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Vade mecum du spectateur au concert et à l'opéra

(Et la question des huées.)

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Encore tout récemment, CSS constatait le désarroi de spectateurs peu habitués, lors d'un Faust de Gounod - dont on n'a pas encore parlé ici.

Les maisons d'opéra seraient peut-être bien inspirées de laisser dans leur entrée, à disposition, un petit mode d'emploi avec quelques éléments utiles, des choses qu'on ne peut pas nécessairement deviner. Une FAQ, comme on dit sur la Toile.

CSS se met donc à contribution. Les commentaires sur des oublis ou des désaccords sont bienvenus.

Et si jamais une maison d'opéra souhaitait réutiliser ces indications d'une façon ou d'une autre, elle peut le faire sans mon autorisation, il s'agit tout bêtement d'une collection d'usages qui se veut utile.


Qui peut aller à l'Opéra ?

Question toute bête, qui ne se pose peut-être plus à celui qui a déjà franchi les portes - mais après tout, les amateurs d'architecture, ou les visiteurs à l'Office du Tourisme pourraient être intéressés par ce type de fascicule.

Parce qu'on ignore, pour certains, qu'aucune connaissance préalable n'est requise, qu'on ne risque pas le ridicule, et que les prix sont échelonnés de façon suffisamment progressive pour que toutes les bourses puissent s'y retrouver. Pour les moins de 26 ans et les chômeurs, voire pour des places de dernière minute, la plupart des théâtres proposent des prix extrêmement avantageux (c'est-à-dire de 5 à 10€).

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Quelles sont les règles vestimentaires ?

Le mieux est de se renseigner directement auprès du théâtre. Hors (rares) soirées de gala de toute façon réservées à des abonnés, en France, n'importe quelle tenue décente est admise. A moins de se présenter en maillot de bain, ce qui pourrait causer quelque perplexité au sein du personnel d'accueil, peu de chances de se faire refouler. Peut-être avec des nu-pieds, pour des raisons d'hygiène ? Pas de problème avec les T-shirts et les jeans, en tout cas.

Il n'est pas interdit non plus de 's'habiller'. Le noeud papillon fait tout de même très emprunté, désormais. Mais la cravate, qui selon les théâtres est devenue rare, n'a rien de ridicule, bien sûr. Elle tient juste très chaud.

CSS recommande tout de même plutôt une tenue confortable : il fait souvent chaud, ou bien une soufflerie (silencieuse) peut laisser échapper de l'air frais pas loin. Dans les vieux théâtres, peu de place aussi. En conséquence, une tenue facile à moduler et peu encombrante peut se révéler un avantage.

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Quand réserver ?

Selon la popularité des titres (on commence souvent avec des choses connues, accessibles ou familières), il vaut mieux s'y prendre tôt, dès l'ouverture des guichets. On peut aussi tenter quelques tarifs réduits de dernière minute. En cas d'épuisement des places proposées, des contingents sont souvent remis en vente, parfois le soir même. Ne pas hésiter à réessayer.

Ne pas se fier non plus à un coup de téléphone ou à l'interface internet : au guichet, il peut tout à fait rester des places. Il est toujours plus sûr de se déplacer.

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Est-ce qu'on voit bien de partout ?

Tout dépend des théâtres. Dans les théâtres « à l’italienne », c'est-à-dire en rotonde, mieux vaut être placé au parterre (« à l'orchestre »), ou de face (y compris haut, peu importe, si l'on n'a pas le vertige - mais attention aux surtitres, qui peuvent être masqués par le lustre). Les premiers rangs sont toujours meilleurs, surtout si l'on est de relativement petite taille, c'est l'évidence. [Attention aussi aux colonnes au Châtelet...]

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Est-ce qu'on entend bien de partout ?

En général, oui. Le son est généralement très bon même tout en haut dans les salles anciennes, où il est excellent. Dans les baignoires, il peut être agréablement amplifié de la même façon. Ce sera surtout de côté que la résonance peut arriver indirectement et un peu dénaturée (pour les voix uniquement).

Dans les salles modernes, dont certaines sont mal conçues, mieux vaut être soit très près (ce qui est généralement difficile), soit proche des parois, où sont placés des blocs réverbérants. Eviter, dans le doute, d'être trop loin de la scène.

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Et si l'opéra est en langue étrangère ?

Il est bien sûr possible de lire une traduction du livret (le texte de la pièce) auparavant (généralement disponible avec le disque, on peut emprunter ça en médiathèque). Cependant la plupart des maisons d'opéra disposent d'un système de surtitrage qui permet de suivre pas à pas le texte en traduction française. Attention à se placer sans avoir le lustre devant le surtitrage, ne pas hésiter à demander au moment de réserver les places.

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Est-ce que ça ressemble vraiment au livret ?

Attention, pas forcément. Actuellement, selon les théâtres et les mises en scène, les transpositions sont fréquentes, ce qui signifie qu'on peut assister aux Dialogues des Carmélites avec des danseuses nues dans un lupanar de la banlieue varsovienne des années vingt. Mieux vaut se renseigner sur le metteur en scène auparavant, regarder les photos de la production ou de ses précédents travaux (facile avec internet), ou bien se préparer à tout, stoïquement.
Sur le néophyte, ce peut faire une impression très néfaste si l'on n'et pas prévenu.

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Comment est la musique ?

Ici aussi, attention, on compose de l'opéra de 1599 à nos jours, et dans des styles très différents. Les oeuvres récentes, en particulier, peuvent dérouter le public novice. Tout ne ressemble pas, loin s'en faut, aux oeuvres les plus connues. Ici aussi, il est facile de se renseigner en allant écouter des extraits sur Amazon, on voit vite le type de musique dont il s'agit, ou mieux encore, en empruntant un disque à la médiathèque.

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Comment se préparer ?

Difficile de conseiller sur ce point. On peut préférer préparer sa soirée pour tout comprendre : bien lire le texte, des commentaires, écouter plusieurs fois la musique. Ou au contraire se laisser surprendre par l'intrigue et la musique le soir même. Il faut se connaître un peu et savoir si l'on peut apprécier d'un seul coup quelque chose de différent.
Cela dépend aussi de la difficulté des oeuvres : pas besoin d'une grosse préparation pour un Mozart comme Don Giovanni ou Le Nozze, qui sont des débuts accessibles. Pour du Richard Strauss, il vaut peut-être mieux se faire une idée auparavant.

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Comment se comporter dans la salle ?

Comme dans la vraie vie : avec mesure et courtoisie. On peut toujours rappeler quelques points auxquels les plus novices ne penseraient nécessairement pas à temps - mais d'expérience, ce n'est pas avec eux que l'on rencontre fréquemment ce type de chose.

Bien sûr, on s'en doute, ne pas laisser le portable allumé, même en position "vibreur", ne pas feuilleter bruyamment son programme, ne pas porter de grands chapeaux qui masquent la scène, ne pas étendre ses coudes sur son voisin, et ne pas ronfler si on dort.

D'autres évidences paraissent moins intégrées par une frange du public. Sortir les bonbons de leur emballage avant la représentation - l'air de rien, ils sont très sonores. Ne pas taper du pied, même sur les musiques les plus entraînantes : la vibration se communique de façon incommodante aux voisins, et très loin.

A noter : les hôtesses n'acceptent pas le pourboire des ouvreuses des cinémas de l'ancien temps. Inutile de les mettre dans la gêne, elles n'ont pas le droit d'accepter. On peut avantageusement remplacer par un petit remerciement gentil.

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Et en cas de retard ?

Les spectacles commencent à heure plus ou moins fixe, mais rarement plus de cinq minutes après l'heure dite (et souvent moins). En cas de retard, il reste possible d'entrer lors d'une pause, éventuellement à une autre place, ou à l'entracte. Avec, dans certains cas, la possibilité de suivre le spectacle sur un écran en attendant.

Donc inutile de rentrer chez soi en cas de retard, il est toujours possible d'en voir un morceau.

Evidemment, il faut entrer en principe avant l'extinction des lumières pour ne pas déranger les autres spectateurs, et jamais après le début de la musique...

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Comment réagir au spectacle ?

C'est la partie la plus intéressante et la moins évidente pour le néophyte. Ces réactions sont codifiées, et les connaître permet ensuite d'y évoluer en toute liberté, sans crainte de mal faire.

Pour manifester son approbation, ce n'est pas une découverte, il est d'usage de taper dans ses mains - ce qu'on appelle applaudir, en somme - si, si. Il n'est en rien une obligation d'applaudir si l'on n'est pas satisfait. A l'inverse, il est tout à fait permis de brailler des bravo, y compris avec l'accent français, si l'on est enthousiaste.

Pour les huées, la question est délicate et âprement débattue. Certains les jugent nécessaires pour exprimer une palette d'expressions qui comprenne la désapprobation. D'autres les jugent possibles mais extrêmement discourtoises et violentes. D'autres enfin les jugent arrogantes et illégitimes. (L'avis de CSS se situerait quelque part dans la deuxième proposition.)
Le problème de la huée est tout de même, outre sa violence, la grande imprécision de son propos. Qui est visé ? Pour quel message ? [Voir note de bas de page...]
Dans le doute, en tant que néophyte, on peut s'abstenir, ça évite des bévues (et d'entrer dans le débat).

La question essentielle vient :

Quand applaudir ?

a) Au concert (musique symphonique, musique de chambre, mélodie et lied...).
Il est d'usage de ne pas applaudir avant la fin d'une oeuvre entière, afin de ne pas briser sa progression et ses contrastes. Aussi, dans le cadre d'une symphonie en quatre mouvements, d'un quatuor, d'un groupe de mélodies du même compositeur, d'un cycle de lieder, on n'applaudit qu'à la fin, même si les musiciens s'interrompent, voire se réaccordent (ce que les lutins détestent au demeurant).
Applaudir entre les mouvements n'est pas un crime de lèse-majesté (au pire, quelques "chut !" agacés fusent, s'il y a suffisamment d'habitués un peu ronchons dans la salle), mais il gêne le public qui aime bien avoir sa pièce dans la continuité et ne plaît pas trop aux musiciens. (Dans un cycle de lieder, en revanche, on risque le lynchage, soyez vigilants.)
En tout cas, on n'applaudit jamais pendant la musique. Bref, mieux vaut attendre de voir. Inutile de se précipiter alors qu'il reste un mouvement ou, pire, que cette interruption prévue par le compositeur se trouve au coeur d'un mouvement. Même enthousiaste, on attend un peu et on jauge la réaction des autres, c'est plus sûr.

b) A l'opéra.
L'opéra, sur les mêmes principes, connaît quelques exceptions. La règle générale est d'applaudir à la fin de chaque acte (sauf pour le premier acte de Parsifal à Bayreuth, folklore local oblige). Et plus longuement à la fin de l'oeuvre tout entière. Néanmoins, on peut rencontrer quelques entorses :
- Il est possible d'applaudir à la fin d'une pièce isolée (généralement un air, un choeur, un ballet) qu'on a trouvée particulièrement réussie. Il n'est pas toujours facile de bien se caler entre la fin de la pièce et l'enchaînement de la suite, parfois immédiat selon le chef. [A titre purement personnel, j'ai horreur qu'on brise le drame, et je ne saurais donc trop recommander la parcimonie en cas de doute, de façon à ne jamais couvrir la musique. La phrase baroquisante qui suit Salut, demeure chaste et pure dans le Faust de Gounod est absolument délicieuse, et trop souvent couverte par des restes de bravi.] Inutile en revanche de le faire systématiquement après chaque air, surtout dans un opéra seria (constitué tout entier d'une alternance d'airs et de récitatifs, soit une trentaine d'airs...). C'en est même fatigant pour les spectateurs qui applaudissent.
- Dans certaines maisons d'opéra (le Met de New York en particulier), il peut advenir qu'on applaudisse (de moins en moins au fil des années) les entrées des stars ou même les décors (cela se fait aussi de temps à autre pour les opérettes en province). Ce n'est pas franchement de bon goût et peut incommoder les autres spectateurs. Par prudence, CSS recommande donc plutôt de s'abstenir sur ce point.

Dans tous les cas de figure, il faut bien prendre garde à ne pas applaudir sur la musique. C'est-à-dire attendre que l'orchestre ait fini de jouer et non pas simplement que le soliste ou le chanteur lève les bras pendant la ritournelle finale. Jamais de précipitation, les morceaux peuvent réserver des surprises.
Pour tout un chacun, il est plus agréable de laisser s'éteindre la résonance dans la salle, c'est-à-dire de ne commencer à applaudir qu'après quelques secondes de silence.

A ne pas faire :
- Applaudir un aigu au milieu d'une pièce.
- Sur une fin vive et enthousiasmante, applaudir en cachant la clausule orchestrale.
- Applaudir à l'instant où la dernière note se relâche.

Le comble du mauvais goût est d'applaudir juste sur la dernière note, de façon à montrer à toute la salle qu'on connaît l'oeuvre (particulièrement si elle est atonale ou difficile). C'est d'une grossièreté sans nom.

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Conclusion

Avec cela, en principe, on peut se rendre au concert sans risque de mal faire. Tant qu'on ne se manifeste pas pendant la musique (pas de bavardages pendant l'ouverture ou le prélude, par conséquent), pas de possibilité de se montrer déplacé.

On pourrait avec profit adjoindre à cela une petite présentation de la nature et des enjeux du genre opéra, mais ce serait un peu long pour aujourd'hui.

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Note : signification et typologie des huées

Quelques possibles (pour la plupart vécus) dans la signification des huées, qui attestent de leur difficulté à exprimer quelque chose de précis.

Confessions de hueurs anonymes.

- Je hue parce que je pense que ce rôle n'est pas pour cet excellent chanteur.
- Je hue parce que c'est moins bien que mon disque donc c'est nul.
- Je hue parce qu'il y a eu un décalage à la 323892e mesure du Rosenkavalier, une oeuvre facile en plus.
- Je hue parce que la mise en scène ne ressemble pas à celle du Met.
- Je hue parce que la mise en scène ne bouge pas assez, ça ressemble trop à celle du Met.
- Je hue parce qu'il y a du retard et que je vais rentrer à quelle heure moi.
- Je hue parce que j'aime bien passer à la radio.
- Je hue parce que le contre-ut était un peu tiré.
- Je hue parce que je n'ai rien compris à la musique et que c'est donc qu'elle est mauvaise.
- Je hue parce que les places de Mortier sont chères, qu'il fait dans la provoc' et que je regrette mon argent.
- Je hue parce que je n'ai pas de salle suffisamment vaste pour mettre en pratique mes cours de chant. D'ailleurs, des fois, je crie "ahhhh" (très ouvert).
- Je hue parce que j'adore ce chanteur et que je veux rester sur un bon souvenir de lui avant qu'il ne vieillisse.
- Je hue parce que le chef va partir et que j'aime beaucoup ce qu'il fait, pour lui dire qu'il a tort.
- Je hue parce que j'ai peur dans le noir.

On pourrait poursuivre longtemps. On doit pouvoir classifier tout cela entre hueurs instinctifs (un détail qui a cloché, une attente que ce soit comme au disque) et hueurs analytiques (faire passer un message sur la distribution, l'âge des chanteurs, le choix des metteurs en scène)...
Bien sûr, il y a aussi un autre clivage entre hueurs spontanés (pour exprimer leur avis) et hueurs d'apparat (pour poser leur avis).

Ces deux paradigmes peuvent avantageusement se croiser.


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Commentaires

1. Le dimanche 30 mars 2008 à , par [ Ben ] :: site

Super article, bravo ! Et sans doute bien utile pour beaucoup. On dit toujours qu'il faut casser le mythe de la soirée réservée à l'élite qui s'y connait, mais là au moins tout est expliqué !!

Clin d'oeil à l'applaudissement occasionnel des décors... j'ai effectivement découvert cela lors de mon passage au Met avec Carmen - et ai été surpris -, il faut dire que c'était somptueux !

Merci aussi à ces précisions sur les horribles applaudissements avant que l'orchestre n'ait fini l'acte à l'opéra (malheureusement... c'est immanquablement le cas à chaque fois...), ou encore pour ceux qui cassent le suspens de la fin d'un beau mouvement lent... j'ai d'affreux souvenirs d'un récital de Philippe Jaroussky.

2. Le dimanche 30 mars 2008 à , par Vartan

Merci David. Maintenant je n'aurais plus aucune retenue à huer à tort et à raison (parce que la mise en scène ressemble trop à celle du Met).

Mais deux questions encore pour les lutins:
- que huer ? Quels noms d'oiseaux est-il approprié d'utiliser dans un tel lieu ? Comment se démarquer du vulgaire hueur spontané ou d'apparat ? Des idées je t'en prie, j'ai encore quelques représentations à aller saluer d'ici la fin de la saison...
- Que boire après le spectacle ? Que souper ?

3. Le dimanche 30 mars 2008 à , par Morloch

Il en manque certainement :

" - Je hue parce que j'ai entendu quelqu'un d'autre huer et je veux montrer que je peux le faire aussi bien que lui."
" - Je hue parce que j'ai confondu deux chanteurs mais ce n'est pas très grave car tout le monde a bien compris à qui cela s'adressait."

4. Le dimanche 30 mars 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Bienvenue pour ce premier commentaire, Ben !

Oui, j'y pensais depuis longtemps, et en voyant le public paumé applaudir l'air de Valentin mais pas le Veau d'or, je me suis dit qu'un fascicule à l'entrée des théâtres en décomplexerait beaucoup - et éviterait aux habitués des déconvenues.

J'ai écrit hier à l'Opéra de Bordeaux pour leur suggérer de mettre en place quelque chose de ce genre. Tout en leur proposant de leur servir de nègre si vraiment ils n'ont pas un paumé sous la main qui ait le temps d'écrire ces quatre lignes. Nous verrons bien.

Au récital de Jérôme Varnier vendredi midi, les Don Quichotte à Dulcinée, interprétés avec une profondeur hors du commun, se trouvaient entrecoupés d'applaudissements, on perdait en intensité. Avec un simple mot au début du spectacle pour expliquer les usages, tout le monde est content : le novice peut réagir avec naturel, et l'habitué s'épargne des récriminations silencieuses.
(On a bien sûr eu droit aux applaudissements entre les deux parties de la chanson à boire...)

Oui, j'ai lu chez toi que tu avais aimé les décors du Met. Je crois que j'aurais pris peur, moi, mais c'est agréable pour un premier contact visuel avec l'oeuvre, c'est sûr. C'est aussi pour ça qu'il faut prévenir.


Clin d'oeil à l'applaudissement occasionnel des décors... j'ai effectivement découvert cela lors de mon passage au Met avec Carmen - et ai été surpris -, il faut dire que c'était somptueux !

Il y avait aussi, au moins jusque dans les années soixante-dix, les applaudissements de stars, qui couvraient la plupart du temps le début de leurs interventions - sans parler des répliques précédentes pour les pauvres partenaires...


Merci aussi à ces précisions sur les horribles applaudissements avant que l'orchestre n'ait fini l'acte à l'opéra (malheureusement... c'est immanquablement le cas à chaque fois...), ou encore pour ceux qui cassent le suspens de la fin d'un beau mouvement lent... j'ai d'affreux souvenirs d'un récital de Philippe Jaroussky.

Vive la musique contemporaine ! Comme personne ne sait quand ça finit et que tout le monde roupille (il n'y a personne dans la salle de toute façon), on évite les fins couvertes par les bravi. Encore qu'il y ait toujours un pimpin pour crier sur la dernière note afin de bien montrer que lui il connaît l'oeuvre... (La pire version des mélomanes de catégorie 6.

5. Le dimanche 30 mars 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Oui, Vartan, il faudra quand même te calmer sur les huées, tu vas te faire repérer à force. Dès que la soprane force un peu trop un contre-mi bémol, tout de suite tu vocifères...

- que huer ? Quels noms d'oiseaux est-il approprié d'utiliser dans un tel lieu ? Comment se démarquer du vulgaire hueur spontané ou d'apparat ? Des idées je t'en prie, j'ai encore quelques représentations à aller saluer d'ici la fin de la saison...

Généralement, on se limite, par décence, à l'une des voyelles les moins sonores : [ou]. Mais on peut également personnaliser les huées.

A Hervé Niquet :
- Et le prologue ?
A Birgit Nilsson :
- Et les consonnes ?
Au Met :
- Espèce de Schenk !
A Bordeaux :
- Tu sens le sauvignon !

Il peut arriver que l'intéressé réponde. Dans le cas d'Hervé Niquet, la réplique, richement argumentée, est demeurée célèbre : "Et ta soeur ?".


- Que boire après le spectacle ? Que souper ?

Personnellement, j'avoue que je m'en fiche assez, parce que si un spectacle ou une exposition m'intéresse, je peux sauter à la corde toute la journée sans en éprouver le moindre déplaisir. Néanmoins, il faut bien reconnaître que trouver le restaurant ouvert après (ou même avant) l'opéra s'apparente assez à une quête de type graalistique. Le véritable tourment des amateurs d'opéra (souvent des goinfres notoires) est bien là.

En plus, à Bordeaux, le Café des Arts vient de changer de propriétaire et ne sert plus aussi tard. Il ne reste quasiment plus rien. En tout cas rien à proximité... à part Quick... Mais le contraste esthétique est un peu fort.


Tu nous raconteras combien de chanteurs tu vas encore faire fondre en larmes la prochaine fois, hein ? [/ou]

6. Le dimanche 30 mars 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Merci Morloch, ça sent terriblement le vécu, surtout pour la seconde. <]:o)

7. Le dimanche 30 mars 2008 à , par Vartan

Merci infiniment pour ces quelques indications qui devraient me permettre d'improviser en fonction de la distribution. Il n'est pas nécessaire j'imagine, pour huer avec intelligence, de s'intéresser à la représentation elle-même, seuls quelques solides a priori sont utiles en pareille circonstance.

8. Le dimanche 30 mars 2008 à , par Morloch

Tu peux aussi hurler le nom du compositeur, ça fait son effet. Si tu te trompes de compositeur, je ne pense pas que cela soit dramatique, la critique paraîtra d'autant plus forte.

9. Le dimanche 30 mars 2008 à , par Xavier

Attention pour l'histoire du pourboire, au TCE les hôtesses l'exigent avec insistance voire mépris.

10. Le dimanche 30 mars 2008 à , par Kia

Moi, lorsque j'ai commencé à fréquenter les salles de concerts, j'avais trouvé le moyen idéal pour s'en sortir avec ces histoires...
En fait, je n'applaudissait jamais, comme ça j'évitais la bourde qui aurait concentré tous les regards sur ma personne et en prime je passais pour un grand blasé qui au milieu des veaux qui applaudissent, a lui seul compris que la pitoyable performance des interprètes ne méritait pas que l'on s'abime les mains (ne pas oublier avec le regard bien hautain)

11. Le dimanche 30 mars 2008 à , par Jean-Charles

David, juste un point à la lumière des tentatives que j'ai opérées et des anecdotes qu'on m'a racontées.
Je ne suis pas d'accord quand tu dis que Mozart serait plus facile que Strauss pour le débutant.
Don Giovanni et les Noces paraissent longs (ne parlons pas de Cosi...), mais la Flûte avec son côté magique marche beaucoup mieux.
A l'inverse Elektra ne laisse aucun répit et provoque une formidable adhésion, Salomé marche bien (la scène finale est saisissante), on m'a parlé de Capriccio aussi.

Puccini passe très bien aussi mais ça tu t'en doutais.

Les deux choses qui gênent le plus sont la langue (quoique Carmen et Pelléas paraissent ridicules au débutant) et la longueur ("quoi, ça dure 3h ?").

12. Le dimanche 30 mars 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Que de réactions ! Et évidemment que des habitués. :-)


Merci Xavier, je croyais que c'était dans le contrat des hôtesses un peu partout. Intéressant.

Oui, Kia, tu ne m'étonnes qu'à moitié... on reconnaît bien là ton terrible ascendant manipulatoire, qui m'aurait jeté dans l'éternelle opprobre aujourd'hui même si je ne disposais des superpouvoirs que tu sais... 8)


Aïe, aïe, Jean-Charles, si on commence à débattre sur la meilleure initiation ! Ca dépend vraiment des profils. Ce à quoi la personne est le plus sensible (voix, théâtre, musique), d'où elle vient (chanson, rock alternatif, classique instrumental, musique contemporaine...).
Je voulais juste dire, dans mon allusion - mais c'était allusif en effet - que Richard Strauss nécessite un certain arrière-plan culturel, aussi bien pour les livrets que pour la musique. Quelqu'un qui n'a jamais entendu que Brel ou Mozart sera extrêmement dérouté, voire très mal à l'aise.
En revanche, quelqu'un habitué au travail de textures dans le domaine du postrock risque trouver une oeuvre plus régulière un peu ennuyeuse.

Così est difficile pour un début de toute façon, oui. Capriccio pour une initiation, c'est vraiment du pot, et dans une très belle mise en scène assurément.

La langue, oui, est un obstacle, mais plus pour le français que pour les langues étrangères en fin de compte. Et à plus forte raison si ce n'est pas surtitré...

Bref, je ne ferais surtout pas de recommandation universelle. Ensuite, il y a des associations qui marchent bien. Un amateur de Debussy instrumental qui veut se mettre à Wagner a tout intérêt à se lancer dans Tristan. A l'inverse, pour un mozartien ou un verdien, le Hollandais est plus à portée.
Et même dans ces cas, on a souvent des surprises.


Merci à tous, et bonne soirée !

13. Le lundi 31 mars 2008 à , par Laurent :: site

Excellent billet ! Il y a quelques “FAQ” de ce type sur les sites de maisons américaines d’opéra ou de concert… mais elles sont bien moins spirituelles.

Il n'y a qu'un conseil qui me paraît difficile à mettre en œuvre : ne pas ronfler lorsque l’on dort. Sauf à ne sortir qu’accompagné d’un compagnon ou d’une compagne qui s’engagerait à ne pas s’endormir afin de nous surveiller…

Les applaudissements pour le décor ou pour les stars n’existent pas qu’un Met. C’est peut-être un peu plus fréquent au théâtre non musical qu’à l’opéra… et je ne les trouve pas illégitimes (surtout pour le décor).

Sur le pourboire, effectivement, attention aux maisons où les ouvreuses pratiquent l’extorsion, comme au Théâtre des Champs-Élysées.

Les applaudissements qui arrivent trop tôt sont la plaie la plus douloureuse de l’opéra aujourd’hui. Et les metteurs en scène ne font qu’aggraver le phénomène lorsqu’ils commencent à faire tomber le rideau alors que l’orchestre est loin d’avoir terminé. (Un “noir” soudain est tellement plus efficace…) Malheureusement, 80% du public d’opéra se fiche éperdument de l’orchestre.

J’ai vu un public (à Londres) applaudir entre les “Wesendonck Lieder”. Je n’ai pas trouvé cela scandaleux, et personne ne s’en est offensé.

Il manque une rubrique : il est particulièrement discourtois de quitter la salle alors que les comédiens / chanteurs / musiciens sont en train de saluer. Ils viennent de suer sang et eau pendant trois heures pour essayer de nous donner du plaisir ; on peut bien tenir le coup cinq minutes de plus avant de se précipiter aux toilettes (ou sur la file de taxis). On n’est pas tenu d’applaudir si l’on n’a pas apprécié, mais leur tourner le dos me semble le comble de la rustrerie.

Dernier conseil : il y a encore quelques maisons où l’on se fait remarquer si l’on arrive en jeans et t-shirt… même si cela ne m’arrête pas. C’est le cas, notamment à Munich et un peu aussi à Vienne.

14. Le lundi 31 mars 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Bonjour Laurent !

Il n'y a qu'un conseil qui me paraît difficile à mettre en œuvre : ne pas ronfler lorsque l’on dort. Sauf à ne sortir qu’accompagné d’un compagnon ou d’une compagne qui s’engagerait à ne pas s’endormir afin de nous surveiller…

Evidemment, ça sous-entend qu'on prend ses précautions : pas de confit une demi-heure avant Parsifal, un accompagnateur si possible doté de coudes pointus, et un petit café préalable si nécessaire. Une fois endormi, c'est le genre de chose plus difficile à contrôler.


Les applaudissements pour le décor ou pour les stars n’existent pas qu’un Met. C’est peut-être un peu plus fréquent au théâtre non musical qu’à l’opéra… et je ne les trouve pas illégitimes (surtout pour le décor).

Ca se fait aussi pour l'opérette en province, mais pour le théâtre parlé, je ne l'ai jamais vu. Peut-être parce que ce que je vais voir n'est pas franchement spectaculaire ?

Je ne trouve pas ça illégitime (encore que ce soit souvent le triomphe du kitsch), mais pas sur la musique, de grâce ! Que le décorateur vienne saluer (et soit annoncé comme tel pour pouvoir être applaudi), ça ne me choque pas le moins du monde, bien évidemment. Surtout lorsque, comme au Met, c'est bien lui le véritable concepteur visuel du spectacle...


Les applaudissements qui arrivent trop tôt sont la plaie la plus douloureuse de l’opéra aujourd’hui. Et les metteurs en scène ne font qu’aggraver le phénomène lorsqu’ils commencent à faire tomber le rideau alors que l’orchestre est loin d’avoir terminé. (Un “noir” soudain est tellement plus efficace…)

Oui, c'est un mauvais signal, mais j'aime beaucoup cette façon de faire, de nous plonger dans un entre-deux : attention, ce n'est que du théâtre, mais émotionnellement, on y est encore.
Fatalement, ça excite les applaudissements.


Malheureusement, 80% du public d’opéra se fiche éperdument de l’orchestre.

Je crois qu'il y a surtout beaucoup de méconnaissance des codes, et lorsque les chanteurs lèvent les bras à la fin d'un grand air, ce n'est pas très fair play non plus.
Mais effectivement, suivant le type d'oeuvre, le public est essentiellement réceptif aux voix (voire aux timbres et aux aigus).


J’ai vu un public (à Londres) applaudir entre les “Wesendonck Lieder”. Je n’ai pas trouvé cela scandaleux, et personne ne s’en est offensé.

Non, ce n'est pas scandaleux du tout. C'est juste que ce n'est pas l'usage et qu'il suffit de se mettre d'accord au préalable pour éviter les batailles rangées. Il me semble que le fait d'interrompre fait perdre de la force à l'ensemble.


Il manque une rubrique : il est particulièrement discourtois de quitter la salle alors que les comédiens / chanteurs / musiciens sont en train de saluer. Ils viennent de suer sang et eau pendant trois heures pour essayer de nous donner du plaisir ; on peut bien tenir le coup cinq minutes de plus avant de se précipiter aux toilettes (ou sur la file de taxis). On n’est pas tenu d’applaudir si l’on n’a pas apprécié, mais leur tourner le dos me semble le comble de la rustrerie.

J'ai hésité à le mettre. Parce qu'en l'occurrence, je crains que ce ne soit pas de la méconnaissance, mais plutôt de l'indifférence...
Et puis, si on a vraiment détesté, on peut éventuellement le faire savoir comme cela.

Ce serait d'ailleurs un moyen plus doux de remplacer les huées, si dans les faits ce n'était pas le fait de gens qui ont aimé le spectacle mais qui veulent par-dessus tout être les premiers aux vestiaires. :)


Dernier conseil : il y a encore quelques maisons où l’on se fait remarquer si l’on arrive en jeans et t-shirt… même si cela ne m’arrête pas. C’est le cas, notamment à Munich et un peu aussi à Vienne.

Tout à fait, c'est pourquoi je recommande de toujours s'informer sur les usages. Il y a même des théâtres où une tenue trop relâchée interdit l'entrée, je pense. Je croyais que c'était le cas au Staatsoper de Vienne.


Merci pour toutes ces idées, effectivement il faudrait ajouter quelque chose sur le fait de se lever pendant les saluts tant que la lumière n'est pas rallumée.

15. Le lundi 31 mars 2008 à , par sk†ns

Alagna rules, too.
La prochaine fois, il devra d'ailleurs s'équiper d'un RPG (pas un HPG, hein, même si c'est à peu près le même calibre).

16. Le lundi 31 mars 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Ce calibre-là n'est autorisé que chez les catholiques genevois, navré.

17. Le lundi 31 mars 2008 à , par sk†ns

Ah, passqu'ici, c'est les hanbalites bordelais ?

Anayway, les truc du « Catholic and homosexual Py » ça « fell flat », mais c'est quand même « an experiment appreciated by spectators if less so by critics », ce qui demeure l'essentiel.

En tous, cas, ta petite note est rigoureusement drôle et récréative – finalement, on peut se dire que les filactères géants des supporters du PSG, c'est de la gnognotte à côté.

18. Le lundi 31 mars 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Effectivement, certains spectateurs d'opéra sont rigoureusement infréquentables. Et s'ils ne cognent pas, ils n'en font pas moins de dégâts.
Cela dit, ils ne peuplent pas les salles et ne se déplacent pas en cars, jusqu'à preuve du contraire - à moins d'être américains et meyerbeeriens, mais ceux-là sont des gens bien.

Pour Py, j'aurais du mal à émettre un avis, je n'ai vu que des photographies de ses productions. En tout état de cause, à ce que l'on en a dit, côté provocation pour ce Tannhäuser, il n'y avait pas de quoi fouetter une domina (c'est interdit de toute façon).

19. Le mercredi 2 avril 2008 à , par Eragny

Beau billet, David !

Le noeud-papillon fait peut être emprunté, mais alors qu'est ce que j'aime le porter !
Et sinon, je suis toujours frustré quand on applaudit directement à la fin de l'oeuvre. Ce que j'adore dans la musique d'ensemble (et y compris quand je la joue) c'est la fin. La fin, le petit mouvement de flottement qu'il y a entre la dernière note des musiciens et le relâchement de la salle entière. Et quand on joue c'est encore mieux, car il y a en plus le regard complice et débordant de joie que l'on peut avoir avec la flûtiste avec qui l'on jouait. Mais je m'éloigne complètement du sujet et j'en parlerai plus longuement en d'autres lieux si j'en trouve l'occasion.

20. Le mercredi 2 avril 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Bonsoir Eragny !

C'est-à-dire que j'ai le souvenir, pour un récital Bartoli (ce devait être en 2005), d'un comité d'entreprise manifestement présent - deux-trois loges étaient peuplés de noeuds. Ca faisait vraiment étrange, endimanché : on se disait qu'ils n'avaient pas dû mettre les pieds à l'Opéra depuis vingt ans...

Mais ce n'est pas grave au demeurant, j'ai aussi vu des T-shirts de Superman et des tenues de plage, sans que ça offusque personne non plus. A Bordeaux qui plus est, le public est très dilettante, les gens parlent plutôt de leur vie de famille que du spectacle aux entractes, alors on n'est pas observé par les grincheux.


Bien sûr, je suis pleinement d'accord avec toi sur le flottement final. La musique c'est mieux quand on laisse des blancs.

21. Le dimanche 6 avril 2008 à , par Faust

N'étant pas venu ici depuis quelques temps (notamment pour cause d'emploi du temps musical surchargé !), je vois que le maître des lieux est toujours aussi actif ! Ce petit billet est remarquable. Je m'étonne, tout de même, qu'il soit admis (toléré ?) de dormir à l'opéra (et plus encore pendant un opéra de Wagner ...) ! Les dormeurs (au concert) ont parfois de surprenantes réactions. Il n'est pas rare, juste à la fin, qu'ils se réveillent et applaudissent frénétiquement ... Le dormeur peut aussi s'effondrer sur son voisin ou sa voisine ...

Le recensement des huées est un délice ... Ne pourrait-on faire pareil avec ceux qui vous gratifient de "bravos" très sonores ? J'ai repéré aux concerts du National, depuis quelques années, un spectateur qui, systématiquement, à la fin de chaque oeuvre se lève et lance d'une voix de stentor des bravos tonitruants. Comme il ne semble pas qu'il y ait de lien entre la qualité des prestations de l'orchestre et l'intensité de ses bravos, je présume que c'est sa manière toute personnelle de manifester son contentement !

Pour les huées, je crois qu'il faudrait vraiment ne les admettre qu'à la fin de l'opéra (encore que je trouve préférable, tout simplement, de ne pas applaudir). Le pire est de le faire au milieu de la représentation. Je ne vois pas comment le pauvre chanteur ou chanteuse peut, ensuite, s'en sortir lorsqu'il est accueilli par une salve de huées après un air. J'ai vu cela il y a peu avec le Zampa d'Hérold, Richard Troxell.

Il y a aussi ceux qui parlent pendant le spectacle ...

Pour ceux qui arrivent en retard et/ou partent avant la fin (des oeuvres ou des applaudissements), je recommande l'arrière scène de Pleyel ...

L'Opéra de Bordeaux a-t-il répondu à votre offre de services ? Il me semble, en France, que les responsables d'opéra ou de salles de concert font assez peu en ce domaine. J'ai un souvenir pénible du Sant'Alessio au TCE où William Christie avait personnellement demandé aux spectateurs d'éviter de tousser ou de faire du bruit pendant la représentation. Une partie de la salle avait cru judicieux de lui répondre en toussant de plus belle et en le sifflant ...

Pour les téléphones portables, il y a aussi la vieille dame qui dit à sa voisine : " J'avais peur que mon mari m'appelle ! tu comprends, moi, je ne sais pas arrêter ce téléphone ! C'est pour cela que je le mets au fond de mon sac avec mon écharpe par dessus ... "

22. Le mercredi 9 avril 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Bonsoir Faust !

Je suis enchanté du succès que rencontre cette notule pourtant pas particulièrement inventive, une bonne base de discussion entre concertomanes et opéraphiles de tout poil.

Non, l'Opéra de Bordeaux n'a pas réagi, mais par courriel, pas mal d'institutions filtrent via leur webmestre. Il faudrait que je me fende d'un courrier lorsque j'aurai deux secondes. Mais j'imagine aisément qu'ils ont d'autres chats à fouetter que dépenser en papiers supplémentaires (c'est un peu la ruine par chez nous). C'est d'ailleurs pour ça que je leur avais proposé mon concours si nécessaire, parce que s'il faut mobiliser quelqu'un pour l'écrire, ce n'est pas forcément prévu...
Peu importe, c'est en ligne et je soumettrai l'idée à l'occasion. Il faudrait de toute façon rendre ça beaucoup plus concis : les indications sur la tenue et sur les bravi devraient suffire.

Côté roupillon, ce n'est pas que ce soit particulièrement admis, c'est juste qu'il est difficile de lutter, lorsque Madame n'est pas assez vigilante, contre un siesteur aguerri.

J'ai repéré aux concerts du National, depuis quelques années, un spectateur qui, systématiquement, à la fin de chaque oeuvre se lève et lance d'une voix de stentor des bravos tonitruants. Comme il ne semble pas qu'il y ait de lien entre la qualité des prestations de l'orchestre et l'intensité de ses bravos, je présume que c'est sa manière toute personnelle de manifester son contentement !

Il a vécu à Bordeaux...

Le troisième basson a peut-être un oncle parisien...


Pour les huées, je crois qu'il faudrait vraiment ne les admettre qu'à la fin de l'opéra (encore que je trouve préférable, tout simplement, de ne pas applaudir). Le pire est de le faire au milieu de la représentation. Je ne vois pas comment le pauvre chanteur ou chanteuse peut, ensuite, s'en sortir lorsqu'il est accueilli par une salve de huées après un air. J'ai vu cela il y a peu avec le Zampa d'Hérold, Richard Troxell.

Surtout que c'était un bon chanteur. Timbre très nasal, assez anonyme, mais absolument pas indigne, loin, loin de là.

Le problème est que l'absence d'applaudissements n'est pas efficace pour manifester une désapprobation, et que les applaudissements n'ont pas nécessairement de rapport avec le degré de satisfaction. Il faudrait quasiment changer les codes. (Peine perdue, ça fait partie intégrante du rituel.)

C'est pourquoi je me suis mis, à titre personnel, à crier des bravos lors des saluts, malgré une pudeur vocale à laquelle je dois chaque fois faire violence. Manière de remercier un peu plus vivement ce qui m'a paru remarquable : un ou deux bravos, ça change totalement la couleur de l'accueil d'une salle.
Pour la désapprobation, le plus efficace (et le plus clair) doit être une lettre motivée à la direction.


Il y a aussi ceux qui parlent pendant le spectacle ...

Oui, ça ça me paraissait évident, mais en effet... Autant au cinéma il me semble que c'est vaguement toléré, autant au concert, on entend vraiment tout. C'est assez fréquent pour l'opéra au paradis (discussions pendant le Prélude de Werther à Toulouse, discussions pendant les récitatifs de Don Giovanni à Bordeaux...).


Pour les téléphones portables, il y a aussi la vieille dame qui dit à sa voisine : " J'avais peur que mon mari m'appelle ! tu comprends, moi, je ne sais pas arrêter ce téléphone ! C'est pour cela que je le mets au fond de mon sac avec mon écharpe par dessus ...

Cela dit, le fautif reçoit une opprobre éternelle et assez de malédictions pour combler tous ses arrière-petits-enfants. Maudits ! Vous serez tous maudihihihits !

Très honnêtement, je les plains sincèrement. Je me souviens d'une radiodiffusion d'un concert au Royal Albert Hall, où un téléphone portable a sonné sur le solo de basson du Sacre (par Rattle et le Philharmonique de Berlin). Concert Euroradio. Le pauvre homme a été entendu par des dizaines de milliers de mélomanes. Il n'a plus jamais dû retourner au concert...


Merci pour toutes ces remarques et anecdotes, et à bientôt ! :)

23. Le vendredi 1 août 2008 à , par Zip

Sur le site de Naxos, un article "comment apprécier un concert", pour le néophyte qui n'a plus besoin d'initiation à l'anglais.
http://www.naxos.com/education/enjoy_intro.asp

24. Le vendredi 1 août 2008 à , par DavidLeMarrec

Merci Zip, c'est excellent.

On y retrouve très pédagogiquement détaillés certains points très utiles.

http://www.naxos.com/education/enjoy2_concertmanners.asp

25. Le lundi 20 octobre 2014 à , par francis :: site

vous écrivez :
"Dans certaines maisons d'opéra (le Met de New York en particulier), il peut advenir qu'on applaudisse (de moins en moins au fil des années) les entrées des stars"
en France, on applaudit l'entrée du chef d'orchestre. je me demande bien pourquoi.
de toutes façons, à mon sens, on applaudit beaucoup trop à l'opéra.
cf mon blog : http://bifaceb.unblog.fr/2014/10/20/assourdissants-applaudissements/

26. Le lundi 20 octobre 2014 à , par David Le Marrec

Bonjour Francis,

Très honnêtement, je ne perçois pas le problème que vous décrivez. Ce n'est pas tant l'intensité (oui, ça peut faire mal aux mains et aux oreilles, mais c'est un rituel sympathique) que le moment des applaudissements qui me paraît déterminant. Quand on vient de vivre un moment fort ou suspendu, on n'a pas envie d'en être tout de suite expulsé par des hurlements, je suis d'accord.

Quand je parlais du Met, je ne parlais pas de l'entrée des musiciens avant qu'ils jouent, mais bien pendant la musique. Quand c'est une ritournelle à l'italienne qui présente le thème que le chanteur va répéter pendant cinq minutes, je veux bien, mais on entend, dans les enregistrements des années 70 par exemple, le public hurler de bonheur lorsque Nilsson entre et sort de scène, pendant des interludes de Götterdämmerung, pas exactement de la musiquette répétitive !
Là, je suis beaucoup plus gêné, en effet.

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