Carnets sur sol

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Le défi 2020 des nouveautés – épisode 6


L'enfermement (partiel) facilitant les écoutes, voici déjà une sixième livraison assez copieuse.

Nouveautés écoutées et commentées de ces dernières semaines.

Du vert au violet, mes recommandations.

♦ Vert : réussi !
♦ Bleu : jalon considérable.
♦ Violet : écoute capitale.
(Les disques sans indication particulière sont à mon sens de très bons disques. Dans les cas où je ne recommande pas forcément l'écoute, je place le texte en italique.)

Quelques albums vraiment incroyables ont paru ces derniers jours, notamment les motets allemands du XVIIe par Clematis, les concertos pour basson (dont l'excellentissime de du Puy !) par Sambeek, la Phèdre de Lemoyne, les arrangements pour nonette de Dvořák, Puccini & R.Strauss, côté interprétation d'œuvres connues les R. Strauss de Lan Shui avec Singapour (mais j'ai bien aimé aussi le concerto pour contrebasson de Beethoven par Currentzis), et bien sûr la réédition en coffret des R. Strauss (décidément !) du Museum de Francfort et Weigle.




Commentaires nouveautés : œuvres

Hermann Goetz & Hans Huber – Piano Trios (Music from the Zentralbibliothek Zürich) – Trio Fontane (Solo Musica)
→ Le final du Huber est scherzo-brahmsien en diable ! Le reste est très plaisant, du simili-Brahms un peu moins ambitieux.
Flosman, Feld & Bodorová - Czech Viola Concertos ; Jitka Hosprová, Prague Radio Symphony Orchestra (Supraphon)
→ Atonal doux ou tonal élargi, un spectre très intéressant de la composition au XXe siècle – pas repéré de chef-d'œuvre vertigineux, mais tout est très bien écrit et se suit avec beaucoup d'intérêt.
Michl, quatuors basson-cordes – Ben Hoadley, The Hall String Trio (Naxos)
→ Effectif original, traité comme un gentil concerto pour piano plus mélodique que virtuose. Pas de l'immense musique, mais un point de vue différent sur les nomenclatures du temps, disons.
Anonymes, Walter, Cracoviensis, Rein, Buchner, Finck, des Prés – Orgue de Rysum – Ghielmi, Biscantores (Passacaille)
→ Belle évocation d'un répertoire pérbaroque à l'orgue et au chant d'église, sous forme d'un service de messe imaginaire. Très réussi et vivant.
Magnard – Ouverture, Chant funèbre, Hymnes Justice & Vénus, Suite dans le style ancien – Fribourg PO, Bollon (Naxos)
→ Quel élan nouveau, quelle pâte limpide apportées à ce corpus qui était certes un peu mieux servi (Timpani !), mais qui méritait cette mise en lumière ! Une partie du programme a été très peu enregistrée.
→ Les appels pointés du début du grand duo de Tristan dans l'Hymne à Vénus (et sa fin ressemble carrément à un final de poème symphonique de Strauss, ou à celui de la Femme sans ombre !).
Martini, requiem pour Louis XVI, Niquet (CVS)
→ Très lumineux et même léger, avec cette Séquence du Dies iræ en majeur, accompagnée de douces batteries de cordes et de trompettes plus triomphales que menaçantes, et parcourue d'une grande douceur… Vision consolatrice, à moins que ce ne soient les limites intrinsèques du langage lui-même de Martini.
Intéressant, encore un aspect manquant au répertoire du temps !
Reger, Trios à cordes, ensemble Il Furibondo (Solo Musica)
→ Pas trop sévère pour du Reger, mais évidemment essentiellement contrapuntique et quasiment pas mélodique, il faut aimer l'abstraction musicale germanique à son plus haut degré, voire avoir quelques notions d'écriture pour apprécier l'originalité des emprunts et modulations, la beauté de la conduite des voix simultanées… Un peu aride autrement, mais pas dépourvu de beauté.
Čiurlionis: The Sea, In the Forest & Kęstutis ; Lithuanian NSO, Modestas Pitrenas (Ondine)
→ Grand postpostromantisme assez franc, et bien fait, exécuté avec beaucoup d'élan et comme toujours remarquablement capté.
Rebel & Boismortier : Les caractères d'Ulysse. Suites pour deux clavecins ; Loris Barrucand, Clément Geoffroy (CVS)
→ Programme très original (Ulisse, Les Élémens, Ballets de Village, Daphnis, Les Plaisirs Champeſtres) à deux clavecins, par deux artistes majeurs (en particulier fan de Clément Goeffroy, l'un des clavecinistes les plus éloquents de notre temps, jusque dans les répertoires germaniques les plus sévères).
→ Le résultat sonore n'est que partiellement convaincant, capté de près, la richesse des deux clavecins mêlés paraît un peu agressive, alors qu'il n'y a rien de plus physiquement harmonieux lorsque leurs harmoniques se mêlent dans l'espace d'une pièce…
Pour autant, superbe voyage, qu'il faut s'imaginer écouter avec un peu de recul, à l'autre bout du salon ou à quelques rangs d'intervalle dans l'église.
Antheil : Serenades 1 & 2, Württembergische Philharmonie Reutlingen, Fawzi Haimor (CPO)
→ Musique bigarrée américaine, assez réussie, bien jouée et captée. Pas perçu de pépite particulière néanmoins : mériterait réécoute.
Adams – Must the Devil Have All the Good Tunes ? – Wang, LAP, Dudamel (DGG)
→ Plus planant que profond, pas du grand Adams. (Et sans le potentiel ravissant et jubilatoire de Grand Pianola Music !
Rosenmüller, Buxtehude, Pfleger, Hammerschmidt, Scheidemann, Monteverdi, Bernhard – Nun danket alle Gott – Clematis (Ricercar)
→ Motets allemands à voix seule influencés par l'Italie, trouvés dans une bibliothèque suédoise : un témoignage passionnant, des œuvres sobres et poignantes, une exécution au cordeau, frémissante et généreuse. Et des découvertes en pagaille (jamais entendu Bernhard pour ma part, pas sûr pour Pfleger et Hammerschmidt).
Gerald Barry : « Beethoven » & Concerto pour piano – Britten Sinfonia, Adès
→ Couplé avec les trois premières symphonies de Beethoven (la Troisième rebondit bien, très belle réussite), une cantate en anglais dans le style de Barry (avec sa tonalité dégingandée et ses chorals de cuivres issus de l'univers mental de Copland). Concerto pour piano qui joue avec les codes, en proposant des bouts d'exercices de Hanon-Déliateur au milieu d'un orchestre déhanché et martelant, jazzy et très amusant. Très rafraîchissant !
Różycki: Orchestral Works – Olga Zado, Lower Silesia PS Orchestra (DUX)
→ Du grand postromantisme expansif, pas la part la plus aventureuse de son catalogue, en particulier le très néo-chopinien Concerto pour piano (et sur des instruments plus limités que ceux des grands orchestres de l'Europe riche), mais beaucoup d'élan, d'atmosphère, de belles mélodies – ce n'est pas neuf, mais ce reste très abouti.
(Je recommande plutôt d'écouter son opéra Psyché, par exemple, qui tire davantage sur Szymanowski, en moins retors et davantage debussysé.)
Albena Petrović, Bridges of Love, Mangova (Solo Musica)
Daniel-Lesur, Messiaen, Pfitzner, Ives, Bernstein, Crumb, Eisler, Schumann, Ravel, Debussy, Fauré, Stravinski, Wolf, Brahms, Britten… – Paradise Lost – Prohaska, Drake (alpha)
→ Programme assez peu festif (contemplatif-mélancolique, voire carrément désolé), la voix de Prohaska a un peu mûri aussi (large pour du lied), mais on retrouve la même intelligence de la constitution thématique et musicale des pièces, la même finesse d'interprétation (on peut discuter sur l'accent français, mais l'ensemble reste tout à fait convaincant), qui font de chacun de ses nouveaux récitals un événement.
Lemoyne: Phèdre – Vashegyi (Bru Zane)
→ « Les murs de mon palais semblent crier vengeance / Je cherchais le bonheur, je trouve des forfaits »
→ (Dans ce livret, c'est Œnone qui fait le choix de la calomnie.)
→ La version complète de cette très belle tragédie du contemporain de Sacchini, Vogel et Cherubini. Son Électre était réputée d'une hystérie à peine soutenable, Bru Zane a retenu ce drame plus équilibré, dont la fluidité naturelle et la beauté de langue séduisent plus que l'éclat de moments isolés. À découvrir absolument pour compléter notre perception du répertoire classique de la tragédie en musique, par l'un des très rares compositeurs français à l'avoir exercée dans les années 1770-1780 – Gossec et Grétry (si on ne le tient pas pour belge) étant les deux autres grandes figures.
→ Moments forts : les trois grands airs, inhabituellement développés, des personnages principaux, très fouillés (celui de Phèdre aux confins du silence, celui de Thésée terrible…), et la mort d'Hippolyte, véritablement terrifiante, qui avec ses trombones furieux annonce le style de la mort de Sémiramis chez Catel.
→ Superbe distribution (Wanroij et Behr dans la soirée de leur vie, Christoyannis toujours aussi fascinant), Vashegyi très engagé !
« Unknown Debussy » (réductions & compléments par Orledge, versions originelles…) – Nicolas Horvàth (Grand Piano)
→ À part les étonnants chromatismes du Toomai des éléphants, , l'essentiel est assez bien connu (des réductions de musiques scéniques, des versions alternatives de tubes…) et sa nouveauté peut échapper, mais l'atmosphère de l'ensemble reste délicieuse, et je suis frappé par la beauté de timbre obtenue par Nicolas Horvàth (alors que Grand Piano ne flatte pas forcément de ce point de vue), chaque attaque chante avec rondeur, sans empêcher une belle variété de textures.
De quoi renouveler son Debussy avec délices.
Je n'ai pas encore pu me plonger dans la note de programme très complète écrite par l'artiste – qui a encore bien des inédits sous le coude.
Strauss, Puccini, Dvořák, Opera Suites for Nonet : Rosenkavalier, Tosca, Rusalka ; ensemble minui (Ars Produktin)
→ Jubilatoire sélection, qui comprend aussi bien interludes que parties vocales (le duo d'amour du I de Tosca, la Présentation et le Trio final du Chevalier, le duo du Cuistot et l'entrée du Prince de Rusalka…). Les arrangements restent relativement prévisibles (beaucoup de violon solo), mais le niveau de réalisation est tel ! Le corniste est hallucinant, tellement sûr et glorieux, aussi bien chez Strauss que Puccini…
Indispensable pour tous les amoureux de transcription, d'autant que contrairement à Mozart, on est là dans un terrain peu fréquenté !
J.S. Bach: Complete Keyboard Vol. 3 « à la française » ; Benjamin Alard (HM)
→ Une Suite anglaise, deux Suites isolées, une Partita… trois disques, essentiellement des suites à la française (en dépit de leurs dénominations),
pour un programme à la fois thématique et transversal vraiment stimulant, jouées avec la maîtrise habituelle d'Alard, mais qui me paraît dans ce répertoire de danses un peu rigide et sérieuse, où j'espérais davantage d'élan, d'inégalité, de déhanché.
J'aime pourtant bien ces pièces d'ordinaire (sans être un des grands admirateurs de Bach), et me suis un peu ennuyé ici.
Bortnianski, Berezovski – « Nuits Blanches » : Le Faucon, Alcide, Demofoonte – Gauvin, Pacific Baroque (ATMA)
→ Opéras en français et italien de compositeurs russes (célèbres pour leur contribution liturgique au fonds de l'Obikhod !), dans un style postgluckiste ou classique-allemand. Très étonnant, passionnant.
(Le français de Karina Gauvin est ce qu'il est, son émission un peu molle pas la plus adéquate non plus, mais on ne peut lui dénier le feu !)
du Puy, Weber, Mozart : Bassoon Concertos ; van Sambeek, SwChbO, Ogrintchouk (BIS)
→ On peut donc faire ça avec un basson ! Cette finesse (changeante) de timbre, cette netteté des piqués, cette perfection du legato, j'ai l'impression de découvrir un nouvel instrument. J'aurais aimé la Chambre de Suède un peu moins tradi de son (comme avec Dausgaard), mais je suppose que le chef russe a été formé à un Mozart plus lisse (ça ploum-ploume un peu dans les basses…).
Quand au du Puy, c'est une petite merveille mélodique et dramatique qui sent encore l'influence du dramatique gluckiste dans ses tutti trépidants en mineur, une très grande œuvre qui se compare sans peine aux deux autres !
Ropartz, La Tombelle, Widor, Louigny… ; Nuits ; I Giardini, Véronique Gens (Alpha)
→ La voix mûrit doucement, et la rondeur du timbre, la saveur de la diction demeurent souverains. Parcours assez original où l'on gagne notamment une Chanson perpétuelle d'anthologie.
Jommelli : Requiem & Miserere, Il Giardellino
→ Très jolie musique baroque-classique, agréable, avec du verbe et des atmosphères.
Vivaldi / Tarkmann ; Concerto Köln, Martin Fröst (Sony)
→ Le grand arrangemeur Tarkmann, qui a transcrit magistralement tant d'opéras de Mozart, Beethoven ou Schubert pour petits ensembles à vent, a aussi proposé sa version pour clarinette de concertos de Vivaldi… ici joués sur l'un des meilleurs ensembles sur instruments anciens (quel grain sonore !) et par la clarinette la plus naturelle, fluide et transparente (quel son flûté !) de la scène actuelle.

Un régal absolu, où l'on retrouve en outre quelques thèmes récupérés d'oratorios (le grand air de bravoure de Giudita Triumphans) et opéras (le figuralisme pluvial d'Il Giustino).
Pēteris Vasks: Viola Concerto & Symphony No. 1 "Voices" ; Maxim Rysanov (BIS)
→ Planant et délicat, TB, et quel altiste toujours incroyable !
Naoumoff: Cinq valses pour piano quatre mains, par Soojin Joo, Emile Naoumoff (Melism)
Aimables valses de salon au langage à peine enrichi. Très mignon, comme certaines pièces de caractère un peu subverties du début du XXe siècle.
N. Boulanger / Pugno : La Ville morte (d'après D'Annunzio et non Rodenbach), Göteborg 2020 (vidéo du théâtre)
→ Dans l'esprit d'Uscher de Debussy, du français très sombre et un peu germanisé… mais difficile de se rendre compte avec la diction épouvantable de la distribution – on ne comprend rien, on ne voit pas trop où ça va…
Dommage, quel inédit exaltant ! (celui qui me tentait le plus de toute la saison!)
Firenze 1350
→ Interprétation et sélection extrêmement directes, qui évoquent le naturel des plus grandes œuvres de la période suivante (Dufay !).






commentaires nouveautés : versions

R. Strauss – Macbeth, suite du Rosenkavalier, Tod und Verklärung – Singapore SO, Lan Shui (BIS)
→ L'orchestre n'est clairement pas auix mêmes standards que les plus beaux d'Europe (cordes peu douces ni fondues, bois assez acides et durs, cuivres peu ronds), mais l'aération toujours fabuleuse des captations BIS et la tension imprimée par Lan Shui en font peut-être le plus beau disque symphonique Strauss que j'aie entendu…
→ Macbeth extraordinairement tendu, toujours tempêtueux, qui échappe à son habituel aspect aimable (j'y entends beaucoup le compositeur d'Aus Italien !).
→ Rosenkavalier d'une grâce ineffable malgré l'enfilade de tubes – chaque frottement dans chaque tuilage est tenu, si bien que tout semble d'une progression infinie (Hab mir's gelobt semble s'étendre à l'infini comme un final de Mahler, ne jamais se reprocher sur sa séduction mélodique, toujours aller chercher la beauté de l'harmonie et du contrepoint en rebfort).
→ Tod und Verklärung, tant de fois entendu en concert avec une vague indifférence, devient ici véritablement une question de vie ou de mort, donc l'élan ne se limite pas aux quelques tutti plus mélodiques.
Verdi – Attila – Monatyrska, Stefano La Colla, Petean, D'Arcangelo ; Munich RSO, Ivan Repušić (BR Klassik)
→ Ouille. La Colla (malgré quelques aigus en arrière), Petean et D'Arcangelo sont séduisants, quoiqu'on les devine peu sonores en vrai, et qu'ils ne brûlent pas exactement les planches par leur intensité dramatique ; mais Monatyrska qui crie tout ce qu'elle peut (que lui est-il arrivé ? méforme, usure prématurée par le stress de la carrière ?), et Repušić éteint l'orchestre sous une mollesse digne des studios de Gardelli…
Décidément impossible pour moi de trouver un disque BR Klassik un peu exaltant (excepté ceux de Dijkstra, tous superlatif), la captation froide n'aidant pas non plus.
Chausson « le littéraire » – Chanson perpétuelle, La Tempête (arr. Némoto), Concert – Pancrazi, Musica Nigella (Klarthe)
→ Très belle version de la Chanson perpétuelle, instrumentalement très vivante, nette et aérée – moins enthousiaste sur le chant trop en arrière, pas assez mordant et intelligible (la tournure que prend E. Pancrazi, une chouchoute, me préoccupe un peu), surtout pour de la mélodie aussi délicate – et sans enjeu de couleur ni de puissance.
Les deux autres pièces sont très réussies, mais disposent de versions plus animées (Kantorow est assez formidable pour la véritable version de la Tempête, et la discographie du Concert est large).
Widor: Organ Symphonies, Vol. 2 (s3 & s4) – Rübsam (Naxos)
→ Incroyable les points communs de la Troisième Symphonie avec les pièces de circonstance de Théodore Dubois ! Je n'avais jamais remarqué à ce point.
Belle interprétation habitée de Rübsam, aux belles respirations, dans les prises de son toujours assez peu physiques et un peu blanches de Naxos (pas le meilleur label d'orgue, clairement).
Shostakovich / Schnittke / Lutosławski – Concertos chambristes – Kammerorchester Wien-Berlin, Denis Matsuev (DGG)
→ Superbe lecture du concerto piano-cordes de Schnittke, avec un orchestre au grain plus fin qu'à l'accoutumée, et Matsuev qui sonne ici ample et majestueux (ce qui ne m'a jamais frappé au concert ni dans ses autres disques).
Programme par ailleurs assez ambitieux pour un disque de concertos !
Haendel: Messiah, HWV 56 (1742 Version) ; Gaechinger Cantorey, Rademann
→ Grosse déception : tout semble retenu vers l'arrière, comme si chaque note était arrachée à la glaise, impression désagréable d'un retard permanent sur son propre tempo – sans doute lié aux choix d'attaque des cordes ? Solistes et chœur plaisants mais assez lisses, on est vraiment loin du grand Rademann d'il y a quelques années. (J'avais eu cette impression aussi en concert, depuis qu'il varie les ensembles avec lesquels il travaille…)
Gesualdo – Tenebræ – Graindelavoix
→ Lecture archaïsante qui met en valeur le plain-chant et lent contrepoint plutôt que la déclamation théâtrale, en tirant l'esthétique vers le XVIe siècle. Toutes choses qui se défendent, mais les timbres assez blancs de l'ensemble m'empêchent d'y prendre le même plaisir. Beaucoup plus séduit par la lecture résolument XVIIe, beaucoup plus incarnée, de l'ensemble Tenebræ – parue deux semaines plus tôt.
Monsieur de Sainte-Colombe, Pierlot, Lucile Boulanger, Rignol, Lislevand (Mirare)
→ Superbes versions, vivantes et lumineuses, du catalogue de Sainte-Colombe.
Bach: Sonatas for Violin and Basso Continuo, BWV 1021-1024 – La Divina Armonia (Hirasaki, Camporini, Lorenzo Ghielmi)
→ Sensiblement plus rares au disque, me semble-t-il, que les sonates violon-clavecin (BWV 1014-1020+1022) qui sont un rare cas de partition d'accompagnement clavier entièrement écrite. Celles avec basse continue (BWV 1020-1-3-4) évoquent davantage la tradition italienne, paraissent moins sorties d'un univers parallèle, mais regorgent de beautés.
→ Beau son de violon très fin, aux phrasés courts, belle gambe délicate, et clavecin un peu timide, tout cela est fort joli.
Dvořák, Smetana & Suk : Piano Trios (intégrale) ; Irnberger, Geringas, Kaspar (Gramola)
→ Beaucoup de grain et d'engagement dans ce très bel ensemble, qui comprend les quatre trios de Dvořák servis au plus haut niveau, ainsi que les plus rares bijoux de Smetana et Suk.
Comme d'habitude Gramola se révèle une référence à suivre les yeux fermés en matière de musique de chambre.
Beethoven – Complete Trios : Triple concerto, « Septuor » ; Van Baerle Trio, De Vriend (Challenge Classics)
→ Par le trio qui a magnifié la version originale du Premier Trio de Mendelssohn, une intégrale Beethoven qui approche ici deux formats insolites : la transcription du Septuor et le Triple Concerto ! Avec un brio (et un orchestre bien-dialoguant et tranchant !) qui reste comparable à la réussite du Mendelssohn !
Schumann: Overture, Scherzo & Finale ; LSO, Gardiner (LSO live)
→ Toujours cette pâte très légère de Gardiner-LSO (le petit volume était même très surprenant en concert). Beau travail fin, qui perd un peu en puissance épique.
Vu la durée (20 minutes), je suppose que ce n'est disponible qu'en dématérialisé.
Couperin / Gesualdo : Tenebræ, par Tenebræ & Nigel Short (Signum)
→ Très belles versions, sobres et habitées, de deux des plus belles compositions pour la Semaine Sainte. On admire vivement la maîtrise conjointe de ces deux esthétiques très différentes.
Beethoven: String Quartets, Opp. 132, 130 & 133 ; Tetzlaff Quartett
→ Très belle interprétation, forcément, de ces quatuors de maturité – avec un ringraziamento du Quinzième entièrement en diamant, sans vibrato.
Pour autant, dans ce corpus saturé, il y a encore plus inventif / cohérent / absolu à mon avis chez des ensembles constitués (Italiano, Pražák, Takács, New Orford, Leipziger, Belcea, Brentano, Cremona…).
La Grande Fugue est tout de même stupéfiante d'aisance technique, comme à peu près nulle autre je crois bien.
Couperin, Leçons de Ténèbres – Mutel, Deshayes, Martin Bauer, d'Hérin (Glossa)
→ Continuo extraordinaire, Bauer éloquent à la gambe, et surtout les réalisations au clavecin riches, mélodiques, élancées, originales de Sébastien d'Hérin, pleines de dynamisme et de couleurs !
Vocalement, c'est moins idyllique : Deshayes reste très « globale » mais plie sa grande voix avec grâce à l'exercice, tandis que Mutel reste toujours aussi floue, et la voix vieillissant, le blanchiment et le vibrato sur le timbre deviennent assez désagréables, a fortiori dans ce type d'orfèvrerie – or sa technique l'empêche de dire précisément le texte pour compenser…
Mérite néanmoins grandement l'écoute pour l'intérêt tout particulier de l'accompagnement instrumental, parmi les plus aboutis de la vaste discographie ! (et le meilleur de ceux avec clavecin, Christie inclus)
Vivaldi: Concerti per flauto ; Antonini (Alpha)
→ Très vivace interprétation de concertos largement documentés… Reste la limite de l'instrument, en particulier le flautino pépiant (et pas toujours juste), qui n'est pas l'instrument le plus admirable ni le moins agaçant qui soit.
Zemlinsky — Sinfonietta, , 6 Songs, Op. 13 & Der König Kandaules — ÖRF (Capriccio)

→ Très belles versions (en particulier les extraits du Roi Candaule avec Siegfried Lorenz !). Je n'ai pas vérifié si les Maeterlinck avec Petra Lang sont aussi une réédition.
Beethoven: Symphony No. 5 ; MusicAeterna, Teodor Currentzis (Sony)
→ Excessivement rapide, tendue comme un arc, une version qui ose le tempo extrême suggéré par Beethoven, qui fait par endroit exploser le col legno et les timbales, avec des cuivres plus capiteux qu'à son ordinaire, et un véritable concerto pour contrebasson final !
Il existe versions plus construites (de Markevitch à Janowski, en passant par Dohnányi, Hogwood et le dernier Harnoncourt), moins fondées sur la seule énergie cinétique, mais le résultat demeure assez irrésistible, et pour une fois particulièrement neuf – ce qui était beaucoup moins patent dans leur tournée l'an passé.




commentaires nouveautés : rééditions

Strauss – les grands poèmes symphoniques – Museum de Francfort, Weigle (Oehms)
→ Rééditions sous forme de coffret contenant tous les volumes précédents.
On dit toujours que Kempe-Dresde constitue l'horizon indépassable de ces poèmes, et c'est tout à fait vrai, mais Zinman-Tonhalle et désormais Weigle-Museum peuvent tout à fait prétendre au titre.
→ Cette fluidité et cet élan miraculeux, servies par ce qui est possiblement l'orchestre le plus déraisonnablement virtuose d'Allemagne (et donc du monde), en font un jalon discographique capital – comme tous les Wagner-Strauss-Berg de Weigle, au demeurant.
→ Parmi les œuvres rares, une Deuxième Symphonie d'un romantisme flamboyant, pas du tout décadent, servie avec un feu étourdissant.
Beethoven – Symphonies – Sk Dresden, Blomstedt (Edel Kultur)
→ Remasterisation de ce beau cycle tradi mais habité, qui a connu une diffusion large grâce à la reparution sous licence chez Brilliant (déjà dans un son excellent).





Hors nouveautés, beaucoup de jolies découvertes pour moi !  (Les Hummel, je ne les avais pas écoutés depuis tellement longtemps…)

Voici les découvertes hors nouveautés :

autres nouvelles écoutes : œuvres

Gade, Symphonie n°5, Pöntinen, Stockholm Sinfonietta, N. Järvi (BIS)
→ Symphonie concertante en réalité, d'un beau romantisme tempêtueux dans un goût encore mendelssohnien. Superbe.

Gade, Symphonie n°6, Stockholm Sinfonietta, N. Järvi (BIS)
Bloch – Symphonie en mi bémol – Malmö SO, Boreyko (BIS 2002)
→ Assez typé Chausson !
Bruch – Quintette à cordes – Gluzman (BIS 2011)
Mike DiRubbo Quintet – From The Inside Out (Sharp Nine Records, 1999)
Rubbra: String Quartets Nos. 1, 3 & 4 – Maggini Quartet (Naxos 2011)
→ Très pudique, pas forcément saillant en première écoute, mais contenu très réel. Superbe début recueilli du 3 ! 
Pingoud – Chantecler, Le Prophète, Le Chant de l'Espace, Flambeaux éteints, Diableries galantes – FinRSO, Oramo (Ondine 1997)
→ Musique étale à la nordique, pas forcément marquante, mais charmante et non dénuée de personnalité.
Henze – Undine – London Sinfonietta, Knussen (DGG)
→ Pour ce ballet, on découvre du Henze bien tonal, qui conserve ses équilibres orchestraux, mais tire ausis vers le néoclassicisme bigarré, vraiment étonnant de l'entendre ainsi singer la musique théâtrale, pour ne pas dire de film… Pas forcément très mélodique, mais beaucoup de variété dans les saveurs et les couleurs, on y entend un métier beaucoup plus traditionnel que ce qu'on pourrait croire.
Henze : Heliogabalus Imperator – BBCSO, Knussen (Wergo)
→ Orchestration très bigarrée, amusante, mais grammaire atonale dont la direction n'est pas toujours évidente.
S'écoute très bien, mais j'avoue que le discours de la « parabole » auto-désignée m'échappe un peu.

Henze : Englische Liebeslieder, avec Karttunen au vcl
→ Beau lyrisme concertant, assez séduisant.
Humperdinck – Belle au Bois, Marchand de Venise, Rhapsodie mauresque, Canteen Woman… – Radio de Bratislava, Martin Fischer-Diesckau (Marco Polo 1992)
→ Très beau postromantisme apaisé à la façon Humperdinck.
Glass – Koyaanisqatsi – (Island Records 1983)
→ Jolie musique planante très répétitive évidemment, mais sans les effets de boucle : une jolie progression harmonique qui se reproduit à l'infini. Ce n'est pas passionnant ni bien profond, mais se laisse écouter. Au fur et à mesure que l'on progresse dans le disque, en revanche, les effets de symétrie, les enchaînements « faux » avec quintes directes sont assez déplaisants, de la musique d'amateur pas très bien troussée. Dans une musique aussi simple, ces fautes d'harmonie servies par un chœur qui chante trop ouvert et force, l'effet est vraiment pénible.
Juste quand on se croyait suffisamment dégoûté arrivent les insupportables boucles d'accord parfaits, innombrables et identiques, même pas de changement de hauteur ou d'intensité… M. Le Marrec, vous reprendrez bien une petite tranche de démence ?
Hummel: Piano Concertos, vol.1 – Alessandro Commellato, Solamente Naturali ; Talpain (Brilliant Classics)
→ N°2 en la mineur Op. 85 (1819), clairement le modèle de Chopin Op.11 ! Les mélodies, les atmosphères, les rythmes, les figures d'accompagnement, vraiment une inspiration évidente – mais avec quelques poussées d'une virtuosité comme tirée d'une ouverture de Rossini !
→ Dans l'allegretto du Retour de Londres aussi, le type de virtuosité et les marches harmoniques de la fin sont d'une similitude frappante !
→ Orchestre plus fluide dans ce volume antérieur.
HUMMEL : Piano Concertos, Vol. 2 (Commellato, La Galante, Milano Classica, Talpain), chez Brilliant Classics
→ Hautbois vraiment aigres, très terroir, cordes aussi un peu lourdaudes dans leurs accentuations, tout cela a pas mal de saveur rétro, qui tire Hummel du côté de Mozart plutôt que de Chopin !
Pianoforte d'esthétique cristal, aux basses très courtes, et capté de vraiment trop près, le micro dans la caisse, comme s'il faisait autant de son qu'une section de cors, face à l'orchestre. Étrange, j'avoue être distrait des œuvres dans cette configuration.
→ Le sol majeur Op.17 est vraiment réjouissant (et son allegro initial avec violon solo – et cadence commune – assez original).
Chesnokov, Requiem No 2, Op. 39: AlleluiaMikhail Falkov, Konstantin Semyonov, Father Alexei Godunov (Olympia)
Chesnokov & Taneïev, radio de Leningrad
→ Splendides chœurs consonants, tendus et planants de Chesnokov. Belle interprétation limpide (1982).
Draeseke – Quatuors de maturité – (CPO 2017)
→ Moins plaisant que ceux de jeunesse, à première écoute. Très belle finesse de son des interprètes.
Offenbach – Barbe-Bleue – Pelly, ONL, Spotti (France TV)
→ Très plaisante musique, assez spirituelle, pas seulement truculente, et livret tout à fait amusant, avec enjeux multiples et déplacement du conte.
Splendide distribution (Courcier, H. Mas, Ghazarossian, Beuron, Mortagne, P. Gay), très jolie mise en scène.
Vivaldi : Ottone in Villa ; Prina, Invernezzi, Antonini
→ Pas repéré d'airs extraordinaires. Il Giardino Armonico bien dynamique, sans surprises particulières, Prina et les autres très valeureux, mais pas à leur sommet personnel. Pas le meilleur volume de série, donc.
Gouvy: Sonatas for Piano 4 Hands
par Emile Naoumoff, Yau Cheng (Grand Piano)
→ On retrouve les traits du premier romantisme, mais assez paisible, sans la fulgurance d'inspiration de ses symphonies, de son Requiem…
Stockhausen, Samstag, Le Balcon (CiMu, sur Medici ou Philharmonie)
→ Assez statique, ces boucles de cuivres, ce piano nu… vraiment pas du même niveau d'inventivité et de poésie que Donnerstag. C'était mon avis au disque, et les expériences scéniques le confirment.






autres nouvelles écoutes : versions

Sigrid Onegin in Mozart's Exultate Jubilate (Aleluja)
BEETHOVEN, Piano Concertos Nos. 4 and 5 (Sudbin, Minnesota Orchestra, Vänskä) BIS 2010
→ Déçu ici par Sudbin (très vivement apprécié ailleurs, en particulier dans son récent concerto de Tchaïkovski) : grammaire de liquidités très chopiniennes, qui n'ont pas l'équilibre détaillé classique du style que j'attache d'ordinaire à Beethoven, beaucoup de rubato également, d'une façon un peu démonstrative / théâtrale qui n'apporte pas beaucoup aux effets déjà écrits, à mon sens.
(Mais c'est très bien, rien à redire, juste que j'en espérais davantage ; et le basson solo est superbe.)
Brahms: Variations on a Theme by Haydn, Op. 56a, "St. Anthony Variations": Finale: Andante
Swedish Chamber Orchestra; Dausgaard, Thomas
Debussy – Printemps, Nocturnes, Danses, Rhapsodie harpe – Singapore SO, Lan Shui (BIS 2019)
→ Prise de son très aérée, interprétations élancées, Rhapsodie pour harpe d'une grâce suprême, mais Printemps manque un peu de poids et de couleurs à mon gré, et surtout les Sirènes des Nocturnes sont totalement sabotées par un chœur épouvantable (altos complètement détrimbées qui beuglent comme des amateurs pas très aguerris…).
Suk – Asrael – Komische Oper, Kirill Petrenko (CPO)
→ Vrai que le scherzo est plaisant, et le reste assez étale, peu passionnant, malgré la version mordante, détaillée (bois !) et merveilleusement captée, avec une réelle présence physique.
Massenet – Hérodiade – Denize, Blanc, Radio-Lyrique, Lloyd-Jones (Opera d'Oro) (en entier o-1)
→ Quel attelage héroïque ! Et l'orchestre de la Radio est fort honorable à cette date. Une des rares versions qui rendent justice à l'insolence revendiquée des profils vocaux.
Respighi, Fontane di Roma, FinRSO & Oramo (Ondine)
→ Un peu aimable.

Respighi, Pini di Roma, PB Radio PO & Ashkenazy (Exton)
→ Toujours pas passionné par l'œuvre, gentil. Pas beaucoup de veine mélodique ni de surprises, même si ce doit être impressionnant en salle.
… puis Fontane di Roma
→ Plus de relief que la version Oramo (clarinette liminaire).
… uis Feste romane
→ Œuvre plus combattive, moins grossière que dans mon souvenir.
Schütz, Matthäus Passion, l'extrait devant Pilate (le meilleur) :

Klaus & Distler Chor, avec Fischer-Dieskau (DGG)
→ Captation terriblement sèche, expression « méchante ».

Fläming & Dresden Kreuzchor, avec Schreier (Berlin Classics)
→ Grand chœur un peu lisse, Schreier peu gracieux.

Kurz & Opéra de Stuttgart (Bella Musica)
→ Évangéliste particulièrement émouvant (voix non stéréotypée). Chœur en effectif réduit réussi.

Hiller & Ars Nova Copenhagen (Da Capo)
→ Chœur-diamant merveilleux.

Yumiko Tanno & Schütz Choir (ALM)
→ Timbres intéressants, mais qui s'effilochent sur l'allemand. Chœur vaste et pas très beau.

Rademann & Dresden Kammerchor (Carus)
→ Bien chanté, un peu froid.
Mahler 10, Berliner SO, K.Sanderling (Berlin Classics), mvt 1 (réécoute)
→ Début alla Chosta encore plus impressionnant dans cette version !

Mahler, Adagio s10, Boston SO, Ozawa (Philips-Decca)
→ Beaucoup plus de netteté des plans et de présence physique. L'œuvre me touche toujours très peu, trop désolée / immobile, malgré sa plasticité. Trop de cordes nues (et dans le suraigu), pas assez de jeux de contrepoint.
Mahler 9, ensemble Mini (mvt 1)
→ Avec piano. Très sympa, spectre sonore comparable à l'original.

Mahler 9, NYP, Maazel (NYP), mvts 1 & 2
→ Très franc, assez peu mystérieux, cuivres un peu sonores et pétaradants. Un peu déçu par rapport à la tension des autres Maazel avec New York (aussi bien dans Haydn et Dvořák que dans la 8 !).

Mahler 9, Tokyo Met, Inbal (Exton), mvt 4
R. Strauss – Eine Alpensinfonie
Ashkenazy-Cleveland (extts)
Jordan-ONP (extts)
Janowski-Pittsburgh (extts)
Weigle-Frankfurt (extts)
V.Petrenko-Ostlo (extts)
Bychkov-WDR (réécoute, extts)
Kemple-Dresden (réécoute, extts)
Zinman-Tonhalle (réécoute, en entier)
Haendel – Messiah – Yoncheva, Tamara Mumford, Villazón, Terfel ; Mormon Tabernacle Choir, Orchestra at Temple Square, Mack Wilberg (Intellectual Reserve 2016)
→ Orchestre traditionnel mais allégé, inspiré à la marge des exécutions « informées », vif et limpide, et disposant d'un plateau particulièrement luxueux (Villazón combattif, Mumford impressionnante dans ses jeux nuancés entre les registres…).
R. Strauss, Sinfonia Domestica ; Museum Frankfurt, Weigle
Bach, Sonates vln-clvn (1014) :
F.Malgoire & Rannou (Alpha) → Malgoire stridente dans l'aigu et flûtée dans le grave, Rannou un peu dure.
Huggett & Koopman (Archiv) → Violon très fin et tendu, clavecin un peu carré rythmiquement, mais avec tentatives d'arpéger et orner.
Ehnes & Beauséjour (Analekta) → Véritable rhétorique du clavecin, et violon vibré assez rétro.
Pierot & Gester (Accord) → Avec orgue, mais son très plein et violon très étroit, ne fonctionne pas pleinement. (Change cependant!)
Wallez & Brosse (Decca) → Clavier assez mécanique. Violon vibré à l'ancienne très séduisant dans ses détours mélancoliques (et timbre magnifique).
Réécoute Glodeanu-Haas (très allant et fluide), Kuijken-Leonhardt (quelle épure !), Banchini-Botticher (ornement et inégalités).
Mahler 3, final :
→ Scottish RNO, N. Järvi (Chandos) : cordes assez moches, et pas beaucoup de tension
→ Sofia PO, tabakov (Capriccio) : grand Dieu ! dès le début, les violoncelles et les violons sont complètement décalés, ça frotte, ça n'attaque pas au bon endroit… Incroyable pour un disque sur un gros label.
→ Utah SO, Abravanel (vanguard) : très bien
Schönberg ; Pelléas ; https://www.schoenberg.at/index.php/en/joomla-license-3/pelleas-und-melisande-nach-dem-drama-von-maurice-maeterlinck-symphonische-dichtung-fuer-orchester-19021903
→ Décidément très loin de Maeterlinck (comme c'est plein tout le temps, et expansif là où M.M. est aphoristique !)… Cette jouissance du contrepoint et du chromatismes extrême est sympathique, mais semble tellement renfermée sur elle-même, je suis partagé entre l'admiration intense et une forme de gêne, comme lorsqu'on croise chez des amis un thésard qui raconte pendant de longues minutes l'anecdote hilarante de l'indentation de la 578e note de bas de page.

J'aime beaucoup cette captation, très vivante et physique comme un concert ; quelqu'un sait-il d'où c'est tiré ?
Beethoven 5 (mvt I), Göteborg SO, Dudamel (YT Göteborg 2009)
→ Nettement plus traditionnel, et assez lent quoque plutôt tendu et réussi.
(vidéo dont a été tiré le mème à la raquette et aux haltères)
Beethoven 5, Orquesta Sinfónica Simón Bolívar de Caracas, Gustavo Dudamel (Philharmonie de Paris 2015)
→ Fougue, engagement total, lisibilité des plans, et allègement du spectre, le meilleur de tous les mondes à la fois !
On entend les bois comme nulle part ailleurs (les solos de basson permanents du scherzo!), les tempi très vifs semblent couler de source, même dans l'Andante, les éclats suivre la logique de la musique… Très grande version, qui manque peut-être seulement de timbres un peu plus colorés.
Chesnokov & Tchaï (chs sacrés avec octavistes), sur YT
Strauss – Don Juan, Heldenleben – NHK, P. Järvi (2014)
→ Fluidité assez incroyable, virtuosité des traits parfaitement nette.
Wagner : Der fliegende Holländer – Brimberg, Les Siècles, Roth (France tv / Caen)
→ Grain très intéressant et caractérisé. Mise en scène peu lisible (sans être le moins du monde trash), beau plateau (Hollandais un peu court, Daland très engagé… et Brimberg !), mais surtout ce grain des instruments d'époque, avec une maîtrise et une homogénéité de spectre impressionnants, l'intelligence des phrases de Roth en sus !
Brahms Ouverture académique
Rimski Pâque russe
Pragues SO, Smetaček
→ Prise de son décevante, ic aussi de la raideur et de la sècheresse, alors que Smetaček est plus intéressant en principe.
Rimski Pâque russe Immerseel
→ Timbres originaux, un peu crus, manque de liant et de déhanché toutefois.





… car il n'est pas interdit non plus de réécouter des disques…

réécoutes œuvres (dans mêmes versions) réécoutes versions


Marx, Quatuors (in modo antico, classico, chromatico) – Thomas Christian Ensemble (CPO 2006) Beethoven Solemnis Levine Vienne (DGG)
Lemoyne, Phèdre, Vashegyi Beethoven Solemnis Herreweghe I (HM)
Rameau, Zoroastre, Christie Beethoven Solemnis (Kyrie & Gloria) :

¶ Karajan 85
¶ Karajan 66
¶ Jochum ccgbw
¶ Harnoncourt II
¶ zu Guttenberg
¶ Herreweghe I
¶ Herreweghe II
¶ Bernstein Ccgbw
¶ Bernstein NYP
¶ Gardiner
¶ Harnoncourt I
¶ Steinberg WDR
¶ Levine Vienne
¶ Solti Berlin RSO

(Beaucoup de changements de goûts, de déceptions notamment, mais Herreweghe I HM et Levine Vienne demeure des sommets hautement exaltants – les Bernstein aussi, furieusement engagés, si on tolère les chœurs pas très gracieux.)
Catel –Sémiramis – Niquet (Glossa)
→ Toujours ce monument dramatique qui a fort peu d'égaux, dans une version totalement superlative.
Beethoven: Missa solemnis, Moen Constantinescu Gilchrist Bevan ; Bach Collegium Japan ; Suzuki (BIS)
→ Comme on pouvait s'y attendre, un certain manque de pâte qui empêche la continuité des lignes, avec d'une certaine façon des « trous » dans le spectre, qui nuisent à l'élan du contrepoint.
Pour autant, les solistes masculins sont magnifiques et l'ensemble tout à fait chaleureux, nourri par une évidente ferveur (quel élan du Gloria !). Pour une fois, les versions tradis se tirent vraiment très bien de cette œuvre démesurée qui supporte assez bien les grands épanchements et la capacité au legato.
Dauvergne, La Vénitienne – Santon, Vidal, Les Agrémens, van Waas (Ricercar) Mozart, Don Giovanni, Silete Venti, Simone Toni (Warner)
→ Version tout à fait marginale et extravagante (à côté, Jacobs et Currentzis c'est monumental et conservateur comme Klemperer), pas nécessairement de bon goût, mais c'est au point qu'on a l'impression d'écouter l'œuvre pour la première fois, et ce n'a pas de prix.
→ Tout petit effectif, traitement percussif du son, pianoforte omniprésent, martelé et babillard (mis au centre du spectre par la prise de son totalement zoomée), des équilibres inédits, et ça va très très vite (le final du II le plus rapide jamais enregistré, on court !). Absolument fou, à connaître impérativement si l'on est un tout petit peu ouvert aux expériences aux frontières (outrepassées) du bizarre.
→ Tentez l'Ouverture pour commencer. Quel bastringue ! On a l'impression qu'ils sont dix et qu'ils jouent du klezmer entre potes. Avec le pian(ofort)iste qui défonce son instrument en headbanguant comme un fou. Il faut imaginer la version Jacobs que vous auriez mise sur « avancée x2 », avec tous les timbres plus aigrelets d'un coup, et tout en accéléré. Ou un motet d'Henry du Mont où l'on n'entendrait que la basse continue, mais jouée à la guitare électrique. Pour situer l'esprit.
Beaucoup d'éléments particulièrement étranges : le pianoforte qui plaque des accords tous les deux temps pendant la mort du Commandeur (écrite à trois temps), parmi mille autre exemples, et également la prise de son qui zoome éhontemément sur pianoforte et chanteurs et cache certaines parties du spectre (cordes et bois semblent souvent disparaître, certains chanteurs aussi dans les ensembles,comme s'ils étaient hors de portée des micros…).
→ Je crois que j'aime beaucoup en réalité – ce qui ne surprendra personne –, mais je dois avouer qu'à la moitié on en a un peu marre que tout soit martelé tout le temps. Assez sympa à écouter par tranches vivifiantes plutôt qu'à la suite.
graener prinz eugen x3 Brahms, Variations Haydn, Helsingborg, Manze (CPO)
Verdi, Don Carlos Pappano vidéo (II,2)
R. Strauss, Rosenkavalier, trio final, Edo DeWaart (Welting, Lear, Stade)

Beethoven 1,4,6,7,9 – Berlin années 80, Karajan (DGG)
→ J'ai beaucoçup écouté l'intégrale de 77, très ample mais très vivante, j'avais le souvenir d'un trait plus épais (et d'un équilibre plus artificieux) dans cette dernière intégrale. Vous me donnez envie d'y jeter à nouveau une oreille. Alors : moins épais que dans mon souvenir, mais aussi moins habité. J'ai sans doute écouté trop de versions HIP furieuses (Hogwood, Antonini, Savall…), ou même de versions récentes très dynamiques (Dausgaard, Á. Fischer, Janowski…), mais ça m'a presque paru tranquille en comparaison.

Couperin – Leçons de Ténèbres – Lombard, Correas
→ Le continuo n'est pas le plus souple du monde, mais la voix mixte suspendue de Lombard, même si elle est plus saisissante encore en vrai, fait des merveilles (et quel sens du texte !).
Je ne m'explique pas trop l'alternance avec des pièces instrumentales, qui rompent la continuité dramatique très réussie de ces pièces (les silences y font partie de la dramaturgie) et qui n'ont, à ma connaissance, aucune justification liturgique dans cette cérémonie très codifiée.

Mozart, Requiem, Concentus Musicus Wien, Harnoncourt (DHM 2003)
→ Pas convaincu par tout dans cet enregistrement, parfois très didactique (le Kyrie qui souligne pataudement ses entrées). Les solistes sont très charismatiques, mais au détriment de la fluidité d'ensemble. D'une manière générale très maniéré, et sans l'impression de glisser sur l'eau de Currentzis.
On entend mieux le détail, oui, mais les figures d'accompagnement sont parfois mises à nu sans apporter grand'chose. Par endroit j'aime beaucoup (le Dies iræ, certaines couleurs de cuivres), à d'autres je trouve ça vraiment exagéré et chichiteux (ces ralentis partout…).

Mozart, Requiem, MusicAeterna, Currentzis (Alpha)
→ Dynamiques graduelles, éclats col legno, version tout à fait débridée, très originale, pensée et maîtrisée, ma chouchoute de toutes.
Très loin de la gratuité de la plupart des effets dans les autres gravures du chef.
Du maniérisme mobile : on glisse d'une nuance à l'autre sans s'arrêter de courir ; tout est dans le flux et l'urgence, même les contrastes

Verdi, Ballo in maschera
Álvarez, Tézier, ONP, Bychkov (France 2)
→ Artistes au sommet !





Et quelques-unes des dernières nouveautés relevées (pas encore fait toutes celles de vendredi dernier, où j'ai notamment repéré un récital violon-piano de Tasmin Little incluant le grand Bowen et d'autres Britanniques rares)…


liste nouveautés : œuvres liste nouveautés : versions liste nouveautés : rééditions



gavrilin Mendelssohn ; Walpurgisnacht ; Bernius (Carus) Beethoven, Hammerklavier, Rösel (eterna)
Beethoven, transcriptions pour piano (Saint-Saëns, Balakirev, Mouss, Beeth) – Mari Kodama (Pentatone) Beethoven: Messe en ut – Turku PO, Segerstam (Naxos) Dietrich Fischer-Dieskau: Lied-Edition, Vol. 1 (Orfeo)
Montsalvatge, Falla… mélodies transcrites pour alto & piano – Tabea Zimmermann, Javier Perianes (HM) Beethoven für Kinder – Martin Stadtfeld (Sony) The Young Richter Live - Liszt, Chopin, Schumann ; Sviatoslav Richter
Catoire – Revived Masterpieces ; Catoire Ensemble Beethoven ; String Quartets Nos 6 & 12 ; Quatuor Ébène (Erato) Beethoven: The Last Three Sonatas, Opp. 109-111 ; Maurizio Pollini (DGG)
Pereira, Villa-Lobos, Reis & Others: Works for Guitar – Pedro aguiar (Naxos) Beethoven ; String Quartets Nos 1 & 14 ; Quatuor Ébène (Erato) Donizetti: Don Pasquale (Live) ; Wunderlich, Radio Bavaroise (Profil)
Karol Beffa: Talisman Beethoven – Quatuors Nos 9, 13 & Grosse fuge – Quatuor Ébène (Erato) Beethoven, Demus & Others: Violin Works ; Jörg Demus (Gramola)
Granados, Sáncghez-Verdu, Vine, Schumann, Ravel ; Honggi Kim, concours 2018 viennois (Naxos) Rachmaninov: Études-Tableaux Op. 33 & Op. 39 – Alberto Ferro Mozart, Beethoven & Others: Piano Concertos (Live) ; Friedrich Gulda
Douglas Weiland: Quartets Nos. 4 & 5 – Melbourne Quartet (Naxos)
Séverac: En Languedoc & En vacances
ALDO CICCOLINI
Thomas Adès: Piano Works – Han Chen (Naxos) Korngold: Violin Concerto & String Sextet ; RTE Concert Orchestra Brahms Sonata n.3 in re minore per violino e pianoforte op. 108
Henryk Szeryng, Arthur Rubinstein
Paru le 12/02/2020 chez La Bambolina sas
Artiste principal : Henryk Szeryng, Arthur Rubi
Bingen, Chosta, Hartmann, Hersant : « Blue Hour » – Marianne Piketty (Ivory Classics) Couperin – L'unique – Jory Vinikour (Çedille) Paul Tortelier: RIAS Recordings (Cello Works by Beethoven, Mendelssohn, Brahms, Bach, Fauré, Paganini, Schumann, Casella, Kodály & Tortelier)
Nordic Light ; Aleksandra Soboń-Wakarecy Haydn: Seven Last Words – Koopman (Claves) Tchaikovsky: Serenade for Strings, Op. 48 ; Paul Kletzki (Warner)
Stravinsky & Corigliano Red Violin ; Amanda Favier (NoMadMusic) Mascagni: Cavalleria rusticana – Dresdner Philharmonie Buxtehude: Membra Jesu nostri, BuxWV 75 ; Ton Koopman (Erato)
Pekka Kostiainen: Triduum Paschale ; Kaisa Ranta Bernstein, Gershwin & Copland – Songfest, American, Overture – NatOrInstitutePh, Judd (Naxos) Chabrier: L'œuvre pour piano ; Pierre Barbizet
Benedetto Marcello - Complete Keyboard Music Vol. I (Biblioteca Nazionale Marciana) ; Ottavio Dantone Purcell: The Fairy Queen – Gabrieli Consort Bach: Quodlibet, Canons, Songs, Chorales & Keyboard Pieces ; Gustav Leonhardt (Warner)

Rachmaninov: Recordings, Vol. 6 ; Rachmaninoff (Naxos) Ravel: Miroirs, Sonatine & Valses nobles et sentimentales ; Emile Naoumoff
Zádor: Orchestral Works ; Budapest Symphony Orchestra MAV (Naxos) Franck – Symphonie – OPRF, M.Franck (alpha) Berlin Radio Recordings, Vol.III (Beethoven, Chopin, Debussy, Schumann, Franck, Grieg, Godowsky, Liszt & Dello Joio) Jorge Bolet
Sagovitsyn, denisov, hindemith, proko ; 20th Century Flute Sonatas ; Denis Lupachev (Naxos) Avant-Guarding Mompou ; Maria Canyigueral (Audite) Mozart & Debussy: Works Lily Laskine
Les Six & Satie ; Pascal Rogé Korngold Essentials ; Bruckner Orchestra Linz, Caspar Richter (Capriccio) Debussy: Images 1 & 2; Children's Corner Arturo Benedetti Michelangeli 1971 DGG
The Spohr Collection ; Ashley Solomon (Challenge Classics) Caroline Shaw: Is a Rose & The Listeners (Live) ; Jacob Polley
Juan Manuel de la Puente: Music at the Cathedral of Jaén ; Orquesta Barroca de Sevilla A Consort's Monument ; L'Achéron
Slonimsky, Tsytovich & Others: Chamber Concertos ; Leningrad Chamber Orchestra (Northern Flowers) Brahms: Quatuors à cordes, Quintette piano cordes Vol. 6 ; Eric Le Sage
Louis-Gabriel Guillemain ; Virtuoso Violin Louis XV – Sonatas and Symphonies by Alana Youseffian Beethoven Songs ; Goerne, Lisiecki (DGG)
Dohnányi: Piano Concertos Nos. 1 & 2 ; Sofja Gülbadamova El silencio imposible ; Audience, March 11th, 2018 - Fürstenzimmer, Schloss Seggau
Fandango! Music for Solo Guitar and String Quartet ; Consone Quartet Wagner: Die Walküre, WWV 86B (Live) ; BayRSO, Rattle (BR)
Stradella: San Giovanni Battista ; Le Banquet Céleste R. Strauss: Die Frau ohne Schatten, Op. 65, TrV 234 (Live) ; live Vienne 25 mai 2019, Christian Thielemann, Orchester & Chor der Wiener Staatsoper, Stephen Gould, Camilla Nylund, Nina Stemme, Wolfgang Koch, Herlitzius
Christian Ridil: Solo Songs & Works for Male Choir ; Gerhardt Schultheis Bach: The English Suites BWV806-811 ; Paolo Zanzu
Arvo Pärt: Stabat ; Choir of Clare College, Cambridge Bach: The Well-Tempered Clavier, Book 1 – Pinnock (DGG)
Gaubert, Ibert, Koechlin, Roussel, Caplet… ; Soir Païen ; Reinhold, Kossenko, E.Olivier (Aparté) Bach: Cello Suites, BWVV 1007-1012 ; Alisa Weilerstein
Strauss II: Blindekuh (Live) ; Rudolf Kneisel (Naxos) Debussy – Rameau ; Víkingur Ólafsson
Tansman & Bacewicz: Piano Concertos ; Julia Kociuban Beethoven: Triple Concerto & Symphony No. 7 ; Anne-Sophie Mutter, Yo-Yo Ma, Barenboim (DGG)
Alkan: Grande Sonate, Op. 33, Trois Morceaux dans le genre Pathétique, Op. 15 ; Mark Viner Beethoven: Complete Violin Sonatas ; Wolfgang Schneiderhan (DGG)
James MacMillan: Symphony No. 5 "Le grand Inconnu" & The Sun Danced ; The Sixteen penderecki symphonie n°6, stephan genz, Polish Chb Phil (Accord)
Mascitti: Sonate a violino solo e basso, Opera Nona ; Quartetto Vanvitelli górecki, quatuors complets, molinari SQ (ATMA)
Beethoven: Unknown Solo Piano Works ; Matthias Kirschnereit bellezza violon XVIIe – musica alchemica (Pan Classics)
Discovery of Passion ; Dorothee Oberlinger Le secret de Monsieur Marais ; Vittorio Ghielmi
Pierre Henry: Carnet de Venise Ravel: La Valse - Mussorgsky: Tableaux ; Les Siècles, Roth
Schubert: Octet / Merlin: Passage éclair Le Rappel Des Oiseaux ; Luc Beauséjour
Blancrocher - L'Offrande ; Pierre Gallon, Diego Salamanca Shostakovich: Symphony No. 11 in G Minor, Op. 103 "The Year 1905" ; BBCPO, Storgårds (Chandos)

Beethoven Reimagined
Simone de Bonefont: Missa pro Mortuis ; Huelgas Ensemble Rameau par Alexander Paley, Premier Livre ; Alexander Paley
Młynarski: Violin Concertos Nos. 1 & 2 ; Piotr Plawner Prokofiev: Suites from The Gambler & The Tale of the Stone Flower ; Lahti Symphony Orchestra



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Commentaires

1. Le mardi 26 mai 2020 à , par Benedictus

Bonjour, David!

Beethoven Solemnis (Kyrie & Gloria) :

¶ Karajan 85
¶ Karajan 66
¶ Jochum ccgbw
¶ Harnoncourt II
¶ zu Guttenberg
¶ Herreweghe I
¶ Herreweghe II
¶ Bernstein Ccgbw
¶ Bernstein NYP
¶ Gardiner
¶ Harnoncourt I
¶ Steinberg WDR
¶ Levine Vienne
¶ Solti Berlin RSO

(Beaucoup de changements de goûts, de déceptions notamment, mais Herreweghe I HM et Levine Vienne demeure des sommets hautement exaltants – les Bernstein aussi, furieusement engagés, si on tolère les chœurs pas très gracieux.)


Outre celles que tu mentionnes, des réévaluations (ou des déceptions) à signaler en particulier? (Pour ma part, j'avais nettement préféré Herreweghe II Phi à Herreweghe I HM.) J'imagine que Suzuki ne devrait pas être tellement ma came?

(Pas très commode, cette nouvelle mise en page du tableau.)

2. Le mardi 26 mai 2020 à , par Benedictus

P.S.: Pour Bernstein / Amsterdam, le Chœur de la Radio d'Hilversum n'est pas bon? Je n'ai jamais écouté cette version, mais spontanément, j'aurais pensé que ce chœur était meilleur que le Singverein, omniprésent dans la discographie.

3. Le mardi 26 mai 2020 à , par DavidLeMarrec

Côté déceptions, les Karajan, le chœur est vraiment rédhibitoire et la conduite pas aussi inspirée / motorique / grisante qu'il m'avait semblé par le passé. (Mais il se peut que j'aie fait une erreur en croyant écouter 65 et écoutant 75 ou vice-versa. Je sais qu'à chaque fois je cherche la seule bonne version des 4…) Harnoncourt a les défauts de sa période (phrasés très hachés) malgré un très beau chœur, et la version II, plus hédoniste, m'a paru se distinguer assez peu de ce qui se fait couramment. Le chœur de Norrington sonne un peu gros (et la captation n'est pas fabuleuse).
Herreweghe II n'a pas du tout la spécificité de timbres du I, ni la pureté du chœur… tu es sûr que tu préfères la deuxième ? Ça m'étonne, vu la saveur des souffleurs de la première, son engagement supérieur aussi.

Suzuki, le problème réside dans la disjonction du spectre, comme pour tous ses enregistrements romantiques : il ne fait pas faire un fondu, tenir une ligne, donc il y a des trous entre chaque accord. Pourquoi pas, certains le font très bien, mais chez lui ça semble subi et ça frustre assez dans une œuvre aussi contrapuntique !

Bernstein-Amsterdam : c'est tout à fait correct, mais assez terne. Pas du tout du niveau de ce qu'on entend à l'orchestre. Mais tout plutôt que le sinistre Singverein, clairement.

Pour le tableau : je vais tenter de mettre les lignes de front, comme à la fin de cette page-ci, pour qu'il y ait moins à scroller. C'est assez compliqué à réaliser, les données sont sous tableur et s'importent mal, donc j'essaie à chaque fois de ne pas passer deux heures de mise en forme en trouvant des solutions… Toujours pas ça (je ne suis pas satisfait non plus de la présentation cette fois-ci).

4. Le lundi 1 juin 2020 à , par Diablotin :: site

Bonjour David !
Je n'ai pas eu autant de temps que toi, visiblement, pour écouter plein de musique pendant cette période très particulière, beaucoup trop de travail pour ça...
Les goûts et les couleurs... J'ai vraiment beaucoup apprécié les concertos pour piano de Beethoven dans la version Sudbin/Vänskä, supérieurement enregistrée de surcroît ! Et pas du tout la 5ème de Currentzis, pleine d'intentions et pas très bien enregistrée, pour le coup...
Je suis curieux de ton appréciation des trois dernières sonates de Beethoven dans la nouvelle livraison de Pollini -pas aimé du tout pour ma part- et du Bach/Pinnock -que j'ai trouvé tout-à-fait brillant-.

5. Le mardi 2 juin 2020 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Diablotin !

J'ai moins écouté de musique que d'ordinaire, pourtant, moi aussi enseveli sous le (télé)travail.

On m'a dit les plus grandes merveilles (en concert) de Pollini dans ses œuvres, mais j'ai peur que les doigts ne suivent plus, pour ce que j'ai personnellement constaté de son état physique (paraît-il dans un rare mauvais jour !). Pour l'heure, je me contente de réécouter avec délices l'intégrale Fazıl Say, qui me comble décidément. Quant à Bach, j'avoue que le clavecin, dans ses œuvres les plus cérébrales, tend à accentuer la sévérité, la raideur, l'impression de motorisme infini, voire d'étouffement (toutes choses que je n'aime pas beaucoup chez lui) ; un peu de variété dynamique et de timbre n'est pas de refus. Je n'avais pas notion que Pinnock soit un aussi grand claveciniste, je vais donc y tremper un bout d'oreille, prudemment, merci.

6. Le mardi 2 juin 2020 à , par Diablotin :: site

Bonjour David,

• Pinnock fut un excellent claveciniste avant d'être chef d'orchestre et a publié quelques très bons disques au clavecin -Bach, Handel- à la fin des années 70 et au début des années 80, avant de se consacrer plus fermement sa carrière de chef d'orchestre, laquelle il a plus ou moins abandonnée depuis une dizaine d'années pour retrouver son instrument de prédilection. Evidemment, il faut aimer cet instrument -ce qui n'est pas particulièrement mon cas non plus- pour en profiter pleinement, mais à petites doses, c'est vraiment excellent.
• A propos de la symphonie alpestre de Strauss, quelques compléments ici :
http://latelierdediablotin.fr/WordPress3/2020/04/playlist-promenade-alpestre/
La dernière citée est à connaître, vraiment ! Et la version proposée en vidéo est une superbe réussite...
• Je n'ai pas excessivement apprécié -euphémisme- les sonates de Beethoven par Fazil Say, plus fantaisiste un peu affecté qu'architecte à mon avis, qui n'engage que moi ;-) Mais nos goûts sont assez divergents en la matière, cela semble assez évident !

7. Le mercredi 3 juin 2020 à , par DavidLeMarrec

J'aime beaucoup Pinnock comme chef. Aussi bien Purcell que Haendel ou Mozart, toujours une valeur sûre pour moi, de vrais équilibres qui ne cherchent pas le spectaculaire et ne manquent pas de chair, la recherche portant vraiment sur le phrasé et non sur le happening.
Comme claveciniste, son répertoire discographique étant me semble-t-il très conventionnel, je n'ai écouté que ses Goldberg, il y a longtemps. Or les Goldberg au clavecin, à moins de vraiment creuser la poésie et l'ornementation comme Rannou, ça fonctionne très rarement chez moi, l'absence de variété de timbre et de dynamique me lasse très vite dans ce type de Bach qui n'est déjà pas le répertoire qui me lasse le moins.

Oui, j'avais vu la chronique de l'Atelier sur l'Alpestre ! Nous n'avons pas écouté les mêmes versions ! Je n'aime pas beaucoup Böhm dans Strauss en général (surtout les versions pré-70 chez DGG, assez raides, peu flatteuses et captées sèchement), et Karajan qui masque les détails de spectre risque de me frustrer énormément ici. Les versions BIS, même avec São Paulo qui n'est pas le plus grand orchestre du monde, sont si bien captées (et en général par des artistes très engagées) que je me laisse prendre à peu près dans n'importe quel répertoire.
De mon côté, mes chouchoutes sont sans surprises tirées des intégrales les plus abouties : Zinman, Kempe, Weigle. Mais j'aime beaucoup Bychkov-Cologne, V.Petrenko-Oslo, et j'ai été très impressionné en découvrant lors de cette session Stenz-Ensemble Modern.

J'ai justement été frappé par la sobriété de Say, droit au but, sans effet de manche, sans expédients de pédale ni exhibition de traits secs… ça m'a davantage évoqué Kovacevich (en plus extraverti) et Nat (en mieux capté) qu'une interprétation particulièrement hardie ou surprenante. Il faut voir à l'usage, mais ça se place pour moi à ce niveau – au firmament donc. J'en suis le premier surpris – j'ai été époustouflé par son Saint-Saëns 2 en concert, mais je n'avais jamais été marqué par un intérêt particulier au disque, où je le trouvais lisse, presque terne. Très belle surprise pour moi. [Ce qui fait d'autant plus plaisir que son courage individuel force mon respect.]

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David Le Marrec

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