Carnets sur sol

   Nouveautés disco & commentaires | INDEX (partiel) des notules | Agenda des concerts & comptes-rendus


lundi 19 octobre 2015

[Carnet d'écoutes n°89] – Orfeo et ses diminutions, Visée-Dollé sur nylon, La Jacquerie de Lalo, Bartók Star Wars


Robert de Visée & Charles Dollé – Robin Pharo, Thibaut Roussel

Au 38 Riv', un programme rare – pas les tubes LULLYstes ou chaconnisants de Visée, et puis l'introduction de Dollé, fort peu documenté et fréquenté en dehors de quelques gambistes.

Robert de Visée
est toujours le prince de l'épure sublime, loin de toute galanterie, de tout pittoresque, une musique à l'état brut, assez étonnamment pour l'époque et le genre – il n'est pas forcément plus séduisant que Gaultier ou Gallot de prime abord (moins mélodique sans doute), mais il s'est sans doute forgé cette réputation de maître à part (le premier nom français qu'on entend lorsqu'on s'intéresse aux pincés de la période) précisément en raison de cette abstraction singulière, qui force l'admiration.

Charles Dollé n'est pas une révélation majeure (les quelques pièces de Marais introduites dans le programme, pourtant plus anciennes d'une génération, présentent une telle évidence mélodique et instrumentale, un tel entrain naturel, un tel sens du climat en comparaison !), mais contient de la bonne musique, en particulier la très pittoresque Suite en la incluant une preste Allemande, un Rondeau entraînant, un Carillon presque sauvage, un Tambourin adroitement stylisé.

J'ai particulièrement admiré la réalisation très sobre et adéquate de Thibaut Roussel (beaucoup d'arpèges, mais aussi des contrechants qui ne cherchent pas le spectaculaire et remplissent parfaitement le spectre harmonique laissé libre par la viole – modestie et richesse, le Credo des continuistes), ainsi que des appuis très clairs, sans le caractère de mesure flottante qu'affectionnent volontiers les luthistes, surtout en solo.
Par ailleurs, les cordes en nylon rendent l'instrument bien plus audible (et facile à timbrer : Robin Pharo a lui lutté en permanence avec l'accord de sa gambe et même la projection du son, beaucoup plus étouffé avec les boyaux), c'est un choix avisé. Première fois que je vois un théorbe (oui, c'en était bien un, pourtant) à chœurs simples (d'ordinaire le luth et le théorbe utilisent les cordes par groupes de deux, accordées à l'unisson ou à l'octave), comme un chitarrone : le son ne s'en fait pas ressentir (au contraire, il est plus facile de tenir les cordes simples), et cela fait onze cordes à entretenir au lieu de seize, à instrument égal – les cordes les plus graves sont toujours seules.


Suite de la notule.

David Le Marrec

Bienvenue !

Cet aimable bac
à sable accueille
divers badinages :
opéra, lied,
théâtres & musiques
interlopes,
questions de langue
ou de voix...
en discrètes notules,
parfois constituées
en séries.

Beaucoup de requêtes de moteur de recherche aboutissent ici à propos de questions pas encore traitées. N'hésitez pas à réclamer.



Invitations à lire :

1 => L'italianisme dans la France baroque
2 => Le livre et la Toile, l'aventure de deux hiérarchies
3 => Leçons des Morts & Leçons de Ténèbres
4 => Arabelle et Didon
5 => Woyzeck le Chourineur
6 => Nasal ou engorgé ?
7 => Voix de poitrine, de tête & mixte
8 => Les trois vertus cardinales de la mise en scène
9 => Feuilleton sériel




Recueil de notes :
Diaire sur sol


Musique, domaine public

Les astuces de CSS

Répertoire des contributions (index)


Mentions légales

Tribune libre

Contact

Liens


Chapitres

Archives

Calendrier

« octobre 2015 »
lunmarmerjeuvensamdim
1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031