Carnets sur sol

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Concerts : qui veut la peau de Février ?


Voilà trois ans que je fais la même blague déclinée différemment, pour janvier comme pour février, mais j'ai eu peu de succès jusqu'ici.

Comme le mois passé, vous trouverez ici le planning PDF où apparaissent tous les dates et lieux sélectionnés, quantité de petits concerts (ou au contraire de concerts très en vue) dont je ne parle pas ci-dessous.

N'hésitez pas à réclamer plus ample information si les abréviations (tirées de mon planning personnel, destiné au maximum de compacité) ou les détails vous manquent.
(Les horaires indiqués le sont parfois par défaut par le logiciel, vérifiez toujours !)



0. Rétroviseur

Auparavant, les impressions des concerts de janvier :
►#45 Messe pour les Couvents de Couperin, à la Chapelle Royale de Versailles, en hommage à Michel Chapuis (Robin, Bouvard, Desenclos, Espinasse) ;
►#46 Cours public de Philippe Berrod (Nielsen, Saint-Saëns, Weber) ;
►#47 Motets polychoraux spatialisés du XVIIe italien (et Charpentier) par l'Ensemble Correspondances ;
►#48 Psyché II de LULLY au CRR de Paris ;
►#49 Premier Requiem de Cherubini (celui pour Louis XVI) par Insula Orchestra & García-Alarcón ;
►#50 Le Christ au Mont des Oliviers de Beethoven par Rhorer ;
►#51 Cours public de Christophe Coin (Abel, Marais, Boccherini) ;
►#52 Bruckner n°3 / Orchestre de Paris / Blomstedt ;
►#53 Lieder et mélodies rares : Mayrhofer de Schubert, Wolf, Fauré, Chausson, L. Boulanger, Cras, Delage, Ullmann, Poulenc, Britten, Messiaen avec la classe d'accompagnement lyrique d'Anne Le Bozec ;
►#54 Bruckner n°2 pour orchestre de chambre (Dausgaard) ;
►#55 Un Bal masqué de Verdi avec Radvanovsky, Pretti et Piazzola ;
►#56 Onslow n°2 (et Leonskaja dans le Quatrième Concerto de Beethoven) ;
►#57 Beethoven n°2 par les Lauréats du CNSM (classe de direction d'orchestre d'Alain Altinoglu)
►#58 Tchaïkovski n°2 et Petrouchka par le Philharmonique de La Scala & Chailly

Et quelques déambulations :
en vallée de Chevreuse, avant la soirée de réveillon, dans la nuit et la boue mais avec de véritables morceaux de poésie allemande dedans ;
☼ dans les forêts, parcs et musées de Chantilly (et l'exposition Poussin) ;
détails de l'exposition Chrétiens d'Orient à l'Institut du Monde Arabe ;
détails de l'exposition François Ier et l'art flamand au Louvre ;
détails de l'exposition du paysage en dessins du début du XIXe au Louvre.



J'attire en particulier votre attention sur quelques perles.

(En rouge, les œuvres rarement données – et intéressantes !)
(En bleu, les interprètes à qui je ferais confiance, indépendamment du seul programme.)



A. Opéra

Le Pavillon des Pivoines, comme pratiquement tous les ans. (le 9)

L'Amour africain de Paladilhe, un délicieux opéra léger de la fin du XIXe, mais à la musique consistante, par l'infatiguable Compagnie de L'Oiseleur (qui fait ce que l'Opéra de Paris ne fait pas…).

Moscou, quartier des Cerises, opérette de Chostakovitch dont l'écriture très simple et légère surprend. À l'Athénée.

Saariaho, Only the Sound Remains (à Garnier).
    Comme c'est rare, j'en dis un mot tout de même. Je n'ai pas entendu la bande en entier, mais cela ressemble tout à fait à du Saariaho. Déjà très contemplative, voilà qu'elle choisit un Nô, avec quatre personnages pour deux chanteurs (un Pêcheur, un Prêtre, un Esprit, un Ange !), dont deux incarnés par un falsettiste. Autant vous dire que ça crépite de partout avec une foule d'événements et la densité d'un drame verdien.
    Ce sera donc très beau en musique de fond pendant un dîner entre amis, mais je ne suis pas sûr que s'asseoir dans une salle et attendre que ça se finisse soit un projet viable, du moins si on aime le théâtre ou la musique un peu variée.
    Consolation, il y aura Davóne Tines, un formidable baryton-basse, bête de voix et de scène.

Le Mystère de l'Écureuil bleu d'Éric Dupin.
Initialement donné uniquement en vidéo pendant la période de travaux, une jolie enquête policière dans des coulisses d'opéra loufoques, servie par de formidables jeunes interprètes issus de l'Académie de l'Opéra-Comique, sur une musique très simple et tonale : à présent redonné en version scénique, avec des spectateurs autorisés dans la salle.



B. Musique chorale

Requiem de Campra par les Talens Lyriques. Ni le meilleur de Campra, ni le répertoire qui flattera le plus la formation, mais ce n'est pas donné tous les jours, et ce devrait joliment sonner dans la Philharmonie.

Motets de Pollio, inédits du manuscrit de Beauvais, par Schneebeli dirigeant les excellents spécialistes du CRR de Paris. (Baroque français. Pas sûr même que ça existe au disque.)

Chœurs de Holst, Biebl, Ropartz, Berlioz, Bernstein, Mendelssohn et Debussy par les jeunes filles de la Maîtrise de Paris, Mairie du XIXe le 13.

Rachmaninov, Les Cloches. Une œuvre vocale et chorale tout à fait spectaculaire, dans une veine épique très proche de son Prologue de Francesca da Rimini (si vous n'avez pas essayer, on pourrait parler de démesure hugolienne dans un langage sonore tout à fait russe). Assez irrésistible. [Et ce sera avec le meilleur chœur symphonique du monde, le Chœur de l'Orchestre de Paris, avec Lungu, Popov, Vinogradov, Noseda !]
Couplage avec une rareté : des portions symphoniques de La Donna serpente de Casella… (Certes, je trouve cet opéra très mauvais – caricature d'écriture italienne fade malgré ses parentés avec Moussorgski et Prokofiev… –, mais ça change.)
Après réécoute récente, j'ai trouvé cela beaucoup plus morne que lors de mes précédentes écoutes, assez émerveillées. Le concert tranchera, mais avec Casella et le Chœur de l'Orchestre de Paris, on joue tout de même sur du velours !

Requiem, Gloria et Magnificat de John Rutter par les étudiants du CRR de Paris et le Chœur d'Air France, les 9 et 10. Rutter écrit dans un langage tout à fait tonal, non dénué d'élégance et de grâce. Vraiment accessible sans être trop fade. Assez rare en France.

Programme anglais du Chœur Calligrammes (titulaire d'un putto d'incarnat 2017 !), où figurent les grandes périodes de l'art britannique (les autres sont grandes aussi, mais très mal documentées) : Purcell (XVIIe), Howells (tournant XXe), Britten (milieu XXe), Whitacre (aujourd'hui). Encore un beau parcours, par un chœur amateur qui tient très bien la rampe malgré la difficulté supplémentaire du chant a cappella !  Les 8 et 10.



C. Musiques de scène

Ciné-concerts Bernard Herrmann avec Psycho et surtout Vertigo (qui, en réalité, doit peut-être plus à Onéguine qu'à Tristan – le postlude de la scène de la Lettre est repris de façon très proche dans la fameuse scène d'amour).




D. Musique symphonique

♦ La Troisième Symphonie de Louise Farrenc par le Philharmonique de Radio-France et Mikko Franck le 3, ou par Insula Orchestra et Laurence Équilbey, le 17.
J'en disais ceci le mois dernier :
Farrenc n'est pas une compositrice majeure à mon sens, mais en tant que rare figure féminine à avoir gagné le respect de ses pairs de son temps (sans être la sœur ou l'épouse d'un compositeur important, ni la protégée directe de gens influents, comme Louise Bertin), elle occupe une place à part.
La Troisième Symphonie n'est pas un chef-d'œuvre, mais elle remplit agréablement son office. Bizarrerie, alors qu'on ne donne généralement que les œuvres de chambre de Farrenc, et de loin en loin, elle est également programmée à la Seine Musicale, quelques semaines plus tard !
Avec l'expérience mitigée de l'association Philhar'-Franck dans Onslow 2, et mon éblouissement dans Mercadante & Cherubini avec Insula Orchestra, je conseille plutôt le second – après, le couplage est avec le triple concerto plutôt que la Cinquième de Beethoven. (Détail qui risque d'avoir raison de ma détermination, je l'avoue.)

La Première Symphonie de Vincent d'Indy par l'Orchestre du CRR de Paris, rue de Madrid.
Sans rapport avec l'éprouvant remplissage de beaucoup de ses poèmes symphoniques (ou, pis, de la redoutable Cévenole), cette symphonie sous-titrée Italienne est un régal de fraîcheur, de couleurs, de procédés personnels qui visent à l'évocation plus qu'à la démonstration. Une des plus belles symphonies françaises.
Le concert est gratuit. Concernant le niveau, Orchestre d'étudiants de CRR, donc une structure dont la composition change chaque année et dont la vocation est de procurer une expérience avant tout pégagogique ; il est tout à fait capable de jouer les œuvres, maisn'en attendez pas le même frisson qu'avec des orchestres plus professionnalisés (comme les Lauréats du CNSM).

♦ Serenade d'Emil Hartmann (le Danois, pas le contemporain allemand, du gentil romantisme sympathique) et Concerto pour basson de Tomasi (musique française très tonale du XXe) par l'ensemble d'Éric van Lauwe (deux dates).

♦ Programme CHEN Qigang, le seul élève en composition de Messiaen, et dont les qualités de chatoiements sont très réelles aussi (les Cinq Éléments sont très beaux).

♦ Classe de direction A&B (les débutants) du CNSM, le vendredi 2. J'aurai le programme en début de semaine prochaine.



E. Musique de chambre

Suites de Bach (pour violoncelle ou luth, à vérifier) par Thomas Dunford, le plus grand théorbiste de tous les temps.

Mandoline, clavecin et violoncelle dans Scarlatti, Bach, Vivaldi, Valentini et Beethoven, le 4.

L'intégrale Claude Debussy se poursuit au CRR de Paris. Avec, notamment, sa version irrésistible de La Mer pour quatre mains !

Quintette avec piano de Jean Cras dans une transcription pour quatuor & marimba, avec l'épique Quatuor Ardeo (déjà loué en ces pages lors de ses premières victoires à des concours).
    Et les concertos Été et Hiver de Vivaldi pour le même effectif. Voilà qui promet d'être grisant !
    Seules contraintes : pouvoir être à 19h30 à Saint-Quentin-en-Yvelines, et renoncer à la Première Symphonie de d'Indy le même soir.

Pièces pour violoncelle et piano de Franck (la Sonate pour violon en réalité), Shaporin, Sollima (très tonal, très simple, assez touchant) et Ducros (néo-Fauré) !  Hôtel de Soubise.

♦ Lecture à vue de pièces peu célèbres pour bois. Exercice pour la classe de lecture à vue du CNSM. Très curieux de découvrir la sélection, j'en ferai état si c'est intéressant. Le 5, mais ce débute à 18h !



F. Lieder & mélodies

Nuits d'Été de Berlioz pour ténor, et par Stanislas de Barbeyrac de surcroît, à l'Athénée (concert reporté de la saison dernière). Couplage avec la Ferne Geliebte de Beethoven.

Spanisches Liederspiel de Schumann (airs à quatre voix alternés ou en quatuor, qui forment une petite histoire, un sommet dans le legs de Schumann, assez peu joué), et Spanisches Liederbuch (le meilleur des deux) de Wolf à l'Hôtel de Soubise, le 3. Pas sûr que ce soit néanmoins le meilleur répertoire des chanteurs (tous fraîchement issus du CNSM) présents : Croux, McGown, Lagier, Fardini. (McGown est taillée pour le lied, Fardini a beaucoup de talent, en particulier dans la mélodie, mais doit encore varier son émission et soigner son allemand. Jamais entendu Lagier, dont j'ai ouï le plus grand bien.)

Roth reprogramme les stupéfiants Haï-kaï de Delage, cette fois avec Piau (après Devieilhe en décembre !), couplé à des mélodies russes et japonaises de Stravinski, notamment. (Mais c'est un peu cher, avec le tarif unique au Musée d'Orsay : 30€.)




G. Conférences

Pleurer au XVIIe siècle. Pièces françaises et anglaises de Hume, Purcell, Bouteiller, J.-F. Rebel, Couperin, Marais, Michel, lectures de textes de Viau, Descartes, Pascal, Dryden. Au CNSM.

Cours public d'Olivier Charlier (violon) au CNSM.



H. Théâtre

Les Bacchantes d'Euripide à Colombes.
♦ Une soirée Büchner/Lenz rare : Les Soldats (Malakoff).



I. Glotte

♦ Finale du concours Voix Nouvelles à l'Opéra-Comique. Un mot sur certains candidats dans la toute récente notule.



J. Quelques chouchous

Trio Sōra (Schubert 2, Haydn 43, pièce récente) le 10.

Quatuor Akilone (Debussy, 2 créations chinoises de Xu Yi et Wen Deqing).

♦ Airs de magiciennes par Éléonore Pancrazi et Marie van Rhijn le 28 midi.



Bonne chasse à vous !  (tout retour bienvenu, évidemment)


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David Le Marrec


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