Carnets sur sol

   Nouveautés disco & autres écoutes | INDEX (partiel) des notules | Agenda des concerts & comptes-rendus


vendredi 10 août 2007

Ma rendi pur contento - mise en contexte, écoute et traduction - Vincenzo BELLINI, Pietro METASTASIO

A nouveau dans notre série "aide aux jeunes chanteurs désemparés" (mise en action il y a quelque temps pour ce morceau aussi...), voici toujours, à tout hasard, cette traduction d'une ariette de Bellini sur un texte de Métastase.




1. Texte et contexte

Texte franchement fade, dira-t-on, mais destiné à être inclus dans un drame, une des fameuses arie en deux strophes et huit vers.

En réalité, et on ne le souligne sans doute pas assez, comme on l'a vu dans nos précédentes considérations sur les sources des Métastase de Schubert, toujours fécondes à considérer pour le sens de l'ensemble et la démarche du compositeur, il s'agit ici d'un extrait de la tragédie Ipermestra - deux fois mises en musique par Pasquale Cafaro pour le San Carlo Naples, en 1751 et 1761 (chaque fois en décembre, d'ailleurs).

Il s'agit ici, bien sûr, de l'Hypermnestre fille de Danaos, et non celle fille de Thestios. L'aînée des Danaïdes, qui sauve son promis Lyncée, qui avait renoncé à consommer le mariage, du massacre. Déclarée innocente par la Cour convoquée par son père, elle règne finalement sur Argos avec Lyncée lorsque celui-ci a rempli sa vengeance ; mais ce ne sera pas la version retenue par Metastasio, lieto fine oblige.
En tout état de cause, le supplice du Tartare qui fait leur célébrité n'apparaît que dans les versions tardives du mythe.

Parmi les auteurs qui ont traité le sujet (Eschyle dans le Suppliantes, Hygin, Nonnos de Panopolis, Ovide dans les Héroïdes, Strabon...), Métastase se réfère explicitement à la très commode Bibliothèque Apollodore, en la citant dans son bref argument précédant le drame.

Voici ce qu'en dit le deuxième livre de la Bibliothèque (1,5) :

Suite de la notule.

mercredi 8 août 2007

Vaga luna, che inargenti - traduction - (auteur anonyme), Vincenzo BELLINI

Ces piécettes italiennes (canzoni, romanze...) sont semble-t-il régulièrement données aux jeunes chanteurs.

Aussi, puisque la demande en a été faite, CSS a bricolé sur un coin de table une traduction française de ce texte aussi.

Vaga luna, che inargenti / Belle lune, qui inargentes[1]
queste rive e questi fiori / ces berges et ces fleurs
ed inspiri agli elementi / et inspires aux éléments
il linguaggio dell'amor; / le langage de l'amour ;
testimonio or sei tu sola / alors es seule témoin
del mio fervido desir, / de mon fervent désir ;
ed a lei che m'innamora / et à celle qui me charme,
conta i palpiti e i sospir. / conte[2] mes frémissements et mes soupirs.

Dille pur che lontananza / Dis-lui aussi que l'éloignement
il mio duol non può lenir, / ne peut appaiser ma peine ;
che se nutro una speranza, / que si je nourris une espérance,
ella è sol nell'avvenir. / elle réside seulement dans l'avenir.[3]
Dille pur che giorno e sera / Dis-lui aussi que du matin au soir
conto l'ore del dolor, / je compte les heures de ma souffrance,
che una speme lusinghiera / adoucies par un espoir flatteur
mi conforta nell'amor. / d'amour.[4]

Notes

[1] Couvres d'argent. CSS aime bien les imports un peu sauvages, comme les massenadiers par exemple.

[2] Impératif. On est obligé d'intervenir dans la ponctuation pour rendre la chose lisible. Les Italiens ont souvent tendance aux périodes intriquées, ordre des mots oblige. On avait déjà noté cette réalité de l'entrelacement dans les formes brèves des arie métastasiennes.

[3] [NdT : Sans blague.]

[4] Littéralement : je compte les heures de ma souffrance qu'un espoir flatteur me réconforte dans l'amour. ("réconforte" étant à l'indicatif) Le pronom personnel me, pourtant important pour le sens, ne peut être conservé dans tous les cas en français. Le verbe confortare ("réconforter") s'articule très mal avec il dolore ("la souffrance") dans une traduction française. On pourrait proposer qu'un espoir flatteur (m')adoucit par l'amour, mais la tournure est lourde et le sens déjà déjà éloigné de l'original. C'est pourquoi, à tout prendre, on est allé à l'essentiel du sens en bouleversant un peu la répartition grammaticale. Mais il faut bien concéder qu'on met ainsi l'accent sur l'hypothétique résolution heureuse, alors que cet espoir flatteur doit être plutôt compris comme une illusion à la lueur de laquelle le locuteur tente en vain de survivre. [Vous pourrez toujours ironiser en faisant remarquer que les étudiants en chant qui souhaitent une traduction ne sont peut-être pas non plus épris de l'évidente supériorité de cet incontestable chef-d'oeuvre littéraire...]

David Le Marrec

Bienvenue !

Cet aimable bac
à sable accueille
divers badinages :
opéra, lied,
théâtres & musiques
interlopes,
questions de langue
ou de voix...
en discrètes notules,
parfois constituées
en séries.

Beaucoup de requêtes de moteur de recherche aboutissent ici à propos de questions pas encore traitées. N'hésitez pas à réclamer.



Invitations à lire :

1 => L'italianisme dans la France baroque
2 => Le livre et la Toile, l'aventure de deux hiérarchies
3 => Leçons des Morts & Leçons de Ténèbres
4 => Arabelle et Didon
5 => Woyzeck le Chourineur
6 => Nasal ou engorgé ?
7 => Voix de poitrine, de tête & mixte
8 => Les trois vertus cardinales de la mise en scène
9 => Feuilleton sériel




Recueil de notes :
Diaire sur sol


Musique, domaine public

Les astuces de CSS

Répertoire des contributions (index)


Mentions légales

Tribune libre

Contact

Liens


Antiquités

(11/2/2008)

Chapitres

Calendrier

« août 2007 »
lunmarmerjeuvensamdim
12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031