Carnets sur sol

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Saison 2014-2015 – Bilan statistique et subjectif


Juillet a été riche, août sera mort ; il est temps de proposer un petit bilan autour des choses vues.

D'abord, un retour sur les saisons précédentes.


1. Liste des spectacles vus

Concerts, opéras, théâtre… En voici la liste, dans l'ordre de la saison (n'inclut pas les expositions en nocturne, évidemment). La plupart ont été commentés, avec un changement en fin de saison : comme chaque année, tentative de recentrer CSS sur des sujets de fond plutôt que sur l'écume des théâtres parisiens. Mais la tentation est tellement grande de témoigner des belles choses qui passent… Nous verrons pour la saison prochaine.
Cependant, chaque notule donne en principe l'occasion de dire un mot des pièces jouées, des styles à l'œuvre, en explorant parfois d'un peu plus près le livret ou la partition (par exemple pour Uthal, L'Elisir d'amore, Rusalka ou Nausicaa)… si votre curiosité vous pousse à les lire ou les relire, temps a été pris de remettre le chemin (pas toujours évident) pour chaque titre.

  1. Pleyel – Cinquième Symphonie de Tchaïkovski – Orchestre de Paris, Paavo Järvi
  2. Pleyel – Svetlanov, Youssoupov, Symphonie n°5 de Chostakovitch – Philharmonique de Radio-France, Kuokman
  3. Cité de la Musique – Grands Motets de Mondonville – Auvity, Mauillon, Les Arts Florissants, Christie
  4. Opéra Royal (Versailles) – Les Boréades de Rameau – Les Musiciens du Louvre, Minkowski
  5. Athénée – The Consul de Menotti – Collet, Pasdeloup, Oyón
  6. Billettes – Monologues italiens du début du XVIIe – Raquel Andueza, La Galanía
  7. Centre Culturel Tchèque – Mélodies de Bendl, Dvořák et Novák – Šašková, Urbanová
  8. Pleyel – Concerto pour violon n°1 de Szymanowski, Symphonie n°7 de Mahler – Baiba Skride, Philharmonique de Radio-France, Vassily Petrenko
  9. Pleyel – Frauenliebe, Dichterliebe et Kerner-Lieder de Schumann – Goerne, Eschenbach
  10. CNSM (salle d'orgue) – ECMA : musique de chambre (Haydn, Beethoven, Taneïev, Ravel…) – jeunes ensembles (Quatuor Hanson, Quatuor Akilone…)
  11. Opéra Royal (Versailles) – Scylla et Glaucus de Leclair – Baráth, Mutel Dahlin, Les Nouveaux Caractères, d'Hérin
  12. Chapelle du Lycée Henri IV – Motets de Pelegrini, Grandi, Cavalli, Sances, du Mont, Lorenzani… – Ensemble Clori e Tirsi
  13. Saint-Séverin – Motets pour femmes de Nivers – Ensemble Athénaïs
  14. Théâtre des Champs-Élysées – Cléopâtre de MassenetKoch, Bernheim, Goncalves, Symphonique de Mulhouse, Plasson
  15. Billettes – Pièces baroques pour trios de cordes grattées (Sanz, Corbetta… pour chitarrone, théorbe, guitare baroque…) – Lislevand, Johnsen, Larsen
  16. Maison de la Radio (auditorium) – Symphonie de Franck – Philharmonique de Radio-France, Mikko Franck
  17. Théâtre du Nord-Ouest – Mary Stuart de Schillerphalanstère du théâtre
  18. Athénée – Et le coq chanta… (d'après les Passions de Bach) – Lacroix, Rougier, Grapperon
  19. Philharmonie – Te Deum de Charpentier, Mondonville, Entrée des Sauvages de Rameau – de Niese, Beekman, Naouri, Arts Florissants, Christie
  20. Saint-Quentin-en-Yvelines – L'Elisir d'amore de Donizetti – Opera Fuoco, Stern
  21. Bastille – Ariadne auf Naxos de Richard Strauss – Mattila, Koch, Vogt, Gantner, Ph. Jordan
  22. Favart – Les Festes Vénitiennes de Campra – Carsen, Les Arts Florissants, Christie
  23. Opéra Royal (Versailles) – Cinq-Mars de Gounod – Gens, Castronovo, Christoyannis, Foster-Williams, Radio de Munich, Schirmer
  24. Billettes – Airs de cour français de Lambert et Charpentier – Lièvre-Picard, Robidoux
  25. Gaveau – Lieder de Clara Wieck-Schumann, mélodies de Pauline Viardot – Yoncheva
  26. Abbesses – Lille Eyolf d'Ibsen – Les Cambrioleurs, Julie Bérès
  27. Billettes – Cantates italiennes du XVIIe siècle (Stradella, Brevi, Torelli…) – Galou, Dantone
  28. Temple du Luxembourg – Galathée de Massé – Compagnie de L'Oiseleur
  29. Philharmonie – Grand gala français (Gluck, Meyerbeer, Dietsch, Gounod, Poniatowski…) – Fuchs, Crebassa, Barbeyrac, Sempey, Courjal, Louvre, Minkowski
  30. Philharmonie – Water Music, Royal Fireworks Music de Haendel – Concert Spirituel et supplémentaires, Niquet
  31. Favart – Au Monde de Boesmans– Pommerat, Petibon, Beuron, Sly, Olsen, Davin
  32. Bastille – Pelléas et Mélisande de Debussy – Wilson, Tsallagova, Soffel, Degout, Gay, Ph. Jordan
  33. Philharmonie – Jeanne d'Arc au Bûcher – Cotillard, Blondelle, Orchestre de Paris, Yamada
  34. Théâtre des Champs-Élysées – Solaris de Fujikura – Erik Nielsen
  35. Hôtel de Birague – Nausicaa de Hahn – Compagnie de L'Oiseleur (avec Soare, Laurens, Cortez…)
  36. Billettes – Miserere de Lalande, Méditations pour le Carême de Charpentier – Lefilliâtre, Lombard, Goubioud, Dumestre…
  37. Favart – Le Pré-aux-Clercs d'Hérold – Ruf, Munger, Lenormand, Spyres, Gulbenkian, McCreesh
  38. Bastille – Rusalka de DvořákCarsen, Aksenova, Černoch, Hrůsa
  39. CNSM (salle d'orgue) – Récital de la classe de lied et mélodie de Jeff Cohen – Elsa Dreisig, Benjamin Woh
  40. Philharmonie – Sonate pour violon et piano de Medtner – Keisuke Tsushima, Jean-Michel Kim
  41. CNSM (salle d'orgue) – Récital de la classe de lied et mélodie de Jeff Cohen – Jean-Jacques L'Anthoën, Aurélien Gasse, Adam Laloum
  42. Philharmonie – Premier Concerto et Cinquième Symphonie de Tchaïkovski – National de Russie, Liss
  43. Amphi Bastille – Lieder de Schubert, Rudi Stephan… – Selig, Huber
  44. Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides – Vespri del Stellario de Rubino – CNSM & Conservatoires de Boulogne et Palerme
  45. Cité de la Musique – Madrigali guerrieri de Monteverdi (Huitième livre) – Les Arts Florissants, Agnew
  46. Bouffes du Nord – La Révolte de Villiers de L'Isle-Adam – Marc Paquien
  47. Saint-Eugène-Sainte-Cécile –Musique sacrée rare du XXe siècle – Ensembles vocaux Mångata et Resonance of Birralee
  48. Bastille – Le Roi Arthus de Chausson (générale piano) – Vick, Koch, Alagna, Hampson
  49. Cité de la Musique – La Fiancée du Tsar de Rimski-Korsakov – Agunda Kulaeva, Elchin Azizov, ONDIF, M. Jurowski
  50. Bouffes du Nord – La Mort de Tintagiles de Maeterlinck – Podalydès
  51. Bastille – Le Roi Arthus de Chausson II – Vick, Koch, Alagna, Hampson, Ph. Jordan
  52. Théâtre des Champs-Élysées – Abdelazer de Purcell, Symphonie n°103 de Haydn, Fantaisie Tallis de RVW, Nocturne de Britten – Bostridge, OChb Paris, Norrington
  53. Musée d'Orsay – Arrangements de Mendelssohn et Schumann par Reimann, Schönberg n°2, Webern – Ziesak, Auryn SQ
  54. Théâtre des Champs-Élysées – Stuart de Schumann, Rückert de Mahler, Ariettes oubliées de Debussy, Poèmes pour mi de Messiaen – Kožená, Uchida
  55. Opéra Royal (Versailles) – Uthal de Méhul – Deshayes, Auvity, Bou, Les Talens Lyriques, Rousset
  56. Billettes – Sesto Libro di Madrigali de Gesualdo – Collegium Vocale Gent, Herreweghe
  57. Cité de la Musique – Lieder de Mahler (dont Wunderhorn rares) – Gerhaher, Huber
  58. Bastille – Le Roi Arthus de Chausson III – Vick, Koch, Todorovitch, Hampson, Ph. Jordan
  59. Maison de la Radio (studio 104) – Chœurs de Toch, Barber, Whitacre… – Maîtrise de Radio-France, Col. Jeannin
  60. Notre-Dame-du-Liban – Cavalleria Rusticana de Mascagni – Galvez-Vallejo, Ut Cinquième, Romain Dumas
  61. Gaveau – Chœurs de l'obikhod et chœurs russes populaires – Youri Laptev, Chœur Svenshnikov
  62. Cité de la Musique – Peer Gynt en 24 langues – Chorale Auberbabel, membres de l'OChb Paris
  63. Garnier – Alceste de Gluck – Py, Gens, Barbeyrac, Degout, Les Musiciens du Louvre, Rouland
  64. Maison de la Radio (auditorium) – Symphonies n°25 de Mozart, n°2 de Beethoven – Philharmonique de Radio-France, Koopman
  65. Bastille – Adriana Lecouvreur de Cilea – McVicar, Gheorghiu, D'Intino, M. Álvarez, Corbelli, Oren
  66. Hôtel de Soubise – 3 Chants de l'Atlantide de Connesson, Trio d'Ives, Trio n°2 de Brahms – Aya Kono, Alain Meunier, David-Huy Nguyen-Phung
  67. Garnier – La Fille mal gardée de Lanchberry – Ashton, Guérineau, Heymann, Orchestre de l'Opéra, Philip Ellis
  68. Hôtel de Beauvais – Octuors à vent de Mozart & Beethoven – Membres de l'OChb Paris
  69. Hôtel de Sully – Symphonie n°31 de Mozart, Concerto pour flûte et harpe – Bernold, Ceysson, OChb Paris


Pas que des raretés (quelques bien belles tout de même, comme Rubino, Leclair, Toch ou Connesson, et des premières mondiales dont Les Festes Vénitiennes, Uthal, Cinq-Mars, Au monde…), mais quasiment que des grandes soirées.

Un peu de statistiques à présent.

2. Commentaires manquants

n°49 : La Fiancée du Tsar ; l'œuvre la plus romantique et la plus généreuse de Rimski-Korsakov, à mon sens. En tout cas, celle qui, tout en étant la plus proche des traditions, est la plus directe, et bien qu'expansive, dans un patron assez familier – livret impressionnant également. L'ONDIF, entendu en salle pour la première fois, était très impressionnant, aussi bien en technique et en style qu'en chaleur d'exécution, grande découverte. Chez les chanteurs aussi, avec des clivages étonnants entre Kulaeva (voix très impressionnante, très corsée, mais tout en bouche, donc concurrencée par l'orchestre) et Azizov (métal, solidité, ampleur et rage stupéfiants… pilier du Bolshoï, sans étonnement – voilà un chanteur taillé pour Bastille !)… l'excellence peut suivre différents chemins (les autres étaient superbes aussi, d'aileurs).

n°57 : Le concert Gerhaher n'a pas été commenté, par excès d'ambition : une notule est toujours prévue, non pas sur le concert, mais sur les différents tuilages de techniques qui permettent à Gerhaher sa mobilité expressive hors du commun (couverture particulière, voix pleine ou voix mixte, vibrato ou non, effet anche ou non, etc., le tout pouvant être diversement combiné).

n°62 : Peer Gynt en 24 langues, dans un arrangement pour sextuor (quatuor à cordes + piano + contrebasse) très bien fait et remarquablement joué. En revanche, sans texte de salle ni surtitres, et affreusement mâchonné (c'est une chorale d'amateurs qui s'amuse sympathiquement avec les langues, mais qui n'a pas vraiment de maîtrise de la question), avec des voix pas du tout projetées… le temps peut paraître long (surtout lorsqu'on a emmené des amis dont on peut prévoir qu'ils vous disputeront à la sortie…).
En revanche, le découpage du parcours express de Peer Gynt (la pièce, écrite en tableaux clos, s'y prête) est assez réussi, l'essentiel est là. Pour retrouver la musique de scène complète, bien jouée et bien dite, je renvoie à Wilson-Tourniaire.

n°64 : Koopman et le Philharmonique de Radio-France forment une solide association. Les attaques deviennent plus fine sur un son allégé mais qui demeure large… Koopman met un peu à distance le caractère dramatique des œuvres, en ménageant peu de contrastes, d'une façon qui peu paraître un peu décorative… mais dans la Deuxième de Beethoven, son sens de la danse (scherzo inégalé !) emporte toutes les réserves, pour une vision de Beethoven beaucoup moins vindicative ou ardente qu'à l'accoutumée.

n°66 : Connesson, Ives et Brahms à l'Hôtel de Soubise. L'organisation la plus désordonnée de tous les temps (pour un festival de plein air, aucune solution de repli, des spectateurs doivent écouter le concert dans la pièce d'à côté !), mais un très beau programme. En particulier les Chants de l'Atlantide pour violon et piano, où Connesson ne fait pas le catalogue de ses talents (comme quelquefois…) mais utilise au plus précis sa connaissance incroyable de tous les ressorts de la musique tonale (élargie) pour servir un programme très détaillé (on voit s'approcher l'île sous le soleil, au delà des Colonnes d'Hercule, puis on assiste à des danses, etc.). Des formules récurrentes, de superbes couleurs harmoniques, tout est réuni pour ne pas perdre les ingénus et pour satisfaire le public qui veut du neuf ou du profond.

n°67 : La Fille mal gardée à Garnier. Toujours une jubilation particulière à cette œuvre ; Lanchberry réutilise très adroitement les nombreux états de la partition, réorchestre, compose des pastiches… ce n'est pas un modèle pour les classes d'écriture ou d'orchestration, mais c'est simple et grisant. De même pour la chorégraphie facétieuse d'Ashton. Côté pieds, je n'ai pas pu voir Marc Moreau, et si Mathias Heymann me séduit par sa maturité héroïque (pas forcément le Colas attendu, mais c'est impressionnant), je suis en revanche un peu frustré par le sérieux papal d'Éléonore Guérineau (dans le rôle le plus primesautier du répertoire…), avec des effets un peu trop appliqués pour amuser tout à fait. [Peu importe, toujours fantastique à voir et entendre.]

n°68 : Octuors à vent dans la cour de l'Hôtel de Beauvais. Cadre exceptionnel, et musique de plein air (avec des bijoux que je rêvais d'entendre en vrai depuis longtemps, en particulier pour la Onzième Sérénade de Mozart)… moment où tout était adéquat.

n°69 : Symphonie n°31 et Concerto pour flûte et harpe de Mozart dans le jardin de l'Hôtel de Sully. Là aussi, formidable décor, avec un contrechant permanent, depuis la vigne rampante, d'oiseaux exaltés à la tombée du jour… Un peu perplexe, pour un concert d'une heure, sur la coupure de la réexposition dans la symphonie (déjà en trois mouvements). Mais là aussi, enchanté de pouvoir entendre ma symphonie chouchoute de Mozart en vrai, et a fortiori dans ces conditions !

3. Statistiques : lieux fréquentés

Malgré une sixième saison parisienne, on ne s'encroûte pas : pour 69 dates, on a 32 lieux, dont 10 nouveaux ! Une moyenne de deux concerts par salle, donc, et d'une nouvelle salle sur trois. (Ces découvertes figurent en gras.)

Opéra Bastille IIIII II
Philharmonie de Paris IIIII I
Cité de la Musique IIIII
Opéra Royal de Versailles IIII
Église des Billettes IIII
Pleyel IIII
Théâtre des Champs-Élysées IIII
CNSM (salle d'orgue) III
Opéra-Comique III
--
Bouffes du Nord II
Athénée II
Nouvel Auditorium de la Maison de la Radio II
Gaveau II
Oratoire du Louvre II
Opéra Garnier II
--
Centre Culturel Tchèque I
Chapelle du lycée Henri IV I
Saint-Séverin I
Théâtre du Nord-Ouest I
Saint-Quentin-en-Yvelines I
Temple du Luxembourg I
Théâtre byzantin de l'Hôtel de Birague I
Théâtre des Abbesses I
Amphi Bastille I
Cathédrale Saint-Louis des Invalides I
Auditorium du musée d'Orsay I
Studio 104 de Radio-France, rénové I
Notre-Dame-du-Liban I
Saint-Eugène-Sainte-Cécile I
Petit salon de musique de l'Hôtel de Soubise I
Cour de l'Hôtel de Beauvais I
Jardin de l'Hôtel de Sully I

Cette année, les chiffres sont assez logiques de ce point de vue : lieux d'opéra, de baroque français, de lied & mélodie, de musique de chambre un peu rare, et en général d'exhumations ou de concerts un peu alternatifs (concerts a cappella).

Malgré ce qui a pu être dit (par moi-même y compris) sur la saison de Bastille (fort peu aventureuse), j'y ai semble-t-il tout de même trouvé mon compte – certes, 3/7 sont des soirées Arthus… Et bien sûr, entrée fracassante, à l'échelle d'une demi-saison, de la Philharmonie.

4. Statistiques : genres écoutés
  • Opéra : 25 (dont français 17, italien 3, anglais 2, allemand 1, tchèque 1, russe 1 ; dont tragédie en musique 5, classique 2, romantique 8, grand opéra 1, décadent 4, début XXe 5, cœur vingtième 1, contemporain 2)
  • Lied & mélodie : 14 (dont allemand 8, français 5, italien 4, tchèque 2, anglais 1 ; dont madrigal 2, air de cour 2, symphonique 1, cabaret 1)
  • Musique vocale sacrée : 9 (dont baroque italien 2, baroque français 5, baroque allemand 1, obikhod 1, début XXe 1, chœurs contemporains 1)
  • Symphonique : 8 (dont baroque 1, classique 3)
  • Musique de chambre : 7 (dont octuor à vent 1, contemporain 3)
  • Chœurs profanes : 5
  • Théâtre :4 (Schiller 1, Ibsen 2, Maeterlinck 1)
  • Spectacle musical : 4 (dont musique de scène 2)
  • Ballet : 3 (dont baroque 1)
  • Récital d'opéra : 1
  • Clavecin : 1
  • Orgue : 1
  • Chanson : 1
  • Jazz : 1
  • Pop : 1


Les proportions reflètent finalement assez bien ma vision du monde. À l'exception du théâtre, où je n'arrive vraiment pas à trouver l'offre qui me fait déplacer, malgré la pléthore hallucinante de maisons. Faute de temps, certes, mais pas seulement.

Une bonne année pour la diversité linguistique à l'opéra, ce n'est pas comme ça tous les ans, hélas.

5. Statistiques : époques musicales
  • XVIe2 I
  • XVIIe1 IIIII
  • XVIIe2 IIIII IIII
  • XVIIIe1 IIIII III
  • XVIIIe2 IIIII IIIII I
  • XIXe1 IIIII IIIII II
  • XIXe2 IIIII IIIII IIIII IIIII I
  • XXe1 IIIII IIIII IIIII IIIII II
  • XXe2 IIIII IIIII II
  • XXIe IIIII I


Exactement comme chaque année : cet indicateur n'est pas tant révélateur de mes goûts que de la disposition de l'offre… on arrive très vite à râcler ce qui se fait aux XVIIe et XVIIIe. Le gros de l'offre se concentre aux XIXe et première moitié du XXe.
Par ailleurs, pour le répertoire symphonique, les œuvres de cette période sont en général celles qui ont la meilleure plus-value sonore en salle (les mahléro-straussiens par exemple), ce qui incite bien sûr au déplacement.

6. Orchestres et ensembles

Nouvelle catégorie cette année.

20 formations différentes, dont 8 découvertes (les premières écoutes en salle sont en gras).

  • Orchestre de l'Opéra de Paris (6)
  • Philharmonique de Radio-France (5)
  • Orchestre de chambre de Paris (4)
  • Les Arts Florissants (4)
  • Les Musiciens du Louvre (3)
  • Orchestre de Paris (2)
  • Radio de Munich
  • Orchestre National d'Île-de-France
  • Orchestre Ut Cinquième
  • Orchestre Pasdeloup
  • Orchestre Symphonique de Mulhouse
  • Orchestre National de Russie
  • Orchestre de la Fondation Gulbenkian
  • Ensemble Intercontemporain
  • Les Nouveaux Caractères
  • Opera Fuoco
  • Le Concert Spirituel
  • Les Talens Lyriques
  • Le Poème Harmonique
  • Ensemble ad hoc des Conservatoires de Paris, Palerme et Boulogne-Billancourt


Là aussi, les retours tiennent plus de contraintes structurelles : si on va voir de l'opéra et du ballet, on tombe forcément sur l'Orchestre de l'Opéra, sur le Philharmonique (ou l'Orchestre de Paris) pour un certain type de répertoire orchestral décadent ou rare, sur les ensembles spécialistes lorsqu'on remonte dans le temps…

L'Orchestre de Paris est désormais à son faîte, et (à l'exception notable du Philharmonique de Slovénie) doit être le plus bel orchestre que j'aie entendu en salle, et sur un nombre de soirées plutôt impressionnant. Contrairement à d'autres phalanges beaucoup plus prestigieuses et virtuoses (et malgré le caractère proverbialement exécrable – ce n'est pas un ragot, je l'ai personnellement vérifié – d'un nombre significatif de ses membres éminents !), il dispose d'une plasticité incroyable à travers les styles. Corollaire négatif, il peut bien sûr devenir assez terne et ennuyeux s'il n'est pas un minimum stimulé, mais on n'a pas l'impression d'entendre toujours la même chose – il serait difficile à identifier à l'aveugle, à mon avis.

Sinon, découverte émerveillée du parent pauvre munichois, l'Orchestre de la Radio de Munich (à part le Concertgebouworkest, je ne crois pas avoir entendu en salle d'orchestre techniquement aussi sûr), qui n'est pas celui de la Radio Bavaroise, mais manifeste un sens du style étonnant dans Cinq-Mars, pourtant très loin de son univers habituel. Et quel investissement chaleureux pour un orchestre de radio !

Spécialisé dans la transmission envers tous les publics, l'Orchestre National d'Île-de-France, itinérant et abordable, m'a impressionné par sa générosité dans une partition (Rimski-Korsakov) qui met vraiment à nu le potentiel d'un orchestre… Il y a plus coloré ou plus virtuose, mais l'entrain (et la maîtrise au-dessus de tout reproche) de ces musiciens, à qui l'ont fait à mauvais droit une réputation de seconde zone, me les fait davantage aimer que les orchestres superlatifs et paresseux.

Autre ravissement, plus inattendu, l'orchestre amateur Ut Cinquième, d'une justesse parfaite, et capable de s'investir, de phraser, de tenir un tempo ambitieux… non seulement c'est techniquement meilleur que bien des orchestres de cacheton, mais c'est beaucoup plus convaincant que bien des soirs d'orchestres professionnels.

Il ne faudrait pas croire que, pour autant, tout soit beau… Le National de Russie m'a paru tellement international (à part le cor solo), et de surcroît totalement à la dérive avec l'annulation de son chef (mais pourquoi le violon solo n'a-t-il pas dirigé au lieu de dépêcher un chef si peu à l'aise avec les habitudes de l'orchestre ?). C'était un cas particulier, mais le profil de l'orchestre ne pas séduit pour autant.
Quant à l'Orchestre de la Fondation Gulbenkian, vu son épaisseur et la difficulté de le discipliner à de simples figures légères d'accompagnement, je me suis figuré qu'il devait avoir un effectif plus mouvant que je croyais (cacheton massif ?). Il ne haussait pas la partition, en tout cas.

7. Chœurs

Là aussi, une nouvelle catégorie. 19 ensembles, dont 11 découvertes en salle.

  • Les Arts Florissants 4
  • Chœur de l'Opéra de Paris 4
  • Chœur de l'Orchestre de Paris 3
  • Chœur de la Radio Bavaroise
  • Accentus
  • Chœur des Musiciens du Louvre
  • Chœur national russe Svenshnikov
  • Chœur de Chambre de Namur
  • Aedes
  • Chœur des Nouveaux Caractères
  • Conservatoires Paris-Palerme-Boulogne-Billancourt
  • Mångata (ensemble féminin)
  • Athénaïs (ensemble féminin à 6)
  • Tirsi e Clori (ensemble à 4)
  • Resonance of Birralee (liturgique-variété-pop)
  • Saint-Quentin-en-Yvelines (amateur)
  • Choeur russe de Paris-Zmamenie (amateur)
  • OpéraLyre (amateur)
  • Chorale Auberbabel (amateur)


Là aussi, nécessairement fortuit (sauf l'absence du Chœur de Radio-France, que j'évite très soigneusement pour des raisons esthétiques et pratiques mainte fois exposées). Néanmoins, toujours un plaisir de croiser certains d'entre eux (Accentus et le Chœur de l'Orchestre de Paris, en particulier).

Cette année, la star était incontestablement le Chœur de la Radio Bavaroise (qui officie avec les deux orchestres de la maison) : glorieux mais souple, en particulier du côté du pupitre de ténors, capable de vaillance comme de superbes dégradés de voix mixte dignes des meilleurs chœurs de chambre. Jamais de saturation harmonique désagréable comme dans les chœurs de maisons d'opéra (ou Radio-France), et une aisance linguistique impressionnante (en l'occurrence leur français, dans Cinq-Mars), sans même considérer que ce répertoire constitue tout sauf leur pain quotidien !

Le Chœur national russe Svenshnikov (mêlant des chanteurs à techniques lyriques robustes à d'autres dotés techniques « traditionnelles » de voix très pures et moins projetées, en particulier chez les femmes) figurait aussi parmi les grands enchantements de la saison – volupté de l'écriture par vague dans les mises en musique de l'obikhod.

Chez les petits ensembles, Athénaïs mérite vraiment le détour au disque comme en vrai, et Mångata explore toujours les œuvres liturgiques insolites du XXe siècle, issues de parties négligées du monde musical (Hongrie, Amérique latine…).

8. Remise de prix

C'est vain, mais c'est rigolo.

(Sont nommés seulement les plus beaux…)


Meilleur concert baroque de la saison, sont nommés : Andueza & La Galanía, Lislevand & friends, Huitième Livre par Agnew, Vespri de Rubino
Attribué à : Vespri de Rubino

Meilleur concert symphonique, sont nommés : Tchaïkovski par P. Järvi, Szymanowski-Mahler par V. Petrenko, Haydn par Norrington, Beethoven par Koopman
Attribué à : Tchaïkovski par P. Järvi

Meilleur opéra en version de concert, sont nommés : Les Boréades par Minkowski, Cinq-Mars par Schirmer, anthologie française de Minkowski, Nausicaa de Hahn, La Fiancée du Tsar par M. Jurowski
Attribué à : Cinq-Mars par Schirmer

Meilleur opéra en version scénique, sont nommés : Les Festes Vénitiennes par Carsen-Christie, L'Elisir d'amore par Stern, Rusalka par Carsen-Hrůsa, Au Monde par Pommerat-Davin
Attribué à : Rusalka par Carsen-Hrůsa

Meilleur concert de lied ou mélodie, sont nommés : Elsa Dreisig, Franz-Josef Selig, Magdalena Kožená, Ruth Ziesak
Attribué à : Elsa Dreisig

Meilleur concert de musique de chambre de la saison, sont nommés : ECMA, Auryn Streichquartett, Kono-Meunier-Nguyen-Phung, Octuor à vent de l'Orchestre de Chambre de Paris
Attribué à : ECMA

Théâtre, sont nommés : Lille Eyolf d'Ibsen par Bérès, La Mort de Tintagiles de Maeterlinck par Podalydès, Knox & Coin
Attribué à : Tingagiles

Œuvre en première mondiale (re-création), sont nommés : Les Festes Vénitiennes de Campra, Uthal de Méhul, Cinq-Mars de Gounod, Nausicaa de Hahn
Attribué à : Cinq-Mars de Gounod

Œuvre en première mondiale (création) : Solaris de Fujikura, Au Monde de Boesmans
Attribué à : Au Monde de Boesmans

9. Ressenti

Quelques moments d'éternité :

  • la Cinquième de Tchaïkovski par l'Orchestre de Paris et Paavo Järvi, évidence et ardeur hors du commun dans les structures, les phrasés, la chaleur ;
  • la résurrection de Cinq-Mars de Gounod, sa meilleure œuvre à mon avis ;
  • les Vespri del Stellario di Palermo de Buonaventura Rubino, un enchaînement ininterrompu de cantiques jubilatoires d'une heure et demie, irrésistible ;
  • Rusalka dans la mise en scène par Carsen (un sommet de féerie et d'adresse), et par une distribution de feu (Aksenova, Kolosova, Diadkova, Černoch, Ivashchenko, Axentii, Gnidii !), chacun incarnant quasiment un absolu.
  • La mort de Tintagiles de Maeterlinck mis en scène par Podalydès, avec la musique de Knox et Coin. Terrifiant. Je n'ai jamais été saisi comme cela au théâtre, et la musique (très homogène malgré ses origines très disparates, du XVIe jusqu'à Berio en passant par de gentils romantisants comme Clarke) est magnifique.


Cinq spectacles au sommet de ce que j'ai pu voir dans ma vie de spectateur.

Et puis des soirées exceptionnelles, comme on en voit peu :

  • la restitution tant attendue des Festes Vénitiennes de Campra ;
  • le Premier Concerto de Szymanowski et la Septième Symphonie de Mahler par le Philharmonique de Radio-France, Baiba Skride et Vasily Petrenko : parmi les musiques qui gagnent le plus à être entendues avec les équilibres et l'impact physique de la salle… et avec un investissement et un abandon étourdissants ;
  • ensembles de musique de chambre européens au CNSM, où l'on pouvait entendre des raretés, et surtout des jeunes formations qui éclipsent la plupart de leurs aînés (Hanson, Akilone, Arod…) ;
  • la Fiancée du Tsar de Rimski-Korsakov (et là encore, servie de quelle façon !) ;
  • l'Elisir d'amore, ce petit monument de plénitude primesautière, sur instruments d'époque, et remarquablement distribué ;
  • liturgie russe à Gaveau par le chœur Svenshnikov ;
  • Purcell, Haydn, RVW et Britten, sans vibrato, par Norrington… programme original, varié, exécution passionnante (même si discutable – à part dans Haydn, où c'est souverain, sans discussion) ;
  • la Fille mal gardée à Garnier, sa simplicité inestimable faisant mouche à chaque fois.

Par ailleurs, beaucoup d'autres soirées d'où, pour les œuvres ou pour les interprètes, et souvent les deux, on ne pouvait ressortir que profondément enchanté : voir enfin le Roi Arthus de Chausson, le Pré-aux-clercs d'Hérold ou Nausicaa de Hahn, le récital français de Minkowski, les premiers baroques d'Andueza, Ariadne avec Mattila, les motets de Nivers par l'ensemble Athénaïs, le concert à trois guitares (baroques) Lislevand & friends, les classes de Jeff Cohen, Webern par les Auryn, les cycles de lieder de Mendelssohn et Schumann arrangés par Reimann (avec Ziesak !), les Poèmes pour Mi par Kožená et Uchida, Schubert et Rudi Stephan par Selig et Huber, Adriana Lecouvreur, cantates italiennes du XVIIe avec Galou et Dantone, la Deuxième de Beethoven par Koopman, les Boréades par Minkowski, le Huitième Livre de Monteverdi par Agnew, les Wunderhorn rares par Gerhaher, Mångata, les Chants de l'Atlantide de Connesson, Au Monde de Boesmans et encore pas mal d'autres choses…

Il y a eu quelques frustrations, mais la plupart étaient finalement plus liées aux conditions pratiques qu'à la qualité des concerts : la salle littéralement mortifère du Théâtre du Nord-Ouest, l'équilibre amateur-pro pas très réussi pour Peer Gynt, le remplacement de dernière minute de Pletnev pour le concert Tchaïkovski du National de Russie, l'acoustique du bas de l'auditorium de la Maison de la Radio pour la Symphonie de Franck, celle des côtés du second balcon à la Philharmonie pour les Royal Fireworks (et la misère de la « création lumières »), le choix d'œuvres sucrées dans les catalogues des compositeurs et la traduction anglaise de la Fugue de la Géographie de Toch (par ailleurs excellente soirée)…

Je ne vois que deux choses vraiment ratées : la Cinquième de Chostakovitch dirigée par Kuokman (rarement autant ennuyé, il ne se passait rien) et La Révolte de Villiers de L'Isle-Adam (parce que la pièce est sans intérêt autre qu'idéologique, et qu'aujourd'hui le combat est sacrément d'arrière-garde).

Saison particulièrement généreuse, donc. Merci Paris, merci Île-de-France !

10. Chanteurs

Et, comme chaque année, beaucoup d'interprètes exceptionnels dont je ne peux pas forcément parler à chaque fois… Leurs noms sont rassemblés, et je fais une petite remise de prix.

Légende :
¶ Formidable comme d'habitude
Opinion améliorée par rapport à une précédente expérience (pas forcément devenu inconditionnel, mais impressionné par l'évolution)
Première audition en salle

Sopranos : Elsa Dreisig, Julie Fuchs, Barbora Sojková-Kabátková, Dagmar Šašková, Emmanuelle de Negri, Raquel Andueza, Véronique Gens (2x), Sarah Tynan
Je voudrais insister sur Sarah Tynan, vraiment à suivre. Dans la partition très difficile de Fujikura, elle impose une maîtrise instrumentale et même un grain de timbre qui forcent l'admiration. Un lyrico-dramatique qui promet beaucoup.

Mezzo-sopranos : Guillemette Laurens, Alisa Kolosova, Agunda Kulaeva.
Alisa Kolosova dégage une présence magnétique, aussi bien scéniquement que vocalement, avec une largeur et un feu peu communs. Elle est encore très jeune. Si la voix n'évolue pas trop vide, un des gros potentiels de demain (enfin, chanter un grand rôle à Bastille, on peut considérer que le potentiel est abouti – mais je parle même d'un potentiel de starisation).

Contre-ténors, falsettistes : lol

Ténors : Jean-François Lombard, Marcel Beekman, Cyril Auvity, Serge Goubioud, Cyrille Dubois, Marcus Farnsworth, Tom Randle, Michael Spyres, Alexey Tatarintzev, Stanislas de Barbeyrac, Pavel Černoch, Benjamin Bernheim, Yann Beuron

Barytons : Marc Mauillon, L'Oiseleur des Longchamps, Christian Gerhaher, Mathieu Dubroca, Oded Reich, Mathieu Lécroart, Igor Gnidii, Philippe Sly, Andrew Foster-Williams, Frédéric Goncalves, Martin Gantner, Elchin Azizov

(barytons-)Basses : Lisandro Abadie, Cyril Costanzo, Dimitry Ivashchenko, Nicolas Courjal

¶ Difficile de remettre un prix à une seule personne… Outre les qualités exceptionnelles de timbre, de diction, d'investissement de Véronique Gens (encore plus à l'aise dans le rôle romantique de presque-mezzo chez Gounod que dans Alceste !), toujours cette douceur très déclamatoire, il y a tellement à faire chez les ténors et les barytons : la suspension extatique incroyable de la voix mixte très légère de Jean-François Lombard, la vaillance et la maîtrise absolue de plusieurs techniques par Benjamin Bernheim, la clarté mixte très typée et très bien projetée du tchèque Pavel Černoch (mon chouchou cette année chez les ténors) ; et puis chez les barytons, on a le grain très dense de Philippe Sly, rien de sombré ni de forcé, une émission très directe, les harmoniques très serrées de l'ukrainien Igor Gnidii (qui chante comme s'il parlait, avec des mots qui coulent, une évidence et une autorité verbales comme on n'en a plus entendu depuis les russes des années 50) ou à l'inverse la rondeur extraordinaire de Martin Gantner, qui épanouit son son avec une sorte de voix mixte qui porte jusqu'au fond de Bastille et lui permet de déclamer simultanément avec puissance et proximité.

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Je tâcherai de faire un bilan sur les déccouvertes des autres années, n'ayant jamais pris le temps de le faire… mais il y a déjà assez de quoi occuper les vacanciers désœuvrés avec ces petites listes !


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Commentaires

1. Le lundi 10 août 2015 à , par Xavier

Tiens c'est amusant, tu ne considères pas la Philharmonie comme une nouvelle salle? :) (sachant que c'était quand même un peu l'événement de la saison!...)

2. Le lundi 10 août 2015 à , par David Le Marrec

Effectivement, erreur de mise en forme. Même si je me suis fait miniaturiser pour entrer avant tout le monde dans la maquette échelle 1/20e, je peux la considérer comme une nouvelle salle pour mon état 1/1.

3. Le lundi 10 août 2015 à , par Ugolino le profond

[Note de la modération : la conversation étant désormais achevée, pour des raisons de responsabilité juridique, certaines parties de la conversation suivante ont été retirées.]

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Qui sait, peut-être qu'un jour tu entendras un véritable orchestre en salle et que cessera cette lente descente vers la sénilité précoce...

(et puis les Chants de l'Atlantide, c'est quand même un premier mouvement [...] les Mythes de Szymanowski, un deuxième [...] Koechlin, et un troisième [...] n'importe quel russe ayant vécu en 1930, à tel point que si les compositeurs étaient toujours vivants, ça mériterait [...] (et de toute façon, un type qui écrit un machin pareil mérite [...]) - et je serais lui, je serais mort honte de passer avec ce truc après le trio d'Ives)

4. Le lundi 10 août 2015 à , par David Le Marrec

¶ Ah tiens, tu n'aimes plus le DSO Berlin ? Je me doute bien que l'ONDIF n'est pas de ton standing, mais le jour où les « véritables orchestres » (les autres, ce sont ceux qui ont des cordes en plastique, c'est ça ?) viendront à Paris (de fait, Francfort-Oder, Trondheim, Bergen, Oslo, Bâle, Duisbourg ou la Radio de Francfort ne viennent pas, ce n'est pas ma faute) et joueront autre chose que les symphonies de Beethoven ou de Mahler, je serai présent.
Comme de toute façon, ceux qui jouent des trucs rares ne sont pas assez bons pour toi et que les bons ne jouent pas de trucs rares, j'aime autant, si tu veux bien, conserver mon point de vue plutôt que d'adopter le tien. :)

¶ Dommage pour Connesson : ta formule pourrait être plaisante… à condition de ne pas avoir vraiment écouté ces compositeurs. On entend qu'il a fait ses classes d'écriture, c'est certain, on peut même y trouver un côté bon élève agaçant (Lucifer est très réussi par exemple, mais on a sans cesse l'impression d'entendre passer des noms, ça déconcentre !), mais les Chants ne sont certainement pas conformes à Szymanowski (dont on sent effectivement l'influence au début) et encore moins à Koechlin ou à n'importe quel soviétique, ou alors je veux bien les minutages.
En fait ça ressemble surtout à du… Connesson. En écoutant le Sextuor (très beau) et surtout les Chants de l'Agartha, j'ai eu l'impression de réentendre exactement les Chants de l'Atlantide transcrits pour une autre formation.
Si on doit se demander si on peut se mesurer à Brahms et Ives avant de proposer une œuvre, autant s'immoler par le feu tout de suite – ce serait un tort d'ailleurs, parce que même si ce n'est, historiquement, pas la plus importante, ces Chants de l'Atlantide sont vraiment la pièce qui m'a réjoui dans ce concert (le Deuxième Trio de Brahms étant un peu sévère et laborieux comparé aux autres, et le Trio d'Ives naviguant dans des sphères un peu éloignées du Ives que j'aime).

5. Le lundi 10 août 2015 à , par Ugolino le profond

Le début, [...] La fontaine d'Aréthuse, qui ne demande même pas de commentaire tellement il est évident. Ensuite, l'alternance tremolos/arabesques est quasiment identique à l'écriture pianistique au chiffre 3 de la pièce de Szymanowski (y compris le dessin des arabesques, qui reprennent aussi ceux de Schéhérazade, avec en plus les doubles-cordes au violon et le glissandi qui remplace les harmoniques). On retrouve ensuite le motif de violon à 1'53 (la#-sol-fa#-mi... il apparaît aussi avant) chez Szymanowski (dans le concerto pour violon n°1, à 92 et ailleurs sous diverses formes). Il n'y a pas une note originale dans les deux premières minutes. Je m'arrête là, le reste est l'avenant, et plus j'écoute plus je trouve [...] (et encore, je n'ai pas la partition du Connesson, ça doit être encore pire que ça).

Le début du deuxième mouvement, c'est "sieste avant le départ" sans la descente. Le motif rapide qui structure la ligne de violon [...] mais je ne le replace pas (il ressemble fortement à un motif de la deuxième moitié du deuxième concerto pour violon de Szymanowski, mais il y a plus proche encore). J'ai assez perdu de temps avec cette oeuvre de troisième zone pour ne pas aller plus loin, mais dire que je n'ai pas écouté ces compositeurs, c'est un peu se foutre de la gueule du monde.

Et ce n'est pas une question de se mesurer à un grand ancien, c'est simplement que la musique d'Ives, qui est vieille d'un siècle, est une musique infiniment plus actuelle, moderne et digne de notre temps que ce machin académique, poussiéreux et réactionnaire qui, au-delà même [...], aurait pu être écrit en 1918 (et l'a été) et n'est pas seulement totalement à des lieux de ce qu'il faut écrire aujourd'hui, mais n'est surtout qu'une [...] d'une pièce de musée. En tant que compositeur, j'aurais honte d'écrire une musique moins contemporaine qu'une oeuvre écrite il y a un siècle.

(et j'imagine que le Ives que tu aimes, c'est celui de ses 17 ans ?)

6. Le mercredi 12 août 2015 à , par David Le Marrec

Si c'est [...] de Szymanowski, alors Wagner est [...] de Marschner, Debussy est [...] de Fanelli, Cras [...] de Debussy, sans parler de tous ces compositeurs (mais je suis sûr que c'est ton opinion) qui du XVe au XVIIIe siècle n'ont fait que [...] la musique de leur voisin…

La première pièce réutilise le même dispositif que La Fontaine d'Aréthuse, mais seulement du côté des rythmes du piano et de l'usage du violon : les harmonies sont tout à fait différentes (beaucoup plus consonantes, lisses et lumineuses chez Connesson), et l'effet obtenu aussi. Pareil pour le reste : on peut trouver (c'est généralement le reproche qui lui est fait) que Connesson se contente de réexploiter de vieilles recettes, mais ça n'a rien à voir [...].


On retrouve ensuite le motif de violon à 1'53 (la#-sol-fa#-mi... il apparaît aussi avant) chez Szymanowski (dans le concerto pour violon n°1, à 92 et ailleurs sous diverses formes).

Oui, de même qu'on retrouve pour ouvrir Pelléas le motif du veilleur des Huguenots, preuve que Debussy a tout volé à Meyerbeer. Si le fait qu'on retrouve des intervalles ou des patrons communs [...], on peut jeter à peu près toute la musique écrite avant 1900 (et le plus clair de celle écrite après) – et ça te ferait trop plaisir pour qu'on puisse permettre ça !


la musique d'Ives, qui est vieille d'un siècle, est une musique infiniment plus actuelle, moderne

Si c'est là ton mètre-étalon, tu peux effectivement te dispenser d'à peu près tout ce qui a été produit au XXe siècle… Même Poulenc, Messiaen ou Dutilleux – très conformistes en comparaison d'Ives.

Mais je ne suis vraiment pas persuadé que ce soit la bonne façon de regarder les choses. La nouveauté n'est pas le seul angle d'intérêt, on peut écrire de la musique de qualité et pas neuve du tout.


En tant que compositeur, j'aurais honte d'écrire une musique moins contemporaine qu'une oeuvre écrite il y a un siècle.

Même problème que précédemment : ça voudrait dire que tu condamnes tout le monde au silence à part une dizaine de compositeurs par siècle (au maximum). Il va être difficile de maintenir la continuité de l'enseignement de la musique dans ces conditions, mais une chose est sûre, ça donnera l'opportunité de mieux se familiariser avec les œuvres comporaines, si on n'a qu'un compositeur en activité autorisé par quart de siècle !


(et j'imagine que le Ives que tu aimes, c'est celui de ses 17 ans ?)

Ah. Ah.
J'aime bien, mais pas totalement le Ives trop folklorique (songs), trop confortable (Holidays Symphony, Unanswered Question) ou trop ouvertement moderne-sombre (le Trio, la Seconde Sonate). En revanche, les quatre symphonies (particulièrement les 2 et 4), j'en suis très friand. Et j'aime bien les quatuors, même si ce ne sont pas des chefs-d'œuvre.

7. Le mercredi 12 août 2015 à , par Ugolino le profond

"Oui, de même qu'on retrouve pour ouvrir Pelléas le motif du veilleur des Huguenots, preuve que Debussy a tout volé à Meyerbeer."

Enfin, il y a une limite : quand c'est, [...] (l'effet est celui de la Fontaine d'Aréthuse en moins ambigu, c'est tout), comme les exemples que tu cites... Szymanowski [...] Scriabine harmoniquement et mélodiquement dans sa deuxième période, ça n'y ressemble pourtant jamais (à l'inverse, je n'ai aucun mal à dire que Hagith du même [...] Tristan et Salomé, avec des pages entières copiées).

On peut jouer sur les mots, mais reprendre dans le détail les rythmes, le style mélodique, les micro-formes et les macro-formes d'un compositeur, surtout dans le monde de la musique savante où les compositeurs savent un minimum ce qu'ils écrivent, [...]. Après, effectivement, l'harmonie est plus simpliste et moins subtile... à un siècle de distance, je ne prends pas ça pour un compliment.

Et dans tes exemples... Cras [...] parfois Debussy et d'autres (mais pas autant que Ropartz, qui lui [...] Debussy) et écrit à d'autres moments des pages plus personnelles, mais Debussy ne [...] Fanelli. Mais qu'un compositeur [...] ne me choque pas : cela arrive. En faire une norme et un principe d'écriture, c'est tout autre chose. Et je trouve aussi grave qu'on accepte cela comme une normalité, sans noter de degré entre [...].

"Si c'est là ton mètre-étalon, tu peux effectivement te dispenser d'à peu près tout ce qui a été produit au XXe siècle… Même Poulenc, Messiaen ou Dutilleux – très conformistes en comparaison d'Ives."

Messiaen est quand même autrement plus idiosyncrasique que les deux autres. Mais Connesson, c'est moins aventureux que Dutilleux ! Si encore, il [...] Dutilleux (comme pas mal d'autres le font, du reste...).

"Mais je ne suis vraiment pas persuadé que ce soit la bonne façon de regarder les choses. La nouveauté n'est pas le seul angle d'intérêt, on peut écrire de la musique de qualité et pas neuve du tout."

Ce n'est pas une question de nouveauté. Je me fiche totalement de la nouveauté. J'ai parlé d'actualité, pas de nouveauté. J'aime de nombreux compositeurs qui n'utilisent aucun moyens nouveaux et sont pourtant pleinement actuels (et tu sais bien que je ne défends pas la vieille avant-garde). C'est bien l'erreur de l'avant-garde des années 60, que certains perpétuent aujourd'hui : ils pensaient qu'il suffisait de faire du neuf pour être actuels. Résultat : une musique ringarde, dépassée dès sa production. L'inverse est tout aussi vrai : espérer revitaliser la musique en reprenant les formules d'il y a un siècle sans interrogation de sa pratique et de sa musique, c'est se condamner à la ringardise. Ce n'est pas une question de moyens. Pour prendre un exemple extrême, un Daugherty ne fait que des poèmes symphoniques en accords parfaits : techniquement, ça a un siècle et demi de retard, et pourtant, c'est totalement de notre temps (malheureusement, parfois) - il est impensable que ça ait pu être écrit à une autre époque que maintenant. Oui, c'est souvent ultra kitsch et dégueulasse, mais ce kitsch là est sain. Celui de Connesson est mauvais, il s'érige dans le renversement des valeurs décrit par H. Broch.
Il n'y a rien chez Connesson qui ne soit autre chose que de l'exercice de bon élève des classes d'écriture de conservatoire, qui n'interroge jamais ni la musique ni sa propre musique ni son rapport au monde. On peut bien vanter un nouvel académisme à la manière du XVII siècle et construire une pensée autour de la copie, mais d'une, je ne suis pas certain que ça ait grand sens historiquement, et de deux, quand d'autres compositeurs parviennent à s'échapper autant de l'avant-garde arriérée que du plagiat, pourquoi valoriser ces académiciens, qui, pour reprendre le mot de Nietzsche, laissent tomber de la poussière lorsqu'on les secoue ? Tout le monde peut apprendre à écrire de la musique. Tout le monde ne peut pas être compositeur.

"J'aime bien, mais pas totalement le Ives trop folklorique (songs), trop confortable (Holidays Symphony, Unanswered Question)"

Où est le confort dans la Holidays Symphony ? L'oeuvre est pour moi encore plus difficile que la quatrième symphonie, qui porte sa modernité en étendard et est plus facilement intégrable, toutes proportions gardées, dans le corpus du XXème siècle.
Et je n'aime pas trop the unanswered question, mais ca reste une étape décisive dans le développement de Ives, et une cassure dans la pensée musicale qui ne peut être par conséquent "confortable". Au contraire, c'est une oeuvre qui constitue une immense prise de risque. Il ne faut pas oublier que ça a été écrit en 1907...

"Et j'aime bien les quatuors, même si ce ne sont pas des chefs-d'œuvre."

Si, si, le deuxième est un chef d'oeuvre, mais trop difficile à comprendre et à jouer pour être satisfaisant au disque (de toute façon, s'il y a bien un compositeur dont la musique au disque ne constitue qu'un détestable pis-aller, c'est bien Ives).

8. Le mercredi 12 août 2015 à , par David Le Marrec

Le [...] répond à des règles strictes, et en musique plus qu'ailleurs, on est obligé [...] ses aînés… Devant un tribunal, Connesson n'a aucun risque de perdre son procès.

Après, vu le sens extensif que tu donnes au mot (tu utilises [...]), ta position s'explique mieux. Si Szymanowski et Ropartz [...] Wagner et Debussy, alors effectivement ça ouvre beaucoup d'autres cas à instruire. :) Pour moi, ceci se qualifie vraiment [...]… Non, s'il te plaît, ne me sors pas le nom de l'expert, ce serait déloyal.

Au demeurant, j'ai moi-même dit être perplexe devant le caractère audible des veines auxquelles [...] successivement Connesson dans certaines de ses pièces, et on peut effectivement contester le principe d'écrire de la musique pour faire des choses qui ressemblent à d'autres (moi, pas trop) ; tout est une affaire de mesure, et il est difficile de donner une mesure objective à cela.


J'ai parlé d'actualité, pas de nouveauté.

Mais l'actualité est une notion totalement floue ou subjective. Pour moi Czerny est très actuel, parce que je l'écoute tous les jours. :)
L'actualité d'une musique, ça se mesure à quoi ? Au nombre de citations dans les journaux ? À sa propension à se tordre aux marottes de son époque ? À son audace (là encore, à définir) ? Ça ressemble un peu à une catégorie ad hoc pour désigner les musiques qu'aime Ugolino, non ?


pourquoi valoriser ces académiciens

Ah, tu as enfin posé la bonne question.
Pourquoi ? Parce que j'ai passé un excellent moment au concert en l'écoutant. (D'ailleurs je ne suis pas aussi réceptif aux Mythes de Szymanowski, dont l'ambition est plus grande et le pouvoir de sympathie moins aigu en ce qui me concerne.)

C'est très bien de prendre la musique au sérieux, mais ultimement, ça sert quand même surtout à complaire aux humains. Que ce soit neuf ou muséel, actuel ou ringard, beau ou laid, intéressant ou prévisible, le but reste de faire plaisir (quel que soit sa nature) à celui qui écoute.

Donc Connesson m'a donné l'œuvre la plus sympa de la soirée, j'ai souligné que ça sentait ses classes et que j'étais un peu déçu du ressassement des formules d'une œuvre à l'autre, mais je ne vais pas m'interdire d'être content de l'entendre pour autant. Il y a tellement de domaines sur lesquels il y a sujet d'être insatisfait, je ne vais pas me forcer à l'être par principe en ce qui concerne la musique…

9. Le mercredi 12 août 2015 à , par Ugolino le profond

"Après, vu le sens extensif que tu donnes au mot (tu utilises plagiat pour emprunt, voire inspiration)"
Non ! C'est quand un degré nettement supérieur à [...].

Après, l'exemple [...]... Pour moi, dans les degrés [...], l'oeuvre de Connesson est un petit peu en-dessous. Connesson ne pouvait alors décemment prétendre, sans se ridiculiser, qu'il n'y avait pas [...] dans le cas [...].

"L'actualité d'une musique, ça se mesure à quoi ? Au nombre de citations dans les journaux ? À sa propension à se tordre aux marottes de son époque ? À son audace (là encore, à définir) ? Ça ressemble un peu à une catégorie ad hoc pour désigner les musiques qu'aime Ugolino, non ? "

En l'état, peut-être, mais c'est surtout que l'expliciter dépasse largement le périmètre d'un commentaire sur un blog... Dans tous les cas, elle n'est pas subjective.

"C'est très bien de prendre la musique au sérieux, mais ultimement, ça sert quand même surtout à complaire aux humains. Que ce soit neuf ou muséel, actuel ou ringard, beau ou laid, intéressant ou prévisible, le but reste de faire plaisir (quel que soit sa nature) à celui qui écoute. "

D'une part, on pourrait te rétorquer l'argument que tu me sors plus haut, à savoir que cette affirmation n'appartient qu'à David Le Marrec, et ne sert qu'à justifier ses propres goûts (la notion de plaisir est complexe, et elle n’apparaît, au moins dans sa forme contemporaine, que tardivement comme justification à l'art dans l'histoire de la musique), et d'autre part, cette affirmation est une porte ouverte au relativisme le plus basique, avec sa cohorte d'absurdités et de dangers.

La "bonne question", qui était politique, donne la pire réponse, qui rapporte la complexité de l'art au seul égotisme du plaisir individuel. Ca n'interdit à personne d'aimer l'oeuvre, mais j'attends toujours, naïvement sans doute, qu'on défende une musique (en particulier contemporaine) qu'on aime par autre chose que "j'aime bien", en faisant comprendre comment et pourquoi elle fait sens (et tu as sans doute là une ébauche de réponse à tes interrogations sur la notion d'"actualité" - je mets au défi quiconque de montrer comment la musique de Connesson fait sens sans user de catégories relevant du conservatisme, de l'académisme et de la réaction). Tu me diras, et tu auras raison, que c'est toujours mieux que de la défendre en disant "c'est novateur" ou "si vous n'aimez pas, c'est que vous n'avez pas compris".

10. Le mercredi 12 août 2015 à , par David Le Marrec

Connesson

Je suis d'accord que son expertise, surtout pour un spécialiste de la maîtrise des styles, était étonnante, du moins si elle était formulée telle qu'elle a été résumée dans la presse.

Pour moi, dans les degrés [...], l'oeuvre de Connesson est un petit peu en-dessous.

Je ne suis vraiment pas d'accord avec ça, je n'y reviens pas.


Actualité

"L'actualité d'une musique, ça se mesure à quoi ? Au nombre de citations dans les journaux ? À sa propension à se tordre aux marottes de son époque ? À son audace (là encore, à définir) ? Ça ressemble un peu à une catégorie ad hoc pour désigner les musiques qu'aime Ugolino, non ? "

En l'état, peut-être, mais c'est surtout que l'expliciter dépasse largement le périmètre d'un commentaire sur un blog... Dans tous les cas, elle n'est pas subjective.

Je ne doute pas que ce soit une grande question, mais j'ai du mal à voir dans quel sens ça irait pour démontrer l'objectivité de l'actualité (au sens symbolique) d'un compositeur.


Le but ultime de la Musique

DLM :
C'est très bien de prendre la musique au sérieux, mais ultimement, ça sert quand même surtout à complaire aux humains. Que ce soit neuf ou muséel, actuel ou ringard, beau ou laid, intéressant ou prévisible, le but reste de faire plaisir (quel que soit sa nature) à celui qui écoute.


Ugolino :
D'une part, on pourrait te rétorquer l'argument que tu me sors plus haut, à savoir que cette affirmation n'appartient qu'à David Le Marrec, et ne sert qu'à justifier ses propres goûts

Oh, mais elle ne justifie rien du tout, elle dit simplement que je n'ai pas pour fantaisie de vouloir le bien des gens contre leur gré ou de leur gâcher la fête, surtout lorsqu'il s'agit du domaine des loisirs : le fait que les gens se laissent abuser par de la mauvaise musique (à supposer que ce soit le cas) ne me panique pas du tout.

Par ailleurs, ce n'est pas un credo esthétique sur ce que doit être la musique, seulement un constat. Je ne vois simplement pas comment il est possible de soutenir que la musique est importante autrement que par le plaisir qu'elle donne… Autant on pourrait toujours essayer (illusoirement dans bien des cas) de démontrer l'impact profond de la littérature et de la philosophie sur le monde, autant la musique reste irrémédiablement impalpable et non-signifiante je ne vois pas trop par quel artifice la faire prendre pour plus qu'elle n'est.

Vu le temps que j'y consacre, crois bien que j'aimerais être convaincu que la musique est l'activité la plus fondamentale de l'univers. Elle l'est peut-être au demeurant, mais le fait qu'elle soit bonne ou mauvaise n'y change pas grand'chose.


(la notion de plaisir est complexe, et elle n’apparaît, au moins dans sa forme contemporaine, que tardivement comme justification à l'art dans l'histoire de la musique),



On peut la remplacer par toutes sortes de sornettes, il n'en demeure pas moins qu'à la fin des fin, les gens écoutent de la musique de danse parce qu'ils veulent danser (autre activité capitale dans la marche du monde), chantent pour passer le temps (il suffit de voir ce qu'ils chantent en général…), vont au concert pour agrémenter leur journée plus ou moins pénible. Même l'art politique se fonde avant tout sur la séduction la plus directe (et Dieu sait qu'elle est persuasive !) de la musique (justement pour y cacher le goût d'huile de foie de morue des idées).


et d'autre part, cette affirmation est une porte ouverte au relativisme le plus basique, avec sa cohorte d'absurdités et de dangers.

Bof, ce n'est qu'une affaire de mots, ça : moi j'appelle ça tolérance, au sens où l'on accepte que tout le monde ne cherche pas la même chose en écoutant de la musique. Autant en politique, où c'est vrai aussi, ça peut poser des problèmes puisque les choix de chaque acteur ont une influence sur la vie des autres, autant en musique, chacun peut bien écouter ce qu'il veut dans son coin…
On peut appeler ça aussi relativisme, ça ne me dérange pas – mais ça cherche à orienter la chose vers la désapprobation, alors qu'il s'agit surtout d'un fait.


Politique

La "bonne question", qui était politique, donne la pire réponse, qui rapporte la complexité de l'art au seul égotisme du plaisir individuel. Ca n'interdit à personne d'aimer l'oeuvre, mais j'attends toujours, naïvement sans doute, qu'on défende une musique (en particulier contemporaine) qu'on aime par autre chose que "j'aime bien", en faisant comprendre comment et pourquoi elle fait sens (et tu as sans doute là une ébauche de réponse à tes interrogations sur la notion d'"actualité" - je mets au défi quiconque de montrer comment la musique de Connesson fait sens sans user de catégories relevant du conservatisme, de l'académisme et de la réaction).

Oh, pour ce qui est d'élaborer un peu plus qu'avec j'aime / j'aime pas, je crois que je ne suis pas trop suspect. J'ai plein de raisons à donner, purement musicales d'ailleurs, pour expliquer pourquoi il faut absolument écouter Czerny, Meyerbeer ou Dubois. Pour le contemporain, ça marcherait aussi pour Kurtág, Manoury ou Jarrell (esquisses dans ces pages).
Outre le fait que ce n'est pas obligatoire (et qu'on peut parfaitement se contenter toute sa vie, sans avoir à en rougir, d'écouter de la musique en fond pour faire passer le temps dans les embouteillages), être capable d'expliquer ne veut pas dire qu'on n'écoute pas de la musique par plaisir.

Aimer parce que ça « fait sens », ça s'appelle admirer, et c'est une autre catégorie très valable – mais différente.

(D'ailleurs, « faire sens », ça me rend assez suspicieux en général, ceux qui ont cet objectif rencontrent souvent le décor, et ceux qui y parviennent ne le font pas forcément exprès.)

11. Le jeudi 13 août 2015 à , par Ugolino le profond

"Je ne vois simplement pas comment il est possible de soutenir que la musique est importante autrement que par le plaisir qu'elle donne… Autant on pourrait toujours essayer (illusoirement dans bien des cas) de démontrer l'impact profond de la littérature et de la philosophie sur le monde, autant la musique reste irrémédiablement impalpable et non-signifiante je ne vois pas trop par quel artifice la faire prendre pour plus qu'elle n'est."

Je ne prétends pas qu'elle est autre chose qu'elle n'est : je doute simplement que la notion de "plaisir" soit adéquate pour rendre compte de l'expérience humaine associée à la musique, et considère de plus qu'elle fait entrer sur un terrain idéologiquement, moralement et intellectuellement dangereux, sur lequel, je l'ai bien compris, tu acceptes sans mal d'exister et de t'épanouir.

"Bof, ce n'est qu'une affaire de mots, ça : moi j'appelle ça tolérance, au sens où l'on accepte que tout le monde ne cherche pas la même chose en écoutant de la musique. Autant en politique, où c'est vrai aussi, ça peut poser des problèmes puisque les choix de chaque acteur ont une influence sur la vie des autres, autant en musique, chacun peut bien écouter ce qu'il veut dans son coin…"

Je trouve là encore le déplacement extrêmement pernicieux (et il n'a rien à voir avec une querelle de mots). Il laisse supposer que la pensée de la musique et par extension la pensée de l'art relèvent du même ordre que la prolifération individuelle du goût, et par conséquent invalide a priori toute pensée de l'art, car, dans ce soi-disant environnement "tolérant", une pensée de la musique qui arriverait à une autre conclusion que celle qui valorise exclusivement la légitimité absolue du goût individuel serait immédiatement invalidée.
Sauf que la pensée n'a que faire du goût et du plaisir des individus, qui ne sont au mieux que des épiphénomènes du phénomène musical. Il ne s'agit tout bonnement pas de la même chose. Tu fais du "fait" que tu décris un présupposé alors qu'il n'a aucune place dans une pensée de la musique, car il condamne à des raisonnements circulaires et à un solipsisme terminal.
Répondre à la critique (qui était, elle, tirée de faits déterminés que tu as balayés par une valorisation générale du divertissement), sous des couverts de tolérance, par la vieille rengaine du relativisme, n'est purement et simplement qu'une négation de la possibilité de la pensée, sur laquelle le consumérisme contemporain se développe avec joie et félicité.

Ceci étant dit, je ne devrais plus m'étonner que tu en reviennes toujours au divertissement, puisque c'est ta réponse à toute tentative de considérer sérieusement la musique.

"Oh, pour ce qui est d'élaborer un peu plus qu'avec j'aime / j'aime pas, je crois que je ne suis pas trop suspect. J'ai plein de raisons à donner, purement musicales d'ailleurs, pour expliquer pourquoi il faut absolument écouter Czerny, Meyerbeer ou Dubois. Pour le contemporain, ça marcherait aussi pour Kurtág, Manoury ou Jarrell (esquisses dans ces pages)."

Excuse-moi de le dire franchement (non que je pense que tu ais quelque chose à foutre de mon avis), mais autant tu montres de réelles capacités d'analyse (pas seulement musicales) et beaucoup de connaissances sur tout un tas de sujets, autant tu n'as jamais réellement abordé aucune question de fond relative à la musique, car ta volonté de ne voir en la musique qu'un divertissement rends tes écrits totalement superficiels dès qu'il s'agit de voir au-delà des lignes et de développer un discours qui dépasse l'ordre de la connaissance de type encyclopédique.
Soit, ce n'est pas ce que tu cherches à faire ni même visiblement ce qui t'intéresse, mais l'argument du divertissement commence passablement à ressembler à celui de l'auditeur de Skyrock qui trouve que le solfège, c'est prise de tête.

"Outre le fait que ce n'est pas obligatoire (et qu'on peut parfaitement se contenter toute sa vie, sans avoir à en rougir, d'écouter de la musique en fond pour faire passer le temps dans les embouteillages), être capable d'expliquer ne veut pas dire qu'on n'écoute pas de la musique par plaisir."

Quel rapport ? Encore une fois, est-ce que quiconque a prétendu le contraire ? En quoi est-ce pertinent pour parler de musique ?

"Aimer parce que ça « fait sens », ça s'appelle admirer."

Non.

"(D'ailleurs, « faire sens », ça me rend assez suspicieux en général, ceux qui ont cet objectif rencontrent souvent le décor, et ceux qui y parviennent ne le font pas forcément exprès.)"

Tu renverses encore une fois le point de vue. Je ne parlais pas des compositeurs.

Et tu n'as répondu sur le confort dans la Holidays symphony.

12. Le jeudi 13 août 2015 à , par David Le Marrec

Je ne prétends pas qu'elle est autre chose qu'elle n'est : je doute simplement que la notion de "plaisir" soit adéquate pour rendre compte de l'expérience humaine associée à la musique, et considère de plus qu'elle fait entrer sur un terrain idéologiquement, moralement et intellectuellement dangereux, sur lequel, je l'ai bien compris, tu acceptes sans mal d'exister et de t'épanouir.

Tout à fait, j'aime à me sentir dangereux pour l'intégrité morale de l'Humanité. Ça me fait me sentir vivant, je suppose. <]8-)


"Bof, ce n'est qu'une affaire de mots, ça : moi j'appelle ça tolérance, au sens où l'on accepte que tout le monde ne cherche pas la même chose en écoutant de la musique. Autant en politique, où c'est vrai aussi, ça peut poser des problèmes puisque les choix de chaque acteur ont une influence sur la vie des autres, autant en musique, chacun peut bien écouter ce qu'il veut dans son coin…"

Je trouve là encore le déplacement extrêmement pernicieux (et il n'a rien à voir avec une querelle de mots). Il laisse supposer que la pensée de la musique et par extension la pensée de l'art relèvent du même ordre que la prolifération individuelle du goût, et par conséquent invalide a priori toute pensée de l'art, car, dans ce soi-disant environnement "tolérant", une pensée de la musique qui arriverait à une autre conclusion que celle qui valorise exclusivement la légitimité absolue du goût individuel serait immédiatement invalidée.

Pas du tout : ça veut seulement dire que je ne valide pas de « bonne posture » pour écouter de la musique. On peut théoriser son intérêt de plein de façons différentes, et je trouve ça très bien. Ce que je dis, c'est justement que, moi, je n'ai pas de théorie (et que je ne vois pas trop l'intérêt de m'en doter) ; je me contente d'être sceptique quand on commence à départager le monde entre le bon et le mauvais, a fortiori lorsque le plus clair dudit monde se situe dans la sphère du mauvais.

Dans le cas très hypothétique (à Dieu ne plaise !) où tu aurais raison, je n'ai aucune envie de troquer ma perception de la musique (je pourrais citer très peu de compositeurs que je n'aime pas, et pas tant de genres non plus, finalement) contre la tienne. Je me laisse la possibilité de développer des ulcères pour d'autres sujets si nécessaire.


Répondre à la critique (qui était, elle, tirée de faits déterminés que tu as balayés par une valorisation générale du divertissement), sous des couverts de tolérance, par la vieille rengaine du relativisme, n'est purement et simplement qu'une négation de la possibilité de la pensée, sur laquelle le consumérisme contemporain se développe avec joie et félicité.

Tout à fait, c'est à cause de ton filtre antipub que tu n'as pas vu la bannière MacDo-CenturyFox en haut de CSS.

On peut voir ça comme une rengaine du relativisme si on veut, tant qu'on me laisse écouter ce que je veux pour les raisons que je veux et qu'on ne me force pas à juger ceux qui ne font pas de même, j'endosse volontiers tous les sobriquets méta- qu'on voudra. Ça me paraît tellement loin de la question, en fait : l'expérience de la musique est délicatement individuelle, ou alors une pratique collective, et dans tous les cas elle est très mal recouverte par les catégorisations de tout poil (a fortiori lorsqu'elles sont politiques).
Essayer de s'approcher de son fonctionnement, de l'expliquer, oui, ça a du sens ; la catégoriser pour en faire un objet moral, c'est à peu près aussi pertinent que d'attribuer des valeurs éthiques au céleri par rapport au poireau. J'ai bien conscience que certains l'ont fait, et les lire me laisse de marbre (quand ça ne m'irrite pas en mode Ugolino, ce qui est mauvais pour ma tension).


Ceci étant dit, je ne devrais plus m'étonner que tu en reviennes toujours au divertissement, puisque c'est ta réponse à toute tentative de considérer sérieusement la musique.

Je suis tellement relativiste que je ne cherche pas à parler à la place des autres, aussi, effectivement, je risque de te donner la même réponse d'une fois sur l'autre. Je ne vis pas de la musique, et ce n'est pas mon seul sujet d'intérêt, donc pour moi, oui, il n'y a pas lieu de s'exagérer son importance et en tout cas d'en faire un sujet de dépit ou de désespoir.


Excuse-moi de le dire franchement (non que je pense que tu ais quelque chose à foutre de mon avis), mais autant tu montres de réelles capacités d'analyse (pas seulement musicales) et beaucoup de connaissances sur tout un tas de sujets, autant tu n'as jamais réellement abordé aucune question de fond relative à la musique, car ta volonté de ne voir en la musique qu'un divertissement rends tes écrits totalement superficiels dès qu'il s'agit de voir au-delà des lignes et de développer un discours qui dépasse l'ordre de la connaissance de type encyclopédique.

Je n'en suis pas vexé, c'est totalement volontaire : ça ne m'intéresse absolument pas, et les textes qui abordent l'essence ou l'importance de la musique me cassent les pieds (quand ils ne me font pas rire). Tu m'interroges là-dessus, je te réponds volontiers pourquoi, mais effectivement je n'ai aucune ambition d'aller au delà. Les textes supposés importants sur ces questions m'ont toujours paru assez peu intéressants – je suis sincèrement persuadé que c'est à tort, mais comme Carnets sur sol n'existe que pour ma fantaisie, et ne donne lieu à aucune rétribution, aucun avantage (aucune responsabilité aussi), je n'ai nul lieu de me forcer.

Par ailleurs, tu avoueras que tu as toi-même, comme d'habitude, plutôt interrogé mes propres pratiques que donné des indications sur tes convictions… Ce qui limite forcément ma latitude pour te répondre (ainsi que ta prise de risque, il faut bien le dire). Avec tout ce que j'ai écrit ici, tu peux me radiographier à loisir et me gloser sans proposer un système alternatif exposé avec cohérence. Tu n'as pas à le faire, hein, mais disons que ça limite mon sentiment de culpabilité si je ne te réponds pas aussi à fond ou aussi finement que tu le souhaiterais.


"Outre le fait que ce n'est pas obligatoire (et qu'on peut parfaitement se contenter toute sa vie, sans avoir à en rougir, d'écouter de la musique en fond pour faire passer le temps dans les embouteillages), être capable d'expliquer ne veut pas dire qu'on n'écoute pas de la musique par plaisir."

Quel rapport ? Encore une fois, est-ce que quiconque a prétendu le contraire ? En quoi est-ce pertinent pour parler de musique ?

Le rapport, c'est que la profondeur n'est pas indispensable pour écouter de la musique, et que je ne vois pas pourquoi je m'y astreindrais (et voudrais y astreindre les autres) si ça me casse les pieds. Donc j'écoute Connesson parce que ça me faire plaisir, j'échange avec d'autres, je parle de ce qui m'amuse là-dedans, et ça me suffit. D'où mes limites que j'admets bien volontiers, et mon absence d'envie de gloser sur le danger pour l'humanité d'avoir des compositeurs de musique trop conservateurs, pas assez bons ou cruels avec les lapins.


Et tu n'as répondu sur le confort dans la Holidays symphony.

J'avais répondu, en fait, mais j'étais un peu irrévérencieux, et ne voulais pas paraître un mauvais hôte. (de toute façon, ce n'était pas une saillie extrêmement drôle)


J'ai bien conscience que mes réponses sont fort décevantes, mais je n'ai aucune intention d'essayer de me montrer meilleur que je ne suis. J'essaie d'être accueillant et de répondre patiemment avec mes moyens, c'est toujours ça.

13. Le jeudi 13 août 2015 à , par Ugolino le profond

"je me contente d'être sceptique quand on commence à départager le monde entre le bon et le mauvais, a fortiori lorsque le plus clair dudit monde se situe dans la sphère du mauvais."

Oui, enfin, ça s'appelle juste avoir une éthique, hein. Et comme tu le dis plus bas, l'éthique t'irrite, et t'inspire au mieux toutes sortes de railleries ironiques et désinvoltes plus proche des saillies d'abjecte mémoire que du trait d'esprit pertinent. Pour moi, la discussion s'arrête là (et est fondamentalement impossible).

"Par ailleurs, tu avoueras que tu as toi-même, comme d'habitude, plutôt interrogé mes propres pratiques que donné des indications sur tes convictions… Ce qui limite forcément ma latitude pour te répondre (ainsi que ta prise de risque, il faut bien le dire). Avec tout ce que j'ai écrit ici, tu peux me radiographier à loisir et me gloser sans proposer un système alternatif exposé avec cohérence."

Il me semble que je l'ai fait longuement (et imparfaitement) ailleurs.

"Dans le cas très hypothétique (à Dieu ne plaise !) où tu aurais raison, je n'ai aucune envie de troquer ma perception de la musique (je pourrais citer très peu de compositeurs que je n'aime pas, et pas tant de genres non plus, finalement) contre la tienne."

C'est assez contradictoire avec le fait de me reprocher de ne pas donner d'indications sur mes convictions.

14. Le lundi 17 août 2015 à , par David Le Marrec

Je reste assez confondu en voyant appeler éthique quelque chose qui enjoint à caresser les concepts et piétiner les gens…

Mais je ne me plains pas, il m'aura fallu des années pour atteindre l'étape des sobriquets. Je suis sûr que, dans les décrets du Purgatoire, ça vaut des remises significatives (de pair avec une jolie gourmette « patience d'ange »).

15. Le mardi 18 août 2015 à , par Ugolino le profond

Cette manière facile et malsaine d'arranger les propos à sa sauce ("enjoint à caresser les concepts et piétiner le gens" ? non mais sérieusement...) dans l'espoir de faire passer l'autre pour un vil méchant intolérant, on la connaît. Tu es du côté du Bien, David, ne t'inquiètes pas.

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