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Les discours du pape, le dialogue interreligieux, l'islam et l'occident... (Benoît XVI à Ratisbonne et chez Authueil)

Je ne pensais absolument pas parler de cela, mais le billet de Samuel m'y incite.

Quelques mots sur l'attitude générale de Benoît XVI, qui explique le procès d'intention.

Quelques mots sur le discours lui-même et la surinterprétation un peu facile dont il a fait l'objet.



Samuel :

N'ayant pas eu tout de suite le texte français et connaissant la subtitlité intellectuelle, mais aussi la modération de Benoit XVI, je ne me sentais pas en mesure de porter un jugement rapide qui aurait été trop expéditif. J'y vois un peu plus clair maintenant.

Je ne doute pas de la subtilité et de la maîtrise de Benoît XVI, mais pour ce qui est du tact et de la modération, je ne suis pas persuadé que ce soit très exactement le cas.
Du moins si mes informations sont exactes.




1. Dominus Iesus et la réception de Benoît XVI

Je me souviens de 2000 et de « Dominus Iesus », dont on avait fait assez peu de cas à l’époque.

Voici, pour les plus jeunes [souriard niais], l’intégralité du texte parrainé par le cardinal Ratzinger, alors Préfet pour la Congrégation de la Doctrine de la Foi, dans sa traduction française officielle.

Ce texte est d’une certitude doctrinale assez invraisemblable. Certes, on a droit dans le préambule à une reconnaissance de l’enrichissement mutuel, et dans la conférence de presse qui avait suivi à quelques précisions diplomatiques, mais ses traits permanents contre le « relativisme religieux », la détention définitive par l’Eglise des saints mystères, sa prétendue fidélité parfaite aux textes (« L'Église, au long des siècles, a proclamé l'Évangile de Jésus et lui a rendu fidèlement témoignage. »[1]), texte bien sûr parfaitement cohérents, le tout ajouté à ses premiers actes de repli interreligieux au début de son règne, a de quoi exciter la méfiance des journalistes – et pas que des journalistes.

Ce qui donne raison à l'analyse de délit d'imprudence proposée par Samuel, mais imprudence consommée depuis longtemps, à tel point qu'on a pu se faire une religion sur le sujet.




2. Les propos, tenus ou non, incriminés

Ce qui pique bien plus ma curiosité, c’est qu’on insiste sur la présence ou non de cette saillie et pas sur le fond de la chose – oui, je peux parler, moi qui m’amuse bien souvent à relever les particularités des discours, quitte à rire avec de Villiers ou à tirer mon chapeau à Ahmadinejad.

Parce qu’en admettant que le pape ait dit que l’islam était fondamentalement une religion prosélyte, et son expansion historiquement liée à une conquête armée, ça ne prouve guère plus que le fait qu’il ait lu le Coran. Cela ne signifie pas par ailleurs que les musulmans modérés n’existent pas, de même que tous les juifs et chrétiens ne sont pas nécessairement persuadés de la nécessité de réitérer Jéricho dès qu’ils tiennent à s’établir quelque part.
Mais la chose est révélatrice du réflexe, certes de taper sur le pape qui l’a bien cherché à plusieurs reprises, mais surtout du consensus à tout prix : il faut que l’islam soit absolument l’égal du christianisme, que la religion soit l’égale de l’athéisme éclairé, etc. Pour garantir la paix des peuples et des consciences, il faut que ce soit ainsi.
Non seulement le but est manqué – chrétiens, musulmans et athées se trouvent à l’occasion fâchés de cette indifférenciation, ou campent tout simplement sur leurs positions –, mais, de surcroît, le raisonnement est totalement faux. Il y a des modes de pensée différents, qu’il faut tâcher respecter de garantir la paix public, mais cela n’en vient pas à dire qu’ils sont équivalents – ni même, oserai-je, de même valeur.




3. A valeur égale (digression)

J’avouerai à ce propos un certain malaise devant l’union des religions monothéistes dans l’affaire Mirbaud ou l’affaire des caricatures danoises.
Dans le premier cas, ce sont les catholiques qui ont été soutenus. Pourtant, il s’agissait d’un très joli pastiche, peut-être la publicité la plus réussie plastiquement que j’aie jamais vu, avec un côté badin tout à fait délicieux. Le moins qu’on puisse dire est qu’il y avait de l’entrain bon enfant à la parodie.
Dans le second, plus épineux, on peut regretter la provocation, il n’en reste pas moins que si on postule un Etat laïc, et s’il est permis de se moquer de Kant, de Jésus-Christ et de l’Intelligent Design, alors quel est le critère qui interdit de prendre pour cible Mahomet ? On ne peut pas inscrire la liberté d’expression dans un strict cadre d’absence de contradiction des convictions d’autrui, sinon la liberté d'expression se réduit à un consensus plus que mou - à un consensus impossible, ou à une imposition du consensus par la minorité la plus vigoureuse. Pourtant, dans ce cas, les Eglises se sont indignées, comme savourant la vengeance de tant d'humiliations subies par elles. Enfin elles allaient être entendues, puisqu'il s'agissait d'islam !

Ce joyeux mélange me chagrine quelque peu.




4. Ce qui a réellement été prononcé

Mais il faut rendre justice à Benoît XVI, la citation (très explicite en effet) a été extraite d'un point précis dans l'articulation de son raisonnement. Il s'agissait d'un point de départ, et le moment choisi était l'exposition de la pensée de Manuel II Paléologue. Un peu comme si on attribuait à un universitaire exposant la doctrine un philosophe la vision du monde de ce philosophe.

Naturellement, la chose est plus délicate lorsqu'il s'agit du porteur d'une doctrine - ce que n'est pas un universitaire, a priori. On peut penser que l'exemple illustre une conviction. Néanmoins, rien dans le discours ne le confirme ni ne l'infirme.

Voici le paragraphe qui fait directement suite à celui incriminé :

L’affirmation décisive dans cette argumentation contre la conversion au moyen de la violence est : ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. L’éditeur Théodore Khoury commente : pour l’empereur, un Byzantin qui a grandi dans la philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, en revanche, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable. Dans ce contexte, Khoury cite une œuvre du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui explique que Ibn Hazn va jusqu’à déclarer que Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et que rien ne l’obligerait à nous révéler la vérité. Si cela était sa volonté, l’homme devrait même pratiquer l’idolâtrie.

On le voit :

  1. L'exemple est pris dans le cadre plus général d'une réflexion autour de la mise en relation raison/religion. Qui passe par l'exemple de la contrainte musulmane vue par Manuel II Paléologue. Exemple développé par l'éditeur Théodore Khoury. Tout cela avec des références soigneusement indiquées. Aucune ambiguïté possible à la lecture attentive.
  2. Rien n'indique l'avis du pape, ni dans un sens, ni dans l'autre. Il se borne à poser des repères qui invitent à la réflexion sur le thème qu'il s'est donné.
  3. A tout prendre, on se situe plus dans l'idée du dialogue interreligieux, avec citation des deux parties, que dans le domaine de l'attaque sournoise et de la "petite pique" façon politique intérieure.

Je laisse les plus courageux lire le reste.

Attention, comme le souligne très à propos Koz, la traduction du Monde est méchamment biaisée.

Mais il apparaît nettement que le discours a été mal lu, voire sciemment déformé. Et là, on s'aperçoit de la difficulté qu'il y a à résister à ce type d'offensive. Comment répondre de façon nuancée que cela est bel et bien écrit noir sur blanc, mais entre dans le cadre d'un raisonnement précis que l'auteur du discours ne reprend pas nécessairement à son compte ?
Incontestablement, ce n'est pas très 'médiagénique'.




5. Sur le rapport au monde musulman

Samuel :

En tant qu'occidentaux et européens, il est urgent que nous nous interrogions sur le pourquoi de telles réactions. Une partie des réponse se trouve dans l'attitude des USA.

Sur ce point précis, la réponse est, pour le coup, en grande partie dans le Coran. A partir du moment où l'on dispose de la parole littérale de Dieu (et d'un Dieu très intrusif, surveillant tout partout, et très normatif), et que cette parole est violée ; a partir du moment où la religion dispose en outre d'un bras séculier très développé, le résultat est un peu prévisible.

On peut ensuite accuser l'image peu subtile que les Etats-Unis communiquent de l'ensemble de l'Occident, sans doute. Mais l'essentiel est contenu dans l'opposition des principes. Et la guerre asymétrique, du point de vue des idées, n'est pas nécessairement dans le sens que l'on croit.

  1. Les droits de l'homme - disons pour faire vite - s'opposent à certaines dispositions de l'islam.
  2. On trouve plus aisément des musulmans pour mourir pour imposer l'islam que d'occidentaux (toujours pour faire vite) disposés à se sacrifier pour les droits de l'homme. Ce qui est assez logique, puisque la Déclaration universelle a fâcheusement oublié d'instituer un paradis.
  3. La puissance économique, politique et militaire reste globalement aux mains de l'Occident, malgré certains contre-pouvoirs très significatifs dans les pays musulmans.
  4. Les brassages de notre 'monde mondialisé' produisent des échanges de population entre ces deux entités.

Ces équilibres, ces déséquilibres, ces mélanges créent la situation d'intrication assez problématique que nous connaissons aujourd'hui. Deux conceptions du monde en partie incompatibles. Mais qui communiquent en temps réel. Qui se mêlent aussi.

Comment s'en extirper à meilleur compte, difficile à dire.

Surtout que la réponse relève forcément d'un choix idéologique, selon du côté duquel on se trouve. Dire que l'islam peut obtenir la démocratie et doit respecter les droits de l'homme, c'est déjà faire un choix. Celui d'assujettir les textes sacrés aux textes sociétaux. Celui de l'Occident, donc.
A ce propos, on notera la différence. Dans les pays où l'on jure sur la Bible, la Bible n'est plus la garantie d'actions conformes aux Ecritures, mais un moyen concret de symboliser un engagement moral vis-à-vis de la société. Le religieux se trouve donc soumis, ce qui est incompatible avec une application rigoureuse de l'islam. Nous retombons dans notre tension insoluble.




Et ne comptez pas sur moi pour vous trouver une solution.

Notes

[1] Vu le nombre de bricolages théologiques dans les premiers siècles, le trait prête à sourire.


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Commentaires

1. Le mardi 19 septembre 2006 à , par authueil :: site

Bravo pour la démonstration, surtout de quelqu'un ne pensant pas écrire sur le sujet

Si Benoit XVI peut être ferme, voire sec sur le fond, il reste un prélat, onctueux sur la forme. C'est là que je situe sa modération. En temps normal, les mots sont choisis et pesés.

Le problème posé par les USA est d'abord celui de l'Europe, incapable d'imposer une alternative "civilisationnelle". Nous n'avons pas la même sensibilité que les américains, notamment sur la religion et sa place dans la société, mais à chaque fois, on se retrouve englobé dans un "occident" culturellement mené par les USA. Globalement, c'est la Nation sûre d'elle même, de sa mission "civilisatrice", faite pour guider le monde. Et le tout avec une assurance et une candeur qui fait un peu penser à un jeune présomptueux. La "vieille Europe" est sur une autre longueur d'onde mais se fait écraser car elle a peur, n'a plus l'envie, la faim, la jeunesse quoi ! Quelque part, cela me désole car je suis certes occidental, mais aussi profondément européen.

2. Le mardi 19 septembre 2006 à , par DavidLeMarrec

Nous n'avons pas la même sensibilité que les américains, notamment sur la religion et sa place dans la société,

Nuance qui a en effet son importance, sur le coup.

Cela dit, avec un texte sacré aussi suspicieux et offensif, Amérique ou pas, la situation est potentiellement problématique dès lors qu'il y a, comme je tentais de le souligner, une telle promiscuité entre les deux mondes.

L'image séduisante du 'choc de civilisations' ne me paraît pas outrée - pour une fois qu'on peut faire simple, il faut en profiter...

3. Le mercredi 20 septembre 2006 à , par jdm

Passionnants et passionnés billets.
Ce que j’en retiens. [entre crochets, mes ellipses ou commentaires]
chez Samuel :
‘’[…] Benoît XVI […] est pape et à ce titre, tout ce qu'il peut dire ou écrire est disséqué (parfois de manière malveillante). Il ne doit donc en aucun cas prendre le risque d'être mal compris. […] Pour autant, les journalistes ont commis de grosses bourdes. […] c'est la déformation d'une info pour en faire quelque chose de vendable. […] On peut créer toutes les étincelles que l'on veut, s'il n'y a pas de baril de poudre à proximité, rien ne se passe. […] cette susceptibilité du monde musulman vis-àvis des occidentaux, en particulier sur le sujet de la religion. C'est sans doute révélateur d'un malaise plus global du monde musulman face à l'Occident […] On se sent presque obligés de s'auto-fustiger (chose que les américains font rarement), de demander pardon d'être ce que nous sommes.
[le discours de la repentance]
[…] C'est le drame de l'Europe que de subir, dans ce domaine culturel et civilisationnel comme dans les autres, le poids et les conséquences de décisions prises en Amérique du Nord. […]’’
chez David :
‘’[…] du consensus à tout prix : il faut que l’islam soit absolument l’égal du christianisme, que la religion soit l’égale de l’athéisme éclairé, etc.
[la logique de la mimesis]
[…] s’il est permis de se moquer de Kant, de Jésus-Christ et de l’Intelligent Design, alors quel est le critère qui interdit de prendre pour cible Mahomet ? […] comme si on attribuait à un universitaire exposant la doctrine d’un philosophe la vision du monde de ce philosophe. Naturellement, la chose est plus délicate lorsqu'il s'agit du porteur d'une doctrine […] Mais il apparaît nettement que le discours a été mal lu, voire sciemment déformé. […]’’

A moi. Benoît XVI est connu pour un esprit fin et un fin rhétoriqueur. Il ne peut pas ignorer ce qu’il dit, ce qu’il a rédigé. Il ne peut pas ignorer que les maîtres de la communication exploiteront la moindre virgule de son discours. La tension qui résulte de ce donné est insoutenable.
Et plus. On dirait qu’il est devenu impossible de parler de l’Islam. Ou peut-être seulement entre ‘’gentils’’ consentants.
Sans ‘?’, c’est une question.

4. Le mercredi 20 septembre 2006 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Jdm,

J'imagine que Benoît XVI se moque assez de la façon dont ses discours sont reçus ; comme Authueil, j'ai l'impression qu'il s'est fait plaisir avant tout. Mais on souffre suffisamment de la langue de coton pour éviter de protester lorsqu'un responsable prend le risque d'émettre une pensée complexe, on risque qu'on la dénature pour lui porter tort.

Oui, l'islam est devenu un sujet impossible : à moins d'être entre gens du même avis ! (ou très, très civilisés :-)

A ce propos, un petit émerveillement personnel. Je mettais toujours une majuscule à islam. Jusqu'au jour où j'ai remarqué qu'on n'en mettait pas à orthodoxie, taoïsme ou antoinisme. Que ceux qui le pratiquent le fassent, à la bonne heure, mais il semble qu'il y ait là une sorte de déférence craintive. Un texte qui écrirait catholicisme avec majuscule nous semblerait ridicule, non ? Alors tous à la même enseigne, flûte !

Nonmé.

5. Le mercredi 20 septembre 2006 à , par DavidLeMarrec

Autres sources

A ce propos, je suis allé voir par curiosité ce qu'en disait la télévision, dans l'émission la plus sérieuse que j'aie pu trouver.

C'est assez édifiant. Outre qu'on parle de croisades (pas moins), on a droit à toute une explication de texte sur la politique offensive façon Bush de Ratzinger - qui est peut-être exacte (je n'y crois pas du tout, mais admettons), mais qu'on prétend ici trouver dans ce texte : "l'allusion ne pouvait être innocente".

Un exemple flagrant d'une lecture biaisée du texte, puisque l'enchaînement logique montre clairement que l'argument de Manuel II Paléologue n'est pas versé au débat, mais illustre simplement une démarche de pensée. Certes, on aurait pu choisir un autre exemple, mais celui-ci, en contexte, est tout à fait parlant !

Réaliser à partir de ce texte des déductions sur la politique interreligieuse du pape est plus que douteux. Il existe des documents plus probants que cela sur le sujet. Qu'on aille donc exhumer Dominus Iesus, où il y a de quoi faire, mais de grâce, qu'on nous épargne ces investigations biaisées, c'est lassant - et surtout préoccupant sur la probité des canaux d'information lorsque l'idéologie et le prêt-à-penser s'en mêlent.

6. Le jeudi 21 septembre 2006 à , par jdm

''Oui, l'islam est devenu un sujet impossible : à moins d'être entre gens du même avis ! (ou très, très civilisés :-)''
Merci de ta réponse, David.
Et pour les majuscules, c'est une négligence, une compulsion induite par la désinformation médiatiste.
Une fois de plus, nous sommes sur la même longueur d'onde et j'apprécie que tu lises mon style un peu énigmatique.

7. Le jeudi 21 septembre 2006 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Jdm,

Et pour les majuscules, c'est une négligence, une compulsion induite par la désinformation médiatiste.

C'est bien ce que j'ai imaginé ; ça m'a juste rappelé ce détail auquel j'avais déjà pensé en rédigeant l'article - en me surveillant moi-même. D'ailleurs, j'en ai parlé en toute généralité. :-)


Une fois de plus, nous sommes sur la même longueur d'onde et j'apprécie que tu lises mon style un peu énigmatique.

C'est la moindre des choses, tu prends la peine aussi de me lire, il me semble !

8. Le dimanche 31 décembre 2006 à , par Morloch

Ce Pape paraît bien parti pour s'illustrer dans les médias, à sa façon. Il faut se rendre à l'évidence : c'est un abominable réac qui tient à ce que le monde entier le sâche. J'ai été enclin à lui accorder quelques temps le bénéfice du doute, la communication papale étant un exercice nouveau pour cet homme, mais il faut l'admettre : Benoit XVI est un réac, et en plus un réac maladroit.

On a pu le voir jeter de l'huile sur le feu au sujet de l'excommunication du jeune handicapé italien qui avait réclamé la mort - le jour de Noël, la prière de l'Angelus, était-ce une occasion bien opportune ?

Quelques jours auparavant, Augusto Pinochet était enterré en grande pompe catholique au Chili.

Benoit XVI, le Pape qui remet l'anticléricalisme à la mode !

9. Le dimanche 31 décembre 2006 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Morloch !

Je ne serais pas aussi sévère... Il y a plus de maladresse que de casse, en somme.

Dans la petite mise en scène du conclave, il était vu comme le méchant loup.
Quand on a par principe les médias contre soi, qu'on n'est pas très adroit en diplomatie, qu'on vit dans un monde où tout se sait, et dans un politiquement correct tel que rien ne peut être dit, forcément, c'est difficile.

Au fond, il est assez cocasse qu'on reproche au pape de tenir des positions... catholiques !
Lorsqu'il exprime de près ou de loin son scepticisme sur les autres religions, ou son conservatisme en termes de moeurs, de dogme, c'est tout de même un peu de son rôle de gardien du temple, précisément !


S'il remet l'anticléricalisme à la mode, c'est que notre monde a de plus en plus de mal à digérer ce conservatisme lorsqu'il provient de l'intérieur. Pour l'extérieur, c'est différent, la peur, l'hostilité sont exacerbées par la différence, ou au contraire muselées par peur d'être taxé de raciste.

Si le responsable international du Culte Antoiniste émet un avis sur le monde, ça n'intéresse personne. Mais le Pape, même les athées voudraient qu'il fasse des déclarations avec lesquelles ils puissent être en accord ! C'est étonnant, quand on y pense.

10. Le dimanche 31 décembre 2006 à , par Morloch

Pas très adroit en diplomatie, c'est le moins que l'on puisse dire. Ou alors, au contraire, très heureux de faire sentir que l'église catholique durcit ses positions. Quel est la part de calcul dans tout cela ?

Et tenir des positions catholiques ne devrait pas empêcher le respect d'un peu de morale chrétienne.

11. Le lundi 1 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

Quel est la part de calcul dans tout cela ?

Si calcul y a, il est mauvais. La dernière fois que j'ai assisté à une messe, c'était à la cathédrale de Bordeaux, et s'y trouvaient, un dimanche, vingt personnes passablement mûres. Ca fait déjà quelque temps.
Le catholicisme est très mal parti en Europe, et le retour du culte en latin ne fera guère revenir que moi dans les églises. :-)


Et tenir des positions catholiques ne devrait pas empêcher le respect d'un peu de morale chrétienne.

Je ne partage pas cette sensation de paradoxe.

La morale chrétienne, c'est un ensemble de valeurs assez précis, et que certaines soient généreuses n'empêche nullement qu'elle entend, comme tout bon monothéisme, faire oeuvre de prosélytisme. A partir de ce moment-là, être un peu offensif ou millénariste ne peut pas faire de mal.
Par ailleurs, que le pape n'aime pas les athées ou les musulmans, ça me semble assez normal - et pour tout dire assez sain. S'il vantait les mérites de la libre-pensée, nous pourrions nous faire encore plus de souci pour lui.

12. Le mardi 2 janvier 2007 à , par jdm

Ne vous en déplaise, Morloch, et, nihil obstat, je vous souhaite une bonne année, Benoît XVI, en promouvant par décret la messe en latin selon le rite de Pie V (même s’il n’y a jamais eu le moindre dépérissement : au temps de la dissidence de Mgr Lefèvre, qui créait sa propre église en nommant lui-même des évêques, le cardinal Lustiger avait dit une messe de cet ordre à Notre-Dame de Paris), est un humaniste qui contribue à restaurer l’apprentissage du latin par les jeunes et moins jeunes générations. Le latin est une langue universelle (catholique), comme il se manifeste à partir de la Finlande d’où l’on peut, chaque matin, lire le journal en latin sur http://ephemeris.alcuinus.net/ - ou bien pour ceux qui préfèrent écouter la radio, en latin, sur http://www.yleradio1.fi/nuntii/audi/ .
C’est de la liberté d’expression qu’il s’agit et je sais, David, que tu y attaches de l’importance. Vale.
En même temps, il ne faut pas négliger le wolof. Une messe en wolof, c’est très beau, et s’il y a un peu plus, on laisse. Sembene Ousmane m’a dit, un jour, qu’il était athée mais qu’il ne voyait pas en quoi les religions africaines étaient plus mauvaises que celles d’importation. Et pourquoi un arbre n’aurait-il pas une âme, pourquoi ne porterait-il pas l’Esprit ?
A tous, courez reprendre votre Gaffiot à la déchetterie et saluez le courage d’un pape qui sauve des emplois dans l’enseignement et redonne l’espérance dans les quartiers de haute insécurité.

13. Le mercredi 3 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

Quelle élégance dans le fiel. :-)

Oui, très sympathique station qu'il est bon de rappeler, avec un accent à couper au couteau très amusant (et séduisant), mais tout est parfaitement compréhensible, bel effort de diction, et le découpage en syllabe très rigoureux (i + voyelle scrupuleusement exécuté).

La prononciation employée n'est pas celle d'église, mais opportunément la prononciation restituée, qui est moins esthétique, mais a le mérite d'instaurer un standard - et évite la référence religieuse trop explicite.

Je regrette cependant vivement que l'accent qui y est employé (oui, ils accentuent aussi !) soit un accent d'intensité et non, comme on le devine, un accent de hauteur tel qu'il se pratiquait à l'origine. Déçu je suis.

Petite remarque technique : cette langue ne vaut pas un kopek (à l'oral), ces verbes principaux systématiquement à la fin de phrases interminables, c'est insupportable.

14. Le mercredi 3 janvier 2007 à , par jdm

‘Quelle élégance dans le fiel. :-)’
C’est trop, David, c’est trop (et tu aurais pu mieux saluer les commentaires d’Edf999 sur ton vrai site perso).

‘Oui, très sympathique station qu'il est bon de rappeler, avec un accent à couper au couteau’
Non, les ‘r’ sont ou sonnent comme ce qu’il y a de plus sûr dans la prononciation restituée (voir les ridicules précieuses de Molière, elles ne suppriment pas les ‘r’, elles les gomment.)

‘La prononciation employée n'est pas celle d'église’
Ce n’est pas la prononciation italienne, restons français et universels (catholiques).

‘Je regrette cependant vivement que l'accent qui y est employé (oui, ils accentuent aussi !) soit un accent d'intensité et non, comme on le devine, un accent de hauteur tel qu'il se pratiquait à l'origine. Déçu je suis.’
Tu chipotes. Traduire, bien, en latin, ‘des machinbidulistes ont fait exploser une voiture piégée dans une station de sports d’hiver des Alpes françaises’, c’est tout de même bien.

‘Petite remarque technique : cette langue ne vaut pas un kopek (à l'oral), ces verbes principaux systématiquement à la fin de phrases interminables, c'est insupportable.’
Du latin d’école, et l’école…

Et merci de nous avoir fait connaître ‘Dominus Iesus’. Chacun son ‘Sto’ :-]

‘C'est dur aujourd'hui peut-être
Demain ça sera vachement mieux’
Jacques Higelin, ‘Aujourd'hui la crise’

15. Le jeudi 4 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

"C’est trop, David, c’est trop (et tu aurais pu mieux saluer les commentaires d’Edf999 sur ton vrai site perso)."

Trop technique pour mon jeune homonyme.


"Non, les ‘r’ sont ou sonnent comme ce qu’il y a de plus sûr dans la prononciation restituée (voir les ridicules précieuses de Molière, elles ne suppriment pas les ‘r’, elles les gomment.)"
Les "r", je ne sais, mais les voyelles...

"Ce n’est pas la prononciation italienne, restons français et universels (catholiques)."
Ce n'est pas non plus la prononciation allemande ni française.

"Tu chipotes. Traduire, bien, en latin, ‘des machinbidulistes ont fait exploser une voiture piégée dans une station de sports d’hiver des Alpes françaises’, c’est tout de même bien."
Je te le concède ! C'est même admirable. Surtout lorsqu'il faut dire que l'AIEA s'est réunie à Tombouctou pour discuter des problèmes relatifs à la profusion du combustible nucléaire de type plutonium dans les centrales électriques de l'Iran. Allez donc convertir ça.
On dit comment, promotions sur les Game Boy sur Internet si vous avez l'ADSL et que vous souscrivez par courriel ?

16. Le jeudi 4 janvier 2007 à , par jdm

Game over, je déclare forfait. Il y a plus de 35 ans, oui 36, j'avais obtenu de rester un an à Paris pour mes débuts, dans un lycée proche du Panthéon, et je donnais chaque semaine, en thème latin, un billet de Robert Escarpit. Je ne le ferai(s) plus, c'est sûr. Je ne sais plus comment on traduit un trait d'union, et même si c'est trop technique, c'est aujourd'hui l'essentiel, n'est-ce pas ?
[private : as-tu reçu mon courrier ? un cimex est récemment apparu sur ce point avec un correspondant]

17. Le jeudi 4 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

Chapeau l'artiste ! ;) Persiste-t-il quelque trace de ces glorilleux exploits ?
Je serais fort curieux de les lire.


[Oui, ce genre de choses m'est arrivé aussi. Je vais aller vérifier, mais je ne l'ai pas relevé depuis quelque temps, donc tout est possible. :-) ]

18. Le vendredi 5 janvier 2007 à , par jdm

Les chefs-d'œuvre du passé sont bons pour le passé.

19. Le samedi 6 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

Si je partais de principes comme ça, je n'aurais plus qu'à fermer boutique, diable !

Les chefs-d'oeuvre du passé, s'ils proviennent de la même culture, a priori, ont toute leur place dans le présent.

Mauvaise réfutation, il faudra tenter une autre excuse.

20. Le samedi 6 janvier 2007 à , par jdm

Je n'ai pas mis les " ". Je sais que tu reconnais Antonin Artaud, son texte sur le théâtre, bien ancien, de Bali, et je ne me fendrai pas d'une traduction de la gamechose, parce que je n'achète rien en promotion, je n'ai jamais acheté de choseboy, l'adsl est tombé sur un mendum, je préfère cimex, à la campagne, il y en a de très belles (beaux), je ne connais pas le courriel, encore heureux que tu n'aies pas parlé de mél, sans quoi tu prenais une page de leçon sur l'étymologie de mail [courrier = (par métonymie) malle, abréviation de malle-poste, repiqué(e) par les Bretons d'outre-Manche] et tu dois bien savoir que je connais le lien d'Ockeghem à Ligeti.
Maintenant, je veux bien parler de Stockhausen.
Ou de Feng Shui.
[et ton courrier ?]
:-)

21. Le samedi 6 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

Je sais que tu reconnais Antonin Artaud, son texte sur le théâtre, bien ancien, de Bali,

Les arguments d'autorité ne prennent pas avec moi.


et je ne me fendrai pas d'une traduction de la gamechose, parce que je n'achète rien en promotion, je n'ai jamais acheté de choseboy, l'adsl est tombé sur un mendum, je préfère cimex, à la campagne, il y en a de très belles (beaux), je ne connais pas le courriel,

Et pourtant, je n'emploie guère que ce terme-là. "Mail" parfois, si je sens mon interlocuteur plus attaché à cette formulation-ci.

Je trouve courriel tout à fait délicieux, à la fois esthétique et assez explicite.


Sinon, le courrier électronique est bien arrivé à bon port, il est en instance de traitement avec la petite avalanche qui m'attendait. 8-)

22. Le dimanche 7 janvier 2007 à , par jdm

Un argument d'autorité ? Non. C'est peut-être une erreur, mais, que veux-tu, on ne prête qu'aux riches. Tu peux toujours demander un abattement.
Sur la question posée, ceci : je n'ai jamais gardé longtemps des cours, c'est pourquoi j'évoquais le Feng Shui, dans sa version vulgaire et "très tendance" ; quant aux examens, c'est fini. Il m'a été demandé un jour à quoi cela servait de vieillir. Je sais au moins à quoi sert la retraite : des arbres, des fleurs, des chats et une famille qui apprécie ma cuisine. Internet, un peu, encore qu'il y ait Hellzapoppin, diable, dirais-tu !
A bientôt.

23. Le lundi 8 janvier 2007 à , par jdm

Bonsoir David,
Je vois bien que tu es déçu et je ne veux pas te priver de commander tes petits jouets bénins chez les Finlandais ou au Vatican. Il me semblait que ta requête [‘On dit comment, promotions sur les Game Boy sur Internet si vous avez l'ADSL et que vous souscrivez par courriel ?‘] n’était pas appropriée à cette page. Totale repentance.

Electronici joculi qui liberos delectent parvo pretio licere interreti possunt. Quod aliter fieri non potest nisi quam celerrimo connexu ad illos joculos litteris electronicis emendos utere.

Amuse-toi bien.
Vale.

24. Le lundi 8 janvier 2007 à , par jdm

Et à bientôt peut-être sur Colloquia Latina de Nuntii Latini :-)

25. Le mardi 9 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

"Hellzapoppin"

Dieu merci, les moteurs de recherche ont leur mérite, je n'ai pas passé trente heures à chercher ce que c'était dans les encyclopédies des mythes littéraires pour faire bonne figure. :)


Je vois bien que tu es déçu et je ne veux pas te priver de commander tes petits jouets bénins chez les Finlandais ou au Vatican. Il me semblait que ta requête [‘On dit comment, promotions sur les Game Boy sur Internet si vous avez l'ADSL et que vous souscrivez par courriel ?‘] n’était pas appropriée à cette page. Totale repentance.

Electronici joculi qui liberos delectent parvo pretio licere interreti possunt. Quod aliter fieri non potest nisi quam celerrimo connexu ad illos joculos litteris electronicis emendos utere.

Epatant. :-) J'ignore si connexus est attesté en bas-latin, mais j'entendais par souscription une inscription sans obligation d'achat, bien sûr. Ca va, ça va, on ne chipote pas.

Merci pour la tranche de rire bien moelleuse de l'après-midi.

26. Le samedi 28 avril 2007 à , par Morloch

Dommage, j'aimais beaucoup ce film "The Others" (Les Autres) d'Alejandro Amenábar avec Nicole Kidman, mais Benoit XVI a de nouveau détruit mon émerveillement : tout celà est faux, les enfants morts sans baptême ne vont pas dans les limbes http://www.imdb.com/title/tt0230600/

La géographie de l'au-delà est redéfinie sur le rapport d'envoyés spéciaux du Vatican, quelle déception. Heureusement il me reste encore l'Exorciste, pourvu qu'il n'y ait pas de réformes dans le domaine :) Hollywood n'y survivrait pas :P

27. Le samedi 28 avril 2007 à , par DavidLeMarrec

Oui, Ouf en parlait tout récemment cette semaine, chez lui. ;-)

Je lui disais à ce propos que Dante donne des indications intéressantes sur le vidage progressif des Limbes. Les Anciens de l'avant-Rédemption sont progressivement reconduits, par ordre de mérite, par le Seigneur des Victoires (non pas Wotan mais le Christ, dont le nom est imprononçable aux Enfers : un Puissant, couronné du signe de la victoire). Ceci explique cela : il fallait du temps pour que les charters désengorgent le lieu.

Cela semblerait, à ce qu'en dit Virgile, avoir débuté au début de l'ère chrétienne :

Virgile rapporté par Dante :
[Virgilio] rispuose: «Io era nuovo in questo stato,
quando ci vidi venire un possente,
con segno di vittoria coronato.

Trasseci l'ombra del primo parente,
d'Abèl suo figlio e quella di Noè,
di Moïsè legista e ubidente;

Abraàm patrïarca e Davìd re,
Israèl con lo padre e co' suoi nati
e con Rachele, per cui tanto fé,

e altri molti, e feceli beati.
E vo' che sappi che, dinanzi ad essi,
spiriti umani non eran salvati ».


Cela dit, la nouvelle affirmation selon laquelle les non baptisés n'iraient pas dans les Limbres est parfaitement farfelue.

Ecco la prova fatale :

Lo buon maestro a me: «Tu non dimandi
che spiriti son questi che tu vedi?
Or vo' che sappi, innanzi che più andi,

ch'ei non peccaro; e s'elli hanno mercedi,
non basta, perché non ebber battesmo,
ch'è porta de la fede che tu credi »


Franchement, c'est bien la peine de rouler des mécaniques avec la FSSPX si c'est pour aboutir simultanément à l'apostasie...
Je m'avoue vaguement dégoûté, tiens.

28. Le samedi 28 avril 2007 à , par DavidLeMarrec

J'ai oublié de préciser la référence : Inferno, IV (qui traite du premier cercle).

29. Le vendredi 25 mai 2007 à , par Morloch

Les enfants morts sans baptême n'iront plus dans les limbes, ils iront donc droit en enfer avec les membres de gouvernements des pays dont la législation autorise l'avortement.

Enfin l'église catholique est dirigée par un digne sucesseur de Pie XII, suite à l'horrible parenthèse qu'ont représenté les anarcho-gauchistes nihilistes tels que Jean XXIII, Paul VI et Jean Paul II (je ne parlera même pas de Jean Paul dont l'élection a dû scandaliser Dieu en personne pour qu'il le rappelle si vite à lui).

En Amérique latine, Benoît XVI a pu exposer certains aspects de sa profonde pensée et montrer enfin qu'il était un homme de dialogue aux positions d'une infinie subtilité.

En effet, l'infaillible ex-nazi a averti les responsables politiques catholiques du Brésil qu'ils s'excommunieraient eux-mêmes en soutenant des lois autorisant l'avortement.

Interrogé ensuite pour savoir s'il soutenait les responsables de l'Eglise catholique au Mexique, qui ont menacé d'excommunier des députés de gauche qui ont voté le mois dernier en faveur de la légalisation de l'avortement à Mexico, Benoît XVI a répondu : "Oui, cette excommunication n'est pas arbitraire, elle est permise par la loi canonique qui dit que le meurtre d'un enfant innocent est incompatible avec la communion, qui consiste à recevoir le corps du Christ."

Pourtant, "mon royaume n'est pas de ce monde" avait dit il y a un certain temps un certain Monsieur Christ, Jésus de son prénom. Il est vrai que l'individu avait des prises de positions suspectes, lesquelles, je l'espère, sauront être corrigées par le subtil et pénétrant Benoït XVI.

30. Le vendredi 25 mai 2007 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Morloch !

Les enfants morts sans baptême n'iront plus dans les limbes, ils iront donc droit en enfer avec les membres de gouvernements des pays dont la législation autorise l'avortement.

Quelle époque nous vivons... Tout juste faudra-t-il déposer un permis de construire pour inclure les Limbes tout proches. Ou peut-être se contentera-t-on de préfab'. Tout ça pour faire des économies, cet Autre Monde me dégoûte.


Enfin l'église catholique est dirigée par un digne sucesseur de Pie XII, suite à l'horrible parenthèse qu'ont représenté les anarcho-gauchistes nihilistes tels que Jean XXIII, Paul VI et Jean Paul II (je ne parlera même pas de Jean Paul dont l'élection a dû scandaliser Dieu en personne pour qu'il le rappelle si vite à lui).

Justement, je me disais que l'Eglise tenait de plus en plus un discours qui avait totalement basculé à l'extrême-gauche, avec une haine de l'argent, de l'individualisme et du "matérialisme", un discours qui vire au postmarxisme mal digéré.
Enfin, je parle chez les officiants. Du côté du Vatican, c'est plutôt qu'on pousse plus loin la logique d'extrême-droite... Parce que cette haine de l'argent et cette négation de l'individu, le FN en est très loin.

Soit dit sans que ces étiquettes soient exclusives ou constituent un jugement de valeur, bien sûr.


En effet, l'infaillible ex-nazi

Oh non, pas ça ! (je vais une allergie, allez savoir pourquoi, aux procès en dénazification sur le tard)
A son âge, il n'avait certainement aucune latitude pour s'en extirper. Qui plus est en étant élevé dans cette atmosphère, il avait de grandes de chances de mal tourner.

- Qui a dit "en effet !" ? Elève Morloch, venez voir, un peu !


a averti les responsables politiques catholiques du Brésil qu'ils s'excommunieraient eux-mêmes en soutenant des lois autorisant l'avortement.

C'est une excellente initiative pour jauger la force de la foi des croyants et le nombre de grains de moutarde que nous dénombrons dans le monde (afin de circonvenir ces dangereux terroristes - vous vous rendez compte, les Pyrénées sur Paris !).


Je n'aime pas ta dernière allusion. Son Royaume n'est pas de ce monde, mais tu sais bien qu'Il ne viendra qu'une fois l'Apocalypse consommée. Qu'insinues-tu, impie !

31. Le vendredi 25 mai 2007 à , par Morloch

Alalala, quelle tristesse de voir que la fabuleuse richesse de ma pensée ainsi déformée et caricaturée par les médias. Trahi que je suis ! Benoit XVI, comme je te comprends !

Mais aussi, que pouvais-je attendre d'un support tel que CSS, avide de formules toutes faites et de titres à sensation ?

J'aime bien ce fil Benoît XVI. Il me semble que le personnage est bien parti pour donner matière à l'alimenter régulièrement. Quelle chance !

J'attends maitenant la refondation de la Très Sainte Inquisition et le rétablissement des bûchers de sorcières. Il n'y a plus d'animation digne de ce nom sur le parvis des Eglises. Au rythme où ça va, je ne devrais plus avoir trop à attendre, cinq ans, six ans ? Je m'impatiente...



32. Le vendredi 25 mai 2007 à , par DavidLeMarrec

Je plaide coupable pour les titres à sensation, et tu n'as encore rien vu.

Ce fil Benoît XVI était un peu destiné à ne pas tirer sur l'ambulance déjà chargée, initialement... Te rends-tu bien compte que tu nous tires insidieusement vers le lynchage érigé en système ?

L'Inquisition n'a jamais été exactement dissoute, mais plutôt commuée en Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui a fourni un emploi pendant quelques années à notre pasteur suprême. Et tu m'obliges à le souligner, avec ta perfide allusion...

Pour quoi va passer ce lieu de sérieux absolu ?

33. Le vendredi 25 mai 2007 à , par Morloch

Me voilà contraint d'opposer un démenti :


Justement, je me disais que l'Eglise tenait de plus en plus un discours qui avait totalement basculé à l'extrême-gauche, avec une haine de l'argent, de l'individualisme et du "matérialisme", un discours qui vire au postmarxisme mal digéré.
Enfin, je parle chez les officiants. Du côté du Vatican, c'est plutôt qu'on pousse plus loin la logique d'extrême-droite... Parce que cette haine de l'argent et cette négation de l'individu, le FN en est très loin.

Soit dit sans que ces étiquettes soient exclusives ou constituent un jugement de valeur, bien sûr.



Il y a peut-être un réel fossé entre les membres du clergé officiant et le Vatican. Je lirai les dernières encycliques, je ne connais pas toutes les positions de l'Eglise.

Le catholicisme, un nouvel alter-mondialisme ? :D

Intéressant à voir également, la Vie de Jésus telle que présentée par le Pape qui vient de paraître, je crois. Les connaissances sur cette époque ont beaucoup évolué depuis quelques années, je me demande comment Benoït XVI fait sa synthèse.

En effet, l'infaillible ex-nazi

Oh non, pas ça ! (je vais une allergie, allez savoir pourquoi, aux procès en dénazification sur le tard)
A son âge, il n'avait certainement aucune latitude pour s'en extirper. Qui plus est en étant élevé dans cette atmosphère, il avait de grandes de chances de mal tourner.

- Qui a dit "en effet !" ? Elève Morloch, venez voir, un peu !



J'avoue, j'ai honte :S Mais je crois que Benoit XVI n'a pas été un choix très heureux. Qu'on le veuille ou non, l'eglise catholique manie des symboles et alors que beaucoup de fidèles de par le monde attendaient une ouverture et espéraient un Pape non-européen, il y a un sentiment de frustration.

Bien entendu, ce serait absurde de revenir sur l'adolescence du Pape, et son engagement religieux même montre qu'il n'y a aucune ambiguïté sur ce point. Mais si son pontificat continue a être marqué par ce qui me semble être un durcissement des positions, voire une vraie attitude réac, et les médias ne manqueront pas de faire remonter tout cela à la lumière et opérer des raccourcis. Benoit XVI pourrait coûter cher à l'Eglise en termes d'image. En plus qu'il paraît fermé, par ses attitudes physiques et son visage, enfin cela est subjectif.

J'ai suivi d'un oeil ce voyage au Brésil et en Amérique Latine qui semble s'être mal passé. Comme tout européen moyen qui se respecte dans sa moyennitude, je suis les aventures du Pape dans les médias mais sans trop me rapprocher des églises.

Prises de position sur l'avortement et l'excommunication des dirigeants qui ont obligé le Président brésilien à rappeler que le pays avait inscrit la laïcité dans sa constitution, avec un enchaînement de Benoit XVI disant que l'Eglise catholique n'avait pas porté atteinte aux civilisations précolombiennes par son évangélisation de l'Amérique latine. Cette fois, c'est le subtil Pape qui a du se confondre en rectifications devant le tollé qu'il a provoqué (il faut dire qu'il a expliqué que les indiens avaient été " purifiés" par l'Evangélisation).

Bref, un voyage à ne pas marquer d'une pierre blanche, d'autant plus que les foules étaient plus clairsemées que ce qui était attendu - occupée qu'elle est à réfréner les adeptes de la théologie de la libération, l'Eglise catholique perd du terrain face aux évangélistes.

Si même l'Amérique Latine ne suit plus le Pape, où va t'on ?


34. Le vendredi 25 mai 2007 à , par DavidLeMarrec

Le catholicisme, un nouvel alter-mondialisme ? :D

C'est un peu à ça que je pensais, oui. Bien sûr, c'est plutôt à partir d'une idéologie de droite, mais avec des symptômes très gauchistes, en fin de compte, puisque ce n'est pas le protectionnisme ou la souveraineté, mais le refus de l'ordre injuste du monde, les récriminations contre les riches... Le protectionnisme ne valant que pour les plus hautes autorités qui conservent leur périmètre dogmatique à tout prix.


Intéressant à voir également, la Vie de Jésus telle que présentée par le Pape qui vient de paraître, je crois. Les connaissances sur cette époque ont beaucoup évolué depuis quelques années, je me demande comment Benoït XVI fait sa synthèse.

De toute façon, pour trouver un bouquin qui ne contredise pas l'autre sur le sujet, des mythistes aux croyants, l'écart est encore plus grand que pour l'abbé Saunière...

J'avoue, j'ai honte :S Mais je crois que Benoit XVI n'a pas été un choix très heureux.

Merci de ne pas remettre en cause la Providence et le Saint-Esprit, je ne tiens pas à avoir des problèmes devant la Haute Cour.


Qu'on le veuille ou non, l'eglise catholique manie des symboles et alors que beaucoup de fidèles de par le monde attendaient une ouverture et espéraient un Pape non-européen, il y a un sentiment de frustration.

Je ne suis pas si d'accord que ça avec cette vision des choses. Désormais, l'emprise de l'Eglise n'est plus que psychologique, les fidèles sont libres d'aller voir ailleurs s'ils estiment que l'Eglise ne leur correspond pas pleinement. Et ils ne se privent pas de le faire.
On ne peut pas reprocher à une religion de défendre ses dogmes. Tout au plus peut-être contester l'idée même de religion et de dogme, mais à ce compte-là, on n'est pas obligé de se limiter à Benedictus.


Benoit XVI pourrait coûter cher à l'Eglise en termes d'image.

Je ne veux pas jouer les Cassandre, mais l'Eglise catholique est très mal partie en Europe. Il faut dire aussi qu'à l'heure où le regard s'aiguise, où on exige plus de résultat partout, la médiocrité de nombreux prêches, voir le caractère hautement discutable de certains propos ne fidélisent pas la clientèle.
Je me souviens en particulier de "nous qui connaissons bien Jésus - pas comme ceux qui sont dehors", par l'archiprêtre de la cathédrale de Bordeaux, ou des lettres apocalyptiques de la Vierge (!) lues dans un village de campagne pour, nouveau curé de Cucugnan, ramener les absents à lui. L'orateur ne devait pas être fameux : les absents ne sont pas revenus, mais les présents non plus.

Et il existe tant de temps libre et de divertissements... aller s'ennuyer à la messe. A partir de cet instant le lien est rompu, et peut se désagréger lentement. Si on ne fait plus confiance au clergé, c'est qu'ils ne savent pas tout, donc la religion est questionnable, et c'en est fini.

C'est très sensible sur le nombre de catholiques déclarés qui croient en la réincarnation, doutent de l'existence de Dieu, voire ne croient pas en Dieu ! Et comme il n'existe plus de moyen de coercition, même pas la rumeur publique dans les villages, chacun fait son marché, ce qui ramène les religions à des faisceaux de croyances à customiser à l'envi.

Bref, dès que la population est éduquée et peu contrainte, c'est très mal parti.


J'ai suivi d'un oeil ce voyage au Brésil et en Amérique Latine qui semble s'être mal passé.

Attention tout de même. Les médias l'ont dit, mais il faut voir comme ils l'ont indûment lynché sur l'affaire de Ratisbonne. Je crois qu'ils n'auraient pas pu dire l'inverse.
Je n'en tire donc aucune conclusion.


Comme tout européen moyen qui se respecte dans sa moyennitude, je suis les aventures du Pape dans les médias mais sans trop me rapprocher des églises.

C'est un fait marquant que j'ai noté, et qui me semble amusant comme témoin d'une transition. Il n'existe plus guère de croyants bien orthodoxes dans nos contrées, et pourtant, si le pape dit quelque chose qui déplaît, beaucoup le prennent pour eux, comme une trahison !
Si une autre autorité religieuse entre en contradiction avec nos convictions propres, on l'ignore, on la blâme, mais on ne se sent pas intimement agressé. Il existe encore cette identification instinctive à la figure du croyant catholique même chez les mécréants de ton espèce, très étrange.


(il faut dire qu'il a expliqué que les indiens avaient été " purifiés" par l'Evangélisation).

C'était incontestablement maladroit, vu les politiques vaguement génocidaires des Conquistadors, mêlées ou non à la religion.


Si même l'Amérique Latine ne suit plus le Pape, où va t'on ?

Si ça continue, ça finira mal, on devra transformer le Vatican en musée.

35. Le lundi 15 juin 2009 à , par Jacques Cécius

Lorsque je lis ce qu'écrit Mordoch sur les enfants non baptisés envoyés directement en enfer, je me dis que j'ai rudement bien fait de quitter cette Eglise. Comment un Dieu bon pourrait-il punir des gosses parce qu'ils n'ont pas reçu un peu d'eau sur la tête ?
Que de délire chez ce Monsieur Mordoch !

36. Le lundi 15 juin 2009 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Jacques,

Tout système a besoin d'ordre, on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs. Par ailleurs, puisque Sa Sainteté a pris la liberté de dissoudre les Limbes, il faut bien qu'on fourgue les âmes non sauvées quelque part, sinon ce serait la panique, enfin !

En me fondant sur certaine Bible (que je traduis diligemment dans notre vernaculaire à votre intention), j'en déduis que le Seigneur des Victoires a dû bien boulonner depuis le XIVe siècle :

Il répondit : "J'étais nouveau en ces lieux
Lorsque je vis venir un seigneur puissant,
Couronné en signe de victoire.

Il emporta l'ombre du première père,
De son fils Abel et celle de Noé,
De Moïse le porteur de loi obéissant,

D'Abraham le patriarche et de David le roi,
Israël avec père et enfants,
Et avec Rachel, pour laquelle il fit tant,

Et de nombreux auitres, dont il fit des bienheureux.
Et je veux que tu saches qu'avant ceux-ci,
Les âmes humaines ne pouvaient être sauvées. "

On peut donc raisonnablement envisager que les enfants non baptisés aient tout simplement été progressivement transportés sur un nimbe volant, ou bien sur une civière cruciforme, vers les champs élyséens chrétiens - après une attente respectable bien entendu, un ou deux milliers de siècles n'ayant jamais fait de mal à personne.

--

Par ailleurs, il est douteux que Dieu soit réellement bon : pour avoir créé l'Univers et le maintenir en état, il faut bien un soupçon de goût pour l'ordre, et donc pour la répartition, l'autorité, l'organisation, la justice (ou l'injustice d'ailleurs). Toutes choses qui réclament que la bonté soit un peu mêlée d'autres vertus, qu'on n'est pas obligé au demeurant de trouver moins nobles.

C'est pourquoi Monsieur Morloch, en plus de manier avec un rare bonheur l'ironie légère que vous lui avez admirée, peut potentiellement se permettre de délirer : il est trop bon pour être Dieu.

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