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Les disques du jour - XVIII - Franz SCHMIDT, Symphonies 3 & 4

Deux disques aujourd'hui.

Issues d'un calme romantisme tardif, ces deux symphonies présentent un déploiement sous forme de long serpentement, autour de motifs sans cesse réutilisés, comme chez Felix Weingartner, mais avec sans doute plus de subtilité.

L'écriture en est beaucoup plus stable, moins lyrique, plus 'carrée' que chez les poststraussiens, sans ces harmonies délétères aussi. La parenté est plus mahlerienne, sans doute, dans le maintien de la tension, quoique l'orchestration n'en présente pas les couleurs bariolées. Nous ne sommes pas non plus dans un développement orthodoxe de type bruckerien.
Structurellement, on retrouve des attitudes similaires à Weingartner, mais le ton adopté est beaucoup plus mélancolique, et le savoir-faire de compositeur plus grand. Les tempi y sont retenus de façon très homogène, créant une extension comme infinie de ce cheminement sinueux.

Et contrairement à la plupart de ses contemporains des années trente, Schmidt écrit une musique orchestrale qui tient réellement de la musique pure ; pas de musique à programme affichée, cachée ou même imaginable. C'est aussi sensible dans son fameux opéra, Notre-Dame de Paris, très stable également dans son écriture. Du sérieux loin de tout décadentisme.

Tout cela assimile plutôt Schmidt à un postwagnérisme proche d'Engelbert Humperdinck et de Siegfried Wagner qu'aux héritiers de Richard Strauss. Le début du deuxième mouvement de la Quatrième n'est pas sans évoquer Siegfried-Idyll (le motif ascendant pour solistes), et la fin du premier mouvement rappelle même furieusement... Brahms[1] !
Néanmoins sans sévérité, d'une simplicité plutôt affable - malgré cet rigueur du propos. Une simplicité qu'on a véritablement plaisir à goûter.




Chaudement recommandés, ces deux disques très bien interprétés.




La Quatrième, avec Zubin Mehta à la tête de Philharmonique de Vienne (Decca). Etonnamment, le résultat est tout de même moins probant en termes d'élan, de naturel et de lisibilité que Marko Letonja et le Symphonique de Bâle - sans parler de la prise de son CPO qui ridiculise Decca.

On la trouve dans deux couplages différents :


Avec la Première Symphonie de Chambre de Schönberg.


Avec la Deuxième Symphonie de Mahler, Ileana Cotrubas et Christa Ludwig en solistes. (Plus facile à trouver et moins cher.) Cette interprétation de la Deuxième est très réussie, spectaculaire, quoiqu'un peu extérieure. Complément bienvenu, donc, quoique pas très original.




La Troisième avec Paavo Järvi à la tête du Symphonique de Chicago (Chandos). Sensiblement le même traitement que Mehta/Vienne, et couplé avec le rare Concerto pour Orchestre Op.38 de Hindemith[2].





Les mouvements sont à entendre dans leur intégralité, et assez longs (dix à quinze minutes l'unité), aussi, il n'y aura pas d'extrait pour cette fois-ci.

Mais, assurément, Schmidt touche ici à un degré de poésie, fût-elle abstraite, assez notable.

Notes

[1] Voir les timbales obstinées, à la façon de Denn alles Fleisch es ist wie Gras, le deuxième mouvement du Deutsches Requiem.

[2] Petit rigolo (par intérim) devant l'Eternel.


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