Carnets sur sol

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A la découverte de Franz SCHREKER

A été (profondément) mis à jour le 20 août 2009.

A titre de repère : 1878-1934.

Pas vraiment une présentation, son univers est à ce point riche qu'on s'y perdrait. Mais quelques repères parmi les disques existants : oeuvres et interprétations.

Je me prête rarement au jeu discographique ici, par choix. Il me semble qu'il s'agit toujours d'une solution de facilité pour ne pas parler des oeuvres. C'est un badinage agréable, mais peu instructif en fin de compte, à part pour faire impression dans des dîners.

Dans la grotte sur la butte Baccalan où je vis prisonnier du palais enchanté du mauvais mage Sourdis (ennemi mortel du mage blanc Berland), cette fonctionnalité ne me serait guère utile, aussi décochai-je l'option dans le cahier des charges de CSS.

Ici, c'est une motivation bien précise qui me mène à aborder le sujet. Je suis souvent amené à chanter les louanges de Franz Schreker, mais il faut bien reconnaître que le faire en tant que tel ne mène pas bien loin, tant on rencontre de tons différents dans son oeuvre, malgré une certaine homogénéité stylistique.
C'est pourquoi je propose ici quelques repères pour y naviguer en connaissance de cause.




Avec un extrait à savourer pendant la lecture. Michael Gielen et l'Orchestre de la Radio de Berlin, un extrait de Vorspiel einer Drama.


1. Le catalogue

Deux adresses classées par genre, puis par ordre chronologique.
La première est limpide sur la succession, la seconde regroupe plus clairement les ensembles.

On y trouve essentiellement : les opéras, les oeuvres orchestrales, les lieder, les oeuvres chorales ; plus des genres hybrides entre pièce symphonique et lied, pièce symphonique et théâtre (préludes, mélodrame, pantomime...). Et bien sûr de la musique de chambre, moins centrale dans sa production.

Attention, la discographie proposée par la Fondation Schreker est très incomplète.


2. Les opéras

Dix oeuvres, dont sept ont été publiées au disque. Depuis une quinzaine d'années, ces oeuvres sont aussi jouées, progressivement, un peu partout en territoire germanique, bien que ce soit au compte-goutte. Mais Braunfels, Pfitzner et Siegfried Wagner, eux, doivent se contenter du disque...

Les trois premiers opéras ressortissent à une veine vraiment postromantique, même si les sujets s'en éloignent. Le langage est très influencé par une approche décadentiste de Wagner, vraiment proche de celle de Strauss ou de Pfitzner, même si la personnalité sombre et singulière de Schreker demeure entière.
Difficile de se prononcer sur le quatrième (refonte du troisième), puisqu'il n'a fait l'objet d'aucune publication discographique. En outre, les partitions sont très difficiles à se procurer et assez hors de prix : 100€ minimum pour le conducteur des Gezeichneten, l'oeuvre la plus "courante", et à peu près le néant pour le reste. Il est vrai que, vu l'effectif orchestral, la complexité du texte musical, la durée des oeuvres et la multiplicité des rôles (pourtant acessibles vocalement), on imagine mal la pratique amateur s'emparer des pièces les plus ambitieuses de l'auteur.

  • Flammen
    • CD - Frank Strobel - Marco Polo 1989
    • CD - Ulrich Windfuhr - CPO 2001
  • Der ferne Klang
    • CD - Michael Halász - Marco Polo 1989
    • CD - Gerd Albrecht - Capriccio 1990
      • Autres représentations : Berlin 2001, Berlin 2004, Amsterdam 2004
  • Das Spielwerk und die Prinzessin
    • CD - Ulrich Windfuhr - CPO 2003
      • Version de qualité moyenne, mais la seule.
  • Das Spielwerk
    • Aucune parution. Mais vu que nous disposons de la partition, nous en parlerons peut-être à l'occasion. Si, harmoniquement, le propos est profondément raffiné, rythmiquement, on peut être étonné de la relative pauvreté de l'accompagnement orchestral, consituté essentiellement de grands accords et en rien des strates superposées qu'on rencontre en permanence dans les incroyables Gezeichneten.


Les Gezeichneten, l'oeuvre sans doute la plus importante de sa production, marquent un tournant dans une esthétique plus moderniste, une orchestration plus limpide, partagée entre de grands élans lyriques et des motifs internes dans la petite harmonie qui créent une sorte de sous-conversation - qui trouble la surface mélodique plus traditionnelle.

  • Die Gezeichneten
    • vinyle - Zillig, NDR 1960
    • CD - Gerd Albrecht - Orfeo 1984
      • Très coupé, et assez en dehors de l'esprit.
    • CD - Edo De Waart - Marco Polo 1990
      • Très bien interprété, mais coupé (et pas de livret).
    • CD - Lothar Zagrosek - Decca 1993
      • Livret quadrilingue, superbe prise de son, magnifique équipe, version archi-intégrale.
    • DVD - Kent Nagano - Euroarts 2005 (commenté en quatre épisodes sur cette page)
      • Très coupé (il manque 40 minutes de musique et une douzaine de personnages, notamment un tiers de l'acte III est coupé), des contresens aussi dans la mise en scène. Très belle interprétation musicale, mais surtout pas recommandable pour une découverte.
      • Autres représentations archivées, mais non publiées :
        • Gielen, Frankfurt 1985.
        • Wallat, Düsseldorf 1987.
        • Zagrosek, Stuttgart 2002.
      • Des représentations parisiennes en 2002 avaient été reportées pour des raisons de distribution et remplacées par un Vaisseau Fantôme (Nelsson, Anthony, Dohmen). Bien sûr, projet totalement passé à la trappe. Il est certes vrai que trouver un interprète au pied levé pour interpréter un des rôles principaux ne doit pas être chose totalement aisée, surtout qu'on ne peut pas les apprendre en une nuit.
        • Metzmacher, Amsterdam 2007.
  • Der Schatzgräber
    • CD - Gerd Albrecht - Capriccio 1989
      • Autres représentations : Francfort 2001
  • Irrelohe
    • CD - Peter Gülke - Sony 1989
      • Autres représentations : Vienne (Volksoper) 2004
  • Der singende Teufel
    • Aucune parution.
  • Christophorus - (oder Die Vision einer Oper)
    • CD - Ulrich Windfuhr - 2002
      • Autres représentations : Vienne 1991
  • Der Schmied von Gent
    • Aucune parution.


On aboutit ainsi à Christophorus, qui prend acte des modifications des procédés de composition, une oeuvre beaucoup plus discontinue, qui fait un usage important de l'expression parlée.

La production opératique de Schreker constitue le volet central de l'intérêt porté au compositeur, d'où cette certaine abondance discographique. La grande constante dans son oeuvre réside dans son obsession pour la question de la création (et sa dimension morale), toujours présente dans ses livrets.

[Les versions ci-dessus sont détaillées, pour plus de clarté, dans une note autonome.]

Recommandations pour débuter dans les opéras ?

Sans hésitation possible, Die Gezeichneten, le grand classique. Toutes les qualités de Schreker s'y trouvent réunies autour de ce qui représente sans doute le meilleur livret d'opéra depuis Pierre-Charles Roy, véritablement un chef-d'oeuvre.
La version ? Au choix, Nagano, pour son souffle, mais les critiques qui en font la "référence absolue" omettent généralement de préciser qu'il manque trente-cinq minutes de musique (dont plus d'un tiers du dernier acte) et dix-sept rôles. Ou Zagrosek, rigoureusement intégral, et remarquablement interprété aussi, avec un rien moins de panache. [Mais le livret n'est pas mutilé, ainsi.]


3. La musique symphonique

Sur le versant postromantique, plusieurs oeuvres d'intérêt moyen :

  • Symphonie en la mineur Op.1 (1899)
    • Une oeuvre habilement réalisée, mais très loin de la rutilance de la Sinfonietta d'Erich Korngold ou de la justesse des Symphonies de Franz Schmidt. Pas indispensable, surtout pas après les Gezeichneten ou Vom ewigen Leben.
  • Ekkehard, Symphonische Ouvertüre für großes Orchester und Orgel Op.12 (1902-1903)
    • Une oeuvre spectaculaire, aux résonances épiques. Très efficace, dans un langage résolument postschumannien (celui de la Quatrième et d'Egmont). Une belle oeuvre qui aurait beaucoup d'impact en concert, avec une superposition thématique assez rhapsodique. Avec un ton moins boursouflé, une plus grande franchise d'aspect, on reste assez dans l'esprti d' Ein Heldenleben. Une douzaine de minutes.
  • Phantastische Overtüre Op.15 (1904)
    • L'oeuvre, tout en essayant des harmonies plus sophistiquées, demeure totalement dans le paradigme postromantique. On commence à sentir les harmonies dissidentes à venir, hélas, au disque, l'oeuvre n'est pas toujours parfaitement empoignée, et on ressent plus ce que l'oeuvre a de son temps que sa différence, qui est pourtant réelle - avec ses climats très changeants, ses ruptures d'affects insidieuses et extrêmement caractéristiques de sa meilleure veine. Dix minutes.
  • Der Geburtstag der Infantin, nach dem gleichnamigen Märchen von Oscar Wilde (1908)
    • Une oeuvre surprenante, dont la genèse constitue souvent le point d'incidence dans toute présentation de l'univers schrekerien. Il s'agit d'une pantomime sur un sujet décidé avec Zemlinsky. On est très impressionné par la maîtrise de l'orchestration, une transfiguration depuis les oeuvres précédentes, plus pâteuses bien que très adroites. Les bois, en particulier, très vivaces, et l'amour qui ne le quittera plus pour les percussions claires, toujours employées avec une éloquence et un goût parfaits. Comme personne d'autre à ma connaissance.
    • Les climats, extrêmement versatiles, ont à la fois ce qu'il faut de concret, nous évoquant des époques, des paysages, et de plus abstrait, laissant la part à l'imaginaire. Une sorte de laboratoire pour des recherches de textures et d'harmonies. Toutefois, l'oeuvre en tant que telle ne me convainc pas pleinement, à cause précisément de ce séquencement en tranches d'une trentaine de secondes. L'orchestration y est aussi d'une richesse un peu ostentatoire, les thèmes parfois un peu complaisants. Le romantisme règne encore en maître, parfois aux confins de la sensiblerie, dans certains thèmes tendres, ce que le surraffinement ne fait que rendre plus criant. Une oeuvre longue, d'une demi-heure.
  • Valse lente (1908)
    • Titre original en français. Oeuvre au bref prélude très étrange. On y trouve déjà les obsessions bancales de Wozzeck (les bois au tout début), des éléments sans but, comme donnés pour eux-mêmes. La suite évoque plus Tchaïkovsky, une pièce charmante, avec un valse amoureuse, des clochettes, des flots de harpe. Une des oeuvres les plus sucrées du compositeur. Cinq minutes qui évoquent plus l'opérette viennoise tardive de Friedrich Schröder et Paul Abraham que le reste de l'univers de Schreker.


C'est ensuite, à partir des années dix, qu'interviennent les premiers chefs-d'oeuvre qui vaudront en tant que tels.

  • Vorspiel zu einem Drama (ursprünglich vorgesehen für / initialement prévu pour Die Gezeichneten) - (1913)
    • Une oeuvre assez fantastique, qui fait le double du Prélude retenu pour les Gezeichneten (d'où, sans doute, la substitution), un grand moment de musique symphonique et opératique à fois, une subtile ouverture pot-pourri qui présente tous les motifs essentiels de l'opéra, indispensable pour mieux accrocher les événements les plus saillants dans ce texte fuyant et prédateur comme des sables mouvants. Avec toutes ces tensions entre un lyrisme à l'occasion exacerbé et ce tricotage inquiétant en arrière-plan. Une oeuvre qui dispose de surcroît d'une interprétation superlative au disque (Gielen).
  • Kammersinfonie für 23 Soloinstrumente (1916)
    • Assez comparable, bien que moins chatoyante thématiquement, au Vospiel zu einem Drama, avec la même harmonie, les mêmes audaces. Le résultat est impressionnant : Schreker parvient à tirer les mêmes couleurs, les mêmes contrastes dynamiques que d'un grand orchestre.
      • Il en existe plusieurs versions remarquables. En particulier Eötvös (superbe atmosphère) ; mais aussi Gielen (clarté parfaite), Neuhold (lyrisme tour à tout intimiste et grandiose, le plus pédagogique aussi pour commencer) et Welser-Möst (retenue touchante)... Swarowsky, en revanche (épuisé depuis très longtemps), déçoit assez, mais cette musique était alors si peu pratiquée que pour en maîtriser le style...
  • Nachtstück (1907)
    • Petit retour en arrière, néanmoins il s'agit d'une oeuvre à l'esprit comparable à Vorspiel zu einem Drama, mais réalisée dans le sens inverse : l'Interlude du troisième acte d' Irrelohe a été développé et révisé pour en faire cette pièce autonome. Elle montre à merveille l'étendue des talents de Schreker, dans un goût qui est déjà celui des grandes oeuvres à partir des Gezeichneten.
  • Der Geburtstag der Infantin, nach dem gleichnamigen Märchen von Oscar Wilde (1923)
    • Version de 1923.
  • Kleine Suite für Kammerorchester (1928)
    • Commentaire à venir.
  • Vier kleine Stücke für großes Orchester (1929-1930)
    • Commentaire à venir.
  • Vorspiel zu einer großen Oper (1933)
    • Commentaire à venir.


Toutes ces oeuvres ont été enregistrées une ou plusieurs fois au disque. La Symphonie de chambre, son oeuvre instrumentale la plus célèbre, est assez souvent exécutée dans des couplages qui ne se limitent pas à Schreker.

Je m'intéresserai aux disques plus loin, à cause de couplages qui ne se limitent pas au seul symphonique.


4. Oeuvres mixtes

On aurait pu y placer l'Anniversaire de l'Infante également, puisqu'il s'agit d'une oeuvre symphonique à usage scénique. Toutefois, ici, des oeuvres symphoniques qui incluent un soliste vocal.

  • Vom ewigen Leben (1927)
    • Il s'agit d'une orchestration des deux derniers lieder composés par Schreker, en 1923, sur des traductions de poèmes de Walt Whitman, d'une écriture cursive, assez étonnante, s'arrêtant au seuil de la logorrhée. Avec, donc, du texte en abondance pour le compositeur.
    • Depuis 1909 et ses Cinq chants pour voix grave, Schreker n'avait composé que deux lieder, en 1915 et 1919. Ces deux lieder ne sont donc pas deux éléments pris au hasard dans un corpus un peu généreux à la façon de Richard Strauss, mais bien deux joyaux pensés comme tels.
    • L'art de l'entrelacement des textures, de la gestion de la ligne vocale vocale est porté à un point peu vraisemblable ; il s'agit là de l'un de ses chefs-d'oeuvre absolus. Je ne sache pas air de concert plus abouti, à titre personnel.
  • Das Weib des Intaphernes (1908 version orchestre de chambre ; 1932-1933 version grand orchestre)
    • Il s'agit d'un mélodrame - c'est-à-dire d'une oeuvre pour orchestre et récitant s'exprimant simultanément. La musique en est très belle et suggestive, et le résultat dépend intimement de la qualité du récitant.


5. Lieder, oeuvres chorales et musique de chambre

Pour le versant choral, ce sera simple : il n'existe aucun enregistrement des oeuvres a capella. De même, d'ailleurs, pour les pièces de piano (qui ne semblent pas très essentielles, au vu des dates et des titres).

En revanche, nous avons à disposition au disque les deux pièces de musique de chambre : la sonate en fa pour violon et piano, et un surprenant quintette Der Wind ("Le Vent"), allégorie dansante pour violon, clarinette, cor, violoncelle et piano.

On peut aussi évoquer le Psaume 116 pour choeur de femmes à trois voix, orgue et orchestre Op.6. Comme à l'accoutumée, Schreker débute de façon forte, avec une introduction stylistiquement tout à fait romantique, mais dénuée de pathos complaisant, dans une lignée assez mendelssohnienne, ou celle des mouvements centraux de la Première Symphonie de Brahms. En revanche, le contrepoint vocal, l'oeuvre avançant sent de plus en plus fort l'élève qui a passé son Bach, avec, disons, un conformisme un peu laborieux pour un opus 6... Malgré ce début touchant, dans le ton du Deutsches Requiem, un intérêt assez limité, et les timides tentatives de bousculer le cadre n'aboutissent pas.

Les lieder sont toujours d'un ton très scénique, souvent anecdotique. Beaucoup des premiers sont négligeables, mais on trouve tout de même quelques perles inédites et dans une attitude totalement distincte du genre lied tel que nous l'entendons, plus intériorisé, plus abstrait, plus stable. Ici, des saynètes se plantent, papillonnent puis disparaissent. Etonnant.


6. Recommandations hors opéra

A connaître absolument :

Vom ewigen Leben, le seul enregistrement avec celui d'Eva Marton (enregistré vraisemblablement un peu tard) à proposer la version orchestrale. Peter Ruzicka, Claudia Barainsky, DSO Berlin.
Avec les Trois Préludes d'Irrelohe, Vier kleine Stücke für großes Orchester et Vorspiel zu einer großen Oper, que des oeuvres importantes. Chez Koch.

La version d'Eva Marton, dirigée John Carewe (avec le Symphonique de Budapest), bien que dans un programme moins original (les très lancinents Maeterlinck de Zemlinsky et l'opus 8 de Schönberg... mais avec une telle conteuse !), propose une chanteuse d'une précision de diction et d'une expressivité proprement hallucinantes, même indépendamment de ce type de voix et de répertoire ! Et la nature du texte poétique de Whitman est pleinement assimilée, dans sa façon d'énoncer les phrases. Une leçon.
Orchestre superbe, très juste lui aussi - stylistiquement. Qu'on aimerait entendre cela dans Alma Mahler ! (ce dont la discographie aurait bien besoin...)

(Une interprétation exceptionnelle a été donnée de Vom ewigen Leben le 14 octobre 2005 avec Armin Jordan, émérite dans ce répertoire plus que tout autre, à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Radio-France. Brigitte Hahn en remarquable soliste. Rediffusé par France Musique[s] le 12 janvier 2007.)


A connaître :

Chez Arte Nova, un disque paru en 2000 et réédité sous cette seconde pochette en 2006. Noëmi Nadelmann, Andreas Schimdt, Adrian Baranu. Une chance, dans ce répertoire un peu sinistré, de pouvoir connaître ces oeuvres autrement que dans les enregistrements de qualité un peu insuffisante chez Channel Classics et Etcetera, notamment grâce à la tenue d'Andreas Schmidt. Le tissu vocal de Noëmi Nadelmann est sans commune mesure avec les autres concurrentes.


A connaître :

Michael Gielen dans la Kammersinfonie et le Vorspiel zu einem Drama ; Anton Rickenbacher dans la Valse Lente et le Nachtstück. RSO Berlin. Une très grande leçon orchestrale, tout particulièrement par Michael Gielen. Le Vorspiel et le Nachtsück sont à entendre, surtout dans la prise de son aux volumes appréciables de Schwann.


Pour compléter :

Des arrangements pour piano de la Kammersinfonie et du Geburtstag par Strasfogel. Pour mieux entendre l'harmonie. Mais on perd bien sûr l'orchestration.


Pour compléter :

Intégrale des lieder de Schreker, deux disques séparés. Ofelia Sala, Sibylle Ehlert, sopranes ; Anne Buter, mezzo-soprane ; Jochen Kupfer, baryton ; Reinhild Mees, piano.
Interprétation du très moyen à l'assez bon, qui a surtout le mérite de l'intégrale en deux disques. Un peu cher (plein tarif) pour l'intérêt artistique et les pièces en elles-mêmes, mais un bon moyen de connaître ce Schreker-là, qui ne bénéficiait jusqu'alors que d'anthologies. Chez Channel Classics.


Pour compléter :

Peter Gülke et Cologne RSO. La Symphonie, le Psaume 116 et le mélodrame Das Weib des Intaphernes. Orchestralement très bien interprété, mais pas des oeuvres majeures, à part le mélodrame. Le problème étant que le récitant sonne assez "tassé", ce qui diminue très fortement le plaisir de cette forme emphatique. Chez Capriccio.


A éviter :

Dorothy Dorow, la glorieuse première interprète d' Erwartung au disque, propose ce programme Zemlinsky/Schreker/Marx, mais le résultat est assez triste ; la voix jadis si homogène et ductile sonne avec amateurisme, effet de méforme ou plus vraisemblablement du temps (passé à interpréter des répertoires exigeants). Chez Etcetera.


Je n'ai pas évoqué non plus les différentes versions du Geburtstag, des Ouvertures...




J'espère que ces quelques indications, malgré le nécessaire truchement de ma subjectivité, permettront au lecteur de se frayer un chemin et de choisir les oeuvres en meilleure connaissance de cause, selon ses propres inclinations.


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Commentaires

1. Le vendredi 16 février 2007 à , par Morloch

Merci pour ces recommandations, tu as déjà gagné : j'ai pris le DVD Nagano des Gezeichneten. J'ai juste regardé les premières minutes et la musique m'a paru belle à mourir, en plus la mise en scène a l'air très réussie, je commençais à penser qu'à Salzbourg la norme était devenue le spectacle semi-pro pour maison de retraite (après visionnage de La Traviata 2005 et de l'Idoménée 2006, la mise en scène d'opéra la plus moche de tous les temps).

Quel dommage qu'il ne s'agisse que d'une version charcutée !

Quelle en est la raison ? La version complète est très longue ? ou bien c'est la difficulté de rassembler une équipe de chanteurs de même niveau dans une oeuvre pas assez connue ? J'espère que le sens de l'oeuvre n'est pas trop dénaturé. Je comprends mal la démarche qui consiste à ressuciter une oeuvre pour un large public, mais seulement à moitié.

C'est au programme de ce week end.

2. Le vendredi 16 février 2007 à , par DavidLeMarrec

Merci, Morloch, de flatter ainsi mes pires vices prosélytes !


Merci pour ces recommandations, tu as déjà gagné : j'ai pris le DVD Nagano des Gezeichneten. J'ai juste regardé les premières minutes et la musique m'a paru belle à mourir,

C'est à peu près cela, oui.

en plus la mise en scène a l'air très réussie,

Je le connais par la captation radio du 26 juillet 2005, je répugne assez au DVD pour des raisons strictement personnelles :
- on s'impose une vision qui biaise la réception de l'oeuvre, si c'est pour une découverte ;
- on perd souvent un peu de vue la musique, se laissant porter par le regard qui est prioritaire chez l'humain ;
- et surtout, on ne peut pas avoir le nez dans le texte ou la partition ; ce n'est pas gênant lorsque c'est un livret de belcanto italien, assez simple, avec des répétitions ; mais pour une oeuvre aussi bien écrite, je préfère.

Mais je les recommande lorsque les distributions sont bonnes, je sais que d'autres sont très sensibles à la dimension scénique, et je les comprends tout à fait, surtout que le surtitrage est un luxe pour les oeuvres un peu difficiles.
Il est vrai que je préfère m'échiner avec le texte original, même dans une langue rare et avec une traduction dans une autre langue en face, que de me contenter du texte traduit, mais c'est une préférence qui dépend de chacun !


je commençais à penser qu'à Salzbourg la norme était devenue le spectacle semi-pro pour maison de retraite (après visionnage de La Traviata 2005

Je croyais que tu avais aimé... Disons que ce n'est pas le spectacle le plus profond du monde. Juste inoffensif pour ce que j'en ai vu.


et de l'Idoménée 2006,

Avec Shicoff, c'est bien ça ? Captation radio un peu éprouvante... Disons diplomatiquement que c'était approximatif.

la mise en scène d'opéra la plus moche de tous les temps).

On parie ?

J'imagine qu'elle entre en catégorie 1, c'est-à-dire transposition sauvage et vilaine.
As-tu vu le Ring de Stuttgart ? J'ai beaucoup aimé l'Or du Rhin pour son analyse juridique des tenants et aboutissants du volet, mais l'ensemble de la fresque était d'une laideur rare, assez difficile à battre.
Sinon, on passe à la vitesse supérieure : as-tu vu le Rinaldo sur sofa rose (mise en scène tout à fait intéressante, au demeurant) ? Ou, le fin du fin, la Fledermaus de Neuenfels ?


Si tu réponds oui à toutes ces questions, je me prépare à te pulvériser avec la catégorie 2 que je résumerai en une illustration, celle-ci. Ose dire que tu n'as pas perdu !

Peuvent y entrer le Ring de Schenk, le Boccanegra du Met paru au DVD, et surtout les mises en scènes à l'ancienne mode d'Italie, avec les shorts égyptiens de l'Aida de Tokyo ou la légendaire Forza de Naples 1959. Cette dernière m'avait même inspiré une ébauche de billet, il y a quelques mois.

Voir ICI, il manque hélas le meilleur, le début, où l'on voit bien le décor. Don Carlo di Vargas arrive pour se venger de ce pauvre homme qui a tué Vargas père par accident. Pour échapper à la haine de Don Carlo, avec qui il s'était d'abord lié d'amitié, il s'est fait moine dans un couvent reculé, un ermitage.
Et ici, la mise en scène nous montre une cour proprette d'un village mexicain façon Zorro, avec son petit puits, ses petits commerces, un peu de nature alentour, et le comble de la conscience professionnelle du décorateur : au dessus de la grotte, un petit panneau : "ermitage". <:o)

L'enregistrement de cette soirée était merveilleux. La voir détruit vraiment tout... Un concours de glottes sur prétexte dramatique.


Quel dommage qu'il ne s'agisse que d'une version charcutée !

Quelle en est la raison ? La version complète est très longue ? ou bien c'est la difficulté de rassembler une équipe de chanteurs de même niveau dans une oeuvre pas assez connue ? J'espère que le sens de l'oeuvre n'est pas trop dénaturé. Je comprends mal la démarche qui consiste à ressuciter une oeuvre pour un large public, mais seulement à moitié.

Oui, c'est pour faire moins long pour la découverte pour le public, l'oeuvre intégrale dure près de trois heures sans les entractes. C'est ce qui arrive à tous les opéras un peu longs qu'on recrée... Le deal, en quelque sorte, est de ne pas assommer les spectateurs trop longtemps et de ne pas les faire rentrer chez eux trop tard. Les longueurs pourraient entamer le succès.
D'économiser sur les répétitions aussi, sans doute, puisqu'il y a tout à apprendre, on préfère se concentrer sur moins de musique et faire des répétitions moins longues.

En l'occurrence, ce ne sont pas les interprètes qui sont en cause, puisque Schwanewilms est spécialiste de ces répertoires, que Brubaker a chanté Peter Bezoukhov à Bastille... De toute façon, peu de choses sont coupées dans les rôles principaux. Ce sont les rôles secondaires qui sont tout à fait supprimés.

Si tu veux, je publierai le relevé précis des coupures que j'ai fait.

C'est au programme de ce week end.

J'espère que tu en toucheras quelques mots !

3. Le vendredi 16 février 2007 à , par Morloch

C'est promis, je ferai un petit compte rendu.

Le DVD opéra est une découverte de cette année en ce qui me concerne, du jour où j'ai eu l'idée de brancher mon lecteur sur ma chaîne (ce que tout le monde avait fait depuis des années...). Je trouve cela plus agréable que de suivre le petit livret, mais je comprends que cela restreint l'imagination. Et je ne suis pas assez puriste pour suivre avec partition, je ne l'ai fait qu'une fois avec l'intégrale des sonates pour piano de Beethoven. J'avais trouvé l'exercice passionnant cela dit.

Je n'ai pas vu les mises en scène de catégorie 1 dont tu parles, à mon grand regret (miam ! ça a l'air alléchant !), seulement certaines catégorie 2. Je dois avouer que je ne déteste pas les mises en scène archi ringardes avec chanteurs plantés au milieu de carton-pâte tremblotant, avec quelques mites furieuses d'avoir été interrompues en plein festin qui volètent autour des costumes.

Mais j'ai vraiment l'impression que l'Idoménée dont je parle avec Ramon Vargas et Magdalena Kozena (enregistré en août 2006 à Salzbourg, j'ai vérifié) est un candidat sérieux au titre.

La dernière fois que j'ai vu un spectacle d'aspect aussi fauché c'est dans une MJC à Saint Brieuc il y a quelques années (et encore...). Je n'arrive pas à trouver d'images sur le net, je mettrai des captures d'écran sur mon blog ce week end (arf je charge mon programme) : je suis particulièrement fan de leur idée d'intégrer Neptune à l'action, en faisant déambuler un personnage silencieux sur scène avec des algues en plastique sur la tête, un pyjama de couleur turquoise glauque (dans tous les sens du mot) et un T-Shirt sur lequel sont collées des coquilles de palourdes. L'effet est assez saisissant - on doit se réfréner de ne pas lancer une pièce à ce pauvre homme afin qu'il puisse se vétir dignement.

En plus, le chanteur à qui ce rôle a été attribué et qui interprête aussi La Voce n'est pas ce qu'on peut appeler un acteur-né, et il erre misérablement les bras ballants en prenant de temps en temps des poses hiératiques qu'il espère convaincantes. Je passe sur le reste de la mise en scène, qui consiste à faire tourner les chanteurs sur un petit chemin très étroit autour de la fosse d'orchestre au milieu de la scène, comme s'ils faisaient les 100 pas, marche avant - marche arrière. Pas trop vite toutefois, le risque paraît réel de s'étaler au milieu de l'orchestre. On sent bien la prudence des chanteurs à qui la mésaventure est forcément arrivée, genre "ouuuups, c'était moins une ! allez, je me concentre sur mon chant et je regarde où je mets les pieds, pas comme la dernière fois ".

Le metteur en scène s'appelle Karl-Ernst Herrmann (il est aussi costumier, quel artiste complet ! ) et il est entré dans mon Panthéon personnel en bonne place avec Otto Schenk (mais aura t'il la longévité de ce dernier qui ne peut être le fruit du hasard ! ).

La Traviata, je plaisantais ! C'est un peu le même style mais moins magistral que pour Idoménée, qui touche à la perfection. J'ai plus pensé à une mise en scène de la Star Academy, ratée, mais avec gentillesse. Anna Netrebko m'a quand même bien fait rire avec sa grosse horloge. Et dans cette mise en scène aussi on a droit à un personnage silencieux, le médecin cette fois, qui accompagne toute l'action. Il prend son métier trop à coeur, cet homme là :p

Dans les deux cas le public est ravi, j'admire la bienveillance résignée des autrichiens.



4. Le vendredi 16 février 2007 à , par Morloch

Allez je ne résiste pas à une petite image exclusive :

Neptune, au sommet de ses capacités expressives, marche dans le dos d'Idoménée qui chante le désespoir d'avoir perdu la ceinture de son peignoir au fond de l'océan.

http://img230.imageshack.us/my.php?image=decca24gb2.png

5. Le vendredi 16 février 2007 à , par DavidLeMarrec

Je trouve cela plus agréable que de suivre le petit livret, mais je comprends que cela restreint l'imagination.

Le problème est surtout que tu n'as pas le "vrai texte" sous les yeux, à moins de bien connaître la langue chantée (et qu'elle soit correctement articulée).
Mais je reconnais bien volontiers que c'est un confort !


Et je ne suis pas assez puriste pour suivre avec partition, je ne l'ai fait qu'une fois avec l'intégrale des sonates pour piano de Beethoven. J'avais trouvé l'exercice passionnant cela dit.

Ce n'est pas du purisme, c'est juste manière de s'occuper. :-) Ca permet de voir des choses plus précisément, c'est un type d'écoute assez différent.


Je n'ai pas vu les mises en scène de catégorie 1 dont tu parles, à mon grand regret (miam ! ça a l'air alléchant !), seulement certaines catégorie 2. Je dois avouer que je ne déteste pas les mises en scène archi ringardes avec chanteurs plantés au milieu de carton-pâte tremblotant, avec quelques mites furieuses d'avoir été interrompues en plein festin qui volètent autour des costumes.

La cotte de maille à pois rose et short assorti de Siepi est tout de même un grand moment. Del Monaco a le même, filière égyptienne.

Pour moi, c'est pire que tous les massacres. Même le massacre donne à penser, ne serait-ce que par l'absurde et le rejet, ce qu'est l'oeuvre de départ, ce qui lui est essentiel, ce qui en fait la spécificité. Peut-on imaginer du Gluck dans un monde trivial, par exemple ? A quelles conditions ?
La catégorie 2, elle, se contente d'un littéral premier degré même pas assumé, sans aucune direction d'acteurs. Pour moi, le salaire de ces gens est tout simplement volé, il n'y a aucun travail de fait. Et même plus, ils brident les interprètes.

A titre personnel, j'aime beaucoup les "mises en espace", pas contraignantes pour l'imagination ni pour les interprètes, et on évite d'une part les transpositions absurdes, d'autre part de s'en remettre aux seuls décors et costumes. L'attention n'y est pas parasitée. Ca demande tout de même de ne pas être placé trop loin, parce que tout se trouve dans le détail du jeu - pas forcément adéquat pour Bastille, donc.


Mais j'ai vraiment l'impression que l'Idoménée dont je parle avec Ramon Vargas et Magdalena Kozena (enregistré en août 2006 à Salzbourg, j'ai vérifié) est un candidat sérieux au titre.

Le mien était à la même époque, mais à Vienne, sans doute. A moins qu'il y ait eu alternance, je n'ai pas vérifié.

Je suis allé voir sur le site de Decca... C'est la mise en scène des Herrmann, il y avait un extrait... Ca ressemble aux Herrmann, assez blanc, transposition dans costumes récents. Le tout sans grande excentricité. Je trouve ça plutôt très sage...
D'ailleurs, c'est le genre d'esthétique que j'aime bien : peu de choses à regarder, on va à l'essentiel. Même si, dans l'extrait que j'ai vu, il n'y avait à peu près que la robe d'Ekaterina Siurina comme idée...


La dernière fois que j'ai vu un spectacle d'aspect aussi fauché c'est dans une MJC à Saint Brieuc il y a quelques années (et encore...). Je n'arrive pas à trouver d'images sur le net, je mettrai des captures d'écran sur mon blog ce week end (arf je charge mon programme) : je suis particulièrement fan de leur idée d'intégrer Neptune à l'action, en faisant déambuler un personnage silencieux sur scène avec des algues en plastique sur la tête, un pyjama de couleur turquoise glauque (dans tous les sens du mot) et un T-Shirt sur lequel sont collées des coquilles de palourdes. L'effet est assez saisissant - on doit se réfréner de ne pas lancer une pièce à ce pauvre homme afin qu'il puisse se vétir dignement.

Ah, ok, lorsque tu dis trash, tu penses "fauché"... Moi je pensais à ce que le Regietheater a de supposément impertinent : transpositions, détournements, idéologie de la déconstruction, etc.


Le metteur en scène s'appelle Karl-Ernst Herrmann (il est aussi costumier, quel artiste complet ! )

Mince, j'aurais dû lire la suite avant d'aller chercher. :-)

et il est entré dans mon Panthéon personnel en bonne place avec Otto Schenk (mais aura t'il la longévité de ce dernier qui ne peut être le fruit du hasard ! ).

Ca fait déjà pas mal d'années que les Herrmann sévissent un peu partout en Europe. La dernière Clemenza parisienne était une reprise un peu modifiée de leur précédente mouture, sauf erreur.


La Traviata, je plaisantais !

Je ne savais trop qu'en penser... Lorsqu'on porte au pinacle Sutherland, Caballé et Gheorghiu en Traviata, toutes les méfiances sont permises. [Oui, trop tard, j'ai tout balancé, le monde entier le sait désormais.]


C'est un peu le même style mais moins magistral que pour Idoménée, qui touche à la perfection. J'ai plus pensé à une mise en scène de la Star Academy, ratée, mais avec gentillesse. Anna Netrebko m'a quand même bien fait rire avec sa grosse horloge.

Je n'ai pas vu cet extrait-là, j'ai juste vu quelques petits morceaux. Oui, ce n'est pas bien méchant.


Dans les deux cas le public est ravi, j'admire la bienveillance résignée des autrichiens.

Il est ravi de ce qu'il entend, je présume. Et à juste titre, en l'occurrence.
Pour les Gezeichneten aussi, mais comme personne n'a précisé que c'était coupé, que je ne m'en suis rendu compte qu'en suivant avec le livret, ils ne pouvaient pas nécessairement deviner... Mais où est sont donc passés Pietro et Martuccia, me demandais-je ?


P.S. : Tu peux utiliser les balises habituelles [ img] pour faire apparaître ton grand oeuvre. Le format png est un format spécifiquement Windows, en revanche, donc les Mac seront exclus de cette réjouissance.
C'est peut-être mon contraste qui est mal réglé, mais je ne suis pas particulièrement épouvanté.

[/ img]

6. Le lundi 19 février 2007 à , par Ouf :: site

"Mais Braunfels, Pfitzner et Siegfried Wagner, eux, doivent se contenter du disque..."

Euh, pas tout à fait : Die Vögel (Braunfels) ont récemment été remontés plusieurs fois, notamment à Köln et Geneve. Et tous les enregistrements des opéras de Siegfried Wagner chez Marco Polo sont des captations de spectacles live, si ma mémoire ne me trahit pas. Par contre, le Palestrina de Pfitzner est bien malheureusement absent des scenes lyriques Il serait également difficile de passer sous silence les Zemlinsky et Busoni revivals (pour notre plus grande joie !)

7. Le lundi 19 février 2007 à , par DavidLeMarrec

Welcome back, Munificente Majesté !

Euh, pas tout à fait : Die Vögel (Braunfels) ont récemment été remontés plusieurs fois, notamment à Köln et Geneve.

Plusieurs fois ? J'ai le souvenir de Genève, en effet. Mais je n'ai pas eu l'impression qu'on les jouait partout en Europe. Surtout, je parie que maintenant qu'on les a joués, on se sentira la conscience suffisamment propre pour ne pas recommencer de sitôt.


Et tous les enregistrements des opéras de Siegfried Wagner chez Marco Polo sont des captations de spectacles live, si ma mémoire ne me trahit pas.

Heu, je crois que tu t'abuses.
Il n'y a que deux vifs, Bruder Lustig et Banadietrich (après vérification pour celui-ci, parce que les bruitages sont synthétiques et les voix très proches, c'est absolument indécelable à l'écoute). Pour tous les autres parus :
- Der Bärenhäuter
- Sternengebot
- Schwarzschwanenreich
- Sonnenflammen
- Der Heidenkönig
- Die Heilige Linde (CPO),
il s'agit de prises de studio. Oeuvres qui ne sont de toute façon jamais reprises à ma connaissance. Une série de représentations de deux opéras sur des scènes provinciales ne suffit pas à dire qu'on puisse les rencontrer aisément sur scène. :)


Par contre, le Palestrina de Pfitzner est bien malheureusement absent des scenes lyriques

Il y a des pertes plus incommensurables. Disons que pour la période, tout le monde ne pouvant trouver sa place, Pfitzner n'est pas le plus original, le plus personnel et le plus fascinant. [Schreker et Braunfels ont de ce point de vue beaucoup plus de chances de s'imposer, et c'est tant mieux.]

A choisir, je préfèrerais entendre Der arme Heinrich, dont Capriccio a sorti une version avec la toujours merveilleuse Michaela Kaune (facilité extrême dans tous les registres, engagement très sûr et très belle diction, y compris en français).

Les opéras qui traitent d'artistes sont en général une façon assez sûre de se vautrer. :-) Parce que l'intrigue en est généralement trop maigre, abstraite, prétentieuse et généralisante. [Pof.]


Il serait également difficile de passer sous silence les Zemlinsky et Busoni revivals (pour notre plus grande joie !)

Relatifs, tout de même. Disons qu'ils sont à présent considérés comme des compositeurs à part entière, qu'on a le droit de nommer et de programmer. Mais pour Zemlinsky, à part Eine Florentinische Tragödie et la Symphonie Lyrique, devenues des standards, parfois Der Zwerg, le reste ne tourne pas à plein régime. Mais il est vrai que beaucoup de ses oeuvres sont exhumées ici et là, encore un Kandaules l'an passé. Oui, pour lui, la bataille est en train d'être gagnée.

Pour Busoni, je vois moins. Il est vrai qu'il faut regarder dans tous les genres pour en avoir une idée plus précise. Généralement, on a plutôt tendance à le proposer comme complément de concert, il me semblait.
Bien sûr les représentations de Lyon et de Salzbourg de Doktor Faust.

8. Le jeudi 22 février 2007 à , par Morloch

donc voilà, un nouveau compositeur passionnant découvert grâce à ce blog maudit. Honnêtement en auditeur plan plan je n'aurais sans doute jamais écouté cela sans encouragement : si c'est dans un tiroir, c'est qu'il doit bien y avoir une raison, me serais-je dit en pensant faire preuve d'un esprit critique affûté.

Merci pour la recommandation.

9. Le jeudi 22 février 2007 à , par La Rédaction de Carnets sur sol

... est heureuse de vous avoir ouvert le chemin vers la Vraie Foi, loin des Traviate, Idomenei et Ulissi de fête de patronage.

10. Le mercredi 10 octobre 2007 à , par Morloch

Je viens de remarquer ce concert à la Cité de la Musique le 7 novembre, pour les parisiens que cela intéreserait, et pour faire enrager les consommateurs bordelais de trompettes des morts :

Ensemble intercontemporain
Susanna Mälkki direction
Christiane Libor soprano
Karlheinz Stockhausen
Kreuzspiel, pour six musiciens
Bent Sorensen
Minnelieder - Zweites Minnewater
Wolfgang Rihm
Abschiedsstücke, pour soprano et ensemble
Franz Schreker
Symphonie de chambre

J'imagine qu'il reste des places vu le programme et comme c'est Susanna Mälkki qui dirige, alors qu'elle méritenait de faire salle comble avec sa gestuelle de lapin mécanique.

11. Le mercredi 10 octobre 2007 à , par Morloch

Juste pour préciser que ce n'est pas un jugement dépréciatif de la direction de Mälkki, excellente et sensible. (Mais c'est qu'elle fait penser à un lapin mécanique).

12. Le mercredi 10 octobre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Je m'en fiche, on a un Tihányi dans quelques semaines, nous ! Et on a même eu un opéra de Rihm l'an passé.

Mais j'avoue qu'une petite Symphonie de chambre ne serait pas malvenue. :)

Le reste du programme me tente moins.

13. Le lundi 4 février 2008 à , par Morloch

Quelle serait la meilleure version en CD de cette Kammersinfonie ? Etant entendu que rien ne pourra égaler la poésie de l'EIC/Mälkki ?

J'aimerais quand même bien la réentendre de temps en temps.

14. Le mardi 5 février 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

La meilleure, je ne les connais pas toutes, évidemment ! Mais parmi celles que j'ai pu entendre, j'ai beaucoup aimé Swarowsky, et par-dessus tout Gielen (avec deux autres oeuvres majeures, le Prélude version longue des Gezeichneten et la Nachtstück, par Rickenbacher). Parfaite définition des timbres, frémissement, inspiration*...

* comme on dit chez les contemporanéistes

15. Le mardi 5 février 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Je me rends bien compte que ta passion pour Suzanne aura bientôt effacé jusqu'au souvenir d'Eva-Maria dans ton coeur inconstant... J'aurais été étonné d'entendre ton lapin (mécanique) dans cette pièce.

16. Le mardi 5 février 2008 à , par Morloch

Mais je devrais entendre Eva-Maria dans quelques jours, puis de nouveau Susanna à la fin du mois. Ah ! Par quelles affres de souffrance mon pauvre petit coeur va passer. Comment faire ? Comment ne pas se laisser emporter par la magie du concert ? Comment réprimer ses émotions et ne laisser passer que la froide raison ? Tout cela est trop terrible pour moi.

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