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Le Théâtre du Nord-Ouest – retour d'expérience


J'avais mentionné pour les spectacles de décembre, tout ébaubi de ma découverte, la programmation du Théâtre du Nord-Ouest (en réalité bien au centre de Paris, le long du Boulevard Montmartre), prodigue en pièces du patrimoine, et réalisant même, chaque année, une intégrale (et pas des petits corpus : il y eut déjà Shakespeare, Corneille, Molière, Racine, Marivaux, Musset, Hugo, Strindberg, Claudel, Montherlant… et cette année revient Racine).

Une aubaine.

Toutefois, à la suite de cette représentation de Mary Stuart de Schiller, il convient de faire quelques observations… j'aurais mauvaise conscience de précipiter mes aimables lecteurs dans n'importe quel traquenard.

1. Représentation

Elles sont assurées par des acteurs aguerris. En l'occurrence, décor spartiate (ce dont je n'ai personnellement cure), costumes traditionnels (mais confection de qualité), des techniques solides d'élocution et de projection. Les acteurs réunis par Vincent Gauthier (je n'ai pas le détail des noms) tiennent vraiment bien la rampe malgré quelques vacillements ponctuels du texte.

En revanche, pour un théâtre qui se vante de produire des intégrales, il faut spécifier que les pièces elles-mêmes ne le sont pas. On pouvait le subodorer en constatant que le début du spectacle se faisait à 20h45, pour une œuvre en cinq actes… mais en constatant que l'acte I (sur les cinq) dure à peine vingt minutes, on ne doute plus vraiment.
En allant vérifier dans le texte, je ne peux le jurer a posteriori, mais apparemment les coupures sont permanentes, et largement au sein même des tirades.

Corollaire : on a l'essentiel des situations, mais les nuances psychologiques, les propos plus « idéologiques », tout ce qui fait le sel du théâtre romantique en dehors de ses situations paroxystiques est largement amputé.

Néanmoins, cela reste une représentation de qualité, surtout dans la mesure où il n'est pas si fréquent d'entendre les œuvres données. (Celle-ci plus souvent que d'autres, il est vrai : déjà donnée à Lille et Saint-Denis en 2009, et en mars prochain par une troupe flamande à Créteil.)

2. Confort

Je précise d'abord qu'il existe deux salles dans le théâtre : celle testée était la grande du sous-sol, dite « Laborey » — de 120 places, agréablement espacées de la scène. Je ne peux pas témoigner pour celle du haut (« Economidès », 80 places).

Le lieu est auto-géré par les metteurs en scène et comédiens, qui partagent « sur un mode égalitaire » (à parts égales par personne ? au prorata des soirées ? je n'ai pas demandé) les recettes. Il est entretenu par les artistes eux-mêmes.

Et c'est bien là le problème.

Le lieu est d'une saleté plutôt hors du commun : fragments de travaux et déchets sur le sol, sièges bleus tournant marron sous la couche de poussière et surtout (les pièces alternant plusieurs fois dans la semaine) une quantité incroyable de poussière en suspension dans l'air. L'atmosphère était épaisse, pour ne pas dire solide : en ouvrant la bouche (et sans exagérer), on sentait les particules en suspension se déposer sur la langue. Le lieu n'a pas dû voir un aspirateur… dès avant l'invention de l'aspirateur. À telle enseigne que pour la première fois en une vie de spectateur, j'ai dû quitter la salle avant la fin pour éviter de succomber à un choc anaphylactique.

Renseigement pris, il semblerait que le ménage soit fait par les acteurs eux-mêmes, et une fois entre chaque saison (il y en a deux : l'intégrale de début d'année, et puis les pièces autour d'un thème choisi). Et, dommage pour nous, nous étions en fin de saison (ménage prévu… en janvier !).
Mais, très honnêtement, je doute qu'il n'y ait là que le fruit de trois mois de poussière… on aurait plutôt dit un grenier que l'on aurait soudain vigoureusement remué.

En somme : le lieu est intéressant et les représentations de qualité (quoique coupées…), mais si vous êtes sensible à la propreté, au confort ou surtout allergique à la poussière, ne risquez pas votre vie.


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