Carnets sur sol

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dimanche 5 février 2012

On the Waterfront - Bernstein, un brillant (hors) sujet



La suite tirée d'On the Waterfront (disponible au disque) est sans doute ce que j'aime le plus de Bernstein compositeur. Et pourtant, à la vue (récente) du film, je suis frappé - comme jamais - par la déconnexion absolue entre l'image et la musique.


Tiré de la bande-son du film, le seul moment "vif" où la musique ne détruise pas totalement le contexte dramatique.


Cette musique de concert, ample, paroxystique, ne complète absolument pas les émotions de l'écran - elle vit sa propre logique, beaucoup plus solennelle et élaborée que ce que doit faire une musique de film ; plus encore, en contexte, elle tue de façon assez catastrophique l'atmosphère créée par Kazan (déjà pas totalement convaincante).

Les moments réellement réussis sont ceux où les thèmes se font plus lyriques, dans la lignée de la tradition poststraussienne sucrée qui provient de Korngold et s'étend de Waxman à Stothart. Dans le principal thème tendre / mélancolique, la musique se rapproche furieusement de la substance de l'adagio du Quatuor Op.11 de Barber.

Mais d'une façon générale, j'ai trop l'impression d'entendre de la musique pure, ou bien descriptive (peut-être le front de mer, mais alors celui d'une nature véhémente, inquiétante ou jubilatoire, à la Friedrich...). Pas du tout de la musique dramatique : la logique de cette musique est trop abstraite, trop autonome, elle sonne trop "étudiée" ; j'entends les effets orchestraux, les instruments qui entrent, les effets de couleur, les petites préciosités de l'harmonie ou des textures... et même quelquefois des mouvements de danse tout à fait incongrus.

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Vraiment, je n'aurais pas cru qu'une musique aussi singulière et forte puisse à ce point desservir une oeuvre pour laquelle elle a été expressément conçue.

La preuve que la notion de "bonne musique" peut être furieusement relative selon les genres et les usages. Ne négligez cependant pas d'écouter la Suite orchestrale, même si vous avez vu le film, en essayant de vous abstraire un peu du contexte narratif.

Carnet d'écoutes - Telemann fait son Haendel


Georg Philipp Telemann a la caractéristique de ne pas avoir de style profondément personnel comme d'autres de ses contemporains, ce qui lui vaut régulièrement le mépris rétrospectif de ceux qui n'ont jamais pu souffrir de lire que J.S. Bach ait été choisi par défaut (les autorités de Leipzig rêvaient de Telemann).


Suite de la notule.

« Toutes les civilisations ne se valent pas »


Il y avait longtemps que les lutins n'avaient pas fait un petit arrêt par les bizarreries de la parole publique (faute d'avoir beaucoup de matière à saisir, il faut dire...).

Joli exemple aujourd'hui.

Suite de la notule.

Paradoxes rituels


Comme à chaque élection présidentielle, je retrouve les mêmes paradoxes bizarres dans les mêmes bouches, avec la sensation désagréable qu'il n'est pas facile de s'améliorer...

Suite de la notule.

David Le Marrec


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