!
 "Laßt uns den Leib begraben!"
 Und näher zog ein Leichenzug,
 Der Sarg und Totenbahre trug.
 Das Lied war zu vergleichen
 Dem Unkenruf in Teichen.

 "Nach Mitternacht begrabt den Leib
 Mit Klang und Sang und Klage!
 Erst führ' ich heim mein junges Weib;
 Mit, mit zum Brautgelage!
 Komm', Küster, hier! Komm mit dem Chor
 Und gurgle mir das Brautlied vor!
 Komm', Pfaff', und sprich den Segen,
 Eh' wir zu Bett uns legen!"-

 Still Klang und Sang - Die Bahre schwand. -
 Gehorsam seinem Rufen
 Kam's, hurre! hurre! nachgerannt
 Hart hinters Rappen Hufen,
 Haho! haho! ha! hopp, hopp, hopp!
 Fort ging's im sausenden Galopp;
 Der volle Mond schien helle;
 Wie ritten die Toten so schnelle! -

 Wie flogen rechts, wie flogen links
 Die Hügel, Bäum' und Hecken!
 Wie flogen links und rechts und links
 Die Dörfer, Städt' und Flecken!
 "Graut Liebchen auch? Der Mond scheint hell!
 Hurra! Die Toten reiten schnell!
 Graut Liebchen auch vor Toten?" -
 "Ach! Laß sie ruhn, die Toten!" -

 Sieh' da! Juchhei! Am Hochgericht
 Tanzt um des Rades Spindel,
 Halb sichtbarlich, bei Mondenlicht,
 Ein luftiges Gesindel.
 "Sa! sa! Gesindel, hier! komm' hier!
 Gesindel, komm und folge mir!
 Tanz' uns den Hochzeitreigen,
 Wann wir das Bett besteigen!" -

 Und das Gesindel, husch, husch, husch!
 Kam hinten nach geprasselt,
 Wie Wirbelwind am Haselbusch
 Durch dürre Blätter rasselt.
 Haho! haho! ha! hopp, hopp, hopp!
 Fort ging's im sausenden Galopp;
 Der volle Mond schien helle;
 Wie ritten die Toten so schnelle! -

 Wie flog, was rund der Mond beschien,
 Wie flog es in die Ferne!
 Wie flogen oben überhin
 Der Himmel und die Sterne!
 "Graut Liebchen auch? Der Mond scheint hell!
 "Hurra! die Toten reiten schnell!
 Graut Liebchen auch vor Toten?" -
 "O weh! Laß ruhn die Toten!" - - -

 "Rapp'! Rapp'! Mich dünkt, der Hahn schon ruft, -
 Bald wird der Sand verrinnen. -
 Rapp'! Rapp'! Ich wittre Morgenluft,
 Rapp'! Tummle dich von hinnen! -
 Vollbracht! Vollbracht ist unser Lauf!
 Das Hochzeitsbette thut sich auf;
 Wir sind, wir sind zur Stelle;
 Ha! reiten die Toten nicht schnelle?" -

 Rasch auf ein eisern Gitterthor
 Ging's mit verhängtem Zügel;
 Mit schwanker Gert' ein Schlag davor
 Zersprengte Schloß und Riegel.
 Die Flügel flogen klirrend auf,
 Und über Gräber ging der Lauf;
 Es blinkten Leichensteine
 Ringsum im Mondenscheine.

 Ha sieh'! ha sieh'! Im Augenblick,
 Hu! hu! ein gräßlich Wunder!
 Des Reiters Koller, Stück für Stück,
 Fiel ab wie mürber Zunder,
 Zum Schädel ohne Zopf und Schopf,
 Zum nackten Schädel ward sein Kopf;
 Sein Körper zum Gerippe
 Mit Stundenglas und Hippe.

 Hoch bäumte sich, wild schnob der Rapp'
 Und sprühte Feuerfunken;
 Und hui! war's unter ihr hinab
 Verschwunden und versunken!
 Geheul! Geheul aus hoher Luft,
 Gewinsel kam aus tiefer Gruft;
 Lenorens Herz, mit Beben,
 Rang zwischen Tod und Leben.

 Nun tanzten wohl bei Mondenglanz
 Rundum herum im Kreise
 Die Geister einen Kettentanz
 Und heulten diese Weise:
 "Geduld! Geduld! Wenn's Herz auch bricht!
 Mit Gottes Allmacht hadre nicht!
 Des Leibes bist du ledig;
 Gott sei der Seele gnädig!" Lenore fuhr ums Morgenrot
 Empor aus schweren Träumen:
 "Bist untreu, Wilhelm, oder tot?
 Wie lange willst du säumen?" -
 Er war mit König Friedrichs Macht
 Gezogen in die Prager Schlacht
 Und hatte nicht geschrieben,
 Ob er gesund geblieben.

 Der König und die Kaiserin,
 Des langen Haders müde,
 Erweichten ihren harten Sinn
 Und machten endlich Friede;
 Und jedes Heer, mit Sing und Sang,
 Mit Paukenschlag und Kling und Klang,
 Geschmückt mit grünen Reisern,
 Zog heim zu seinen Häusern.

 Und überall, allüberall,
 Auf Wegen und auf Stegen,
 Zog alt und jung dem Jubelschall
 Der Kommenden entgegen.
 "Gottlob!" rief Kind und Gattin laut,
 "Willkommen!" manche frohe Braut;
 Ach! aber für Lenoren
 War Gruß und Kuß verloren.

 Sie frug den Zug wohl auf und ab
 Und frug nach allen Namen;
 Doch die erwünschte Kundschaft gab
 Nicht einer, so da kamen.
 Als nun das Heer vorüber war,
 Zerraufte sie ihr Rabenhaar
 Und taumelte zur Erde
 Mit wilder Angstgebärde.

 Die Mutter lief wohl hin zu ihr:
 "Ach! daß sich Gott erbarme!
 Du trautes Kind! was ist mir dir?"
 Und schloß sie in die Arme.
 "O Mutter, Mutter! Hin ist hin!
 Nun fahre Welt und alles hin!
 Gott heget kein Erbarmen;
 O weh, o weh mir Armen!" -

 "Hilf Gott! Hilf! Sieh' uns gnädig an!
 Kind, bet' ein Unser Vater!
 Was Gott thut, das ist wohlgetan,
 Gott, deines Heils Berater!" -
 "O Mutter, Mutter! Eitler Wahn!
 Gott hat an mir nicht wohlgetan!
 Was half, was half mein Beten?
 Nun ist's nicht mehr von nöten!" -

 "Hilf, Gott! hilf! Wer den Vater kennt,
 Der weiß, er hilft den Kindern.
 Das hochgelobte Sakrament
 Wird deinen Jammer lindern." -
 "O Mutter, Mutter, was mich brennt,
 Das lindert mir kein Sakrament!
 Kein Sakrament mag Leben
 Den Toten wiedergeben!" -

 "Hör' Kind! Wie, wenn der falsche Mann
 Im fernen Ungerlande
 Sich seines Glaubens abgethan
 Zum neuen Ehebande?
 Laß fahren, Kind, sein Herz dahin!
 Sein Herz hat's nimmermehr Gewinn!
 Wann Seel und Leib sich trennen,
 Wird ihn sein Meineid brennen!" -

 "O Mutter, Mutter! hin ist hin!
 Verloren ist verloren!
 Der Tod, der Tod ist mein Gewinn!
 O wär ich nie geboren!
 Lisch aus, mein Licht! auf ewig aus!
 Stirb hin! stirb hin! in Nacht und Graus!
 Kein Öl mag Glanz und Leben,
 Mag's nimmer wiedergeben!" -

 "Hilf Gott! hilf! Geh' nicht ins Gericht
 Mit deinem armen Kinde!
 Sie weiß nicht, was die Zunge spricht;
 Behalt' ihr nicht die Sünde!
 Ach Kind, vergiß dein irdisch Leid
 Und denk' an Gott und Seligkeit,
 So wird doch deiner Seelen
 Der Bräutigam nicht fehlen!" -

 "O Mutter! Was ist Seligkeit?
 O Mutter, was ist Hölle?
 Bei Wilhelm nur wohnt Seligkeit;
 Wo Wilhelm fehlt, brennt Hölle!
 Lisch aus, mein Licht! auf ewig aus!
 Stirb hin! stirb hin! in Nacht und Graus!
 Ohn' ihn mag ich auf Erden,
 Mag dort nicht selig werden!" - -

 So wütete Verzweifelung
 Ihr in Gehirn und Adern.
 Sie fuhr mit Gottes Fürsehung
 Vermessen fort zu hadern,
 Zerschlug den Busen und zerrang
 Die Hand bis Sonnenuntergang,
 Bis auf am Himmelsbogen
 Die goldnen Sterne zogen.

 Und außen, horch! ging's trap trap trap,
 Als wie von Rosses Hufen,
 Und klirrend stieg ein Reiter ab
 An des Geländers Stufen.
 Und horch! und horch! den Pfortenring
 Ging lose, leise, klinglingling!
 Dann kamen durch die Pforte
 Vernehmlich diese Worte:

 "Holla! Holla! Thu' auf, mein Kind!
 Schläfst, Liebchen, oder wachst du?
 Wie bist noch gegen mich gesinnt?
 Und weinest oder lachst du?" -
 "Ach, Wilhelm! du? - So spät bei Nacht?
 Geweinet hab' ich und gewacht;
 Ach! großes Leid erlitten!
 Wo kömmst du geritten?" -

 "Wir satteln nur um Mitternacht.
 Weit ritt ich her von Böhmen:
 Ich habe spät mich aufgemacht
 Und will dich mit mir nehmen!" -
 "Ach, Wilhelm! erst herein geschwind!
 Den Hagedorn durchsaust der Wind!
 Herein, in meinen Armen,
 Herzliebster, zu erwarmen!" -

 "Laß sausen durch den Hagedorn,
 Laß sausen, Kind, laß sausen!
 Der Rappe scharrt! es klirrt der Sporn;
 Ich darf allhier nicht hausen!
 Komm, schürze, spring' und schwinge dich
 Auf meinen Rappen hinter mich!
 Muß heut' noch hundert Meilen
 Mit dir ins Brautbett eilen." -

 "Ach! wolltest hundert Meilen noch
 Mich heut' ins Brautbett tragen?
 Und horch! Es brummt die Glocke noch,
 Die elf schon angeschlagen." -
 "Komm', komm'! der volle Mond scheint hell;
 Wir und die Toten reiten schnell,
 Ich bringe dich, zur Wette,
 Noch heut' ins Hochzeitbette." -

 "Sag' an! wo? wie dein Kämmerlein?
 Wo? wie das Hochzeitbettchen?"-
 "Weit, weit von hier! Still, kühl und klein! -
 Sechs Bretter und zwei Brettchen!" -
 "Hat's Raum für mich?" - "Für dich und mich!
 Komm', schürze, spring' und schwinge dich!
 Die Hochzeitsgäste hoffen;
 Die Kammer steht uns offen." -

 Und Liebchen schürzte, sprang und schwang
 Sich auf das Roß behende;
 Wohl um den trauten Reiter schlang
 Sie ihre Lilienhände,
 Haho! Haho! ha hopp hopp hopp!
 Fort ging's im sausenden Galopp,
 Der volle Mond schien helle;
 Wie ritten die Toten so schnelle!

 Zur rechten und zur linken Hand
 Vorbei vor ihren Blicken
 Wie flogen Anger, Heid' und Land!
 Wie donnerten die Brücken!
 "Graut Liebchen auch? - Der Mond scheint hell!
 Hurra! Die Toten reiten schnell!
 Graut Liebchen auch vor Toten?" -

 "Ach nein! doch laß die Toten!"
 Was klang dort für Gesang und Klang?
 Was flatterten die Raben?
 Horch, Glockenklang! Horch, Totensang!
 "Laßt uns den Leib begraben!"
 Und näher zog ein Leichenzug,
 Der Sarg und Totenbahre trug.
 Das Lied war zu vergleichen
 Dem Unkenruf in Teichen.

 "Nach Mitternacht begrabt den Leib
 Mit Klang und Sang und Klage!
 Erst führ' ich heim mein junges Weib;
 Mit, mit zum Brautgelage!
 Komm', Küster, hier! Komm mit dem Chor
 Und gurgle mir das Brautlied vor!
 Komm', Pfaff', und sprich den Segen,
 Eh' wir zu Bett uns legen!"-

 Still Klang und Sang - Die Bahre schwand. -
 Gehorsam seinem Rufen
 Kam's, hurre! hurre! nachgerannt
 Hart hinters Rappen Hufen,
 Haho! haho! ha! hopp, hopp, hopp!
 Fort ging's im sausenden Galopp;
 Der volle Mond schien helle;
 Wie ritten die Toten so schnelle! -

 Wie flogen rechts, wie flogen links
 Die Hügel, Bäum' und Hecken!
 Wie flogen links und rechts und links
 Die Dörfer, Städt' und Flecken!
 "Graut Liebchen auch? Der Mond scheint hell!
 Hurra! Die Toten reiten schnell!
 Graut Liebchen auch vor Toten?" -
 "Ach! Laß sie ruhn, die Toten!" -

 Sieh' da! Juchhei! Am Hochgericht
 Tanzt um des Rades Spindel,
 Halb sichtbarlich, bei Mondenlicht,
 Ein luftiges Gesindel.
 "Sa! sa! Gesindel, hier! komm' hier!
 Gesindel, komm und folge mir!
 Tanz' uns den Hochzeitreigen,
 Wann wir das Bett besteigen!" -

 Und das Gesindel, husch, husch, husch!
 Kam hinten nach geprasselt,
 Wie Wirbelwind am Haselbusch
 Durch dürre Blätter rasselt.
 Haho! haho! ha! hopp, hopp, hopp!
 Fort ging's im sausenden Galopp;
 Der volle Mond schien helle;
 Wie ritten die Toten so schnelle! -

 Wie flog, was rund der Mond beschien,
 Wie flog es in die Ferne!
 Wie flogen oben überhin
 Der Himmel und die Sterne!
 "Graut Liebchen auch? Der Mond scheint hell!
 "Hurra! die Toten reiten schnell!
 Graut Liebchen auch vor Toten?" -
 "O weh! Laß ruhn die Toten!" - - -

 "Rapp'! Rapp'! Mich dünkt, der Hahn schon ruft, -
 Bald wird der Sand verrinnen. -
 Rapp'! Rapp'! Ich wittre Morgenluft,
 Rapp'! Tummle dich von hinnen! -
 Vollbracht! Vollbracht ist unser Lauf!
 Das Hochzeitsbette thut sich auf;
 Wir sind, wir sind zur Stelle;
 Ha! reiten die Toten nicht schnelle?" -

 Rasch auf ein eisern Gitterthor
 Ging's mit verhängtem Zügel;
 Mit schwanker Gert' ein Schlag davor
 Zersprengte Schloß und Riegel.
 Die Flügel flogen klirrend auf,
 Und über Gräber ging der Lauf;
 Es blinkten Leichensteine
 Ringsum im Mondenscheine.

 Ha sieh'! ha sieh'! Im Augenblick,
 Hu! hu! ein gräßlich Wunder!
 Des Reiters Koller, Stück für Stück,
 Fiel ab wie mürber Zunder,
 Zum Schädel ohne Zopf und Schopf,
 Zum nackten Schädel ward sein Kopf;
 Sein Körper zum Gerippe
 Mit Stundenglas und Hippe.

 Hoch bäumte sich, wild schnob der Rapp'
 Und sprühte Feuerfunken;
 Und hui! war's unter ihr hinab
 Verschwunden und versunken!
 Geheul! Geheul aus hoher Luft,
 Gewinsel kam aus tiefer Gruft;
 Lenorens Herz, mit Beben,
 Rang zwischen Tod und Leben.

 Nun tanzten wohl bei Mondenglanz
 Rundum herum im Kreise
 Die Geister einen Kettentanz
 Und heulten diese Weise:
 "Geduld! Geduld! Wenn's Herz auch bricht!
 Mit Gottes Allmacht hadre nicht!
 Des Leibes bist du ledig;
 Gott sei der Seele gnädig!"

2. Le mardi 5 août 2008 à , par DavidLeMarrec

Et une traduction en prose proposée par Nerval.


Lénore se lève au point du jour, elle échappe à de tristes rêves : « Wilhelm, mon époux ! es-tu mort ? es-tu parjure ? Tarderas-tu long-temps encore ? » Le soir même de ses noces il était parti pour la bataille de Prague, à la suite du roi Frédéric, et n’avait depuis donné aucune nouvelle de sa santé.

Mais le roi et l’impératrice, las de leurs querelles sanglantes, s’apaisant peu à peu, conclurent enfin la paix ; et cling ! et clang ! au son des fanfares et des timbales, chaque armée, se couronnant de joyeux feuillages, retourna dans ses foyers.

Et partout et sans cesse, sur les chemins, sur les ponts, jeunes et vieux, fourmillaient à leur rencontre. « Dieu soit loué ! » s’écriaient maint enfant, mainte épouse. « Sois le bien venu ! » s’écriait mainte fiancée. Mais, hélas ! Lénore seule attendait en vain le baiser du retour.

Elle parcourt les rangs dans tous les sens ; partout elle interroge. De tous ceux qui sont revenus, aucun ne peut lui donner de nouvelles de son époux bien aimé. Les voilà déjà loin : alors, arrachant ses cheveux , elle se jette à terre et s’y roule avec délire.

Sa mère accourt : « Ah ! Dieu t’assiste ! Qu’est-ce donc, ma pauvre enfant ? » et elle la serre dans ses bras. « Oh ! ma mère, ma mère, il est mort ! mort ! que périsse le monde et tout ! Dieu n’a point de pitié ! Malheur ! malheur à moi !

— » Dieu nous aide et nous fasse grâce ! Ma fille, implore notre père : ce qu’il fait est bien fait, et jamais il ne nous refuse son secours. — Oh ! ma mère, ma mère ! vous vous trompez Dieu m’a abandonnée : à quoi m’ont servi mes prières ? à quoi me serviront-elles ?

— » Mon Dieu ! ayez pitié de nous ! Celui qui connait le père sait bien qu’il n’abandonne pas ses enfants : le Très-Saint-Sacrement calmera toutes tes peines! — Oh ! ma mère, ma mère !…. Aucun sacrement ne peut rendre la vie aux morts !…..

— » Mon Dieu ! ayez pitié de nous. N’entrez point en jugement avec ma pauvre enfant ; elle ne sait pas la valeur de ses paroles….. ne les lui comptez pas pour des péchés ! Ma fille, oublie les chagrins de la terre ; pense à Dieu et au bonheur céleste ; car il te reste un époux dans le ciel !

— » Oh ! ma mère , qu’est-ce que le bonheur ? Ma mère, qu’est-ce que l’enfer ?….. Le bonheur est avec Wilhelm, et l’enfer sans lui ! Éteins-toi, flambeau de ma vie, éteins-toi dans l’horreur des ténèbres ! Dieu n’a point de pitié…. Oh ! malheureuse que je suis ! »

Ainsi le fougueux désespoir déchirait son cœur et son âme, et lui faisait insulter à la providence de Dieu. Elle se meurtrit le sein, elle se tordit les bras jusqu’au coucher du soleil, jusqu’à l’heure où les étoiles dorées glissent sur la voûte des cieux.

Mais au dehors quel bruit se fait entendre ? Trap ! trap ! trap !….. C’est comme le pas d’un cheval. Et puis il semble qu’un cavalier en descende avec un cliquetis d’armures ; il monte les degrés…. Écoutez ! écoutez !… La sonnette a tinté doucement… Klinglingling ! et, à travers la porte, une douce voix parle ainsi :

— » Holà ! holà ! ouvre-moi, mon enfant ! Veilles-tu ? ou dors-tu ? Es-tu dans la joie ou dans les pleurs ? — Ah ! Wilhelm ! c’est donc toi ! si tard dans la nuit !… Je veillais et je pleurais….. Hélas ! j’ai cruellement souffert…. D’où viens-tu donc sur ton cheval ?

— » Nous ne montons à cheval qu’à minuit; et j’arrive du fond de la Bohême : c’est pourquoi je suis venu tard, pour te remmener avec moi. — Ah! Wilhelm, entre ici d’abord ; car j’entends le vent siffler dans la forêt…..

— » Laisse le vent siffler dans la forêt, enfant ; qu’importe que le vent siffle. Le cheval gratte la terre, les éperons résonnent ; je ne puis pas rester ici. Viens, Lénore, chausse-toi, saute en croupe sur mon cheval ; car nous avons cent lieues à faire pour atteindre à notre demeure.

— » Hélas ! comment veux-tu que nous fassions aujourd’hui cent lieues, pour atteindre à notre demeure ? Écoute ! la cloche de minuit vibre encore. — Tiens ! tiens ! comme la lune brille !…. Nous et les morts, nous allons vite ; je gage que je t’y conduirai aujourd’hui même.

— Dis-moi donc où est ta demeure ?

Y a-t-il place pour moi ? — Pour nous deux. Viens, Lénore, saute en croupe : le banquet de noces est préparé, et les conviés nous attendent. »

La jeune fille se chausse, s’élance, saute en croupe sur le cheval ; et puis en avant ; hop ! hop ! hop ! Ainsi retentit le galop…. Cheval et cavalier respiraient à peine ; et, sous leurs pas, les cailloux étincelaient.

Oh ! comme à droite, à gauche, s’envolaient à leur passage, les prés, les bois et les campagnes ; comme sous eux les ponts retentissaient ! « — A-t-elle peur, ma mie ? La lune brille….. Hurra ! les morts vont vite. A-t-elle peur des morts ? — Non….. Mais laisse les morts en paix !

» Qu’est-ce donc là-bas que ce bruit et ces chants ? Où volent ces nuées de corbeaux ? Écoute….. c’est le bruit d’une cloche ; ce sont les chants des funérailles : « Nous avons un mort à ensevelir. » Et le convoi s’approche accompagné de chants qui semblent les rauques accents des hôtes des marécages.

? » Après minuit vous ensevelirez ce corps avec tout votre concert de plaintes et de chants sinistres : moi, je conduis mon épousée, et je vous invite au banquet de mes noces. Viens, chantre, avance avec le chœur, et nous entonne l’hymne du mariage. Viens, prêtre, tu nous béniras.

Plaintes et chants , tout a cessé….. la bière a disparu….. Sensible à son invitation , voilà le convoi qui les suit….. Hurra ! hurra ! Il serre le cheval de près, et puis en avant ! Hop ! hop ! hop ! ainsi retentit le galop….. Cheval et cavalier respiraient à peine, et sous leurs pas les cailloux étin- celaient.

Oh! comme à droite, à gauche s’envolaient à leur passage les prés, les bois et les campagnes. Et comme à gauche, à droite, s’envolaient les villages, les bourgs et les villes. — « A-t-elle peur, ma mie ? La lune brille Hurra! les morts vont vite….. A-t-elle peur des morts ? — Ah ! laisse donc les morts en paix.

? » Tiens ! tiens ! vois-tu s’agiter, auprès de ces potences, des fantômes aériens, que la lune argente et rend visibles ? Ils dansent autour de la roue. Çà ! coquins, approchez ; qu’on me suive et qu’on danse le bal des noces….. Nous allons au banquet joyeux. »

Husch ! husch ! husch ! toute la bande s’élance après eux, avec le bruit du vent, parmi les feuilles desséchées : et puis en avant ! Hop ! hop ! hop ! ainsi retentit le galop. Cheval et cavalier respiraient à peine, et sous leurs pas les cailloux étincelaient.

Oh ! comme s’envolait, comme s’envolait au loin tout ce que la lune éclairait autour d’eux !…. Comme le ciel et les étoiles fuyaient au-dessus de leurs têtes! » — A-t-elle peur, ma mie ? La lune brille…. Hurra ! les morts vont vite….. — Oh mon Dieu ! laisse en paix les morts.

— » Courage, mon cheval noir. Je crois que le coq chante : le sablier bientôt sera tout écoulé….. Je sens l’air du matin Mon cheval , hâte-toi….. Finie , finie est notre course ! J’aperçois notre demeure…. Les morts vont vite….. Nous voici ! »

Il s’élance à bride abattue contre une grille en fer, la frappe légèrement d’un coup de cravache….. Les verroux se brisent, les deux battants se retirent en gémissant. L’élan du cheval l’emporte parmi des tombes qui, à l’éclat de la lune, apparaissent de tous côtés.

Ah ! voyez !… au même instant s’opère un effrayant prodige : hou ! hou ! le manteau du cavalier tombe pièce à pièce comme de l’amadou brûlée ; sa tête n’est plus qu’une tête de mort décharnée, et son corps devient un squelette qui tient une faux et un sablier.

Le cheval noir se cabre furieux, vomit des étincelles, et soudain….. hui ! s’abîme et disparaît dans les profondeurs de la terre : des hurlements , des hurlements descendent des espaces de l’air, des gémissements s’élèvent des tombes souterraines….. Et le cœur de Lénore palpitait de la vie à la mort.

Et les esprits, à la clarté de la lune, se formèrent en rond autour d’elle, et dansèrent chantant ainsi : « Patience ! patience ! quand la peine brise ton cœur, ne blasphème jamais le Dieu du ciel ! Voici ton corps délivré….. que Dieu fasse grâce à ton âme ! »

3. Le mardi 11 avril 2017 à , par Roderick

Bonjour David,
Les liens semblent avoir disparu...
Est-ce définitif ou temporaire ?
Sinon je trouverai un autre filon pour ces Kinderszenen...
Bonne journée
Pierre

4. Le vendredi 14 avril 2017 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Pierre !

A priori, c'est Free qui a changé sa politique d'accès (sans prévenir personne avant que ce ne soit fait, comme d'habitude) il y a quelques années, rendant l'accès direct à tous les dossiers impossible. Donc si je n'ai pas viré le dossier en croyant qu'il n'était plus relié à rien, je l'ai toujours. Je peux te l'envoyer si tu veux.

Bises à Madeline.

5. Le dimanche 16 avril 2017 à , par DavidLeMarrec

Et voici, sur mon autre serveur, l'ensemble du dossier Nat. Bonne écoute !

6. Le lundi 17 avril 2017 à , par Roderick

Merci !

DavidLeMarrec :
Bises à Madeline


Elle a une mine de déterrée ce matin.

7. Le mardi 18 avril 2017 à , par DavidLeMarrec

Oh, que c'est vilain !

Ce n'est pas ainsi qu'on aime une sœur !

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