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Concours Voix Nouvelles 2018


Les demi-finales commencent cette semaine, à l'Opéra de Massy, où il est d'ailleurs possible de réserver des invitations, avant la finale payante à l'Opéra-Comique.

Je découvre à cette occasion que, si le concours reste bloqué sur les références à sa finale 2002, c'est qu'il n'a lieu que de loin en loin : 1988, 1998, 2002.

Le site met en avant un beau palmarès en effet.

– 1988, la première édition : Natalie Dessay (soprano), Valérie Millot (soprano), Anne-Sophie Schmidt (soprano), Martine Olmeda (mezzo-soprano) et Jean-François Vinciguerra (baryton-basse) ;

– 1998, la deuxième édition : Alexia Cousin (soprano), Anne-Catherine Gillet (soprano/ Belgique), Joanne Bellavance (soprano/ Canada), Élodie Mechain (alto), Stéphane Degout (baryton) et Nicolas Testé (basse) ;

– 2002, la troisième édition : Nathalie Manfrino (soprano), Hélène Guilmette (soprano), Natacha Finette-Constantin (soprano), Susan Gouthro (soprano/ Canada), Karine Deshayes (mezzo-soprano) et Florian Laconi (ténor).

C'est donc un événement, vu sa discontinuité. Il a aussi la particularité d'imposer, à chaque étape, un air sur les deux en français (oui, beaucoup d'est-ce toi Marguerite et de saintes médailles qui viennent de nos sœurs).

Le but étant de récompenser des voix emblématiques de la francophonie, quelle que soit la nationalité du candidat.
Le tout se fait sous l'égide de Raymond Duffaut, longtemps patron des Chorégies d'Orange, ce qui dit beaucoup sur le tropisme à la fois plutôt francophile et assez tourné vers les « grandes voix » – liedersänger, passez votre chemin.

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Les finales régionales ont toutes été captées par France 3 (pas forcément diffusées sur la chaîne) et sont disponibles en ligne, je suis donc allé y voir de plus près.

J'ai un peu hésité à en dire un mot pour plusieurs raisons :
∆ les chanteurs sont captés de trop près, on n'entend pas du tout l'épanouissement du son dans la salle, ce qui fausse complètement le jugement sur l'intérêt de ces voix… certaines peuvent paraître difformes de près alors qu'elles sonnent parfaitement, d'autres très belles mais complètement sèches dans un vaste espace… en se faisant un avis à partir des vidéos, on risque de passer totalement à côté de la réalité en salle ;
∆ le concours est manifestement très ouvert sur les qualifications, ce qui donne quelques prestations de jeunes interprètes manifestement morts de trouille, pas vraiment révélateur sur leur potentiel au sein d'une production d'opéra ;
∆ pour la même raison, le concours juxtapose des chanteurs aux qualifications très différentes… à côté d'une fraîche diplômée du Conservatoire de Montauban, on a Barrabé qui a remporté le concours de Marseille il y au moins 5 ans, était présente à l'anniversaire de l'ADAMI ; Bré qui est dans les chœurs d'Accentus et a chanté des solos dans les grosses productions de la Philharmonie ; Texier qui a fait des productions scéniques avec l'Atelier de l'Opéra, qui vient de chanter un des rôles importants de l'Italienne à Alger à Montpellier, et jusqu'à Alix Le Saux, dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle est assez bien installée : rôles secondaires dans Ory à Favart, dans Tannhäuser à Bastille, rôles principaux de l'Enfant et les Sortilèges, de la Belle Hélène et du Barbier de Séville (tout ça aux Champs-Élysées !)…
    Évidemment, ceux qui ont fait les CNSM ou les Ateliers / Académies des maisons d'Opéra, avec ce que cela suppose d'entourage et d'expérience scénique, paraissent bien plus à l'aise… mais ils sont déjà (comme Deshayes en son temps) tout à fait professionnalisés !  Pour eux, Voix Nouvelles peut donner une impulsion décisive pour passer de petit soliste à premier soliste, voire vedette nationale qui peut avoir des entretiens dans Diapason ou du moins Cadences, mais ça ne révèle rien, ces gens sont déjà très insérés dans le milieu.
    C'est dommage dans la mesure où cela brouille le message… est-ce qu'on révèle de futures vedettes encore en formation, ou est-ce qu'on donne un coup de pouce à des interprètes déjà installés ?  Les premières n'ayant pas vraiment leur chance face à la maturité artistique des autres (alors pourquoi les inviter).

    Je me suis quand même prêté au jeu pour attirer l'attention sur quelques personnalités intéressantes, sur quelques tropismes du goût actuel en matière de chant (car tous ces chanteurs filmés ont été sévèrement pré-sélectionnés, bien sûr).
    Avec toutes les réserves qu'il y a à faire considérant mon parti pris personnel (les voix en arrière qui sont jolies avec un micro mais qui mangent les mots et qu'on n'entend pas bien dans les salles, c'est à la mode, mais je n'aime pas ça), et considérant les limites techniques de l'audition de ces chanteurs pris la bouche dans le micro !

Pour plus de lisibilité, j'adopterai une cote simple, de 1 à 5 :
1. des choses à revoir avant de se lancer dans les concours les plus prestigieux ;
2. potentiellement prometteur, encore des choses à régler ;
3. très bien, quoique perfectible sur certains détails ;
4. remarquable ;
5. déjà prêt à faire une grande carrière.

J'ai fait le choix de me fonder essentiellement, pour rester dans la logique du concours, sur la technique vocale plutôt que sur la diction, l'incarnation, l'émotion transmise… toutes choses qui peuvent faire la différence sur scène, en réalité…

Et il va de soi que je commente depuis mon fauteuil quelques minutes de gens qui travaillent depuis des années, sans avoir de légitimité particulière à le faire. Mon but est essentiellement de mettre en avant quelques lignes de force dans le chant d'aujourd'hui, pas de faire le palmarès moi-même (d'autant que les jurys paraissent plutôt compétents (Furlan, Diederich, Rouits…).

J'indique aussi le lien vers les vidéos, le but étant de débroussailler un peu dans le très grand nombre de candidats visibles en ligne.
Au passage, j'aime beaucoup les encarts qui apparaissent sur l'œuvre et les interprètes, une façon de rendre l'écoute plus vivante et informative. [En revanche, étrange de justifier l'importance d'œuvres en disant simplement quelles ont été chantées par Pavarotti ou Netrebko – et dans de l'opéra français de surcroît…]

Vu la quantité de texte et d'entrées, je posterai par groupes, en commentaires. À surveiller, il y en a pour un moment.

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Commentaires

1. Le mardi 23 janvier 2018 à , par DavidLeMarrec

Finale régionale de Tours

(vidéo)

Raphaël Jardin
→ Ténor.
→ Air de Max (Freischütz de Weber) et stances de Werther.
→ Bel aigu libre, mais une tendance à forcer, les attaques sont un peu poussives. Un beau potentiel, mais un peu jeune encore, surtout dans des pièces vaillantes comme Max du Freischütz et les stances de Werther.
→ 2.

Héloïse Koempgen-Bramy

→ Soprano.
→ Mimì et air des bijoux.
→ Je n'aime pas du tout, c'est en arrière, ça hullule quasiment, comme une voix précocément mûrie, qui se force à un vibrato trop large. Toute la jeunesse et la clarté de la voix sont gommées. À son âge, c'est plutôt alarmant, même si elle ne chante pas mal par ailleurs.
→ 1.

Éléonore Pancrazi
→ Mezzo-soprano.
→ Déjà vue deux fois : L'Île du Rêve de Hahn et un récital baroque au Musée d'Orsay. Une chouchoute.
→ « Voi che sapete », et « Amour, viens rendre à mon âme » (Orphée de Gluck).
→ Superbe rondeur et très belle diction, comme toujours (la voix passe bien en vrai, en plus). Les aigus sont un peu poussés ce soir-là, mais tout ça reste très beau, quoique sans doute en deçà de ce qu'on attend de technique pure dans ce type de concours.
→ 3 + mon approbation personnelle.

Aline Quentin
→ Mezzo-soprano.
→ Air du Prince Charmant (Cendrillon de Massenet), air d'Ellen dans Peter Grimes.
→ Très ronde et présente, très dense ; voix un brin épaisse pour mon goût, mais très bien menée, façon Crebassa (pas mal de voix dans cette esthétique, réussies ou égarées, dans la sélection du concours). En revanche elle détimbre méchamment en anglais, dans une scène très terne. (D'une manière générale, l'anglais de quasiment tous les candidats est catastrophique.)
→ 3.

C'est Éléonore Pancrazi qui participera à la demi-finale nationale jeudi prochain à Massy.

2. Le mardi 23 janvier 2018 à , par DavidLeMarrec

Finale régionale de Bordeaux

(vidéo)

Lauriane Tregan-Marcuz
→ Mezzo-soprano.
→ Connais-tu le pays ?  (Mignon de Thomas) / Cara sposa (Rinaldo de Haendel)
→ Un peu pharyngée alors qu'elle essaie de faire du bon français, je m'étonnais de ce paradoxe jusqu'à découvrir qu'elle avait été élève de Todorovitch, ce qui explique le paradoxe. Le Haendel n'est vraiment pas mal, mais elle rencontre des difficultés pour chanter vite, vocaliser, ou même exprimer précisément des émotions. Belle matière, qui doit encore travailler et mûrir (la fille de la glorieuse Martine Marcuz, je suppose, chef de chant à Bordeaux, très grande musicienne).
→ 2.

Gina Gloria Tronel

→ Soprano.
→ Fin de la scène de Zerbinette / Clochettes de Lakmé.
→ Rien qu'à la voir, on le sait instantanément : on a affaire à une soprane, et une soprane qui adore la scène. Par ailleurs, vocalement, une splendeur : voix très focalisée et brillante, à la fois le timbre vaporeux et complètement dans la face (on croirait entendre Güden par moment !), et pour ce qu'on peut en juger, l'impact semble plutôt glorieux dans la salle. En français, la diction est entourée d'un superbe velours, quelque chose qui serait l'articulation de Mesplé sur le timbre de Gheorghiu. Le goût reste à surveiller (mais joli trille).
→ Ce n'est pas un poussin tombé du nid au demeurant, elle a sa carrière à Bucarest, je suppose que le concours est plutôt une carte d'entrée pour l'Europe occidentale, mais son assurance reste impressionnante, et communicative.
→ 5 + approbation perso.

Amaury Trouvé
→ Ténor.
→ Air de Basilio dans les Nozze di Figaro / Manon de Massenet.
→ Cet air de caractère de Basilio, très bien mené, me paraît peu ambitieux pour un concours de ce type (on ne peut pas vraiment juger de l'aigu, de l'endurance, du legato), tandis que l'italien n'est pas fameux. Il y a là vraiment de bonnes bases, et je serais ravi de le réentendre, mais ça me semble court, pour l'instant, pour un concours de soliste qui doit récompenser un futur emblème du chant français.
→ 2.

Charlotte Bonnet
→ Soprano.
→ « Tiger » de Zaide de Mozart / Cours-la-Reine de Manon de Massenet
→ Issue du Conservatoire de Montauban, un bel exemple de l'ambition de ce concours d'aller chercher les talents ailleurs qu'à la sortie des grands conservatoires régionaux. En ce qui la concerne, ce n'est pas très convaincant : la voix est plutôt bien faite (sans être originale, handicap pour ce type de compétition), mais un peu trop laryngée pour sonner totalement, je le crains. Par ailleurs l'allemand est assez affreux (comme chez pas mal d'autres candidats valeureux, certes), et malgré un véritable potentiel d'élargissement futur, Manon semble vraiment émise tout en largeur et sans grâce, sans la maîtrise adéquate. Frustrant.
→ 2.

Léa Frouté
→ Mezzo-soprano.
→ Tristes apprêts de Castor & Pollux de Rameau / Da tempeste de Giulio Cesare de Haendel.
→ Une voix très bien focalisée, avec du corps simultanément ; la diction est peut-être un brin distante, mais son vibrato léger est très séduisant, la vocalisation superbe, et les appuis dans l'air de Haendel très musicaux. Une personnalité qui, avec ce répertoire, ne peut pas remporter ce type de concours, mais qui m'intéresse très vivement et que j'ai hâte de croiser à nouveau
→ 5 + approbation perso.


C'est, sans aucune surprise, Gina Gloria Tronel qui participera à la demi-finale nationale jeudi prochain à Massy.

3. Le mardi 6 février 2018 à , par DavidLeMarrec

Programme de la grande finale

Je n'ai pas fini d'écouter la longue finale régionale de Massy (2x4h !) que la demi-finale est passée et que la finale s'annonce dès samedi.

Je remarque simplement que beaucoup de mes chouchous ont été sélectionnés en cette phase finale. Mais je vois aussi la grosse part des chanteurs franciliens, issus du CNSM et/ou habitués des concerts parisiens.

Je n'ai pas fini d'écouter la longue finale régionale de Massy.

Sont donc en finale :

Hélène Carpentier (Massy), que j'avais effectivement trouvée très bien, même si le petit manque de focalisation me faisait craindre un dérèglement ou une usure précoce, si jamais on la lançait trop tôt dans la carrière.

Anas Seguin (Massy, ancien du CNSM), que je n'aime pas beaucoup, voix très rugueuse où tout est émis de façon très saturée en harmoniques et assez dure. On l'entend bien, mais plus la matière que le timbre ou le texte. Et comme il est encore un peu vert pour Verdi et Wagner, dans Mozart, ça fait assez mal.

Eléonore Pancrazi (Tours, mais très souvent dans les concerts parisiens), une chouchoute, un mezzo baroque toujours rond et bien dit (même si elle ne me paraissait pas techniquement la plus spectaculaire de tous les participants).

Angélique Boudeville (de l'Académie de l'Opéra), pas encore entendue.

Eva Zaïcik (Massy, ancienne du CNSM). Un mezzo extraordinaire dans le baroque, avec une véritable ampleur et des mots plein de gourmandise… Dans le même temps, elle chante les russes romantiques avec une saveur extraordinaire, aussi bien pour l'étoffe enveloppante de la voix que pour la beauté des mouillures…
Quoique toute jeune, elle est dans les chœurs du Concert Spirituel depuis des années (déjà pour la Messe de Louis Le Prince…), a été sélectionnée pour la promotion en cours du Jardin des Voix, et est nommée Révélation aux Victoires de la Musique. Elle le mérite complètement, mais le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'a plus vraiment besoin de Voix Nouvelles.
Cela dit, couronner une baroqueuse de son envergure serait une vitrine formidable pour ce répertoire. (Reste à savoir si elle voudra / devra ensuite chanter des Carmen partout. Mais cela dit, importer ce savoir-faire dans d'autres répertoires, je prends aussi.)

Emma Posman, pas encore entendue.

Ambroisine Bré (Massy, ancienne du CNSM, membre d'Accentus, lauréate des Mozart de l'Opéra 2017, Révélation Classique de l'Adami, déjà à la tête de plusieurs solos à la Philharmonie et à la Cité…). Elle aussi, elle paraît très bien lancée, et en plus de la voix, une actrice très persuasive ! 
Je m'avoue toutefois assez étonné qu'elle triomphe ainsi dans un concours de glotte, alors que sa projection est vraiment mince. Il est vrai qu'avec son expérience, elle avait clairement une maturité artistique supplémentaire dans son audition.

Gilen Goicoechea (Marseille).
Je n'ai vraiment pas adoré son Athanaël chanté comme du belcanto, très sombre et lourd même pour Posa (qui fonctionnait mieux), et d'une manière générale une voix assez épaisse, peu expressive; d'autres compétiteurs m'avaient paru plus intéressants. Mais en vrai, la voix claque peut-être très bien, il est difficile d'en juger en seule retransmission, surtout dans les captations très proches et asséchées qui sont proposées.

Kamil Ben Hsain Lachiri, un baryton que je n'ai pas entendu.

Maxime Melnik
, ténor, idem.

Caroline Jestaedt, soprano, idem.

Kévin Amiel, très inséré dans le circuit, il fait énormément de solos dans les productions secondaires parisiennes (par secondaires, je veux dire « grands trucs pros qui ne sont pas Bastille / Garnier / Favart / Philharmonie / Élysées ») et est très apprécié. Pas forcément très personnel, mais il chante très bien, une valeur sûre (même si, là aussi, je lui vois beaucoup de compétiteurs d'égale valeur).

Rien que parmi ceux que j'ai écoutés, je suis un peu frustré de ne pas retrouver Pauline Texier (une voix très antérieure à l'ancienne, et qui joue très bien !), Clémentine Decouture (très focalisée, superbement dite, déjà appréciée dans des concours de lied, et qui a beaucoup mûri, dans le meilleur sens possible), Clara Guillon (quel fruité !), Valentine Martinez (franche et bien dite, retait à perfectionner l'allemand), Fiona McGown (là aussi, petite voix au timbre pas très remarquable, mais la maturité artistique est impressionnante), Gina Gloria Tronel, Léa Frouté, Lucile Bourgeat, Alix Le Saux (là aussi, déjà très grosse carrière sur des scènes majeures), Juan de Dios Mateos (beau ténor bien naturel et franc, ce n'est pas fréquent), Cyriel Ndjiki Nya (chant très global, mais potentiel de dramatique superbe), Natalie Pérez (couleur très pleine, très belle diction aussi)…

Mais les choix faits ne sont pas vilains non plus. Même si c'est voler au secours de la victoire, mon choix est tout fait, c'est Zaïcik (que je suis– vantons-nous un peu – depuis 2013). Une personnalité qui m'a fasciné aussi bien dans l'air de cour italien que dans le répertoire sacré baroque de toutes nationalités, que dans la cantate française ou le lied, et donc jusque dans le romantisme russe. Rare d'avoir autant de voix et autant de mots à la fois.
Sinon, mon choix émotif aurait aussi été du côté de Texier, Decouture ou Frouté (aucune entendue en vrai).

J'attends de voir qui sera couronné, donc, et vais entendre les autres candidats pour découvrir les perles manquantes ; car si j'ai repéré quelques hors pistes désagréables çà et là dans les finales régionales, il n'y a plus vraiment de déchet à ce stade de la compétition, uniquement des gens très aguerris qu'on peut certes toujours hiérarchiser à l'infini sur des critères techniques ou stylistiques, mais tous des chanteurs très capables (et, hélas pour le concept, déjà pourvus d'une belle carrière pour beaucoup).

4. Le dimanche 11 février 2018 à , par DavidLeMarrec


Donc, finale.

Qu'on peut voir ici.

Elle est organisée de façon adroite, chacun des artistes passe deux fois, une par entracte (dont un air en français au moins).
Carré blanc (oh !) pour le premier air, carré noir pour le second.

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Gilen Goicoechea (Marseille)
□ Air de Zurga (Pêcheurs de Perles de Bizet).
□□ Beaucoup de grain incontestablement, moins fruste que son Athanaël, ou plus adéquat.
■ Mort de Posa (Don Carlo de Verdi).
■■ Un Posa très viril, mais aussi intense et très solidement conduit. Les sol bémol sont un peu moins aisés, mais ça reste superbe.

Hélène Carpentier (Massy).
□ Folie d'Elvira (Puritani de Bellini).
□□ Timbre riche, véritable expression, capacité de suspension des aigus superbe. En revanche le timbre est élargi en force, ce qui rejoint mes alarmes précédentes d'un dérèglement précoce si la carrière s'emballe – et l'agilité va dans le décor, avec des attaques fausses dans les piqués.
■ Air du poison (Roméo & Juliette de Gounod).
■■ Ici beaucoup plus à son aise, et s'épanouit beaucoup plus naturellement (un brin forcé, mais bien mieux proportionné). Et beau panache – même si devient un peu débraillé sur la fin.

Anas Séguin, baryton (Massy, ancien du CNSM).
□ Cavatine de Riccardo (Puritani de Bellini).
□□ Je suis pour la première fois convaincu par lui (il faut dire qu'il chantait jusqu'ici des rôles plus légers, pas faits pour ce type de voix et d'émission) : effort de prosodie (véritables respirations expressives de la ligne), et un legato magnifique qui s'asseoit sur ce médium très riche. En revanche, du fait de l'émission lourde, l'aigu est inconfortable et se détimbre un peu.
□□ Pas du tout la technique que je conseillerais, mais il en tire des choses très satisfaisantes.
■ Cavatine de Valentin (Faust de Gounod).
■■ Vraiment des progrès faits, ici encore superbe legato même si peut être un peu chargé pour du répertoire français (mais les aigus sont ici parfaits et faciles). Pas follement expressif, mais le dosage de chant pur est assez parfait.

Emma Posman, soprano (Gand).
□ Valse de Juliette (Roméo de Gounod).
□□ Jolie voix de soprano lyrique léger, émise assez en arrière (donc susceptible de se dérégler plus vite). Très bien faite (et suraigu en équilibre mais fruité !), mais de ce fait, moins de précision et de diction que Pauline Texier qui figurait parmi les candidates.
■ Air de la table (Manon de Massenet).
■■ De même que précédemment : superbe fruité, mais émis en arrière (comment l'entend-on en salle ?).

Angélique Boudeville, soprano (de l'Académie de l'Opéra, initialement formée à Dijon).
□ Air de Louise (Gustave Charpentier).
□□ Voix plus dramatique, avec diction en yahourt, aigus filés au vibrato déjà très important… on croyait entendre Montserrat Caballé dans les années 80. Pas de doute, on est bien dans les canons esthétiques de l'Opéra de Paris. [Et je n'aime évidemment pas du tout.]
■ Cavatine d'Elvira (Ernani de Verdi).
■■ Le vilain vibrato a disparu, et voici une voix ample et très ductile, assez ronde et pure. La diction est toujours floue, mais dans un air aussi difficile, ce devient un paramètre secondaire. Les aigus sont dardés, les sauts de registre très nets (sis sur coups de glotte), très impressionnant.

Eléonore Pancrazi, mezzo (Tours).
□ Rondeau d'Angelina (Cenerentola de Rossini).
□□ La rondeur du timbre est toujours merveilleuse, mais en choisissant un air romantique, elle expose les extrêmes, notamment les aigus un peu déconnectés, moins timbrés et plus tendus, qui n'ont aucune importance dans le répertoire baroque où elle semblait se spécialiser. [Cela dit, pour l'avoir entendu rayonner dans un second rôle chez Hahn, elle peut tout à fait élargir son répertoire, en effet.]
□□ De fait, dans l'agilité finale avec les aigus très exposés, la voix blanchit complètement et se détimbre de vilaine façon… Comment ses conseils ont-ils pu lui conseiller de se dévaloriser ainsi ?  (on la voit d'ailleurs sortir de scène assez décomposée)
□□ Le mixte tête-poitrine qu'elle emploie pour colorer tout le médium est vraiment très beau.
■ Air de Concepción (L'Heure Espagnole de Ravel).
■■ Bel abattage, très belle diction, bien pllus à son aise ici.

Caroline Jestaedt, soprano (Occitanie).
□ Air consolateur de la Fée-Marraine (Cendrillon de Massenet).
□□ Très beau soprano léger, son très fin (là encore inutilement en arrière), grand contrôle de l'émission et de la dynamique. Et la diction reste bonne malgré les hauteurs et le placement.
■ Adieux de Marie (La Fille du Régiment de Donizetti).
■■ Très belle ligne, et très jolie antériorité brillante de la résonance, avec une diction en conséquence très claire, tout en conservant moelleux et coloration.

Kévin Amiel (Massy)
□ Air de Tonio (Fille du Régiment de Donizetti).
□□ Émission très italo-américaine (faciale mais avec résonances métalliques plus arrières, un côté mini-Tucker), vraiment radieuse ce soir, je ne l'avais jamais entendu aussi bien chanter. La franchise et la chaleur à la fois qu'on peut espérer là-dedans, avec un contrôle du phrasé (et des dynamiques) dans un tempo très lent, et une diction claire.
■ Air de Rodolfo (La Bohème de Puccini).
■■ Moins séduit par l'italien très standard et la conception très lyrique de l'air (alors qu'il est particulièrement narratif et discontinu). Mais pour un concours de chant, on fait difficilement plus maîtrisé.

Eva Zaïcik (Massy, ancienne du CNSM).
□ Dans la romance d'Eros (Psyché de Thomas).
□□ Dans le grand format, un côté Crebassa, moins personnel que dans le baroque où sa rondeur voluptueuse est atypique, mais dès qu'elle ouvre la bouche, quelque chose de l'élégance rhétorique et de la vibration même de voix emportent tout. Quelqu'un qui dérobe la scène rien qu'en ouvrant la bouche.
■ Cavatine d'Isabella (L'Italiana in Algieri de Rossini).
■■ L'italien est assez standard et le grave semble un peu plafonné en puissance (c'est un rôle de contraltino, tout de même). En revanche jeu truculent réussi, expressions assez riches et fines (elle explicite vraiment le propos de l'air…). Ce serait dommage qu'elle se spécialise là-dedans. Pour son bien, elle aurait dû choisir un air russe plutôt !  Au demeurant, absolument rien à redire sur la technique et l'aisance, toujours parfaites.

Maxime Melnik, ténor (Bruxelles).
□ Air du défi de Sigurd (Reyer).
□□ Voilà une voix très antérieure, presque blanche… on n'est plus habitué à entendre ces émissions presque hachées, où le texte est à nu. Quelle révélation !
□□ Évidemment, les autres valeurs par lesquelles on jure aujourd'hui, l'égalité du son, le legato absolu, ne peuvent pas être les mêmes : très haché pour la cantilène « Esprits, gardiens de ces lieux vénérés ». Mais tant mieux, tant mieux, il rend l'opéra au théâtre, à rebours du belcanto.
■ Air de don José (Carmen de Bizet).
■■ Mêmes qualités de franchise, pas du tout à la rechercher du son dramatique, mais tellement loin de ce à quoi s'attendent les directeurs et le public. Comme le fausset intégral (logique artistiquement, mais exposant la technique – on aurait voulu du mixte ou du fausset épais). Il est un peu moins clair que dans Sigurd aussi.

Ambroisine Bré, mezzo (CNSM).
□ Air de Desdemona (Otello de Rossini)
□□ Là aussi, quel étrange choix d'air, qui la fait plutôt forcer le timbre, et qui ne met pas en valeur sa présence d'actrice, tout en sollicitant un italien très standardisé. De toute façon, avec ce type de voix, difficile sans doute de faire une carrière de soliste très exposée (ne serait-ce que pour le volume).
■ Cavatine de Lazuli (L'Étoile de Chabrier)
■■ Voilà qui est beaucoup plus dans son registre, avec les mêmes réserves du faible impact pour une soliste et un concours de glottes. Mais là, on y prend un tout autre plaisir, et scéniquement, on sent la facilité !

Kamil Ben Hsain Lachiri, baryton.
□ Scène du suicide de Papageno (Zauberflöte de Mozart).
□□ Pas vraiment un morceau de concours pour mettre en valeur l'ambitus. Bien chanté, dans un allemand moyen, mais difficile d'en extrapoler les qualités de soliste.
■ Air de Brissac (Les Mousquetaires au Couvent de Varney).
■■ Superbe fausset très puissant ; sinon, très beau baryton léger, bien dit, bien fait.

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Si on veut pronostiquer des carrières, nul doute qu'Angélique Boudeville va vite s'arracher parmi les maisons en recherche de ces formats larges et rares.

Ensuite, si on parle de personnalités, Eva Zaïcik (chouchoute de longue date) et Maxime Melnik (que je découvrais) me semblent vraiment apporter quelque chose de neuf, et notamment une empreinte sonore tout à fait singulière – et éloquente.

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Palmarès :
1) Hélène Carpentier
2) Angélique Boudeville
3) Eva Zaïcik
4) Anas Séguin
5) Caroline Jestaedt
6) Kévin Amiel

Assez logique (quoique dans le désordre) considérant ce qu'on a concrètement entendu ce soir-là.

Puis les prix à intitulés (qui ne veulent rien dire en général, ils sont choisis par des instances autonomes ou servent de prix de consolation, selon les cas).
Répertoire français : Hélène Carpentier.
Opéras suisses : Angélique Boudeville.
Du public : Angélique Boudeville.

Il n'est pas impossible que la jeunesse des premières lauréates signifie la prise en compte le paramètre que je soulevais, à savoir qu'elles n'ont pas déjà une carrière développée hors du concours, et sont donc réellement promues dans un nouvel univers. Ce dont pourra, aussi, s'enorgueillir le concours.

En tout état de cause, le niveau général était très haut dès les finales régionales, et tous les finalistes de cette grande finale-finale, sans exception, très dignes d'une vraie carrière.

5. Le mercredi 14 février 2018 à , par Pierre

Compte-rendu très instructif, merci.
Pour avoir vécu la soirée de l'intérieur, sa préparation, et avoir ensuite revu la vidéo, je peux confirmer (hors aspects "techniques" qui m'échappent) quasiment tout ce qui est écrit ci-dessus.
Et apporter un ou deux éléments de précision, pourquoi pas ... ?

Un premier concernant l'accompagnement de ces jeunes personnes.
La finale suit de très près les demi-finales, et donc l'orchestre (et le chef) doivent procéder dans l'urgence la plus absolue : évidemment pas question de préparer tous les morceaux choisis par tous les demi-finalistes. De ce fait, la finale est répétée dans un laps de temps extrêmement court, avec un ordre de priorités limité et, disons, ... affreusement primitif :
1) avoir les bonnes partitions !! (deux candidats ont eu des surprises : mauvaise tessiture, ou même ... mauvais air !). Le challenge : trouver en quelques jours 24 matériels d'orchestre complets et [les rendre] utilisables.
2) ne pas mettre les candidats en difficulté. Autrement dit, dans le doute, et avec très peu de temps à consacrer à chacun, régler d'abord sans état d'âme le volume sonore au minimum, puis noter frénétiquement tout ce qui peut créer un risque, en priant pour que chacun, à l'instant critique, s'en tienne à ce qui est convenu.
Pour ce qui est de la musicalité "élémentaire", de la beauté du son, du réglage fin des nuances, de la précision des phrasés, de la correction stylistique, et tous autres aspects secondaires du même acabit ... croiser les doigts [inoccupés] et faire confiance à une combinaison de réflexes et d'instinct. (Heureusement, ça n'était ni filmé ni enregistré, sinon, imaginez le stress).

Ensuite, et surtout, un commentaire plus personnel : j'ai été globalement frappé, pendant les répétitions, par la maturité et l'intelligence de tous ces jeunes chanteurs : infiniment loin de l'image datée et caricaturale des divas écervelées et autres ténors abrutis; tout au contraire, de jeunes professionnels capables de préparer, au mieux ou en dépit des conditions offertes, un concours aux conséquences potentiellement fortes - donc sous grosse pression, ... les mains parfois gelées ... - tout en gardant un esprit de sympathique collaboration et une patience à toute épreuve. A leur crédit, leur honneur, très probablement celui de leurs professeurs, et très certainement celui de la (des ?) chef de chant ayant aidé à la préparation.
Ce qui, joint à leur talent individuel, les rend tous, sans exception, effectivement "dignes d'une vraie carrière", au sens un peu original où je l'entends plus personnellement.

Un mot enfin, sans bien sûr exposer de choix personnel, du palmarès : il permet effectivement de faire changer de dimension les deux principales lauréates, c'est bien la fonction affichée de ce genre de concours "open", et je suppose comme vous que le jury a intégré ce facteur dans ses décisions. Je voudrais simplement ajouter qu'au-delà du coup d'accélérateur donné à la carrière des lauréat(e)s, la musique, et surtout chaque participant, aura gagné à l'écoute d'une palette de qualités et de conceptions si diverses. La médiatisation qui suit ce type d'évènement est un phénomène inévitable, un avantage potentiel si elle est bien gérée, mais pas du tout une urgence, si l'on se donne la peine d'y réfléchir sainement ...

Amicalement !

6. Le samedi 17 février 2018 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Pierre !

¶ Oui, je n'ai rien dit de Colonne, parce que j'apprécie leur investissement par ailleurs, et que je me doute bien que préparer un programme totalement hors de leur répertoire, dirigés par un chef qui n'a à peu près jamais dû diriger d'opéra italien (où malgré la simplicité du matériau, la plasticité du tempo réclame une technique très spécifique), à si court intervalle, avec vraisemblablement quasiment rien de temps de préparation avec les chanteurs (chacun ayant son agenda, et étant assez nombreux…).

Il est vrai, que, dans la vidéo de la soirée, c'est un peu la déroute par endroit (décalages pas du fait de fantaisies déraisonnables des chanteurs ; la scène féerique de Cendrillon de Massenet, assez périlleuse, largement dans le décor…), mais ce n'est pas vraiment l'objet de la soirée : travailler dans des circonstances défavorables fait partie du métier.

Ce que vous révélez, même si on peut le supposer, est éclairant : préparer un programme avec autant d'interprètes différents (et jeunes, donc moins aguerris ; et stressés, donc plus vulnérables), en l'espace d'une semaine, rien que le temps de trouver, commander, recevoir et préparer le matériel !

Effectivement, si les chanteurs improvisent un peu dans le rubato (ce qui est pourtant tout à fait licite dans ce type de répertoire, et bien même recommandé pour assurer une interprétation pas trop corsetée devant le jury), c'est tout de suite la sortie de route.


¶ Oui, la préparation des jeunes chanteurs a beaucoup changé !  Ça explique peut-être aussi pourquoi (avec d'autres paramètres comme la vie urbaine et l'influence des micros, de l'imaginaire du cinéma…) on n'a plus autant de voix aussi puissantes qu'autrefois, parce qu'on ne recrute plus des bergers et des garagistes aux dons extraordinaires, mais de plus en plus des diplômés de langues, lettres, musicologie, mathématiques… des profils qui se rapprochent de plus en plus de l'intellectuel et de moins en moins du bon naturel extraverti – ce qui a ses avantages en matière de style, ses inconvénients en matière de naturel vocal.

Effectivement, vu depuis le résultat final, une très belle sélection. Pas forcément les voix les plus extraordinaires du moment (on ne sélectionne que ceux qui se présentent, pour commencer, et certains arrivent par d'autres voies que les concours, ou pas celui-ci spécifiquement), mais tous, au moins à partir de la demi-finale, ont des acquis techniques et stylistiques qui leur promettent une belle carrière professionnelle, au minimum dans de bons chœurs, et pour certains en solo.

Mes frustrations porteraient plus sur la qualité des langues – j'ai entendu, dans les finales régionales du moins, de l'italien et de l'allemand sévèrement massacrés (même si j'ai conscience, pour pratiquer vilainement moi-même, qu'on peut chanter horriblement des langues qu'on parle pourtant avec un bon accent, et inversement d'ailleurs !) – et sur la sélection, que je déplore, de certaines voix placées assez en arrière qui auront peu d'impact en salle dans des solos et pourraient s'abîmer assez vite une fois soumises au stress d'une carrière exposée.
Mais ce sont vétilles, dans la mesure où les sélections finales étaient assez réjouissantes, notamment pour des raisons de maturité, oui – il faut dire que ceux qui sortent des Ateliers Lyriques ou des CNSM ont déjà beaucoup d'expérience scénique à 28 ans…


¶ Nous verrons pour la suite, en effet !  Mais la rareté du concours et le prestige de ses parrains devrait faire, qu'au moins chez les programmateurs et les mélomanes, quelques-uns des finalistes et lauréats se voient assez confortablement propulsés. À eux, à leurs conseils, à leurs agents de s'atteler désormais à la difficile tâche de dire non lorsque c'est nécessaire !


Merci pour ces éclairages internes assez parlants en effet !

7. Le dimanche 18 février 2018 à , par Henry

Bonsoir!

Je viens d'arriver sur votre site et je voulais tout d'abord vous dire merci pour toutes ces précieuses informations rassemblées (quelques heures de lecture en perspective...)!

J'ai aussi suivi les différentes étapes du concours avant d'arriver ici et de lire vos commentaires et une subtilité m'échappe: vous parlez à certains moments de voix placées trop en arrière (cfr. Emma Posman et Caroline Jestaedt) et à d'autres de voix antérieures (cfr. Pauline Texier et Maxime Melnik). Quelle différence faites-vous entre les deux?

À propos aussi de Maxime Melnik, j'avoue que j'ai été un peu désarçonné... Sigurd était une idée intéressante et bien maîtrisée et le Don José plus que convaincant pour un ténor de 23 ans (malgré une habitude d'entendre des calibres vocaux bien plus larges), mais ces rôles me semblent en dehors de son répertoire malgré la fraîcheur des interprétations (j'avoue que c'est un de mes coups de cœur de la finale de samedi dernier). Dans quelle catégorie vocale pourrait-il s'épanouir selon vous?

En tout cas, un très grand bravo et merci à tous ces jeunes chanteurs pour ces derniers mois et un grand merci à vous encore pour ce site passionnant et (j'espère) votre réponse!

Amicalement

8. Le dimanche 18 février 2018 à , par DavidLeMarrec


Soyez le bienvenu Henry !

Merci pour ces réconfortantes appréciations. Puisque vous vous apprêtez à flâner par ici, il existe un index partiel (à jour seulement pour les notules plus pédagogiques) qui peut être utile.

J'ai aussi suivi les différentes étapes du concours avant d'arriver ici et de lire vos commentaires et une subtilité m'échappe: vous parlez à certains moments de voix placées trop en arrière (cfr. Emma Posman et Caroline Jestaedt) et à d'autres de voix antérieures (cfr. Pauline Texier et Maxime Melnik). Quelle différence faites-vous entre les deux?

En arrière plutôt que trop en arrière : c'est un choix esthétique. À mon sens (et à celui des théoriciens, et même des profs qui enseignent à chanter plutôt en arrière, d'ailleurs…), cela rend l'émission plus difficile dans les aigus et beaucoup moins sonore en salle (en revanche ce peut être tout à fait agréable au disque ou à la radio), avec beaucoup moins d'impact physique – alors que les voix nasales, même trop nasales, fonctionnent vraiment bien en vrai, une fois qu'on y a goûté, difficile de retourner en arrière.
Mais c'est un choix : on aime les timbres ronds aujourd'hui, plutôt amples et vaporeux que focalisés et acides (Caballé plutôt que Mesplé, pour caricaturer) ; je le déplore pour mon goût personnel mais je ne porte pas forcément de jugement en matière de nécessité de faire autrement.

Antérieur, c'est avant / en avant : donc l'inverse de chanter en arrière (postérieur). Il est vrai que le son passe avant à l'arrière de la bouche, mais c'est la terminologie officielle en linguistique et physiologie : les voyelles antérieures, comme les pattes antérieures, sont celles de devant.

--

À propos aussi de Maxime Melnik, j'avoue que j'ai été un peu désarçonné... Sigurd était une idée intéressante et bien maîtrisée et le Don José plus que convaincant pour un ténor de 23 ans (malgré une habitude d'entendre des calibres vocaux bien plus larges), mais ces rôles me semblent en dehors de son répertoire malgré la fraîcheur des interprétations (j'avoue que c'est un de mes coups de cœur de la finale de samedi dernier). Dans quelle catégorie vocale pourrait-il s'épanouir selon vous?

Difficile à dire, il est tellement atypique. De surcroît, je suis persuadé qu'on peut tout chanter en réalité quand on a l'étendue, et que les histoires de voix du rôle servent surtout à sélectionner des couleurs de timbre (et à protéger les voix légère de la tentation de grossir le son). Vanzo a tout chanté (même Verdi et Werther) avec sa voix mixte limpide… Pavarotti a merveilleusement chanté Otello de Verdi, en conservant exactement sa couleur d'origine.
Évidemment, dès que le chanteur cherche à pousser le son au lieu de le laisser sortir ou à élargir et sombrer le timbre pour avoir l'air plus dramatique et sérieux, ça devient très dangereux (même pour des chanteurs aguerris : il suffit de voir ce qu'il est advenu de Damrau en quelques mois lorsqu'elle a changé de répertoire et essayé d'adapter sa voix à la vision fantasmée du belcanto romantique).

Or, Maxime Melnik n'est pas du tout concerné par cette tentation, vu comment il chante Don José !  Ça réclame de très bien connaître sa voix, pour ne pas être tenté de faire des choses qui sont hors de portée.

Il existe néanmoins une limitation très objective : la projection du chanteur et sa puissance, par rapport à la taille de l'orchestre !  Et puis le centre de gravité du rôle (s'il est bas, la voix se projette moins, donc il faut un plus gros calibre si on veut pouvoir faire des effets dramatiques ou passer le mur de l'orhcestre).
Il faudrait donc entendre Maxime Melnik en vrai pour pouvoir vraiment évaluer ce qui est à sa portée.

Par ailleurs, il semble ne pas avoir de legato du tout, ce qui écarte certains rôles très lyriques a priori, les belcantistes italiens en tout cas ; mais dans des rôles lyriques français comme Vincent ou Roméo, ça passerait parfaitement !
Je suppose que c'est d'abord là qu'il faut l'attendre dans des rôles lyriques français du XIXe. Mais honnêtement, José et Sigurd n'étant jamais trop concurrencés par l'orchestre, il pourrait complètement les tenir !  (et son Esprits, gardiens de ces lieux vénérés est probablement le seul qui m'ait jamais intéressé, pas un très grand air contrairement à ceux de Hilda ou Brunehild, ou à son court récit au IV Un souvenir poignant…).

J'ai hâte de l'entendre en salle, en tout cas (les surprises sont souvent possibles, peut-être que la voix se projette formidablement, ou au contraire qu'elle est fluette).

J'espère avoir fourni quelques pistes, à défaut de mieux, en réponse à vos interrogations !

David

9. Le lundi 19 février 2018 à , par Alain

Bonsoir,

Bravo pour votre merveilleux site que je découvre depuis peu ! Je suis totalement sous le charme...

En effet, nous étions plusieurs samedi 10 à nous lamenter de ne pas voir Maxime Melnik dans les lauréats. Mais est-ce qu'une parfaite diction et un programme original sont des critères suffisants ? Visiblement non.

La voix se projetait bien, pour répondre à une de vos interrogations, et ce que l'on peut entendre sur YouTube (sa demi-finale notamment, ou les pièces plus baroques et classiques) présage un bel avenir. Je ne sais si vous avez eu l'occasion d'entendre ces extraits. En tout cas, c'est une voix à confirmer et surtout dont il faudra prendre soin. Les rapaces ne sont jamais loin dans ce genre d'exposition très médiatique...

Au plaisir de vous lire !

10. Le mercredi 21 février 2018 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Alain , et bienvenue !

Merci, grand merci pour ces aimables mots qui charment ma vanité.

Dans l'intervalle, je suis allé écouter les autres airs de Maxime Melnik, ce que je n'avais pas encore fait. Quelle originalité en effet !  Cinq-Mars de Gounod et Thérèse de Massenet à la finale de Lille, Mireille de Gounod (« Anges du Paradis ») et L'Enfant prodigue de Debussy pour la demi-finale, et puis ces José / Sigurd en finale…

J'ai aussi écouté les extraits de L'Amant jaloux de Grétry (en particulier le duo du début du II, au moment de la réconciliation et de la sérénade trompeuse) qu'on trouve sur YouTube en effet. Content mais pas étonné de lire que la voix se projetait bien : en principe, avec les voix antérieures, il n'y a pas de mauvaise surprise ; même si elles ne sont pas puissantes, elles rendent forcément l'énergie d'émission de départ, alors qu'on peut avoir des voix avec un grand effort articulatoire mais un tout petit son s'il est piégé à l'intérieur (Julien Behr est spectaculaire en la matière !).

Je perçois cependant ce qui a pu retenir le jury de le distinguer.

1) Sa voix et son répertoire sont très typés, ce qui veut dire qu'il ne fera pas une carrière grand public en principe, plutôt appelé à tenir des rôles dans un répertoire spécialisé ; or le concours se veut un tremplin, une vitrine, certes francophone, mais appelé à fournir les vedettes de demain, donc des voix plus polyvalentes, ou du moins compétentes en italien (refuser de présenter toute langue étrangère a pu le desservir).

2) Le timbre est un peu blanc ; dans le genre franc, il y a la possibilité d'obtenir plus de chaleur (témoin Mathias Vidal dont la couleur est proche).

3) Surtout, et à la réécoute c'est flagrant, il ne fait aucun legato, absolument aucun, entre les notes ; je suis totalement partisan du détaché, de l'absence de fondu, de la différenciation extrême des voyelles même, mais à ce point, il lui est impossible de tenir une ligne, il y a des trous partout. Avec la contrepartie du texte, de la voix, de l'expression, je le lui passe totalement, mais c'est une carence technique majeure dans le domaine de l'opéra, qui lui ferme les portes de quasiment tout – impossible de chanter de l'oratorio ou du répertoire italien comme cela. Si, Loge ou Mime dans les traductions de Wilder ou Ernst, ça passerait, mais sinon ?

On pourrait se dire que c'est un choix esthétique, mais outre qu'un peu de liant ne serait pas plus mal (les notes sont souvent écourtées), j'ai l'impression que c'est un manque d'air qui est en cause : comme le son est assez ouvert et l'émission de très faible impédance, tout l'air semble immédiatement sortir, à chaque son, alors que trouver la « boule de son » qui résonne bien toute seule permet aux autres chanteurs d'économiser leur souffle et de tenir de longues lignes.

4) Possible aussi, plus dans le détail, que son fausset intégral dans José ait été vu comme une faiblesse technique – il y a beaucoup d'opinions contradictoires sur le sujet (je suis partisan de la libéralisation du fausset), mais il est vrai que la technique suprême, c'est de bien mixer, ou de faire de la douceur en voix pleine, et que le fausset est plus facile à faire.

Toutes choses qui peuvent expliquer que pour des raisons de spécialisation, d'accès à un vaste public, ou de technique, il ait paru un peu extérieur à l'ambition du festival. Néanmoins, c'était avec Zaïcik la personnalité la plus marquante de cette finale, et incontestablement la plus originale, quelqu'un qui a configuré toute sa technique pour servir un répertoire précis. Je suis impatient de le réentendre !

--

Vu son répertoire et son profil, je crois que vous n'avez pas trop à vous alarmer des rapaces. En revanche, s'il ne perce pas comme soliste, cette histoire de legato et de souffle pourrait l'empêcher d'être recruté dans des chœurs, il va être difficile pour lui de gagner sa vie en ne chantant que des jeunes premiers du romantisme français, sauf s'il acquiert vraiment une notoriété. Je lui souhaite donc la médiatisation, d'autant qu'il semble avoir une vision assez claire de ce qu'il veut pour avoir résisté à ce point à tous les modèles en chantant ses airs !

11. Le mercredi 21 février 2018 à , par Thomas LAFEUILLE

Salut David !

Je viens d'entendre la Finale à mon bureau.

Je suis mitigé après une double écoute. Autant je pense que nous avons un bon panel de ce que l'espace francophone peut produire comme chanteurs lyriques, autant les critères de choix m'apparaissent bien obscurs (et de fait, rendent le classement incompréhensible).

Pourquoi Hélène Carpentier remporte-elle le concours alors que demeurent quelques failles techniques (aigus vraiment forcés quand même malgré l'agilité), qu'elle n'est de loin pas la plus mûre sur le plan de l'interprétation et qu'elle n'a objectivement pas soigné au mieux sa diction, assez opaque par moment ? Cette consécration ressemble à un pari, celui d'être la plus prête des moins de 25 ans.

Comment Angélique Boudeville peut-elle remporter tous ces prix alors que sa diction est calamiteuse, son vibrato effroyable ? Même certaines voyelles sont fautives... Le public est étranger, c'est ça ? Alors d'accord, il y a de la puissance, de l'ampleur, une aisance pyrotechnique sur l'ensemble de son ambitus, m'enfin c'est rédhibitoire pour moi, elle ne fait pas la moitié du boulot et avec le plus grand dédain. Moi, je m'interroge : "Que vaut cette cantatrice lorsqu'elle chante un texte ?"

Pas grand chose à dire sur les quatre autres, très bons à excellents dans leur style.
Comme Eva Zaïcik est tout à fait mon style de femme, je m'abstiens de tout commentaire.
Petit doute concernant les choix d'Anas Séguin ; pourquoi a-t-il choisi des airs de baryton lyrique alors que j'ai la sensation que son centre de gravité est un poil plus bas, peut-être mieux dans des airs de baryton-basse ? Lui manque-t-il de bons graves (fa-sol 1) ?
Kevin Amiel n'est pas du tout mon style, manquant de couleurs, mais quoique plutôt quelconque c'est techniquement assez irréprochable.
Beaucoup aimé les Adieux de Marie de Caroline Jestaed (malgré la grande frustration de ne pas avoir le "r" final).

Je tenais à souligner l'interprétation de l'air de Concepcion par Eléonore Pancrazi et l'air de Lazuli par Ambroisine Bré qui sont vraiment aboutis, et même pour la seconde, presque admirable ; elle a déjà la maturité pour faire une carrière intéressante d'une manière ou d'une autre.

Et évidemment Maxime Melnik. Tout à fait ma manière d'aborder le chant pour moi-même, bien qu'avec des failles techniques sans commune mesure (détimbrage fréquent, couverture aléatoire et choix entre fausset et... fausset déjà ;)).
Très prometteur mais trop jeune ; je suis d'accord avec toi, il semble manquer de souffle, ce n'est pas un choix esthétique contra-légato. Je lui donne le prix de l'avenir du répertoire francophone en somme. Et t'as vu, il a réussi à mettre de la vie dans « Esprits, gardiens de ces lieux vénérés », incroyable ! Même des géants comme Thill ou Campagnola n'y sont pas arrivés.

12. Le mercredi 21 février 2018 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Thomas !

    Les critères sont toujours obscurs, même pour les pros. Le pire, ce sont les concours de direction d'orchestre évidemment (on ne peut juger que l'éventuel impact comme chef invité), pas loin de l'incatation propitiatoire, le jury doit prier pour ne pas tomber trop à côté. Pour le chant, il y a quand même quelques prérequis techniques, mais tellement d'écoles possible par rapport aux instruments, de paramètres, de goûts divergents… tu te figures, si c'était nous faisions le classement et le recrutement ?
    La carrière de Domingo aurait culminé avec le Duc de Lerme, et celle de Caballé avec une Voix du Ciel…

    Tout à fait d'accord sur Hélène Carpentier : une belle voix, de l'engagement, une belle maturité artistique, mais effectivement, surtout en italien, on entendait la tendance à pousser le timbre au delà de ce que permettait le souffle, un peu criés même par endroit. Mais c'est légitime aussi, par rapport à toutes les chanteuses qui avaient déjà une carrière très avancée dans le palmarès : c'est même le fait qu'on les ait laissées concourir qui semble anormal. Donc le fait de la distinguer a quelque chose de rafraîchissant et, oui, d'un pari.

    J'ai été horrifié par l'air de Louise d'Angélique Boudeville, oui : c'était laid et le texte en bouillie, mais dans Ernani, là, on comprenait où elle se trouvait. Cet air est savonné par les plus grandes, et elle en a livré une interprétation assez impeccable, et d'une belle ampleur !
    Tu négliges à mon avis le critère de l'employabilité : ces voix étant très rares, on va se l'arracher. Très vite. Il ne faudra pas aller l'entendre dans les rôles de diseuses (ça fait assez peu envie en Iphigénie…), mais pour du Donizetti-Verdi-Puccini avec panache, ce devrait être très bien !  Pas mon genre de technique a priori, mais elle offre suffisamment de satisfactions pour que je puisse passer outre.


Comme Eva Zaïcik est tout à fait mon style de femme, je m'abstiens de tout commentaire.

Hé bien, tu aurais été passablement affolé alors, si tu l'avais vue dans ses tenues de concert habituelles, plutôt aérées.

Je l'ai même vue s'effeuiller hardiment dans un récital d'airs d'amour de Guédron… ça y est, je vais te ramasser en pâmoison.

Les airs choisis ne la flattaient pas dans ce qu'elle fait de mieux, le baroque opulent de voix et de diction, mais c'était quand même très beau, et on percevait assez bien le charisme immédiat du timbre et de la présence scénique. J'espère qu'elle fera des choix de répertoire intéressants, parce que j'ai plaisir à la retrouver régulièrement… Pour ce qui est de faire une carrière de premier plan, je ne doute pas trop.

    Même question que toi pour Anas Séguin (c'était encore pire dans les phases précédentes, on a eu le Comte des Noces, pas vraiment confortable comme tu peux t'en douter), mais c'est sans doute une question de maturité de la voix ou tout simplement de l'âge (on ne donne pas les rôles de barytons-basses à de jeunes chanteurs). Les graves, il les a, pas énormes, mais suffisamment chargés pour bien passer. Non, à mon avis, il a fait un choix, encore une fois, d'employabilité : il y a peu de rôles de baryton-basse disponibles pour les jeunes chanteurs, et on n'embauchera pas un débutant dans le Hollandais ou Amfortas (sans parler du danger pour la voix de chanter avec les intervalles et les masses orchestrales wagnériens !).
    J'ai trouvé qu'il s'en était vraiment très bien tiré, plus gracieux qu'à l'ordinaire, dans des airs pas évidents pour lui, bien propres techniquement (la cavatine des Puritains était même splendidement conduite, de même que les aigus, pas faciles pour son type d'émission, de Valentin), bien expressifs. C'est très encourageant pour son mûrissement, alors que je ne l'adorais pas – la voix sonnait un peu épaisse, très métallique, un peu dure, les fois où je l'avais entendu, mais ça semble s'être assoupli.

    Kevin Amiel a quelque chose de très étudié, de bon élève peut-être, mais la finition technique de ses airs était assez magnifique, tout de même (Tonio !). Oui, ce n'est pas le plus personnel de tous les ténors, et il ne chantera probablement jamais Alvaro ou Radamès, mais il est vraiment légitime qu'il soit récompensé – au détail près qu'il fait déjà une belle carrière dans les circuits secondaires (au premier plan des concerts pros qui ne sont pas couverts par la presse, disons).

    Oui, Pancrazi superbe en Concepción, et Bré totalement accomplie artistiquement (sa carrière est déjà là, comme je le mentionnais). En revanche elle pourra difficilement exploser : la voix est à peine projetée (même dans LULLY à Versailles, c'est un peu court), alors le Met ou Bastille, il faudra s'en passer. Mais j'aime beaucoup les talents d'artistes assez complets chez elle, le lien entre la voix, la musique, le texte, le jeu.
    Il y a en ce moment au CNSM qu'elle vient de quitter un autre merveilleux Lazuli, Brenda Poupard, là aussi une petite voix, mais dans cette œuvre, d'une concentration sonore, d'une finition incroyables – du niveau de ce que j'ai entendu de mieux dans ce rôle très bien servi déjà !

      Oui, le petit garçon Maxime Melnik qui parvient à faire de l'air de Sigurd ce que personne (Thill, Chauvet, Merritt, Alagna…) n'avait pu faire, un récit intéressant, un moment qui n'est pas juste une cantilène mais réellement une invocation, un discours, une préparation à l'action, incroyable. Reste la question, à nouveau, de ce qu'on peut faire comme carrière quand on ne parvient pas à lier deux notes ensemble – j'ai réécouté, c'est vraiment ça, chaque note s'arrête avant la suivante. Ça empêche de se professionnaliser en chœur, donc il faut vraiment espérer soit qu'il s'occupe de ce paramètre (il a quand même l'essentiel en place !), soit qu'il fasse carrière dans le répertoire où il excelle déjà !  Tu ne trouves pas que le timbre a pas de convergences avec Mathias Vidal ?

13. Le jeudi 22 février 2018 à , par DavidLeMarrec

Infos reçues à l'instant depuis la coulisse : Maxime Melnik chante régulièrement dans le Chœur de Chambre de Namur, donc pas de problème intrinsèque de legato, c'est simplement lié au répertoire (avec la volonté de mettre en valeur le texte avant tout). Une excellente nouvelle pour la suite, donc !

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