Carnets sur sol

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dimanche 12 février 2012

Une ténébreuse affaire - Deborah Voigt transfigurée


En raison de la préparation de divers supports (extraits de musique vocale et de musique de chambre par les lutins, nouveaux essais de traduction, comptes-rendus de trois spectacles de la semaine passée, panorama détaillé du quintette avec clarinette, sélections dans le répertoire...), aucune notule n'a paru cette semaine.

Aussi, pour signifier simplement la persistance discrète d'une activité korrigane en ces lieux, un mot sur le Crépuscule des dieux qui était donné au Met et dans les cinémas du monde hier. Je n'ai pu en entendre que l'Immolation par Deborah Voigt et je suis frappé, une fois de plus, par deux bizarreries.

=> D'abord tout le mal qu'on peut dire d'elle, alors qu'on a rarement entendu cette scène si bien chantée (sauf à remonter à l'ère Mödl, mais c'est au prix de libertés avec la partition), on bénéficie même de beaux aigus lumineux et presque suspendus dans l'Envoi des Corbeaux.

=> Deborah Voigt est décidément un cas à peu près unique d'artiste qui se révèle en passant à un format plus lourd. On entend très fréquemment de belles voix se forcer et s'abîmer en voulant interpréter des rôles plus larges ; mais ici, alors que Voigt était un grand lyrique assez insipide (maîtrise parfaite, mais aucune tension, aucune coloration, et des mots totalement inintelligibles et de toute façon très mous), ses interprétations de rôles très dramatiques (pour ce que j'ai entendu, au moins acte II d'Isolde à Paris, Salomé à Verbier, et cette Brünnhilde) disposent d'une puissance expressive très supérieure à la moyenne.
Puissance en partie verbale (malgré l'articulation perfectible), mais plus encore contenue dans les densités variables du phrasé et les mutations de coloris (et même de matière) de la voix.

Certes, le vibrato est un peu ample (intervalle parcouru un peu large, voir ici), mais ce débordement de volutes expressives est tellement rare dans un répertoire où la robustesse indispensable des instruments limite le plus souvent les nuances... Réellement un témoignage précieux, de mon point de vue, et décidément un cas unique d'amélioration spectaculaire en abordant des rôles en théorie néfastes à la qualité du détail...

Des illustrations sonores seront ajoutées quand on trouvera deux minutes pour ce faire...

David Le Marrec


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