Carnets sur sol

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Les noms de code des orchestres — II — les douze Francfort


Sur le modèle berlinois, il s'agissait à l'origine de débrouiller en quelques mots les dénominations étranges (reflets d'une évolution de la langue…) de l'orchestre de radio de Francfort-sur-le-Main. Et bien distinguer avec l'orchestre symphonique de Francfort-sur-l'Oder. Mais la vie musicale dans la première  Francfort est tellement riche, comme dans tant de cités allemandes, qu'il n'était peut-être pas inutile d'élargir un peu le panorama.

En avant pour le voyage.


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Deux villes

Première évidence : lorsqu'on parle des orchestres de Francfort, il faudra distinguer entre deux villes. 

¶ D'une part Frankfurt am Main, cinquième ville d'Allemagne en population (717.000 habitants intra muros), cité prospère du Land de Hesse, celle dont on parle en général par défaut aussi bien vu de France (plus proche géographiquement, de l'ancienne RFA, et importante économiquement) que d'Allemagne (vu le poids respectif des deux cités dans l'équilibre national)

¶ D'autre part Frankfurt (Oder) – quelle graphie étrange –, quatrième ville du Brandebourg, de 60.000 habitants. À l'opposé sur la carte de l'Allemagne. On va commencer par là, il y a moins à faire.


1. Frankfurt (Oder)

Située dans le Brandebourg, la ville est en perte de vitesse : issue de l'ancienne RDA, elle a perdu, entre 2000 et 2010, 16% de sa population. Et pourtant, elle dispose d'un orchestre de premier plan (plus un autre partagé), ce qui est plus que ne peuvent en dire Orléans, Caen ou Argenteuil.  Frankfurt (Oder), qui accueille l'une des plus belles phalanges musicales au monde, dotée d'une généreuse discographie, compte sensiblement moins d'habitants que Calais, Saint-Nazaire, Colmar, Bourges, Mérignac, Ajaccio, La Seyne-sur-Mer, Quimper, Valence, Villeneuve-d'Ascq ou Vénissieux. L'Allemagne est décidément un autre pays.

On y trouve deux orchestres.

¶  Les Brandenburger Symphoniker, issus d'un orchestre militaire du XIXe siècle. Bien que basés au Brandenburger Theater de Brandenburg an der Havel, jouent régulièrement à Berlin, Potsdam, Stendal ou au Kleist Forum de Frankfurt (Oder). C'est un orchestre à rayonnement local, dont je n'ai vu passer aucun disque à ce jour ; leur seul chef permanent un minimum célèbre est Peter Gülke, qui vient de prendre ses fonctions cette année (2015). Les autres ne figuraient pas du tout parmi les annuaires des chefs susceptibles d'être invités par des orchestres de premier ou second plan.
Ils semblent jouer un vrai répertoire sérieux et être dotés d'une véritable ambition ; je ne les ai jamais entendus, hélas, et ne puis donc rien en dire. De toute façon, ils ne sont pas à strictement parler attachés à Frankfurt, même s'ils y passent régulièrement.

¶ Le Brandenburgisches Staatsorchester Frankfurt (Oder). Peut-être (à en juger par le disque) dans sa meilleure période (années 90) l'orchestre que j'aime le plus en Europe – en compétition avec Trondheim et la Philharmonie Slovène. La précision du trait, la coloration vive, l'aération du spectre peuvent évoquer par certains aspects les exécutions sur instruments d'époque – mais aucune stridence, la cohésion des tutti allemands s'y entend aussi à son meilleur. C'est cette chaleur sans rien débrailler qui fait tout le prix de cet ensemble, généreusement servi au disque.


czerny athinaos
Écouter par ici.
Fondé en 1842, l'orchestre n'a pas été dirigé par les chefs les plus célèbres du circuit : Wolfgang Bothe (1971), Heinz Struve (1982), Andreas Wilhelm (1986), Nikos Athinäos (1990), Heibert Beissel (2001), Howard Griffiths (2007) – ce dernier étant le seul,grâce au disque (et aux labels défricheurs comme CPO), à disposer d'une petite notoriété.

Le legs discographique, en revanche, est généreux, concentré chez Signum, Christophorus (dont des rééditions duprécédent), Genuin et CPO. De façon non exhaustive, on trouve (classé par chronologie approximative des compositeurs) :

  • Bach – Passacaille & Fugue BWV 582 dans des arrangements de Töpfer, Reger, d'Albert et Stokowski – la version Sokowski est dirigée par Athinäos (Christophorus)
  • Mozart – Concertos pour flûte 1 & 2 – Ukigaya (Bella Musica)
  • Czerny – Symphonies 1 & 5 – Athinäos (Signum, puis Christophorus)
  • Czerny – Symphonie n°2 & Concerto pour piano Op.153 – Athinäos (Signum, puis Christophorus)
  • Moscheles – Symphonie en ut & Concerto pour piano n°6 – Athinäos (Christophorus)
  • Récital : Rossini, Adam, Donizetti, Bellini, Verdi, Massenet, Puccini – Airs d'opéra français et italiens – Beissel (Genuin)
  • Lalo – Symphonie en sol mineur & Concerto pour piano – Athinäos (Christophorus)
  • Reinecke – Symphonie n°3 & Concerto pour harpe – Beissel (Christophorus)
  • Jadassohn  – Symphonies 1 à 4 – Griffiths (CPO)
  • Brahms – Symphonies 1 & 2 – Griffiths (Klanglogo)
  • Rheinberger – Poèmes symphoniques et ouvertures – Athinäos (Christophorus)
  • Reznicek – Symphonie 1 & 4 Bet- und Bussgesänge – Prudenskaya, Beermann (CPO)
  • Vaughan Williams – Symphonie n°5, Concerto pour tuba basse, Sea Songs – Luig (Genuin)
  • Lehár – Die Blaue Mazur – Beermann (CPO)
  • Alfano – Symphonies 1 & 2 – Yinon (CPO)
  • Holbrooke – Poèmes symphoniques – Griffiths (CPO)
  • Erdmann – Symphonie n°3 – Yinon (CPO)
  • Erdmann – Symphonie n°4 – Yinon (CPO)
  • Rathaus – Symphonies 2 & 3 – Yinon (CPO)
  • Tansman – Concertino pour piano, Concerto pour la main gauche, Stèle in memorium Stravinsky – Seibert (CPO)
  • Programme polonais : Fitelberg, Morawski-Dabrowa, Tansman, Laks – Faucon, Nevermore, Érasme, Poème avec violon – Bruns (EDA)

On distingue clairement les trois dernières périodes :
Athinäos chez Signum/Christophorus. La grande période aux couleurs éclatantes, aux prises de son aérées, où l'enthousiasme est palpable. Dominante premier romantisme, avec des œuvres peut-être naïves mais pour certaines très abouties (et jubilatoires).
Beissel chez Genuin, aux orientations moins lisibles.
Griffiths chez CPO, dans l'exploration des répertoires postromantique, décadent et moderne rares qui font la spécificité de la firme. Israel Yinon dirige beaucoup de ces volumes.

Que faut-il écouter ?
=> En premier lieu la Première Symphonie de Czerny, unique version d'une œuvre majeure, dans une interprétation véritablement fulgurante : à mon sens l'un des plus grands disques de tous les temps. On croirait avoir affaire à des spécialistes d'instruments anciens à qui l'on mettrait dans les mains le confort des instruments modernes : couleurs incroyables, aération et lisibilité des plans, mais aussi une rondeur, une ampleur et une générosité impressionnantes. Le reste du programme et surtout l'autre disque Czerny sont sensiblement moins aboutis.
=> Les deux Symphonies d'Alfano, des bijoux décadents, parmi les très plus grandes symphonies de la première moitié du vingtième siècle, dans une interprétation où l'on retrouve les mêmes qualités de coloris (quelle petite harmonie, capiteuse, jamais acide !) mêlées à un vrai sens du discours.
=> Le volume Lalo est superbe aussi (pièces très généreuses, pas si éloignées des œuvres symphoniques de Grieg), interprété avec une belle ampleur. Moscheles conserve les mêmes qualités, avec de belles œuvres (qui ne sont pas majeures cette fois).
=> Pour les œuvres, il faut écouter les Bet- und Bussgesänge de Reznicek ; ce n'est pas le volume où l'orchestre est le plus mis en avant, mais la découverte mérite le détour.
=> Pour entendre pleinement les spécificités de la phalange, c'est du côté de la Quatrième Symphonie d'Erdmann qu'il faut aller chercher, les pupitres y sont tous mis en avant de façon très avantageuse pour les individualités de l'orchestre.

alfano yinon

Si vous vouliez les évaluer par là, soyez prévenu que les symphonies de Brahms avec Griffiths sont plutôt molles. On entend bien le grain très particulier de la clarinette solo et des cors, mais ce n'est pas un enregistrement (quoique très valable) qui fait de l'ombre à la concurrence, clairement.

Je doute au passage que ces enregistrements (en particulier ceux de Signum/Christophorus et CPO) reflètent l'activité réelle de ces orchestres. CPO, en particulier, commissionne des enregistrements dont les programmes ne sont même pas forcément donnés en concert !  (Il faut dire que pour remplir une salle avec une intégrale Jadassohn ou une série Reznicek-Holbrooke-Erdmann-Rathaus-Tansman…)  En revanche, dans le cadre du disques, ils tracent tout de même des lignes de force sur une partie de l'activité (et des qualités intrinsèques) de l'orchestre. 


2. Frankfurt am Main

Plus de dix fois plus peuplée, la quantité d'orchestres de la ville est en conséquence. Et, vous le verrez, comme pour Berlin, certaines dénominations évoluent étrangement.


2.1. Orchestre de fosse


En résidence à l'Opéra de Francfort, le Frankfurter Opern- und Museums Orchester est fondé en 1792, et tire sa dénomination actuelle des concerts organisés par le Musée dès 1808.

Il figure parmi les orchestres les plus prestigieux d'Allemagne (même officiellement, en matière de règlementation !), aussi bien pour ses qualités objectives (quelle différence avec celui de l'Opéra de Stuttgart, ville à peine moins peuplée – davantage à la pointe en matière d'oratorio) que pour son passé prestigieux où se sont succédés quelques figures majeures de l'histoire de la direction d'orchestre, notamment.
Ainsi, rien que parmi ses directeurs musicaux, on trouve Louis Spohr (1818-9) et à partir de Siegmund von Hausegger (1903-6), une ribambelle de noms révérés au plus haut sommet (parmi quelques figures au rayonnement assez limité localement) :
  • Willem Mengelberg (1907),
  • Hermann Scherchen (1922),
  • Clemens Krauss (1924),
  • Hans Wilhelm Steinberg (1929),
  • Bertil Wetzelsberger (1933),
  • Karl Maria Zwissler (1937),
  • Franz Konwitschny (1938),
  • Bruno Vondenhoff (1945),
  • Georg Solti (1952),
  • Lovro von Matačić (1961),
  • Theodore Bloomfield (1966),
  • Christoph von Dohnányi (1968),
  • Michael Gielen (1977),
  • Gary Bertini (1987),
  • Hans Drewanz (1991),
  • Sylvain Cambreling (1992),
  • Klauspeter Seibel (1997),
  • Paolo Carignani (1999),
  • Sebastian Weigle (2008 à aujourd'hui)

Orchestre très impressionnant par ses capacités techniques, sa netteté de plan et son coloris très vif et évocateur – je trouve très éloquent de comparer le grand retour scénique des Gezeichneten par Gielen-Francfort en 1979 (précision absolue pour une musique très peu pratiquée, évidence musicale) et le Don Giovanni tout pâteux de la Radio Bavaroise en 1985 : il y a certes un effet de chef (Gielen vs. Kubelik, pas exactement la même école ni le même standing), mais on peut se rendre compte à quel point l'Opéra de Francfort, dès les années 70, sonnait comme les meilleurs orchestres d'aujourd'hui, avec des pupitres très bien individualisés et une discipline collective imparable.

 
La fin de l'acte I des Gezeichneten de Schreker dans la production de l'Opéra de Francfort dirigée par Michael Gielen (on entend Trudeliese Schmidt en Carlotta). Tiré d'une bande inédite.

Très peu servi au disque jusqu'à une date récente, on peut désormais trouver quelques archives – une Jenůfa dirigée par Matačić avec Goltz, Schlemm et Kozub, par exemple (chez Myto). Mais, surtout Oehms a débarqué, documente désormais l'essentiel des grandes productions de l'ère Weigle ; une double bénédiction, dans la mesure où Sebastian Weigle est (un bonheur ne venant jamais seul) l'un des tout plus grands chefs de notre temps.

rheingold weigle
Écouter par ici.
On peut donc entendre beaucoup de monuments du répertoire allemand, révérés mais pas tous souvent joués : Wagner (Lohengrin par Billy, Die Feen, Das Liebesverbot, Rienzi, Der Ring par Weigle), Humperdinck (Königskinder par Weigle), R. Strauss (Ariadne, Die Frau ohne Schatten, et même deux disques symphoniques, toujours par Weigle), Pfitzner (Palestrina par Kirill Petrenko), Korngold (Die tote Stadt par Weigle), Reimann (Lear par Koch, Medea par Nielsen)…
À cela s'ajoutent d'autres œuvres peu courues : La Fanciulla del West de Puccini (par Weigle), L'Oracolo de Leoni (par Solyom), Caligula de Glanert (par Stenz).

Les prises de son aérées, rondes mais assez réalistes (l'orchestre prend place dans sa salle un peu sèche et enveloppe vraiment les chanteurs) permettent de profiter de lectures passionnantes dans d'excellentes distributions et surtout avec d'immenses chefs (Weigle, K. Petrenko, Stenz !).
À ce titre, le Ring de Weigle est vraiment un incontournable, l'une des meilleures intégrales ; ce n'est pas la distribution la plus superlative, encore que tout le monde donne son meilleur – Stensvold est un superbe Wotan mûr, Streit un Loge à la fois moelleux et expressif… il y a surtout Lance Ryan en Siegfried qui pose un problème, capté vraiment trop tard, la voix en pleine désagrégation ; pourtant, le souffle permanent insufflé par la direction (cursive, mais surtout très attentive à la moindre articulation des phrasés, aussi bien musicale qu'expressive, au point de rendre Wagner plus évident que jamais, de sembler nous faire comprendre la nécessité de chaque élément) rend toutes considérations glottophiles très superflues, ce qui  n'est pas fréquent, par nature, à l'opéra ! 

schatten weigle

De même, Die Frau ohne Schatten par Weigle est assez hallucinante, je ne suis pas persuadé d'avoir déjà entendu un orchestre aussi virtuose, pour lequel les traits straussiens les plus retors semblent couler de source comme une fusée mozartienne… Le plateau n'est pas fabuleux (en dehors du squillo formidable de Tamara Wilson, ce n'est pas forcément très bien chanté), mais c'est à entendre au moins pour s'extasier devant les musiciens (et le naturel de Weigle).


2.2. Orchestre de radio

L'autre grand orchestre de la ville est celui de la Radio, l'un des premiers ensembles dédiés à la radiodiffusion fondés en Allemagne (1929).

C'est lui qui motive cette notule, car son nom est étrangement incohérent au fil des périodes. Comme pour les orchestres de radio berlinois, il évolue et se contredit, jusque dans les options graphiques ou syntaxiques.

¶ De 1929 à 1950 : Frankfurter Rundfunk-Symphonie-Orchester.
¶ De 1950 à 1971 : Sinfonie-Orchester des Hessischen Rundfunks.
¶ De 1971 à 2005 : retour vers Radio-Sinfonie-Orchester Frankfurt.
¶ Depuis 2005 : à nouveau retour vers hr-Sinfonieorchester.

On remarque donc un aller-retour entre le niveau municipal et le niveau régional. La graphie actuelle, avec le sigle sans haut de casse, épouse le logo du Hessischer Rundfunk (Radio Hessoise).
Il y a cependant fort à parier que la Hesse soit beaucoup moins évocatrice au niveau international (d'autant que Francfort n'étant pas la capitale de la Hesse, Wiesbaden n'évoque pas exactement les grands horizons musicaux au grand public… ni aux mélomanes). C'est pourquoi, malgré ce choix, les disques récents de l'orchestre destinés au marché international sont en général publiés sous la désignation Frankfurt Radio Symphony Orchestra.

Autre fait notable, l'évolution linguistique au fil du XXe siècle.
  • Lexicale :
    • Hésitation entre la graphie grecque ou simplifiée (Symphonie vs. Sinfonie) – j'ai d'ailleurs l'impression que « Sinfonie » était une fantaisie du XXe siècle un peu passée de mode, mais c'est toujours la dénomination du Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin, et les allers-retours ont tout de même été assez anarchiques chez les orchestres, sans qu'on puisse vraiment en tirer de conclusions ;
    • Alternance entre le mot germanique et le mot latin pour désigner la radio (Rundfunk vs. Radio) – là aussi, difficile d'en tirer des conclusions (on est à nouveau, avec le sigle « hr », à Rundfunk aujourd'hui, qui me semble un usage majoritaire, mais les fluctuations ont été assez anarchiques dans les diverses maisons). Je serais assez curieux d'investiguer les raisons de ces changements… il doit bien y avoir une représentation de la langue, pour ne pas dire une idéologie, derrière.
  • Syntaxique :
    • L'ordre des mots, à chaque fois différent ! 
    • Cette réorganisation laisse percevoir une disparition progressive des structures génitives, allant de plus en plus vers une juxtaposition (la plupart des orchestres ont désormais leur nom + leur ville, sans lien casuel).
atterberg rasilainen

Comme pour l'Opéra, l'orchestre de la Radio dispose également d'un beau plateau de chefs depuis sa création (je grasse ceux qui ont laissé le plus de témoignages) :
Hans Rosbaud (1929). Le disque en conserve peu de traces, me semble-t-il, vu les dates. Ses grands disques allemands sont plutôt aux côtés de Baden-Baden ou de la Radio(-Est) de Berlin.
Otto Frickhoeffer (1937).
Kurt Schröder (1946). Essentiellement resté à la postérité pour ses enregistrements radiophoniques d'opéras – donc avec le son de radio un peu sec de l'époque, qui ne permet pas de bien entendre l'orchestre, mais Schröder le compense par une grande énergie, tout est fouetté bien méchamment.
On trouve notamment des Strauss avec Borkh (Salome en 1952, Elektra en 1953), Macbeth de Verdi (en allemand), Boulevard Solitude de Henze (dont il n'est pourtant pas le créateur), un Boccacio de Suppé et par-dessus tout un Don Giovanni électrisant (1948, en allemand =>écouter ici<=), exhumé par Walhall et depuis réédité en dématérialisé par divers minuscules labels – on y entend la ferme aristocratie de Karl Schmitt-Walter (don Giovanni) et surtout le Leporello abyssal (simultanément au verbe acéré) d'Otto von Rohr (Scherchen en a ensuite fait, en bonne logique, un Commandeur… et Leitner l'un des plus grands Gurnemanz jamais captés).
Otto Matzerath (1955).
Dean Dixon (1961).
Eliahu Inbal (1974). Énergie, sens dramatique, personnalité, Inbal y déploie les qualités qui font toujours ses succès. Ses responsabilités de Francfort représentent sa période de notoriété la plus faste – avec ses Bruckner alternatifs chez Teldec (son intégrale, sans pathos mais sans chercher la vivacité, fait par exemple le choix du mouvement original de la Troisième, celui avec les citations de Wagner =>écouter ici<=), avec ses Mahler chez Denon (les premiers enregistrés en « digital », une véritable sensation à l'époque du fait de la prise de son extraordinaire – enregistrements largement reniés depuis par la critique, du côté de l'interprétation, et qui figurent pourtant parmi les tout meilleurs jamais proposés…).
On note aussi quelques explorations dans le domaine du premier vingtième siècle, concomitamment avec l'ère Gielen à l'opéra : la Deuxième Symphonie de Scriabine pour Decca (par Inbal), Der Traumgörge de Zemlinsky dans la série décadente de Gerd Albrecht pour Capriccio, mais on y rencontre aussi des versions de référence du grand répertoire, comme le Te Deum de Berlioz, Má Vlast de Smetana… 
L'orchestre n'a pas été trop fêté au disque, mais recèle ainsi quelques belles références.
Dmitri Kitajenko (1990, également graphié Kitayenko, voire Kitaïenko). En bonne logique, on y entend beaucoup de musique soviétique, mais étrangement, Kitajenko a infniment plus enregistré avec le Gürzenich dont il n'a jamais été directeur musical. Avec Frankfurt, on ne trouve surtout les concertos (piano, violon) de Prokofiev et les Suites de Chostakovitch… Dommage, grand chef.
Hugh Wolff (1997). Wolff n'a guère laissé de trace au disque. C'est d'ailleurs un recrutement un peu étonnant, sous-dimentionné en quelque sorte, considérant qu'il a surtout laissé des témoignages de son passage à la tête du Saint-Paul Chamber Orchestra, certes fort bons, mais pas exactement prestigieux (ni très originaux). Passer du New Jersey Symphony et du Saint Paul Chamber à la Radio de Francfort, c'est une promotion impressionnante, et qui n'a même pas laissé l'impression de la reconnaissance d'un prodige – je me demande comment la chose s'était décidée et avait été présentée à l'époque, mais la notule étant suffisamment copieuse, j'avoue ne pas m'être trop longuement penché sur la question.
Paavo Järvi (2006). Période faste, qui arrive au moment où la notoriété croissante de Järvi demande de proposer des disques au public. Järvi grave donc avec l'orchestre les œuvres qu'il fait tourner sur ses différents orchestres, avec ainsi une habitude et une hauteur de vue supérieures, surtout considérant les talents exceptionnels du chef : mainte fois évoqué dans ces pages, son art de la tension ininterrompue et de la transition naturelle en fait l'un des plus grands en activité.
Toujours en cours d'enregistrement et de publication en 2015, on peut ainsi trouver un vaste choix dans les bacs, couvrant l'essentiel des époques (alors qu'il enregistre simultanément d'autres œuvres avec le National d'Estonie, Cincinnati, la Philharmonie de Chambre de Brême ou l'Orchestre de Paris) :
— concertos pour piano de Mozart (21 & 27 avec Lars Vogt, chez CAvi),
— concertos pour violon de Beethoven et Britten (avec Janine Jansen, chez Decca),
— le Premier Concerto pour piano de Brahms (avec Nicholas Angelich, chez Virgin),
— un beau Deutsches Requiem de Brahms (pâte traditionnelle mais légère et lumineuse, avec hélas des solistes en demi-teinte, chez Virgin),
— une intégrale Bruckner en cours (à la fois subtile, électrisante et particulièrement lisible, une référence ultime à venir, chez RCA =>écouter ici<=),
— concertos pour violoncelle de Dvořák & Herbert (avec Gautier Capuçon, chez Virgin),
la Symphonie en mi de Rott (chez RCA, couplée avec ce qui est peut-être le premier enregistrement de la Suite en si bémol =>écouter ici<=),
— des symphonies de Mahler l'une des plus franches, simples et vives n°2 chez Virgin, et 1 & 2, en vidéo chez Unitel),
— des monographies Hindemith pour violon et alto (partagées avec les sonates correspondantes, chez BIS et Naïve),
—Prokofiev & Chostakovitch (Concertos pour violoncelle chez Hyperion),
— les concertos pour piano de Chostakovitch (avec Toradze, chez Pan Classics),
— la Septième Symphonie de Tüür chez ECM,
— une anthologie Kagel-Furrer-Ruzicka-Widmann (chez Pan Classics) (mouvements isolés des 1-2-3-10 chez Virgin.
Andrés Orozco-Estrada (2014). Difficile de m'en faire une représentation, tandis que paraissent encore les disques avec Järvi et que le filon semble se poursuivre malgré le changement de directeur musical.

metropolis strobel
Écouter Metropolis ici et Berlin .
L'orchestre, fidèle à sa vocation radiophonique, effectue aussi un travail de documentation et de création dont le disque se fait l'écho : ainsi une vaste série Hindemith chez CPO (dirigée par Werner Andreas Albert) qui s'ajoute aux volumes déjà donnés par Järvi, et bien sûr l'intégrale Maderna parue chez NEOS (dirigée par le talentueux spécialiste Arturo Tamayo).
Par ailleurs, une superbe série a paru autour des musiques originales des grands films muets : Berlin de Meisel, Die Nibelungen et Metropolis (de loin la meilleure version, musicologiquement et interprétativement) de Huppertz…

Pour se faire la meilleure image de l'orchestre, ce sont bien sûr les Mahler d'Inbal qu'il faut écouter au premier chef ;  les Bruckner de Järvi (par exemple la périlleuse Cinquième) sont fantastiques et permettent de bien saisir les timbres, mais ils témoignent avant tout de l'exaltante lecture du chef. Dans un genre moins original, la Deuxième de Mahler du même Järvi est captée avec suffisamment de transparence pour rendre justice à l'orchestre.
Sinon, moins révélateurs des timbres de l'orchestre (captation moins franche), le Don Giovanni de Schröder et la Symphonie de Rott par Järvi sont des disques particulièrement originaux et exaltants, qu'il faut absolument écouter de toute façon.

De toute façon, si sa maîtrise impressionne, l'orchestre n'est pas caractérisé par la personnalité de ses timbres : son haut niveau et sa grande plasticité lui permettent d'épouser des conceptions très différentes et abouties dans les meilleures conditions, mais la pâte elle-même n'a rien de furieusement spécifique.


2.3. Orchestres de concert

Les deux orchestres dédiés au concert, à Francfort, sont au moins en partie dévolus au cross-over.


2.3.1 Johann-Strauß-Orchester Frankfurt

Fondé en 1986 et incluant 34 musiciens permanents (l'adresse de leur site les nomme « Frankfurter Sinfoniker »), il s'appuie sur des membres de l'Orchestre de la Radio de Francfort et d'autres issus des orchestres des opéras de Hesse (Francfort, Wiesbaden, Darmstadt). Tenues très étudiées et festives (tenue de soirée blanche pour les messieurs, robes de couleur pour les dames).

Il joue essentiellement des musiques festives : recueils de valses et polkas, arrangements d'opérette allemande ou de musical anglophone, suites de musiques de film… (et cachetonne un peu, à en voir la promotion faire sur leur site pour leurs « programmes combinables »)


2.3.2. Neue Philharmonie Frankfurt


Né en 1999 pour célébrer le nouvel an, cet orchestre joue du répertoire tout à fait traditionnel (Mozart, Brahms, Mahler), mais se prête aussi à des soirées de partenariat pour des styles mélangés : accompagnement de chanteurs lyriques hors classique ou de chanteurs d'autres styles, et plus encore (José Carreras, David Garrett, Vanessa Mae, Sarah Brightman, Deep Purple, Paul Potts… !).
Je n'ai pas pu en entendre d'enregistrement.


2.4. Orchestres de chambre et ensembles spécialistes


2.4.1. Deutsches Kammerorchester Frankfurt am Main

L'Orchestre de Chambre Allemand de Francfort (la dénomination peut paraître étrange, mais il faut voir « allemand » comme l'équivalent de notre « national »), établi en 1989, réunit de jeunes lauréats de grands prix internationaux, encadrés par des chefs de pupitre provenant des grands orchestres allemands (je n'ai pas vérifié ce qui était appelé grand).

C'est en tout cas un ensemble qui, malgré quelques disques, ne dispose pas d'un très grand rayonnement international, mais qui se situe à un haut niveau d'excellence néanmoins. Leurs Haydn, avec le moelleux des orchestres traditionnels et la fièvre mordante des ensembles musicologiques, méritent vraiment le détour.

L'orchestre voyage beaucoup. Actuel directeur musical, Rista Savic – apparemment personne ne l'écrit Savić, peut-être une volonté de sa part, étant naturalisé allemand.


2.4.2. Ensemble Modern

nunes quodlibet Créé en 1980, c'est un des plus célèbres ensembles spécialistes de musique contemporaine, l'équivalent allemand de l'EnsembleIntercontemporain. Comme son collègue, il est plutôt spécialisé dans les artistes institutionnels (donc plutôt les langages divers del'atonalité, disons – soit à peu près tout sauf les « néos » simples ou complexes), et documente quelquefois des compositeurs plus anciens,parmi les décadents / « dégénérés : Varèse, Ives, Wellesz, Weill, et déverse des quantités vertigineuses parutions dans les bacs, chezDeutsche Grammophon, EMI, RCA, Naïve, Montaigne, Kairos, Ars Musici, NEOS, Musiques Suisses, Bridge, æon, Nimbus, Col Legno… dans desesthétiques aussi diverses que celles de Weill, Nancarrow, Henze, Murail, Zappa, Yun, Adams, Reich, Rihm, Birtwistle, Dufourt, Nunes,Spahlinger, Fujikura, Ruzicka, Benjamin, Mernier…
Parmi ses innombrables disques, ceux de la collection 20/21 sont les plus distribués et les plus célèbres, à commencer par le vaste Jagden und Formen de Rihm, parcouru par une énergie et une maîtrise qui forcent le respect, ou leur album Birtwistle (Theseus Game).
Mon goût personnel m'a poussé vers le Quodlibet de Nunes (chez Montaigne – ce qui se trouvait de mieux avant des albums de refontes plus récentes d'œuvres de Nunes ne paraissent), les ensembles à vent de Yun, sinistres mais d'une grande beauté (chez Ars Musici), les Vigilia de Rihm (chez NEOS), pas un disque prioritaire dans le cadre du Rihmliturgique, mais qui mérite le détour – cela dit, ce n'est pas là que les musiciens sont le plus mis en valeur.
octuor yun


2.4.3.  La Stagione Frankfurt

hasse piramo Ensemble baroque fondé en 1988, il est le mieux représenté au disque des ensembles baroques de la ville : chez Capriccio (Piramo e Tisbe, l'une des premières gravures officielles d'un opéra intégral de Hasse, je crois ; mais aussi des œuvres d'A. Scarlatti, des Bach, de Geminiani…), chez CPO (quantité de concertos de Telemann, notamment une intégrale desconcertos pour vents ; mais aussi des œuvres plus classicisantes : Benda, Beck, Abel, intégrale symphonique de Simon le Duc…). Il existemême un album chez Deutsche Harmonia Mundi accompagnant Dmitry Egorov dans des airs écrits pour Nicolini.
Des timbres bien mordants, toujours un bel engagement ; ce sont des valeurs sûres, aussi bien pour les concertos de Telemann (très réussis) que pour les raretés comme les belles symphonies de Simon le Duc. simon le duc symphonies


2.4.4.  Barockorchester Frankfurt


Couramment dénommé sur tous les disques par sa traduction anglaise Frankfurt Baroque Orchestra.

haendel verità Né deux ans plus tôt, en 1986, mais de notoriété discographique plus tardive, avec des gravures essentiellement limitées à Naxos (plus unpeu de Hertel et Molter chez Aeolus), autour des grands oratorios anglais de Haendel : Saul, L'Allegro, Semele, Hercules, Theodora, mais aussi des titres plus rares, Esther, Deborah, Athalia, Solomon, et plus rares encore, Nabal, Gideon, Tobit (trois pasticci réalisés dans la seconde moitié du XVIIIe siècle à partir d'œuvres de Haendel). Seul titre italien, Il Trionfo del Tempo e della Verità, refonte d'Il Trionfo del Tempo et del Disinganno, dont c'est la première gravure.

Ce sont de bonnes versions, solidement jouées dans un style adéquat,sans chercher non plus l'originalité, la surprise ou l'éclat. La version de L'Allegro, sans être un premier choix (je recommanderais P. Neumann, Gardiner, et mêmeMcCreesh et Nelson avant de se tourner vers celle-ci qui n'est ni la plus ardente, ni très différente), demeure un très bon témoignage aux équilibres sûrs.
haendel gideon


2.5. Orchestres hors classique

2.5.1 HR Big Band

Orchestre du Hessischer Rundfunk (Radio de Hesse) dédié au jazz en grand ensemble.


2.5.2. NGO Frankfurt

Soit Next Generation Orchestra Frankfurt, fondé par le saxophoniste Thomas Groß en 2013 et destiné également au répertoire de big band.

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Il en reste sans doute d'autres, en particulier dans les petits ensembles spécialistes ou dans les institutions hors classique, mais voilà déjà un petit tour d'horizon de ceux pourvus de la meilleure notoriété. Où l'on peut observer :
¶ l'évolution étonnante des usages syntaxiques dans la dénomination des orchestres ;
¶ la place assez importante de beaucoup de ces phalanges dans l'établissement d'un répertoire discographique ;
¶ l'intérêt particulier de l'orchestre de radio, et le niveau hallucinant, quasiment hors de pair, de l'orchestre de fosse.

Dans le futur, il est prévu de parler de Munich, de Londres (pire que Berlin), de Paris et de quelques autres.

En attendant, vous pouvez toujours relire la page consacrée aux différents orchestres berlinois



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Commentaires

1. Le jeudi 15 octobre 2015 à , par TortueMystique45

Bonsoir David !

Ces précisions et ces recommandations sont passionnantes !

J'en profite pour te poser une question qui n'a rien à voir avec Frankfurt & Frankfurt. Tu mentionnes régulièrement la Philharmonie Slovène. Quels disques conseillerais-tu pour découvrir cet orchestre ?



2. Le jeudi 15 octobre 2015 à , par TortueMystique45

Autre question : l'Erdmann dont tu recommandes les symphonies par le Brandenburgisches Staatsorchester Frankfurt, c'est le grand pianiste Eduard Erdmann ?

3. Le jeudi 15 octobre 2015 à , par David Le Marrec

Bonsoir Testudo Sacrosancta Ligeriensis !

Tout le plaisir est pour moi.

Je mentionne souvent la Philharmonie Slovène parce que c'est l'orchestre qui m'a le plus impressionné en salle à ce jour ; mais il existe peu de disques, et pas forcément sous cette étiquette. Le plus simple est d'aller écouter (même si c'est moins patent au disque) l'enregistrement récent de Iolanta de Tchaïkovski par Emmanuel Villaume, qui correspond à ce que fait l'orchestre aujourd'hui.

Effectivement, il s'agit bien d'Eduard Erdmann, de la nation glorieuse des knygnešys. Et bien que pianiste, c'est un orchestrateur hors de pair !

4. Le vendredi 16 octobre 2015 à , par Diabotin :: site

Frankfurt-Am-Main, c'est une ville agréable, qui plus est, et pas très éloigné d'ici : on a le temps, dans la journée, de faire l'aller-retour et le tour de pas mal de disquaires à l'aise ! Et à des prix, qui, dans le passé, étaient inconnus en France -c'est beaucoup moins vrai maintenant, avec les boutiques en ligne- : c'est là-bas que j'ai pu me constituer une partie de ma discothèque. On a même le temps de passer une soirée à l'opéra et de rentrer après !

5. Le dimanche 18 octobre 2015 à , par Tortuemystique45

Merci pour ton éclairage ! Je me mets en quête de cette Iolanta.

Eduard Erdmann n'est pas tout à fait du pays des Porteurs-de-livres, mais presque ! Je chercherai également les enregistrements de ses symphonies.

6. Le mardi 20 octobre 2015 à , par Benedictus

Au sujet de l'Ensemble Modern:

1. Outre Jagden und Formen de Rihm, il y a un autre (triple) disque magnifique avec Dominique My: Les Hivers d'Hugues Dufourt, chez æon (même si tu n'aimes pas, c'est quand même une œuvre qui met remarquablement en avant la qualité orchestrale - la cohésion, les textures, les couleurs; alors qu'il est plus difficile de s'en rendre compte dans Quodlibet de Nunes, où il est mêlé à un orchestre traditionnel et à un ensemble de percussions).

2. Au sujet du (très beau) disque Birtwistle chez DG, il pose une question d'onomastique que, bizarrement, tu ne soulèves pas ici: lorsqu'il est dans sa formation régulière de 19 solistes (comme dans Theseus Games avec Brabbins et Valade), c'est l'Ensemble Modern; mais lorsque d'autres musiciens viennent s'ajouter à ce noyau de 19 solistes (comme dans Earth Dances avec Boulez), il prend le nom d'Ensemble Modern Orchestra.

7. Le mercredi 21 octobre 2015 à , par David Le Marrec

Bonsoir !

@ Diablotin :

Ah, la fameuse TVA déloyale qui fit le succès de JPC (dont le fonds disponible s'est drastiquement réduit, heureusement qu'ils financent toujours CPO !). Il faudra que je fasse le déplacement un jour pour entendre l'Orchestre de l'Opéra dans un machin décadent sympa.
Peu de raretés cette saison, mais il y a un Ring par Weigle début juillet… (et encore Lance Ryan… en 2016, la prospective fait frémir)

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Testudo :

Cette Iolanta tout fraîchement sortie chez Universal ne devrait pas être trop rétive à être dénichée.

En effet, Eduard Erdmann, c'est vraiment le Nord de la Livonie, j'y étais presque.

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@ Benedictus :

Effectivement, je n'ai pas cité le Dufourt, parce que je passe tellement à côté que je ne peux pas en dire grand'chose. Néanmoins, s'il y a bien un disque dans lequel les couleurs et textures de l'ensemble sont exposées, c'est sûr…

Au sujet du (très beau) disque Birtwistle chez DG, il pose une question d'onomastique que, bizarrement, tu ne soulèves pas ici: lorsqu'il est dans sa formation régulière de 19 solistes (comme dans Theseus Games avec Brabbins et Valade), c'est l'Ensemble Modern; mais lorsque d'autres musiciens viennent s'ajouter à ce noyau de 19 solistes (comme dans Earth Dances avec Boulez), il prend le nom d'Ensemble Modern Orchestra.

Disons qu'en l'occurrence, la motivation (c'est-à-dire le suivi de la marque) est assez limpide. Mais c'est un joli oxymoron, en effet.

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