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Derniers outrages – Vers un opéra de zombies ? / Nabucco, opéra uchronique


En ce moment, je me fais à moi-même des remarques profondes sur le répertoire lyrique.


Vers un opéra de zombies ?

Ainsi, à l'heure où les compositeurs ne savent plus écrire que de la musique de film d'horreur, comment se fait-il que nous n'ayons toujours pas eu d'opéra de zombies ?  Je suis sûr, en plus, que le relatif statisme de la plupart des créatures imaginées, la tension avant tout psychologique (et éventuellement quelques vidéoprojections honnêtement hémoglobinées) seraient très adéquats pour cet art du temps distendu qu'est l'opéra.

Je vois très bien les hordes chorales s'installer progressivement par strates (façon Ligeti / Hillborg ?), un orchestre d'abord fragmentaire s'épaissir progressivement (comme dans Marche au supplice ou les marches d'opéras tchèques, de Dalibor à Rusalka), et le tout déferler en décibels terrorisants, à la façon d'un climax de Lady Macbeth de Mtsensk. Pas besoin d'une intrigue très évoluée non plus, le tout est d'éviter les discours trop didactiques sur la marche du monde, les déductions se font très bien tout seul…

Ce serait un opéra qui ne chanterait pas trop, avec peu de mots, accessibles dans toutes les langues :

– Riiiiiiiiiiiiick !  Aaaaaaaaaaaaaaah !
– They are here / Sono qui / Ils sont là / Aquí están / De er her / הם כאן !
– Oh no !  Gleeeeeeeeeeeeeeeeeeeenn !

Et propre à quelques répliques-cultes :

– Tu es mordu ?
– Oui. Ils sont les morts qui marchent. Je suis le mort qui parle.

(Messieurs les Gouverneurs de théâtre ou de cités idéales, je suis disponible pour toute collaboration, mes tarifs sont modiques.)

Lorsqu'on parle d'ouvrir l'opéra aux jeunes, à d'autres classes sociales que les aisées / éduquées, on tient probablement là un biais plus sûr que les invitations de metteurs en scène et producteurs de cinéma (branchés comme Hanecke ou plus populaires comme Dayan), ni même en invitant un compositeur de cinéma pour faire revivre un film (The Fly de Howard Shore était un opéra remarquables, mais très cohérent avec les codes du genre et de la musique du XXe siècle, peu accessible aux novices). Même problème pour les films adaptés en opéra – que ce soit, dans deux esthétiques diamétralement opposées, Il Postino de Catán (rétro) ou The Secret of Brokeback Mountain (atonal) : c'est avant tout un opéra inspiré d'une source filmique, qui se pense d'abord comme un opéra.

Car, dans cas de l'opéra de zombies, ce ne serait pas l'affiche qui varierait, mais son contenu même : non pas changer l'habillage thématique de l'opéra comme on le faisait dans le seria en remplaçant Tarquin par Pyrame et Renaud par Néron, mais son cahier des charges tout entier. Il ne faudrait pas faire un opéra qui parle de tel sujet, mais s'emparer d'une matière populaire pour la faire vivre par le biais de l'opéra. C'est le type même de sujet où les masses chorales, la tension musicale, la présence scénique, la lenteur tournoyante des répliques d'opéra peuvent prendre tout leur sens, même pour un public habitué à des rythmes beaucoup plus cavalcadants, l'occasion de se poser, avant même de parler de langage, la question du traitement musical du sujet.

(Ce n'est nullement un propos prosélyte, je dis tout cela tout en demeurant plutôt perplexe devant la mode du film de zombie – une chose à laquelle on ne peut pas vraiment croire désormais, et dont la symbolique est un peu univoque. C'est surtout le prétexte pour poser la question de l'écriture d'un opéra qui ne soit pas enclavé dans le genre de l' « opéra contemporain » ni de l' « opéra néo / rétro ».)

opéra zombies
Extrait du livret de l'opéra tant espéré.

De la même façon, on attend toujours l'opéra wagnérien fondé sur les motifs (et les intrigues) de Star Wars. Quel terrain de jeu pour un compositeur qui accepterait d'abdiquer son style propre pour épouver pleinement l'exercice !  Et quel succès public, se figure-t-on…  (Je vous laisse rêver la distribution avec Netrebko en alderaanaise, Kaufmann en Dooku, Dohmen en Vader, Domingo en Jabba, Fouchécourt en Yoda,)

Les compositeurs de film manquent parfois de sens de la structure pour réussir les opéras, mais dans ce genre du renouveau pensé hors de la tradition exploratrice du XXe siècle (ou de l'imitation du XIXe), l'un des plus convaincant est pour moi Marius et Fanny de Vladimir Cosma. L'opéra est bâti en séquences fermées, dans un langage tonal un peu naïf, mais il s'empare de la couleur de son sujet avec une fraîcheur qui lui correspond directement, au lieu de lui imposer telle grammaire propre au compositeur.

J'avais déjà essayé de tirer, sous un autre angle (plus attaché aux convergences des compositeurs de film dans ce répertoire), quelques lignes de force autour de cette question. Mais je me dis qu'il y aurait vraiment, même avec un compositeur qui ne soit qu'un habile faiseur, l'occasion de proposer des opéras marquants et surtout à nouveau accessibles – ce qui n'est plus guère le cas d'une large part du répertoire depuis… Wagner (et de moins en moins au fil des décennies, il suffit d'observer le nombre de lyricophiles qui s'abstiennent lors des créations, même ceux qui ne sont pas rétifs aux langages du second XXe).

À quand le grand opéra-spectacle Glotte of the Dead, ou l'oratorio Singing in the Dead ?  J'attends.



Nabucco, opéra uchronique

En réécoutant l'œuvre, l'un des Verdi les plus aboutis (dans la période pré-Rigoletto, Il Corsaro et Stiffelio sont aussi des chefs-d'œuvre étonnants et, eux, assez peu représentés !), je me fais une autre remarque pénétrante.

On commente les contre-choses et les volumes vocaux nécessaires, l'agilité et la puissance d'Abigaille, sa propension à rompre les voix, à commencer par celle de la dolce amica du compositeur, et bien sûr la veine mélodique inépuisable, les grands concertatos (le canon « S'appressan gl'istanti » !) ahurissants d'un si jeune compositeur. Pourtant, lorsqu'on découvre cet opéra, est-ce qu'il n'y a pas plus troublant encore ?

Je vous aide : à la fin de l'histoire, Nabuchodonosor II se convertit au judaïsme, bâtit des synagogues, et tout l'Empire néo-babylonien (ex-assyrien, futur perse) avec lui. L'influence d'Israël s'étend jusqu'aux confins de l'Inde, et l'heure est proche où les Hébreux manqueront de détruire Athènes.

Inventer des personnages est assez commun, et même ordinaire et canonique dans tout le théâtre classique : on peut inventer n'importe quel amant ou parent à ses héros, pourvu que cela n'infléchisse pas le caractère connu. On peut même éventuellement modifier un peu leurs morts, voire les ressusciter…

Acceptons donc la fille usurpatrice (à l'origine tout de même de deux coups d'État), ce n'est qu'une parenthèse dramatique. La fille préférée qui se trouve otage à Jérusalem (où elle faisait sûrement du shopping, les chandeliers babyloniens sont tellement communs et ennuyeux…), on peut aussi la tolérer, même si sa conversion un peu didactique au judaïsme flatte plus la foi des spectateurs qu'elle ne paraît nécessaire à l'intrigue.

Mais tout de même, l'opéra se finit avec un bouleversement complet de toute l'Histoire du monde. Je ne vois pas d'exemples de pièces ou d'opéras qui fassent ainsi échapper Louis XVI captif par Marat encore tout trempé, ou Napoléon II être sacré sur le champ de bataille après la victoire de Waterloo…

nabucco
Authentique mouvement désordonné de foule babylonienne.
(Milan 1987)

Cependant, comme la justice immanente n'est pas un vain concept, semble-t-il, les chefs n'ont pas toujours eu plus de respect pour l'œuvre que le livret de Temistocle Solera n'en avait eu pour l'Histoire. En plus des coupes multiples, on rencontre ainsi des bidouillages dont l'opéra italien est hélas coutumier (comme ces hideuses fins ménagées pour les applaudissement à la fin d'È lucevan le stelle ou Nessun dorma) ; ainsi en 1981 à Vérone, dans un cadre de plein air propice à toutes les basses démagogiques, Maurizio Arena fait répéter la phrase de louange de Nabucco (« Ah, torna, Israel ») de façon à placer le chœur « Immenso Jehovah » après la mort d'Abigaille, coupant la réelle fin (très brève et saillante, du grand Verdi) au profit de ce grand chœur a cappella monumental.

Le respect est mort, on cherche encore le corps.

→ Si vous souhaitez écouter l'œuvre dans de bonnes condition, il existe bien sûr beaucoup de références luxueuses, dont certaines très réussies, des historiques Gui 1949 (avec Callas) et Previtali 1951 au studio Sinopoli, aux traces d'Oren (avec Dimitrova et Bruson) à Vérone, ou de Santi à Paris en 1979 (Bumbry et Raimondi, longtemps bande pirate et désormais parue en DVD). Mais pour tous ceux qui doutent des qualités de la partition, ou qui veulent renouveler leur écoute, la version Mariotti à Parme (écoutez ici), parue chez C Major avec le reste de l'intégrale Verdi de très haute tenue, est réellement un enchantement : l'accompagnement vit avec beaucoup de finesse, et malgré son caractère rudimentaire, marque quantité de fléchissements expressifs très suggestifs. La reprise piano de « Salgo già del trono aurato » n'a rien d'une coquetterie dynamique, par exemple. Mariotti fait partie de cette nouvelle génération de chefs d'opéra italien, avec Zanetti par exemple, qui construisent une réelle pensée et un discours très fin sur des partitions où l'orchestre est pourtant conçu comme un accompagnement – mais Verdi ménage suffisamment de détails précieux pour le permettre.

→ Un sujet déjà abordé dans cette notule, beaucoup d'autres détails de ce type restent en réserve pour de futures entrées.



Et bien sûr, encore quelques idées hautement géniales, mais je ne les livre pas toutes ce soir. À bientôt.


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Commentaires

1. Le mercredi 5 juillet 2017 à , par Benedictus

Je viens justement de découvrir la prélogie (tu me diras, il était temps), et je me faisais justement la même réflexion: ça aurait fait un chouette opéra. Mais dommage surtout que Stars Wars n’ait pas existé au moment de l’Âge d’or. Ça aurait quand même eu de la gueule, tu imagines:

Anakin Skywalker / Dark Vador: Mario del Monaco
Qui-Gon Jinn: Dietrich Fischer-Dieskau (celui de la fin des années 50, début des années 60)
Obi-Wan Kenobi: Pierre Mollet
Padmé Amidala: Martha Mödl
Shmi Skywalker: Elisabeth Grümmer
Luke Skywalker: Léopold Simoneau
Princesse Leia Organa: Maria Callas
Han Solo: Giuseppe Di Stefano
Sénateur Palpatine / Dark Sidous: Michel Roux
Mace Windu: Eberhard Waechter
Comte Dooku: Hans Hotter
C-3PO: Peter Pears
Yoda: Erich Kunz
Général Grievous: Tito Gobbi
Chewbacca: Jon Vickers
Moff Tarkin: Ettore Bastianini
Lando Calrissian: Michel Dens
Jabba le Hutt: Nicolai Ghiaurov
Jar Jar Binks: Joan Sutherland
Watto: Franco Corelli

2. Le mercredi 5 juillet 2017 à , par Benedictus

D’un autre côté, on peut toujours se consoler de ne pas avoir entendu ça en se disant qu’en même temps on a échappé à une heptalogie britténienne pour petits braillards © tirée de la saga Harry Potter.

3. Le samedi 8 juillet 2017 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Benedictus !

Oui, ça aurait de l'allure en opéra, effectivement. Le boulot musical qu'on peut faire sur la mutation d'un ado geignard en Lord Vader, c'est dommage que Wagner soit actuellement indisponible.

Je suis complètement fan de ta liste (et assez jaloux de ne pas l'avoir proposée). Outre les rosseries qui te caractérisent (tu as tellement bien ciblé les caractéristiques phonatoires de Chewie, Binks et Watto…), je dois dire Michel Roux en Seigneur du Mal, ça m'exalte assez, par exemple.

Quelques divergences néanmoins : dans Princess Leia Organa, il y a Princess, donc les poissonnières sont sujettes à débat ; Wächter (que j'aime beaucoup) manque singulièrement de charisme distinctif pour être le-seul-avec-un-sabre-de-lumière-violet ; et Simoneau, je vois très bien le côté uniforme, blanchâtre, un peu impavide ou faux, qui sied très bien au Hamill du premier épisode publié, mais ça manquerait de fragilité et de variété, tout de même. Non, moi je choisirais un chanteur qui ne chante pas forcément bien… Svanholm déclinant, ou Jeffrey Thompson aujourd'hui…

Et Yoda est de toute évidence ténor de caractère dans les doublages (ou même dans son caractère dans le V), je verrais plutôt Kuen ou Wohlfahrt, moi. Voire un Basilio (des Noces) de province.


D’un autre côté, on peut toujours se consoler de ne pas avoir entendu ça en se disant qu’en même temps on a échappé à une heptalogie britténienne pour petits braillards © tirée de la saga Harry Potter.

C'est tellement vrai en plus !

4. Le samedi 8 juillet 2017 à , par Benedictus

les rosseries qui te caractérisent (tu as tellement bien ciblé les caractéristiques phonatoires de Chewie, Binks et Watto…)

Heureux que mes rosseries t’aient réjoui :) En plus, Joan Sutherland a déjà la panoplie complète de Binks sénateur et Vickers* le jeu de scène adéquat.

Michel Roux en Seigneur du Mal, ça m'exalte assez, par exemple.

Oui, Michel Roux, j’en suis assez fier: pour les deux premières journées et demie, il fera son (formidable) Golaud habituel, et tout à coup on se retrouvera avec son Méphisto de la Damnation-Markevitch.

dans Princess Leia Organa, il y a Princess, donc les poissonnières sont sujettes à débat

Je sais bien, mais il fallait quand même quelqu’un qui ait le côté virago du personnage, et si possible une belcantiste (ne serait-ce que pour les scènes de drague avec Pippo). Renata Tebaldi aurait quand même un peu trop de quant-à-soi. Peut-être faudrait-il aller chercher du côté des strausso-wagnériennes - Leonie Rysanek peut-être?

Wächter (que j'aime beaucoup) manque singulièrement de charisme distinctif pour être le-seul-avec-un-sabre-de-lumière-violet

En effet, j’ai eu du mal à le distribuer, celui-là. Que dirais-tu de Uhde en mode Holländer-Keilberth 55?

et Simoneau, je vois très bien le côté uniforme, blanchâtre, un peu impavide ou faux, qui sied très bien au Hamill du premier épisode publié, mais ça manquerait de fragilité et de variété, tout de même. Non, moi je choisirais un chanteur qui ne chante pas forcément bien… Svanholm déclinant, ou Jeffrey Thompson aujourd'hui…

Oui, peut-être, mais Svanholm déclinant (tu penses au Ring scaglière de Furt, je suppose?) manquerait pour le coup du côté juvénile.

Et Yoda est de toute évidence ténor de caractère dans les doublages (ou même dans son caractère dans le V), je verrais plutôt Kuen ou Wohlfahrt, moi. Voire un Basilio (des Noces) de province.

J’avais surtout dit Kunz pour des questions de vraisemblance scénique (la petite taille et une étonnante mobilité faciale - pas de problèmes pour faire bouger ses oreilles avec les muscles de son front). Mais, effectivement, après un œil sur les maquillages que Kuen ou Wohlfahrt ont été capables d’encaisser à Bayreuth, je te les accorde bien volontiers.

Sinon, je me suis rendu compte de deux problèmes:
- je ne connaissais que la voix de Bastianini, et, surtout à partir de son Rodrigo et de son Germont, je me disais qu’il aurait fait un Grand Moff Tarkin épatant - mais avec ce look de maître-nageur bellâtre guetté par l’embompoint, non, pas possible. (Alors qu’un peu plus tard, avec la même typologie vocale, Sherrill Milnes aurait tellement eu le physique du rôle!) Tu verrais qui, à la place?
- Ghiaurov est en léger décalage chronologique par rapport au reste de la distribe. Je propose donc George London pour Jabba le Hutt: par rapport à Ghiaurov, c’est sans doute d’une diction un peu trop précise, mais le jeu de scène sera plus adéquat (il n’aura qu’à refaire son Amfortas, mais coulé dans une grosse masse de latex).

* À propos d’opéra contemporain, dommage que John Adams, après Nixon in China et The Death of Klinghoffer, n’ait pas fait un Hard Deal in Dayton: Vickers aurait fait un Slobodan Milošević criant de ressemblance.

5. Le mercredi 12 juillet 2017 à , par DavidLeMarrec

Tu es vraiment profondément méchant. :)  (Mais le visuel de ta Sutherland m'a beaucoup fait rire.)

Oui, Michel Roux, j’en suis assez fier: pour les deux premières journées et demie, il fera son (formidable) Golaud habituel, et tout à coup on se retrouvera avec son Méphisto de la Damnation-Markevitch.

Alternative : Madgalena Kožená.


Je sais bien, mais il fallait quand même quelqu’un qui ait le côté virago du personnage, et si possible une belcantiste (ne serait-ce que pour les scènes de drague avec Pippo). Renata Tebaldi aurait quand même un peu trop de quant-à-soi. Peut-être faudrait-il aller chercher du côté des strausso-wagnériennes - Leonie Rysanek peut-être?

Rysanek, un peu sexuée pour la Princesse Brioche (sur la tête), non ?  Ou alors dans le VI, avec le fameux bikini métallique qui semblent avoir émoustillé toute la génération qui m'a précédé.

Sinon, Antonietta Stella pour le côté aristocrate, Leyla Gencer pour les excès de tempérament, il y a de quoi trouver chez les belcantistes.


En effet, j’ai eu du mal à le distribuer, celui-là. Que dirais-tu de Uhde en mode Holländer-Keilberth 55?

Uhde, j'en veux toujours, mais il manque peut-être de séduction et d'ambiguïté : dans l'univers étendu, Windu fait figure de référence en matière de puissance, parce qu'il utilise une technique hétérodoxe de type doublethinking, utilisant l'énergie de la colère avant qu'elle ne soit colère et ne bascule vers le Côté Obscur. Et puis l'histoire de la coquetterie de l'acteur (il n'avait accepté le rôle que si son sabre avait une couleur distincte pour le rendre visible dans les combats, ce qui a donné lieu à plein de variations colorées ensuite, et même des explications scientifiques, dans l'univers étendu), il y a un côté séducteur un peu paradoxal chez ce moine. Si Del Monaco n'était pas déjà pris…

Sándor Kónya, peut-être. Je verrais bien un ténor à la fois large, doux et vaillant.

Et puis href="http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2016/01/06/2751-les-prix-de-janvier" target="_blank">Gerald Finley, bien sûr.


- je ne connaissais que la voix de Bastianini, et, surtout à partir de son Rodrigo et de son Germont, je me disais qu’il aurait fait un Grand Moff Tarkin épatant - mais avec ce look de maître-nageur bellâtre guetté par l’embompoint, non, pas possible. (Alors qu’un peu plus tard, avec la même typologie vocale, Sherrill Milnes aurait tellement eu le physique du rôle!) Tu verrais qui, à la place?

Si tu veux un baryton verdien et un physique, Aldo Protti alors. Mais je verrais plutôt un kavalierbaryton façon Allen, donc dans les gens de l'époque, Ahlersmeyer, Schöffler, Prey… les physiques ne coïncident pas forcément aussi bien. Walter Berry, peut-être.


- Ghiaurov est en léger décalage chronologique par rapport au reste de la distribe. Je propose donc George London

* À propos d’opéra contemporain, dommage que John Adams, après Nixon in China et The Death of Klinghoffer, n’ait pas fait un Hard Deal in Dayton: Vickers aurait fait un Slobodan Milošević criant de ressemblance.

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