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[Mise à jour] – Les plus beaux scherzos #2


Quelques ajouts à la précédente liste.

J'avais omis celui, très marquant et célèbre, de la Sonate pour piano n°30 de Beethoven.

Puis une poignée d'exemples, surtout symphoniques, de premier choix, qui manquaient dans la précédente sélection.



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Hofkapelle Stuttgart, Frieder Bernius (Carus).
¶ L'atmosphère combattive de la Première Symphonie de (Norbert) Burgmüller, une tempête à couper le souffle, dans le goût du scherzo de la Quatrième Symphonie de Schumann.



stenhammar_scherzo.png
Un extrait du trio (à tempo rapide) du scherzo du Troisième Quatuor – vous notez aussi les décalages d'entrées, assez typiques de l'écriture pour quatuor deStenhammar.

¶ Ceux des Quatuors 3 & 4 de Stenhammar, d'une agitation incessante (le Troisième est insoutenable physiquement pour des interprètes, toujours vif, toujours dans l'aigu, le trio cavalcadant encore plus que le scherzo lui-même…). Très intenses, au sein d'œuvres qui sont des jalons majeurs du romantisme finissant, à mon sens – la forme stable s'y gorge de fugatos, d'une belle liberté de contrepoint, d'harmonies étranges qui, sans du tout subvertir le format traditionnel, lui procurent une saveur assez neuve – mais toujours « positive », avant que des langages plus tourmentés n'apparaissent.



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Philharmonique de la NDR (Hanovre), David Porcelin (CPO).
¶ Les violons prestes (dans le grave) de la Troisième Symphonie de Sinding (bijou par ailleurs), progressivement chargés de contrechants de flûtes, cors ou bassons, toujours avec le même élan motorique (comme imitant un ressac) que pour le premier mouvement. Pas de trio au demeurant, la même thématique se charge progressivement de plus en plus d'éléments, sans être réellement un mouvement à variations (pas de mutations en valeurs rapides) ou à « étages » (comme les effets de marches lointaines, du type « Marche au supplice » ou premier acte de Dalibor), le matériau mute plutôt en même temps qu'il s'enrichit, d'une façon qui annonce plutôt Sibelius.



¶ Le spectaculaire Presto feroce de la Troisième Symphonie de Röntgen (notule), dont la fureur se mue en poudroiement doré dans le trio.



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Chœur Nicolas de Grigny, Orchestre National de Lorraine, Jacques Mercier (Timpani).
¶ Le mouvement central de L'an mil de Pierné : « Fête des fous et de l'âne ». Tout crépite comme dans le scherzo de Maab chez pierne_mil_glissando_harmoniques.pngBerlioz, mais avec une science d'orchestration qui n'a pas d'exemple – trompette en ut rythmée par des pistons en sourdine, et ponctuations de violons (octaves suraigus en glisando avec une quinte en harmoniques au milieu !) doublées par des fusées de triples croches sforzando à toute la section de bois !  Et puis les éclats de flûtes doublées par la harpe, les accompagnements très aérés (les pupitres se partagent une ligne d'accompagnement), le chœur qui chromatise et crie, la jolie mélodie entraînante… une fête, assurément.



Plus traditionnel, moins essentiel sans doute, le beau scherzo sombre de la Première Symphonie de Jan van Gilse (notule de présentation), avec ses renforts de timbales légèrement décalés et son trio où la palpitation des cors rappelle très vivement l'écriture brahmsienne.


Vous pouvez désormais les retrouver, inclus dans la notule qui présente le genre scherzo, établit ses limites et propose une liste assez fournie d'exemples de réussites.



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Commentaires

1. Le mercredi 1 mars 2017 à , par antoine

Mon cher David, je suis quand même un peu étonné que vous ne vous attardiez pas sur les scherzos de Bruckner, particulièrement trapus. A ce sujet, je viens de découvrir un enregistrement de la nullte, la mal nommée, par Mehta et l'orchestre d'Israël, superbe de cohérence et d'efficacité, et le scherzo, je ne vous raconte pas...

2. Le samedi 4 mars 2017 à , par DavidLeMarrec

Oui, trapus, c'est exactement cela, et ils correspondent particulièrement bien à l'image du scherzo hébété et ratiocinant – voire tangentiellement relou. Néanmoins, j'ai cité ceux de certaines symphonies que je trouve particulièrement réussis (la 4 évidemment, la 2 aussi, et même celui de la 9). Vu leur renommée, ça n'appelle pas précisément mon insistance de toute façon – je ne peux pas commenter chaque entrée de ces listes !

Chez Helikon ? Ils ont souvent de la bonne came alternative, en effet. Merci pour le tuyau, j'irai essayer, les bonnes versions de cette symphonies n'abondent pas vraiment.

3. Le dimanche 5 mars 2017 à , par Antoine

Les scherzos ont l'air ratiocinant lorsqu'ils ressemblent à un exercice obligé et donc académique, ce qui n'est pas le cas lorsqu'ils ont une authentique pêche, tels ceux de Brubru (et plus encore celui de Rott). Il y aurait plusieurs éditeurs, personnellement je me suis procuré le cd double pour 3 euros chez amazon. Je précise qu'il est jumelé avec la huitième où Mehta domine moins le sujet avec quelques bons moments tout de même (dans l'adagio en particulier lors des soli bien mis en évidence).

4. Le lundi 6 mars 2017 à , par David Le Marrec

Bien, bien, je vais chercher ça dès que je serai dans une humeur Bruckner – en ce moment, c'est plutôt Moulinié et Mozart, la transition serait un peu rude.

(De toute façon, la Huitième est la seule œuvre de Bruckner que je n'aime pas – en voilà un exemple de scherzo pesant, répétitif et pénible…)

C'est amusant, parce que je ne la détestais pas… avant d'aimer réellement Bruckner. [Ce qui est d'autant plus paradoxal qu'elle n'est pas si différente des autres, et que les « sachants » la considèrent souvent comme la meilleure…]

Sinon, tout de même, la structure répétitive des scherzos est très soulignée chez Bruckner… dès qu'on joue ça de façon massive, ça devient vite pénible. Mais bien sûr, joué avec élan, ils sont ce caractère à la fois incantatoire et terrien qui les rend assez irrésistibles en dépit de tout.

Si seulement les autres grands symphonistes disposaient d'autant de versions superlatives pour les défendre au plus haut niveau sous diverses esthétiques ! On aurait bien aimé avoir Andreae, Böhm, Karajan et Venzago pour Rott, Alfano ou Casella, pas vrai ?

Merci pour cette recommandation, Antoine, que je vais me hâter de mettre à profit !

5. Le lundi 6 mars 2017 à , par antoine

David, belle injustice tout de même. La huitième est très riche, l'adagio superbe, voire sublime, la preuve, Boulez l'a enregistrée! Pas si mal d'ailleurs. La difficulté est d'y mettre une belle cohérence tout en soulignant les beautés internes et est rarissime une réussite sur tous les plans d'un bout à l'autre. On a l'un ou l'autre, jamais à mon goût (je cherche encore) les deux à la fois. D'accord avec vous pour Rott et Casella, un peu moins pour Alfano...

6. Le mercredi 8 mars 2017 à , par David Le Marrec

Oui, j'aime bien la version Boulez d'ailleurs, elle évite assez bien les lourdeurs, à défaut d'être variée ou tendue.

Je crois que c'est simplement le matériau thématique, la couleur d'ensemble… un peu comme certains enchaînements harmoniques qui m'ont toujours répugné chez Bach. Question de goût pur, peut-être.
(Mais fut un temps où je l'aimais plutôt plus que d'autres, donc nous verrons. Pour l'instant j'ai peu ou prou renoncé à l'écouter, je me fais inutilement violence.)

Je ne donne pas deux tonneaux de Casella contre mon baril d'Alfano ! Autant à l'opéra, il est agréable mais pas majeur, autant la musique de chambre gallicisante et ces symphonies à la fois vénéneuses et glorieuses (ce second aspect manque peut-être à Casella, aux charmes plus souterrains), quel massif incroyable !

7. Le samedi 11 mars 2017 à , par antoine

David, vous aurez eu le mot de la fin, "question de goût"! Pour le reste, je vous promets de revoir mon Alfano (quels enregistrements vous paraissent préférables?) si vous vous engagez à écouter (à nouveau?) l'adagio de la première symphonie de Casella...

8. Le lundi 20 mars 2017 à , par antoine

David, vous me laissez tomber au milieu du gué? Moi non : pour l'adagio de la première de Casella, La Vecchia parait préférable, non que Noseda, que j'aime bien par ailleurs, soit mauvais ou manque de charme, mais, et je ne sais si c'est un problème de prise de son, l'ensemble est un peu trop compact, négligeant ainsi en particulier les soli et le magnifique passage tétanisant aux percussions. Pour Alfano, il n'existerait qu'un enregistrement récent de ses symphonies, donc guère de choix (et les chefs de mon avis?), sauf meilleure information.

9. Le mercredi 22 mars 2017 à , par David Le Marrec

Oh, je vous avais pourtant répondu, Antoine !

J'ai dû faire une erreur de validation, pardon.

Donc : pour Alfano, je n'ai qu'une seule version à proposer en effet, et par ce qui est l'un des tout meilleurs orchestres d'Europe – en tout cas mon grand chouchou avec Trondheim. Je n'en ai jamais vu passer d'autres, elles existent peut-être, mais pas sûr qu'elles soient aisément disponibles ; je doute de toute façon qu'on puisse égaler ces couleurs orchestrales et l'excellente conduite du discours de Yinon, dans une prise de son aussi avantageuse que celle de CPO.

J'ai par ailleurs relevé le défi et réécouté l'adagio de Casella le jour même, pour être sûr que vous ne faibliriez pas dans votre résolution de réécouter Alfano.
Sensiblement les mêmes impressions qu'auparavant : très bien écrit, mais il me manque une plus-value, ou une résonance particulière avec mes inclinations… je trouve ça excellent, je courrais le voir en concert (je vais en avoir la saison prochaine, d'ailleurs), mais je ne suis pas totalement bouleversé non plus. Peut-être un brin sombre pour moi, sans la nécessité liée à un langage aussi complexe que les méchants décadents.

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David Le Marrec


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