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[pré-annonce] Saison définitive de l'Opéra de Paris 2019-2020


Si vous êtes agité par la perspective de ne pas savoir encore ce que vous ferez en décembre 2020, cette notule est pour vous.

À la suite d'une avance délibérée ou d'une maladresse involontaire, la saison officielle de l'Opéra de Paris, attendue fiévreusement par les amateurs d'opéra (la plus étendue de France en nombre de titres, de dates, et en prestige des chanteurs et metteurs en scène invités), est connue : les premières brochures ont été envoyées et reçues – tandis que la présentation officielle n'a lieu qu'à la mi-mars.

Pour les plus impatients donc :

ITALIEN (11)
¶ Mozart, Don Giovanni – Van Hove & Jordan – J. Wagner, d'Oustrac, Barbeyrac, Sly, Pisaroni
¶ Mozart, Così fan tutte – De Keersmaeker & Manacorda – J. Wagner, Lauricella, Costello, Sly, Szot
¶ Rossini, Il Barbiere di Siviglia – Michieletto, Montanaro – Oropesa, Anduaga, Lepore, Sempey / Filonczyk, Baczyk
¶ Bellini, Il Pirata (version de concert)  – Frizza – Radvanovsky, Spyres, Tézier
¶ Bellini, I Puritani – Pelly & Frizza – Dreisig, Camarena / Demuro, Bertin-Hugaut
¶ Verdi, Rigoletto – Guth & Scappucci – Dreisig, Antoun, Lučić, Siwek
¶ Verdi, La Traviata – Stone & Mariotti / Montanaro – Yende / Machaidze, Bernheim / Ayan, Tézier / Lapointe
¶ Verdi, Don Carlo (5 actes « Modène ») – Warlikowski & Luisi – Kurzak / Car, Rachvelishvili, Alagna / Fabiano, Pape
¶ Puccini, La Bohème – Guth & Viotti – Jaho / Stikhina / Costa-Jachson, Fuchs / Tsallagova, Demuro / Grigolo / Bernheim
¶ Puccini, Madama Butterfly – Wilson & Sagripanti – Martínez / Alieva, Lemieux / Hubeaux, Berrugi / D. Popov
¶ Cilea, Adriana Lecouvreur – McVicar & Sagripanti – Netrebko / Stikhina, Semenchuk, Eyvasov,  Lučić

ALLEMAND (5)
¶ Wagner, Das Rheingold – Bieito & Jordan – Gabler, Gubanova, Vasar, Paterson
¶ Wagner, Die Walküre – Bieito & Jordan – Westbroek, Serafin, Gubanova, Kaufmann, Paterson (Wotan), Relyea
¶ Wagner, Siegfried – Bieito & Jordan – Fuchs, Serafin (Brünnhilde), Lehmkuhl, Schager, Paterson
¶ Wagner, Der Götterdämmerung – Bieito & Jordan – Gabler, Merbeth (Brünnhilde), Connolly, Kränzle, Schmeckenbecher (il me manque Hagen)
¶ Reimann, Lear – Bieito & Luisi – Herlitzius, Skovhus, Saks

FRANÇAIS (4)
¶ Rameau, Les Indes Galantes (à Bastille) – Cogitore & García-Alarcón– Devieilhe, Devos, Fuchs, Vidal, Barbeyrac, Duhamel, Crossley-Mercer, Sempey
¶ Offenbach, Les Contes d'Hoffmann – Carsen & Elder / Vallet – Devos, Gens, Arquez, Fabiano, Briand (il me manque les Diables)
¶ Massenet, Manon – Huguet & Ettinger – Yende / Fomina, Bernheim / Costello, Tézier, Tagliavini
¶ Boesmans, Yvonne princesse de Bourgogne – Bondy & Mälkki – Lyssewski, Uria-Monzon, Naouri

RUSSE (2)
¶ Moussorgski, Boris Godounov – Van Hove  & Schønwandt – Malevskaya, Conrad, Pape…
¶ Borodine, Le Prince Igor – Kosky & Jordan – Stikhina, Rachvelishvili, Černoch, Nikitin

Hors Traviata, Indes, Manon, Igor et le Ring, uniquement des reprises de productions existantes récentes (Don Giovanni est donné en juin de cette saison !) ou anciennes (Yvonne a 10 ans, les Contes davantage mais très régulièrement repris).

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Informations généreusement partagées par Adalbéron et Xavier (qui en plus d'être bien informés écrivent immanquablement des choses intéressantes !).

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Pas de grande éditorialisation à faire ici. Je ne puis dire que je sois déçu, puisque j'ai fini par accepter que la tendance Lissner (qui fut pourtant le grand promoteur de Janaček en France dans les années 90, contribuant aussi à faire d'Aix un lieu d'essais théâtraux plus tournés vers la mise en scène et le répertoire du vingtième siècle qu'un  simple festival Mozart) s'inscrit probablement un projet de fond, voulu par la tutelle, de faire de la maison un lieu de prestige – plutôt fondé sur des noms de metteurs en scène à la mode et de chanteurs-vedettes, pas destiné avant tout à servir la musique, le patrimoine, l'ouverture à des horizons variés et / ou nouveau.

Lorsqu'on a accepté que l'Opéra de Paris a décidé d'entrer dans un modèle de théâtre de répertoire type Vienne, où l'on rejoue en circuit fermé les mêmes titres dans les mêmes productions, en attirant les vedettes les plus en vue, on cesse d'être bougon et d'attendre de l'institution ce qu'elle (devrait peut-être mais) ne souhaite pas nous donner.
Les distributions vocales sont splendides et font toutes très, très envie, incontestablement.

J'ai déjà formulé mille fois ma frustration de ce que la maison qui a le plus de moyens (et un public captif, puisque les opéras de grand format ne sont donnés que par elle, que son prestige est tel que la province, les touristes accourent et remplissent les derniers sièges libres) ne propose pas des parcours qui permettent aussi d'élargir ses horizons, dans des œuvres, des langues, des adaptations, des traductions – que sais-je ! – qui fassent voir l'opéra sous un jour nouveau. Qu'il est beau d'entrer dans une salle et d'en ressortir en se rendant compte qu'en réalité il existait tout un pan artistique dont on ignorait l'existence !

À ce titre, même dans le cadre d'une programmation ultra-conservatrice comme ici, il est dommage que l'horizon linguistique et géographique soit aussi réduit : italien, français, allemand, russe. Rien en anglais (où le choix est pourtant vastissime, et justement du côté de genres hybrides, d'œuvres récentes et accessibles inspirées du cinéma ou de la culture populaire…), rien dans des langues plus rares.

Bien sûr, on peut se sentir floué dans la mesure où l'Opéra National de Paris est la seule maison de la région qui puisse proposer des saisons aussi vastes et monter certains ouvrages – le Comique et l'Athénée, même les Champs-Élysées peuvent difficilement monter des opéras de Schreker en version scénique (rien que les coûts fixes les mettraient en faillite, je suppose). Néanmoins, considérant l'offre démentielle dans la région, il est possible d'aller se consoler dans quantité d'autres endroits : en combinant Champs-Élysées, Favart, Jouvet, Versailles, CRR, Massy, Bouffes, Frivolités Parisiennes, Herblay, Saint-Quentin et les productions itinérantes, on trouve largement de quoi saturer son calendrier, même si l'on ne va voir qu'exclusivement de l'opéra mis en scène !

J'ose à peine ajouter que, si c'est pour entendre coincé au fond de Bastille un orchestre qui joue à l'économie et qui ne devient vaguement en place qu'en fin de série, on se console d'autant mieux d'aller voir ailleurs. (J'ai vraiment du mal à m'expliquer cette désinvolture, connue par quantité d'anecdotes, mais qui se voit et surtout s'entend tout au long de la saison, alors que le recrutement est probablement le plus exigeant de France… qu'est-ce qui peut se passer entre l'instrumentiste fulgurant qui entre et le gars qui s'ennuie ostensiblement, le groupe qui refuse d'écouter les chefs invités ?)


Cela n'empêche pas évidemment de passer d'excellentes soirées sur place – ma plus belle expérience de la saison 2018-2019 a sans doute été d'entendre Les Huguenots en action !  (mais c'était et une œuvre un minimum originale, et l'avant-dernière représentation – on entend clairement dans les vidéos officielles que ce n'était pas pareil les autres jours…)


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Commentaires

1. Le dimanche 3 mars 2019 à , par Xavier

Hagen: Ain Anger

2. Le dimanche 3 mars 2019 à , par DavidLeMarrec

Merci Xavier.

Hé bien, il a la santé, Anger, depuis le temps qu'il chante les grandes basses… Je savais qu'il était encore en belle forme, mais au point de donner dans Bastille le rôle où il faut chanter le plus aigu (sol 3, plusieurs fois) et le plus fort de tout le répertoire…

3. Le mardi 5 mars 2019 à , par DavidLeMarrec

Donc, le Ring sera manifestement à des prix délirants (les places à 35€ au fond du second balcon passent à 60€, les places à 15€ où il faut se pencher pour voir à 40€, les places debout à 5€ à 15€).

Que ça arrive dans les maisons où le mécénat est difficile à trouver, soit, mais dans la maison la plus subventionnée au monde, c'est mettre une barrière à peu près infranchissable pour les revenus plus modestes. D'autant plus que, pour réserver le Ring en abonnement, il faut apparemment tout prendre à la fois (pour éviter l'effet Walkyrie et l'effet Kaufmann combinés, je suppose). Là pareil : les provinciaux qui ne prennent pas d'abonnement (mais qui paient pour l'Opéra de Paris davantage que les Parisiens pour l'Opéra de Tours…), les revenus modestes qui ne peuvent pas prendre tous les volets ou faire de grosse avance sur trésorerie… seront floués.

Je veux bien qu'on me dise que le spectacle vivant est un luxe, de toute façon pas rentable, et qu'on paie plus cher pour d'autres spectacles où le public est en moyenne bien moins fortuné… Mais dans ce cas :

¶ comment se fait-il que des maisons moins subventionnées, à Paris, en Île-de-France, en province, produisent de (meilleurs) spectacles avec des tarifs d'entrée de gamme beaucoup plus accessibles ?

¶ il ne faut pas <i>oser</i> se vanter de rendre l'opéra accessible et populaire. Ou alors le grand public a juste le droit d'aller voir la millième reprise du Barbier de Séville ?

Plus que l'augmentation en elle-même, c'est l'hypocrisie qui l'accompagne qui crée un décalage assez irritant.

4. Le mardi 5 mars 2019 à , par DavidLeMarrec

Pour ce qui est de la remise en perspective dans le temps : je ne suis dans la région que depuis dix ans, et j'ai connu la période où pour 10€, on avait une place au premier balcon (aujourd'hui ces places sont à quelque chose entre 45€ et 70€). À présent, pour s'offrir une place au fond du second balcon, c'est 35€… Et cela s'est à chaque fois accompagné d'un discours sur la progressivité des tarifs, sur la recherche du renouvellement du public, l'ouverture de l'Opéra sur la Cité, etc.

On m'a expliqué il y a quelque temps que l'augmentation des prix, dans la presse, était remarquée surtout sur le tarif maximal, et qu'il était donc moins visible et moins polémique d'augmenter plutôt les catégories intermédiaires et basses. (Ce qui est peut-être invisible de loin, mais le prix d'entrée le plus bas est pourtant décisif : c'est lui qui filtre ceux qui ne peuvent pas.)

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Évidemment, en ce qui me concerne, ce n'est pas un grand drame : outre qu'il y a déjà amplement à voir ailleurs (avec une meilleure acoustique, des productions plus animées, un public plus agréable), les titres annoncés ne comportant aucune nouveauté hors du Prince Igor (qui est tout de même un standard de l'opéra mondial, et pas une œuvre que je trouve si fulgurante, mais on ne la voit jamais en France, c'est vrai), je pourrai survivre. Comme tous les acharnés d'ailleurs, qui surveilleront la Bourse aux Billets, les ristournes, etc.

Mais la distribution du Ring étant fort alléchante (en particulier l'Or et le Crépuscule), j'aurais bien cédé. Évidemment, 60€ pour une place à 20m de la scène, ce n'est pas envisageable, et j'aime davantage m'offrir une production scénique à Versailles, où je pourrai découvrir une œuvre inédite et voir sans longue-vue ce qui se passe sur scène.

(J'arrive aussi au moment critique où j'aurai déjà vu sur scène, à l'exception d'Igor, des Indes et du Pirate, tous les titres programmés… Payer plus cher pour voir la même chose est d'autant moins tentant.)

Curieux de voir tout de même s'ils trouveront la masse critique de spectateurs pour remplir toutes les places du milieu (gens pas assez riches pour acheter une première catégorie quel que soit le prix, mais tout de même suffisamment fortunés pour dépenser 4x150€), pour du Wagner – quand même un truc de mélomanes et de spécialistes. Avec un Verdi célèbres, oui, bien sûr, mais pour Siegfried, malgré le faible nombre de représentations, je ne suis pas certain.

5. Le jeudi 7 mars 2019 à , par Xavier

Je suis 100% d'accord avec toi…
Mais sur ton premier paragraphe, il me semble que tu exagères un peu les choses: les places de fond de 1er balcon qui étaient autrefois à 10 euros (et qui sont plutôt mauvaises) sont aujourd'hui à 35 euros.
Le fond de 2è balcon à 35 euros, ça fait bien longtemps que c'est comme ça.
Avant ces places étaient à 20 euros mais c'était il y a bien 10 ans, il y avait eu une brusque augmentation de ces places, je crois que c'était sous Joël, et même qu'une année elles étaient montées à 40 euros, puis c'était revenu à 35, depuis ça n'a pas bougé.
Apparemment les tarifs n'ont pas bougé entre cette saison et la prochaine pour tous les opéras sauf le Ring.
Par contre la surtaxe Wagner qui a lieu pour ce Ring est scandaleuse et n'a aucune justification.
On n'a pas eu ça pour les Maîtres ou Parsifal qui réclament des moyens tout à fait comparables...
Je pense qu'il vont quand même réussir à remplir grâce à la rareté de Wagner ces temps-ci (sans parler de Strauss et de tout le répertoire allemand XIXè-début XXè) et grâce au côté événement du truc...

6. Le jeudi 7 mars 2019 à , par keisha

Allez, puisqu'on râle sur les tarifs, j'y vais à fond, j'adore me faire du mal.
Prenez un senior de plus de 65 ans (à l'opéra de Paris faut être né avant le 1er janvier 1953) , hé bien il a droit à une place (peut-être) à un super tarif de 70 euros. Je peux vous dire que les retraité(e)s qui s'offraient une place à 35 euros (c'était avant) se sont rabattu(e)s sur les places à 5 euros.
Perso je suis 'en région' et m'éclate à Tours et Limoges avec des tarifs corrects et des oeuvres de bonne tenue, mais à Paris je peux craquer, pour Les Huguenots par exemple, on ne verra pas ça près de chez soi. Ajoutez le déplacement, ça fait cher. Mais quand on aime...

7. Le jeudi 7 mars 2019 à , par Xavier

Oui enfin, on n'interdit pas aux seniors de prendre des places "normales" à 35 euros… Surtout qu'en général, les habitués de cet âge-là ne sont pas les plus démunis.

8. Le vendredi 8 mars 2019 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Keisha !

Effectivement, les tarifs réduits en raison de l'âge sont déjà un luxe – le Pass Jeunes inventé par Mortier m'a toujours fait hurler de rire, il faut payer pour avoir le droit d'acheter (peut-être) des places de dernière minute à 35€… C'est intéressant pour les jeunes bien nés, ou qui ont déjà débuté une carrière assez brillante (ça permet d'avoir les meilleures places au prix des dernières catégories), mais dans l'absolu, pour les bourses modestes, le prix du Pass plus les places, ça revient à une somme assez considérable. Alors à 70… il ne faut pas toucher une petite retraite !

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Bonsoir Xavier !

Très possible, je n'ai pas vérifié. Je suis sûr de l'histoire des places à 10€ (où je ne suis jamais allé, ça ne paraît pas très engageant acoustiquement, entre deux plaques serrées), après le dégradé, oui, je ne suis pas allé voir section par section. Mortier avait déjà augmenté significativement, mais oui, il y a eu une diminution drastique du nombre de places dans les catégories basses sous Joel, de pair avec leur augmentation, poursuivie à son arrivée par Lissner du reste, me semble-t-il (on est passé de 30 à 35, je crois bien).

Quant au Ring, je leur souhaite que ce soit bien vide et qu'ils soient obligé de brader, mais je crains en effet que le prestige de la chose n'attire suffisamment de monde. Le seuil du nombre de wagnériens enragés est largement atteint à Paris (et ils ont statistiquement plutôt de bons porte-monnaies).

Quant aux séniors, il est quand même significatif que les places à tarif réduit soient déjà tout à fait hors de portée de bien des bourses – si les habitués de cet âge sont bien dotés, est-ce parce que structurellement ils ont eu de belles carrières ou parce que les prix sont prohibitifs, c'est une vraie question. :) En tout cas je vois régulièrement à Bastille des dames âgées qui sont obligées de faire la queue pour des places à 5€ parce que les places à 15€ partent en un instant et que celles à 35€ représentent une grosse somme pour les petites retraites.

9. Le vendredi 8 mars 2019 à , par Xavier

Ou alors il faut apprendre aux retraités peu aisés à se servir d'internet pour qu'ils puissent réserver leurs places à 35 euros au moment des abonnements ou des places à l'unité, ce qui est accessible à tout le monde… (mais ce ne sont pas les meilleures places, soit)
Pour les places de 2è balcon, non elles sont passées directement de 20 à 35 euros je me souviens très bien, je ne sais plus si c'était sous Mortier ou Joël, mais Lissner n'a pas touché à ça ensuite, à part une légère modification du plan. (et si on tient compte de l'inflation depuis 10 ans, on pourrait même dire que le prix de ces places a donc plutôt baissé)
D'accord avec toi sur le Pass Jeunes, c'est assez abusif… Les avant-premières à 10 euros ou les soirées -40 ans, c'est déjà plus sympa je trouve.
Pour ce qui est du remplissage du Ring à prix délirants… je pense hélas qu'ils savent ce qu'il font, et que la corrélation prix/nombre de représentations/rareté de ce répertoire dernièrement en scénique à Paris est bien pensée de leur part, ils n'ont pas mis des tarifs comme ça au hasard sans savoir ce que ça allait donner. J'en suis la preuve, je n'hésiterai pas à mettre les 60 euros par soirée, quand bien même je peste contre eux… Sinon je ne vois pas de justification à ces prix, ni les œuvres ni les distributions ne justifient ça. (Serafin, Merbeth, Schager, Kaufmann… on les a eus dans tous les derniers Wagner à Paris, dans les prix habituels)

10. Le vendredi 8 mars 2019 à , par keisha

J'ai récemment payé 70 euros (et 77) pour Les huguenots et les Troyens, pour avoir une place de sixième catégorie, normal, pas de souci, je ne regrette pas un seul centime! Mais pas le choix, les places à 35 euros, y'en a plus quand j'arrive sur le site! Pourtant j'évite Alagna et Kaufman. ^_^

11. Le vendredi 8 mars 2019 à , par Andika :: site

Pour parler de tarifs, la tendance n'est pas à l'optimisme. J'ai eu à converser avec une personne en charge de cette question, et ils n'hésitent pas à les augmenter parce qu'ils supposent que les amateurs de musique classique ont les moyens. Après, je me souviens d'une chronique de Christian Merlin qui mettait en parallèle les tarifs de l'opéra avec ceux du Parc des Princes pour le PSG, et là, on se rend compte en effet que pour sortir à Paris, il fut souvent bourse délier.
Mais effectivement, l'offre des prix bas ne me semble pas être satisfaisante. On peut à la limite aller à l'opéra pour un soir par saison. Mais si on veut y aller habituellement, s'abonner, il faut avoir du budget.

Sinon, je vous rejoins sur la commodité de cette saison. Elle me semble bien moins audacieuse que la saison actuelle. Peut-être y a t-il des choses plus intéressantes en ballet, je n'ai pas regardé.

12. Le vendredi 8 mars 2019 à , par Xavier

Keisha: Les places à 35 euros on arrive toujours à les avoir si on se connecte en temps et en heure.
Sinon c'est mission impossible en effet, hors titres vraiment moins demandés. (XXè siècle surtout)

Andika: Les amateurs de classique ont les moyens, oui, surtout ceux d'un certain âge, mais si on veut inciter le public néophyte à venir, ce n'est pas avec ces prix-là que ça peut marcher. Il y a des tarifs jeunes intéressants un peu partout, même à l'opéra, mais quand on passe 28 ou 30 ans, on n'a pas forcément un pouvoir d'achat qui se multiplie par trois du jour au lendemain, hors on se retrouve avec des tarifs d'un autre monde, surtout à l'opéra...

13. Le vendredi 8 mars 2019 à , par DavidLeMarrec

Je ne crois pas, Xavier, que ce soit tellement une question de maîtrise de l'internet : il y a peu de places à ce tarif, tout simplement.

Je ne suis pas convaincu sur ton argument sur l'inflation : on n'est pas à 75% d'inflation sur 10 ans en France.

En revanche, oui, bien sûr, tu as raison, vu le faible nombre de représentations (alors qu'on aurait pu amortir au moins la mise en scène avec davantage de dates…), ça sera complètement plein. (Mais pas avec moi, 60€ pour une scie, même bien distribuée, ce sera sans moi. Quitte à mettre une somme, je la réserve plutôt pour un inédit à Versailles…)

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Effectivement, Keisha, il y a très peu de places à 35, et comme ce sont parmi les rares abordables (et que l'écart n'est pas abyssal entre un milieu et un avant de second balcon, alors que le prix fait largement plus que doubler), ça part très vite. Il faut vraiment être connecté à l'heure exacte.

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Oui, Anthony, l'Opéra reste très en-dessous de son prix réel (contrairement au football, il ne génère que des dettes), mais c'est un problème néanmoins de faire payer à tous avec l'impôt un équipement dont le prix d'entrée de gamme est cependant trop élevé pour toute une catégorie de la population qui le cofinance. (Je n'ai rien contre le fait que les catégories Optima soient à 295€ si d'autres veulent contribuer au budget de l'Opéra par leur fortune.)

14. Le vendredi 8 mars 2019 à , par Xavier

1/OK il y en a peu, mais moi j'arrive toujours à les avoir, même pour Tosca avec Kaufmann ou Otello avec Alagna, alors un retraité qui maîtrise bien internet peut y arriver aussi bien que moi.
Ensuite, il faut souligner que la catégorie supérieure se trouve à 50 euros, alors qu'au TCE par exemple on passe direct à 70!
2/Il n'y a pas 75% d'augmentation des tarifs sur 10 ans, au contraire, la plupart n'ont pas bougé, donc… (si tu parles du Ring, ok, je le redis, c'est n'importe quoi, là-dessus je ne te contredirai pas!)
Et même, les reprises de Madame Butterfly ou des Contes d'Hoffmann sont moins chères qu'il y a 5 ans.

15. Le samedi 9 mars 2019 à , par DavidLeMarrec

Tu arrives toujours à les avoir parce que tu fais partie des acharnés… Moi aussi, quand je veux une place, je me connecte dix fois par jour à la Bourse, jusqu'à trouver satisfaction, et il est rare que ça ne fonctionne pas si je m'y tiens. Mais tout de même, il faut être sacrément passionné.

(Quant à l'écart de prix, 35€ étant déjà une somme non négligeable lorsqu'on a un petit budget et/ou qu'on va souvent à l'opéra – ça représente près de trois fois le prix moyen que je mets dans les autres salles… –, monter jusqu'à 50, ça limite les fantaisies… ça fait une place à 15 de plus qu'on aurait pu acquérir pour une autre date.)

Entre 20 et 35€, si, c'est ce que ça fait, 75% d'augmentation en dix ans.

Oui, les tarifs sont devenus plus flexibles, ce qui permet sans doute astucieusement de lisser la fréquentation (mais je ne peux m'empêcher de remarquer que 35 devient 32 en « soirée creuse » mais 39 en « soirée haute demande »… on se fait vraiment tondre dans tous les sens ^^).

Après, tout cela n'est qu'un détail, les passionnés trouvent des moyens de moyenner, les occasionnels dépensent une grosse somme qu'ils peuvent s'autoriser tous les cinq ans… Mais ça nourrit quand même le sentiment déplaisant que l'opéra est fait pour les riches – et je ne parle pas des mises en scène qui ne sont correctement visibles que du parterre ou éventuellement du premier balcon…

16. Le samedi 9 mars 2019 à , par Xavier

Je ne sais pas si je suis un acharné, sans doute que oui, mais ça ne me semble pas plus pénible que de faire la queue sur place avant le spectacle sans être sûr d'avoir une place… ça me semble même plus pratique au contraire.

OK, tu comptais l'augmentation de 20 à 35 euros, je n'avais pas compris.
Mais je soulignais que les places à 35 euros n'avaient pas bougé depuis 10 ans, justement. (mais l'augmentation a été brutale, rien à voir avec de l'inflation "normale", on est bien d'accord)

17. Le samedi 9 mars 2019 à , par luisa miller :: site

Quel dommage que la saison soit si peu audacieuse. Je dirais même que c'est la plus timide que j'ai vue depuis quelques années. Même Mortier, pourtant si décrié, et Joël déjà timide à l'extrême ont au moins eu des propositions plus alléchantes. Le seul mérite de Lissner est de proposer deux russes qu'on avait peu vu, surtout pour Prince Igor, de longue date

18. Le dimanche 10 mars 2019 à , par DavidLeMarrec

@ Xavier :

Les places à 35 ont nettement moins de 10 ans : ça fait 10 ans que je suis dans la région et j'ai fréquenté plusieurs années l'Opéra avec les places à 20/25. C'est lors de la grande hausse de Joel, plutôt 7 ou 8 ans, donc bien 75% d'augmentation en moins de dix ans. (Et puis il y a eu une diminution du nombre de places à 15 et 35 euros dans les années suivantes – je crois que ça a été un peu augmenté ensuite, ça fluctue d'année en année.)

--

@ Luisa :

Oui, saison particulièrement terne (mais Lissner n'a pas fait beaucoup d'éclats depuis ses débuts… commencer avec Moses und Aron pour se présenter comme un subversif innovant, quelle escroquerie).

On a eu Boris il y a un an ! Mais en effet, le Prince Igor est un grand classique rarissime en France, choix très bienvenu. (Et alors, la célébration des 350 ans sans rien jouer du patrimoine de la maison, ça me laisse franchement dubitatif – ça aurait même pu être l'occasion d'une grande commande scientifique sur l'histoire de ce répertoire, faire une saison annexe avec des récitals ou des ensembles sur instruments anciens invités… ou bien un grand parcours de vulgarisation sur le répertoire de l'Opéra à travers plusieurs œuvres présentées… rien, rien. Tout en affichant qu'on fait bel et bel cette célébration !)

19. Le dimanche 10 mars 2019 à , par Xavier

Je viens de vérifier: c'est en 2009-2010 (première saison de Joël) que les places à 9 et 20 euros sont passées à 15 et 30 pour certains opéras.
Ce tarif-là a été généralisé l'année suivante je crois.
Puis en 2011-2012, les places à à 30 sont passées à 35.

Depuis, ça n'a globalement pas bougé pour ces catégories.

20. Le mercredi 13 mars 2019 à , par DavidLeMarrec

Variation en quantité, selon les années, mais sinon, effectivement, stable (il y a quand même eu l'invention du prix flottant, qui fait osciller de 32 à 39… sachant qu'il y a plus de soirées à 39 qu'à 32 et qu'on perd 1€ d'écart dans ce nouveau dispositif – que je trouve plutôt adroit au demeurant…).

Un peu plus tard que tu disais, un peu plus tôt que je croyais. Merci !

21. Le samedi 30 mars 2019 à , par Markossipovitch

A Keisha:
Quand tu dis craquer pour des Huguenots car on ne verra pas ça près de chez soi... Sans parler de la version complète de Bruxelles 2011, un peu lointaine mais tellement fabuleuse, on peut rappeler que Strasbourg puis Nice l'ont monté non sans coupures mais avec des distributions et un rendu global autrement plus excitants que la très très pâle production de L'ONP.

22. Le jeudi 4 avril 2019 à , par keisha

Merci des précisions. je n'hésite pas à faire 200 ou 300 km pour voir un opéra, mais Strasbourg et Nice sont un poil plus loin (y penser quand même). Lisette Oropesa méritait qu'on se déplace.
Quant aux places à 35 euros, il faut être au taquet sur internet, mais si on ne prend pas d'abonnement, c'est déjà trop tard.
Pas d'abonnement car pas forcément 4 opéras faisant vraiment envie, et j'attends de connaitre ce que proposent deux autres salles dont je suis une fidèle.
La vie du fan d'opéra est vraiment difficile. ^_^

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