1850
(b)
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Le grand ensemble du duel au cimetière (!).
Oui, non seulement ils chantent pendant une demi-heure au milieu des
tombes, non seulement ils s'y donnent des rendez-vous d'amants
(infidèles), non seulement ils s'y battent en duel, mais ça organise
carrément des ensembles en quatuor de réunion de famille !
Le dispositif annonce clairement celui du Ballo in maschera, avec un
rendez-vous galant au pied du gibet et une foule de conspirateurs qui
rient – cependant la scène de Stiffelio
est beaucoup plus subversive : on est en terre chrétienne et non plus
chez les criminels rejetés à l'extérieur de la ville, c'est l'amant
illégitime qui donne rendez-vous au cimetière, et celui qui veut se
battre est un prêtre…
A. Mais
pourquoi Verdi ?
Difficile de dresser une sélection d'œuvres
marquantes du XIXe siècle en négligeant les œuvres de
Verdi et Wagner, qui ont
profondément marqué la conception de tous les drames musicaux
postérieurs ; le premier
pour sa gestion très resserrée de la temporalité,
très directe de la déclamation
; le second au contraire pour la dimension purement musicale et
extrêmement sophistiquée qu'il imprime au genre opéra.
Chez Wagner, tous les chefs-d'œuvre sont
particulièrement connus et joués, aussi je me dispense de les citer
dans cette série – dont l'idée est à la fois de dresser une sorte de
panorama rapide des types d'œuvre qu'on peut trouver dans l'histoire de
la « musique savante occidentale », mais aussi d'inciter à découvrir
des pépites parfois laissées de côté.
En revanche, chez Verdi,
quelques-unes des œuvres de jeunesse
fulgurantes
sont assez peu mises à l'honneur, même s'il en existe évidemment
beaucoup de disques et un certain nombre de représentations de temps à
autre :
Oberto conte di San Bonifacio,
I Lombardi alla prima crociata,
Alzira,
I masnadieri,
Jérusalem,
Il Corsaro et…
Stiffelio. Si la place de
Nabucco
est absolument justifiée (inspiration ininterrompue), je suis moins
convaincu de l'importance des autres opéras de cette période qu'on joue
souvent :
Macbeth (qui marque
certes un tournant vers plus de distance au belcantisme et de
radicalité dramatique),
Attila
(puissamment original, mais les voix aiguës restent très déconnectées
du drame, assez bancal),
Luisa Miller
(vraiment en deçà en inspiration, et livret particulièrement ennuyeux
avec ses méchants-très-méchants et ses rebondissements prévisibles).
Même ceux qui, dans la période des
anni
di galera,
où Verdi devait tout écrire à la chaîne, ont bonne réputation sans être
énormément, ne sont vraiment pas les plus marquants, comme
I due Foscari.
B. Le
chaînon manquant
Stiffelio
est
le dernier opéra de cette période
avant la « trilogie populaire »
qui marque l'envolée de la réputation de Verdi et la possibilité
d'explorer un style plus original, davantage adapté à l'ambiance de
chaque drame, et qui modifiera en profondeur la conception italienne de
l'opéra
, l'extirpant de l'ornière du belcanto décoratif.
Rigoletto (l'opéra suivant),
je l'ai déjà dit, constitue une formidable
affirmation du
durchkomponiert
(« musique de bout en bout »), où les récitatifs sont aussi
sophistiqués, voire davantage, que les airs et ensembles, et
s'intègrent de façon continue, sans rupture. Les leçons des innovations
de Meyerbeer sur la continuité musicale entrent ici dans l'opéra
italien.
Et
Stiffelio,
qui arrive juste après
Luisa Miller,
paraît bien plus proche de la
conception
musicale très continue de
Rigoletto,
avec
un sujet scandaleux qui annonce
le réalisme (et les intrigues sexualisées) d'opéras comme
La Traviata – mais la matière
musicale de
Stiffelio me
paraît considérablement plus dense. Pour moi l'un des meilleurs Verdi,
tout simplement.
C. La
recherche d'un livret
Le fidèle librettiste de Verdi, Francesco Maria Piave, lui avait
proposé
une pièce française, Le Pasteur ou
l'Évangile au foyer d'Émile Souvestre et Eugène Bourgeois.
Piave, c'est l'auteur des meilleurs
livrets de Verdi, et en tout cas celui qui en a le plus écrit :
Ernani, I due Foscari, Alzira, Macbeth, Il
Corsaro ; et, après
Stiffelio
:
Rigoletto, La Traviata,
Simone Boccanegra, Aroldo et
La
Forza del destino. Il devait même réaliser
Aida, mais en 1870 une attaque le
laissa aphasique – et son travail de dramaturge s’arrêta là.
À
mon sens son meilleur
collaborateur pour des livrets au cordeau, très acérés, idéaux pour la
concision de sa musique et de sa science dramatique ; et cela se
manifeste en particulier dans
Stiffelio
et
Rigoletto.
Verdi, dès avant
Luisa Miller,
et à nouveau après – déjà un drame plutôt domestique, même si animé par
des logiques de
hiérarchie féodale et quelques scènes de violence armée –, avait
relancé auprès de Camaranno (librettiste de
Miller et futur du
Trouvère) ses rêves autour de trois
tragédies de Shakespeare :
Hamlet,
La Tempête, et surtout
Le roi
Lear,
qu'il a souvent tenté de mettre en musique, sans jamais l'écrire. Cette
fois-ci, le projet va assez loin, puisque Verdi envoie un synopsis
détaillé à son librettiste, indiquant les personnages sauvegardés, le
contenu de chaque acte et les modifications de l'intrigue (en
particulier la scène finale, en prison, avec Cordelia mourant dans les
bras du roi). Il lit avec intérêt
El
Trovador de García Gutiérrez (qui se concrétisera après
Rigoletto),
et se fait même envoyer un dictionnaire espagnol par son éditeur
Ricordi. Mes sources sont contradictoires sur le fait qu'il ait évoqué
Le roi s'amuse d'abord avec
Camaranno ou directement avec Piave, avec le projet d'un opéra pour
Venise ou après l'offre de celle-ci.
Quoi qu'il en soit, Verdi est brouillé avec la Scala, les conditions
administratives sont compliquées pour Naples, et Ricordi lui propose
une première
l'Opéra de Trieste,
qui avait tièdement reçu
Il Corsaro
mais chaleureusement
Macbeth.
Il s'engage à livrer l'opéra pour novembre 1850, mais quelques jours
après,
la Fenice de Venise le
contacte directement pour lui passer
commande pour la saison de Carnaval 1851 ! Le voilà avec deux
opéras à écrire simultanément.
Après avoir considéré un
Stradella
proposé par Piave – très intense émotionnellement, mais dont les
situations lui paraissaient convenues –, Verdi s'enthousiasme pour
Le roi s'amuse d'Hugo et
se lance, en parallèle de Stiffelio, dans Rigoletto, dont
le galbe verbal acéré et l'écriture continue ne sont pas sans parentés.
D.
L'argument
Une fois transformé par Piave – qui supprime les deux premiers
actes du drame français ! –
voici ce
qui se passe en substance :
Stiffelio, un pasteur de la région de Salzbourg
(il y a
vraiment des foyers protestants en Autriche ?),
revient de voyage auprès de sa communauté, et se fait remettre un
portefeuille laissé par un homme qui s'échappait par un balcon, sans
doute pour fuir le retour d'un mari. Il le jette au feu, prônant le
pardon. Mais à son retour, il découvre vite que sa femme est infidèle.
De là s'ensuivent des confrontations terribles, des scènes de couple
rares à l'opéra, et encore plus en 1850. À l'acte II, l'amant rejoint
la femme en prière dans le cimetière (auprès de la tombe de sa mère),
se fait surprendre par le père en furie ; le duel est interrompu par le
prêtre ; de dépit, le père révèle l'identité de l'amant, et Stiffelio,
pris de délire, veut se battre au milieu des tombes avant d'être appelé
à la raison. À l'acte III, Stiffelio doit prêcher ; sa femme est dans
l'assistance et alors, cédant aux instances de Jorg, l'ancien pasteur,
il ouvre au hasard la Bible pour s'en inspirer ; c'est la scène de la
femme adultère… Stiffelio s'enflamme, et prêche avec chaleur le pardon
– l'opéra se clôt là, sans nous informer sur l'impact réel de cette
parole sur leur vie future.
E. Une
création douloureuse et une réception tardive
Seulement,
la censure autrichienne
s'en mêle : il faut expurger toute
la dimension religieuse du sujet, trop scandaleuse, blasphématoire et
tout simplement incompréhensible (les problématiques d'un prêtre marié,
dans un œil de catholique autrichien ?). Verdi, déjà engagé, doit
renoncer à la scène où l'épouse demande la confession à son mari, à la
scène finale dans l'église, au sermon final tiré de la Bible, et bien
sûr tout le décorum du prêtre, devenant un chef de communauté sans lien
direct avec la religion ; en somme retirer tout ce qui faisait la
particularité de ce drame.
L'accueil est favorable à Trieste, mais moins bon à Florence et Rome.
La scène finale est encore altérée (en partie sur les des refontes de
Verdi, mais sans son autorisation) à Naples et à Palerme, sous la forme
Guglielmo Wellingrode, avec
pour personnage principal le premier ministre d'une principauté
allemande.
Verdi, qui parle de « castration » devant la dénaturation de son drame
par la censure, en est tellement amer qu'il refuse les représentations
à La Scala, avec laquelle il était déjà brouillé, faute d'avoir pu
obtenir la représentation de l'œuvre originale.
Il finit, en 1856, par
la retirer de la circulation et en interdire toute
représentation. En
1857, il fait représenter
Aroldo,
qui n'est pas un grand succès non plus, en en recyclant une large part
de la musique, sur un nouveau livret beaucoup plus convenu, façon
Geneviève de Brabant : le mari croisé revient et découvre sa femme
infidèle. Une large part de la tension dramatique initiale est perdue.
Le dernier acte, entièrement récrit, de la rencontre fortuite
« au désert » après leur séparation, me paraît à la fois plat
littérairement
et musicalement…
Il faut attendre 1968
pour qu'on retrouve deux
exemplaires de partitions d'orchestre de
Stiffelio
qui n'avaient pas été détruites (l'une remaniée, l'autre originale)
dans la bibliothèque du Conservatoire de Naples, et qu'on
puisse enfin remonter
l'ouvrage.
Dans les biographies grand public que j'ai consultées pour
vérifier mes souvenirs (Bourgeois, Orcel, Dermoncourt), les
informations sont contradictoires ; comme le projet de cette série
n'est pas une étude approfondie des œuvres, mais simplement une
recommandation discographique rapidement contextualisée, je m'en tiens
là et je vous préviens que les faits sur cette genèse puissent être
imprécis (ou mal compris de ma part), en ce qui concerne les échanges
épistolaires
avec les librettistes, l'ordre des projets de livrets ou les conditions
des
représentations de Stiffelio à travers la Péninsule.
Compositeur : Giuseppe VERDI
(1813-1901)
Œuvre : Stiffelio (1850)
Commentaire 1 :
♣
Le livret en lui-même porte une partie de l'intérêt :
♣
Le sujet est en lui-même
hautement original et subversif : un opéra au ton tout à fait sérieux
(pas une once d'humour dans ce Verdi-là, à côté Tebaldo dans
Don Carlos c'est Leslie Nielsen
dans
The Naked Gun), mais qui
traite de
sujets domestiques,
et même pour tout dire, vu à l'aune du XIXe siècle,
sexuels, dans le même langage
héroïque que Verdi utilise pour caractériser les affrontements de
rivaux dans le Moyen Âge espagnol
(Il Trovatore) ou dans la
Sicile normande
(Les Vêpres
Siciliennes)…
On comprend que le public ait été dérouté, d'autant plus que la
censure autrichienne
– création à Trieste, sous occupation impériale – a imposé des
altérations considérables, considérant qu'il était impossible qu'un
prêtre soit marié (!). En fin de compte, les modifications ont dénaturé
l'ouvrage,
Mais j'avoue être, malgré ses ficelles dramatiques un peu brutales –
notamment les interventions du père, qui semble connaître l'offense et
pouvoir intervenir comme bon lui semble à tout moment pour nouer ou
dénouer les situations –, très séduit par
ce drame psychologique traité musicalement
de façon épique, ne minorant pas les tourments de l'âme.
♣ La
musique, précisément, conçue en même temps que celle de
Rigoletto – Verdi travaillait en
parallèle sur les deux opéras, qui devaient être représentés à moins de
quatre mois d’écart –, présente des qualités similaires dans le
soin d’une
déclamation très précise
et directe, où l’héritage du
belcanto n’affleure plus guère que dans certains airs, et dans
la pensée musicale extrêmement continue, où la frontière des numéros
est brouillée et où la continuité est privilégiée. Que penser de ces
grands duos avec sa femme, des grandes scènes de forme assez libre
? De la succession d’ensembles tout au long de l’acte II (au
cimetière), enchaînant les dispositifs sans trêve, comme un final
mozartien ? Ou de cet acte final où l’on rencontre des sortes de
récitatif-duo (Stiffelio & Jorg), de duo avec chœur (Lina &
Stankar), pour culminer dans le prêche, une simple déclamation
récitative qui explose dans son acmé lyrique et se trouve reprise par
le chœur ?
Rien de tout cela ne correspond aux structures traditionnelles :
la nécessité dramatique commande à la forme
musicale, qui l’épouse intimement. Tout cela, bien sûr, avec les
qualités mélodiques et lyriques consubstantielles au langage verdien,
que je trouve ici à son plus haut degré d’épure : pas de séduction à
coups de rengaines autonomes du contexte, du pur élan lyrique inspiré
par le théâtre. Moins radical que
Rigoletto
dans sa substance musicale, mais davantage dans sa logique
structurelle, qui ne se repose que sur la force de l’action, et pas sur
des numéros musicaux détachables.
♣ Le
meilleur de la musique ? Pour moi clairement
le premier duo entre le pasteur et
sa femme, où tous les sentiments passent successivement.
L’acte du cimetière, enchaînement de
conflits ininterrompus, qui culmine avec
le grand quatuor Un’accento, un’accento proferite.
L’air mélancolique de Stankar Lina, pensai che un’angelo qui doit
encaisser sa vision nouvelle de sa fille – le moment le plus
belcantiste de l’oeuvre, pas le plus original, mais vraiment très beau,
un air de baryton dans le goût de “Patria, rispetto, onore”, “Di
provenza il mar il suol”, “Urna fatale del mio destino” ou “Eri tu che
macchiavi quell’anima”. Enfin,
le
prêche final, à couper le souffle, assis sur une simple
ponctuation de
pizz de
violoncelles et contrebasses suivie de respirations, en point
d’interrogation... la parole sacrée se déroule avec sobriété, des
sol 2 répétés dans le bas-médium,
ne laissant rien transparaître de la décision finale, jusqu’à
l’explosion lyrique :
Quegli di voi
che non peccò la prima pietra scagli (« Que celui parmi vous qui
est sans péché lui jette la première pierre ») puis
E la donna perdonata s’alzò. Perdonata
! Perdonata ! Iddio lo pronunziò ! (« Et la femme,
pardonnée, se releva. Pardonnée ! Pardonnée ! Parole de
Dieu. »)
L’une des fins d’opéra les plus
bouleversantes, pour moi : il est rare d’y trouver une
conclusion aussi articulée à son sujet (la péroraison sur les
Écritures, avec un héros prêtre !), et qui propose le pardon, sans
recourir à l’artifice de la parabole du tyran généreux, et sans écarter
l’amertume de l’offense reçue.
Interprètes : Yu Guanqun (Lina)
, Roberto Aronica (Stiffelio)
, Roberto
Frontali (Stankar)
; Gabriele
Magnione (Raffaele)
, George
Andguladze (Jorg) –
Orchestra
e Coro del Teatro Regio di Parma, Andrea Battistoni
Label : C Major (2014)
Commentaire 2 :
♣
J'ai justifié mon choix de Verdi pour ce second disque de la décennie
1850 par (la qualité de l’œuvre, rarement donnée, et) l’importance
centrale de son influence sur la conception du drame musical, en Italie
et au delà. Cependant, s’agissant d’une série discographique, la
motivation est aussi de présenter
un
disque parfait, qui serve de truchement idéal. Et je le tiens
ici.
♣
L’intégrale Verdi chez
C Major
(CD & DVD) contient beaucoup de très belles propositions, avec ce
qui se faisait de mieux en chant italien dans les années 2010 (sans
nécessairement recourir à des superstars). L’autre particularité,
unique dans la discographie, réside dans la
qualité des chefs choisis, beaucoup
dotés d’une vision forte, qui ne se limite pas à de l’accompagnement
indolent, littéral ou bruyant. Au contraire,
Nabucco de Michele Mariotti,
I Lombardi, Ernani et
Simone Boccanegra de Daniele
Callegari,
Il Corsaro de
Carlo Montanaro
Luisa Miller
de Donato Renzetti,
I Vespri
Siciliani de Massimo Zanetti constituent véritablement le
meilleur de ce que produisent les baguettes de fosse italiennes
d'aujourd'hui, très articulées, nerveuses, mobiles et précises. Et dans
un genre plus moelleux, le
Trovatore
de Temirkanov constitue également une belle réussite !
♣ Ici, la
direction d’
Andrea Battistoni
se montre remarquable de conduite claire et nerveuse, le trait
instrumental toujours précis et tendu, soutien particulièrement
persuasif pour le drame qui se joue. Et les chanteurs ne sont pas en
reste !
Yu Guanqun (son
nom de famille est bien sûr Yu, je ne sais si le
Guanqun sur la pochette tient à une
volonté de l'artiste de se démarquer, ou s'il s'agit d'une erreur de
l'éditeur) se montre particulièrement valeureuse dans un rôle très
exigeant, avec un timbre égal, rond et percutant sur toute la tessiture
; la légère opacité de son expression s’allie très bien à la position
de réserve du personnage de femme de pasteur qui cherche la voie de la
dignité. L’incarnation de
Roberto
Aronica constitue un pur miracle : le (beau !) timbre est
relativement sombre, mais limpide, pas du tout tassé, et l’italien
coule avec naturel pour servir ce personnage de prêcheur. L’énergie
requise pour incarnée ces affects paroxystiques n’est à aucun moment
prise en défaut. Quant à
Roberto
Frontali, il étale les mêmes qualités sur les grandes scènes
depuis déjà une bonne dizaine d’années (et le fait encore aujourd’hui)
au moment de l’enregistrement : en plus d’un timbre mordant
caractéristique de la meilleure école italienne, héritier des Sereni et
des Zancanaro, il fait toujours valoir une approche très généreuse de
ses rôles, donnant toujours le sentiment qu’il ne chante pas sa partie
mais s’adresse réellement aux autres protagonistes. Effet qu’on ressent
assez rarement à l’opéra, où chacun est obligé de rester très concentré
sur son instrument.
En somme, une représentation superlative, pour ainsi dire idéale, au
service d’un opéra déjà hors du commun. Disque de la décennie, vous
comprenez pourquoi.
Les précédents numéros de la série (un disque par décennie, et deux à
partir de 1800), se trouvent dans le
chapitre dédié (lien également en haut de la
colonne de droite).