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[Sélection lutins] Les plus belles mélodies maritimes


Dans notre série de remise des Putti d'incarnat, je voudrais présenter les lieder, songs & mélodies en lien avec grandes étendues liquides et salées. Non pas que ce soit particulièrement un thème de prédilection personnel, mais il se trouve que les grandes étendues (physiques et harmoniques), les possibilités de contraste ou de figuralisme, les airs populaires des marins innervent avec bonheur un bon petit nombre de ces compositions.


Détail tiré de Hoé ! Hisse hoé ! de Lagrenée l'Aîné.
Huile sur toile, 1766. Collection particulière.


Comme j'ai inclus « Oreste purifié » de Mayrhofer, on pourrait y ajouter les airs métaphoriques du seria italien, dans le genre du célébrissime « Agitata da due venti » de la Griselda de Vivaldi, mais cela conduirait vers une esthétique très différente des évocations nostalgiques ou houleuses qui font le corps de ma liste.

Les cotations indiquent simplement l'intensité de mon conseil, et ne reflètent absolument pas une valeur musicale objective, ni même une place spécifique dans l'histoire du genre. Pour les conseils personnalisés, présentez plutôt vos attentes en commentaires.

1797 — Franz SCHUBERT : « Am Meer » (Heinrich Heine)
1797 — Franz SCHUBERT : « Schiffers Scheidelied » (Franz von Schobert)
1797 — Franz SCHUBERT : « Lied eines Schiffers an die Dioskuren » (Johann Baptist Mayrhofer)
1797 — Franz SCHUBERT : « Der entsühnte Orest » (Johann Baptist Mayrhofer)
1845 — Gabriel FAURÉ : « Les Berceaux » (Sully Prudhomme)
1848 — Henri DUPARC : « La Vague et la Cloche » (François Coppée)
1862 — Claude DEBUSSY : « La Mer est plus belle que les cathédrales » (Paul Verlaine)
1870 — Louis VIERNE : « Marine » (Paul Verlaine)
1870 — Louis VIERNE : « Le bateau rose » (Jean Richepin)
1870 — Louis VIERNE : « Le bateau noir » (Jean Richepin)
1870 — Louis VIERNE : « Chanson de mer » (Jean Richepin)
1872 — Ralph VAUGHAN WILLIAMS : « Song for all seas, all ships » (Walt Whitman)
1872 — Ralph VAUGHAN WILLIAMS : « On the Beach at Night, Alone » (Walt Whitman)
1872 — Ralph VAUGHAN WILLIAMS : « After the Sea-Ship » (Walt Whitman)
1872 — Ralph VAUGHAN WILLIAMS : « O vast Rondure, swimming in space » (Walt Whitman)
1872 — Ralph VAUGHAN WILLIAMS : « O we can wait no longer » (Walt Whitman)
1872 — Ralph VAUGHAN WILLIAMS : « Passage to more than India ! — Away, O soul ! » (Walt Whitman)
1877 — Louis AUBERT : « La mauvaise prière » (René Chalupt)
1877 — Louis AUBERT : « La berceuse du marin » (Pauline Mary Tarn)
1877 — Louis AUBERT : « Aigues-marines » (Pauline Mary Tarn)
1879 — Alma SCHINDLER-MAHLER : « Lobgesang » (Richard Dehmel)
1879 — Jean CRAS : « Chanson du barde » (Tanguy Malmanche)
1879 — Jean CRAS : « Soir sur la mer » (Virginie Hériot)
1879 — John IRELAND : « Sea-Fever » (John Masefield)
1879 — John IRELAND : « The bells of San Marie » [sic] (John Masefield)


Quelqu'un va forcément me faire remarquer l'absence du Poème de l'Amour et de la Mer, parfaitement volontaire : le texte de Maurice de Bouchor est exécrable (voilà ce que c'est que de prendre les poèmes des copains), et ce Chausson flasque-là n'est pas du tout celui que j'aime, galant (Quatuor avec piano, Concert) ou épique (Symphonie, [Arthus|http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2005/11/11/92).

Les profils peuvent être très différents, certains exploitent la veine folklorique (le Barde de Cras, « Sea-Fever », « La mauvaise prière » – qui a d'ailleurs aussi été interprétée par Damia, chose particulièrement rare pour une mélodie du XXe !), d'autres les déchaînements élémentaires (« Schiffers Scheidelied », « La Vague et la Cloche », « Marine »), d'autres encores recherchent la couleur et l'expression étale (« Lied eines Schiffers an die Dioskuren », « Am Meer », « Les Berceaux », « La Mer est plus belle que les cathédrales », « Lobgesang », « Soir sur la mer »). D'une manière générale, toutes ces caractéristiques, assez figuratives, rendent ces pièces particulièrement accessibles.

S'il n'y en avait qu'une ? « Sea-Fever », sans hésiter.

J'espère avoir l'occasion d'en présenter quelques-uns, de loin en loin.

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Commentaires

1. Le mercredi 26 mars 2014 à , par Arnaud Bellemontagne

Je sais que ça n'est pas du Lied, mais dans le Vaisseau Fantôme on trouve tant d'airs marins fabuleux que ça me semblait impossible de le passer sous silence.
Et puis comme je sais que c'est un ouvrage qui ne t'es pas trop désagréable... ;o)

2. Le mercredi 26 mars 2014 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Arnaud !

Il y a d'ailleurs des façons très différentes de phraser ces chants et de distribuer les appuis. J'ai entendu des chefs qui exaltaient complètement la dimension folklorique de l'air du Pilote, par exemple, tandis que d'autres en faisaient une ariette très vocale... Effectivement, la veine populaire est patente là-dedans, sans doute un des opéras, toutes époques confondues, où elle est la plus sensible.

3. Le samedi 29 mars 2014 à , par Falstaff

Bonjour,

je suggère d'ajouter "Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte", que je trouve superbe de ton (et les vers sont plutôt bons dans le genre emphatique), ou bien le plus vague "La mer est infinie".

4. Le samedi 29 mars 2014 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Falstaff !

En effet, manque impardonnable que L'Horizon Chimérique – « Je me suis embarqué » convient parfaitement aussi : comme il n'y a que « Diana Séléné » qui échappe à l'explicite maritime, on peut inclure tout le cycle. Effectivement, les poèmes de Jean de la Ville de Mirmont fonctionnent parfaitement – sans comparaison avec les naufrages de Lerberghe et Brimont qui plombent grandement les derniers grands cycles (encore que, dans son genre emprunté, La Chanson d'Ève se tienne assez bien).

5. Le dimanche 30 mars 2014 à , par lu—

n’est-ce pas encore une façon de retarder l’anthologie d’orgue, Monsieur Le Marrec ? :p

6. Le dimanche 30 mars 2014 à , par DavidLeMarrec

Pourquoi attends-tu si impatiemment cette publication, alors qu'il est assez certain qu'elle ne contiendra rien pour toi ?

En matière d'orgue, mon goût pour la mignardise s'affirme encore plus nettement (égalité des plans et absence de dynamique individuelle obligent) que dans les autres répertoires. :)

7. Le dimanche 30 mars 2014 à , par lu—

précisément : je suis curieux de voir ça.

8. Le dimanche 30 mars 2014 à , par DavidLeMarrec

J'aime de moins en moins la tournure dirty lurking de tout ça. Et c'est très vilain de se moquer de ses petits camarades, je ne ferais jamais cela, moi.

Surtout pas aux petits camarades rendus très méchants par leurs fréquentations.

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