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jeudi 22 octobre 2020

Le défi 2020 des nouveautés – épisode 13 : Huygens, Gedalge, van Waas, de Vriend, Strauss à vent, Winterreise nawak


Que s'est-il passé au disque en octobre ?

Je change un peu de présentation pour classer autrement que par arbitraire ordre d'écoute.

Du vert au violet, mes recommandations… remplacées par des .
♦ Vert : réussi !
♦ Bleu : jalon considérable.
♦ Violet : écoute capitale.
♦ Gris : pas convaincu.   (aucun cette semaine)
(Les disques sans indication particulière sont à mon sens de très bons disques, simplement pas nécessairement prioritaires au sein de la profusion de l'offre.)

En rouge, les nouveautés.


winterreise_nawak.jpg


OPÉRA & musiques de scène


Côté opéra, qui l'eût cru, c'est un Donizetti enfin documenté qui attire le plus mon attention…

Monteverdi – Orfeo – I Gemelli, Gonzalez-Toro (Naïve)
→ Belle version dynamique et nette, qui ne m'a pas paru apporter de nouveautés marquantes dans l'instrumentation et autres choix esthétiques, et dont les voix ne sont pas typées. Une excellente version, néanmoins pas prioritaire dans le cadre de la très riche discographie. (Petit plaisir d'entendre Zachary Wilder dans son rôle étendu de Berger !)

Lully - La Grotte de Versailles, Georges Dandin - Jarry (CVS)
→ La Grotte n'est pas le Lully le plus palpitant, et la manière assez tendre, pour ne pas dire indolente, de Jarry accentue sans doute encoe cet aspect peu tendu de l'œuvre – de même que les voix moelleuses, un peu ouatées, peu typées… (Le disque Reyne faisait une proposition autrement colorée et évocatrice !)
→ Sous ce traitement, le charmant Dandin sombre lui aussi dans une uniformitée policée qui, je dois l'aouer, m'exalte assez peu.
(→ Pourtant, les vidéos prises lors de l'enregistrement sont beaucoup plus électrisantes – lissage artificiel lors de la post-production ?)

Donizetti – L'Ange de Nisida – El-Khoury, David Junghoon Kim, Naouri, Priante ; ROH, Elder (Opera rara, mars 2019)
→ Double histoire d'inachèvement que cet Ange. Commandé en 1834 par le Théâtre de la Renaissance Donizetti y inclut des éléments de son Adelaide inachevée. La partition est écrite en 1839, mais alors même que les répétitions avaient commencé, la troupe fait faillite. L'œuvre n'est jamais représentée. De ce fait, vous retrouverez dans cette partitions beaucoup d'endroits que Donizetti réutilise, la même année, pour confectionner La Favorite, sur une intrigue similaire (le jeune homme éperdu d'amour idéal qui se retrouve à épouser la maîtresse du roi), passant de l'Italie à l'Espagne, et remaniée par Eugène Scribe.
→ Belle interprétation ; Elder a peu de mordant ici, mais la captation qui rend très présents à la fois les chanteurs et l'orchestre, permet une écoute optimale.
→ Vocalement, très belle version, en particulier chez les hommes, bon français, et très expressif comme on s'en doute chez les électrisants Naouri et Priante.
→ Belle découverte qui manquait, parmi le legs français de Donizetti ! Je trouve même le livret plus palpitant que celui de La Favorite : des épisodes comiques menaçants (façon Fiesque ou Ruy Blas, disons), moins d'airs, des échanges / affrontements / contrats plus mobiles, un peu plus de mystère aussi. Mais n'en attendez pas de révélation si vous connaissez la Favorite : les meilleurs morceaux y ont été réutilisés, et il y manque ses solos marquants.

Donizetti – L'Ange de Nisida – Lidia Fridman, Konu Kim, Sempey, Roberto Lorenzi ; Donizetti Opera O, Tingaud (Dynamic, octobre 2020)
→ Étrange initiative de publier, à si peu d'intervalle après la luxueuse version d'Opera Rara il y a dix-huit mois, cette version plus fruste – ténor certes intéressant (beau timbre, bonne prononciation, mais il reste des raucités fréquentes chez les chanteurs chinois et coréens), mais la justesse moyenne des cordes, accentuée par la prise de son comme souvent très contre-productive de Dynamic (zoom sur les trous dans le spectre orchestral, voix rejetées en arrière), rend l'écoute moins confortable.
→ Version tout à fait décente au demeurant, mais paraissant juste après une autre sensiblement plus aboutie, la nécessité de l'acquérir (voire de l'écouter) ne paraît pas évidente. [Oh, je me rends compte que la version physique de l'objet est un DVD et non un CD, ce qui change en effet l'intérêt de la chose… ce doit être très agréable avec le visuel !]

Moniuszko
– Paria – Poznan PO, Borowicz (DUX)
→ Opéra de jeunesse de Moniuszko, écrit sur un thème non local (intrigue bouddhique à Bénarès) pour séduire le public européen d'après une pièce de Casimir Delavigne… sur un livret en italien d'un auteur polonais.
→ Résultat assez standard comme on pouvait le craindre, un des opéras d'école italienne comme on en a tant produits, sans grande inspiration mélodique, impact dramatique ni effets d'harmonie ou d'orchestration. L'équipe de chanteurs polonais prononce de surcroît un italien assez peu savoureux.
→ Donc assez secondaire, en rien une urgence, sauf pour la curiosité d'entendre Moniuszko en italien. L'œuvre n'eut pas de succès non plus en son temps.

Verdi – La Traviata – Duo Germont-Violetta par Santini-Callas-Savarese, Mugnai-Callas-Campolonghi, Giulini-Callas-Bastianini, Rizzi-Grubverová-Zancanaro, Callegari-Devia-Zancanaro, Muti-Fabriccini-Coni, Pritchard-Sutherland-Merrill, Votto-Scotto-Bastianini…

Verdi – La Traviata – Studer, Pavarotti, Pons ; Met, Levine (DGG 1992)
→ De mauvaise fame et pourtant chantée au plus haut niveau, de façon impeccable techniquement et très frémissante.

Godard – Le Dante – Gens, Montvidas, Lapointe; Radio de Munich, Schirmer (Singulares)
→ Livret toujours aussi nul, de jolies choses dans la musique et une distribution de feu !


RÉCITALS VOCAUX (pouah)

Haendel – « La Francesina, Handel's nightingale » – Sophie Junker, Le Concert de l'Hostel Dieu, Franck-Emmanuel Comte (Aparté)
→ Beau disque, programme original pour un récital Haendel (beaucoup d'airs d'opéras anglais peu joués), et interprètes remarquables de style et de vivacités, très bien captés. Avouerai-je une petite frustration d'entendre Sophie Junker, très grande déclamatrice (adorée dans Erlkönigs Tochter de Gade aussi bien que dans le premier XVIIe italien chez Rossi…), se prêter à l'agilité ostentatoire du seria où l'aération de son timbre paraît moins un atout ? Ce n'était pas le répertoire où j'avais envie de l'entendre s'épanouir : j'entends un bon disque Haendel là où l'on pourrait avoir du lied ou des cantates XIXe absolument saisissants, voire du XVIIe de haute volée.


MUSIQUE SACRÉE

Abondance de biens comme chaque semaine de ce côté : disque particulièrement abouti de la SWR, varié et prenant, très loin des habituelles joliesses des albums de Noël (si vous êtes abonné à Qobuz, on m'y a commandé, il y a un an, une présentation de l'ensemble de la discographie du chœur) ; formidable démarche et intégration du disque Jarry que j'avais commenté en son temps, et encore tout récemment ; une excellente surpris de Jommelli ; Huygens le meilleur compositeur de petits motets à la française ?

Constantijn Huygens: Pathodia Sacra & Pathodia Profana – Auvity, Rignol, Van Rhijn (Glossa)
→ Corpus majeur du motet à voix seule, on ne fait pas plus prosodique / harmonique / rhétorique que ça ! Mais déception après les avoirs entendus en concert : Auvity est mal capté, la voix sonne avec dureté et étrangeté, trop près des micros, sans respirer dans un espace plus vaste… Un peu inconfortable à l'écoute alors que le niveau artistique est fabuleux. (De ce fait je recommande en priorité le disque Kooij, excellent aussi, qui ne souffre pas cette réserve.)

Constantijn Huygens: Pathodia Sacra & Pathodia Profana – Anne Grimm, Brummelstroete, van der Meel, Kooij – Leo van Doeselaar (NM Classics)

Balbastre, Dandrieu, Daquin : noëls populaires et pour orgue – Pages du CMBV, Jarry (CVS)
→ Déjà commenté à sa sortie en novembre 2019, puis dans une notule spécifique.

Jommelli – Requiem – Piau, Vistoli, R. Giordani, M. Lombardi, Rillevi, Cadel, Salvo ; Ghislieri O, GIulio Prandi (Arcana)
→ Connu pour ses opéras seria dans un style à la jointure du dernier baroque et du premier classique (dont les caractéristiques sont les airs très longs et l'effort d'adjoindre des contrechants de vents dans l'orchestre), Jommelli révèle ici une tout autre facette (il n'en existait, je crois, qu'un autre enregistrement, chez Bongiovanni).
→ Épuré, recueilli, persuasif, peu d'effets extérieurs, son harmonie apparaît beaucoup plus sophistiquée qu'à l'ordinaire, approchant une grâce digne des grands Mozart.

♥  Gibbons, Parsons, Byrd, Ord, Wishart, Howells, Holst, Vaughan Williams, Britten, Ravenscroft, Poston, Wilcocks, Adès, traditionnels – Christmas Carols – SWR Vokalensemble (Hänssler / SWR Classik)
→ Nombreux cantiques de Noël de langue anglaise, remarquablement choisis (pièces toutes passionnantes, pas trop homogène à l'écoute, mais interprétation qui leur procure une cohérence malgré leurs provenances très diverses), parcourus avec une simplicité frémissante par l'Ensemble Vocal de la SWR (au legs exceptionnellement divers). Vivement recommandé.


CONCERTOS


Émerveillement pour l'interprétation de Weber. Et retour à mon chouchou bassonné Hummel.

Vivaldi – Les Quatre Saisons – Jaap van Zweden, Combattimento Consort Amsterdam (Challenge Classics, 2016)
→ Sur instrument modernes (me semble-t-il à l'oreille), mais sans vibrato, version d'une virtuosité impressionnante permise par les instruments récents, tout en exposant une netteté et une fureur propre aux versions « musicologiques », une très belle proposition !

Dussek, Eberl, Beethoven, Eybler – « Beethoven's World » : concertos pour deux pianos, Gratulations-Menuett, Follia d'après Marais – Tal & Groethuysen, Radio de Francfort, Goebel (Sony)
→ Encore une superbe réussite de Goebel sur instruments modernes, mais ce volume me séduit moins que les précédents : pas de révélation vertigineuse sur le plan du programme. Des concertos pour piano bien faits parmi tant d'autres – et ce n'est pas mon genre de prédilection. Les volumes consacrés aux concertos pour violon de Clément ou aux concertos pour deux violoncelles de Reicha et Romberg étaient autrement stimulants !

Weber, Kurpinski – Concertos pour clarinette – Hoeprich, Orchestre du XVIIIe s., van Waas (Glossa)
→ Ces timbres, ces gradations en dynamiques, harmonies, en grain ! Van Waas transfigure ces œuvres qui paraissaient un peu monumentales en un univers frémissant de vie, très théâtral, comme issu en ligne directe de la dramaturgie de Gluck, la palette compositionnelle étendue des romantiques en sus !
(→ Le court concerto en un mouvement de Kurpinski est moins marquant, d'où le classement en section « interprétations ».)

Hummel – Concerto pour basson – Luoma, Tapiola Sinfonietta, Nisonen (Ondine)
→ Bijou de légèreté (très informée musicologiquement), ma version chouchoute pour ce concerto à la verve merveilleuse !

♥  Hummel – Concerto pour basson – Kuuksman
→ Pour du grain et du terroir, le sommet. Le Mozart est aussi superbement réussi, une de ses grandes lectures !

Paganini – Violin Concertos 1 and 2 – Rudolf Koelman, PBSO, de Vriend (Challenge Classics, 2012)
→ Très belle version mobile et vivalnte, mais moins radicale qu'avec La Haye dont de Vriend est directeur musical, évidemment. Ouverture très réussie de Matilde di Shabran, crescendo rossinien remarquablement maîtrisé.

Mendelssohn – Concertos pour 2 pianos – Ammara, Prosseda, Den Haag, Vriend (Decca 2019)
→ Celui en la bémol procède vraiment de l'imaginaire mozartien. Œuvres de prime jeunesse sans doute, assez peu marquantes (ce qui en fait, en soi, des œuvres à connaître : c'est si rare chez Mendelssohn !).

Moszkowski: Piano Concerto in E Major – Matti Raekallio,Tampere PO, Leonid Grin (Ondine)
→ Correspond bien davantage que la découverte émerveillée de ses Suites orchestrales… au préjugé que j'en avais. Du gentil néo-Chopin (très) bien fait, certes, mais pas particulièrement décoiffant de singularité. (Petit côté fanfare de cirque qui me plaît bien dans le final…)

Finzi, Vaughan Williams, Holst, J.  Gardner, Arnold, Stanford, J. Horovitz, P. Hope, G. Jacob, Rawsthorne, Leighton, H. Blake, Gunning, C. Lambert, Fogg – « My England », concertos anglais pour bois – Groves, Wordsworth, Bolton, P. Daniel… (Universal 2015)
→ Des raretés absolues dont certaines très stimulantes !  En cours d'exploration.


SYMPHONIES & poèmes orchestraux

Exploration partielle du fonds La Haye / de Vriend. Très convaincant dans l'ensemble, avec un faible particulier pour cette Neuvième de Schubert qui vient de sortir, et cette Première Sérénade de Brahms hors du commun. Sinon, Arriaga dans une lecture plus tradi que Savall, mais tout aussi aboutie… La Symphonie de Mantovani tient ses promesses, plutôt le meilleur de l'auteur – en revanche il ne faut pas en attendre de neuf, c'est du vrai Mantovani typique.

Beethoven – Intégrale des Symphonies et des Concertos – Den Haag, de Vriend (Challenge Classics)
→ Belle intégrale dans le genre « musicologique », sur instruments modernes (pas les cuivres manifestement, à l'oreille !), qui fouette avec un brin de sècheresse ces œuvres, très animées mais à mon sens un peu au détriment de la structure : lecture très verticale, dont les lignes s'interrompent vraiment lors des sforzati (dans l'esprit, à comparer avec Harnoncourt dans son intégrale avec le COE).
→ Des aspects électrisants, mais dans le même genre, on dispose de discours plus fouillés, variés, colorés.

Schubert: The Complete Symphonies Vol. 1. Symphony No. 2, D. 125 / Symphony No. 4, D. 417, Residentie Orkest The Hague, Jan Willem de Vriend (Challenge Classics, septembre 2018)
→ Moins convaincu que par les autres volumes. Vif et claquant, mais pas très touchant.

Schubert: The Complete Symphonies Vol. 2 (Symphony No. 1, D. 82 / Symphony No. 3, D. 200 / Symphony No. 8, D. 759 – Residentie Orkest Den Haag, Jan Willem de Vriend (Challenge Classics, mai 2019)
→ Vivement fouetté comme ses Beethoven, cela fonctionne très bien pour ces symphonies. (J'aime moins pour le couplage 2 & 4 de 2018.) Là encore, pas le lieu de la poésie, plutôt une façon très dynamique de susciter ces œuvres, avec une certaine homogénéité dans la durée.

♥  Schubert: The Complete Symphonies Vol. 3: Symphony No.9, D.944 – Residentie Orkest Den Haag, Jan Willem de Vriend (Challenge Classics)
→ Splendide Neuvième atypique, pleine de vivacité, qui semble courir sans fin pendant sa vaste durée, on perd de vue l'impression de longueur, et l'infini se ressent dans la perpétuation de la précipitation. J'aime beaucoup – même si la dimension poétique des belles courbes mélodiques ou de certaines modulations est moins au premier plan que la dimension motorique ajoutée.

Arriaga – Symphonie – Mackerras (Hyperion)
→ Mackerras encore tradi (pas le baroquisant des dernières années), avec un son d'orchestre moelleux (un peu trop même lorsqu'adviennent les doublures de bois sur les cordes vibrées), mais on sent qu'un très grand chef est aux manettes dans le frémissement constant des phrasés ! Seule petite réserve, le thème B de l'Andante (point culminant de la symphonie pour moi, un peu comme le climax du mouvement lent du Quatuor de Debussy – il faut impérativement le réussir !) qui n'est pas ineffable au même point que Savall, mais pour tout le reste, c'est absolument passionnant, en effet une alternative complètement valable et exaltante, quoique non « musicologique », de cette œuvre qui méritait pleinement ces grandes lectures !

Brahms – Sérénade n°1, Variations sur un thème de Haydn – Den Haag, De Vriend (Challenge Classics)
→ Incroyable de parvenir à produire une Première Sérénade d'un tel éclat, pas du tout dans la contemplation pastorale, mais spectaculaire comme peuvent l'être les Variations sur Haydn (moins surprenantes de ce fait). Grande lecture très originale de cette page, qui sonne totalement différemment de la pâte brahmsienne habituelle, plus élancée et insolente !

Massenet – Brumaire, Visions, Espada, Les Érinnyes, Phèdre – Royal Scottish NSO, Tingaud (Naxos)
→ Impressionné par Brumaire, Visions et Phèdre, qui témoignent d'un sens dramatique avancé ; les deux Suites plus spécifiquement attachées à la scène sont beaucoup moins passionnantes à mon gré.
→ Un peu déçu que Tingaud tire moins de couleurs du prestigieux Royal Scottish que de (l'excellente, certes) RTÉ irlandaise, mais belle lecture dynamique, malgré les timbres assez blancs – et la prise de son un peu dure.

Strauss: Metamorphosen, TrV 290 – Sinfonia Grange au Lac; Salonen, Esa-Pekka (Alpha, septembre 2019)
→ Grain individidualisé, tension de l'arche, grande version !

Prokofiev – Symphonies 1,2,3 – Bergen PO, Litton (BIS)
→ Versions captées avec l'aération de BIS et la beauté de Bergen, mais je ne leur ai pas trouvé la fermeté directionnelle ni la netteté (réverbération un peu forte pour cette musique ?) des grandes intégrales que je fréquente d'ordinaire (Weller par-dessus tout, Kitajenko, Gergiev…).

Pino Donaggio – Prélude pour Blow Out de De Palma – Sinfonica di Milano
→ Thème sirupeux postrachmaninovien assez standard, avec un petit côté variétaire dans le solo (sous-Concerto en sol), moui.

Bollon – Œuvres orchestrales – Radio de Sarrebrück, Nicholas Milton (HM)
→ Par le grand chef qui nous a révélé les mérites de Magnard dans ses récentes parutions des Symphonies, voici des compositions.
→ Étrange pièce avec flûte à bec amplifiée et modifiée par ordinateur (inconfortables disproportions, lorsqu'on écoute au disque), puis pièces assez planantes et tendues, avec des frottements menaçants assez habituels, des cordes dans le suraigu, des bouts de beat, tout cela surnageant dans une forme que je n'ai pas réussi à définir. Pas déplaisant, mais je n'ai trouvé cela ni très singulier ni très passionnant, je l'avoue.

♥  Mantovani – Symphonie n°1 « l'idée fixe », Abstract – Coppey, Monte-Carlo PO, Rophé (Printemps des Arts de Monte-Carlo)
→ Toujours cette écriture où l'on semble glisser d'un motif à l'autre par les timbres, au sein d'une pensée orchestrale en strates vraiment riche, animée, ludique à suivre. Une musique totalement atonale qui suit un parcours accessible, il y a de quoi toucher un plus vaste public qu'à l'ordinaire.
→ Et le Philharmonique de Monte-Carlo est superbement capté !


MUSIQUE DE CHAMBRE

Grand coup de cœur pour les œuvres pour vents de Strauss, qui n'a pas beaucoup brillé dans la musique de chambre… sauf, manifestement, lorqu'elle peut faire du bruit !  Savoureusement interprétées ici. Gedalge également, très belle découverte (sa Première Sonate aussi, pas enregistrée mais entendu au concert il y a quelques jours) !

Schubert – Quatuors n°4, 12 & 14 – Arod SQ (Erato)
→ Encore un jalon dans la jeune génération de quatuors très ardents dans ces pages depuis la rupture épistémologique des Jerusalem, qui ont ouvert une brèche depuis brillamment empruntée par les Ehnes, Novus, Cremona… À un degré de nouveauté certes moindre, les Arod impressionnent aussi par l'engagement absolu, le soin des textures et la tension qui émanent de leur appropriation d'aujourd'hui de ce quatuor.
→ Dernière variation du mouvement lent à pleine force, très impressionnante. Moins convaincu par la strette finale du quatuor : de loin la plus rapide jamais enregistrée, mais au point que le phrasé devient impossible, dommage.
→ Pas fanatique non plus que leur Quartettsatz, là encore surtout rapide, dans une œuvre qui a beaucoup d'autres choses à livrer ; en revanche leur Quatrième très fouillé permet de mettre à l'honneur la part de jeunesse des œuvres pour quatuor de Schubert, pas du niveau de ses derniers évidemment, mais parfaitement dignes d'intérêt dans un genre beaucoup moins typé et contrasté !

André Gedalge – Sonate violon n°2, concours trompette, trombone, mélodies – Laurenceau, Hacquard (Polymnie 2007)
→ Langage assez naturel et simple, ses mélodies chant-piano coulent de source, mais sa Sonate manifeste davantage d'ambition, très stimulante.

R. Strauss – Œuvres pour vents : Suite en si bémol, Sérénade en mi bémol, Sonate n°2 en mi bémol – Octophoros, Dombrecht (Passacaille)
→ Étrange mélange entre le Strauss contrapuntique sinueux qui affleure par moment et une écriture pour vents beaucoup plus traditionnelle, mélodique, sans ombre, une musique de véritable plein air, très homorythmique. Le vaste final de la Sonate est un modèle du R. Strauss lumineux, profusif et jubilatoire.
→ Je retrouve avec plaisir Octophoros et ses instruments anciens nasillards et capiteux, qui n'avaient pas trouvé de débouché disographique, me semble-t-il, depuis leur période chez Accent dans la décennie 2000.

♥  Walter Kaufmann – Quatuors, Septuor – Chamber ARC Ensemble (Chandos)
→ Incluant du folklore, assez calme et sombre, de belles œuvres accessibles mais sans superficialité. À approfondir.


SOLOS


Bach – Variations Goldberg – version harpe de Parker Ramsay (Label du King's College de Cambridge)
→ Très fondu et romantique, peu de contraste entre les sections, beaucoup de réverbération… je trouve qu'on y perd en richesse.
→ À l'opposé, je révère la lisibilité de la version de Catrin Finch (DGG 2009), acérée, variée, n'hésitant pas à travailler l'irrégularité des phrasés, à changer le tempo entre variations. Une très grande lectures de ces pièces, qui mène au niveau supérieur le changement d'instrument. Dommage pour Ramsay, donc.

Chaminade : Callirhoé Op.37 n°3 : pas des écharpes, Erik Parkin (Chandos 1991)
→ Charmant. Mais le lien avec Callirhoé n'est pas évident.


LIED & MÉLODIE

Splendides duos rares, un Winterreise totalement bizarre, une réédition salutaire d'un des meilleurs disques d'airs de cour de tous les temps… De quoi être content cette semaine.

♥  Lambert – Airs de cour – Mellon, Feldman, Laurens, Visse, Cantor… ; Les Arts Florissants (réédition HM)
→ Réédition.
→ La façon d'orner et de gérer le tempo a changé depuis l'enregistrement de ce disque vénérable, mais tout reste merveilleux ici, notamment la typicité de ces voix étroites, qui mettent le timbre et le texte au premier plan, loin des profils beaucoup plus couverts / ouatés qui prévalent aujourd'hui (même chez Christie).
→ Un Lambert vibrant et plein de poésie, chanté souvent à plusieurs mais avec la précision d'inflexion d'une interprétation monodique, pour un corpus qui sert lui aussi l'expression d'un goût suprême.

Schubert – Die Winterreise (arrangement Wolf & Siegmeth pour récitant, sax et archiluth) – Stefan Hunstein, Axel Wolf, Hugo Siegmeth (Oehms)
→ Encore un Winterreise bizarre. Mais celui-ci ne se contente pas de faire jouer la musique par des instruments exotiques, il offre une lecture intégrale des poèmes (remarquablement dits par Hunstein), accompagnée / entrecoupée par l'interprétation des thèmes écrits par Schubert. Quelquefois en entier, quelquefois avec variations, quelquefois par bribes, ou encore des sortes d'improvisations vaguement inspirées par le motif d'origine. Des bouts d'atmosphères qui surnagent autour du poème.
→ Et par deux instruments tout à fait inattendus (le sax ténor fait vraiment trop musique de cave enfumée pour l'esprit recherché, mais le sax soprano, la clarinette basse, et surtout le théorbe et l'archiluth parviennent capturer de réelles beautés bien présentes dans le cycle initial, et à le redéployer (ce qui est rarissime) sans le ridiculiser ni l'affaiblir. J'y retrouve tout le plaisir du Winterreise, mais selon une autre méthode, en quelque sorte. À essayer pour renouveler son approche, en particulier poétique !

Mendelssohn, Brahms, Gounod, Delibes, Massenet, Fauré, Chausson, Saint-Saëns… – Lieder & mélodies en duo « Deux mezzos sinon rien » – Deshayes, Haidan, Farjot (Klarthe)
→ Programme enthousiasmant, qui n'a rien (comme aurait pu le suggérer son titre) d'un récital de bis aimables, mais propose des pièces pleines de saveur, légères comme profondes.

Duparc – Phydilé – Sen Ren (sur son Facebook)
→ Belle diction, voix sonore et saine.

Mélodies suédoises (flonflons Björling, « art song » de Söderström, von Otter, monographie Melartin…)


LISTE D'ÉCOUTES à (re)faire

(cette section contient beaucoup de citations de mes mécènes en suggestions, copiées-collées dans mon dossier !)

L'Oiseau de feu, Suite du ballet (1945)
= Igor Stravinsky, Orchestre philharmonique de New York
(Columbia, janvier 1946)dusapin nigl

Die Bakchantinnen wellesz

Nordic Autumn? Ce sont des mélodies avec orchestre de Rangström, Madetoja et Palmgren et Luonnatar de Sibelius - par Camilla Nylund et Ulf Schirmer avec le Münchner Rundfunkorchester?lazarevitch îles britanniques / getchell
• Nobody’s Jig. Mr Playford’s English Dancing Master
- elfin knight frederiksen

Christoph Prégardien: ténor Christoph Schnackertz: piano Moniuszko:traduits en français par Alfred des Essarts.
Paderewski: Douze mélodies Catulle Mendès op.22.

Rihm – Das Rote

tintagiles RVW, loeffler

Sous l'eau du songe
Lieder and melodies by Lili Boulanger (1893-1918), Alma
Mahler (1879-1964) and Clara Schumann (1819-96)
Maria Riccarda Wesseling (mezzo-soprano), Nathalie Dang (piano)
→ Krogulski/Nowakowski (Goerner)
→ Stolpe

HIGH ROAD TO KILKENNY (THE) - Gaelic Songs and Dances from the 17th and 18th Centuries (Getchell, Les Musiciens de Saint-Julien, Lazarevitch)→ Lazzari, . Effet de Nuit fait son effet, par contre, la symphonie est interminable et les autres pièces symphoniques pas palpitantes (j'ai même trouvé la rhapsodie spécialement niaise). son trio pour piano et sa sonate pour violon ravi

→ Joubert (hors quatuors, je n'ai pas pris de notes), : la symphonie No. 2 (moment ineffable dans le II avant un finale diabolique), le concerto pour hautbois (sombre et véhément) et les pièces chambristes. Le cycle vocal Landscapes, le trio pour piano avec beaucoup d'atmosphères, ses sonates pour piano, surtout la No. 2,
→ tailleferre
→ final choral 2e partie Theodora
→ hummel
→ Marshall-Luck pour la Sonate violon d'Elgar
→ Requiem de Kastalsky par Slatkin
→ dallapiccola vol de nuit→ Alla Pavlova musique de film sous étiquette symphonique. C’est très sucré
→ Stacey Garrop l’aspect narratif de ses pièces (sa symphonie Mythology collection de poèmes symphoniques
→ Ses quatuors
→ Lea Auerbach sa musique de chambre, souvent autour des variations, jeux de miroirs au sein de la même pièce ou entre les pièces (les mouettes du I dans son premier trio), ses motorismes, toutes ces choses et plus encore me transportent.
→→ Ses deux trios pour piano et ses 24 préludes (surtout ceux pour violoncelle et piano, même si violon et piano, un autre numéro d’opus, sont de haute volée) seraient mes premières recommandations.

→ Gloria Coates Noir, tourmenté, très râpeux
→ Rosalind Ellicott quelle verve mélodique ! Ses deux trios pour piano
→ En vitesse, Lucija Garuta a laissé un très beau concerto pour piano, Louise Héritte-Viardot 3 quatuors de belle facture, Rita Strohl un saisissant duo violoncelle/piano Titus et Bérénice. Elisabeth Lutyens m’a été très difficile d’approche, mais elle a définitivement des choses à dire.
→ Australiennes, comme Myriam Hyde, Elena Kats-Chernin et Margareth Sutherland (Women of Note, permet de se faire une idée des noms qui accrochent).

schleiermacher

moszkowski catalogue

hauer opéra

rubbra ccto pia, botstein

mephisto minnesota oue

callirhoe chaminade

tailleferre cc 2 pianos, hommage à rameau

barber sonata kenny
copland sonata

trauermusik haydn

voces8 marcello

compét' symphonistes brits

sawyer 4vaccai sposa messina

polonia panufnik

cantates jacquet
kinkel
holmès
bosmans
sokolovic
kapralova

nowowiejski org

comala

tout gold MDG : leipziger (gade, sibelius, schoeck), consortium…

tout Hortus Gde guerre

opéras CPO : pfitzner, fibich, weingartner, feuersnot…

delius mass of life

DUX bacewicz vln-pia

saygunmoeran songs

Emile Jaques-Dalcroze: La Veillée
par Le Chant Sacré Genève, Orchestre de Chambre de Geneve, Romain Mayor

abraham, hollaender





… de quoi vous amuser sous couvert d'échapper aux flammes.

David Le Marrec

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