Carnets sur sol

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mercredi 26 juillet 2006

Le disque du jour - V - Thora på Rimol de Hjalmar Borgstrøm

Thora på Rimol de Hjalmar Borgstrøm (1864-1925).



Ouverture.


Le sujet est la fin du paganisme et la christianisation de la Norvège, la chute de Håkon Jarl, protégé par son ancienne esclave abandonnée, Thora, terrassé par Olav Trygvason, assassiné par son propre écuyer Kark. Un sujet récurrent chez les dano-norvégiens. Excellent livret en bokmål de Borgstrøm.

On conserve encore une forme à numéros, mais assez libre. La déclamation est l’une des plus belles qu’on puisse trouver, et les interventions des solistes sont ponctuées, commentées par l’orchestre, laissant respirer le drame. Une œuvre incroyablement belle, à rapprocher du Hollandais Volant de Wagner (en plus appaisé, moins dramatique et plus poétique) ou du Weber d’ Euryanthe. Le final du I rappelle d’ailleurs l’ouverture des Meistersinger (Wagner). A mon sens, une œuvre lyrique majeure du répertoire "germanique".

Suite de la notule.

samedi 22 juillet 2006

Le disque du jour - IV - Choeurs profanes complets de Schubert

Par le Choeur Arnold Schönberg, inégalable dans cette musique. Intégrale en 7 CDs enregistrée en 1995-1996.

Une note un peu plus longue qu'il n'est coutume dans cette section pour aujourd'hui, parce que c'est là l'occasion de parler un petit peu d'oeuvres (on ne se refait pas).

Que dire ? Véritables lieder pour choeurs, avec accompagnement orchestraux larges ou réduits, avec piano ou a capella. Schubert trouve, tout particulièrement dans les choeurs d'homme, son plein potentiel d'émotion harmonique. Pensez donc à O teures Vaterland de Fierrabras (disponible au disque par le même Arnold Schönberg Chor), expression à la fois sublimée esthétiquement - radieuse - et bouleversante de la heimatsehnsucht[1].

Sur de vrais textes consistants (l'intégrale s'ouvre sur Gesang der Geister über den Wassern[2] de Goethe), toute une gamme d'expressions, plus fine encore que collective, doit être trouvée. On est loin des choeurs d'opéra, d'oratorio ou de messe qui présentent des sentiments collectifs assez schématiques. Et comme les textes se montrent plus ambivalents que ceux des Motets de Bach[3], la précision de l'affect doit être encore plus maîtrisée.


{La suite : interprétation et extrait musical commenté.}

Notes

[1] « Mal du pays », mais plus littéralement, la mélancolie qui pousse les regards vers le pays natal. Sentiment essentiel du romantisme allemand.

[2] « Chant de l'Esprit planant au-dessus des eaux. »

[3] Chants a capella sur des traductions allemandes de textes sacrés (souvent des psaumes), qui réclament, c'est leur but, d'être parfaitement habités. Un autre grand disque sur lequel il faudra revenir.

Suite de la notule.

vendredi 21 juillet 2006

Le disque du jour - III - La Première Symphonie de Felix Weingartner

On ne chantera jamais assez les louanges de CPO : petits prix, grandes découvertes, bonnes interprétations.

Cette Première Symphonie de Felix Weingartner (par ailleurs l'excellent chef beethovenien que l'on sait) n'est pas une curiosité comme le sont les symphonies de Furtwängler, pas une pierre apportée à la connaissance d'un chef d'orchestre.
Il s'agit véritablement d'une oeuvre de premier intérêt, aux développements amples, au badinage constant, à l'optimisme ravageur ; dépourvue de sirop comme de longueurs, sans cesse aiguillonnant l'auditeur par des nouveautés dans le discours, tout en suivant un parcours dépourvu de bricolage et d'effets ostentatoires.

Une oeuvre qui tranche par sa modestie brillante et le sérieux d'une facture sans austérité. Le terme de postromanique ne sied pas, tant il échappe à l'esprit de prétention - ou, inversement, de pastiche - de l'exercice.


Le Sinfonieorchester Basel (Orchestre Symphonique de Basel[1]), dirigé par Marko Letonja, en offre une interprétation qui dépasse de loin la probité, doté d'un niveau technique et d'un enthousiasme très enviables.
La prise de son parachève la réussite, à la fois d'une grande clarté et légèrement réverbérée pour le confort. Il s'agit d'un SACD (hybride, ainsi que stéréo et multicanal), ce qui explique le prix plus élevé qu'à l'accoutumée. L'intégrale des symphonies de Weingartner est désormais très bien avancée, mais il faut savoir qu'il a également écrit musique de chambre, lieder et opéras !
Ce disque comprend également le poème symphonique König Lear Op.20.

CPO, jusqu'où iras-tu ?
– Jusqu'à la fin de l'intégrale, pardine.

Notes

[1] Cité de la Suisse septentrionale, mal connue en France, et dont les toits de la cathédrale portent le même motif polychrome qu'à Vienne.

jeudi 20 juillet 2006

Le disque du jour - II - Suites d'opéras de Rameau par Frans Brüggen

Ces oeuvres ont déjà un grand intérêt en elles-mêmes : elles portent la charge de caractère de l'opéra (cette esthétique de la merveille qui est justement bannie du théâtre classique parlé), et représentent un sommet de l'art de la danse qui est à l'oeuvre dans la tragédie lyrique.
Leur individualité et la richesse de l'orchestre chez Rameau font qu'elles se prêtent tout particulièrement à l'exécution en suites.




Frans Brüggen et l'Orchestre du XVIIIe siècle ont enregistré de nombreuses suites instrumentales tirées des opéras de Rameau.

Il faut entendre prioritairement : Castor & Pollux (pour la tension et la volupté) et Dardanus (pour la grâce), mais aussi les imaginatives Indes Galantes. Hélas, ces trois disques sont épuisés (!).

Existent également Les Boréades dans un couplage avec Dardanus (au lieu des 3 Fantaisies de Purcell).




Mais on les trouve aisément en médiathèque (surtout les Indes) et il existe une nouvelle série (chez Glossa et non plus Phillips) que je n'ai pas entendue, mais que je devine très intéressante, comprenant :

  1. Acanthe & Céphise (couplé avec Les Fêtes d'Hébé) ;
  2. Zoroastre (couplé avec Naïs) - Zoroastre dispose tout particulièrement de très belles danses.




La caractéristique du travail de Brüggen tient dans la limpidité des parties, la netteté de la mise en place, la perfection de l'exécution, mais aussi et surtout des couleurs invraisemblables et variées, un sens de la danse (et du tempo !) assez inégalé, une imagination débordante pour la moindre pièce qu'il aborde.
Chaque pièce est caractérisée, ses mérites semblent infiniment exaltés, et la prise de son finit de parachever ce qui tient à la fois du confort et de l'excitation.

Un des plus grands legs instrumentaux du marché, toutes époques confondues. Et qui n'a pas pris une ride. Comparez par exemple le Dardanus avec l'intégrale plus tardive des Musiciens du Louvre. Combien ceux-ci paraissent indolents et gris, en comparaison - et pourtant, Minkowski n'est pas précisément le champion des attitudes compassées et scolaires.

Pour vous faire une idée, la contredanse des Indes Galantes :
.

mercredi 19 juillet 2006

Le disque du jour - I - Le concerto pour hautbois de R. Strauss par A. Klein et D. Barenboim

Inauguration de cette série, pour des conseils d'oeuvres pas toujours très fêtées ou pour des interprétations extraordinaires. Le principe est une incitation à la découverte un peu laconique, en contrepoint des notes plus approfondies.

Une oeuvre d'une grande fraîcheur, d'une profondeur de son voluptueuse, bénéficiant ici des longs phrasés d'Alex Klein et d'un Symphonique de Chicago dégoulinant de bonheur. Tout au plus peut-on regretter que la prise de son et Daniel Barenboim ne soignent pas assez les plans orchestraux, mais quel confort d'écoute !

David Le Marrec

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