Carnets sur sol

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Carl Nielsen - Discographie des Symphonies


Après avoir présenté succinctement les trois premières symphonies, avoir recommandé un couplage particulièrement inspiré des deuxième et quatrième symphonies et signalé une version de référence inattendue de la Première, je propose un petit point discographique.

Avec la réserve d'usage : le goût pour une version est quelque chose de tellement lié à l'image qu'on se fait d'une partition, de nos priorités personnelles (impact, clarté, élan, contrastes, types de phrasés, etc.), et même de notre système de reproduction sonore, que je ne suis pas toujours convaincu qu'on puisse réellement produire une discographie utile.

Pour demeurer clair et ne pas surcharger en vain, je n'évoquerai que les versions qui ont été publiées commercialement - a priori, toutes celles que je cite ici sont couramment disponibles par le commerce.

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a) Sélection recommandée (par version)

Je tâche de les organiser de la plus vivement recommandée à la moins.

Symphonie n°1

Colin Davis / London Symphony Orchestra (LSO Live)
Colin Davis traite cette symphonie avec la qualité de détail et le soin à chaque épisode « secondaire » très comparable à ce qu'on fait usuellement dans la Quatrième. Malgré son caractère beaucoup plus traditionnellement romantique que toutes les autres (toutes très bizarres), Davis en exalte toutes les trouvailles d'orchestration, tous les infra-motifs dissimulés dans le milieu du spectre sonore de l'orchestre. Il parvient même, à force de nuances, à rendre les nombreuses répétitions du troisième mouvement sans cesse nouvelles. Lecture animée de bout en bout et très lisible, une référence.

Herbert Blomstedt (II) / San Francisco Symphony Orchestra (Decca)
La tension et le galbe des mouvements extrêmes sont remarquablement tenus, Blomstedt tire le meilleur parti brahmsien de cette symphonie, affermissant les contours, accentuant la poussée et la danse, exaltant un chant sans sinuosité.

Neeme Järvi / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon)
Järvi prend la voie opposée : sa Première est cinglante, tranchante. Elle va de l'avant de façon plus farouche et moins débonnaire, avec plus d'éclat que de galbe.

Trois lectures vraiment remarquables, toutes extrêmement abouties.

=> Quelques autres excellentes versions : Rasilainen, Saraste, Schønwandt, Vänskä, Blomstedt I...

Symphonie n°2 (Les Quatre Tempéraments)

Adrian Leaper / National Symphony Orchestra of Ireland (Naxos)
Lisibilité et tensions remarquables. Les timbres moins chaleureux que d'autres orchestres rendent cette lecture moins hédoniste, plus profonde d'une certaine manière : toute sa qualité tient dans l'équilibre d'ensemble. Leaper réussit à faire entendre ce qui se joue à l'intérieur de l'orchestre sans sacrifier la poussée d'ensemble, et converser remarquablement une assise lisible à sa pulsation - une des difficultés de Nielsen, où les basses babillent tellement que les appuis des temps forts sont peu sensibles (particulièrement lorsque les attaques se font après ou sont syncopées, ce qui advient fréquemment), est précisément de donner une impression de stabilité, pour éviter de verser dans le vaporeux invertébré.

Neeme Järvi / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon)
Version très fouillée, tranchante, d'un grand éclat mais aussi d'une rare profondeur. Le mouvement lent acquiert une densité que personne d'autre n'atteint ici.

Leopold Stokowski Danmarks Radiosymfoniorkestret (vidéo VAI, CD EMI)
Invité en 1967 à diriger à Copenhague, Stokowski y dirige pour l'unique fois de sa carrière cette oeuvre. Lecture inhabituelle, très terrienne (chez lui, on entend les fondations !), pas toujours subtile, mais pleine d'énergie. L'orchestre a bien sûr ses limites d'alors, mais l'intensité de l'association est très impressionnante, avec un son d'une noirceur sidérante.

Morton Gould / Chicago Symphony Orchestra (RCA)
Version brillante et contrastée qui doit beaucoup à la qualité instrumentale et à l'engagement de l'orchestre.

=> Quelques autres excellentes versions : Schønwandt, Blomstedt II, Vänskä...

Symphonie n°3 ("Sinfonia espansiva")

Adrian Leaper / National Symphony Orchestra of Ireland (Naxos)
Version dotée d'une tension plus importante qu'à l'accoutumée (moins contemplative que la concurrence) et de très beaux timbres.

=> Autres excellentes versions : Blomstedt II, N. Järvi, Schønwandt, Saraste, Bernstein, Blomstedt I...

Symphonie n°4 ("Inextinguible")

Jean Martinon / Chicago Symphony Orchestra (RCA)
Lisibilité des lignes et tenue de la tension - pas toujours facile, le rythme de la basse se dérobe souvent dans la partition même de Nielsen, laissant planer des entrelacs au milieu de nulle part, qui par contraste paraissent mous. Avec une belle élégance et un son brillant.

Colin Davis / London Symphony Orchestra (LSO Live)
Niveau de détail exceptionnel, lecture assez nerveuse, avec de très beaux timbres.

Herbert Blomstedt (I) / Danmarks Radiosymfoniorkestret (EMI)
Version à ne pas mettre entre toutes les mains : moins nette que la plupart (aussi bien sur le plan esthétique que sur la seule réalisation instrumentale), elle offre néanmoins une qualité radiographique remarquable. Le manque de fondu et la cohésion moindre permettent en effet de mieux entendre les détails et les articulations des groupes - ces petites réserves sont en outre compensées par un investissement perceptible. Le caractère incantatoire et débridé de cette symphonie est particulièrement bien rendu ici - bien mieux par exemple que dans le relecture de Blomstedt avec l'orchestre plus solide de San Francisco, largement plus sur son quant-à-soi.

Neeme Järvi / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon)
Comme à chaque fois, difficile de ne pas citer Järvi, qui est tout simplement parfait, très incisif, avec un superbe mouvement lent (les vents !) et un final débridé.

Herbert von Karajan / Berliner Philharmoniker (Deutsche Grammophon)
Lecture forcément étrange (assez marmoréenne et étrangement immobile quelquefois), mais la qualité de finition est tellement superlative qu'on ne peut être que passionné si l'on aime cette symphonie. Pas forcément un premier choix, mais on y entend des éléments rarement mis en valeur ailleurs, ainsi qu'une clarté de vision, une sûreté, une tension... qui donnent véritablement à entendre autre chose.

=> Autres excellentes versions : Saraste, Blomstedt II, Schønwandt...

=> Solos de timbales mémorables : Leaper, N. Järvi, Martinon...

Symphonie n°5

Attention : ayant peu de goût pour cette symphonie, je me suis aperçu que j'étais surtout attiré par les versions lumineuses, cette sélection est donc d'autant plus sujette à l'idiosyncrasie...

Adrian Leaper / National Symphony Orchestra of Ireland (Naxos)
Clarté de conduction, grande poésie, parfaite lisibilité des strates.

Jukka-Pekka Saraste / Yleisradion sinfoniaorkesteri (Orchestre de la radiodiffusion finnoise) (Finlandia)
Version intensément lumineuse, d'une grande simplicité.

=> Prix de la plus belle caisse claire : Kani Vaaleanpunainen.

Symphonie n°6 ("Sinfonia Semplice")

Encore pire que pour la Cinquième, celle-ci a tendance à me passionner fort peu. Aussi je me contente de citer la seule qui ne l'ait pas fait, sans être assuré du tout que ce soit forcément la plus méritante, puisqu'elle répond de ce fait à des critères extérieurs à la symphonie elle-même...

Colin Davis / London Symphony Orchestra (LSO Live)
Lecture limpide, simple, à la fois délicate et détaillée, très apaisée. Le contraste entre les section y est au demeurant assez minime, même entre la tonalité affirmée du premier mouvement et l'atonalité errante du mouvement lent... Un sentiment d'unité assez fort se dégage de l'ensemble.

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b) Passage en revue des intégrales du commerce

N'ayant pas eu l'envie de rechercher de façon un peu fastidieuse les dates d'enregistrement des unes et des autres (difficiles à trouver avec exactitude, s'étendant de toute façon sur plusieurs années, et la plupart ayant été réalisées dans les cinq à dix dernières années...), je les présenterai donc sur le même principe que précédemment, en débutant par les plus chaleureusement conseillées par mon petit goût personnel.
Bien sûr, il est plus prudent de garder à l'esprit que les deux dernières symphonies ne m'étant pas indispensables, mon opinion se fonde sur une attitude vis-à-vis la musique de Nielsen qui a davantage à voir avec le style des quatre premières symphonies. Mais enfin, cela donne toujours quelques pistes pour déterminer de quoi cela a l'air, on trouve ensuite facilement des extraits sur MusicMe ou sur les sites commerciaux.

Attention, les contenus des intégrales diffèrent : certaines (beaucoup) adjoignent des poèmes symphoniques, et parfois même de la musique de scène (extraits de l'Aladdin d'Oehlenschläger, par exemple). Pour ne pas surcharger la page, je ne l'ai pas précisé - à chacun d'aller vérifier les "bonus" du coffret.

Blomstedt I & II, N. Järvi, Chung-Järvi, Thomson doivent être les plus anciennes, à peu près toutes les autres, je crois, datent des années 2000.

Les références

Colin Davis / London Symphony Orchestra (LSO Live)
Le dernier volume (symphonies 2 & 3) doit paraître en février. Mais s'il se montre à la hauteur de ce qui a été publié, ce sera une référence assez inattaquable. Tout y est : clarté des plans, beautés des timbres, tension générale, lisibilité de la structure. Chaque symphonie enregistrée m'a profondément impressionné. D'autant plus remarquable que ce sont les dernières que j'aie écoutées, donc après m'être déjà constitué mes habitudes d'écoute et mes références. Par ailleurs, je ne suis pas sensiblement à la manière Davis, surtout ces dernières années avec le LSO - où il me paraît généralement s'effondrer vers des lignes de plus en plus molles. Ici, on entend bien une certaine rondeur des angles, mais cela n'entame en rien l'électricité générale.

Neeme Järvi / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon)
Intégrale où tous les volumes disposent des mêmes qualités de tranchant, de présence. Maîtrise superlative des équilibres. Mouvements lents les plus beaux de la discographie. Tout simplement parfait.
Elle se trouve couramment en coffret à prix très abordable.

Jukka-Pekka Saraste / Yleisradion sinfoniaorkesteri (Orchestre de la radiodiffusion finnoise) (Finlandia)
Typique du style de Sarastre : clairement le versant lumineux et lyrique de la lecture de ces symphonies. J'ai tendance à trouver que cela amoindrit parfois l'originalité de leurs climats (particulièrement pour les 2 et 4, qui doivent beaucoup aux « sentiments mêlés »), mais cette intégrale a l'avantage d'être enthousiasmante pour chaque symphonie.

Les bonnes affaires

Adrian Leaper / National Symphony Orchestra of Ireland (Naxos)
Même si cette intégrale contient trois versions qui sont mes références absolues, elle se révèle assez inégale : la Première est noyée dans une prise de son réverbérée et lointaine, et la Quatrième se montre très molle (malgré le solo de timbales le mieux spatialisé de la discographie, où l'on entend vraiment la réponse des deux timbaliers).

Herbert Blomstedt (I) / Danmarks Radiosymfoniorkestret (EMI)
Peut-être l'intégrale la plus fragile instrumentalement (Kuchar et surtout Bostock manquent un peu de raffinement, mais ne font peut-être pas autant entendre les « coutures »), et elle souffre beaucoup d'être entendu immédiatement après une autre version, mais dans l'absolu, un détail et une qualité d'incarnation que je trouve particulièrement intéressants.
Se trouve désormais à petit prix.

Michael Schønwandt / Danmarks Radiosymfoniorkestret (DaCapo, puis Naxos)
Intégrale très homogène, de qualité constante, réussie pour tous les volets. L'Orchestre de la Radio Nationale Danoise a fantastiquement progressé, et maîtrise ces oeuvres à la perfection. Une seule réserve, et qui est récurrente lorsque Michael Schønwandt interprète ces oeuvres : l'impression d'un centre touffu, mais qui manque d'assise. Cette faiblesse réside dans l'écriture orchestrale de Nielsen lui-même, occupée dans des volutes internes et manquant éventuellement de basses solides ou de pulsation sensible ; mais la plupart des chefs cités ici résolvent cela, parviennent à redonner des appuis à la musique. Malgré sa très grande qualité, donc, cette lecture sonne à mes oreilles toujours un peu invertébrée. Vraiment véniel, bien sûr, mais puisqu'on a le choix, je me permets de comparer.

Bonnes versions

Herbert Blomstedt (II) / San Francisco Symphony Orchestra (Decca)
Malgré une Première Symphonie très marquante, le "classicisme" un peu rigide de cette lecture devient de moins en moins intéressante au fil des symphonies les trois premières sont très réussies, mais les suivantes paraissent un peu terne (en comparaison seulement !). La prise de son relègue en outre les détails un peu à l'arrière. Très bon ensemble néanmoins, mais à recommander surtout si l'on a envie de découvrir les premières symphonies.
Réédité à prix modeste par Decca, en deux volumes.

Osma Vänskä / BBC Scottish Symphony Orchestra (BIS)
L'Orchestre de Lahti, autre compagnon de route de Vänskä, est également crédité, mais il ne joue que les poèmes symphoniques, qui ne sont pas mon objet aujourd'hui. Contrairement à ce qu'on pouvait redouter, Vänskä ne verse pas dans la mollesse. Il s'agit d'une lecture un peu standard, pas particulièrement aventureuse, mais tout à fait convaincante de l'ensemble de ces symphonies.

Myung-Whun Chung & Neeme Järvi / Göterborgs Symfoniker (BIS)
Répartition comme suit : Chung pour 1,2,3 & 5 ; Järvi pour 4 & 6. Un peu désappointé en revanche en écoutant cette version : Göterborg sonne assez agressivement (on dirait presque Helsingborg dans la Symphonie de Rott !), et je n'y perçois pas la maturation évidente dans la plupart des autres intégrales. Une belle version qui sent un tout petit peu le studio, peut-être.

Les autres

Theodore Kuchar / Orchestre Philharmonique Janáček (Brilliant Classics)
J'ai trop peu écouté cette version pour dispenser un avis fiable. Il m'avait paru (il y a déjà longtemps) que les timbres, le niveau de détail et le raffinement général n'étaient pas comparables aux meilleures intégrales, mais j'en ai par ailleurs souvent lu du bien (il est vrai, souvent de la part d'auditeurs qui n'avaient pas forcément multiplié les versions), et cela mériterait de s'y replonger pour un avis un peu plus motivé.

Douglas Bostock / Royal Liverpool Philharmonic Orchestra (ClassicO)
Avec le Royal Philharmonic Orchestra pour les poèmes symphoniques ; également édité par les labels japonais Documents et Quadromania. Sans doute la seule intégrale que je déconseillerais vraiment, encore qu'elle reste parfaitement écoutable. Disons que le parti pris esthétique de l'orchestre massif pas très gracieux ne correspond pas vraiment aux qualités de transparence et de mobilité qu'on attendrait dans ce corpus. Il s'agit sans doute davantage d'une caractéristique technique de l'orchestre (qui a toujours tendance à sonner comme cela), même si accentuée par le chef (ou par la confrontation à ce répertoire précis), que d'un choix délibéré, cela dit.
Rééditions sous forme de coffrets (chez ClassicO et Quadromania), mais pas forcément à prix concurrentiel vu les grandes intégrales bradées par ailleurs.

Bryden Thomson / Royal Scottish Orchestra (Chandos)
Jamais écoutée. La seule intégrale un peu difficile à trouver : épuisée et "remplacée" par l'enregistrement de Rozhdestvensky. Elle a bonne réputation.

Gennady Rozhdestvensky / Kungliga Filharmoniska Orkestern i Stockholm (Chandos)
En français : Guennadi Rojdestvenski / Orchestre Philharmonique Royal de Stockhlom.
Je n'en ai entendu que des extraits, trop peu pour estimer quoi que ce soit. Le risque (confirmé par quelques commentaires lus, par ailleurs plutôt positifs) est celui de la lenteur extrême, qui pourrait faire verser l'ensemble dans le monumental ou le contemplatif, parfois à rebours du propos. A essayer.

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c) Commentaire de versions isolées

Je ne peux bien sûr pas toutes les citer, les symphonies 4 & 5 étant enregistrées assez souvent, et pas toujours sur de grands labels. Je me contente donc de mentionner quelques-unes particulièrement intéressantes, célèbres ou susceptibles de se trouver dans les bacs.

Symphonie n°1

- Ari Rasilainen / Kringkastingsorkestret (Radio Norvégienne) (Apex)
Version extrêmement lyrique et lumineuse, encore plus allante et transparente que Saraste, dont l'esthétique est très proche. Une très belle réussite.

- Thomas Jensen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (Decca, réédité par Naxos, Dutton Laboratories...)
La plus ancienne version commercialisée de la Première, il me semble (1952), réalisée par un chef qui avait fréquenté Nielsen. Une version tout à fait honorable, mais pas particulièrement prégnante - et puis pour ce genre d'oeuvre, on gagne tellement à une prise de son plus chaleureuse et nette.

- Eugene Ormandy / Philadelphia Orchestra (Sony)
Pas encore écouté.

Symphonie n°2

- Alan Gilbert / New York Philharmonic (DaCapo)
Version assez terne et pesante, qui ne rend pas véritablement justice à l'oeuvre, à mon sens.

- Leonard Bernstein / New York Philharmonic (Sony)
Très tentant, mais pas encore écouté.

- Thomas Jensen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (EMI)
Enregistrement pionnier de 1947. Pas écouté.

Symphonie n°3

- Leonard Bernstein / Det Kongelige Kapel (Orchestre Royal du Danemark) (BMG, puis Sony)
Lecture étrangement vive et violente de cette symphonie "pastorale", avec pour résultat, sur un orchestre avec qui Bernstein n'a pas souvent collaboré (et qui n'avait pas le niveau technique de ceux qu'il fréquentait généralement), des sonorités sèches et assez dures, pas toujours agréables. Et surtout, la congruence entre ces choix et la partition échappe. Mais cela reste une lecture originale et très tendue, à découvrir peut-être.

- Giordano Bellincampi / Sjællands Symfoniorkester (Philharmonique de Copenhage) (EMI)
Version tout à fait satisfaisante, sans saillances particulières.

- Rico Saccani / Budapesti Filharmóniai Társaság Zenekara (BPO live)
Pas encore écouté. Disque de bonne réputation.

- Erik Tuxen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (Decca)
Pas écouté. Possiblement le premier enregistrement intégral d'une symphonie de Nielsen (1946) ? Comme Jensen, il avait bénéficié des conseils de Nielsen.

- Jasha Horenstein / Northern BBC Symphony Orchestra (BBC Legends)
Pas écouté. (Mais considérant mon peu d'appétence pour Horenstein et le cas singulier de sa Cinquième, ce ne sera pas une urgence pour moi.)

- Alan Gilbert / New York Philharmonic (DaCapo)
Pas écouté, mais pas très tenté considérant la Deuxième déjà atone.

Symphonie n°4

- Gustavo Dudamel / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon)
Vision qui favorise les contrastes, pas toujours subtilement, on entend davantage les grandes articulations que les détails délicats ; mais avec un chef énergique, un orchestre spécialiste et une prise de son de grande qualité, on obtient un résultat convaincant.

- John Barbirolli / Hallé Orchestra (BBC Legends)
Version traditionnellement diffusée de l'oeuvre. Ce doit être celle que j'ai écouté en premier, à une époque où Nielsen ne m'avait pas encore séduit. Il ne m'en reste donc pas grand'chose, même si par principe je doute que Barbirolli ait le profil pour produire la Quatrième la plus transparente et électrique de la discographie.

- Simon Rattle / City of Birmingham Symphony Orchestra (EMI)
Une de ces versions où un chef d'envergure internationale enregistre des classiques brillants du répertoire nordique (couplé avec la Cinquième de Sibelius). Impression assez terne, mais il faut dire que le Rattle de l'époque ajouté à Birmingham (pas l'orchestre le plus coloré du monde) et aux infâmes prises de son lointaines et ouatées d'EMI à l'époque... peut-être était-ce bien en salle, mais au disque, il y avait peu de probabilité d'être bouleversé.

- Yehudi Menuhin / Royal Symphony Orchestra (Simax, Virgin)
Version extraordiairement molle, qui parvient quasiment à faire sombrer l'oeuvre. Même les solos de timbales paraissent laborieux.

- Leonard Bernstein / New York Philharmonic (Sony)
Pas encore écouté. Prometteur.

- Launy Grøndahl / Danmarks Radiosymfoniorkestret (EMI)
Pas encore écouté. Même principe que pour Jensen et Tuxen : en 1951, enregistrement de l'oeuvre par un chef qui avait conversé avec Nielsen.

Symphonie n°5

- Jasha Horenstein / New Philharmonia Orchestra (BBC Legends et divers labels)
Enregistrement très célèbre et jadis très largement diffusé. Une version sèche et assez noire, peu de couleurs, assez implacable. Je ne suis pas particulièrement fasciné, n'y trouvant pas pour autant une poussée discursive forte - mais j'ai toujours trouvé quelque chose d'un peu plat chez Horestein (sans doute une affaire de son d'orchestre, un peu écrasé à la Walter), quel que soit le répertoire, je ne suis donc pas une référence en la matière.

- Leonard Bernstein / New York Philharmonic (Sony)
Pas encore écouté. Version précédée d'une forte réputation, et assez attirante en effet.

- Gustavo Dudamel / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon)
Pas écouté, mais devrait être intéressant, dans un genre sans doute un peu spectaculaire.

- Erik Tuxen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (EMI)
Pas écouté. Toujours sur le même modèle de la collaboration préalable avec Nielsen.

- Thomas Jensen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (Decca)
Pas écouté. Celui-ci arrive en second (1954), après l'enregistrement de Tuxen (1950).

Symphonie n°6

- Eugene Ormandy / Philadelphia Orchestra (Sony)
Pas encore écouté. Souvent présenté en référence.

- Jasha Horenstein / Hallé Orchestra (?, puis Intaglio)
Pas écouté.

- Thomas Jensen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (Tono)
Pas écouté. Enregistré en 1952.

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d) Conseils

Après cette vaste promenade, quelques conseils sont peut-être nécessaires. Ils sont simples : j'ai exprimé mes goûts par version et par intégrale, tout dépend ce que l'on cherche.

Mais si on souhaite découvrir Nielsen ou disposer d'un ensemble sans faiblesse à prix abordable, l'intégrale de Neeme Järvi chez DG me paraît tout indiquée : toutes les symphonies sont réussies, souvent parmi les meilleures versions, et le coffret de 3 CDs se trouve à moins de 15€€€ sur Amazon Marketplace (un peu plus de 20€ sinon). Les autres excellentes intégrales se trouvent en séparé, et son plus récentes (donc encore chères). 5 étant enregistrées assez souvent, et pas toujours sur de grands labels. Je me contente donc de mentionner quelques-unes particulièrement intéressantes, célèbres ou susceptibles de se trouver dans les bacs.


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Commentaires

1. Le lundi 31 décembre 2012 à , par rhadamisthe :: site

Bonsoir !
Je ne vois pas l’intégrale d’Esa-Pekka Salonen… Vous avez pas d’avis dessus ?
(Hé oui, il y a des gens qui traînent là même à la Saint-Sylvestre.)
Bonne soirée !

2. Le lundi 31 décembre 2012 à , par Passée des arts :: site

Bonsoir David,

Tout comme Rhadamisthe, je passe vous saluer en cette soirée de Saint Sylvestre et vous dire que je partage absolument votre avis quant à l'intégrale de Neeme Järvi, quelquefois bien mal traitée par la critique officielle, mais avec laquelle j'ai découvert les symphonies de Nielsen (le coffret coûtait alors bien plus que 20€, c'était un vrai investissement) et à laquelle je demeure très attaché, particulièrement pour la profondeur de ses mouvements lents, comme vous le soulignez.

Belle dernière soirée de l'année à vous et bien cordialement.

3. Le mardi 1 janvier 2013 à , par Olivier

Bonsoir,

Je profite de cette nouvelle invitation à la découverte pour vous souhaiter une bonne année 2013, et vous remercier de votre patiente diligence à répondre à nos commentaires.

4. Le mardi 1 janvier 2013 à , par David Le Marrec

Bonjour !

@ Rhadamisthe :
Non seulement je n'ai pas d'avis, mais en plus de découvre son existence grâce à vous. J'en avais bien lu mention, je crois, il y a longtemps, mais je n'ai jamais vu le CD me passer sous le nez... il faut dire que la stratégie de distribution et de réédition de Sony étant ce qu'elle est, il faut souvent un peu creuser pour trouver...
Nul doute que ce soit très bien. Ensuite, à quel degré, il faudrait écouter pour dire.

@ Jean-Christophe :
Merci pour ce passage. :) Je n'ai pas trop mesuré les avis de la critique (que j'ai tendance à ne pas lire), mais en tout cas, autant de moi, le taux de satisfaction reste depuis plusieurs années à 100%. Blomstedt II semble beaucoup plaire aussi. Blomstedt I, moins vif, moins assuré, semble en revanche plutôt mal reçu en général (dommage).
Le malinconico de la Deuxième est un petit miracle chez Järvi, je n'ai trouve que Leaper qui s'en approche (avec un orchestre et une prise de son plus modestes).

Quant à la politique de brader le patrimoine des labels... ce serait un vaste sujet, et qui hypothèse à mon avis leur avenir - comment vendre un bon disque neuf qui coûte plus chez qu'une meilleure intégrale qui a fait ses preuves ? A part ceux qui achètent encore les têtes de gondole de la FNAC, et qui sont de moins en moins nombreux, je ne vois pas.

@ Olivier :
Merci pour ce mot charmant, mais répondre est bien le moins, quand on est honoré de commentaires (intéressants, qui plus est). Excellente année à venir à vous aussi.

5. Le jeudi 30 juillet 2015 à , par Michel

Cher David,

Que pensez-vous de l'intégrale Ole Schmidt avec l'Orchestre Symphonique de Londres, supervisée par Robert Simpson ?

Bien cordialement,

Michel

6. Le vendredi 31 juillet 2015 à , par David Le Marrec

Bonjour Michel !

C'est, je crois, la seule intégrale restante (depuis la publication de cette notule) que je n'aie pas écoutée… Je ne suis pas très tenté a priori, mais la discographie a déjoué beaucoup de mes a prioris, justement (Rozhdestvensky par exemple, tendu et coloré de bout en bout, ou encore N. Järvi qui claque)…

Dommage, je vous aurais renseigné avec plaisir sur n'importe quelle autre. Enfin, j'en compte une petite vingtaine, il y en a peut-être qui sont passées sous le radar :

¶ Jensen-Frandsen-Grøndahl-Tuxen
¶ Bernstein-Ormandy
¶ O. Schmidt
¶ Blomstedt I
¶ Berglund
¶ Chung-N. Järvi
¶ N. Järvi
¶ Thomson
¶ Rozhdestvensky
¶ Blomstedt II
¶ Salonen
¶ Leaper
¶ Kuchar
¶ Bostock
¶ Schønwandt
¶ Vänskä
¶ Saraste
¶ C. Davis
¶ Gilbert
¶ Oramo
¶ Storgårds

Si, il y a Berglund que je n'ai pas encore trouvée. Désolé, vous tombez sur la seule sur laquelle je n'aie pas d'avis à donner – ce qui, croyez-le bien, ne m'aurait pas le moins du monde coûté !

David

7. Le samedi 1 août 2015 à , par Michel

Cher David,

Grand merci pour votre réponse !

Par ailleurs mon premier contact avec la Symphonie n°4 ("Inextinguible") fut comme un choc, grâce à Igor Markevitch (non cité dans votre liste) et l'Orchestre Royal Danois, une gravure microsillon publiée sous diverses étiquettes (mais apparemment pas en CD) : Fona S-2 ; Turnabout TV-34050S (celle que je possède toujours bien précieusement) ; Deutsche Grammophon SLPM-139185 ; Heliodor 2548240.

Je n'ai jamais retrouvé toute cette force tellurique dans aucune autre version, toutefois en insistant sur le fait que le tout premier contact avec la première interprétation d'une œuvre est toujours celui qui marque...

Vive Nielsen !

8. Le dimanche 2 août 2015 à , par David Le Marrec

Effectivement, je n'ai jamais vu passer cette référence en CD (il y a des choses isolées avec le Royal, mais pas la symphonie apparemment). Ça fait assez envie, parce que le Markevitch des grands jours là-dedans, ce peut être explosif (encore plus que Martinon !).

Dans le tellurique, c'est justement Martinon qui m'a le plus impressionné (Colin Davis est spectaculaire aussi, mais dans un genre plus ample et stellaire que réellement violent). Neeme Järvi claque pas mal aussi. Ce n'est cela dit pas la seule façon de faire, j'aime énormément les versions plus poétiques et contemplatives de Rozhdestvensky (tendu cependant !), Blomstedt I (mou si on l'écoute directement après les autres, mais avec une lisibilité des plans hors du commun), voire Oramo.

(L'avantage avec Nielsen, c'est qu'il n'a quasiment laissé que de grandes choses. Il n'y a guère que le lied où il se soit un peu moins profondément illustré.)

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