Carnets sur sol

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mercredi 5 décembre 2012

Le Lied en français - XXIV - Einsamkeit (Winterreise n°12)


Enjeux

Dans le silence de ces dernières semaines, l'aventure n'a pas cessé. On arrive bientôt au terme, en ce qui concerne le Voyage d'hiver. Contrairement à d'autres dont la prosodie est particulièrement retorse pour la mise en français (« Die Wetterfahne », « Die Post »...), « Einsamkeit » ne présente pas de difficultés majeures. On s'en est tiré en dédoublant certaines valeurs, mais rien de profond, pas d'écueil particulier quant au naturel : la ligne vocale est assez mélodique, avec des accents de phrase forts, suffisamment espacés et pas trop réguliers pour gêner la mise en français.

Le principe reste le même : en raison de la nécessaire dislocation du mètre (a fortiori dans une langage plus analytique qu'accentuelle comme le français) par la musique, l'unité du vers tient dans la rime et non dans les syllabes, contre toute la tradition, mais avec un résultat à mon sens opérant (on a le droit de dire son désaccord). Par ailleurs, ceux qui respectent un mètre se sont en général, à l'exception de génies comme Victor Wilder (1,2,3,4,5), octroyé le droit de modifier sensiblement le contenu du poème, ce que je n'ai pas fait - ou ont commis de sacrées platitudes, mais je ne puis jurer m'en être garanti à mon tour.

En réalité, la véritable difficulté en respectant un mètre français est que la prosodie ne concorde jamais, au fil du poème, avec celle de l'original... De mon point de vue, mieux vaut un mètre libre (beaucoup d'adaptations adoptent de toute façon des mètres variables) qu'une prosodie boîteuse, surtout considérant que le mètre n'est plus vraiment audible une fois mis en musique. Hormis par le retour de rime, précisément.

--

Poème

Einsamkeit / Solitude

Wie eine trübe Wolke / Semblable au sombre nuage
Durch heit're Lüfte geht, / Chassé par l'air vivant et badin,
Wenn [1] in der Tanne Wipfel / Quand s'agitant d'un doux mirage
Ein mattes Lüftchen weht : / La brise étreint l'échine des sapins...

So zieh ich meine Straße / Ainsi me conduit mon voyage,
Dahin mit trägem Fuß, / Trébuchant de mes pieds traînants
Durch helles, frohes Leben, / A travers de joyeux visages,
Einsam und ohne Gruß. / Esseulé, sans mot consolant.

Ach, daß die Luft so ruhig ! / Ah, que les cieux sont calmes !
Ach, daß die Welt so licht ! / Combien l'espace resplendit !
Als noch die Stürme tobten, / Dans la tempête en alarmes,
War ich so elend nicht. / Je me sentains moins maudit !

Notes :
[1] « Wann » dans le texte original de Müller.

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Partition

Ne laissons pas la nouveauté et le désordre corrompre ce monde :

Suite de la notule.

David Le Marrec


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