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La tragédie lyrique : l'intégrale - III - de CAMPRA à DESTOUCHES

(Comprend également la radiodiffusion intégrale, manifestement téléchargeable avec l'accord des artistes, du Carnaval & la Folie de Destouches / Houdar de La Motte, par Hervé Niquet et l'Orchestre de l'Académie d'Ambronay.)


En gras, ce qui a été publié, en italique, ce qui n'a pas été publié.

La liste des oeuvres publiées et des enregistrements commerciaux est en principe exhaustive au moment où cette notule est mise en ligne. La liste des oeuvres non publiées ne l'est pas toujours - c'est d'une moindre utilité, donc on y passe un peu moins de temps.

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  1. CAMPRA, André
    1. L'Europe Galante (1697)
      • Il s'agit en réalité du premier opéra-ballet, mais on peut toujours l'inclure, il n'existe pas tant de Campra disponible.
        • 1973 - Leonhardt
          • Couplé avec le Bourgeois Gentilhomme, très bien réussi pour la date. Le résultat est bien sûr un peu policé.
        • 2005 - Christie (Ambronay)
          • Le résultat de ce concert seulement radiodiffusé est bien entendu nettement plus convaincant et assuré.
    2. Le Carnaval de Venise (1699)
      • Opéra-ballet également, on en trouve un air par Véronique Gens dans son (fantastique) récital Tragédiennes.
    3. Hésione (1700)
    4. Aréthuse (1701)
      • Egalement un ballet. Sur le même sujet que la Proserpine de Lully.
    5. Tancrède (1702)
      • Une oeuvre majeure de la tragédie lyrique, sur le même ressort dramatique qu'Idoménée : le meurtre inévitable et involontaire de l'être aimé. Tancrède est l'un des exemples de tragédies lyriques situées dans le passé médiéval et non chez les Antiques. Les Dieux invoqués sont ceux des païens, l'ennemi musulman. De très belles danses, et l'écriture vocale toujours un peu 'plafonnée', très peu lyrique de Campra trouve sa meilleure expression dans ce contexte héroïque.
        • Il faut retenir en priorité les tirades de Tancrède, et notamment son air Sombres forêts, asile redoutable, une scène de captivité comme les aimera Rameau, mais beaucoup moins lyrique et bien plus théâtrale ici. La fin est un sommet de l'histoire de la tragédie lyrique, largement du niveau du dénouement de la Callirhoé de 1743 : Argante apparaît aux yeux de Tancrède triomphant, portant les armes de son ennemi, et lui révèle progressivement l'étendue de son malheur. Une scène extraordinairement saisissante, qui est servie par un orchestre nu et une déclamation sans le moindre superflu, ici encore dans un esprit similaire à Callirhoé.
        • D'après les tragédies lyriques qui nous sont parvenues, il s'agit ici d'un véritable tournant dans la conception musicale dramaturgique des tragédies en musique, caractéristique de la deuxième école : le drame prévaut. Dans Tancrède, l'émancipation progressive du discours musical, déjà très sensible dans Idoménée et Callirhoé, et qui culmine dans les oeuvres pour le théâtre de Rameau, centrées autour de la seule musique, n'est en revanche pas encore effective.
      • Malgoire (1986)
        • Malheureusement épuisée, une version qui a certes vieilli, mais de qualité. François Le Roux, assez exotique stylistiquement (et surtout étrange avec ses nasalisations des [é] et des [i], à l'américaine), déploie une force déclamatoire propre à transporter l'auditeur - dans une tessiture pourtant bien basse pour lui, surtout à cette date.
    6. Iphigénie en Tauride (1704) - attribué à Henri Desmarest mais coécrit
      • Prévue à Montpellier en 2007 avec Hervé Niquet, elle a finalement été remplacée - ô joie - par un rare Don Giovanni. Certes, c'était un excellent Don Giovanni, mais on aurait peut-être pu faire autre chose de Cyril Auvity qu'un Ottavio...
    7. Télémaque (1704)
      • Il s'agit d'un pasticcio, qui regroupe en réalité des extraits, outre de Campra (Aréthuse et Le Carnaval de Venise) : de Collasse (Astrée & Canente), de Charpentier (Médée), de Rebel (Ulysse), de Marais (Ariane & Bacchus) et de Desmarest (Circé, Les Fêtes Galantes).
    8. Alcine (1705)
    9. Hippodamie (1708)
    10. Idoménée (1712)
      • Christie (1991)
        • Oeuvre tout à fait originale, à la fin terrible, sans concession ni rémission. Christie atteint, avec une formation réduite, à un très beau résultat, d'où émerge tout particulièrement la fiévreuse Ilione de Monique Zanetti, d'une grande force verbale. Les divertissements commencent alors à prendre une place plus importante, la musique ne sert plus seulement la déclamation, elle vaut aussi en tant que telle.
  2. DESTOUCHES, André Cardinal
    1. Issé (1697)
      • Une pastorale, en réalité, l'un des très grands succès de Destouches. On ne se presse pas trop pour la remonter car le sujet ne fait plus très envie aujourd'hui.
    2. Amadis de Grèce (1699)
    3. Marthésie, première reine des Amazones (1699)
    4. Omphale (1701)
      • La partition existe, dans la collection Chefs-d'oeuvres de l'opéra français du début du vingtième siècle. De beaux divertissements, qui charcutent une histoire totalement inconsistante signée Houdar de La Motte. Ou plutôt, l'histoire (Alcide faisant la cour à Omphale, et c'est tout) n'est que prétexte au développement de choses gracieuses. Les tirades des personnages d'un point de vue musical ne sont pas de premier intérêt non plus. On y retrouve l'écriture plus polyphonique que la moyenne des compositeurs de tragédie lyrique, propre à Destouches - très belle écriture d'orchestre.
    5. Le Carnaval et la Folie
      • Il s'agit d'une comédie en musique, ou comédie-ballet, d'après L'Eloge de la Folie d'Erasme. La Motte déchaîné fait embarquer pour une action allégorique aux implications formelles assez retorses. La musique de Destouches est à l'avenant.
      • Niquet 2008
        • Joué en tournée avec l'Orchestre de l'Académie d'Ambronay (à Toulouse et Paris), une très belle soirée (en pronociation restituée), pas toujours aussi intelligible, dû à la jeunesse des chanteurs ou à la modification de leur articulation habituelle pour le français.
        • Seulement radiodiffusé sur France Musique[s], ne sera pas publié. On peut en entendre des extraits sur le site-vitrine de Mélodie Ruvio (la Folie), en voir des morceaux de vidéo sur Dailymotion. Mieux encore, les artistes se sont manifestement accordés pour placer l'ensemble de la radiodiffusion en ligne : http://ambronay2007.musikemoi.com .
    6. Callirhoé (1712)
      • 2005 - Niquet (Beaune)
        • Le choc de la redécouverte d'un chef-d'oeuvre absolu, aussi bien pour la musique que pour le livret. On en parle ici, même s'il faudrait aujourd'hui ajouter tant de choses... C'était pour nous la découverte parfaitement par hasard d'une oeuvre-clef (et en même temps de trois chanteurs de première catégorie, de Niquet à son meilleur, etc.). S'il ne fallait conserver que deux tragédies lyriques, ce seraient pour CSS Armide et Callirhoé, assurément.
      • 2006 - Niquet (CD)
        • Les reprises à Montpellier (scénique) et Metz (concert), avec quelques modifications dans la distribution : Stéphanie D'Oustrac en Callirhoé, João Fernandes en Corésus, Renaud Delaigue en Ministre. Le disque sera fait avec cette distribution, plus vendeuse sur le papier.
        • Lequel disque se révèe un peu en deçà du concert : tempi plus variés mais plus retenus, moins d'urgence générale, Fernandes plus croquemitaine que Buet, très subtil et attachant, et D'Oustrac nettement plus affectée, moins altière que Staskiewicz (elle réussit par conséquent nettement moins bien les deux premiers actes ainsi que le cinquième, c'est-à-dire les plus beaux). Ca reste, pour ceux qui ne disposent pas du concert original, indispensable et grandiose. (Juste un brin moins génial.)
    7. Télémaque (1714)
    8. Sémiramis (1718)
      • Livret de Pierre-Charles Roy. L'oeuvre chute et Roy se retire du théâtre lyrique. On espère que la prochaine parution ira plutôt de ce côté-là que des nanars rédigés par La Motte.


Et nous en avons fini avec la deuxième école.

Voir les deux précédents volets :



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David Le Marrec

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