Carnets sur sol

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Enregistrements, domaine public - XXXIII - Rudi STEPHAN, Musik für Geige und Orchester

Musique pour violon et orchestre.

Kulenkampff, Otterloo, Concertgebouw.

Un des tout plus beaux concertos du répertoire. Et par les meilleurs interprètes qu'on puisse imaginer.


Dans une veine mi-postromantique mi-décadente, un splendide concerto pour violon dans une forme libre [1], qui évoque tantôt Wagner (l'ouverture du Hollandais dans les quintes à vite du début à l'orchestre, l'Annonce de la mort dans Walküre...), tantôt les ruptures constantes et les bizarreries du concerto de Schumann. Du côté de ses contemporains, on peut aussi bien y percevoir le lyrisme débridé des postromantiques regeriens qu'une certain distance ironique plus proche de Weill [2], ou des créations de tension plus mahleriennes. L'écriture violonistique, elle, se place très nettement dans l'héritage du modèle brahmsien, même si les changements d'humeur évoquent Schumann et si la tension harmonique portée sur les lignes appartient nettement plus à ce monde des novateurs des années dix. Les contrechants orchestraux, eux aussi, évoquent les recherches du temps. Pour finir sur cette extinction absolument straussienne.

De fait, Stephan se situe à la croisée des styles, entre l'héritage romantique germanique et les recherches musicales fortement chromatiques [3] de l'avant-garde de l'époque.

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http://musicontempo.free.fr/stephan_violon.mp3

  • Georg Kulenkampff, violon.
    • (On salue l'intensité et la tenue de son jeu, jusque dans le suraigu.)
  • Eduard van Beinum et le Concertgebouworkest.
    • (Beinum est toujours le goût même, avec ses interprétations colorées malgré les conditions de restitution sonore... Le Concertgebouw est déjà l'orchestre majeur qu'il est resté, avec ses couleurs inimitables et son grand sens du style.)
  • Concert public du 4 janvier 1940 au Concertgebouw à Amsterdam.


Notes

[1] Juxtaposant des séquences de ton et de matériau assez différents.

[2] Pressentiment d'un façon de traiter le théâtre de la musique, mais évidemment aucunement une influence de l'un sur l'autre ou de l'autre sur l'un.

[3] C'est-à-dire, sur le plan harmonique, l'introduction de nombreuses notes étrangères à la gamme théorique qui régit le morceau.


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