
Cliquez sur l'image pour ses références, je n'arrive plus à accéder au site ce soir pour vous l'écrire ici…
Notulette plutôt à destination des mélomanes franciliens à tendance
concertivore : nomination – dès
longtemps pressentie mais révélée ce soir – d'Esa-Pekka Salonen comme «
chef principal » de l'Orchestre
de Paris,
de 2027 à 2032.
Un entretien avec Christian Merlin
dans Le Figaro
donne quelques premières infos.
Comme ce n'est pas en accès libre, je vous dis ce que j'en retiens.
--
¶
Chef principal
et non
directeur musical — il
programmera évidemment ses concerts, et délèguera manifestement les
tâches administratives, mais est-ce qu'il programmera aussi le reste de
la saison, choisira les chefs invités ? On peut imaginer qu'il
contribuera, mais je ne sais pas jusqu'à quel point.
¶ Double casquette d'ailleurs :
→ « titulaire
de la toute première chaire création et innovation de
la Philharmonie de Paris »
→ « Salonen sera sollicité pour son expérience
de la transmission, du dialogue entre les arts, des nouvelles
technologies, dans une perspective pluridisciplinaire axée sur la
diversité. »
→ « Mes plus beaux souvenirs sont ceux de
collaborations avec des artistes issus d’autres formes d’expression »
Ça reste obscur. Des gadgets ponctuels, ou toute une réflexion sur un
format de concert différent, ce que nous avait initialement promis le
projet de la Philharmonie ?
¶ Présence pour «
huit semaines
minimum par saison, auxquelles s’ajoutent des projets
exceptionnels, comme un festival, et les tournées
internationales ».
Donc ça fait 4 programmes + des projets isolés et des tournées, ce qui
n'est pas énorme en soi (sauf si les projets sont réguliers et
ambitieux), mais pas non plus indécent.
¶ Côté
répertoire, Salonen ne
mentionne qu'une
intégrale des
symphonies de Beethoven, et Merlin précise qu'il y aura du
Mahler,
Bartók et
Dutilleux. Bon. C'est pas l'audace
au pouvoir, mais par définition, les pièces susceptibles de
m'intéresser sont celles qui n'apparaîtront jamais dans un résumé !
¶ C'est en tout cas, sur le
plan
interprétatif, une très bonne nouvelle, Salonen (dont je ne suis
pas un inconditionnel, ce peut être très lisse et froid) est souvent
une très bonne association avec cet orchestre – souvenir d'une
Troisième de Mahler hors du
commun, d'une
Turangalîla
folle, ou de belles soirées avec sa propre musique… –, avec des
qualités d'articulation, d'étagement et de progression assez
impressionnantes dans ses bons soirs.
C'est par ailleurs un chef que l'orchestre respecte, ce qui évitera les
conflits ou la mauvaise humeur qui se ressentent dans l'exécution
musicale — pas trop ces dernières années je trouve, mais c'est
peut-être juste qu'avec l'expérience je choisis les bonnes associations
chefs-orchestre ?
¶ Pour finir, j'aime beaucoup cet aveu :
« Cela a toujours été un très bon
orchestre, mais ils ont acquis quelque chose qu’ils n’ont pas toujours
eu : ils sont concentrés sur le but à atteindre, il n’y a pas besoin de
jouer au maître d’école. »
(Sous-entendu qu'avant, du temps d'Aïche et Cazalet…)