Carnets sur sol

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samedi 18 juillet 2026

Schubertiade — Autobiographie & appel à volontaires.




Arythmique

Lorsque je suis arrivé de ma province, sans expérience musicale sérieuse, je me suis rendu compte à quel point ma pratique solitaire de la musique ne m'avait pas préparé à jouer à plusieurs. Lorsqu'on est seul, on est maître du tempo, du rubato, et même de toutes les fautes de rythme qu'on veut, on se rattrape toujours soi-même évidemment.

Je l'ai ressenti lors de mes expériences de musique à plusieurs. Souvent, mes partenaires de musique (jamais méchamment) étaient un peu interloqués. Je me souviens
→ d'un copain entendant mes Wagner : « j'admire que tu oses », je crois que c'était admiratif du lâcher prise et pas du tout dépréciatif,
ou
→ d'une chanteuse pour un essai : « mais pourquoi tu es toujours un peu en retard après moi ») – la vérité est que je l'écoutais et goûtais ce qu'elle faisait, au lieu d'être à fond dans l'anticipation,
ou encore
→ d'une amie chère, soprane ingénue à ses œuvres : « mais c'est étrange, quand c'est L. qui accompagne, c'est pas tout flou comme ça ».
J'ai aussi gentiment scandalisé mes camarades de jeu en parlant de ce qui me semblait jouable (pour moi, ça veut dire approximable et non présentable), comme le désormais culte final de Salomé (cf. §9).

Évidemment, ça a été un obstacle pour les pratiques à plusieurs, même si j'ai eu de très belles expériences.


Sentimental

J'ai aussi un autre problème, plus fondamental : je n'ai jamais réussi à me passionner lorsque je faisais de la musique avec des personnes que je ne connaissais pas déjà bien.
C'est difficile à expliquer, mais je ressens alors surtout le côté fastidieux de la mise en place et pas la communion.

Par ailleurs, ceux qui avaient un bon niveau attendaient potentiellement plus de rigueur.


État actuel

Depuis quatre ans, je me suis astreint à jouer tous les jours (j'ai même investi dans un clavier modulable pour pouvoir poursuivre en escapade) et, clairement, mes aptitudes ne sont pas les mêmes que lorsque je jouais essentiellement… pendant les répétitions.

Le fait de documenter des œuvres inédites en vidéo a aussi rendu plus motivant de jouer plus exactement, et m'a un peu éduqué en termes de rigueur.


Recherche

J'en viens donc à l'objet de cette notule. J'aimerais assez pratiquer avec des commères & compères musiciens, mais j'ai conscience d'habiter une niche un peu particulière : je lis vite (ce que vous voyez sur la chaîne sont en général des secondes lectures, où en plus je fusionne accompagnement et chant), mais je joue peu précisément. Et ce qui m'intéresse est précisément de lire des choses (y compris célèbres, pourquoi pas), plutôt que de les travailler minutieusement.

Or, les amateurs ont souvent tendance à jouer (parfois très très bien) des morceaux en petit nombre qu'ils travaillent pendant des mois, et les semi-pros ont un niveau instrumental sans commune mesure avec le mien. Je me retrouve ainsi au milieu du gué.

J'ai donc hésité à répondre aux petites annonces de ProQuartet (très chouettes) en explicitant mon profil, mais outre que cela risque de faire perdre son temps à tout le monde, je rappelle ma difficulté à faire de la musique avec des inconnus. Je sais aussi que je n'aurai pas le temps de travailler en amont des schubertiades (et que je me lasse vite si on joue la même chose à chaque séance), ce qui risque d'être mal vu.

Aussi, je me suis dit qu'avant de tenter de ce côté-là, je pouvais plutôt passer par un site que j'aime beaucoup, Carnets sur sol, auprès d'un public qui sait exactement où il met les pieds, et avec un petit lien préexistant (fût-il légèrement parasocial).

Aussi, si jamais vous êtes lecteur de ces pages et tenté par l'une de ces aventures (ou m'en proposer d'autres !), j'en serais ravi.

¶ Pour accompagner du chant, clairement, j'aimerais du neuf, et pourquoi pas documenter des inédits (à rendre publics ou non, à votre convenance). J'ai par exemple tout un fonds d'inédits de Choudens récupéré par Bru Zane, pas présents sur IMSLP, à faire vivre (les Estampes de Leroux en cours de publication sur la chaîne en sont issues).

¶ Je suis prêt aussi à accompagner des lecteurs, pour déclamer le texte des livrets sur la musique des opéras correspondants.

¶ En piano à quatre mains, passion transcriptions. J'ai par-devers moi Mahler 3, Nielsen 2, Così fan tutte intégral…
Là aussi, davantage pour lire que pour travailler, mais au moins j'ai ces choses dans l'oreille, je devrais donc m'en tirer vaguement (même si la présentation aberrante des partitions de quatre mains ne me permet pas de mettre à profit mon avantage en lecture…).

¶ J'adorerais faire de la musique de chambre (et ici je n'ai rien contre les tubes), mais clairement, après avoir relu mes Mendelssohn / Brahms / Taneïev chouchous, cela réclame une technicité que je n'ai pas. Mais je serais ravi d'essayer de lire ces trucs-là en compagnie, simplement je ne pense pas – même en travaillant d'ailleurs – arriver à mettre au niveau les traits et tenir le tempo. Pour certains mouvements lents, c'est peut-être possible.
Donc ce serait vraiment jouer des choses à vue et en dilettante, je ne pense pas pouvoir faire illusion dans ce répertoire.

¶ Ah oui, si des pianistes veulent accompagner un chanteur, pourquoi pas, mais comme j'ai laissé de côté le chant (pour raisons personnelles) depuis quelques années, je ne sais pas trop si ça aurait un intérêt, et mon niveau de lecture n'est pas du tout le même qu'au piano. En tout cas je n'ai pas de fausse pudeur, je chante (mal) dans n'importe quelle tessiture quitte à adapter.

--

Bien sûr, je suis ouvert à d'autres propositions, y compris distantes de ce que j'ai suggéré, le tout est que vous sachiez à quoi vous vous exposez. (Typiquement, me proposer de travailler à fond une sonate de Brahms pendant six mois n'est pas un bon pari.)

Je ne me sens pas à l'aise de faire ainsi mon marché, mais je me dis que la clarté sur ce que je peux proposer évite de faire perdre leur temps à ceux à qui je proposerais mon concours.

N'hésitez donc pas à faire un tour dans l'esquisse autobiographique publiée il y a quelques années et/ou sur la chaîne vidéo pour mesurer ce dans quoi vous vous lancez (ou simplement nourrir votre curiosité malsaine, les deux sont licites).

Pour me joindre, c'est par ici : davidlemarrec chez online point fr.

mercredi 8 juillet 2026

Les pochettes de disque les plus belles (et les plus dingues) – 11 & 12 – Les maladresses expressives & Les malaises


11. Les maladresses expressives

Dans cette section, on regarde du côté de tentatives pas toujours malvenues, mais dont la réalisation ne met pas totalement à l'aise.

↑ C'est amusant, les instruments qui poussent… mais l'étalonnage des couleurs, bon sang ! D'autant plus étonnant chez Tudor dont la charte graphique est en général plutôt élégante et austère (cadre, tableaux…).

↑ Les nouvelles aventures de Widor en ballon.

↑ Le manifeste attendrissant de l'étalonnage fautif, sorte de technicolor hypertrophié, qui produit tout de même une sorte de bain attachant dans la couleur (putative) des yeux de Marilyn. Comme le récital a connu un grand succès (à juste titre) dans les sphères glottophilisées, la pochette fait désormais partie de l'imaginaire collectif des amateurs d'opéra romantique à coloratures virtuose. Et, en fin de compte, la pochette paraît quasiment culte – et plus véritablement vilaine.



12. Les malaises

Ici, les véritables ratages. Ceux qui ont clairement raté leur objectif, ou dont la réalisation technique est insoutenable.

↑ Supposé glorifier la beauté du son d'une belle voix de ténor, je ne peux qu'y voir une pube pour la mauvaise haleise.

↑ « L'aube dore Schnabel et l'offre à l'Éternel. » (source)
Quelle forme de validation symbolique est-ce là ? Pourquoi pas Jésus qui vient le prendre dans ses bras, tant qu'on y est ? Et surtout : POURQUOI.

↑ Le brouillage des couleurs déforme complètement les visages (la pianiste, la pauvrette).

↓ Après, est-ce forcément pire que lorsqu'un wannabe Warhol vous transforme en serpillère jaune :

↓ … ou que le stagiaire chargé de vous mincir le visage oublie de vous en rendre un bout. (Comment cela a-t-il pu passer les différentes étapes de validation, bon sang ? Chez Decca quoi.)

↑ Nikolaï Gogol vient de publier une nouvelle œuvre ! Après Le Nez (de Kovaliov), découvrez La Joue (de Kaufmann). À votre avis, la retrouvera-t-on dans un potage, ou sur la figure du Chancelier ?

↓ Et puis il y a les assimilations visuelles voulues, mais qu'on aurait carrément pu éviter. Elles sont nombreuses, mais celle-ci détient la palme du logiciel de morphing des années 2000 mal maîtrisé.

↑ Le vide entre le visage et la perruque, le front démesuré, tout fait peur.

↓ Mais ne vous plaignez pas trop, Sharon Isbin a carrément rétréci au montage.



David Le Marrec

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