Carnets sur sol

Aller au contenu | Index des notules | Aller à la recherche

Corneille – Sophonisbe – Jaques-Wajeman (aux Abbesses)


Tiré du fil de la saison :

Moins de bizarreries et de forçages du texte ici (que dans Pompée), et de toute façon une pièce considérablement plus vertigineuse, où les indécidables affrontements rhétoriques voisinent les sommets de Cinna – l'ordre de visite dans notre calendrier n'était pas fortuit. Je suis surtout frappé par la disparité de traitement du vers selon les comédiens : certains réalisent soigneusement les diérèses pour scander régulièrement le vers, d'autres le prononcent à la moderne. Ce n'est pas une question de joliesse et de naturel, mais vraiment de comédien, individuellement : certaines difficultés ne sont pas éludées, et les mêmes mots subissent des traitements différents – tels « violence », « précieux », et même le nom de Lélius, tantôt « Lélyusse », tantôt « Léliyusse » ! Comme pour Pompée, certains acteurs semblent mieux dirigés (ou plus inspirés ?) que d'autres – Pierre-Stéfan Montagnier (Syphax) semble toujours aussi embarrassé de ses mains, usant d'un geste unique répété à la glassienne dans les moments d'emphase, sorte d'arpège visuelle unique dont la nudité s'affiche jusqu'à l'écœurement. Comment le metteur en scène n'intervient-il pas pour habiller ce type de désarroi, a fortiori quand il affleure seulement chez un acteur, et dans les deux pièces ?

Cela m'évoque des expériences en ensemble amateur, l'une vécue, l'autre vue, où l'on se rend compte au bout d'un moment que l'un des continuiste respecte l'inégalité rythmique sous-entendue tandis que les autres jouent régulièrement, et, plus fort, un orchestre où le premier violoncelliste se rend compte, au bout d'un quart d'heure de répétition du mouvement lent, qu'il ne joue pas la même partition que les autres (le chef n'avait rien remarqué). Chez des professionnels, et pour une chose aussi simple que la correction du vers et la cohérence des noms des personnages (une seule prononciation commune...), en plus en fin de série, je me demande vraiment comment se sont déroulées les répétitions !

Sinon, malgré le style hétéroclite (et cela ne se limite vraiment pas à la seule scansion !), pas mal de satisfactions dans la distribution : la voix très douce (très peu éclatante hors des cris) d'Aurore Paris (Sophonisbe), la stature admirable, la présence sonore et le naturel du vers (où la rime est par ailleurs plus audible qu'en Achorée) de Bertrand Suarez-Pazos (Massinisse), et la bonne surprise de Marc Arnaud (Lélius), guère aimé en Photin minaudant, et ici d'une sobriété olympienne très réussie.


--

Autres notules

Index classé (partiel) de Carnets sur sol.

--

Trackbacks

Aucun rétrolien.

Pour proposer un rétrolien sur ce billet : http://operacritiques.free.fr/css/tb.php?id=2359

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Le code HTML dans le commentaire sera affiché comme du texte.
Vous pouvez en revanche employer la syntaxe BBcode.

.
David Le Marrec


Bienvenue !

Cet aimable bac
à sable accueille
divers badinages :
opéra, lied,
théâtres & musiques
interlopes,
questions de langue
ou de voix...
en discrètes notules,
parfois constituées
en séries.

Beaucoup de requêtes de moteur de recherche aboutissent ici à propos de questions pas encore traitées. N'hésitez pas à réclamer.



Invitations à lire :

1 => L'italianisme dans la France baroque
2 => Le livre et la Toile, l'aventure de deux hiérarchies
3 => Leçons des Morts & Leçons de Ténèbres
4 => Arabelle et Didon
5 => Woyzeck le Chourineur
6 => Nasal ou engorgé ?
7 => Voix de poitrine, de tête & mixte
8 => Les trois vertus cardinales de la mise en scène
9 => Feuilleton sériel




Recueil de notes :
Diaire sur sol


Musique, domaine public

Les astuces de CSS

Répertoire des contributions (index)


Mentions légales

Tribune libre

Contact

Liens


Chapitres

Archives

Calendrier

« novembre 2013 »
lunmarmerjeuvensamdim
123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930